tag:blogger.com,1999:blog-75493347358674432862009-06-29T23:14:09.791-04:00L'ArchevêchéBlogue sur le mouvement étudiant québécois, l'Université de Montréal et, enfin...Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.comBlogger114125tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-43366393402355749582009-06-29T23:01:00.005-04:002009-06-29T23:14:09.803-04:00En retard<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SkmCPM0rX0I/AAAAAAAAAXg/V-e6bXv3mTc/s1600-h/991677-gf.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 320px; height: 284px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SkmCPM0rX0I/AAAAAAAAAXg/V-e6bXv3mTc/s320/991677-gf.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352952829758365506" border="0" /></a>Ces jours-ci, j'écoute compulsivement l'album de<a style="font-weight: bold;" href="http://www.myspace.com/mariepierrearthur"> Marie-Pierre Arthur</a>. Je l'ai entendue jouer à <a style="font-weight: bold;" href="http://www.lautrestjean.org/">L'Autre Saint-Jean</a>, où je suis allée avec <a style="font-weight: bold;" href="http://www.ledernierkilometre.blogspot.com/">Julie D.</a>, et sa voix et sa musique et sa guitare ont assez taquiné mon oreille (son set finissait quand Miss Delporte et moi-même sommes arrivées) pour que je me rende chez un de tous ces bons disquaires pour me procurer son CD. Bref. Vous ne voulez pas vivre encore une seconde sans écouter sa merveilleuse musique. Est-ce que j'exagère? Même pas. Est-ce que j'ai du goût? Ça se discute.<br /><br />Sinon, ce soir, je travaille un peu sur <a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/search/label/Feuilleton">Berg</a>. J'ai excavé mes vieux calepins pour voir où j'en suis. Je tenterai peut-être de mettre un nouvel épisode en ligne cette semaine, mais je ne promets rien, j'ai une vie tellement excitante. Mais cet épisode qui s'écrit très lentement a déjà un titre, que je te lance, comme ça, pour te titiller, cher lecteur: Le Synapsotron.<br /><br />Faque c'est ça.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-4336639340235574958?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-79068797564951402152009-05-08T14:51:00.005-04:002009-05-08T16:53:47.042-04:00De nouvelles nouvelles<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SgSFH8sVBZI/AAAAAAAAAXE/5OdUklg5maA/s1600-h/julie.JPG"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 320px; height: 169px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SgSFH8sVBZI/AAAAAAAAAXE/5OdUklg5maA/s320/julie.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5333534230311142802" border="0" /></a>J'oubliais. L'Archevêché tient à féliciter l'unique, l'incroyable, l'inoxydable Julie Delporte pour avoir remporté le premier prix au <a style="font-weight: bold;" href="http://www.cce.umontreal.ca/francofete/concoursbdcreez.htm">concours de bande dessinée</a> de l'Université de Montréal.<br /><br />Vous pouvez voir la très belle bd qui lui a valu ce prix en cliquant <a style="font-weight: bold;" href="http://www.cce.umontreal.ca/francofete/creation1.pdf">ici</a>. (et nous vous invitons à vous procurer son premier fanzine, Encore ça, qui je crois est disponible chez Fichtre, corrige moi Julie si je me trompe)<br /><br />Vous pouvez aussi la féliciter en personne en allant la visiter sur <a style="font-weight: bold;" href="http://www.ledernierkilometre.blogspot.com/">Le dernier kilomètre</a>.<br /><br />--<br /><br />Il y a aussi de vieilles nouvelles choses qui se passent du côté des frais afférents à l'Université de Montréal. Vous pouvez lire l'article de Quartier libre <a style="font-weight: bold;" href="http://quartierlibre.ca/Quitte-ou-double">ici</a>. La FAÉCUM organise par ailleurs un <a style="font-weight: bold;" href="http://www.facebook.com/notifications.php#/event.php?eid=111474696832&amp;ref=share">barbecue</a> pour inciter les étudiants à se désister des nouvelles cotisations automatiques non obligatoires.<br /><br />L'Archevêché a très hâte combien de personnes seront présentes au mois de mai au pavillon J.A. de Sève, mais compte bien le constater de visu. Et peut-être se bummer un hot-dog en passant.<br /><br />--<br /><br />D'autres nouvelles de la maisonnée Delporte. <a style="font-weight: bold;" href="http://aencre.org/blog/">Vincent Giard</a>, avec qui Mme Delporte entretiendrait des «relations intimes» (pour citer <a style="font-weight: bold;" href="http://quartierlibre.ca/Courrier-des-lecteurs">un certain journal étudiant</a>), a remporté <a style="font-weight: bold;" href="http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/livres/2009/05/01/001-BD-concours-gagnants.asp">le 6e prix du concours de bd d'Hachette</a>. Son histoire devrait donc être publiée dans un vrai de vrai livre à l'automne prochain.<br /><br />Vincent est par ailleurs l'auteur de la série "Courtes histoires de science-fiction", publiée cet automne dans Quartier Libre.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-7906879756495140215?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-12026247685013028962009-05-08T14:38:00.004-04:002009-05-08T14:50:30.469-04:00Berg, le feuilleton #17<a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/12/berg-le-feuilleton-16.html">Épisode précédent</a><br /><br />Hier soir, c'était mon party d'anniversaire (ma vraie fête est la semaine prochaine). Deux de mes lecteurs les plus assidus - les mauvaises langues diront: mes deux seuls lecteurs - m'ont suppliée de publier ici l'épisode suivant de Berg. J'ai promis de le faire aujourd'hui, mais... en relisant l'épisode déjà écrit qui suit le dernier, j'ai été un peu prise de terreur. Honnêtement, il est un peu poche. Je peux faire mieux. Alors je vais méditer là-dessus un peu avant de vous revenir avec la suite de Berg - le feuilleton.<br /><br />Ah pis de la marde. Une promesse est une promesse. Voici l'épisode 17 du feuilleton de L'Archevêché.<br /><br />--<br /><br />Ce n’était pas un cauchemar et ce n’était pas un rêve. C’était la vie, tout simplement, songea Gunda en se rabrouant intérieurement d’être aussi fleur bleue. Le corps endormi de Salomon Berg s’était éloigné du sien pendant la nuit, alors elle s’approcha et le prit dans ses bras. Son corps épousait le dos de Salomon Berg, sa tête était enfouie dans sa nuque. L’odeur de ses cheveux. Son odeur. L’odeur d’un être humain. C’était le moment où Gunda se laissait invariablement toucher par l’autre. Le moment où l’autre ne pouvait pas la voir. Le moment où elle était seule avec le corps de l’autre.<br /><br />Gunda n’était pas de ces femmes qui regardent les hommes dormir et admirent leur innocence d’enfant, et cætera, et cætera. Elle ne regrettait jamais que ses amants fussent si doux endormis et de tels enculés éveillés. Gunda ne regardait pas, elle sentait. Gunda ne regrettait pas, elle tombait.<br /><br />Le regard de l’autre la terrorisait : elle avait trop l’habitude d’être l’observateur pour aimer être observée. Pendant l’acte, elle était souvent trop occupée à avoir peur pour ressentir quoi que ce soit d’autre. Mais pendant la nuit, elle pouvait enfin vivre avec l’autre, dans la proximité de son corps inconscient. Elle pouvait l’aimer, elle pouvait s’y abandonner. Elle pouvait vivre ce que les autres vivent ensemble, mais qu’elle ne pouvait ressentir que dans la solitude du sommeil de l’autre.<br /><br />Le corps de Salomon Berg remue imperceptiblement. Il sent les seins de Gunda contre son dos, son nez dans sa nuque, son corps complètement abandonné à son dos. Il ne bouge pas. Il sait que s’il bouge, quelque chose se perdra. Il veut laisser Gunda vivre ce qu’elle a à vivre.<br /><br />Enfin, il se retourne. Il sait que Gunda va prendre ses mains et les mettre sur ses fesses alors il n’attend pas et la prend, la colle contre lui comme elle lui aurait demandé de le faire. C’est venu une fraction de seconde avant qu’elle ne bouge alors elle le regarde avec surprise et il l’embrasse et ses lèvres sont une promesse. Il a un an devant lui à embrasser ces lèvres, il sait qu’il n’a qu’une année, il voudrait les embrasser toujours, à chaque seconde de cette année, mais Gunda se libère, se lève, cela ne le surprend pas, il savait depuis le début qu’elle allait fuir comme ça, qu’elle serait absolument terrorisée, mais il ne s’attendait pas à ressentir son corps qui s’éloigne comme une déchirure. Le froid soudain de l’air à la place du corps chaud de Gunda. C’est une surprise. La première surprise que lui offre Gunda.