<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832</id><updated>2009-12-17T11:02:04.439-05:00</updated><title type='text'>Normand Baillargeon</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>332</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-8096880873791157118</id><published>2009-12-16T08:45:00.001-05:00</published><updated>2009-12-16T08:45:52.120-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='guerre d&apos;Espagne'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='anarchisme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>Ô ESPAGNE</title><content type='html'>&lt;embed id=VideoPlayback src=http://video.google.fr/googleplayer.swf?docid=-6236239516470072435&amp;hl=fr&amp;fs=true style=width:400px;height:326px allowFullScreen=true allowScriptAccess=always type=application/x-shockwave-flash&gt; &lt;/embed&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-8096880873791157118?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/8096880873791157118/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=8096880873791157118' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/8096880873791157118'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/8096880873791157118'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/o-espagne.html' title='Ô ESPAGNE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-1517882056303039104</id><published>2009-12-15T15:42:00.002-05:00</published><updated>2009-12-15T15:46:09.946-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sction directe'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monde Libertaire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='naturalisme Normand Baillargeon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Passager Clandestin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Voltairine de Cleyre'/><title type='text'>ACTION DIRECTE</title><content type='html'>( Texte pour &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Monde Libertaire&lt;/span&gt;]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je viens, avec grand plaisir, de préfacer une réédition d’un &lt;a href="http://www.lekti-ecriture.com/editeurs/De-l-action-directe.html"&gt;texte &lt;/a&gt;que Voltairine de Cleyre (1866-1912), à la fin de sa vie, consacrait à l’action directe [1].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans mon esprit, par ce travail éditorial, il ne s’agit ni de ‘muséifier’ de Cleyre, encore moins de la canoniser, mais simplement de sortir de l’oubli une personnalité qui mérite d’autant de l’être qu’elle nous aide à réfléchir plus lucidement sur notre époque et aux avenues qui s’offrent aujourd’hui à nous. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est exactement le cas avec cet important texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De Cleyre a en effet vécu un moment de très intense activité militante libertaire durant lequel la pratique de l’action directe a pris une grande variété de formes, parmi lesquelles, comme on le sait, la propagande par le fait.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L’Action directe&lt;/span&gt;, elle se situe face à tout cela. Je ne reviendrai pas ici sur tout ce que De Cleyre défend finalement, sinon pour rappeler deux points sur lesquels elle insiste tout particulièrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Universalité de l’action directe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier, qu’elle prend le plus grand soin à établir, est que l’action directe a été et est pratiquée par tout le monde. Elle écrit :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Toute personne qui a pensé, ne serait-ce qu’une fois dans sa vie, devoir réaffirmer un droit, et qui, seule ou avec d’autres, a pris son courage à deux mains pour le faire, a pratiqué l’action directe. (…) Toute personne ayant un jour projeté de faire quelque chose et ayant effectivement mené son projet à bien, ou ayant exposé son plan devant d’autres et emporté leur adhésion pour agir ensemble sans attendre poliment des autorités compétentes qu’elles le fassent à leur place, toute personne ayant agi ainsi a pratiqué l’action directe. Toutes les expériences qui font appel à la coopération relèvent essentiellement de l’action directe. Toute personne ayant dû, une fois dans sa vie, régler un litige avec quelqu’un et s’étant adressée directement à la ou les personne(s) concernée(s) pour le régler, en agissant de façon pacifique ou par d’autres moyens, a pratiqué l’action directe. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il s’ensuit que ceux qui la dénoncent lorsqu’elle est mise en oeuvre par des gens ou pour des fins qu’ils déplorent l’ont typiquement eux-mêmes pratiquée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le paradoxe mérite encore et toujours d’être relevé, au moment où, comme ce fut le cas cet été, la doxa se déchaine contre le cas de toutes ces pratiques militantes et syndicales allant de la séquestration de patrons à l’occupation d’usine en passant par bien d’autres encore qu’on a pu observer en France et ailleurs au cours des derniers mois et qui ont tant ému une partie de l’intelligentsia : rapportées au prisme de l’histoire de l’anarchisme, elles nous apparaissent sous un jour nouveau, qui permet de prendre un salutaire recul par rapport à la doxa des faiseurs d’opinion.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À lire ces commentateurs, ces actions ne seraient en effet que de poussiéreux vestiges du passé qui viendraient soudain de faire un bref et inattendu retour, cette résurgence étant bien entendu éminemment déplorable puisque l’histoire aurait amplement démontré leur inefficacité. De plus, ces pratiques déboucheraient nécessairement sur les pires crimes et les pires horreurs que l’on puisse imaginer. De Cleyre permet une salutaire relativisation de ce point de vue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Les variétés de l’action directe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le deuxième élément sur lequel elle insiste est la grande diversité des moyens que recouvre l’action directe, qui peut en effet prendre une immense variété de modalités. &lt;br /&gt;Elle ne se limite pas aux usines et aux lieux de travail et elle peut être comprise comme toute poursuite extra-parlementaire et non délégatrice de la politique par des individus ou des groupes. Elle désigne, en somme, ce qui se produit quand des gens prennent les choses en mains sans intermédiaire et agissent contre des formes d’autorité jugées illégitimes pour préserver ou accroître leur liberté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’action directe s’incarne ainsi dans une grande variété de modalités, allant de moyens essentiellement non-violents comme la désobéissance civile, les sit-ins, le refus de payer ses impôts, les boycotts, les grèves, les blocages de routes et les occupations, jusqu’à des formes plus violentes (sabotage, vandalisme, par exemple), voire même extrêmement violentes et pouvant comprendre la lutte armée. Ainsi entendu, le concept, on le voit, en est très large et subsume des pratiques allant de l’ahimsâ prôné par Ghandi à la lutte armée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un moment historique qui offre de nombreuses  occasions de la pratiquer&lt;br /&gt;De Cleyre aide à comprendre tout cela. Mais l’élucidation qu’elle favorise nous contraint ensuite à décider de ce que nous nous voulons et des moyens que nous sommes disposés à mettre en œuvre pour ce faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En un  mot, il s’agit de se doter d’objectifs et de finalités non certes fixes et immuables, mais néanmoins donnant une idée de ce vers quoi on veut aller et s’inscrivant, au moins grossièrement, dans des repères pour l’action. À ces seules conditions, me semble-t-il, les idéaux anarchistes peuvent s’inscrire dans les combats de notre époque et cela à un moment qui leur est particulièrement propice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Car c’est bien le cas et pas seulement en France ou en Europe. Pour ne donner que deux exemples très révélateurs en en restant à cet improbable lieu que sont les Etats-Unis, les quelque 600 000 mises à pieds dans le secteur manufacturier ont conduit à une occupation d’usine, du jamais vu depuis les années 30, si du moins on excepte un événement isolé survenu en 1979; d’autre part, la très importante Us Steelworkers Union, méga syndicat nord-américain, vient d’annoncer le début de sa collaboration avec Mondragon International, ce réseau de coopératives du pays Basque : cette fois encore , c’est un événement majeur, et qui met en scène un mouvement qui a nombre de ses racines dans les idéaux de l’anarchisme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a là de formidables énergies à mobiliser et si nous n’accomplissons pas cette tâche urgente, d’autres la feront — et la font déjà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Récemment, réagissant à la montée en flèche de ces manifestations populaires s’opposant notamment à la réforme des soins de santé aux Etats-Unis, Noam Chomsky  a fait valoir que plutôt que de s’en détourner avec mépris, les militantes et militants devraient se demander comment il se fait que des gens qui bénéficierait les premiers de ces mesures en viennent à s’y opposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La raison, suggère-t-il, en est vraisemblablement à chercher, au moins en partie, dans le fait que la déferlante démagogique a au moins le mérite de proposer des réponses très minimalement crédibles, aussi sottes soient-elles par ailleurs, à des gens qui en réclament.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a là une leçon qui vaut pour nous, et qui s’appliquent à ces pratiques militantes et syndicales d’action directe que la crise actuelle voit se multiplier. Qu’avons-nous à proposer comme buts et objectifs crédibles et à long terme à tous ces gens qui cherchent à comprendre et qui réclament des réponses, en ce moment où l’activisme politique prend de l’ampleur [2]? Juqu’où aller pour les atteindre? Sitôt qu’on soulève ces questions, d’innombrables autres surgissent auxquelles, s’il n’est pas facile de répondre, un mouvement libertaire vivant aura néanmoins des réponses à proposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;S’il est une chose que l’on peut en tout cas apprendre en lisant de Cleyre, c’est qu’à son époque, notre mouvement en avait, et de nombreuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n’y a aucune raison que nous n’en ayons pas à notre tour.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Notes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] De CLEYRE, Voltairine, L’Action directe, Le Passager Clandestin, Paris, 2009.&lt;br /&gt;[2] Le point de vue de la population semble bien différent de celui des faiseurs d’opinion, du moins si on en juge par un sondage réalisé durant l’été 2009 et selon lequel «44% des ouvriers adhérent à l’idée de séquestrer des patrons (4% la condamnent)», tandis que «l’immense majorité des Français comprend la colère des ouvriers», puisque «62% comprennent les séquestrations de patrons et 50% les menaces de destruction de sites». (Sondage IFOP-Humanité réalisé du 27 au 29 juillet 2009; résultats et méthodologie rapportés dans L’Humanité, 31 juillet 2009, page 3.)&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-1517882056303039104?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/1517882056303039104/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=1517882056303039104' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/1517882056303039104'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/1517882056303039104'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/action-directe.html' title='ACTION DIRECTE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-6267555840447422378</id><published>2009-12-13T11:30:00.003-05:00</published><updated>2009-12-13T18:37:19.948-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='sondage'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>MÉGA SONDAGE AUPRÈS DES PHILOSOPHES PROFESSIONNELS</title><content type='html'>On dit que c'est le plus &lt;a href="http://philpapers.org/surveys/"&gt;grand sondage&lt;/a&gt; jamais réalisé sur les positions défendues par les philosophes professionnels.[Je n'ai pas encore regardé l'échantillon ou la méthodologie].&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On y découvre les données suivantes:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Athéisme: 72.8% &lt;br /&gt;Théisme: 14.6% &lt;br /&gt;Autre: 12.5%&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Naturalisme: 49.8% &lt;br /&gt;Non-naturalisme, mais pas nécessairenet supernaturalisme:25.8% &lt;br /&gt;Autre:24.2%&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-6267555840447422378?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/6267555840447422378/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=6267555840447422378' title='14 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/6267555840447422378'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/6267555840447422378'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/mega-sondage-des-philosophes.html' title='MÉGA SONDAGE AUPRÈS DES PHILOSOPHES PROFESSIONNELS'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>14</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-3781688717861019184</id><published>2009-12-13T07:27:00.004-05:00</published><updated>2009-12-13T07:49:18.122-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillageon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='À bâbord'/><title type='text'>LANCEMENT À MONTRÉAL</title><content type='html'>Nous lançons le numéro 32 de la revue &lt;a href="http://www.ababord.org/"&gt;À Bâbord&lt;/a&gt;. Il contient un dossier sur &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Québec en quête de laïcité&lt;/span&gt; que j'ai eu le plaisir de diriger et auquel de nombreux collaborateurs et de nombreuses collaboratrices de grand talent ont contribué. Certaines d'entre elles seront de la partie et prendront la parole.[On peut lire &lt;a href="http://www.ababord.org/spip.php?article951"&gt;ici&lt;/a&gt; mon introduction au dossier] Après quoi on fait la fête, de la musique et on fait tirer des livres — j'en amène quatre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Et rien que pour les personnes qui fréquentent ce blogue, un cinquième: j'offre à la première personne qui me salue avec le code secret : (disons que ce sera :Prévert)  un exemplaire de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La Chasse au Snark&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le lancement-party a lieu le:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mardi 15 décembre 19 h.30 à minuit&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Où : Broue Pub&lt;br /&gt;5860 de Lorimier (coin des Carrières - une rue au sud de la rue Rosemont)&lt;br /&gt;Montréal&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;Au menu : Lancement, animation, bouffe et bière artisanale&lt;br /&gt;   Musique avec le À bâbord Jazz Band&lt;br /&gt;   Prix de présence (tirage) : livres, CD et œuvres picturales&lt;br /&gt;   Discussions, palabres, échanges et rires....&lt;br /&gt; &lt;br /&gt; &lt;br /&gt; Bienvenue à toutes et tous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-3781688717861019184?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/3781688717861019184/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=3781688717861019184' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3781688717861019184'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3781688717861019184'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/lancement-montreal.html' title='LANCEMENT À MONTRÉAL'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-797111326991459388</id><published>2009-12-13T07:18:00.003-05:00</published><updated>2009-12-13T07:37:05.171-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='jeux mathématiques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='À bâbord'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>JEUX POUR À BÂBORD</title><content type='html'>[Ce sont les prochains divertissements mathématiques pour la revue &lt;span style="font-style:italic;"&gt;À Bâbord&lt;/span&gt;.&lt;br /&gt;Je ne donne pas les réponse: je poste ceci pour, lâchement, vous inciter à acheter le prochain numéro de la revue où se trouveront les réponses!]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Avez-vous l’heure?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Pas besoin de montre pour perdre son temps», chantait malicieusement John Lennon (‘&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Don’t need a watch to waste your time&lt;/span&gt;’). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Espérons que vous ne jugerez pas avoir perdu le vôtre avec les énigmes qui suivent et qui, toutes, concernent des montres ou des horloges.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous les soumets en ordre croissant de difficulté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;1. Lorsque l’horloge de grand-père sonne 6 heures, il s’écoule 15 secondes entre le premier coup et le dernier coup. Combien de secondes s’écoulent ente le premier et le dernier des coups quand elle sonne midi?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Vous avez le choix entre cette montre qui retarde d’une minute par jour et celle-ci, qui ne fonctionne pas du tout. Si vous voulez une montre qui indique l’heure juste le plus souvent possible, laquelle devriez-vous prendre? (Cette énigme a été créée par Lewis Carroll; l’auteur d’&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Alice au pays des merveilles&lt;/span&gt; était en effet aussi … professeur de mathématiques à l’université)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. Le philosophe Emmanuel Kant (1724-1802) menait, dit-on, une vie à ce point réglée que ses concitoyens pouvaient mettre leurs montres à l’heure lors de ses passages, à heures fixes, sur les lieux des promenades qu’il faisait quotidiennement — bien entendu à heures fixes. Mais un jour son valet oublia de remonter son horloge : par malchance, Kant venait justement d’envoyer sa montre chez l’horloger pour la faire réparer. Pas découragé du tout, le philosophe sortit de chez lui et s’en alla rendre visite à un ami; il resta longtemps chez cet ami puis rentra chez lui et remit son horloge à l’heure. Comment s’y est-il pris? (Il va de soi que Kant n’a pas emprunté de montre à son ami! Un indice?  Il a pu lire l’heure chez son ami. Un autre?  Par la négligence de son valet, son horloge n’avait pas été remontée :  mais elle fonctionnait toujours.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[Pour ceux etc elles que cela amuse, le grand fan de Carroll que je suis s'est payé le bonheur de traduire et annoter &lt;a href="http://www.amazon.fr/Chasse-Snark-agonie-huit-chants/dp/2895960461/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1260707020&amp;sr=8-1"&gt;La Chasse au Snark&lt;/a&gt;]&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-797111326991459388?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/797111326991459388/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=797111326991459388' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/797111326991459388'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/797111326991459388'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/jeux-pour-babord.html' title='JEUX POUR À BÂBORD'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-2846313731389007160</id><published>2009-12-09T08:08:00.004-05:00</published><updated>2009-12-09T08:19:56.906-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='von Glasersfeld'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Joëlle Quérin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='constructivisme radical'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Contre la réforme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>CRITIQUE DU LIVRE: CONTRE LA RÉFORME</title><content type='html'>&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Le Devoir&lt;/span&gt; reste un des lieux largement (et je dirais dogmatiquement) favorables à la réforme de l'éducation et où il aura été passablement difficile d'y faire entendre des critiques à son sujet.