tag:blogger.com,1999:blog-8189630526874740722009-03-01T00:51:15.841-08:00MérovéeMérovéehttp://www.blogger.com/profile/03928633190494404460noreply@blogger.comBlogger1125tag:blogger.com,1999:blog-818963052687474072.post-20214691600463775372008-02-21T01:29:00.000-08:002008-02-21T01:49:50.449-08:00Une nouvelle identité<a href="http://2.bp.blogspot.com/_YbftTXw9u3I/R71JM4bnnfI/AAAAAAAAABA/D3snOcTqy_k/s1600-h/new+york+053.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5169368432946683378" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_YbftTXw9u3I/R71JM4bnnfI/AAAAAAAAABA/D3snOcTqy_k/s400/new+york+053.jpg" border="0" /></a><br /><div>Aujourd'hui, une jeune femme m'aborde :</div><br /><div>- J'ai lu Mérovée, et je suis étonnée par la force avec laquelle vous vous êtes glissé dans la peau de personnages qui n'ont aucun rapport de proximité avec vous...</div><br /><div>Se glisser dans la peau d'un autre. Le mouvement parfaitement symétrique et contraire à l'auto-fiction. Tellement contraire qu'un jour, il y a 5 ans de cela, invité au salon du livre à l'occasion de la sortie de Rose bonbon, on réussit à me caser à une table ronde sur... l'auto-fiction. J'accepte. Un peu bêtement. Il y a là des "people" du monde littéraire, comme on dit. Tous donnent leur prognostic gagnant sur la littérature de demain. Ce sera : l'auto-fiction. Ou rien. </div><br /><div>Quand vient mon tour de parole, je lâche :</div><br /><div>- Mon roman n'est pas une auto-fiction... Je ne suis pas - comment dire ? - pédophile...</div><br /><div>Silence dans la salle. Vite, me dis-je, trouve un truc pour rattraper ta connerie. Je veux dire : un truc solide, épais. Qui tienne la route nom de dieu ! Justifie toi petit salaud !</div><br /><div>J'esquisse un vague sourire :</div><br /><div>- En revanche, je reconnais que le procédé auto-fictionnel qui s'attache à l'intimité des personnages présente un véritable intérêt littéraire et pour ma part, j'aime bien l'idée d'écrire des auto-fictions de personnages inventés.</div><br /><div>Vague rumeur alentours. Ouf ! C'est passé ! C'est bon ! J'ai ma place à la table des grands. Je respire.</div><br /><div>Aujourd'hui, bien des années plus tard, je m'aperçois que ce que j'ai lancé ce jour-là avait plus de sens que je ne le croyais alors. Il s'agit, en réalité, de ma marque de fabrique personnelle. Je fais dans l'auto-fiction de personnages qui n'existent pas vraiment. Mais qui parfois, finissent par prendre vraiment corps.</div><br /><div>Ainsi, en octobre 2002, dans un commissariat de police, suite à un interrogatoire, deux personnages de Rose bonbon se sont vus conférés une existence juridique dans un rapport de police. Incroyable ! </div><br /><div>Je revois ces trois inspecteurs - deux femmes et un homme. Ils aboient. Grognent. Essayent de me faire "avouer".</div><br /><div>- De qui vous êtes-vous inspiré ?</div><br /><div>- Qui sont vos modèles, hein ? Les écrivains ont toujours des modèles ! </div><br /><div>- Des noms ! Donnez des noms !</div><br /><div>Je revois ces inspecteurs lisant à voix haute des passages du livre. Citant mes personnages à comparaître. Les appelant à témoigner. Contre moi. L'auteur. </div><br /><div>Comment je me glisse, donc, dans la peau de personnages qui ne sont pas moi.</div><br /><div>Et qui finissent toujours par se retourner contre moi.</div><br /><div>Tout contre.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/818963052687474072-2021469160046377537?l=merove-le-livre.blogspot.com'/></div>Mérovéehttp://www.blogger.com/profile/03928633190494404460noreply@blogger.com1