<br /><br />Il se redresse dans son lit, la regarde mettre sa jaquette, son châle, ses bottes avec un empressement mêlé de panique. Il ne sait pas trop ce qui se passe dans la tête trop pleine de Gunda. Il imagine que c’est ce qui fait en sorte que cette femme parvient et parviendra à le surprendre. Même si il sait toujours ce qu’elle s’apprête à faire, il ne comprend jamais vraiment pourquoi elle le fait. Elle est d’une telle logique mais elle n’agit que par coup de tête. Soudainement. Elle court toujours vers autre chose.<br /><br />Et cette fois, même si elle s’éloigne, elle court vers lui.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-1202624768501302896?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-90270881775816308562008-12-21T21:45:00.004-05:002008-12-21T21:49:59.650-05:00Berg, le feuilleton #16<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/11/berg-le-feuilleton-15.html">Épisode précédent</a><br /><br />Chose promise, chose due, voici le 16e épisode du feuilleton de L'Archevêché. Pour être bien honnête, il me reste un épisode en banque après et, si je sais exactement où je m'en vais, je ne suis plus trop sûre de comment je vais m'y rendre. Je profite des "vacances" de Noël pour méditer là-dessus.<br /><br />P.S.: Nicolas, je sais que tu vas être déçu. Pas de scène torride dans l'épisode 16 (nii dans le 17 d'ailleurs), juste une bonne vieille conversation mère-fils.<br /><br />--<br />« Non. »<br />Poule Michelin hachait le céleri avec vigueur, avec hargne, comme si c’était le cou de cette professeure, de cette scientifique, de cette pute qui venait de débarquer pour étudier son fils. Poule Michelin avait heureusement beaucoup de céleri à hacher. C’était pour la soupe du midi du café dont elle était la tenancière. Et puisque c’était le seul café du village, tous les travailleurs venaient y prendre leur repas du midi. Il fallait donc beaucoup de soupe. Et donc beaucoup de céleri. Alors elle hachait, hachait, hachait.<br /><br />Lionel était assis sur un tabouret, de l’autre côté du comptoir qui séparait le café de la cuisine. Il observait sa mère d’un air tranquille, fin stratège. Comment aurait-il pu en être autrement?<br /><br />La mère et le fils parlaient à voix basse, pour ne pas que les clients les entendent. Il y avait peu de consommateurs, mais, comme à tous les matins, les grands-parents de Lionel buvaient leur café près de la fenêtre. Sa grand-mère avec sa grande tresse grise et ses yeux de vieille sage. Son grand-père avec son crâne luisant, toujours la pipe au bec, le regard moqueur du vieux que tout amuse. Poule Michelin était une femme inquiète. Elle n’avait pas seulement peur pour son fils, elle avait aussi peur pour ses parents : qu’ils s’inquiètent, qu’ils tombent, qu’ils meurent.<br /><br />« Lionel, je ne comprends pas que tu aies même adressé la parole à cette femme. Elle va faire de toi un animal de cirque. C’est ce que tu veux? Un numéro entre celui du singe à bicyclette et celui des trapézistes? »<br /><br />La mère de Lionel, Poule, en mettait toujours juste un peu trop. Elle tentait généralement d’utiliser des images fortes pour faire peur à son fils, parce qu’elle savait qu’il savait, mais même s’il savait, elle savait plus que lui et il fallait le mettre en garde, mais comment mettre en garde quelqu’un qui croit qu’il peut tout prévoir?<br />« Maman. Arrête. Si tu la laisses m’étudier, elle va rester ici assez longtemps. Et quand elle finira par repartir – et je te jure qu’avant un an elle sera repartie – elle n’aura plus du tout envie d’en parler. »<br /><br />Les paroles de Lionel étaient juste assez sibyllines pour que Poule comprenne exactement ce qu’il voulait dire. Elle s’arrêta un moment, pensive au-dessus de sa montagne de morceaux de céleri. Un mélange d’inquiétude et de soulagement se dessinait sur son visage. Son fils était en sécurité, mais cette femme... Elle préférait ne pas y penser.<br />« Mais pourquoi veux-tu tant qu’elle t’étudie? demanda enfin Poule d’une voix plaintive.<br />- C’est pour Salomon, fit simplement Lionel.<br />- Et pourquoi donc Salomon voudrait-il que cette femme t’étudie? Ce n’est pas ses oignons. Tu ne lui dois rien à Salomon. »<br /><br />Poule gesticulait en parlant et son énorme couteau faisait des cercles autour de sa tête. Elle était un peu folle, la mère de Lionel, mais on l’aurait été à moins, pensa le jeune garçon.<br />« C’est entre Salomon et moi. Je ne pense pas que tu puisses comprendre.<br />- Mais je suis ta mère! cria Poule. »<br /><br />L’exclamation de Poule avait suffi pour attirer l’attention des clients éparpillés dans le café. Magda, la mère de Poule, la réprimanda du regard et Poule se figea un instant, un vieux réflexe d’enfant bien dressée. Lionel fit un sourire cajoleur à sa grand-mère, qui oublia presque aussitôt sa fille.<br />« Ce que je fais pour Salomon, j’aimerais vraiment que quelqu’un le fasse pour moi, dit Lionel à voix basse. S’il-te-plaît. Je sais ce que je fais. »<br /><br />Poule grommela quelque chose, mais Lionel n’écoutait plus. Il savait qu’il avait gagné.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-9027088177581630856?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-12924974801066296752008-12-13T15:05:00.001-05:002008-12-13T15:06:35.277-05:00St-Hubert vs la FEUQL'Archevêché a appris en exclusivité qu'un exécutant de la FEUQ avait commandé du poulet cet après-midi.<br /><br />Il est arrivé froid et mou.<br /><br />Nous compatissons.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-1292497480106629675?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-91100369276401267042008-11-29T19:47:00.002-05:002008-11-29T19:56:14.089-05:00expozine<div style="text-align: justify;">Je suis allée à expozine avec Pascal cet après-midi. Nous y avons fait le plein de toute sorte de trucs chouette: je me suis offert La suite de Minerve, de David Turgeon, et j'étais toute contente qu'il me fasse un dessin en page de garde. J'ai aussi acheté C'est triste, de Frédéric Fleury, parce que le type de l'Employé du moi était débarqué de Belgique et qu'il faut encourager les voyages et la jeunesse etc. J'ai aussi tenté d'encourager un type qui semblait bien seul à sa table, avec ses petits dessins minutieux (il s'appelait Nicolas Témèse et son livre, Preface to something that may never exist). Sinon je me suis fait niaiser par les types du Front d'action stupide, alors j'ai ramassé leur fascicule de l'année dernière.<br /><br />Mais surtout, surtout, surtout, surtout: le livre de Julie Delporte, Encore ça.<br />J'avais très hâte de le lire et j'ai été absolument étonnée et émue et touchée. C'est un tout petit livre qu'il faut faire attention à ne pas lire trop vite. C'est déchirant de simplicité. C'est Julie. Julie, je t'aime.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-9110036927640126704?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-15237568578638217542008-11-19T22:12:00.003-05:002008-11-19T22:20:51.359-05:00Berg, le feuilleton : Le PDF!!<div style="text-align: justify;">Bonne nouvelle, les enfants!<br /><a style="font-weight: bold;" href="http://www.kurokatta.org">David</a> a eu la bonne idée de mettre fin aux souffrances de ceux et celles qui s'emmerdaient à lire mon feuilleton sur fond noir, en se perdant entre les différents épisodes.<br /><br />Voici le <a style="font-weight: bold;" href="http://www.kurokatta.org/doc/berg-01.pdf">PDF</a> des premiers épisodes de Berg, gracieuseté de David.<br /><br />On l'applaudit très fort.<br /><br />P.S. : Évidemment, je prends toute la responsabilité des erreurs typographiques qui auraient pu se glisser dans la version de M. Haguenauer.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-1523756857863821754?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-25593616348416997852008-11-02T13:50:00.002-05:002008-11-02T13:53:07.897-05:00Berg, le feuilleton #15<a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-14.html">Épisode précédent</a><br /><br /><div style="text-align: justify;">Désolée de vous avoir fait languir, mais, cette semaine, j'étais bien occupée à être malade et à accepter des projets que je n'ai pas vraiment le temps de faire...<br /><br />Alors, chose promise, chose due, voici le 15e épisode du feuilleton de L'Archevêché. C'est peut-être la fin de la première partie, mais la structure du machin complet est encore trop indéterminée dans ma tête pour que je sois vraiment sûre.