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans sa critique de mes deux derniers livres, le par ailleurs excellent critique des essais de ce journal, Louis Cornellier, a accompli un pirouette lui permettant de finalement ne pas parler de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Contre la réforme&lt;/span&gt; et de faire comme si E. von Glasersfeld et son constructivisme dit radical étaient les seules choses à trouver dans mon livre (il s'agit d'&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;un&lt;/span&gt; chapitre, le plus long certes, mais un sur 13) et comme si ces idées de G. n'avaient pas été influentes chez nous, dans les lieux où s'est pensée la réforme ( Glasersfed a notamment obtenu un doctorat honoris causa de l'U. Laval et une médaille de Mérite scientifique del'UQAM, décernés pour sa contribution à l'avancement de l'éducation u Québec; et j'en passe)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour me consoler, je trouve dans le dernier numéro de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;L'action Nationale&lt;/span&gt;,   une &lt;a href="http://www.action-nationale.qc.ca/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=934&amp;Itemid=1"&gt;critique&lt;/a&gt; de mon livre où on voit bien que l'auteur, Joëlle Quérin , en parle et l'a lu: et ses suggestions pour l'améliorer méritent réflexion.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-2846313731389007160?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/2846313731389007160/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=2846313731389007160' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2846313731389007160'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2846313731389007160'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/critique-du-livre-contre-la-reforme.html' title='CRITIQUE DU LIVRE: CONTRE LA RÉFORME'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-2412942230911619839</id><published>2009-12-07T09:58:00.009-05:00</published><updated>2009-12-07T10:32:46.716-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Rosalind Carey'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éric Bédard'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='John Ongley'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Marcel Trudel'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Marie-Paule Villeneuve'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Maxime Catellier'/><title type='text'>ÇA VOUS INTÉRESERA PEUT-ÊTRE, VOUS AUSSI...</title><content type='html'>J'ai lu (et recensé pour l'actuel numéro du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Libraire&lt;/span&gt;) le livre &lt;a href="http://www.amazon.ca/R%C3%A9formistes-Eric-B%C3%A9dard/dp/2764606699/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1260197953&amp;sr=8-1"&gt;Les Réformistes&lt;/a&gt;, d'Éric Bédard. Une lecture incontournable pour qui s'intéresse à l'histoire du Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je lis en ce moment &lt;a href="http://www.amazon.ca/DEUX-SI%C3%88CLES-DESCLAVAGE-AU-QU%C3%89BEC/dp/2894063067/ref=sr_1_4?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1260198159&amp;sr=8-4"&gt;Deux siècles d'esclavage au Québec&lt;/a&gt;, de Marcel Trudel. Un livre remarquable. Il s'agit d'une nouvelle édition préparée par Michèle D'Allaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En parallèle, je lis le passionnant &lt;a href="http://www.librairiepantoute.com/livre.asp?id=isdugpepzjuabug&amp;/tiers-monde-au-fond-de-nos-bois/marie-paule-villeneuve/9782762130027"&gt;Le Tiers-Monde au fond de nos bois&lt;/a&gt;, sur ces gens qui travaillent chez nous dans des conditions terribles. C'est un livre de Marie-Paule Villeneuve.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il y a une douzaine d'années, dans les pages du &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Devoir&lt;/span&gt;, hypothèse hasardeuse et grossièrement formulée, je demandais à mes lecteurs et lectrices s'il n'était pas possible de faire "pousser de la viande", de manière à avoir, grâce à des plantes à viande, la viande mais sans la souffrance animale. Or voilà que je lis &lt;a href="http://www.physorg.com/news178869104.html"&gt;ceci&lt;/a&gt; aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai reçu et je dévore le &lt;a href="http://www.amazon.com/Historical-Dictionary-Bertrand-Philosophy-ebook/dp/B00260GT5M/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1260198963&amp;sr=8-2"&gt;Historical Dictionary of Bertrand Russell's Philosophy&lt;/a&gt; . Un travail titanesque, brillamment accompli par Rosalind Carey et John Ongley.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La maison d’édition &lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;a href="http://poetesdebrousse.org/"&gt;Poètes de Brousse&lt;/a&gt;&lt;/span&gt; lance une nouvelle collection appelée Essai libre, qu’elle voue à la «critique intuitive en matière d’art, de littérature, d’histoire et de société». Deux premiers titres parus: de Jean-François Poupart, &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Gallimard chez les nazis&lt;/span&gt;, et de Maxime Catellier: &lt;span style="font-style:italic;"&gt;La mort du Canada&lt;/span&gt;Suivi de : &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Lettre à Jean Benoît&lt;/span&gt;. Recension à venir. J'ai beaucoup aimé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; &lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;a href="http://www.amazon.ca/Zenos-Paradox-Unraveling-Ancient-Mystery/dp/0452289173/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1260199648&amp;sr=8-1"&gt;Zeno's Paradox&lt;/a&gt;&lt;/span&gt;, que je viens de commencer, me donne beaucoup de plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, je viens de passer du temps avec &lt;a href="http://www.ias.edu/people/faculty-and-emeriti/walzer"&gt;Michael Walzer&lt;/a&gt;, pour une longue entrevue avec lui sur ses thèmes de prédilection (guerre juste, terrorisme, justice): une version courte de cet entretien paraîtra en 2010 dans &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Philosophie Magazine&lt;/span&gt;. Cela s'est passé à l'&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Institute For Advanced Study de Princeto&lt;/span&gt;n: et oui, c'est encore plus beau que ce qu'on dit.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-2412942230911619839?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/2412942230911619839/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=2412942230911619839' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2412942230911619839'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2412942230911619839'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/ca-vous-interesera-peut-etre-vous-aussi.html' title='ÇA VOUS INTÉRESERA PEUT-ÊTRE, VOUS AUSSI...'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-4381106109403106570</id><published>2009-12-06T08:23:00.002-05:00</published><updated>2009-12-06T08:27:55.856-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='vulgarisation'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='mathématiques'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='philosophie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>VULGARISER DE LA PHILOSOPHIE</title><content type='html'>Comme je le disais dans une précédente entrée, je viens de terminer une introduction à la philosophie. Voici quelques réflexions et observations à ce sujet — ces notes n’intéresseront peut-être que moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Comme c’est si souvent le cas, le livre s’est transformé en l’écrivant. C’est qu’on découvre des choses qu’on ne soupçonne pas en écrivant et qu’on ne peut les découvrir qu’en écrivant. J’ai toujours pensé que je serais incapable d’écrire un roman et je suis admiratif devant les personnes qui le font — du moins les bons romans. Mais peut-être est-ce pour elles la même chose : ils et elles écrivent et puis ça vient. C’est en écrivant qu’on devient écrivon disait le brave Queneau… Encore un peu et je me lance dans un roman!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L’autre chose qui m’a frappée pendant que j’écrivais ce livre, c’est à quel point il est difficile de vulgariser. Notez bien que je ne dis pas que j’y parviens en général ou que j’y suis parvenu ce coup-çi. Mais il reste que même s’il s’agit d’un domaine que je connais particulièrement bien (pas de fausse modestie), en parler de manière claire est difficile. Il faut choisir les sujets qu’on va aborder et les sélectionner pour de bonnes raisons (ils doivent être fondamentaux mais accessibles); on doit trouver des exemples et de façons de les présenter à qui n’en a jamais entendu parler.&lt;br /&gt;J’en ressors plus admiratif que jamais pour ces auteurs que j’estime et qui le font si bien : Martin Gardner (l’immense Gardner, à qui je dois tant); Richard Feynman (si vous enseignez la physique, ne pas le connaître est une grave carence); Bertrand Russell; et quelques autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’en ressors aussi avec la conviction qu’il faut maîtriser un domaine pour l’enseigner et que c’est une grave erreur, au Québec, d’avoir à ce point dilué la formation disciplinaire des maîtres du secondaire. Une erreur, oserais-je dire, de gens qui soit n’ont pas de véritable formation disciplinaire solide, soit n’ont jamais essayé de vulgariser, soit n’accordent pas l’importance qui leur revient aux savoirs dans l’éducation (et peut-être les trois choses à la fois).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, et tout bien pesé, il reste que la philosophie est difficile, d’une vraie difficulté qu’on ne peut contourner. Sur ce plan, elle est comme les maths, que j’aime aussi si fort, même si je ne suis pas matheux ni très bon en maths. J’ai cependant noté une différence entre ces deux domaines — du moins pour moi (car il se peut que ce que je dis tienne à ce que je pratique des maths trop élémentaires). La voici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je n’oublie pas ce que je sais en mathématiques : ayant vu (pour parler comme le platonicien que je suis en mathématiques) la démonstration du théorème de Pythagore par Euclide, elle est comme saisie en pensée et pour de bon. En philo, par contre, des choses que j’apprends deviennent avec le temps nébuleuses si je n’y reviens pas. En écrivant ce livre (qui m’a pour toutes ces raisons pris pas mal plus de temps que je ne pensais au départ), j’ai plus d’une fois eu à retourner à des choses que je pensais savoir, que j’avais apprises, mais oubliées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais bon, j’ai enfin fini.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-4381106109403106570?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/4381106109403106570/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=4381106109403106570' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4381106109403106570'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4381106109403106570'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/vulgariser-de-la-philosophie.html' title='VULGARISER DE LA PHILOSOPHIE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-3798653064267993887</id><published>2009-12-05T13:40:00.001-05:00</published><updated>2009-12-05T13:43:26.080-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Guillaume Lamy'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Délit FRançais'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='N&apos;autre école'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Publications Universitaires'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>DES NOUVELLES</title><content type='html'>Je me rends compte que je néglige quelque peu ce blogue par les temps qui courent. La raison en est qu'entre textes à rendre et réponses à mes courriels, je n'ai plus de temps du tout. La catégorie texte comprend les articles promis et cela se gère encore; mais ce sont les deux livres que je menais de front, avec dates de tombées précises, qui m'ont eu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier de ces livres est une Introduction à la philosophie, enfin terminée: j'attends les commentaires de l'éditeur. Le deuxième, ce sont ces Écrits sur l'université, de Chomsky. Je travaille avec une équipe de bénévoles formidables, heureusement, sans quoi ce livre n'existerait pas. J'en suis à réviser les textes traduits, à préparer l'introduction et l'appareil critique. Avec un peu chance, je verrai Chomsky sous peu afin de réaliser un entretien qui fermerait l'ouvrage.Remise du manuscrit: janvier. Après quoi j'attaque mon livre de Philosophie de l'éducation, un monstre sur lequel je travaille depuis des années.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, Louis Cornellier, du Devoir, vient de &lt;a href="http://www.ledevoir.com/culture/livres/278617/essais-quebecois-normand-baillargeon-et-la-conversation-democratique"&gt;rendre compt&lt;/a&gt;e, d'une manière toute personnelle, de Raison Oblige — et aussi de Contre la Réforme, mais dont il ne parle pas, finalement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Publications Universitaires, animées par le très dynamique et toujours préparé Guillaume Lamy, m'ont &lt;a href="http://www.publications-universitaires.qc.ca/?p=252"&gt;reçu &lt;/a&gt;pour parler de trois ouvrages récents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le Délit Français, organe des étudiantes et étudiant francophones de Mc Gill, publie un &lt;a href="http://delitfrancais.com/2009/11/30/l%E2%80%99universite-entre-engagement-et-liberte/"&gt;entretien&lt;/a&gt; avec moi sur l'université, aux thèmes que les lecteurs de ce blogue connaissent bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'entretien sur l'éducation accordé à N'autre école, est &lt;a href="http://bellaciao.org/fr/spip.php?article94891"&gt;paru&lt;/a&gt; dans le dernier numéro.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Finalement, &lt;a href="http://www.liberation.fr/livres/0101606324-la-venue-generale-de-cleyre"&gt;Libération&lt;/a&gt; publie un texte sur l'édition des écrits de Voltairine de Cleyre que Chantal Santerre et moi même avons publiée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je publierai sous peu ici le texte que je viens d'envoyer au Monde Libertaire. Et quelques autres textes qui s'en viennent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureusement que je n'ai pas de cours cette session!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est que mes aimables collègues ayant aboli les grands groupes du cours de Fondements de l'éducation que je donnais d'habitude, avec bien du plaisir et, il me semble, à la satisfaction des étudiantes et étudiantes, je me paie le luxe, plutôt triste je l'avoue, de ne pas enseigner.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;P.S. Contrairement à mon habitude, j'ai même négligé de dire merci aux personnes qui ont laissé des commentaires ici: mes plates excuses et merci à toutes et tous.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-3798653064267993887?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/3798653064267993887/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=3798653064267993887' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3798653064267993887'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3798653064267993887'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/12/des-nouvelles.html' title='DES NOUVELLES'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-771961560055757453</id><published>2009-11-23T07:10:00.000-05:00</published><updated>2009-11-23T07:11:32.275-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='UQAM'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>ENTREVUE-PORTRAIT À l'UQAM</title><content type='html'>Elle se trouve &lt;a href="http://www.journalimedia.uqam.ca/profession-libre-penseur/"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-771961560055757453?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/771961560055757453/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=771961560055757453' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/771961560055757453'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/771961560055757453'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/entrevue-portrait-luqam.html' title='ENTREVUE-PORTRAIT À l&apos;UQAM'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-4344898703076770712</id><published>2009-11-23T07:01:00.002-05:00</published><updated>2009-11-23T07:08:41.778-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean-Marc Piotte'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Daniel Baril'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Louis Rousseau'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean-Marc Larouche'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Daniel Weinstock'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Conseil du Statut de la Femme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='À bâbord'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Marie-Michèle Poisson'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='laîcité'/><title type='text'>LE QUÉBEC EN QUÊTE DE LAÏCITÉ</title><content type='html'>[J'ai coordonné le dossier du prochain numéro d'&lt;span style="font-style:italic;"&gt;À Bâbord&lt;/span&gt;, qui porte sur la laïcité. Il sera lancé le 15 décembre. En voici l'introduction.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le débats politiques qui opposent des gens que tout divise sont presqu’immanquablement prévisibles, stériles et partant sans intérêt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;A contrario, il arrive que des gens possédant en commun des valeurs et des positions politiques fondamentales, s’opposent néanmoins sur certaines questions précises et ayant des répercussion pratiques importantes.&lt;br /&gt;Quand cela se produit, on peut espérer que leurs débats et discussions seront féconds et que chacun apprendra de ces échanges, pour autant qu’ils soient sereins et respectueux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le dossier que nous vous présentons vous propose précisément d’entendre des arguments déployés par des personnes et des regroupements politiques qui, s’ils partagent en commun ce que je qualifierai simplement comme étant des idéaux humanistes et progressistes, divergent néanmoins d’avis sur toute un série de questions ayant globalement trait au modèle de laïcité que le Québec devrait adopter et de ce qui s’ensuit et est impliqué par ce choix. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faut-il le rappeler? Le processus de laïcisation, au Québec, ne s’est amorcé que très récemment. Il reste inabouti et cherche encore à se définir, comme en témoignent notamment la constante résurgence dans l’opinion de débats sur les accommodements raisonnables, sur la place à accorder dans l’espace public aux croyances religieuses, sur les modalités d’accueil des population immigrantes et sur la question d’une éventuelle hiérarchisation des droits, qui surgit dès lors que s’opposent liberté de pratique religieuse et égalité des sexes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le manque de volonté politique explique-t-il, à lui seul, que le fameux concept de laïcité ouverte mis de l’avant au terme du vaste chantier consultatif de la Commission Bouchard-Taylor comme cadre conceptuel pour penser résoudre ces questions, ne les ait pas, au yeux de plusieurs observateurs, résolu de manière satisfaisante et convaincante? Ou est-ce plutôt en raison de carences inhérentes à ce concept lui-même?&lt;br /&gt; &lt;br /&gt;La première partie de ce dossier vous présente des vues divergentes sur ces questions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le premier texte, qui ouvre ce dossier, est de Daniel Weinstock, un philosophe de l’Université de Montréal, qui se porte avec finesse à la défense de cette forme, ouverte, de laïcité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces idées trouvent ensuite un autre solide avocat en Jean-Marc Larouche, un sociologue de l’UQAM. Certains des meilleurs arguments en faveur de ce type de laïcité, qui s’applique aux institutions plutôt qu’aux individus ou à la société,  qui entend promouvoir l’«amitié civique» (Weinstock) et «ouvrir la raison séculière à la raison de la religion» (Larouche), sont déployés dans ces textes, qui ne maquent pas de mettre en garde conte le périls d’une laïcité «républicaine».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Daniel Baril, vice-président du Mouvement laïque québécois, est en complet désaccord : le concept de laïcité ouverte est à ses yeux un dangereux oxymoron, qui repose sur une vison angélique des religions qui en oblitère abusivement les dimensions sociales et politiques : en bout de piste, il participerait d’une forme de traitement préférentiel consenti aux croyances religieuses et déboucherait inévitablement sur d’intolérables compromissions avec la laïcité bien comprise.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ces deux positions laissent deviner des conceptualisations et des sensibilités fort différentes, qui ne peuvent manquer de surgir dans les manières de se situer et de réagir face à certaines demandes précises émanant de groupes religieux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième partie de ce dossier l’illustre en donnant à entendre les arguments et les conclusions, divergents, de la Fédération des Femmes du Québec et du Conseil du Statut de la Femme, sur l’interdiction du port de symboles religieux ostentatoire par le personnel de la fonction publique. Jean-Marc Piotte ajoute sa voix à celle de ces deux organismes et prône quant à lui pour une véritable et pleine laïcité.