il faut dire qu'en 1916, il vivait "une époque formidable" ! alors à sa manière bonne et heureuse heure, allez ne soyons pas chiche bonne et heureuse soirée ... bonne et heureuse semaine et pourquoi pas bonne et heureuse année, vœux à renouveler chaque jour sans modération
Belle et heureuse année. Liberté, égalité, fraternité
13 janvier 2015 à 21:05
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Malgré Antonio Gramsci,nous nous
souhaitons, et nous vous souhaitons une meilleure année
2015
Antoinette et Claude (et la chroniqueuse)
Je hais le nouvel an,
par Antonio Gramsci
Chaque
matin, à me réveiller encore sous la voûte céleste, je sens que c’est pour moi
la nouvelle année. C’est pourquoi je hais ces nouvel an à échéance fixe qui
font de la vie et de l’esprit humain une entreprise commerciale avec ses
entrées et sorties en bonne et due forme, son bilan et son budget pour
l’exercice à venir. Ils font perdre le sens de la continuité de la vie et de
l’esprit. On finit par croire sérieusement que d’une année à l’autre existe
une solution de continuité et que commence une nouvelle histoire, on fait
des résolutions et l’on regrette ses erreurs etc. etc.
C’est un travers
des dates en général. On dit que la chronologie est l’ossature de
l’Histoire; on peut l’admettre. Mais il faut admettre aussi qu’il y a quatre
ou cinq dates fondamentales que toute personne bien élevée conserve fichée
dans un coin de son cerveau et qui ont joué de vilains tours à l’Histoire.
Elles aussi sont des nouvel an. Le nouvel an de l’Histoire romaine, ou du
Moyen Âge, ou de l’Époque moderne. Et elles sont devenues tellement
envahissantes et fossilisantes que nous nous surprenons nous-mêmes à penser
quelquefois que la vie en Italie a commencé en 752, et que 1490 ou 1492 sont
comme des montagnes que l’humanité a franchies d’un seul coup en se
retrouvant dans un nouveau monde, en entrant dans une nouvelle vie.
Ainsi la date devient un obstacle, un parapet qui empêche de voir que
l’histoire continue de se dérouler avec la même ligne fondamentale et
inchangée, sans arrêts brusques, comme lorsque au cinéma la pellicule se
déchire et laisse place à un intervalle de lumière éblouissante.
Voilà
pourquoi je déteste le nouvel an. Je veux que chaque matin soit pour moi une
année nouvelle. Chaque jour je veux faire les comptes avec moi-même, et me
renouveler chaque jour. Aucun jour prévu pour le repos. Les pauses je
les choisis moi-même, quand je me sens ivre de vie intense et que je veux
faire un plongeon dans l’animalité pour en retirer une vigueur nouvelle. Pas
de ronds-de-cuir spirituels. Chaque heure de ma vie je la voudrais neuve,
fût-ce en la rattachant à celles déjà parcourues. Pas de jour de jubilation
aux rimes obligées collectives, à partager avec des étrangers qui ne
m’intéressent pas. Parce qu’ont jubilé les grands-parents de nos grands
parents etc., nous devrions nous aussi ressentir le besoin de la jubilation.
Tout cela est écœurant.
(Antonio Gramsci, 1er janvier 1916 sur l’Avanti!, édition de
Turin, rubrique « Sotto la Mole ») Traduit par Olivier
Favier.
7 commentaires
Fermer cette fenêtre Passer au formulaire de commentaireTrès belle Nouvelle Année à vous
4 janvier 2015 à 09:07
Il faut, en effet, que nous jubilions !!!
4 janvier 2015 à 10:34
bonne année chére pomme et plein d'édition dans ce 2015
je t'embrasse chaleureusement
4 janvier 2015 à 11:53
Bon, ce 'est pas très gai tout ça mais plutôt vrai !!!
GROS BECS et pis ché toute !!!
4 janvier 2015 à 16:53
il faut dire qu'en 1916, il vivait "une époque formidable" !
alors à sa manière bonne et heureuse heure, allez ne soyons pas chiche
bonne et heureuse soirée ... bonne et heureuse semaine et pourquoi pas bonne et heureuse année, vœux à renouveler chaque jour sans modération
4 janvier 2015 à 19:27
Meilleurs voeux et Joyeuse Année 2015 !!
5 janvier 2015 à 22:43
Belle et heureuse année.
Liberté, égalité, fraternité
13 janvier 2015 à 21:05