<br /><br />--<br />Gunda hésita un instant avant de cogner à la porte de Salomon Berg. Elle n’était pas armée, elle n’avait même pas un bâton, une branche d’arbre pour se protéger. Ce n’était pas particulièrement son genre d’aller à la rescousse de la veuve et de l’orphelin. Elle avait plutôt tendance à rester sur les lignes de côté pendant que les autres vivaient. Il ne fallait pas intervenir. Il ne convenait pas une scientifique d’intervenir.<br /><br />Mais bon. Il semblait acquis, à la suite de la conversation avec le vieux, que personne ne croirait que Salomon Berg puisse être l’ogre. Si elle n’agissait pas, personne ne le ferait.<br /><br />Alors elle cogna.<br /><br />Il fallut quelques secondes à peine à Salomon Berg pour venir ouvrir. Tout en lui suggérait le sommeil : des cheveux ébouriffés jusqu’aux yeux rougis en passant par le vieux t-shirt et le boxer carreauté qu’il portait.<br /><br />Il lui sourit tellement franchement qu’elle se dit qu’il ne pouvait pas avoir grand chose à cacher. Il n’avait pas l’air d’un homme qui fait du mal aux enfants, si bien qu’elle se sentit immédiatement ridicule. Elle eut un petit rire nerveux et, avant d’avoir dit quoi que ce soit, voulut rebrousser chemin.<br /><br />Mais il la retint.<br /><br />Il prend sa main. Elle a l’air tellement nerveuse, il voudrait la calmer, même – et il n’arrive pas vraiment à comprendre pourquoi – la protéger. Elle a détourné le regard, mais quand il serre sa main dans la sienne, soudainement ses yeux reviennent sur lui. Ce n’est pas un regard. C’est une épée qui transperce sa tête.<br /><br />La main de Salomon Berg était douce et froide, comme son regard. Elle voulut le regarder dans les yeux, regarder ce qui se cachait derrière la mer de tranquillité de ses yeux, mais ce n’était déjà plus du tout le même regard, il y avait de la chaleur, de la sollicitude dans ses yeux. Ce n’était pas un regard qu’on avait déjà posé sur elle. Gunda Bohr n’était pas une de ces femmes qu’on a généralement envie de protéger.<br /><br />« Entre, fit simplement Salomon Berg. »<br /><br />Et il la tira dans son antre.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-2559361634841699785?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-8358831850408147932008-10-29T14:33:00.002-04:002008-10-29T14:37:03.674-04:00Berg, le feuilleton #14<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-13.html">Épisode précédent</a><br /><br />Chose promise, chose due, voici le 14e épisode du feuilleton de L'Archevêché... (s'il est tout petit, c'est pour faire plaisir à <a style="font-weight: bold;" href="http://www.kurokatta.org/">David</a>, qui s'est plaint de ma trop grande productivité des derniers jours)<br /><br />--<br />Salomon Berg tourne et se retourne dans son lit. Ce n’est pas qu’il manque d’espace. C’est un grand lit pour un homme seul.<br /><br />C’est qu’il attend. Il sait qu’elle va venir. Il a lavé jusqu’aux dernières taches de sang. Il a brossé ses dents vigoureusement pour se débarrasser des dernières traces du goût de la viande humaine. Il a méthodiquement passé la soie dentaire pour être bien certain que la langue de Gunda Bohr n’entre pas en contact avec le moindre filament de la chair de Béatrice.<br /><br />Il sait qu’elle va venir, mais il ne comprend pas trop pourquoi. Il sait qu’il va l’embrasser avant qu’elle n’ait pu s’expliquer, mais il n’en voit pas encore la nécessité.<br /><br />Salomon Berg ne dort pas. Salomon Berg attend.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-835883185040814793?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-22951077620150901552008-10-28T15:07:00.003-04:002008-10-29T14:38:16.500-04:00Berg, le feuilleton #13<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-12.html">Épisode précédent</a><br /><br />Chose promise, chose due, voici le 13e épisode du feuilleton de L'Archevêché. (Je ne sais pas si ça paraît, mais j'aime vraiment pas ça écrire des dialogues)<br /><br />--<br />Gunda ne dormait pas. D’étranges ombres se dessinaient sur le plafond de la portion laboratoire de sa caravane. Elle les observait, en tentant de comprendre de quoi il s’agissait : le vent qui faisait bouger les feuilles des arbres, un passant, un nuage qui venait voiler le clair de lune. Tout pour ne pas penser à l’étrange soirée qu’elle venait de passer en compagnie de son nouveau jeune prodige et de ce Salomon Berg.<br /><br />Elle ne l’aurait pas admis franchement, mais Berg l’intriguait. De toute façon, à qui aurait-elle bien pu admettre quoi que ce soit? Sa mère se trouvait quelque part dans la brousse à étudier les grands singes, pendant que son père, le professeur Bohr senior, tentait de recréer le Big Bang quelque part en Suisse.<br /><br />Des amis, Gunda en avait, mais ils étaient tous ridiculement vieux. Il y avait bien sûr le professeur Carthwright, mais il ne s’intéressait plus à ses travaux depuis qu’elle avait quitté le giron confortable de l’informatique pour se consacrer aux sciences cognitives et à l’imperfection des « vrais humains », comme le disait son mentor avec dégoût. De toute façon, Gunda n’allait certainement pas appeler la résidence de personnes âgées où résidait son mentor de 82 ans pour lui dire, simplement : « J’ai rencontré un homme et il m’intrigue. » Le professeur Carthwright lui répondrait sûrement : « Well, Miss Bohr, why don’t you run some tests? » Ce qu’elle avait bien l’intention de faire de toute façon.<br /><br />Gunda était d’humeur à se tourner et se retourner dans son lit, mais l’espace manquait dans la petite couchette de la portion laboratoire de sa caravane où elle dormait quand elle était en « mission ». Alors elle enfila ses bottes et enroula un grand châle par-dessus sa jaquette et sortit marcher un peu.<br /><br />Gunda alluma une autre cigarette, la dernière. Elle contemplait le paquet vide en se disant qu’il faudrait qu’elle trouve une tabagie le lendemain lorsqu’elle entendit des cris stridents de femme. Il y avait de la lumière dans la petite maison où Berg était entré plus tôt. Les hurlements semblaient en provenir : de longs cris douloureux, terribles, les cris d’une femme qui vient de perdre une partie d’elle-même (un pied, un bras, son âme, quelque chose comme ça). Une voix d’homme s’ajoutait à celle de la femme : une voix qui se voulait rassurante, une voix qui voulait être certaine que tout allait s’arranger. Mais c’était la voix de quelqu’un qui n’y croyait pas. Le pied, le bras ou l’âme de la femme ne reviendraient pas.<br /><br />« Encore. »<br />Gunda se retourna pour voir qui venait de parler. C’était un vieux, pendu à sa canne, la pipe aux lèvres, les pieds dans de vieilles pantoufles de cuir, son crâne nu luisant dans le clair de lune.<br /><br />« Encore quoi? voulut savoir Gunda.<br />- Vous n’êtes pas d’ici, vous alors, ricana le vieux. Vous l’avez choisie votre nuit pour vous promener dans notre village! »<br />Le vieux fit une pause et s’approcha de Gunda, pour lui glisser dans l’oreille :<br />« Petite saveur locale : nous avons un ogre. Ça doit bien faire vingt ans qu’il sévit dans la région. »<br /><br />Gunda ajusta les lunettes sur le bout de son nez. Elle prit son air le plus sérieux, le plus scientifique (celui qu’elle prenait lorsqu’elle devait s’adresser à une classe d’étudiants nés la même année qu’elle) pour affirmer de son ton le plus définitif (celui qu’elle utilisait avec ses collègues plus âgés qui ne la prenaient pas au sérieux) :<br />« Les ogres, ça n’existe pas. »<br /><br />Le vieux eut un sourire condescendant, ce sourire de vieux qui sait que Gunda détestait tant.<br />« Alors expliquez-moi pourquoi, depuis vingt ans, nos enfants disparaissent sans laisser de trace. On ne les retrouve jamais. C’est comme s’ils n’avaient jamais existé. D’ailleurs, l’ogre les prend tellement jeunes qu’ils <span style="font-style: italic;">ont </span>à peine eu le temps d’exister. »<br />Le vieux désigna la maison éclairée avec sa pipe.<br />« Celle-là avait à peine cinq heures quand on a constaté sa disparition. Elle a un jumeau et une grande soeur, mais l’ogre n’a pris qu’elle. C’est comme s’il l’avait choisie.<br />- Ça me semble plutôt l’oeuvre d’un psychopathe que celle d’un ogre, lança Gunda. La police va s’en occuper. »<br />Mais déjà, Gunda jetait un regard inquiet vers la maison de Salomon Berg. Elle l’avait vu entrer dans cette maison quelques heures à peine avant la disparition du bébé. Elle devait faire quelque chose. Peut-être pouvait-elle encore empêcher le pire.