ça ! verrait-on un cordonnier aller nu-pieds ? Une modiste en cheveux, mais c'est inconcevable ! presque inconvenant !
7 septembre 2009 à 10:00
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Il y avait à Paris, rue St Florentin, un fournisseur d’articles pour modistes.
Pas de fleurs, de plumes de passementeries ou de voilettes, juste les éléments techniques qui servaient à construire l’ossature des chapeaux : de la sparterie, du laiton, de la singalette, des colles des apprêts aux fortes odeurs étourdissantes ; et des outils : des coqs, des fers électrique ou en fonte, des pinceaux, des ciseaux, des pinces ; des moules en bois et dans des placards vitrés ,s’alignaient les poupées, fantômes de têtes tendues de toile bise, deux amandes noires, sans pupilles indiquaient la place des yeux.
C’était un entresol assez mal éclairé, aux longs comptoirs de bois polis, aux tiroirs mystérieux. L’endroit, pour une petite fille, était inquiétant , bien qu’humanisé par un personnel chaleureux, familier.
Le plus effrayant était une affiche punaisée sur la porte de sortie ; on ne pouvait pas la rater.
Imprimée dans un dégradé de tons sinistres : gris, prune, pourpre, violet. Le haut en était déchiré par un éclair d’un jaune hépatique ; dans le bas, en diagonale, une pauvre fille échevelée tentait de retenir un encombrant carton à chapeaux, son sac et ses jupes affolés par un grand vent d’orage. Ses yeux agrandis d’effroi, sa bouche ouverte semblaient demander pardon.
Et traversant ce cataclysme, il y avait écrit en grosses lettres hérissées et aussi hépatiques que l’éclair :
HONTE A LA MODISTE SANS CHAPEAU !
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Une modiste en cheveux, mais c'est inconcevable ! presque inconvenant !
7 septembre 2009 à 10:00