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La troisième et dernière partie de ce dossier confronte elle aussi deux points de vue, cette fois sur le cours d’Éthique et Culture religieuse qui vient de se mettre en place dans les écoles primaires et secondaires du Québec.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce cours trouve un solide défenseur en Louis Rousseau, du département des sciences des religions de l’UQAM et une critique impitoyable en la philosophe Marie-Michèle Poisson, présidente du Mouvement Laïque québécois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous avons souhaité donner en ces pages la parole à certaines des plus solides et convaincantes des personnes représentants les options les plus crédibles qui se présentent aujourd’hui au Québec. Une chose au moins semble faire l’unanimité : l’urgence de définir collectivement le type de laïcité que nous voulons et de l’implanter sérieusement&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce dossier aurait accompli le voeu le plus cher que les artisans de la revue À Bâbord avaient en le préparant s’il parvenir à alimenter la réflexion de ses lectrices et lecteurs et s’il contribuait à enrichir la conversation démocratique, qui doit se poursuivre ( et aboutir!) sur ces questions aussi importantes qu’incontournables.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Normand Baillargeon&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-4344898703076770712?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/4344898703076770712/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=4344898703076770712' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4344898703076770712'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4344898703076770712'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/le-quebec-en-quete-de-laicite.html' title='LE QUÉBEC EN QUÊTE DE LAÏCITÉ'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-2877176362132193857</id><published>2009-11-18T17:10:00.005-05:00</published><updated>2009-11-18T18:02:30.527-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Salon du livre de Montréal 2009'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL</title><content type='html'>Je serai au Salon du livre de Montréal dans les prochains jours pour:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Contre la réforme, au stand des PUM, jeudi de 20 à 21 h;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Raison Oblige, au stand des PUL, vendredi de 18 à 19 h;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Heureux sans Dieu, au stand de VLB, jeudi, de 19 à 20 h, vendredi, de 13h 30 à 15 h et samedi, de 16 à 17h 30.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Au plaisir de vous y croiser.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-2877176362132193857?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/2877176362132193857/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=2877176362132193857' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2877176362132193857'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2877176362132193857'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/salon-du-livre-de-montreal.html' title='SALON DU LIVRE DE MONTRÉAL'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-6667583966054008284</id><published>2009-11-18T16:09:00.003-05:00</published><updated>2009-11-18T17:08:28.952-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Le Passager clandestin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Voltairine de Cleyre'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Action directe'/><title type='text'>VOLTAIRINE ET L'ACTION DIRECTE</title><content type='html'>J'ai eu l'été dernier le bonheur d'être contacté par une personne fort sympathique oeuvrant pour une aussi sympathique jeune maison d'édition indépendante appelée &lt;a href="http://www.lepassagerclandestin.fr/"&gt;Le passager clandestin&lt;/a&gt;. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On s'apprêtait à rééditer «L'action directe», un texte de Voltairine de Cleyre, une anarchiste du siècle dernier (1866-1912) que les lecteurs de ce blogue connaissent et qu'avec Chantal Santerre nous avons cherché à faire connaître. (Nous avons publié son premier ouvrage en langue française, visible &lt;a href="http://www.luxediteur.com/despoiretderaison"&gt;ici&lt;/a&gt;). On me demandait de faire la présentation de  ce texte, ce que j'ai fait avec avec un immense plaisir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici la couverture du livre, que je viens de trouver sur Internet:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_8zAClD1DFd0/SwRinIl7KzI/AAAAAAAAAHw/9gdbisj3xaQ/s1600/voltai"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 194px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_8zAClD1DFd0/SwRinIl7KzI/AAAAAAAAAHw/9gdbisj3xaQ/s400/voltai" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5405553877212408626" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je vous invite  à aller faire un tour sur le site Internet de la maison d'édition, où vous trouverez notamment de nombreuses &lt;a href="http://www.lepassagerclandestin.fr/crbst_10.html"&gt;rééditions&lt;/a&gt; de textes politiques importants.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-6667583966054008284?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/6667583966054008284/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=6667583966054008284' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/6667583966054008284'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/6667583966054008284'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/voltairine-et-laction-directe.html' title='VOLTAIRINE ET L&apos;ACTION DIRECTE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8zAClD1DFd0/SwRinIl7KzI/AAAAAAAAAHw/9gdbisj3xaQ/s72-c/voltai' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-4943208632865071668</id><published>2009-11-15T20:32:00.003-05:00</published><updated>2009-11-15T20:59:15.067-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Raison Oblige'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Sébastien Marchal'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>COUVERTURE DE RAISON OBLIGE</title><content type='html'>Voici le couverture de &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Raison Oblige&lt;/span&gt;, un ouvrage qui vient de paraître aux Presses de l'Université Laval. Je l'aime beaucoup; c'est une création d'un camarade français, Sébastien Marchal, que je remercie de tout coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_8zAClD1DFd0/SwCr24Vk0LI/AAAAAAAAAHo/XbN6I4V8Wus/s1600-h/raisonobligecouv"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 267px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_8zAClD1DFd0/SwCr24Vk0LI/AAAAAAAAAHo/XbN6I4V8Wus/s400/raisonobligecouv" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5404508512168759474" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-4943208632865071668?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/4943208632865071668/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=4943208632865071668' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4943208632865071668'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4943208632865071668'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/couverture-de-raison-oblige.html' title='COUVERTURE DE RAISON OBLIGE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_8zAClD1DFd0/SwCr24Vk0LI/AAAAAAAAAHo/XbN6I4V8Wus/s72-c/raisonobligecouv' height='72' width='72'/><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-5414215673333858880</id><published>2009-11-10T15:15:00.005-05:00</published><updated>2009-11-10T16:48:04.452-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='richard Feynman'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='biographie'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>RICHARD FEYNMAN: THE LAST JOURNEY OF A GENIUS</title><content type='html'>Connaissez-vous Feynman? C'était un personnage ... jugez-en plutôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je l'ai pour ma part beaucoup lu et ai été très content de retrouver cette émission de télé:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;embed id=VideoPlayback src=http://video.google.ca/googleplayer.swf?docid=3164300309410618119&amp;hl=fr&amp;fs=true style=width:400px;height:326px allowFullScreen=true allowScriptAccess=always type=application/x-shockwave-flash&gt; &lt;/embed&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-5414215673333858880?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/5414215673333858880/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=5414215673333858880' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/5414215673333858880'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/5414215673333858880'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/richard-feynman-last-journney-of-genius.html' title='RICHARD FEYNMAN: THE LAST JOURNEY OF A GENIUS'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-2070669385642775204</id><published>2009-11-08T09:52:00.003-05:00</published><updated>2009-11-08T16:34:25.623-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Monde Libertaire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Chute du mur de berlin'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>DES MURS DANS NOS TÊTES</title><content type='html'>[Pour le prochain Monde Libertaire]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans la nuit du 9 au 10 novembre 1989, le mur de Berlin est tombé. Il avait commencé à être érigé entre le 12 et le 13 août 1961.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vingt ans plus tard, on s’apprête à commémorer en grandes pompes cet événement (qu’on appelle outre-Rhin die Wende, le tournant), en tenant à Berlin un «Festival de la liberté». Mais il y a fort à parier qu’on tiendra simultanément un peu partout un «Festival de la propagande». &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je doute qu’on nous resserve la Fin de  l’histoire, de l’hilarant Francis Fukuyama, qui nous avait tant fait rire à l’époque : on n’oserait plus. Mais quelque chose de cette trope sera immanquablement présent dans les discours, nous rappelant que la Chute du mur et la fin de la Guerre Froide symbolisent la fin du communisme ou du socialisme réels et de ce à quoi ils conduisent immanquablement et la victoire, certes encore incomplète et imparfaite, de la démocratie libérale et du libre marché.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour décrire l’inachèvement de la réunification de leurs pays, les Allemands évoquent parfois ce qu’ils appellent le Mauer im Kopf, le mur dans la tête. C’est sur un tel Mauer im Kopf que pourra s’appuyer le déferlement de propagande qu’on nous servira, et qui nous exposera une fois de plus la doctrine officielle en ce qui concerne le monde bipolaire de la Guerre Froide, sa terminaison et ce que celle-ci a impliqué pour le monde actuel, celui de l’après Guerre Froide.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;La thèse officielle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La thèse officielle, qui est une sorte d’orthodoxie en histoire, en sciences politiques (et en journalisme!) veut que la Guerre Froide ait essentiellement été une réaction défensive des Etats-Unis et du bloc de l’Ouest contre un empire soviétique hostile et expansionniste : cette posture réactive aura été le facteur déterminant de la politique étrangère américaine, depuis la fin de la Deuxième Guerre Mondiale jusqu’à la chute du mur de Berlin. (Certains des promoteurs de cette thèse officielle, ne reculant devant aucune contrefaçon, font souvent un point tournant de l’histoire de la Guerre Froide le discours prononcé à Berlin par Ronald Reagan le 12 juin 1987, avec son célèbre : «M. Gorbatchev, démolissez ce mur!»).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aux Etats-Unis, cette thèse officielle est typiquement déclinée en deux versions. La première, plus conservatrice (ou républicaine), justifie pleinement les dépenses militaires et les interventions armées comme autant de réponses nécessaires à la menace soviétique. La deuxième, plus libérale, reconnaît que certaines de ces dépenses ont pu être excessives et certaines de ces interventions malencontreuses voire injustifiées, malgré la bonne volonté de ceux qui les ont menées : mais elles étaient néanmoins globalement légitimes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacune de ces versions de la thèse officielle se heurte cependant à un minuscule problème, à savoir que trop de faits la contredisent : un regard, même superficiel, sur la politique étrangère américaine depuis la fin de la deuxième Guerre montre en effet, et à répétition, que la réaction à une menace soviétique ne peut en être le facteur déterminant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ainsi que l’explication de nombre des interventions militaires menées jusqu’en 1989 exige de faire intervenir d’autres facteurs, parmi lesquels la présence de ressources naturelles (par exemple au Moyen-Orient où les ÉU, interviennent avant même que l’URSS y soit présente), la volonté de contrer des nationalismes, ou l’accès à des marchés de matières premières ou de main-d’oeuvre qui seul explique les politiques poursuivies envers certains pays, l’appui accordé à certains régimes et celui refusé à d’autres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais la simple lecture de certains documents officiels définissant la politique étrangère étatsunienne suggérait déjà la distance séparant les prétextes invoqués des véritables motifs. George Kennan, qui est généralement reconnu comme le père de cette «politique de l'endiguement» ou de «refoulement politique» (containment) menée durant la Guerre Froide, écrivait ainsi dès 1948, dans un célèbre énoncé de politique étrangère:&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous possédons environ 50% de la richesse du monde, mais nous ne sommes que 6, 3% de sa population […] La tâche qui nous incombe dans l’immédiat est de mettre en place des réseaux de relations qui nous permettront de maintenir cette disparité […] Pour cela, il nous faudra ne pas succomber à la sentimentalité ou aux vœux pieux et nous rester concentrés sur l’atteinte de nos objectifs nationaux. [..] Nous devons cesser d’invoquer des objectifs vagues et irréalistes comme les droits de l’homme, l’augmentation du niveau de vie ou la démocratisation. Le jour approche où il nous faudra confronter de stricts rapports de force : et moins nous serons à ce moment-là empêtrés dans des slogans idéalistes, mieux nous nous porterons [1]. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La lutte contre l’expansionnisme soviétique fournissait pour cela un précieux prétexte, permettant en outre le fabuleux déploiement de propagande auquel on a assisté. (Dois-je souligner qu’en disant cela je ne cautionne  aucunement les régimes de l’Est [2]? La critique de l’URSS était faite dans les milieux anars les mieux informés dès les années 20 et 30; et c’est sans doute la réaction de Michael Moore à sa chute qui a le mieux résumé celle de la plupart de mes camarades : Evil empire : one gone, one to go!)&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;br /&gt;L’après Guerre Froide et la thèse officielle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quoiqu’il en soit, la chute du mur de Berlin, et ce qui s’en est suivi, offre à qui le veut bien une superbe occasion de tester de nouveau la validité de la thèse officielle.&lt;br /&gt;En effet, si elle marque bien, comme on le dit, la fin de la Guerre Froide et si celle-ci était le facteur déterminant de la politique étrangère (américaine en particulier et occidentale en général), la Chute du Mur devrait aussi signaler une discontinuité dans le déploiement de cette politique et le retour en force de nos grands idéaux, un moment mis en veilleuse, et qui sont les droits humains, la démocratie, le libéralisme économique et le souci de développer des institutions internationales oeuvrant à limiter les conflits armés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Là encore, la thèse officielle est amplement contredite par ce qu’on observe depuis vingt ans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les relations Nord-Sud étaient supposément subordonnées à celle Est-Ouest : mais rien n’a changé et les inégalités persistent ou s’accroissent; les dépenses en arme se poursuivent et même s’accroissent, tout comme les guerres et autres interventions armées; la course au nucléaire se poursuit; la présence militaire américaine reste forte partout dans le monde, tandis que l’OTAN, loin d’être en déclin, se renforce; au total, l’unilatéralisme politique (mais plus économique, il faut le reconnaître) persiste.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le plan économique, enfin, on a assisté à une croissance dont n’a bénéficié qu’une minorité et qui s’accompagne de stagnation des salaires et des revenus réels pour la majorité de la population, d’une régression des services publics, d’une progression des inégalités dans les pays du Nord et entre eux et les pays du Sud — sans oublier ces démentes bulles spéculatives et immobilières qui viennent d’exploser et dont le public doit payer les dégâts en remboursant ceux qui les ont causés.&lt;br /&gt;Les nouveaux prétextes désormais invoqués sont bien connus et, cette fois encore, dès lors qu’on abat quelques murs dans nos têtes, il n’est pas très difficile d’en arracher le masque : la sécurité; la guerre au terrorisme; l’humanisme militaire; le devoir d’intervention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout cela invite à conclure qu’il convient de fortement nuancer le discours officiel qui voit dans la Guerre Froide un épisode historique très singulier — car elle a essentiellement été la poursuite de politiques anciennes sous de nouveaux prétextes — et dans sa fin est un événement qui a tout changé — car tout au plus a-t-elle signifié qu’il a fallu trouver de nouveaux prétextes pour justifier la poursuite de mêmes politiques au service des mêmes fins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Et tous ces autres murs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On le constate sans surprise : comme c’est généralement le cas, la lecture que font du passé les institutions dominantes, loin d’être neutre et désintéressée, tend au contraire à être au service de leurs intérêts présents. Et c’est justement pourquoi porter attention à ce qu’on occulte est au moins aussi éclairant que porter attention à ce qu’on met évidence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C’est ainsi qu’en ce moment, ce mur abattu dont on nous parle tant nous cache tous ces nombreux autres qu’on érige.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murs invisibles, d’abord, ceux qui font que toutes ces années de prétendue libéralisation, de globalisation et de mondialisation n’auront finalement été celles que de la circulation des marchandises et non des personnes.&lt;br /&gt;Murs bien réels, encore — et je ne songe pas ici seulement à ceux qu’Israel construit. Qu’on en juge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le programme de «relance économique» américain poursuit la construction d’un mur virtuel entre les Etats-Unis et le Mexique, malgré les ratés technologiques du coup d’essai de 26 miles en Arizona où plus de 600$ millions ont déjà été engloutis en injectant, sur plusieurs années  6. 7$ milliards dans ce projet. Conformément à ce que la lecture non standard de la Guerre Froide et de ce qui s’en est suivi, défendue ici, les principaux bénéficiaires de ces travaux sont aujourd’hui les mêmes corporations et le même complexe militaro-industriel qui bénéficiaient hier des budgets d’armement — dans le cas du mur virtuel EU/Mexique, l’heureux récipiendaire principal de l’«aide gouvernementale» s’appelle Boeing.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les corporations européennes ne sont pas en reste avec tout le travail que leur procure dès aujourd’hui et que leur procurera encore demain la construction de la «Forteresse Européenne» destinée à refermer l’«espace Schengen». Des pays ambitieux d’y pénétrer sont aussi de grands clients potentiels, à l’instar de la Roumanie qui vient de signer un contrat de  670$ millions pour sécuriser les quelque 3000 kilomètres de ses frontières.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ailleurs aussi, le marché de la construction de murs (et plus généralement de la «sécurité») est en pleine expansion : l’Arabie Saoudite vient de signer avec l’EADS (i.e. l’European Aeronautic Defence and Space company, qui est, en gros, l’équivalent européen de Boeing) un contrat de sécurisation de frontières de 3$ milliards; le Qatar a fait de même pour 360$ millions.