<br /><br />« Vous connaissez Salomon Berg? demanda-t-elle soudainement.<br />- Si je le connais? Je l’ai vu grandir... fit le vieux en prenant un vague air nostalgique.<br />- Je... Je l’ai vu entrer dans cette maison plus tôt ce soir. Par la fenêtre. Comme un voleur. C’est peut-être lui, votre ogre...<br />- Mais Mademoiselle...<br />- Professeur. Je préfère qu’on m’appelle Professeur. Ou Docteur.<br />- Mais « Professeur », Salomon serait bien incapable de faire du mal à une mouche, encore moins à un enfant. Et Salomon – le vieux fit encore une fois signe à Gunda de s’approcher – Salomon cherchait probablement à savoir qui est responsable de la disparition de Béatrice.<br />- Mais c’est ridicule, la disparition n’avait même pas encore été constatée... »<br /><br />Le vieux prit un air énigmatique. « Comment pouvez-vous en être si sûre? demanda-t-il. »<br />Gunda ne répondit pas. Elle n’aurait pu que s’énerver. Mais pour qui se prenait-il? Pour ce putain de Descartes? Il se moquait d’elle, pensa Gunda. Et pendant ce temps, un nouveau-né était peut-être en train de subir des sévices à moins de vingt mètres de là.<br />Le vieux prit un air plus sérieux, avant de dire la chose la plus ridicule de toutes. « Salomon Berg n’est pas limité par ce genre de considérations. Il n’a pas besoin de voir pour voir. Il... Il n’est pas comme vous et moi. Tout le monde ici le sait. Mais il n’est pas un ogre. Il est un ange. Notre ange à nous. Il nous protège. Et si Salomon s’est laissé voir de vous, c’est la preuve même qu’il n’a rien à cacher.<br />- Mais il ne savait pas que j’étais là.<br />- Mais en êtes-vous sûre?<br />- Oui, j’en suis sûre! s’exclama Gunda, excédée. Il n’a pas jeté un seul regard dans ma direction, c’était comme si je n’existais pas.<br />- Alors, si c’est ce qui s’est vraiment passé, c’est que vous ne le confronterez jamais. Vous ne lui demanderez jamais : Salomon, qu’as-tu fait de cette petite fille? ou Salomon, que faisais-tu dans cette maison cette nuit-là? Et si vous ne le faites pas, c’est que quelque chose vous convaincra de son innoncence d’ici-là. »<br /><br />Gunda était maintenant réellement en colère. Elle perdait son temps à discuter avec un pauvre vieux qui utilisait des mots comme « ange » ou « ogre » et dont le discours n’avait ni queue ni tête, quand il y avait un bébé à sauver. Le vieux fabulait. Et elle allait le démontrer scientifiquement en allant de ce pas confronter Salomon Berg.<br /><br />Elle écrasa sa cigarette sous son pied, salua à peine le vieux et se dirigea vers la maison de Salomon Berg.<br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-14.html"><br />Épisode suivant</a><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-2295107762015090155?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-25603611979897803992008-10-27T17:45:00.004-04:002008-10-28T15:11:00.623-04:00Berg, le feuilleton #12<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-11.html">Épisode précédent</a><br /><br />Dans la catégorie "nouvelles pas si pires", j'ai fini la première partie de Berg cet après-midi. Et j'ai aussi trouvé nouveau titre provisoire: Je ne suis pas un ogre. Genre. Alors je devrais être en mesure de vous donner quatre (oui oui, quatre!) nouveaux épisodes de Berg cette semaine.<br /><br />Alors voici le premier des quatre derniers épisodes de la première partie (qui n'est pas du tout la fin de Berg en général, rassurez-vous, rassurez-vous).<br /><br />--<br /><br />La petite Béatrice rôtit tranquillement sur sa broche. Elle prend une belle couleur dorée. Salomon Berg n’aime pas trop regarder. Elle a la taille d’un petit poulet. Berg essaie de se convaincre qu’il s’agit d’un petit poulet, pour se débarrasser des dernières traces de dégoût qu’il a encore pour la chair humaine. Il se demande si, un jour, il s’habituera. Une partie de lui espère que oui. L’autre non : ce dégoût le raccroche au reste de l’humanité. À tous ceux qui ne comprendraient pas ce qu’il essaie de faire.<br /><br />Il fait ce qu’il a à faire. Il y a eu tant d’enfants qu’il n’a même plus besoin de regarder. Il ne les compte plus. Quand il a commencé, à 12 ans, il savait déjà tout ce qu'il allait apprendre, il savait déjà quel homme il serait. Ça n'avait pas de sens d'attendre plus longtemps avant d'être l'homme qu'il était.<br /><br />La première, il s'en souviendrait toujours. Comment ne pas se souvenir de Rachel. Elle n'était pas aussi jeune que les autres enfants qui la suivraient. Il avait attendu. La première fois, c'est toujours la plus difficile. The first cut is the deepest, comme le chantait ce cher Cat Stevens. Après, ce n'est plus une question de moralité, ce n'est qu'une question de quantité. Rachel, sa petite soeur Rachel. Sa mère ne s'en était jamais remise. Son père était parti après sa disparition. Maintenant, ils sont tous morts.<br /><br />Béatrice aussi est morte. Il détache doucement la chair tendre de ses os délicats. Il prend son temps, parce qu’il sait que quelques bouchées parviendraient à le rassasier complètement. Il mange jusqu’au dégoût. Même tout petits, ces enfants sont toujours trop gros pour son appétit d’oiseau.<br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-13.html"><br />Épisode suivant</a><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-2560361197989780399?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-6003034358512797362008-10-24T13:10:00.003-04:002008-10-24T13:28:42.534-04:00Une nouvelle reprise par L'Actualité<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SQID9AYquzI/AAAAAAAAARY/xsyYuoBGa9M/s1600-h/lactualite2.JPG"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer; width: 200px; height: 182px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SQID9AYquzI/AAAAAAAAARY/xsyYuoBGa9M/s200/lactualite2.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5260771661332527922" border="0" /></a>Vous vous souviendrez peut-être de l'article <a style="font-weight: bold;" href="http://quartierlibre.ca/spip.php?article341">Le Grand rire jaune</a>, publié plus tôt cette année dans Quartier Libre. C'était sur le canular que l'association étudiante de science po de l'UdeM a préparé pour ses étudiants de première année.<br /><br />Et bien, <a style="font-weight: bold;" href="http://www.lactualite.com/">L'Actualité</a> en a fait une brève dans sa page «En commençant par la fin».<br /><br />Mon amie <a style="font-weight: bold;" href="http://ledernierkilometre.blogspot.com/">Julie</a> mettrait ça dans la rubrique "Petites victoires" de son blogue. L'Archevêché n'a pas de telle rubrique, mais c'est vraiment comme ça que je me sens.<br /><br />(Note personnelle: j'ai toujours trouvé la page «En commençant par la fin» absolument délicieuse. Elle a bercé tant d'après-midis pluvieux d'enfance. Qu'une nouvelle que j'ai écrite soit assez drôle ou insolite pour s'y retrouver est un accomplissement en soit. Merci L'Actualité.)<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-600303435851279736?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-61698374135047584302008-10-21T21:57:00.005-04:002008-10-27T17:54:50.656-04:00Berg, le feuilleton #11<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-10.html">Épisode précédent<br /></a><br />Chose promise, chose due, voici le 11e épisode du feuilleton de L'Archevêché.<br /><br />--<br />Gunda Bohr alluma une cigarette, puis tira une grande bouffée, comme pour réapprendre à respirer. Elle s'assit sur le bord de la route, devant la maison qui se trouvait en face de celle de Salomon Berg. Elle était cachée dans l'ombre d'un grand arbre, qui rendait la nuit autour d'elle encore plus sombre. Elle avait besoin d'une minute pour retrouver la pleine possession de ses moyens avant d'aller se coucher.<br /><br />Pourquoi savaient-ils donc qui elle était et ce qu'elle venait faire? L'étudiant allemand l'avait-il trahie? À moins que ce n'ait été le camionneur? C'était bien invraisemblable, mais l'alternative l'était bien davantage: ils savaient parce qu'ils savaient. Gunda Bohr ne croyait pas à la magie ou au surnaturel ou à ce genre de chose: elle était une jeune femme rationnelle, une scientifique.