J'ai souri... Mon souvenir : décision maternelle sous les ciseaux du coiffeur, enfin de la coiffeuse, ma belle tignasse auburn, dont la longueur me caressait la partie dodue de mon corps se répandant au sol, et ma tête de petit bonhomme dans le miroir. Un chagrin incommensurable m'envahit dont j'ai encore les frissons. Tout ça parce qu'il fallait démêler les longs cheveux après les avoir laver et que mes copines ne cessaient de tirer sur ma queue de cheval...
2 novembre 2014 à 16:10
Longtemps j’ai été chauve… comme bien des bébés me direz-vous, mais ma
mère n’avait pas l’habitude : elle n’en avait jamais fréquenté beaucoup
avant ma venue. Quand un premier duvet s’est montré, ne sachant s’il allait
devenir poil ou plume, elle se mit en devoir de fortifier cette première
pousse.
A l’aide de Pétrol Hahn et de bigoudis , sorte de bretzels en
caoutchouc beige et avec beaucoup de persévérence, elle avait obtenu aux
environs de ma quatrième année, une chevelure pas très drue mais néanmoins
brillante et de belles boucles par temps sec.
[Image]Lui vint alors l’envie ou la nécessité de « monter » à
Paris. Elle confia le soin de mes boucles blondes et du reste de ma personne à
ma grand-mère paternelle. Et là, eût-elle le souci d’améliorer encore le travail de ma mère ou
bien la flemme de poser chaque soir des bigoudis à une gamine
récalcitrante? On ne le saura pas.
Toujours est-il que ma grand-mère confia ma chevelure à son coiffeur et l’on me
fit une « indéfrisable »…
On disait aussi « permanente » et l’on peine à imaginer
aujourd’hui, cet énorme appareil suspendu au plafond du salon de coiffure, d’où
pendaient des câbles terminés par de grosses pinces métalliques. Le tout ,fortement
chauffé, brûlait et tirait le malheureux crâne sur lequel on les posait. C’était
très lourd… j’avais quatre ans et je n’ai rien oublié. Mais on m’avait dit
qu’il fallait souffrir pour être belle, alors stoïquement, je souffrais.
Le résultat objectif, je ne m’en souviens plus. Probablement on
m’avait dit que j’étais belle et je le croyais… mais ce qui fut inoubliable et
qui déclencha une de ces guérillas
familiales que les décennies sont incapables d’apaiser, ce fut la réaction de
ma mère venue tout exprès de Paris pour récupérer sa progéniture. Après la consternation
provoquée par l’état de ma chevelure, puis un échange verbal musclé, elle me
traîna dans la salle de bains et sans considération pour mes pleurs et mes
regrets, elle s’arma de ciseaux et répandit sur le carrelage mes
« belles » boucles blondes.
J’en suis sortie coiffée « à la Jeanne d’Arc »… coiffure
que je n’ai guère quitté depuis.FB 2020
3 commentaires
Fermer cette fenêtre Passer au formulaire de commentaire... et blonde vous restâtes
2 novembre 2014 à 09:42
Mireille Mathieu sort de ce corps .
2 novembre 2014 à 09:57
J'ai souri... Mon souvenir : décision maternelle sous les ciseaux du coiffeur, enfin de la coiffeuse, ma belle tignasse auburn, dont la longueur me caressait la partie dodue de mon corps se répandant au sol, et ma tête de petit bonhomme dans le miroir. Un chagrin incommensurable m'envahit dont j'ai encore les frissons. Tout ça parce qu'il fallait démêler les longs cheveux après les avoir laver et que mes copines ne cessaient de tirer sur ma queue de cheval...
2 novembre 2014 à 16:10