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les Etats-Unis et l’Europe ne sont bien entendu pas les seuls joueurs dans ce lucratif marché : l’expertise acquise dans la construction de murs et la sécurisation de territoire par les quelque 450 entreprises israélienens qui y travaillent  s’exporte en effet de plus en plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;«Sous l'effet de ces appels d'offres internationaux et de l'émergence d'un véritable marché de la sécurité frontalière, conclut Julien Saada, à qui je dois certaines des données qui précèdent, de nombreuses entreprises privées, en particulier les groupes industriels de défense, se sont ainsi reconverties à travers l'exploitation d'un nouveau secteur économique». «Il faut dire que l'attrait est réel, poursuit-il. En effet, selon la Homeland Security Research Corporation, l'ensemble du marché devrait atteindre 178 milliards de dollars d'ici 2015. Et ce cabinet de consultants basé à Washington laisse entendre que ces chiffres pourraient s'envoler et dépasser 700 milliards de dollars, advenant une attaque majeure en sol américain, européen ou nippon.»[3]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Murs invisibles, donc. Et murs bien réels.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais les pires de tous les murs , ce sont probablement ceux qui sont construits avec le cynisme, le manque de vision et le désespoir et qui se trouvent dans chacune de nos têtes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chacun de ces murs peut bien entendu être abattu et il ne dépend que de nous qu’ils le soient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Notes&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;[1] KENNAN, G., Foreign Relations of the United States, 1948.&lt;br /&gt;[2] William Blum rapporte ce savoureux proverbe qu’inspirera la chute du Mur aux Allemands de l’Est : «Tout ce que les communistes nous disaient du communisme état faux; mais tout ce qu’ils nous disaient du capitalisme était vrai».&lt;br /&gt;[3] SAADA, J., «L’économie du mur : un marché en pleine expansion», Le Devoir, 27 octobre 2009, page A-8.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-2070669385642775204?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/2070669385642775204/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=2070669385642775204' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2070669385642775204'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2070669385642775204'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/des-murs-dans-nos-tetes.html' title='DES MURS DANS NOS TÊTES'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-3729610445491787295</id><published>2009-11-04T12:52:00.002-05:00</published><updated>2009-11-04T14:08:01.214-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Philosophie magazine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Peter Singer'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>ENTREVUE AVEC PETER SINGER</title><content type='html'>L'entrevue avec Singer est disponible &lt;a href="http://depositfiles.com/files/stlqbpy36"&gt;ici&lt;/a&gt;, avec ses illustrations.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-3729610445491787295?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/3729610445491787295/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=3729610445491787295' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3729610445491787295'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3729610445491787295'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/entrevue-avec-peter-singer.html' title='ENTREVUE AVEC PETER SINGER'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-703130319321217855</id><published>2009-11-04T11:00:00.010-05:00</published><updated>2009-11-08T19:29:31.009-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Jean Bricmont'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Dany Laferrière'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éric Bédard'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='naturalisme Normand Baillargeon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Logicomix'/><title type='text'>ÇA VOUS INTÉRESSERA PEUT-ÊTRE, VOUS AUSSI</title><content type='html'>Jean Bricmont, dont je me sens bien proche et dont je suis les travaux (pas ceux de physique: je ne comprendrais pas!) depuis que je l'ai découvert avec l'affaire Sokal, sort, sous le titre: &lt;a href="http://www.amazon.fr/Raison-contre-pouvoir-pari-Pascal/dp/2851979078/ref=sr_1_6?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257466436&amp;sr=8-6"&gt;Raison contre pouvoir. Le pari de Psscal&lt;/a&gt;,  des entretiens avec Chomsky que j'ai très hâte de lire. Arrivée du livre au Québec début décembre, me dit-on.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En attendant, il y a cette &lt;a href="http://www.amazon.fr/gp/product/2711720748/ref=s9_k2as_se_tr01?pf_rd_m=A1X6FK5RDHNB96&amp;pf_rd_s=auto-no-results-center-1&amp;pf_rd_r=0BSTFD4WT6A4TVSSEXTP&amp;pf_rd_t=301&amp;pf_rd_p=468421193&amp;pf_rd_i=jean%20bricmont"&gt;Philosophie de la Mécanique quantique&lt;/a&gt;, qu'il co-signe avec Hervé Zwirn.(En espérant qu'il y aura plus de philo que de MQ!)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans &lt;a href="http://www.renaud-bray.com/Livres_Produit.aspx?id=1034760&amp;def=R%C3%A9formistes%28Les%29%2CB%C3%89DARD%2C+%C3%89RIC%2C9782764606698"&gt;Le réformistes&lt;/a&gt;, Éric Bédard se penche  sur l’histoire de ces acteurs politiques d’après la rébellion des Patriotes et parmi lesquels figurent Étienne Parent, Louis-Hyppolite Lafontaine, Augustin-Norbert Morin, Georges-Étienne Cartier, Pierre-Joseph-Olivier Chauveau, François-Xavier Garneau: ce faisant, il sort d’un oubli relatif des gens qui, après avoir été des héros nationaux, ont ensuite été jugés très sévèrement par le Québec d’après la Révolution Tranquille. Lecture passionnante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dieu déteste-t-il les femmes? C'est la question que pose &lt;a href="http://www.amazon.ca/Does-God-Hate-Women-Benson/dp/0826498264/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257465617&amp;sr=8-1"&gt;ce livre&lt;/a&gt; passionnant. Je vous laisse deviner la réponse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Vous l'ai-dit? J'ai adoré &lt;a href="http://www.amazon.ca/Logicomix-Apostolos-Doxiadis/dp/1596914521/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1257466752&amp;sr=8-1"&gt;Logicomix&lt;/a&gt; et même offert mes services bénévoles au traducteur français.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les &lt;a href="http://www.zcommunications.org/znet/viewArticle/23059"&gt;US Steelworkers s'associent à Mondragon&lt;/a&gt;, le réseau de coopératives du pays Basque. C'est à suivre de près.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dany Laferrière, que j'ai le bonheur de connaître un peu, est un homme merveilleux, d'un immense talent et d'une grande intelligence: il vient de &lt;a href="http://www.cyberpresse.ca/arts/livres/200911/05/01-918582-le-medicis-de-la-reconnaissance-pour-dany-laferriere.php"&gt;gagner le Médicis&lt;/a&gt;! Youppi! Le roman s'appelle: &lt;a href="http://www.archambault.ca/enigme-du-retour-%28l%29-ACH002496461-fr-pr"&gt;L'énigme du retour&lt;/a&gt;. On lui fait fête mercredi chez &lt;a href="http://metropolisbleu.org/index.php?id=71"&gt;Olivieri&lt;/a&gt; (une librairie comme on n'en fait plus, avec de bons livres dedans et des gens qui les aiment et les connaissent). J'y serai avec un immense plaisir. Bravo Dany!&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-703130319321217855?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/703130319321217855/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=703130319321217855' title='5 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/703130319321217855'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/703130319321217855'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/ca-vous-interessera-peut-etre-vous.html' title='ÇA VOUS INTÉRESSERA PEUT-ÊTRE, VOUS AUSSI'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>5</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-8960452742293723866</id><published>2009-11-04T08:20:00.004-05:00</published><updated>2009-11-04T08:26:43.266-05:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Laurent aplante'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Brel'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='naturalisme Normand Baillargeon'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Michèle Charpentier'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Vieillir'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Joan Chittister'/><title type='text'>VIEILLIR ... Ô, VIEILLIR</title><content type='html'>[Je tiens désormais une chronique «Essais» pour le magazine &lt;a href="http://www.lelibraire.org/"&gt;Le Libraire&lt;/a&gt;. Je me suis donné comme consigne de ne parler, autant que faire se peut, que de livres que j'ai aimés et de tenter d'en donner le goût à un public le pus large possible. Ceci est mon premier texte , dans le numéro en kiosque. Il traite d vieillissement: ça s'en vient, pour moi...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mourir, cela n’est rien&lt;br /&gt;Mourir, la belle affaire&lt;br /&gt;Mais vieillir … Ô vieillir!&lt;br /&gt;(J. Brel)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Puisque vieillir reste le seul moyen que nous ayons de vivre longtemps, c’est le sort qui attend ceux et celles d’entre nous qui auront la chance de ne pas mourir jeune.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, la perspective du vieillissement ne nous réjouit guère puisqu’elle implique aussi, bien souvent, la maladie, la diminution de certaines de nos capacités, de même qu’un appauvrissement parfois considérable — entre autres choses guère réjouissantes.&lt;br /&gt;Redoutée, la vieillesse conserve aussi une grande part de mystère. Qu’est-ce que cela fait, d’être vieux? Comment se sent-on et comment vit-on cet état?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On le devine aisément: entre les éclairages que des sciences comme la sociologie, la psychologie et la médecine peuvent jeter sur elle et l’expérience vécue du vieillissement, la vieillesse ouvre de vastes territoires de questionnements et de recherches, et cela aujourd’hui plus que jamais, compte tenu de la démographie des populations des pays du Nord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La grande Simone de Beauvoir avait écrit à la fin de sa vie un livre majeur sur la question, La vieillesse. Je lai lu très jeune, sans doute trop jeune pour pleinement l’apprécier. C’est donc avec bonheur que, m’approchant désormais de cet état, j’ai découvert dans le lot des essais de la rentrée trois ouvrages portant sur ce sujet.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Le premier est de Laurent Laplante.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;M. Laplante est l’auteur d’une œuvre vaste et à l’écoute de laquelle j’ai toujours entendu les accents d’une grande sincérité. Ses ouvrages ont en outre typiquement sur moi, comme sur d’autres je le présume, la merveilleuse capacité de créer un climat d’intimité dans laquelle on s’installe avec bonheur. Il me semblait donc qu’il serait la personne toute désignée pour me parler de vieillissement. Je ne m’étais pas trompé.&lt;br /&gt;Son livre alterne ses souvenirs et réflexions avec des commentaires plus personnels, sortes de mises à distance et de retours réflexifs qu’il nomme des «marges de l’écriture». Tous ensemble, ils brossent le tableau d’une vie et donnent à entendre les «échos d’un vieillissement».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le regard porté sur notre société est lucide et courageux. Laplante reconnaît ainsi les bienfaits que procurent aux aînés les «chèques de vieux» (p. 126) (mais surtout les hommes, comme on va le voir), tout en affirmant qu’il a beau «porter le regard loin en arrière, [il] ne trouve nulle part un massif de leaders politique aussi inculte et amoral que celui d’aujourd’hui» (p. 145).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette même lucidité caractérise le regard porté sur la marée (descendante) du vieillissement. Il n’est pas toujours rassurant; pourtant, je retiens surtout de la lecture de Laplante une invitation faite aux personnes âgées à «transmettre le fondamental», l’éthique et la culture, ces «legs qui assurent la vie d’un peuple» et qu’on ne saurait attendre «du libéralisme marchand». (p.137)&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Le collectif que dirigent Charpentier et Quéniart regroupe une douzaine de textes qui, partant du double constat que la vieillesse «est et sera un monde de femmes, particulièrement au grand âge où on dénombre 2 femmes pour un homme chez les plus de 80 ans» (p. 11) mais que ce monde reste pourtant peu étudié, cherchent à combler cette carence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que signifie vieillir pour une femme qui vit au sein d’un monde patriarcal et inégalitaire? La question est ici explorée en deux grands volets : le rapport à soi, d’abord (le corps, la santé, l’intimité); puis le rapport aux autres, à la société et aux institutions. Il en résulte que des éclairages précieux sont projetés sur une partie méconnue de la réalité, tant dans la sphère privée que publique, sur diverses modalités d’exclusion sociale, mais aussi sur des dynamiques d’inclusion et de solidarités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les sujets abordés ici sont nombreux et variés, tout comme les approches et méthodologies mises en œuvre. Mais l’ensemble apporte une contribution remarquable sur des questions qui méritent amplement qu’on s’y intéresse de plus près. D’autant que, comme nous le rappelle le texte de Ruth Rose sur la situation économique des femmes âgées, les inégalités risquent fort de persister longtemps encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Je l’avoue : je ne connaissais pas Joan Chittister.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Moniale bénédictine depuis plus d’un demi-siècle, cette femme très engagée a notamment milité pour l’ordination des femmes et a déjà publié de nombreux livres, dont plusieurs ont paru chez Bellarmin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son plus récent se compose d’une quarantaine de réflexions sur des thèmes liées au vieillissement — comme l’âgisme, la liberté, la solitude, les souvenirs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les réserves que le mécréant en moi pouvait avoir ont vite été levées : on ne trouve ni bondieuseries de pacotille ni camelote de spiritualité sous cette plume. Surtout, le message livré est fondamentalement optimiste. Aux Etats-Unis, rappelle-t-elle entre tant d’autres données précieuses à connaître, seulement 5% des personnes âgées de plus de 65 dans résident ans des institutions de soins spécialisés; la décrépitude et les incapacités liés à l’âge ne surviennent en moyenne que durant les trois derniers mois de la vie; les cerveaux âgés se comparent avantageusement aux plus jeunes; et bien d’autres encore, qui tordent le cou à bien des préjugés. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Chittister mobilise tout un arsenal pour lutter contre la crainte de vieillir et défendre l’idée que la vieillesse peut être, dès lors que nous le voulons, un moment où nous grandissons encore, une période active, productive et engagée de notre vie. Elle rappelle notamment des résultats de recherche qui intéresseront les personnes comme vous qui lisent des essais et qui montrent que l’apprentissage permanent trace la ligne entre un vieillissement sain et un vieillissement morbide (p.121).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parsemé de remarques fines, ce livre est surtout d’un optimisme qu’il fait bon entendre et dont le passage suivant donne une idée : «Une personne dont on a besoin — réellement besoin — ne se sent jamais esseulée, jamais isolée, jamais inutile. Suffit de sortir et de se rendre utile. Le monde nous attend les bras grands ouverts» (p. 215)&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;Ce que j’ai appris en bout de piste? De quoi apprivoiser en le redoutant moins ce qui s’en vient fatalement. Et de la sorte tempérer quelque peu le célèbre propos du grand Brel qui, lui, est vraiment mort trop jeune.&lt;br /&gt;***&lt;br /&gt;CHARPENTIER, Michèle, et QUÉNIART, Anne, (Sous la direction de) Vieilles, et après! Femmes, vieillissement et société, Les éditions du remue-ménage, Montréal, 2009. (Avec une préface de Lise Payette)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHITTISTER, Joan, Vieillir et se réaliser pleinement, Bellarmin, Montréal, 2009. (Traduit de l’anglais par Jean Chapdelaine Gagnon)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LAPLANTE, Laurent, Par marée descendante. Échos d’un vieillissement, Éditions Multimondes, Québec, 2009.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-8960452742293723866?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/8960452742293723866/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=8960452742293723866' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/8960452742293723866'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/8960452742293723866'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/11/vieillir-o-vieillir.html' title='VIEILLIR ... Ô, VIEILLIR'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-2557032752016657535</id><published>2009-10-31T12:19:00.004-04:00</published><updated>2009-10-31T12:24:25.663-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Bernays'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='propaganda'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>PROPAGANDA, DE  BERNAYS: MA PRÉFACE</title><content type='html'>[Ce qui suit est la préface que j'ai rédigée pour l'ouvrage Propaganda, d'E Bernays, paru dans la collection Zones de La Découverte et chez Lux. On peut voir et entendre Bernays &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=V0OrT-8gXMs&amp;feature=player_embedded"&gt;ici&lt;/a&gt;.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un État totalitaire. » Noam Chomsky.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edward L. Bernays, né à Vienne en novembre 1891, est mort plus que centenaire à Cambridge, Massachusetts, en mars 1995. Son nom reste le plus souvent inconnu du grand public, et pourtant Bernays a exercé, sur les États-Unis d'abord, puis notamment sur les démocraties libérales, une influence considérable. En fait, on peut raisonnablement accorder à John Stauber et à Sheldon Rampton qu'il est difficile de complètement saisir les transformations sociales, politiques et économiques du dernier siècle si l'on ignore tout de Bernays et de ce qu'il a accompli.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est qu'Edward L. Bernays est généralement reconnu comme l'un des principaux créateurs (sinon le principal) de l'industrie des relations publiques et donc comme le père de ce que les Américains nomment le spin, c'est-à-dire la manipulation – des nouvelles, des médias, de l'opinion – ainsi que la pratique systématique et à large échelle de l'interprétation et de la présentation partisanes des faits.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On pourra prendre une mesure de l'influence des idées de Bernays en se rappelant la percutante remarque d'Alex Carey, suggérant que « trois phénomènes d'une considérable importance politique ont défini le XXe siècle ». Le premier, disait-il, est « la progression de la démocratie », notamment par l'extension du droit de vote et le développement du syndicalisme ; le deuxième est « l'augmentation du pouvoir des entreprises » ; et le troisième est « le déploiement massif de la propagande par les entreprises dans le but de maintenir leur pouvoir à l'abri de la démocratie ». L'importance de Bernays tient précisément au fait qu'il a, de manière prépondérante et peut-être plus que quiconque, contribué à l'articulation et au déploiement de ce troisième phénomène.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sous le titre revendiqué de Propaganda, l'ouvrage que vous allez lire est paru en 1928 et il peut être considéré comme une manière de « carte de visite » présentée avec assurance, voire avec candeur, aux clients susceptibles de recourir aux services de la déjà florissante industrie créée par Bernays moins de dix ans plus tôt.