<br /><br />Même ses actes les plus irrationnels étaient rationnalisés. Lorsqu'elle couchait avec le premier venu, c'était parce qu'elle n'avait que cette vie et ne voulait pas que sa vie sexuelle soit orientée par des considérations métaphysiques. Elle s'était mise à fumer à 14 ans en sachant très bien que c'était mauvais pour sa santé, justement pour prouver au monde entier qu'elle était capable de s'adonner à des activités parfaitement irrationnelles.<br /><br />Il faut dire qu'à 14 ans, le professeur Gunda Bohr était déjà Mademoiselle Bohr, la protégée du célèbre professeur Colin Carl Carthwright, qui l'avait recrutée pour faire partie de l'équipe qu'il dirigeait à la NASA (Artificial Intelligence in Hostile Environments). On a déjà vu des jeunes filles avoir de moins bonnes raisons de vouloir se donner l'illusion d'être irrationnelles.<br /><br />Gunda en était à ces considérations lorsqu'elle aperçut Salomon Berg sortir furtivement de sa résidence et traverser la rue. Elle eut d'abord le réflexe de le saluer, de signaler sa présence, mais elle se ravisa immédiatement. Il ne l'avait pas vue. Pour la première fois depuis qu'elle avait fait la connaissance de Berg une heure plus tôt, elle avait l'avantage. Elle savait quelque chose qu'il ne savait pas.<br /><br />Salomon Berg se dirigeait vers la petite maison. Immobile sous le grand arbre, alerte, Gunda vit Salomon Berg soulever le châssis de la fenêtre et entrer dans la maison.<br /><br />Gunda Bohr aurait longtemps du mal à comprendre ce qui allait ce produire. Elle s'en voudrait. Elle se dirait qu'elle aurait pu s'éviter bien des larmes si seulement les choses avaient tourné différemment. Elle mettrait le compte sur la fatigue, sur les 800 kilomètres parcourus cette journée là.<br /><br />Gunda Bohr ferma les yeux une minute à peine, quelques secondes peut-être. Mais il avait suffit de ces quelques instants à Salomon Berg pour disparaître. Lorsque Gunda ouvrit les yeux, la porte d'entrée de la maison était grande ouverte, Berg était parti et Gunda ne saurait pas ce qu'il était venu chercher.<br /><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-12.html">Épisode suivant</a><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-6169837413504758430?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-67850519584916528682008-10-17T16:00:00.002-04:002008-10-21T22:00:39.218-04:00Berg, le feuilleton #10<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/09/berg-le-feuilleton-9.html">Épisode précédent</a><br /><br />Chose promise, chose due, voici le 10e épisode du feuilleton de L'Archevêché<br /><br />--<br /><br />Salomon Berg n’a pas faim. C’est peut-être, sans doute, parce qu’il sait qu’il doit s’occuper de Béatrice – pauvre Béatrice – mais, comme toujours, il n’a pas envie.<br /><br />Il n’a jamais envie.<br /><br />Il ne se lèche pas les doigts avec avidité, pour goûter chaque parcelle de gras de bébé. S’il gruge les os, c’est par acquit de conscience, pour être bien certain que le bébé n’a plus jamais – jamais – à exister.<br /><br />Toute son activité digestive est orientée vers l’expiation des crimes que ces enfants ne commettront jamais.<br /><br />Mais attention : si Salomon Berg n’est pas un ogre, il n’est pas non plus un moraliste. Il ne veut pas sauver le monde de ces bébés.<br />Il veut sauver ces bébés du monde.<br />Les sauver de l’ennui.<br />Les sauver de son ennui à lui.<br /><br />Lionel et Gunda sont partis. Il les a regardés s’éloigner, Lionel vers la maison où il vit avec sa mère, Gunda vers la caravane dont il pourrait déjà détailler l’intérieur. Ils sont tous les deux disparus et il sait qu’ils ne le dérangeront pas. Il prend son couteau et son paquet d’allumettes et se traîne jusqu’à l’extérieur, pas parce qu’il le veut, mais parce qu’il le doit. Parce que c’est comme ça. Parce que s’il ne le fait pas, personne ne le fera.<br /><br />--<br /><br />Déjà, rien ne surprend la petite Béatrice. Comme il se penche sur son berceau, l’enfant ne fait que le regarder avec indifférence. Elle ne crie pas, elle ne pleure pas. Elle vient à peine de naître, mais elle est déjà maudite, pense Salomon Berg. Il la prend doucement dans ses bras, presque tendrement, il lui chanterait une berceuse s’il ne craignait pas d’être entendu. Il dépose un baiser sur son front et s’enfuit dans la nuit.<br /><br />Il l’amène où il les amène tous. Le village est sis au pied d’une montagne, ou plutôt d’une colline, il ne saurait dire, une jolie bosse couverte d’arbres. Quand il était petit, Salomon Berg aimait grimper tout en haut. Il s’assoyait sur une grosse roche au milieu d’une clairière et restait immobile. C’était le seul endroit où il se sentait vaguement en paix. Il trouvait reposant d’être dans un lieu où rien du tout n’arrive. Ce n’est que dans l’immobilité que Salomon Berg peut être comme les autres.<br /><br />C’est son cadeau d’adieu aux bébés qu’il mange. Il les amène en ce lieu où il n’y a rien d’étonnant pour personne. Il aime penser que, aussi jeunes soient-ils, les bébés ressentent ce calme, l’apprécient, le goûtent.<br /><br />Béatrice est vraiment toute petite et c’est tant mieux. Elle ne goûte pas le calme du soir au sommet de la montagne. Elle est indifférente à tout, déjà. Pauvre Béatrice. Salomon Berg la dépose doucement sur le sol et commence à préparer un feu. Il est venu plus tôt pour ramasser des branches. Une grande feuille de papier journal est soigneusement pliée dans la poche arrière de ses pantalons. Il forme un joli tipi avec les petites branches sèches. Puis il met les plus grosses, comme il l’a appris quand il était dans les scouts. Il craque une allumette. Il sait déjà que la première s’éteindra d’elle-même à cause d’un coup de vent soudain. Il en craque une deuxième, qu’il porte près de la feuille de papier journal qu’il a fourrée au creux du tipi, avec les petites branches sèches. Il entend le feu crépiter. C’est bon. Il ne reste plus qu’à le nourrir et à attendre.<br /><br />Salomon Berg n’aime pas passer trop de temps avec les cadavres crus des bébés. Il pourrait tuer Béatrice tout de suite, mais Berg trouve qu’il n’y a rien de pire que le regard vide du cadavre d’un bébé naissant. C’est comme une accusation. Le doute ne survient jamais que dans la minute entre le moment où il tue le nourrisson et celui où il le fait cuire. Autrement, il est sûr de faire le bien, de les sauver. Dans la seconde où il est déjà trop tard de toute façon, le doute le ronge, le gruge, comme il grugera dans une minute les os délicats de la petite Béatrice.<br /><br />En attendant que le feu soit prêt, il berce doucement Béatrice. Ce n’est pas pour la calmer : elle sait déjà ce qui va arriver.<br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/10/berg-le-feuilleton-11.html"><br />Épisode suivant</a><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-6785051958491652868?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-60134648416240490112008-10-16T16:16:00.003-04:002008-10-16T16:26:26.264-04:00Trois garçons dans le vote: la suite<div style="text-align: justify;">Je viens tout juste de publier <a style="font-weight: bold;" href="http://quartierlibre.ca/spip.php?article417">un art</a><a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=7549334735867443286"></a><a style="font-weight: bold;" href="http://quartierlibre.ca/spip.php?article417">icle dans Quartier Libre</a> sur des étudiants de l'UdeM qui étaient candidats aux dernières élections fédérales.<br /><br />Pour ceux qui ne l'auraient pas compris, le titre, «Trois garçons dans le vote», réfère au titre français du film des Beatles A Hard Day's Night, soit <a style="font-weight: bold;" href="http://www.imdb.com/title/tt0058182/releaseinfo#akas">Quatre garçons dans le vent</a>. La pognez-vous?<br /><br />Les trois candidats sur lesquels j'ai fait mon article ont mordu la poussière mardi soir. Maxime Héroux-Legault est arrivé quatrième dans Vaudreuil-Soulanges, derrière la bloquiste Meili Faille, le conservateur Michael Fortier et la libérale Brigitte Legault. Gabriel Arsenault est arrivé deuxième dans Chambly-Borduas, loin derrière le bloquiste Yves Lessard. Quant à Maxime Clément, il est arrivé dernier dans Lac-Saint-Louis, derrière le libéral, la conservatrice, le néo-démocrate et le vert.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-6013464841624049011?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-20116977414441849432008-09-27T18:23:00.003-04:002008-09-28T08:22:15.783-04:00L'Archevêché résout un nouveau mystère<div style="text-align: justify;">Je vous en parlais <a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/08/une-mystrieuse-rumeur.html">précédemment</a>.