Cette semaine, c'est Claude qui nous offre la rubrique... et nous fait souvenir qu'il est urgent de relire le "Meilleur des Mondes". Car il est évident que plus çà va, plus la fiction devient réalité. Une prise de conscience est nécessaire et urgente si nous ne voulons pas devenir ces "Veaux" que Charles de Gaulle,, en son temps pensait que nous étions déjà.
[Image]
« Pour étouffer par avance toute révolte, il ne
faut pas s’y prendre de manière violente, il suffit de créer un conditionnement
collectif si puissant que l’idée même de révolte ne viendra même plus à l’esprit
des hommes. L’idéal serait de formater les individus dès la naissance en
limitant leurs aptitudes biologiques innées.
Ensuite, on poursuivrait le conditionnement en
réduisant de manière drastique l’éducation, pour la ramener à une forme
d’insertion professionnelle. Un individu inculte n’a qu’un horizon de pensée
limité et plus sa pensée est bornée à des préoccupations médiocres, moins il
peut se révolter.
Il faut faire en sorte que l’accès au savoir
devienne de plus en plus difficile et élitiste. Que le fossé se creuse entre le
peuple et la science, que l’information destinée au grand public soit
anesthésiée de tout contenu à caractère subversif.
Surtout pas de philosophie. Là encore, il faut user
de persuasion et non de violence directe : on diffusera massivement, via la
télévision, des divertissements flattant toujours l’émotionnel ou l’instinctif.
On occupera les esprits avec ce qui est futile et ludique. Il est bon, dans un
bavardage et une musique incessante, d’empêcher l’esprit de penser.
On mettra la sexualité au premier rang des intérêts
humains. Comme tranquillisant social, il n’y a rien de mieux. En général, on
fera en sorte de bannir le sérieux de l’existence, de tourner en dérision tout
ce qui a une valeur élevée, d’entretenir une constante apologie de la légèreté ;
de sorte que l’euphorie de la publicité devienne le standard du bonheur humain
et le modèle de la liberté.
Le conditionnement produira ainsi de lui-même une
telle intégration, que la seule peur – qu’il faudra entretenir – sera celle
d’être exclus du système et donc de ne plus pouvoir accéder aux conditions
nécessaires au bonheur.
L’homme de masse, ainsi produit, doit être traité
comme ce qu’il est : un veau, et il doit être surveillé comme doit l’être un
troupeau.
Tout ce qui permet d’endormir sa lucidité est bon
socialement, ce qui menacerait de l’éveiller doit être ridiculisé, étouffé,
combattu.
Toute doctrine mettant en cause le système doit
d’abord être désignée comme subversive et terroriste et ceux qui la soutienne
devront ensuite être traités comme tels.
On observe cependant, qu’il est très facile de
corrompre un individu subversif : il suffit de lui proposer de l’argent et du
pouvoir. »
Aucun commentaire pour le moment.
Fermer cette fenêtre