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après avoir exposé les fondements, en particulier politiques et psychosociaux, de la pratique des relations publiques qu'il préconise, Bernays entreprend de donner des exemples concrets de tâches qu'elles peuvent accomplir ou ont déjà accomplies. Il insiste tout d'abord, comme on pouvait s'y attendre, sur la contribution que les relations publiques peuvent apporter aux institutions économiques et politiques ; mais il évoque aussi ensuite, avec la très nette intuition de l'extraordinaire étendue des domaines d'intervention qui s'ouvrent à la nouvelle forme d'« ingénierie sociale » qu'il met en avant, les services que les relations publiques peuvent rendre à la cause des femmes, aux œuvres sociales, à l'éducation, ainsi qu'à l'art et à la science.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par-delà ces exposés, où il est parfois difficile de ne pas entendre le ton du bonimenteur, cette ambitieuse œuvre de propagande en faveur de la propagande fournit l'occasion, à un personnage au parcours atypique, d'exposer et de défendre sa solution au problème de la démocratie contemporaine tel qu'il le conçoit. Et c'est peut-être justement par les idées qu'il expose à ce sujet, par la transparence avec laquelle il dévoile certaines des convictions les plus intimes qui prévalent au sein d'une large part des élites de nos sociétés et de ses institutions dominantes, que cet ouvrage constitue un incontournable document politique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour le constater, il sera utile de sommairement situer Bernays dans son temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le singulier parcours d'un neveu de Freud&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Edward L. Bernays est le double neveu de Sigmund Freud (1856-1939) : son père est le frère de la femme du fondateur de la psychanalyse, tandis que la mère de Bernays, Anna Freud, est sa sœur. Bernays utilisera souvent cette prestigieuse filiation pour promouvoir ses services, mais ce qui le lie à son oncle va au-delà de cette simple relation familiale : l'œuvre de Freud comptera en effet dans la conception que Bernays va se faire aussi bien de la tâche que doivent accomplir les relations publiques, que des moyens qu'elles doivent mettre en œuvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Scott Cutlip, l'historien des relations publiques, rappelle à ce propos que « lorsqu'une personne rencontrait Bernays pour la première fois, il ne lui fallait pas attendre longtemps avant qu'Oncle Sigmund ne soit introduit dans la conversation. Sa relation avec Freud était constamment au centre de sa pensée et de son travail de conseiller ». Irwin Ross ajoute : « Bernays aimait se concevoir comme un psychanalyste des corporations en détresse. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1892, la famille Bernays quitte Vienne pour les États-Unis (pour New York, plus précisément), où le père devient un prospère marchand de grains. Désireux de voir son fils Edward lui succéder dans cette profession, il l'incite à étudier en agriculture. Et c'est ainsi qu'en février 1912, après un peu plus de trois années d'études, Bernays reçoit son diplôme d'agriculture de la Cornell University. Mais cette expérience académique l'a profondément déçu et il assurera n'avoir appris que peu de choses à Cornell, sinon qu'il n'a aucunement l'intention de continuer sur les traces de son père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que faire, alors ? Le journalisme l'attire. Il commence donc à écrire pour le magazine National Nurseryman. Le hasard lui fait rencontrer à New York, en décembre 1912, un ami qui lui propose de collaborer à la publication de deux revues mensuelles de médecine dont il vient d'hériter par son père. Cette rencontre mènera à toute une série d'événements qui vont peu à peu faire de l'obscur journaliste d'abord un publiciste d'un genre nouveau, puis le créateur, le praticien et le chantre des relations publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout commence quand, au début de l'année 1913, une des revues dont s'occupent Bernays et son ami (la Medical Review of Reviews) publie une critique très élogieuse d'une pièce d'Eugène Brieux : Damaged Goods . Cette pièce raconte l'histoire d'un homme qui contracte la syphilis, mais cache ce fait à sa fiancée : il l'épouse et celle-ci met ensuite au monde leur enfant syphilitique. Cette pièce brisait deux puissants tabous : le premier, en parlant ouvertement de maladies sexuellement transmissibles, le deuxième, en discutant des méthodes de santé publique pouvant être utilisées pour les prévenir. C'est évidemment cette audace qui avait séduit l'auteur de la recension et incité Bernays et son ami à la publier dans leur revue, malgré les vives critiques que cette décision allait immanquablement susciter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans les semaines qui suivent, Bernays apprend qu'un acteur célèbre, Richard Bennett (1872-1944), souhaite monter la pièce et que cette décision suscitera certainement une levée de boucliers de personnalités et d'organismes conservateurs. Bernays s'engage alors auprès de Bennett à faire jouer la pièce et même à prendre en charge les coûts de sa production. Pour y parvenir, il va inventer une technique qui reste une des plus courantes et des plus efficaces des relations publiques, une stratégie qui permet de transformer ce qui paraît être un obstacle en une opportunité et de faire d'un objet de controverse un noble cheval de bataille que le public va, de lui-même, s'empresser d'enfourcher. La technique qui permet une telle métamorphose de la perception qu'a le public d'un objet donné consiste à créer un tiers parti, en apparence désintéressé, qui servira d'intermédiaire crédible entre le public et l'objet de la controverse et qui en modifiera la perception.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Misant sur la célébrité de Bennett, sur la respectabilité de la revue et sur sa mission médicale et pédagogique, Bernays va ainsi mettre sur pied le Sociological Fund Committee de la Medical Review of Reviews. Son premier mandat sera bien entendu de soutenir la création de Damaged Goods. Des centaines de personnalités éminentes et respectées vont payer pour faire partie de cet organisme et leurs cotisations vont permettre à Bernays de tenir sa promesse de faire jouer la pièce, désormais perçue comme une méritoire œuvre d'éducation publique sur un sujet de la plus haute importance. Damaged Goods connaîtra un immense succès populaire et les critiques en seront on ne peut plus élogieuses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Avec l'affaire Damaged Goods, le tout jeune homme qu'est encore Bernays – il n'a que 21 ans – vient de trouver sa voie. Il abandonne le journalisme et devient une sorte de publiciste et d'intermédiaire entre le public et divers clients.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Les premiers qu'il aura proviennent du milieu du spectacle : il s'occupe par exemple de promouvoir le ténor Enrico Caruso (1873-1921), le danseur Nijinsky (1890-1950) ainsi que les Ballets russes. Ces efforts donnent à Bernays l'occasion de raffiner ses stratégies et de déployer de nouvelles techniques par lesquelles la publicité emprunte des voies restées jusque-là largement inexplorées. En particulier, au lieu de simplement décrire en les vantant les caractéristiques d'un produit, d'une cause, ou d'une personne, cette nouvelle forme de publicité – qu'on est tenté de décrire comme étant d'inspiration freudienne – les associe à quelque chose d'autre, que le public, croit Bernays, ne peut manquer de désirer. Le travail qu'il accomplit en 1915 en faveur des Ballets russes en tournée aux États-Unis donnera une idée de l'habileté de Bernays à cet exercice.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vaste majorité des Américains ne s'intéresse alors guère au ballet et a plutôt un préjugé défavorable à son endroit. Pour le transformer en attitude positive, Bernays va s'efforcer de relier cet art à des choses que les gens aiment et comprennent. Dès lors, l'énorme campagne de publicité qu'il met en œuvre ne se contente pas de transmettre aux journalistes des communiqués de presse, des images ou des dossiers sur les artistes : elle vante dans les pages des magazines féminins les styles, les couleurs et les tissus des costumes qu'ils portent ; elle suggère aux manufacturiers de vêtements de s'en inspirer ; elle veille à la publication d'articles où est posée la question de savoir si l'homme américain aurait honte d'être gracieux ; et ainsi de suite, avec le résultat que la tournée des Ballets russes connaîtra un extraordinaire succès et qu'elle ne sera pas terminée qu'on en annoncera une deuxième – tandis que de nombreuses petites Américaines rêvent de devenir ballerines. De telles techniques nous sont certes devenues familières : mais elles étaient alors en train d'être inventées et Bernays a énormément contribué à leur création.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il n'en reste pas moins que le publiciste qui connaît ces succès est bien loin du « conseiller en relations publiques » qui, en 1919, fera son apparition sur la scène de l'histoire pour y occuper une si grande place. Que s'est-il donc passé entre 1915 et 1919 pour rendre possible cette mutation ? Celle-ci s'explique essentiellement par le succès remporté par Bernays et de très nombreux autres journalistes, intellectuels et publicistes au sein d'un organisme mis sur pied par le gouvernement américain en 1917, la Commission Creel : c'est ce succès qui va profondément transformer la perception que le milieu des affaires et le gouvernement se font des publicistes, des journalistes et de la communication sociale en général, et qui va donc rendre possible l'apparition des relations publiques au sens où nous les connaissons aujourd'hui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour comprendre, remontons à la fin de la guerre civile américaine, en 1865, alors que se prépare ce moment historique troublé, difficile et violent connu par dérision sous le nom de Gilded Age ou Âge doré – selon le titre d'un roman de Mark Twain (1835-1910) et de Charles Dudley Warner (1829-1900).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;De l'âge doré à la commission Creel&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On assiste durant ces années à l'avènement des trusts et des firmes (ou corporations), entités immensément puissantes et bientôt dotées d'une reconnaissance légale comme personnes morales immortelles. À leur tête se retrouvent souvent ces mercenaires que l'histoire appellera les « barons voleurs » (robber barons), comme Andrew Carnegie (1835-1918) et la Carnegie Steel, John D. Rockefeller (1839-1934) et la Standard Oil, Cornelius (1794-1877) et William (1821-1885) Vanderbilt et leurs chemins de fer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur recherche d'efficacité et de rentabilité produit des phénomènes profondément inquiétants de concentration de capitaux, de formation de monopoles (ou du moins de quasi-monopoles), en plus de générer des crises économiques à répétition – il y en eut en 1873, en 1893 ; il y en aura de nouvelles, en 1907, en 1919 et en 1929. Celles-ci apportent « le froid, la faim et la mort aux gens du peuple, tandis que les Astor, les Vanderbilt, les Rockefeller et les Morgan poursuivent leur ascension, en temps de paix comme en temps de guerre, en temps de crise comme en temps de croissance ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est dans un contexte d'extrême concentration de la richesse mais aussi de fraudes financières et de scandales politiques mis au jour par ceux que l'on appellera les muckrackers (ou « déterreurs de scandales ») que s'ouvre le XXe siècle. Grèves et conflits se succèdent à un rythme effréné et, devant la puissance, l'intransigeance et l'arrogance des institutions dominantes (la phrase de William Vanderbilt est restée célèbre : « The public be damned ! »), ouvriers, travailleurs et agriculteurs s'organisent. Bientôt, les corporations sentent qu'elles ne peuvent plus opérer en secret comme elles en ont l'habitude, mais sans savoir non plus comment réagir à la nouvelle donne ou comment s'adresser au public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Leur premier mouvement sera de s'en remettre à leurs conseillers juridiques. Mais cette manière de faire se révélant inefficace, elles se tournent ensuite vers les journalistes : puisqu'ils écrivent dans les journaux et les magazines, ceux-ci, pense-t-on, connaissent le public et sauront communiquer avec lui. L'un de ces journalistes est Ivy Ledbetter Lee (1877-1934) : il est une des rares personnes qui pourraient, avec quelque légitimité, contester à Bernays sa place au premier rang des créateurs de l'industrie des relations publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dès 1906, cet ancien journaliste était devenu « représentant de presse » pour la Pennsylvania Railroad et avait substantiellement amélioré la perception (très négative) que le public avait de cette compagnie – comme des compagnies ferroviaires en général, où les accidents étaient fréquents. Lee prône, avec succès, de faire face aux situations de crise en entretenant des relations ouvertes avec la presse, notamment en émettant des communiqués et en rencontrant les journalistes. Cette approche s'avère efficace et lui vaudra plusieurs clients, dont John D. Rockefeller, pour le compte duquel il gère une crise majeure occasionnée par la brutale répression d'une grève par la milice du Colorado et des gardes de la Colorado Fuel and Iron Company. L'événement, connu sous le nom de Ludlow Massacre, est survenu le 20 avril 1914 : les miliciens et les gardes tirent ce jour-là à la mitraillette sur le campement de tentes des mineurs grévistes et font plusieurs morts, parmi lesquels des femmes et des enfants. Pour calmer la colère du public, Lee adressa à la presse et à des leaders d'opinion de nombreux bulletins contenant des informations biaisées, partielles ou fausses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Malgré tout, globalement, ces publicistes et journalistes ont un impact relativement mineur sur les problèmes d'image et de communication des corporations, notamment parce que celles-ci ne les prennent pas très au sérieux, jugeant le plus souvent que le service offert n'est pas à la hauteur du prix demandé. La Commission Creel va changer tout cela en faisant la démonstration qu'il est possible de mener à bien et sur une grande échelle un projet de façonnement de l'opinion publique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Lorsque le gouvernement des États-Unis décide d'entrer en guerre, le 6 avril 1917, la population est en effet largement opposée à cette décision : et c'est avec le mandat explicite de la faire changer d'avis qu'est créée par le président Thomas Woodrow Wilson (1856-1924), le 13 avril 1917, la Commission on Public Information (CPI) – souvent appelée « Commission Creel », du nom du journaliste qui l'a dirigée, George Creel (1876-1953).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette commission, qui accueille une foule de journalistes, d'intellectuels et de publicistes, sera un véritable laboratoire de la propagande moderne, ayant recours à tous les moyens alors connus de diffusion d'idées (presse, brochures, films, posters, caricatures notamment) et en inventant d'autres. Elle était composée d'une Section étrangère (Foreign Section), qui possédait des bureaux dans plus de trente pays, et d'une Section intérieure (Domestic Section) : elles émettront des milliers de communiqués de presse, feront paraître des millions de posters (le plus célèbre étant sans doute celui où on lit : I want you for US Army, clamé par Uncle Sam) et éditeront un nombre incalculable de tracts, d'images et de documents sonores.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La commission inventera notamment les fameux « four minute men » : il s'agit de ces dizaines de milliers de volontaires – le plus souvent des personnalités bien en vue dans leur communauté – qui se lèvent soudain pour prendre la parole dans des lieux publics (salles de théâtre ou de cinéma, églises, synagogues, locaux de réunions syndicales, et ainsi de suite) afin de prononcer un discours ou réciter un poème qui fait valoir le point de vue gouvernemental sur la guerre, incite à la mobilisation, rappelle les raisons qui justifient l'entrée en guerre des États-Unis ou incite à la méfiance – voire à la haine – de l'ennemi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sitôt la guerre terminée, le considérable succès obtenu par la commission inspirera, notamment à certains de ses membres, l'idée d'offrir la nouvelle expertise d'ingénierie sociale développée en temps de guerre aux clients susceptibles de se la payer en temps de paix – et donc d'abord aux entreprises, puis aux pouvoirs politiques. C'est justement le cas de Bernays, qui s'était très tôt joint à la Commission Creel : « C'est bien sûr, écrit-il ici, l'étonnant succès qu'elle a rencontré pendant la guerre qui a ouvert les yeux d'une minorité d'individus intelligents sur les possibilités de mobiliser l'opinion, pour quelque cause que ce soit. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bernays, praticien et théoricien des relations publiques&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En janvier 1919, Bernays participe en tant que membre de l'équipe de presse de la Commission Creel à la Conférence de paix de Paris. De retour aux États-Unis, il ouvre à New York un bureau qu'il nomme d'abord de « Direction publicitaire » avant de se désigner lui-même, dès 1920, « conseiller en relations publiques », sur le modèle de l'expression « conseiller juridique », et de renommer son bureau « Bureau de relations publiques ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre 1919 et octobre 1929, alors qu'éclate la crise économique, les relations publiques vont susciter aux États-Unis un attrait immense et sans cesse grandissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bernays n'est sans doute pas le seul à pratiquer ce nouveau métier durant les booming twenties. Mais il se distingue nettement de ses confrères par trois aspects. Le premier est l'énorme et souvent spectaculaire succès qu'il remporte dans les diverses campagnes qu'il mène pour ses nombreux clients. Le deuxième tient au souci qu'il a d'appuyer sa pratique des relations publiques à la fois sur les sciences sociales (psychologie, sociologie, psychologie sociale et psychanalyse, notamment) et sur diverses techniques issues de ces sciences (sondages, interrogation d'experts ou de groupes de consultation thématique, et ainsi de suite). Le troisième est son ambition de fournir un fondement philosophique et politique aux relations publiques et des balises éthiques à leur pratique. C'est par cette double visée que Bernays reste le plus original des théoriciens et praticiens des relations publiques.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'aborderai tour à tour chacun de ces trois aspects qui singularisent Bernays, mais en insistant surtout sur le dernier, de loin le plus important.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Entre sa sortie de la Commission Creel et la publication de Propaganda, Bernays a réalisé un très grand nombre de campagnes de relations publiques qui ont contribué à définir le domaine et à fixer les grands axes de sa pratique. On trouvera un indice de cette activité bouillonnante dans le fait que presque toutes les campagnes de relations publiques menées avec succès qu'il évoque dans ce livre, souvent en les décrivant sur un mode passif, ont en fait été réalisées par lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est notamment le cas du concours de sculptures sur barres de savon Ivory, conçu pour Proctor &amp; Gamble, qui consommera un million de barres chaque année pendant ses 37 ans d'existence ; de la promotion du petit déjeuner aux œufs et au bacon vanté comme étant la forme typiquement américaine du petit déjeuner copieux et que de nombreux médecins (consultés par Bernays, bien entendu) ont recommandé ; de la promotion de la vente de pianos par la défense de l'idée que l'on devait absolument avoir chez soi une salle de musique ; de l'organisation de la très suivie conférence de 1920 de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP) ; de l'organisation à la Maison-Blanche et pour le président Coolidge de déjeuners en présence de vedettes de la chanson et du cinéma afin de transformer la perception du public du président comme d'un homme froid et distant ; et de très nombreuses autres campagnes dont un bon nombre sont évoquées dans le texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la publication de Propaganda, Bernays réalisera un grand nombre d'autres campagnes, dont plusieurs restent légendaires – telles que l'organisation en 1929, pour General Electric, d'un anniversaire prenant prétexte de l'invention de la lampe à incandescence par Thomas Edison (1847-1931), événement que certains tiennent toujours pour un des plus spectaculaires exemples de propagande accomplis en temps de paix.