<br /><br />La <a style="font-weight: bold;" href="http://www.quartierlibre.ca/spip.php?article341">solution</a> est dans le dernier numéro de Quartier Libre. Aux dernières nouvelles, ça venait même avec un dessin de <a style="font-weight: bold;" href="http://eau-tiede.blogspot.com/">l'extraordinaire Clément de Gaulejac</a>.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-2011697741444184943?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com6tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-1236318185236127732008-09-27T18:16:00.004-04:002008-09-27T18:18:52.798-04:00Berg, le feuilleton #9<div style="text-align: justify;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/07/berg-le-feuilleton-8.html">Épisode précédent</a><br /><br />« Venez. »<br /><br />La main douce du garçon dans sa main rude. Une brise douce qui fait voleter l’ourlet de sa robe et vient caresser ses jambes trop blanches. Il sait où il va, mais il ne marche pas très vite. Il a le pas lent de celui qui n’a jamais hâte d’arriver.<br /><br />Lionel traîna Gunda jusqu’à la maison voisine. Celle-ci était un peu plus petite, mais tout aussi proprette, avec un petit potager sur le côté et des plants de tomates qui prospéraient. Lionel entra sans cogner, sans rien dire, et déjà une voix s’élevait du bout du corridor.<br />« Bonsoir Lionel. »<br />C’était une voix d’homme un brin traînante. La voix un peu rauque de celui qui n’a pas prononcé un mot de la journée. Gunda ne parvenait pas à apercevoir l’homme. L’homme se trouvait dans la pièce du fonds.<br /><br />Gunda tirait toujours un malin plaisir à observer les maisons de ses jeunes prodiges. Les murs tapissés de photos d’exploits et de certificats, les tablettes remplies de trophées. Gunda était amusée par cette passion des parents envers les preuves quantifiables du génie de leur rejeton.<br /><br />Mais cette fois, c’était différent. Les murs du long corridor sombre étaient complètement vides.<br /><br />La pièce du fonds était une cuisine. C’était la seule pièce éclairée de toute la maison. Un homme d’une trentaine d’années était assis à la table, épluchant méthodiquement des pommes de terre avec un couteau.<br /><br />Il ne leva pas le regard sur elle, pas tout de suite. Il avait suspendu son geste, le couteau arrêté quelque part dans les airs. Il prit un moment avant de relever la tête et, lorsqu’il la regarda enfin, Gunda ressentit comme un coup au coeur. Elle était Christophe Colomb découverte par les Amérindiens.<br /><br />Lionel était resté en retrait. L’homme ne parla pas tout de suite, il déposa le couteau, la pomme de terre, sans la quitter des yeux, et lui tendit la main.<br />« Bonjour, je m’appelle Salomon Berg et j’aimerais que vous m’étudiiez. »<br /><br />--<br /><br />Chez Salomon Berg<br />Les yeux de Gunda<br />que Salomon découvre<br />D’étranges taches vertes<br />Derrière de grosses lunettes.<br /><br />Chez Salomon Berg<br />Gunda Bohr a peur<br />Deux garçons qui n’attendent rien<br />Après quoi court-elle, elle?<br /><br />--<br /><br />« Euh... Enchantée... Je suis le professeur Gunda Bohr, mais je ne comprends pas vraiment pourquoi vous voudriez que je vous étudie... Je suis venue pour Lionel... C’est votre fils? »<br /><br />Salomon Berg et Lionel Michelin eurent un sourire de connivence qui disait tout. Ce n’était pas son père.<br /><br />« Alors, qu’est-ce que je fais ici? »<br />Gunda Bohr dit encore quelque chose à propos de « rencontrer ta mère » et de « signer le formulaire de consentement parental » et ajouta peut-être un truc à propos d’un comité d’éthique. Machinalement, elle dégaina une cigarette, mais déjà une flamme de briquet se dandinait sous son nez, comme si ce Berg avait anticipé son geste.<br /><br />Chacun de ses gestes était empreint de gravité, comme s’il avait été médité pendant des millions d’années.<br /><br />Il ne souriait pas. Il ne parlait pas. Il la regardait avec intensité. Elle n’avait jamais autant existé.<br />« Écoutez, je ne comprends pas qui vous croyez que je suis. Je suis une spécialiste des jeunes prodiges. Peut-être croyez-vous être un prodige, mais vous n’êtes certainement pas jeune... »<br /><br />Le professeur fumait nerveusement, machinalement, elle vint s’asseoir à table, en face de Salomon Berg. Ils restèrent comme ça, en silence, un moment, avec Lionel, debout dans le coin de la cuisine, en retrait.<br /><br />Enfin, Salomon Berg parla à nouveau.<br />« Vous avez parfaitement raison. Je ne suis pas jeune. Je ne suis pas un prodige. Mais je crois que mon cas pourrait vous intéresser. Je ne vous connais pas beaucoup...<br />- Pas du tout, précisa Gunda.<br />- Je ne vous connais pas du tout, je ne connais pas les scientifiques, mais on dit qu’ils sont curieux. Professeur Bohr, ne voulez-vous pas savoir pourquoi je veux que vous m’étudiiez? Ne voulez-vous pas savoir pourquoi Lionel et moi ne sommes pas le moins du monde surpris de votre présence ici? Pour le savoir, il faudra m’étudier. »<br /><br />Il n’y avait aucune presse, aucune hâte dans sa voix : il exposait. Il s’agissait pour lui d’une vérité rationnelle et scientifique : Gunda ne résisterait pas à la tentation de l’étudier.<br /><br />Gunda était vaguement subjuguée par cette calme évidence lorsque Lionel fit remarquer qu’il était tard, qu’il devait partir, qu’il reviendrait la voir demain, que sa mère s’inquiéterait.<br /><br />Gunda acquiesça. « Tu as raison, je dois y aller aussi. Monsieur Berg, j’en conclus que nous nous verrons demain? »<br /><br />Et Gunda et Lionel laissèrent l’inquiétant Salomon Berg seul avec ses pommes de terre et son couteau.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-123631818523612773?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-62002163109871766922008-09-26T12:43:00.006-04:002008-09-26T12:59:38.958-04:00Ni charmant, ni utile: De la fierté d'être MontréalaisJe reviens de merveilleuses vacances au Portugal... Il y a à peine plus de 24 heures, je profitais du chaud soleil de Lisbonne, etc., etc.<br /><br />Et bien il semble que je n'étais pas la seule Montréalaise à Lisbonne.<br /><br /><div align="justify"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5250372660293838690" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SN0SHes8p2I/AAAAAAAAARQ/EBqSiN0Zy2c/s320/100_1045.JPG" border="0" /></div><p align="justify">Que les bonnes gens de Lisbonne taguent leur propre ville, je m'en fous un peu. Mais que nos tagueurs exportent leurs bonbonnes de l'autre côté de l'océan pour taguer l'une des plus belles villes du monde, ça me fait un peu honte.</p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-6200216310987176692?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com5tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-86125074011510158392008-09-09T13:21:00.005-04:002008-09-09T13:27:29.880-04:00Les beautés du Net<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SMaxGDeBaJI/AAAAAAAAARI/xveXRXz2umU/s1600-h/veilleux.JPG"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SMaxGDeBaJI/AAAAAAAAARI/xveXRXz2umU/s400/veilleux.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5244073533688080530" border="0" /></a>Une des beautés d'Internet, c'est que plus personne n'a de vie privée. Tout ce que j'écris sur mon blogue peut être retenu contre moi.<br /><br />Et tout ce qu'un officier de la FAÉCUM fait sur Facebook peut être retenu contre lui.<br /><br /></div><div style="text-align: justify;">Comme le fait de supporter un candidat particulier en pleine campagne électorale.<br /><br />Discutez.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-8612507401151015839?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-14678792805165879852008-09-03T11:07:00.003-04:002008-09-03T11:13:56.470-04:00Que de questions, que de questions<div style="text-align: justify;">Des commentaires généraux en vrac...<br /><br />D'abord : on a su pourquoi Denis Monière avait envoyé le courriel dont L'Archevêché vous parlait dans son <a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/08/une-mystrieuse-rumeur.html">post précédent</a>. On vous tient au courant, probablement dans Quartier Libre.<br /><br />D'ailleurs, si vous êtes un(e) étudiant(e) de première année de science politique, j'apprécierais beaucoup que <a style="font-weight: bold;" href="mailto:maude.larcheveque@gmail.com">vous m'écriviez</a>.<br /><br />Ensuite: mais qu'arrive-t-il avec le <a style="font-weight: bold;" href="http://rectum-info.blogspot.com">Rectum</a>? Le dernier post sur leur blogue date du 29 mai. Ils ne comptent que deux actions à leur actif, toutes deux réalisées après la fin de la session d'hiver, quand il n'y avait pratiquement personne sur le campus. Sont-ils à cours d'idée? Paresseux? Attendent-ils le moment propice pour frapper de nouveau?<br /><br />Que de questions, que de questions.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-1467879280516587985?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-36748421256708886512008-08-27T09:22:00.004-04:002008-08-27T09:31:04.043-04:00Une mystérieuse rumeur<a href="http://2.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SLVXCAseNSI/AAAAAAAAAQw/d4JxYk2tMmo/s1600-h/UdeM.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5239189433573324066" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SLVXCAseNSI/AAAAAAAAAQw/d4JxYk2tMmo/s200/UdeM.jpg" border="0" /></a>L'Archevêché n'est malheureusement plus aussi à l'affût des rumeurs du campus qu'avant. Notre curiosité a donc été titillée lorsqu'on a reçu le courriel suivant du département de science politique de l'Université de Montréal (celui où on travaille tranquillement à compléter une mineure):<br /><div align="justify"><br /><blockquote><br /><div align="justify">"MESSAGE A TOUS LES ÉTUDIANTS DE BACCALAURÉAT, MAJEURE ET MINEURE EN SCIENCE POLITIQUE<br /><br />Veuillez noter que contrairement à une rumeur qui circule aucune inscription de cours faite au Département de science politique n’a été annulée.<br /><br />Denis Monière<br />Responsable du 1er cycle<br />Département de science politique"</div></blockquote></div><br /><p align="justify">Bien sûr, le message laisse entendre que tout va pour le mieux au département de science politique de l'UdeM, mais pourquoi y a-t-il eu une rumeur en premier lieu?</p><br /><p align="justify">D'où vient-elle? Où circulait-elle?<br /></p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-3674842125670888651?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-15805597870503319652008-08-25T13:54:00.004-04:002008-08-25T14:08:39.426-04:00Un film qui se passe dans une école, ça a rapport, non?<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SLL0Z7TKIyI/AAAAAAAAAQo/0hR2ehkNUs8/s1600-h/hamlet2.JPG"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_p3VzpqeUWLU/SLL0Z7TKIyI/AAAAAAAAAQo/0hR2ehkNUs8/s200/hamlet2.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5238518042837263138" border="0" /></a>L'Archevêché s'est payé une sortie au cinéma ce week-end et a vu <a style="font-weight: bold;" href="http://www.imdb.com/title/tt1104733/">Hamlet 2</a> (comment résister à ce titre prometteur ou à la bouille de Steve Coogan sur la couverture d'un <a style="font-weight: bold;" href="http://www.hour.ca/">hedbomadaire culturel</a>?). On ne s'attendait à rien, on n'avait pas lu de critiques, mais on a été absolument séduit...<br /></div><div style="text-align: justify;"><br />L'histoire est sans prétention: un acteur raté devient prof de théâtre à Tucson, Arizona. Il monte de très mauvaises pièces basées sur des hits du cinéma américain avec ses deux élèves, Epiphany et Rand. Tout va bien dans le plus médiocre des mondes jusqu'à ce que la commission scolaire décide de couper dans les arts et parte en guerre contre notre ami Dana Marshz. Il écrit alors une oeuvre originale, la pièce Hamlet 2, où se côtoient des hits comme Raped in the Face ou Rock me sexy Jesus, dont L'Archevêché vous présente un extrait à l'instant, via YouTube.<br /><br /><br /></div><br /><object height="344" width="425"><param name="movie" value="http://www.youtube.com/v/ah34X25K1sU&amp;hl=en&amp;fs=1"><param name="allowFullScreen" value="true"><embed src="http://www.youtube.com/v/ah34X25K1sU&amp;hl=en&amp;fs=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" height="344" width="425"></embed></object><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-1580559787050331965?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-89413013235640267502008-07-25T16:00:00.001-04:002008-10-17T14:26:05.547-04:00Berg, le feuilleton #8<span style="font-weight: bold;"><a href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/07/berg-le-feuilleton-7.html">Épisode précédent</a><br /></span><br /><div style="text-align: justify;">Chose promise, chose due, voici le huitième épisode du feuilleton de L'Archevêché.<br /><br />--<br /><br />« Un jour, Lionel, une femme viendra pour toi. Oh, il y en aura eu plusieurs avant elle : des scientifiques, la Fédération d’échecs, ce genre de choses. Tu ne les laisseras pas entrer. Ta mère ne voudra pas. Tu n’auras pas envie que l’on sache qui tu es. Tu auras peur qu’on fouille dans ta tête, qu’on découvre que ton génie n’est qu’un mensonge. Tu croiras que ton don – si on peut l’appeler ainsi – t’avantage tellement que tu dois refuser la gloire qui vient avec. Je suis comme toi. Je ne crois pas qu’il y ait de quoi être fier.<br /><br />« Un jour, Lionel, cette femme, Gunda Bohr, viendra pour toi. Tu ne seras pas surpris. Tu n’es jamais surpris. Celle-là, s’il-te-plaît, laisse la entrer. Je sais que tu le feras. Tu sais comme moi que, pour une fois, je serai surpris. Tu sais ce que ça représente pour les gens comme toi et moi.<br /><br />« Lionel, tu sais, c’est moi qui mange les bébés. C’est moi l’ogre. Je sais que cela ne peut t’étonner. Les bébés comme toi, je les ai tous mangés. J’ai vu leur avenir. J’ai vu qu’ils seraient comme toi, comme moi, et qu’ils ne vivraient que d’attente. Je ne te souhaitais pas cette vie Lionel, je suis désolé de t’avoir épargné.<br /><br />« Mais comprends-moi, pardonne-moi, Lionel, je n’avais pas le choix. Je savais qu’en t’épargnant, cette femme viendrait et me surprendrait.<br /><br />« Je t’ai sacrifié, Lionel. Donne un sens à ton sacrifice. Quand Gunda Bohr viendra, amène-la-moi. »<br /><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/09/berg-le-feuilleton-9.html">Épisode suivant</a><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-8941301323564026750?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-12821388588041622692008-07-21T15:14:00.005-04:002008-10-17T14:27:59.069-04:00Berg, le feuilleton #7<span style="font-weight: bold;"><a href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/06/berg-le-feuilleton-6.html">Épisode précédent</a><br /><br />CHAPITRE 2</span><br /><br />Les jumeaux <a href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/06/berg-le-feuilleton-3.html">Simon et Béatrice</a> étaient arrivés avec le professeur Gunda Bohr. Alors qu’elle s’étirait les jambes le long de la seule rue du village, la tête de Simon émergeait du vagin de sa mère, Béatrice le suivant de près comme Bohr jouait à tu-me-tiens-par-la-barbichette avec le garçon sur la clôture. La mère des jumeaux était bien sûr en travail depuis plusieurs heures et c’est avec soulagement et joie et toutes ces choses que les femmes ressentent lorsqu’elles mettent un enfant au monde – mais que Gunda ne pouvait pas connaître – que la nouvelle mère – si l’on peut dire – accueillit ses derniers nés.<br /><br />Comme Béatrice poussait ses premiers vagissements têtus de bébé pas très très content d’être né, le garçon sur la clôture ajoutait :<br />« Moi ça ne me dérange pas que vous m’examiniez. En fait, ça ne change absolument rien. »<br /><br />Le mot exact était : Indifférence. Totale. Et. Complète.<br /><br />« Et pourquoi voudrais-je t’examiner? demanda le professeur Bohr, un peu décontenancée.<br />- Oh, vous avez fait tout ce chemin pour me trouver, pourquoi seriez-vous ici si ce n’est pour m’examiner?<br />- Excuse-moi, qui es-tu?<br />- Oh, pardonnez-moi, professeur Bohr. J’oublie parfois que les autres... Je me présente : Lionel Michelin. »<br /><br />Blasé, banal, le garçon qui tendait la main pour serrer celle du professeur Bohr n’avait pas l’air du tout d’un jeune prodige. Gunda était déçue. Elle avait fait tout ce chemin, comme disait Lionel, pour un gamin apparemment tout à fait ordinaire. Lionel Michelin ressemblait à n’importe quel autre garçon de son âge : lunettes rafistolées avec du papier collant, bas gris dans ses sandales brunes, shorts en jeans avec une corde tenant lieu de ceinture. C’était comme si une aura d’indifférence le séparait du monde, le rendant imperméable aux moqueries éventuelles ou aux dictats des modes. Il appartenait à un univers parallèle, mais il n’éprouvait aucune curiosité pour le monde où Gunda Bohr et les autres êtres humains évoluaient, et encore moins pour Gunda Bohr elle-même. C’était comme s’il savait déjà tout ce qu’il y avait à savoir. Comme s’il n’y avait rien à apprendre du monde.