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais on peut soutenir que le succès le plus retentissant de Bernays sera d'avoir amené les femmes américaines à fumer. Cet épisode, si éclairant sur sa manière de penser et de travailler, mérite d'être raconté en détail.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Nous sommes toujours en 1929 et, cette année-là, George Washington Hill (1884-1946), président de l'American Tobacco Co., décide de s'attaquer au tabou qui interdit à une femme de fumer en public, un tabou qui, théoriquement, faisait perdre à sa compagnie la moitié de ses profits. Hill embauche Bernays, qui, de son côté, consulte aussitôt le psychanalyste Abraham Arden Brill (1874-1948), une des premières personnes à exercer cette profession aux États-Unis. Brill explique à Bernays que la cigarette est un symbole phallique représentant le pouvoir sexuel du mâle : s'il était possible de lier la cigarette à une forme de contestation de ce pouvoir, assure Brill, alors les femmes, en possession de leurs propres pénis, fumeraient.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La ville de New York tient chaque année, à Pâques, une célèbre et très courue parade. Lors de celle de 1929, un groupe de jeunes femmes avaient caché des cigarettes sous leurs vêtements et, à un signal donné, elles les sortirent et les allumèrent devant des journalistes et des photographes qui avaient été prévenus que des suffragettes allaient faire un coup d'éclat. Dans les jours qui suivirent, l'événement était dans tous les journaux et sur toutes les lèvres. Les jeunes femmes expliquèrent que ce qu'elles allumaient ainsi, c'était des « flambeaux de la liberté » (torches of freedom). On devine sans mal qui avait donné le signal de cet allumage collectif de cigarettes et qui avait inventé ce slogan ; comme on devine aussi qu'il s'était agi à chaque fois de la même personne et que c'est encore elle qui avait alerté les médias.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le symbolisme ainsi créé rendait hautement probable que toute personne adhérant à la cause des suffragettes serait également, dans la controverse qui ne manquerait pas de s'ensuivre sur la question du droit des femmes de fumer en public, du côté de ceux et de celles qui le défendaient – cette position étant justement celle que les cigarettiers souhaitaient voir se répandre. Fumer étant devenu socialement acceptable pour les femmes, les ventes de cigarettes à cette nouvelle clientèle allaient exploser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On peut le constater avec cet exemple : Bernays aspire à fonder sur des savoirs (ici, la psychanalyse) sa pratique des relations publiques. Cette ambition, on l'a dit, est le deuxième trait qui le distingue de ses collègues. Bernays, et là réside en grande partie l'originalité de sa démarche, est en effet convaincu que les sciences sociales peuvent apporter une contribution importante à la résolution de divers problèmes sociaux et donc, a fortiori, aux relations publiques. Il consulte donc ces disciplines et leurs praticiens, s'en inspire, et leur demande des données, des techniques, des stratégies, des concepts et des théories.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un de ses maîtres à penser sur ce plan – et revendiqué comme tel – est le très influent Walter Lippmann (1889-1974) – en dialogue avec lequel certains ouvrages de Bernays semblent avoir été écrits. En 1922, dans Public Opinion, Lippmann rappelait que « la fabrication des consentements […] fera l'objet de substantiels raffinements » et que « sa technique, qui repose désormais sur l'analyse et non plus sur un savoir-faire intuitif, est à présent grandement améliorée [par] la recherche en psychologie et [les] moyens de communication de masse ». Comme en écho, Bernays écrit ici : « L'étude systématique de la psychologie des foules a mis au jour le potentiel qu'offre au gouvernement invisible de la société la manipulation des mobiles qui guident l'action humaine dans un groupe. Trotter et Le Bon d'abord, qui ont abordé le sujet sous un angle scientifique, Graham Wallas, Walter Lippmann et d'autres à leur suite, qui ont poursuivi les recherches sur la mentalité collective, ont démontré, d'une part, que le groupe n'avait pas les mêmes caractéristiques psychiques que l'individu, d'autre part, qu'il était motivé par des impulsions et des émotions que les connaissances en psychologie individuelle ne permettaient pas d'expliquer. D'où, naturellement, la question suivante : si l'on parvenait à comprendre le mécanisme et les ressorts de la mentalité collective, ne pourrait-on pas contrôler les masses et les mobiliser à volonté sans qu'elles s'en rendent compte ? »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais Bernays cherche également dans les sciences sociales, comme on le pressent dans le passage précédent, une justification (à prétention) scientifique de la finalité politique du travail accompli par le conseiller en relations publiques. Il la trouve dans l'adhésion d'une part importante des théoriciens des sciences sociales naissantes qu'il consulte et respecte à l'idée que la masse est incapable de juger correctement des affaires publiques et que les individus qui la composent sont inaptes à exercer le rôle de citoyen en puissance qu'une démocratie exige de chacun d'eux : bref, que le public, au fond, constitue pour la gouvernance de la société un obstacle à contourner et une menace à écarter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette thèse, à des degrés divers, est celle de Walter Lippmann, de Graham Wallas (1858-1932) ou de Gustave Le Bon (1841-1931), dont Bernays ne cessera de se réclamer, et elle rejoint un important courant antidémocratique présent dans la pensée politique américaine et selon lequel que la « grande bête doit être domptée » – pour reprendre l'expression d'Alexander Hamilton (1755-1804). Cette perspective était déjà celle de James Madison (1752-1836), qui assurait que « le véritable pouvoir, celui que procure la richesse de la nation », doit demeurer entre les mains des « êtres les plus capables » et que la première et principale responsabilité du gouvernement est de « maintenir la minorité fortunée à l'abri de la majorité ». Bernays se fait l'écho de ces idées quand il écrit qu'avec « le suffrage universel et la généralisation de l'instruction » on en est arrivé au point où « la bourgeoisie se mit à craindre le petit peuple, les masses qui, de fait, se promettaient de régner ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Se profile alors un projet politique que Bernays va assumer et s'efforcer de réaliser. Il s'agit, selon les termes de Lippmann, de faire en sorte que la masse se contente de choisir, parmi les membres des « classes spécialisées », les « hommes responsables », auxquels il reviendra de protéger la richesse de la nation. Pour que la masse se contente de jouer ce rôle, il sera nécessaire d'opérer ce que Lippmann décrit comme une « révolution dans la pratique de la démocratie », à savoir la manipulation de l'opinion et la « fabrication des consentements », indispensables moyens de gouvernement du peuple. « Le public doit être mis à sa place, écrit Lippmann, afin que les hommes responsables puissent vivre sans craindre d'être piétinés ou encornés par le troupeau de bêtes sauvages. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bernays veut lui aussi « organiser le chaos » et il aspire à être celui qui réalise en pratique le projet théorique formulé par Lippmann et les autres : c'est que les nouvelles techniques scientifiques et les médias de masse rendent justement possible de « cristalliser l'opinion publique », selon le titre d'un livre de Bernays datant de 1923, et de « façonner les consentements », selon le titre d'un ouvrage de 1955. Dans Propaganda, il écrit : « La manipulation consciente, intelligente, des opinions et des habitudes organisées des masses joue un rôle important dans une société démocratique. Ceux qui manipulent ce mécanisme social imperceptible forment un gouvernement invisible qui dirige véritablement le pays. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cette idée que cette forme de « gouvernement invisible » est tout à la fois souhaitable, possible et nécessaire est et restera omniprésente dans les idées de Bernays et au fondement même de sa conception des relations publiques : « La minorité a découvert qu'elle pouvait influencer la majorité dans le sens de ses intérêts. Il est désormais possible de modeler l'opinion des masses pour les convaincre d'engager leur force nouvellement acquise dans la direction voulue. Étant donné la structure actuelle de la société, cette pratique est inévitable. De nos jours la propagande intervient nécessairement dans tout ce qui a un peu d'importance sur le plan social, que ce soit dans le domaine de la politique ou de la finance, de l'industrie, de l'agriculture, de la charité ou de l'enseignement. La propagande est l'organe exécutif du gouvernement invisible. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La propagande et le gouvernement invisible contre la démocratie&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Après la parution en 1928 du présent ouvrage, Bernays connaîtra la longue et riche carrière de conseiller en relations publiques que laissaient présager ses succès antérieurs et que confirmeraient ceux qu'il allait obtenir en 1929 lors des campagnes pour General Electric et l'American Tobacco Company. Les années passant, il deviendra une sorte d'icône au sein de l'industrie qu'il aura largement contribué à fonder, tandis que celle-ci devenait de plus en plus omniprésente et exerçait un rôle économique et politique de plus en plus prépondérant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le terme de « propagande » dont Bernays souhaitait réhabiliter l'acception neutre qu'il avait eue avant que ne soient connus les mensonges propagés par la Commission Creel ne sera cependant pas repris par l'industrie des relations publiques et il conserve, aujourd'hui encore, la connotation absolument négative qu'il a acquise après 1918. En revanche, son idée que les relations publiques peuvent être au service de tous, bénéfiques à tous, notamment parce qu'elles constituent une sorte de « route à deux voies », permettant, via le conseiller en relations publiques, à un client de communiquer avec son public et à ce public de communiquer avec son client, cette idée-là a fini par être reprise par l'industrie pour décrire ses activités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il est crucial de rappeler combien ce qui est proposé ici contredit l'idéal démocratique moderne, celui que les Lumières nous ont légué, de rappeler à quel point Bernays, comme l'industrie qu'il a façonnée, doit faire preuve d'une étonnante aptitude à la duplicité mentale pour simultanément proclamer son souci de la vérité et de la libre discussion et accepter que la vérité sera énoncée par un client au début d'une campagne, laquelle devra mette tout en œuvre – y compris, s'il le faut absolument, la vérité elle-même – pour susciter une adhésion à une thèse ou des comportements chez des gens dont on a postulé par avance qu'ils sont incapables de comprendre réellement ce qui est en jeu et auxquels on se sent donc en droit de servir ce que Platon appelait de « pieux mensonges ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est ainsi qu'on ne compte plus aujourd'hui le nombre d'organismes qui sont créés pour servir d'intermédiaire entre une cause et le public mais dont les noms mêmes, bien souvent, occultent voire contredisent la véritable nature. Voici par exemple les Oregonians for Food and Shelter : qui pourrait objecter à la défense des sans-abri et à ce que soit satisfait le besoin primaire de manger à sa faim ? Mais cet organisme est surtout préoccupé par les limitations qu'on veut apporter à l'utilisation de produits chimiques en agriculture. Ce sont d'ailleurs des entreprises fabriquant de tels produits qui financent ce groupe (Chevron Chemical, DuPont, Western Agricultural Chemicals Association, et ainsi de suite).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On multiplierait sans mal les exemples des agissements de ce gouvernement invisible. Pour en rester à l'actualité immédiate, considérons l'hypothèse d'un retour du tramway dont il est périodiquement question dans les villes nord-américaines. On est en droit de se demander comment et pourquoi le tramway, qui est un moyen de transport commode, sûr et infiniment plus écologique que la voiture et le moteur à combustion, a disparu des grandes villes américaines au milieu des années 1950, alors qu'il y était solidement et depuis longtemps implanté. La réponse tient en un mot : l'automobile. On a en effet délaissé le tramway afin de faire la promotion de la voiture individuelle à laquelle certains voulaient ouvrir les villes. Qui donc ? Dès les années 1920, General Motors, Firestone et la Standard Oil de Californie se sont attelés à la tâche de convaincre l'opinion publique d'opter, en matière de transport urbain, pour une solution polluante, inefficace et extrêmement coûteuse. L'intermédiaire était alors une entreprise écran, la National City Lines qui, progressivement, acheta et contrôla les compagnies qui possédaient les tramways dans des dizaines de villes (New York, Los Angeles, Philadelphie, Saint Louis, etc.) ; on procéda ensuite à leur démantèlement progressif, au profit d'autobus achetés par un fournisseur appartenant au trio GM, Firestone et Standard Oil ; enfin, et en parallèle, on mènera une action politique par le National Highway Users Conference afin de promouvoir, avec succès, la construction d'autoroutes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le programme durera trois décennies au terme desquelles les tramways des villes seront remplacés par les voitures individuelles et les autobus. En 1959, découvertes, les compagnies impliquées seront traduites en justice. Reconnues coupables de conspiration criminelle, elles devront acquitter une amende de… 5000 dollars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À l'éthique de la discussion et de la persuasion rationnelle, que présuppose la démocratie, s'opposent alors une persuasion a-rationnelle et une intention arrêtée de convaincre, fût-ce en manipulant ; à l'exigence de pratiquer des vertus épistémiques comme l'honnêteté intellectuelle, le débat, l'écoute, la modestie, l'exhaustivité de l'information, s'opposent le mensonge, la partialité et l'occultation de données pertinentes. À l'idée que toute décision collective prise sur chacune de ces innombrables questions difficiles que pose la vie en commun ne s'obtient que dans la transparence de la participation du plus grand nombre et dans le partage d'intérêts communs, s'oppose l'idée que la vérité est ou bien ce que décident, dans l'opacité de leurs intérêts privés, ceux qui peuvent se payer les coûteux services des firmes de relations publiques ou ce que veulent les membres de la « minorité intelligente ».&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qu'à chaque fois on retrouve ainsi, dans la pratique des firmes de relations publiques telle que Bernays la conçoit, est au fond, aussi bien sur le plan épistémologique que sur les plans éthique ou politique, l'exacte antithèse de ce qu'exige une démocratie. Et les exhortations de Bernays pour que l'industrie se dote d'un code d'éthique, pour qu'elle se refuse « à apporter ses services à un client qu'[elle] estime malhonnête, à un produit qui lui paraît frauduleux, à une cause qu'[elle] juge antisociale » ne convainquent pas puisque la pratique les contredit. De même, ses encouragements adressés au conseiller en relations publiques à avoir « la sincérité [pour] règle d'or » ne peuvent qu'apparaître comme de dérisoires efforts pour justifier l'injustifiable et défendre l'indéfendable.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À défaut de reconnaître que ce qu'il préconisait était incompatible avec l'idée de démocratie correctement comprise, Bernays aurait au moins dû reconnaître que l'outil qu'il proposait pouvait être utilisé à des fins que lui-même ne pouvait tenir pour acceptables. Parmi les nombreuses occasions qu'il aura eues durant sa vie de revenir sur sa conception des relations publiques, contentons-nous d'en rappeler deux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La première est évoquée dans ses Mémoires, alors que Bernays raconte sa stupéfaction d'apprendre, en 1933, de Karl von Weigand, journaliste américain basé en Allemagne, que Joseph Goebbels (1897-1945), lui ayant montré dans sa bibliothèque les ouvrages consacrés à la propagande, il y vit Crystallizing Public Opinion : « Goebbels, me dit Weigand, se servait de mon livre […] pour élaborer sa destructive campagne contre les Juifs d'Allemagne. J'en fus scandalisé. […] À l'évidence, les attaques contre les Juifs d'Allemagne n'étaient en rien un emballement émotif des Nazis, mais s'inscrivaient dans le cadre d'une campagne délibérée et planifiée. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La deuxième surviendra durant les années 1950. En 1951, après une élection libre et démocratique, Jacobo Arbenz (1913-1971) est élu président du Guatemala sur la base d'un ambitieux programme qui promet de moderniser l'économie du pays. Un de ses premiers gestes sera la réappropriation, avec compensation, de terres appartenant à la United Fruit Company mais qu'elle n'utilisait pas. La compagnie entreprend alors aux États-unis une vaste campagne de relations publiques pour les besoins de laquelle elle embauche Bernays. Mensonges et désinformations conduiront en 1954 à une vaste opération de la CIA au Guatemala qui mettra au pouvoir l'homme qu'ils ont choisi, le général Castillo Armas (1914-1957). Ce coup d'État marque le début d'un bain de sang qui fit plus de 100 000 morts dans ce pays au cours des cinq décennies qui suivirent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En 1990, Stuart Ewen a l'occasion de discuter avec son voisin du projet d'une histoire des relations publiques sur lequel il travaille alors depuis peu. On imagine sans mal sa stupeur quand ce voisin, lui-même actif dans le petit monde des relations publiques, lui assure qu'il devrait parler de son projet à Edward. Edward, demande Ewen ? Bernays, répond l'autre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ewen avait tout naturellement présumé que Bernays, dont il connaissait fort bien le parcours et dont il savait qu'il était né en 1891, était mort depuis longtemps déjà en 1990. Mais voilà qu'il avait l'occasion de rencontrer l'homme dont la vie et les actes étaient au cœur du livre qu'il projetait et que cet homme était toujours, il allait le vérifier, en grande forme physique et intellectuelle. Un rendez-vous fut donc pris et sa rencontre avec Bernays à son domicile de Cambridge, Massachusetts, ouvre le livre qu'Ewen fera paraître en 1996.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;C'est une lecture fascinante. On y assiste à la mise en scène de lui-même réalisée par un vieux maître ès manipulations qui n'a rien perdu de son efficacité : à preuve, Ewen, durant cet entretien, n'obtient guère de réponse pleinement satisfaisante aux questions précises qu'il était venu poser.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pourtant, vers la fin de la rencontre, un incident fera tomber sa garde à Bernays, un incident dont Ewen nous dit qu'il l'aida à mettre de la chair humaine sur l'os de l'histoire des institutions qu'il s'apprête à conter. On me permettra de raconter cette anecdote pour conclure ce texte.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ewen, sur le point de quitter son hôte, attend un taxi qu'il a commandé et Bernays lui suggère qu'il aurait mieux fait, compte tenu du prix excessif des taxis, de prendre les transports en commun. Il n'a lui-même, ajoute-t-il, jamais appris à conduire une voiture. C'est que, parmi les nombreux serviteurs qui travaillaient chez lui, il y avait toujours un chauffeur. Et Bernays de commencer à raconter l'histoire de l'un d'eux, Dumb Jack. Levé à cinq heures, Dumb Jack véhiculait toute la journée et jusqu'au soir Bernays, son épouse et leurs enfants. Il s'endormait souvent la tête entre les mains à la table du repas du soir, avant de manger et d'aller se coucher. Dumb Jack touchait 25 dollars par semaine et avait droit à un demi-jeudi toutes les deux semaines. « Pas une mauvaise affaire du tout », dit Bernays, avant de conclure, un brin de nostalgie dans la voix : « Mais c'était avant que les gens n'acquièrent une conscience sociale. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La vie et l'œuvre de Bernays constituent un très précieux témoignage des immenses efforts accomplis par une certaine élite pour contraindre et limiter le développement de cette conscience sociale, des importants moyens qu'ils ont mis en œuvre pour ce faire et des raisons pour lesquelles ces efforts ont été – et restent toujours – indispensables aux yeux de cette élite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Qu'une certaine conscience sociale se soit néanmoins développée depuis un siècle est un indice que les luttes économiques et politiques qui ont été menées ne l'ont pas été en vain. Par contre, le fait que les institutions que ces élites ont imaginées et mises en place soient toujours et même plus que jamais présentes et actives au sein de nos sociétés, où leurs agissements restent trop largement dans l'ombre, tout cela donne une mesure du travail qu'il reste à accomplir à ceux et à celles qui pensent que la démocratie doit être vécue au grand jour par des participants lucides et informés.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-2557032752016657535?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/2557032752016657535/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=2557032752016657535' title='13 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2557032752016657535'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2557032752016657535'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/10/propaganda-de-bernays-ma-preafce.html' title='PROPAGANDA, DE  BERNAYS: MA PRÉFACE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>13</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-4874175822220596799</id><published>2009-10-28T23:35:00.003-04:00</published><updated>2009-10-29T11:35:38.958-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='suggestions de lectures'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>ÇA VOUS INTÉRESSERA PEUT-ÊTRE,VOUS AUSSI</title><content type='html'>Un superbe ouvrage qui recense et démolit &lt;a href="http://www.amazon.ca/Great-Myths-Popular-Psychology-Misconceptions/dp/1405131128/ref=sr_1_2?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1256828779&amp;sr=8-2"&gt;50 mythes&lt;/a&gt; de la psychologie populaire. Une passionnante lecture. Le philosophe de l'éducation en moi a particulièrement apprécié la section sur les styles d'apprentissage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le remarquable site du philosophe &lt;a href="http://www.justiceharvard.org/"&gt;Michael Sandel sur la justice&lt;/a&gt;. Impressionnant. Un cours de Harvard avec un fantastique pédagogue: ne ratez pas ça!&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce site offre un belle occasion de méditer sur l'&lt;a href="http://www.amazon.ca/Internet-Thinking-Action-Hubert-Dreyfus/dp/0415775167/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1256829825&amp;sr=1-1"&gt;argumentaire&lt;/a&gt; du philosophe Hubert Dreyfus contre les (parfois énormes) prétentions de l'enseignement à distance et les nouvelles technologies . Ces arguments sont bien résumés &lt;a href="http://nigelwarburton.typepad.com/virtualphilosopher/2007/01/hubert_dreyfuss.html"&gt;ici&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;L'univers à partir de rien: une conférence de &lt;a href="http://www.youtube.com/watch?v=7ImvlS8PLIo&amp;feature=player_embedded"&gt;Lawrence Krauss.&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le site de Bruno Dubuc sur le &lt;a href="http://lecerveau.mcgill.ca/"&gt;cerveau:&lt;/a&gt; un bijou à découvrir. Bruno est un ami et un documentariste. Il offre gratuitement en ligne  son plus récent film: &lt;a href="http://pages.videotron.com/brunodub/la%20fin%20du%20neandertal.html"&gt;La fin du néandertal&lt;/a&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-4874175822220596799?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/4874175822220596799/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=4874175822220596799' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4874175822220596799'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/4874175822220596799'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/10/ca-vous-interessera-peut-etrevous-aussi.html' title='ÇA VOUS INTÉRESSERA PEUT-ÊTRE,VOUS AUSSI'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-8626727740213379586</id><published>2009-10-27T00:22:00.003-04:00</published><updated>2009-10-27T00:58:10.358-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Norman Levitt'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>TRISTE NOUVELLE</title><content type='html'>Je viens d'apprendre le décès de Norman Levitt. C'était un mathématicien dont les recherches dépassent de beaucoup mes maigres compétences en maths, mais je le connaissais pour des travaux salutaires et importants sur, disons-le rapidement, les dérives postmodernistes dans les humanités.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait co-signé un des premiers ouvrages à ouvrir le feu dans les «science wars»: &lt;a href="http://www.amazon.com/Higher-Superstition-Academic-Quarrels-Science/dp/0801857074/ref=sr_1_1?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1256617301&amp;sr=8-1"&gt;Higher Superstition&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait co-édité le colloque: &lt;a href="http://www.amazon.com/Flight-Science-Reason-Academy-Sciences/dp/0801856760/ref=sr_1_12?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1256617301&amp;sr=8-12"&gt;The Flight from Science and Reason&lt;/a&gt; dans la série des Annals of the New York Academy of Sciences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il avait enfin rédigé le superbe: &lt;a href="http://www.amazon.com/Prometheus-Bedeviled-Science-Contradictions-Contemporary/dp/0813526523/ref=sr_1_7?ie=UTF8&amp;s=books&amp;qid=1256617301&amp;sr=8-7"&gt;Prometheus Bedeviled: Science and the Contradictions of Contemporary Culture&lt;/a&gt; .&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Son &lt;a href="http://www.talkreason.org/articles/Fuller.cfm"&gt;papier&lt;/a&gt; sur le témoignage de Steve Fuller au procès Kitzmiller v. Dover mérite d'être lu avec attention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Condoléances à ses proches.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-8626727740213379586?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/8626727740213379586/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=8626727740213379586' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/8626727740213379586'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/8626727740213379586'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/10/triste-nouvelle.html' title='TRISTE NOUVELLE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-3882942828007050897</id><published>2009-10-26T08:21:00.005-04:00</published><updated>2009-10-26T09:25:37.571-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Philosophie magazine'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Peter Singer'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>ENTRETIEN AVEC PETER SINGER</title><content type='html'>Cet entretien est paru dans &lt;a href="http://www.philomag.com/"&gt;Philosophie Magazine&lt;/a&gt;, no 33. Il ne peut être reproduit: le magazine m'a cependant aimablement permis de le reprendre ici.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le numéro en kiosque en ce moment (No 34) contient une entrevue que m'ont accordée Thomas Cathcart et Daniel Klein à propos de leur ouvrage: &lt;span style="font-style:italic;"&gt;Platon et son ornithorynque entrent dans un bar &lt;/span&gt;(Seuil). Je le posterai ici le mois prochain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J'ai le PDF du texte de l'entretien avec Singer — ils ont fait un très beau travail de mise en page — mais je ne sais pas comment le rendre disponible (la fonction ajouter une image ne ... fonctionne  pas). Si quelqu'un sait et veut m'instruire...]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;br /&gt;Présentation&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peter Singer, né à Melbourne en Australie en 1946, est-il, ou non, le plus influent philosophe vivant? Voilà une question dont on pourrait longuement débattre. Mais que son influence soit appréciée de manière diamétralement opposée par les uns et les autres, cela, au moins, ne fait aucun doute.&lt;br /&gt;C’est ainsi que si, pour certains, Singer a prolongé et renouvelé la pensée éthique utilitariste et l’a portée sur de nouveaux territoires, où elle a pu démontrer sa pertinence et sa grande fécondité, pour d’autres, au contraire, les positions qu’il défend au nom de cet utilitarisme en font une véritable incarnation du mal.&lt;br /&gt;Sa nomination à titre de professeur de bioéthique à la Princeton University, en 1999, a porté à leur sommet les attaques dont il n’a cessé de faire les frais : c’est ainsi que des quotidiens américains l’ont décrit comme  l’«homme le plus dangereux au monde», pendant que d’autres le désignaient comme le «professeur de la mort». La controverse a en fait été telle que Singer, un temps, ne put circuler sur le campus qu’accompagné de gardes du corps.&lt;br /&gt;De toutes les accusations qui furent alors lancées contre lui, c’est sans doute celle de nazi qui aura été la plus obscène, puisque trois des quatre grands–parents de Singer sont morts dans des camps de concentration.&lt;br /&gt;Singer a été formé en Australie, puis à l’Université d’Oxford. En 1975, il a publié Animal Liberation, l’ouvrage qui, plus que tout autre, a contribué à lancer le mouvement contemporain de défense des droits des animaux.&lt;br /&gt;La position qu’il y défend est utilitariste et la même perspective théorique inspirera tous ses travaux ultérieurs, qui ont notamment porté sur la pauvreté, l’avortement et l’euthanasie.&lt;br /&gt;Cet utilitarisme conduit Singer d’une part à contester le caractère sacré traditionnellement reconnu à la vie humaine et à elle seule, d’autre part à réclamer une considération égale des intérêts des êtres concernés par des décisions éthiques. Ce sont tout particulièrement les conclusions auxquelles conduisent une application systématique de ces deux principes qui ont suscité les vives polémiques au centre desquelles Singer s’est si souvent retrouvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;&lt;br /&gt;L'entretien&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Vous tentez, dans vos ouvrages, de répondre à la question: comment devrais-je vivre?  N’est-ce pas rare parmi les philosophes, notamment anglophones, contemporains?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peter Singer : Cette question a en effet pu être négligée par la philosophie analytique des années 30 à 60 du dernier siècle : cependant, à envisager les choses dans la longue durée,  elle n’était pas étrangère à la tradition philosophique anglophone. Il s’agit par exemple de la question fondamentale qui est posée dans le chef-d’œuvre de Henry Sidgwick, The Methods of Ethics. Sur ce plan, Sidgwick a eu comme successeurs Moore, Ross et d’autres encore. En ce sens, on pourrait dire que j’ai surtout renoué avec une plus ancienne tradition britannique en éthique. Bien entendu, le bouillonnement politique de la fin des années 60 a facilité cette démarche.  La jeune génération d’alors, à laquelle j’appartiens, demandait que ses études aident à aborder les problèmes auxquels nous étions confrontés — parmi eux : la Guerre du Vietnam, le racisme, l’usage de drogues psychodysleptiques et, de manière plus générale, la remise en question des valeurs communément admises.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : L’utilitarisme que vous défendez est, avec l’éthique de la vertu et l’éthique déontologique, une des trois grandes traditions éthiques de la philosophie occidentale classique. En quoi consiste cette position et en quoi s’oppose-t-elle aux deux autres?&lt;br /&gt;Peter Singer : C’est par l’examen de leurs conséquences que les utilitaristes jugent que des actes sont bons ou mauvais. Ils soutiennent également que, toutes choses étant par ailleurs égales, nous devrions toujours faire ce qui aura les conséquences les meilleures pour toutes celles et tous ceux qui seront touchés  par nos actions. Un utilitariste soutient que ce que nous affirmons quand nous parlons de devoirs ou de vertus devrait être replacé dans une perspective utilitariste : quelque chose est une vertu du fait que sa pratique tend à avoir de meilleures conséquences et quelque chose n’est un devoir que si on peut attendre de sa  pratique qu’elle aura de meilleures conséquences.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Quelle place un utilitariste fait-il à des catégories comme l’autonomie et la raison, centrales dans les grandes traditions éthiques?&lt;br /&gt;Peter Singer : La raison demeure centrale pour l’utilitarisme, puisque nous devons raisonner afin de déterminer laquelle, parmi les actions possibles, aura les conséquences les meilleures. De plus, si on est un philosophe, on pourra tenter d’user de sa raison pour chercher à donner un fondement rationnel à l’utilitarisme lui-même — quoique ce ne sont pas tous les utilitaristes qui considèrent qu’il soit possible d’accomplir une telle chose. &lt;br /&gt;Cependant, les utilitaristes n’accordent pas de valeur intrinsèque à l’autonomie — et cela même si, à l’instar de John Stuart Mill, ils vont souvent avoir recours à un argumentaire utilitariste pour justifier que l’on protège l’autonomie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : L’extraordinaire impact d’Animal Liberation vous a-t-il surpris? &lt;br /&gt;Peter Singer : À vrai dire, je n’ai pas été surpris par l’impact qu’a eu ce livre. Au moment où je l’écrivais, j’étais persuadé de déployer un puissant argumentaire— et même, j’oserais le dire, un argumentaire irréfutable — démontrant qu’il y a, dans nos attitudes envers les animaux, quelque chose de sérieusement erroné et d’inacceptable. Et puisque je pense que beaucoup de gens — même si ce n’est pas vrai de tout le monde —  peuvent être sensibles à un raisonnement éthique, je prévoyais que mon livre inciterait de nombreuses personnes à modifier leurs attitudes  envers les animaux et, par suite, à cesser de manger des animaux ou à prendre part, de quelque manière que ce soit, à leur exploitation.&lt;br /&gt;Trente cinq ans plus tard, je me réjouis que ce livre n’ait jamais cessé d’être réimprimé et qu’il continue à influencer des gens : en fait, à chaque fois que je donne une conférence sur ce sujet — j’en ai donné une hier encore — des gens de tous âges viennent me voir pour faire autographier leur copie d’Animal Liberation et me dire combien ce livre a transformé leur vie.&lt;br /&gt;Pour ce qui est de la société au sens large, je me suis réjoui du résultat d’un référendum tenu en Californie, en novembre 2008 et par lequel 63% des Californiens ont approuvé une loi qui abolit les usuelles cages d’élevage en batterie pour les poules ainsi que les stalles pour cochons et veaux. C’est ainsi que quelques-unes des idées que je défendais dans Animal Liberation deviennent  peu à peu partagées par le grand public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Quelles seraient selon vous les trois grandes idées du livre?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Peter Singer : Pour commencer, la défense du principe  de considération égale des intérêts comme étant le véritable fondement de l’égalité — aussi bien au sein de notre espèce que pour tous les êtres sensibles.&lt;br /&gt;En deuxième lieu, le rejet de cette exploitation abusive des espèces animales appelée antispécisme, entendu comme le fait de ne pas prendre en compte les intérêts d’êtres qui n’appartiennent pas à notre espèce. Enfin, le fait d’avoir mis en évidence que qu’impliquent ce principe de considération égale des intérêts et le rejet du antispécisme pour notre manière de traiter les animaux, tout particulièrement en ce qui concerne la recherche et l’élevage industriel.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Est-il des cas où il vous semble légitime d’avoir recours à des animaux à des fins de la recherche? Si oui, quels principes devraient guider ces pratiques? &lt;br /&gt;Peter Singer : Le principe doit être celui de la considération égale des intérêts en vertu duquel nous accordons le même poids aux intérêts de l’animal que nous en accorderions à des intérêts similaires d’êtres humains. Pour montrer que notre jugement sur ces intérêts n’est pas antispéciste, il est utile de se demander si nous serions, ou non, disposés à faire, par exemple, l’expérimentation que nous nous apprêtons à faire sur un animal sur un être humain qui se situe à un même niveau intellectuel que les animaux que nous utilisons et cela dans l’éventualité où ces êtres humains seraient disponibles et que leurs parents consentiraient à ce qu’on les utilise de la sorte.  &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Vous êtes un des fondateurs du Great Ape Project [http://www.greatapeproject.org/] lancée en 1993 et qui préconise qu’on reconnaisse aux grands singes de droits moraux et légaux qui n’étaient jusqu’ici conférés qu’aux seuls animaux humains. Sur quoi cette demande est-elle fondée?&lt;br /&gt;Peter Singer : Le Great Ape Project cherche à jeter un pont entre les humains et les autres animaux en reconnaissant, ce qui est un premier pas, les droits fondamentaux des chimpanzés, des bonobos (chimpanzés nains), des gorilles et des orangs-outans. Les droits en question sont le droit à la vie, le droit à la liberté, et la protection contre la torture. Les grands singes ont démontré qu’ils possèdent une conscience d’eux-mêmes, qu’ils sont des êtres capables d’intentionnalité, possédant de riches vies émotionnelles et qui maintiennent d’étroites relations avec d’autres membres de leur espèce. Rien donc, ne nous autorise à les traiter comme s’ils n’étaient que de objets ou de simples biens ne possédant aucun droit fondamental.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Où en est aujourd’hui ce projet?&lt;br /&gt;Peter Singer : Nous avons fait des progrès. Les expérimentations dommageables sur les grands singes ont pratiquement cessé en Europe et leur nombre décroît aux Etats-Unis puisqu’il y est désormais exigé que les chimpanzés qui ont été utilisés pour une expérimentation ne puissent être simplement mis à mort, mais doivent plutôt être envoyés dans des sanctuaires, où ils peuvent finir leurs jours.&lt;br /&gt;L’an dernier, le parlement espagnol a convenu d’accorder des droits aux grands singes et donné son appui au Great Ape Project. Cela représente une avancée majeure et nous attendons que le Gouvernement espagnol légifère pour rendre effective cette résolution, qui demandait en outre au Gouvernement espagnol de promouvoir la même idée auprès de l’Union Européenne.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Supposons une région frappée de sécheresse où l'eau potable n’est disponible qu’en petite quantité. Faut-il en ce cas donner priorité aux êtres humains et leur distribuer l'eau potable, ou faut-il plutôt la distribuer à part égale entre les êtres humains et leur bétail et animaux domestiques ?&lt;br /&gt;Peter Singer : Si des vies sont en jeu, il n’est pas spécéiste de donner la préférence à ceux qui ont le plus à perdre : et si des êtres sont de ceux qui ont cette capacité de se projeter dans le futur, de vivre leur vie en ayant pour but de réaliser certaines choses dans l’avenir, alors ces êtres ont plus à perdre que ceux qui vivent uniquement dans le présent, sans prise de conscience de l’avenir ou de pensées pour le futur. Pour ces raisons, il est justifié de sauver des êtres humains normaux plutôt que des animaux non-humains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Dans un ouvrage consacré à Darwin et à la gauche, vous demandez à cette dernière de prendre au sérieux le darwinisme — et plus généralement la biologie. En quel sens et pourquoi ?&lt;br /&gt;Peter Singer : Ce que je propose dans ce livre ferait en sorte que la gauche ait un point de vue plus réaliste sur la nature humaine, ce qui lui permettrait d’envisager de meilleures stratégies pour faire advenir une société de coopération et de compassion plus conforme aux valeurs qu’elle préconise. La gauche a souvent eu tendance à mettre de l’avant des solutions utopiques aux problèmes sociaux, des solutions qui ne tiennent aucun compte de la manière dont se comportent habituellement la plupart des êtres humains. Cela n’est d’aucun secours.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Comment vous situez-vous dans le débat sur les cellules souches?&lt;br /&gt;Peter Singer :  Décider si on peut ou non détruire des embryons afin d’obtenir des cellules souches ne me paraît pas être une question difficile à trancher. Après tout, dans les cliniques des pays développés on trouve des milliers — et possiblement des centaines de milliers — d’embryons qui ne deviendront jamais des êtres humains. Ils ne possèdent aucun système nerveux, ne peuvent être conscient et ne ressentent rien. Comment pourrait-il être mal, dès lors que leurs parents donnent leur consentement, de détruire ces embryons et de les utiliser pour un travail scientifique qui pourrait s’avérer grandement bénéfique pour d’autres êtres humains qui sont conscients et qui veulent continuer à vivre?