<br /><br />Pour Gunda Bohr, c’était exactement l’opposé. Le monde était avant tout mystérieux, il n’offrait pas de réponse facile. Le professeur Bohr s’était donné pour tâche de dépoussiérer un petit coin du monde, l’esprit humain, de tenter de le comprendre. C’était sa tâche pour la vie, elle n’avait pas vraiment d’autres projets. Et ce n’était qu’un minuscule recoin des mystères de l’univers, dont elle n’espérait comprendre qu’une infime partie d’une infime partie. Et lui, ce gamin, il avait déjà décidé qu’il avait tout compris.<br /><br />Reste que tout cela n’était qu’apparences. Le professeur Gunda Bohr venait de formuler une hypothèse, mais elle était une scientifique et une théorie devait reposer sur davantage qu’une conversation de cinq minutes sur le bord d’une petite rue dans un village perdu au milieu de la nuit. Ça, c’était pour les faibles – ou pour les ingénieurs.<br /><br />« Enchantée Lionel. Comme tu sembles déjà le savoir, je suis le professeur Gunda Bohr et je suis venue de l’Université pour t’étudier. Tu crois que tu pourrais m’amener voir ta mère? »<br /><br />Le garçon eut un sourire.<br />« Venez. »<br /><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/07/berg-le-feuilleton-8.html">Épisode suivant</a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-1282138858804162269?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-7549334735867443286.post-60061525848372489032008-06-25T22:46:00.004-04:002008-10-17T14:29:06.955-04:00Berg, le feuilleton #6<div style="text-align: justify;"><span style="font-size:100%;"><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/05/charmant-et-inutile-berg-le-feuilleton.html">Le début est ici</a><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/06/berg-le-feuilleton-5.html">Épisode précédent</a></span><br /><br />Chose promise, chose due, voici le sixième épisode du feuilleton de L'Archevêché<br /><br />--<br /><br />Le professeur Gunda Bohr avait finalement réussi à localiser Lionel Michelin en usant de toute la persuasion dont elle était capable auprès du webmestre d’un site d’échecs et d'un vieil ami qui travaillait pour la section des crimes informatiques de Scotland Yard, qui avait contourné les règles pour lui permettre de découvrir où habitaient les Michelin. Gunda avait rencontré Gregory Baxter pendant ces lointaines années où elle s’était passionnément consacrée à l’informatique. Car les sciences cognitives n’étaient qu’un accident de parcours pour le professeur Gunda Bohr. Nous y reviendrons.<br /><br />Bohr abhorrait l’avion. Elle avait une peur bleue de mourir dans un écrasement. Ses amis, scientifiques, la trouvaient bien ridicule : elle conduisait sa caravane-laboratoire en cow-boy et risquait sa vie bien davantage en empruntant les routes que si elle s’était déplacée par la voie des airs. Les statistiques étaient d’ailleurs sans appel.<br /><br />Mais au moins, pensait Bohr, si je meurs en caravane, ce sera de ma faute. Si je meurs en avion, c’est hors de mon contrôle, c’est imprévisible. Ma vie sera finie, je n’aurai presque rien fait, j’aurai eu la gloire, pour rien, comme ça, parce que j’ai été jeune et brillante, mais je n’aurai contribué à rien, pour vrai. Je n’aurai rien vécu. Et je serai morte.<br /><br />Salomon Berg sait bien que Gunda Bohr ne mourra pas avant d’avoir eu une flopée de petits-enfants et de s’être recyclée en auteure de romans jeunesse à cheveux blancs. Mais Gunda n’a pas encore rencontré Salomon Berg et, de toute façon, ce n’est pas comme si Salomon Berg allait lui dire ce qui allait se passer. Si loin dans le futur. Elle n’a pas besoin de savoir que ses petits-enfants ne sont pas ceux de Berg.<br /><br />Le professeur Gunda Bohr emprunta donc des routes montagneuses, des routes sinueuses, des routes en ligne droite, des routes plates, des routes désertes, des routes avec beaucoup de trafic, des routes à péage, des routes privées, des routes publiques, des routes de campagne, des routes urbaines. Elle se perdit quelques fois, mais jamais très longtemps. Elle se fit draguer par un camionneur dans une halte routière, il avait une jeune femme nue tatouée sur le bras, Gunda se contenta d’éclater de rire. Gunda ne pouvait pas regarder des tatouages sans imaginer ce qu’ils deviendraient lorsque leur porteur deviendrait gros et vieux et ratatiné, alors la jolie jeune femme nue ressemblerait plutôt à une grosse vache déformée, peut-être la jeune femme du tatouage et elle perdraient-elles leurs formes de jeune fille au même rythme, peut-être si elle revoyait le camionneur tatoué dans quelques années, le regard dégoûté qu’elle poserait sur le tatouage serait le même qu’elle poserait sur elle-même.<br /><br />Encore une fois, Salomon Berg aurait pu la rassurer.<br /><br />Le professeur Gunda Bohr s’arrêta dans des motels, dans des hôtels, elle dormit sur la couchette de la section laboratoire de la caravane, elle passa quelques nuits blanches, elle coucha avec un étudiant allemand expatrié. Elle mangea beaucoup de fast-food, parfois des pâtes, beaucoup de biscuits achetés dans les haltes routières. Elle écouta les Beatles et Britney Spears et les Clash et Madonna et Jacques Brel et Cyndi Lauper et aussi les Shins. Ses assistants n’étaient pas là pour rire d’elle, pourquoi se serait-elle privée?<br /><br />Enfin, elle arriva.<br /><br />Il était tard, elle ne savait pas dans quelle maison chercher, elle n’aimait pas trop aller au-devant des inconnus, surtout tard le soir, s’ils venaient vers elle, ça allait, mais bon, il fallait faire un effort, c’était ce qu’elle n’aimait pas tellement de son travail. Elle aimait le voyage, la rencontre, l’inconnu, mais elle avait terriblement peur de déranger.<br /><br />Elle sortit de la caravane laboratoire comme on descend d’un navire. Elle ne sortait pas, elle débarquait. Elle sentit avec plaisir l’air chaud du soir d’été sur ses jambes. Elle roulait depuis plusieurs jours et ses jambes étaient tout engourdies. C’était une de ces journées de juillet, collantes du début jusqu’à la toute fin. Les jambes de Gunda reprenaient vie peu à peu et elle eut envie de courir, elle n’était pas très sportive, elle avait une mauvaise toux de fumeur, mais elle avait envie de sentir l’air filer contre son visage, de sentir ses jambes se délier, de sentir ses pieds pousser pour s’éloigner du sol. Elle ne courait pas très vite, ni très longtemps, mais quand elle courait, Gunda se sentait comme une gazelle. Après à peine une minute, Gunda s’arrêta, haletante, devant une petite maison rouge, entourée d’une petite clôture blanche.<br /><br />Sur la clôture, un gamin d’à peu près douze ans, peut-être moins, la regardait sans la moindre trace de surprise.<br /><br />Gunda était déstabilisée : elle causait <i>toujours</i> surprise et émoi et curiosité par son arrivée dans ce genre d’endroit, avec ses robes à fleurs et ses bottes d’armée, ses petites lunettes et ses sarraus. Car le sarrau était son costume de super héros, il ne la quittait jamais quand elle était en mission.<br /><br />Le garçon la regardait fixement sans se troubler le moins du monde. Il semblait s’apprêter à lui parler, mais il n’avait fait aucun geste pour l’arrêter ou la retenir, comme s’il savait qu’elle allait s’arrêter de courir à cet endroit précis. Comme s’il l’attendait. Il allait lui parler, mais il ne se pressait pas. En attendant, c’était un jeu de tu-me-tiens-par-la-barbichette pour savoir qui céderait en premier, et il ne fallait pas être Salomon Berg pour savoir que Gunda serait la moins patiente des deux.<br /><br />« Salut, je m’appelle Gunda, lança-t-elle lorsque l’attente fut devenue intenable (c’est-à-dire, au bout d’une minute...).<br />- Oh, je sais, mais je ne crois pas que ma mère va être très heureuse de vous voir débarquer ici, professeur Bohr, répondit le garçon avec un sourire. »<br /><br /><a style="font-weight: bold;" href="http://larcheveche.blogspot.com/2008/07/berg-le-feuilleton-7.html">Épisode suivant</a><br /><span style="font-size:100%;"> </span></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/7549334735867443286-6006152584837248903?l=larcheveche.blogspot.com'/></div>Maude L'Archevêquehttp://www.blogger.com/profile/16205590649220879712noreply@blogger.com2