&lt;br /&gt;En général, je ne pense pas qu’un être qui n’a jamais été conscient ait un droit intrinsèque à devenir conscient. De même que dans ce monde surpeuplé il n’y a pas d’obligation de procréer, il n’y a pas, non plus, d’obligation de permettre à toute entité qui possède le potentiel de devenir un être humain mature d’actualiser ce potentiel. La reconnaissance d’un tel droit aurait d’ailleurs des conséquences absurdes puisqu’il nous est désormais possible, au moins en principe, de cloner des être humains à partir de bon nombre de nos cellules.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Vous suggérez d’abandonner l’idée que la vie humaine, et elle seule, est sacrée. Comment arrivez-vous à cette position? Et pourquoi pensez-vous que cette idée et d’autres semblables ont suscité tant de controverses?&lt;br /&gt;Peter Singer : C’est qu’elles remettent en question les idées chrétiennes traditionnelles concernant l’égale valeur de toute vie humaine. Dans les faits cependant, plus personne ne vit conformément  à ces idées. C’est ainsi, par exemple, que l’Église catholique elle-même ne dit pas que vous devez faire absolument tout ce qui est possible pour prolonger la vie d’un nouveau-né anencéphale — celui qui est né avec seulement un tronc cérébral et pas de cortex. Pour ma part, je ne fais rien d’autre que de pousser un cran plus loin en disant que s’il est admissible de ne pas traiter un bébé sévèrement handicapé pour prolonger sa vie, alors il doit aussi être permis de s’assurer que l’on mette humainement et rapidement un terme à sa vie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Comment expliquez-vous que si les défenseurs des animaux sont au centre de nombreux débats dans le monde anglo-saxon/protestant, ils sont à peu près inaudibles sur le continent européen, en particulier en France, où ils ne sont guère pris au sérieux ?&lt;br /&gt;Peter Singer : À mon avis, il s’agit ici d’une  spécificité de la France, bien plus que d’une différence entre le monde anglo-saxon et protestant d’une part et l’Europe continentale de l’autre. Il existe en effet de puissants mouvements en faveur des animaux dans de nombreux pays européens — aux Pays-Bas, en Suède, en Allemagne, mais aussi dans des pays de culture traditionnellement catholique, comme l’Autriche, l’Espagne et l’Italie. Les gens, en France, sont peut-être tellement sensibles à la gloire de la cuisine française qu’ils refusent de prendre au sérieux un mouvement qui soulève des questions éthiques à propos de la consommation de  viande.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Comme son titre l’indique, The Ethics of What We Eat attire l’attention sur la dimension éthique de ce que nous mangeons. Quels gestes, idéalement, devrait-il inciter ses lecteurs à poser?&lt;br /&gt;Peter Singer : Par-dessus tout, j’espère qu’ils vont rejeter l’élevage industriel des animaux — aussi bien pour les souffrances qu’elle leur inflige, que pour ses conséquences environnementales. Mais, plus généralement, j’aimerais que nos lectrices et lecteurs pensent à ce qu’ils mangent comme à une enjeu éthique. Si cela se produit, plusieurs seront amenés à changer leurs habitudes alimentaires. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Depuis de nombreuses années, vous êtes un des plus célèbres végétariens au monde. L’êtes-vous toujours?&lt;br /&gt;Peter Singer : Oui, bien entendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Dans votre plus récent ouvrage, Sauver une vie, vous avancez que c’est pour chacun de nous un devoir de poser des gestes concrets pour lutter contre ces intolérables formes d’inégalités et de pauvreté qui affligent notre monde. En quel sens?&lt;br /&gt;Peter Singer : Ce livre réclame avec insistance, que nous changions la manière dont notre culture envisage le fait de donner aux pauvres. Les personnes qui vivent dans le confort des sociétés riches ont le devoir d’aider celles qui, ailleurs dans le monde, vivent dans des situations d’extrême pauvreté. Plusieurs gestes simples et peu couteux peuvent être posés pour réduire cette extrême pauvreté et sauver les vies de ces personnes qui en meurent, des décès qui pourraient être évités : ne pas le faire est donc mal agir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Philosophie Magazine : Quel serait, selon vous, l’apport spécifique de la philosophie aux discussions sur toutes ces difficiles questions que vous n’avez cessé de soulever — aussi bien dans le monde académique que dans l’arène publique?&lt;br /&gt;Peter Singer : Sa grande contribution est d’élever le niveau des débats dans l’arène publique. Dans les meilleurs des cas, en effet, la philosophie fixe un idéal de rigueur élevé dans l’argumentation. La philosophie devrait clarifier — et non obscurcir — les grandes questions à l’ordre du jour et elle devrait le faire en une langue que chacun peut comprendre. Et comme les philosophes sont enclins à poser d’embarrassantes questions et à mettre au défi nos idées préconçues, elle peut conduire à de nouvelles et meilleures perspectives et pratiques en éthique.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight:bold;"&gt;Bibliographie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La libération animale (1975; tard. fr. B. Grasset, 1993) a exercé une influence décisive sur les mouvements de défense des animaux et est de ce fait, sans conteste, un des plus influents ouvrages de philosophie des cinquante dernières année. On lira avec profit, sur le même sujet, la brochure de Singer: L’égalité animale expliquée aux humain-es, disponible sur Internet à : [http://infokiosques.net/spip.php?article133 ], ainsi que Le projet grands singes: l'égalité au-delà de l'humanité (One Voice, 2003) co-édité avec Paola Cavalieri.&lt;br /&gt;Questions d'éthique pratique (Bayard , 1997) offre un survol des positions de Singer sur divers sujets allant de l’euthanasie à l’avortement et permet de se familiariser avec la perspective utilitariste qu’il défend.&lt;br /&gt;Une gauche darwinienne: politique, évolution et coopération (Cassini, 2002) cherche à cerner ce que serait un politique de gauche qui prendrait au sérieux le darwinisme et propose que la réponse est à chercher dans diverses formes de coopération et d’altruisme identifiées par la biologie.&lt;br /&gt;Sauver une vie (Michel Lafon, 2009) est un appel à la fois passionnel et argumenté pour inciter chacun de  nous poser des gestes qui permettraient, sinon d’éliminer, du moins de réduire substantiellement l’extrême pauvreté à l’échelle planétaire. L’ouvrage poursuit une réflexion amorcée dans : One World : the Ethics of Globalization (Yale University Press, 2004).&lt;br /&gt;Certaines des vives controverses suscitées par les idées de Singer sont explorées dans : Peter Singer Under Fire, édité par Shaler, J. (Open Court Publishers, 2008).&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-3882942828007050897?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/3882942828007050897/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=3882942828007050897' title='15 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3882942828007050897'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/3882942828007050897'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/10/entretien-avec-peter-singer.html' title='ENTRETIEN AVEC PETER SINGER'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>15</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-2688915876440593074</id><published>2009-10-23T21:15:00.000-04:00</published><updated>2009-10-23T21:16:22.191-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Carol Chomsky'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Noam Chomksy'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>CHOMSKY: LIFE IS EMPTY WITHOUT LOVE</title><content type='html'>&lt;script src="http://video.bigthink.com/player.js?height=344&amp;width=516&amp;autoplay=0&amp;embedCode=c2Mzl0Oju0Nmdy4q1gDP5RDSDBNpK7I6"&gt;&lt;/script&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-2688915876440593074?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/2688915876440593074/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=2688915876440593074' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2688915876440593074'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/2688915876440593074'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/10/chomsky-life-is-empty-without-love.html' title='CHOMSKY: LIFE IS EMPTY WITHOUT LOVE'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-8513666718595422832.post-762805556957329774</id><published>2009-10-23T20:48:00.002-04:00</published><updated>2009-10-23T20:52:19.332-04:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='enseignement de l&apos;histoire'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Contre la réforme'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Robert Comeau'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='À bâbord'/><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Normand Baillargeon'/><title type='text'>LA PAROLE À ROBERT COMEAU</title><content type='html'>[Ce texte paraîtra dans le prochain À Bâbord]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;À la fin de sa vie, le poète Gilbert Langevin aimait lancer à la cantonade la question : Quelle est la devise du Québec?, à laquelle il s’empressait de répondre: Je ne m’en souviens plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Langevin témoignait ainsi, à sa manière, de ce que peut avoir de problématique — et parfois de douloureux — le rapport que nous entretenons à notre passé. Le vacarme entendu cet été autour du Moulin à paroles nous le rappelle encore, de même que ces vives querelles suscitées par les programmes d’enseignement de l’histoire au primaire et au secondaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Depuis des années en effet, ces programmes sont vertement dénoncés par de nombreux observateurs, qui les jugent profondément déficients. Réunis en une Coalition pour l’enseignement de l’histoire au Québec, ces opposants commencent à se faire entendre.&lt;br /&gt;Pour mieux comprendre les nombreux enjeux qui se nouent ici, j’ai interrogé l’un d’eux, Robert Comeau, historien et professeur associé à l’UQAM. M. Comeau dirige en outre le Bulletin d'histoire politique.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;Comment l’historien en vous en est-il venu à s’intéresser à l’enseignement de l’histoire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Dès la création de la Commission Lacoursière sur l’histoire nationale, en 1994, nous avions formé, en collaboration avec la SSJB, une première Coalition d’organismes impliqués dans l’enseignement de l’histoire, afin de réclamer plus d’heures d’enseignement pour cette discipline. Nous avons publié dès l’automne 1996 un dossier critique sur le Rapport Lacoursière, lequel ne correspondait pas à nos attentes  (Bulletin d’histoire politique, vol.5 no1). Depuis le printemps 2006, lorsque le nouveau programme d’histoire et d’éducation à la citoyenneté (remplaçant la désignation  Canada-Québec) a été rendu public, nous l’avons vivement critiqué et notre opposition trouva un grand écho dans les medias. Dans un ouvrage collectif publié l’automne dernier, Contre la réforme pédagogique, (VLB, 2008) j’ai présenté l’évolution de l’enseignement de l’histoire au Québec depuis 15 ans. Nous venons e de relancer une nouvelle Coalition pour la promotion de l’enseignement de l’histoire au Québec qui a formulé une quinzaine de recommandations pour une réforme en profondeur des programmes, de l’école primaire à l’université.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Et que pensez-vous de la réforme en cours, en ce qui concerne l’histoire?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;J’endosse entièrement les critiques démontrant que derrière l’approche par compétences se cachent essentiellement des objectifs économiques liés à l’évolution du monde du travail. Comme l’explique Nico Hirtt, cette approche, qui se réclame du constructivisme pédagogique, constitue bel et bien un abandon des savoirs et se situe en réalité à l’opposé des pédagogies progressistes.  Loin de favoriser l’innovation pédagogique, elle constitue un élément de dérégulation qui renforce l’inégalité sociale. C’est que, comme l’explique Hirtt, l’évaluation par compétence fait paradoxalement davantage que l’évaluation traditionnelle appel à un haut niveau de culture générale et de maîtrise du langage, ce qui ne manquera pas de favoriser les enfants issus des familles aisées. Je suis toujours convaincu que ce virage pédagogique radical était injustifié et sera néfaste en particulier aux élèves des milieux défavorisés.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;On a le sentiment que cette querelle pédagogique se double d’une querelle d’historiens et concerne aussi la manière même dont on écrit et pratique l’histoire.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;En effet. La conception de l’histoire du Canada-Québec qui domine à présent est résolument différente de celle qui  prévalait au cours des années 1960 et 1970, alors que la question nationale  était au cœur des interprétations de l’histoire du Québec. Aujourd’hui, l’histoire politique et la question nationale n’intéressent plus guère les professeurs d’histoire du Canada-Québec. Sous l’inspiration de L’École des Annales, de France, et des social studies américaines — et marginalement de l’histoire structurelle marxiste — les enseignants d’histoire ont négligé le rôle des acteurs politiques. &lt;br /&gt;Depuis les années 1980 surtout, avec la nouvelle approche que l’historien Ronald Rudin a qualifiée de « révisionniste », on peut déceler un nouvel éthos, une nouvelle sensibilité qui  veut redonner une place et une reconnaissance aux groupes sociaux jusque-là marginalisés par l’histoire. Si, d’un coté, il est tout à fait légitime et souhaitable que les oubliés de l’histoire soient enfin étudiés, il est regrettable par ailleurs que ce qui faisait la spécificité de la société québécoise, et particulièrement la question de la domination du Québec dans le régime d’union fédérale, soit marginalisé — quand ce n’est pas  totalement occulté.&lt;br /&gt;On a ainsi mis l’accent sur les similitudes entre l’histoire du Québec et celle des autres parties de l’Amérique et sur notre américanité; on a comparé les grands processus socio-économiques pour mettre en évidence la « normalité » du Québec, alors qu’avant 1980 chacun avait son interprétation pour expliquer le retard ou les caractéristiques spécifiques de l’évolution québécoise.&lt;br /&gt;Dans cette nouvelle et optimiste approche, on a fait commencer notre histoire en 1867, négligeant la période de la Nouvelle-France (sauf pour l’étude des Amérindiens) et écarté surtout le régime anglais, de la conquête militaire britannique à l’échec des rébellions de 1837-1838 et l’union imposée  de 1840 qui a mis en minorité politique les Canadiens français. Cette période cruciale de l’histoire qui était au cœur du courant historique néo-nationaliste précédent a ainsi peu à peu été effacée, non pas  de la mémoire nationale et populaire, mais de l’histoire savante  des universitaires. L’histoire sociale est devenue hégémonique dans les départements d’histoire des universités francophones au point d’écarter, pour les études du Québec seulement, l’histoire politique. &lt;br /&gt;En 2006, lorsque le nouveau programme d’histoire de secondaire 3 et 4 émanant de la réforme fut dévoilé par un journaliste, on se rendit compte que  toute la question nationale du Québec était occultée, résultat dans une grande mesure de l’enseignement dominant  depuis plus de 25  ans au niveau universitaire. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;Dans ces programmes se voulant plus consensuels, on fait une grande place au concept de citoyenneté. Mais des questions surgissent aussitôt : laquelle — citoyenneté du monde ?, du Canada?  Ou du Québec? Comment? Est-ce possible? Souhaitable? Qu’en pensez-vous?&lt;/span&gt;  &lt;br /&gt;Il nous semble que si l’on veut éduquer à la citoyenneté, celle-ci devrait être axée sur la familiarisation avec nos institutions, sur la préparation à l’exercice des droits et des devoirs du citoyen du Québec et du Canada : en fait, sur les connaissances de la démocratie politique réelle. La Coalition demande donc que les programmes d’histoire ne soient plus subordonnés à l’éducation à la citoyenneté et au présent, afin que l’histoire, qui est une discipline à part entière, redevienne au cœur du programme.&lt;br /&gt;L’histoire ne doit pas être axée que sur le présent : elle doit aussi nous dépayser et nous faire voir ce qui est différent de nous à travers le temps. Bien sûr, les questions que l’on pose au passé surgissent de nos préoccupations du présent. Mais on doit éviter les anachronismes et toujours essayer d’expliquer le passé sans porter de jugement relié à nos valeurs actuelles.&lt;br /&gt;On peut donc s’interroger sur le bien fondé d’avoir réuni dans un même programme l’enseignement de l’histoire et l’éducation à la citoyenneté. Plusieurs pensent que la place de cette éducation à la citoyenneté aurait davantage eu sa place dans le cours d’éthique. L’histoire et l’éducation à la citoyenneté sont de nature différente, même si l’histoire est essentielle à l’éducation à la citoyenneté.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;Peux-tu nous donner une idée de ce qu’impliquent ces programmes, implantés au primaire depuis 2001?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;On s’inspire largement de l’approche de sciences sociales et on ne pratique pas vraiment une approche historique. On présente plutôt une succession de tableaux, comme peuvent le faire un sociologue ou un anthropologue.  On étudie à 7 moments, des types différents de sociétés, pour montrer la richesse de leur diversité. Ces moments sont des dates absolument non significatives du point de vue de l’histoire du Québec ou du Canada.  Ce programme, qui fait une large place aux modes de vie des diverses sociétés en Amérique du Nord, met aussi l’accent sur la coexistence pacifique de ces diverses sociétés, comme si elle avait constitué l’histoire du Canada depuis ses origines!&lt;br /&gt;Pourtant l’histoire n’est pas une succession de sociétés statiques, mais implique une dynamique et, souvent, des conflits que ne saurait dissimuler une idéologie multiculturaliste. Mais on a remplacé les notions de « colonies » et « de métropoles » par le terme plus contemporain de « société », si bien que dans cette approche de l’histoire disparaissent les conflits intercoloniaux (entre l’Empire français et les treize colonies américaines du Sud)  impliquant les nations amérindiennes, conflits qui ont été très présents durant toute la période coloniale française. Cette approche marginalise l’étude du processus de colonisation, et le rôle des métropoles (on ne comprendra pas ce que signifie pour le groupe des Canadiens la perte de sa propre métropole). L’objectif avoué est d’amener le jeune à « s’ouvrir à la diversité des sociétés » :  mais n’aurait-il pas été souhaitable qu’il commence par connaitre sa propre société et son propre territoire, en un mot qu’il sache se situer pour être en mesure d’effectuer des comparaisons. &lt;br /&gt;&lt;span style="font-style:italic;"&gt;&lt;br /&gt;Un mot pour conclure?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Comme une majorité d’enseignants le souhaitent, nous réclamons le retour à l’évaluation systématique des connaissances. Contrairement à l’idée que le jeune doit construire son propre récit, nous croyons plutôt qu’il doit acquérir par l’enseignement, ses lectures, sa réflexion et par d’autres moyens de la pédagogie active, des connaissances de base qui lui permettront par la suite de discuter des diverses interprétations. Comme l’ont souligné les travaux des historiens Charles P. Courtois et Éric Bédard, « il importe d’ancrer la connaissance de l’univers social dans l’espace et le temps et que les élèves partent de cette base pour découvrir les autres».&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/8513666718595422832-762805556957329774?l=nbaillargeon.blogspot.com%2Findex.html' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/feeds/762805556957329774/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=8513666718595422832&amp;postID=762805556957329774' title='8 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/762805556957329774'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/8513666718595422832/posts/default/762805556957329774'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://nbaillargeon.blogspot.com/2009/10/la-parole-robert-comeau.html' title='LA PAROLE À ROBERT COMEAU'/><author><name>Normand Baillargeon</name><uri>http://www.blogger.com/profile/15591515802287359965</uri><email>baillargeon.normand@uqam.ca</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='07758785573021744187'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>8</thr:total></entry></feed>