tag:blogger.com,1999:blog-71962032007-12-13T22:33:00.070-08:00poescriptumL'objet de ce site est de donner en ligne, et en français , de courts textes d'EDGAR POE, inédits ou oubliés, afin de compléter les trop timides éditions actuellement disponibles, de poursuivre, bien modestement, la louable entreprise du regretté Claude RICHARD, et de permettre ainsi une plus large découverte des multiples facettes de l'illustre auteur du "CORBEAU".Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comBlogger118125tag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-85308710325598629852007-10-30T06:39:00.000-07:002007-10-30T07:10:19.574-07:00L'AMITIE.Les gens peuvent en débattre à leur guise, mais l'amitié suppose bien plus une communauté d'usages qu'une communauté d'opinions. C'est l'homme avec qui vous pouvez déjeuner, dîner et séjourner, avec qui vous pouvez vous promener ou vous divertir, qui est votre ami -- et non celui qui tout comme vous adore Virgile et vibre tout autant que vous à la musique de Weber et de Bellini.<br /><br /><br />(Extrait du feuilleton "OMNIANA" -- Avril 1840.<br />Non reproduit dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1157105266098697722006-09-01T02:51:00.000-07:002006-09-01T03:07:46.110-07:00(IL PIU NELL' UNO...)La devise des Etats-Unis, <em>E pluribus unum</em>, recèle peut-être une fine allusion à la définition de la Beauté par Pythagore -- la réduction de la multiplicité à l'unité.<br /><br /><br />(Extrait du premier feuilleton des "Notes Marginales" -- Août 1845.<br />Reproduit parmi les "Marginalia" dans l'édition posthume de 1850.<br />Poe cite verbatim Coleridge qui déclarait, en 1814, dans son 3° essai sur "Les Principes du Génie Critique appliqué aux Beaux-Arts": <em>"La plus sûre définition"... "de la Beauté"... "est celle de Pythagore : LA REDUCTION DE LA MULTIPLICITE A L'UNITE -- ..."</em>)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1157018006207692982006-08-31T02:37:00.000-07:002006-08-31T02:53:26.220-07:00(MASCARADE LITTERAIRE)La bouffonnerie de cette anthologie monumentale n'a d'égal que celle de ces "ambassadeurs de la terre entière" -- la racaille introduite par un fou prussien au siège de l'Assemblée Nationale, en France. Son auteur est décidément l'Anacharsis Cloots des Lettres Américaines.<br /><br /><br />(Extrait du premier feuilleton des "Notes Marginales" -- Août 1845.<br />Non reproduit par R. W. Griswold -- s'y sentant sans doute directement visé? -- dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1155029924055582932006-08-08T02:00:00.000-07:002006-08-08T02:38:44.070-07:00(PHILOSOPHIES...)"La Philosophie", dit Hegel, "est sans aucune utilité et sans aucun fruit; et, <em>précisément pour cette raison</em>, elle est la plus sublime de toutes les occupations, celle qui mérite le plus notre considération et semble le plus digne de notre zèle." Voilà bien une assertion qui a son petit air de Coleridge, avec, enfoui dans une prairie de mots, ce frêle ruisselet de sens profond. Quant à vouloir débrouiller pareil paradoxe, ce serait pure perte de temps -- d'autant qu'il ne viendrait à l'idée de personne de contester à la Philosophie ses mérites et l'infinité de ses champs d'application. Il y a une logique propre, dit-on, dans la manière de cuire les oeufs, et il existe même une philosophie de l'ameublement -- une philosophie, toutefois, qui semble beaucoup moins comprise des Américains que de toute autre nation civilisée de la terre. (...)<br /><br /><br />(Début de l'essai <em>"La Philosophie de l'Ameublement"</em>, supprimé de toutes les versions ultérieures -- Mai 1840.<br />Poe en glissera toutefois la première proposition parmi ses "Marginalia" de juin 1849.<br />Et en avril 1846, à propos d'une citation de Novalis, il déclarait: "Neuf fois sur dix, c'est pure perte de temps que de vouloir tirer un sens quelconque d'une maxime allemande; ou plutôt, chacun peut y attribuer à son gré la signification qui lui plaît."<br />Notons qu'il a, semble-t-il, fallu attendre 1978 et l'édition de Th. O. Mabbott pour que cette variante toute d'ironie soit enfin reproduite!)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1152625013223258162006-07-11T05:48:00.000-07:002006-07-11T06:36:53.280-07:00(PREJUGE TENACE)Malgré sa moisson de critiques hostiles, nous n'hésitons pas à saluer (ce roman picaresque) comme un ouvrage très-alerte, fort bien écrit, et de lecture franchement plaisante. La tapageuse censure dont on l'accable vient, à n'en point douter, de ceux qui n'ont pas même daigné y jeter un coup d'oeil en vertu d'un préjugé chronique, or vraiment mal fondé : nous voulons parler de cette idée communément répandue selon laquelle un auteur dont tout le succès repose sur des ouvrages purement documentaires serait dans l'incapacité absolue de réussir des oeuvres de fiction. Cette opinion n'est pas défendable -- à peu près comme son contraire, d'ailleurs, qu'on monte pourtant beaucoup plus rarement en épingle. A la vérité, un écrivain <em>réellement</em> excellent, en quelque genre littéraire que ce soit -- entendez dans le domaine des Belles-Lettres, bien sûr, -- ne connaîtra jamais d'échec essentiel en tout autre qu'il déciderait d'aborder, ou pour lequel il saurait éprouver un intérêt suffisant. Le verdict populaire, certes, ne partage pas ce point de vue; mais alors, comme le dit si bien le philosophe Chamfort -- <em>"il y a à parier que toute idée publique, toute convention reçue, est une sottise; car elle a convenu au plus grand nombre."</em> (...)<br /><br /><br />(Extrait du compte-rendu critique de <em>"Salomon Labascule"</em>, un truculent récit d'aventures par J. P. Robertson, l'auteur de plusieurs livres savants sur le Paraguay -- Septembre 1839.<br />Non reproduit dans l'édition posthume de 1850.<br />Poe donne la maxime de Chamfort en français, tout comme, cinq ans plus tard, dans "La Lettre Volée".)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1150801289733402082006-06-20T03:16:00.000-07:002006-06-20T04:01:29.773-07:00(DOUTEUSES PERTINENCES...)<em>"Gênes dans ce temps achetait tout le blé de l'Europe."</em><br /><br />Une heure durant, je me suis efforcé, sans succès, de dégager une signification à ce passage trouvé dans une traduction française des <em>"Letters on Italy"</em> de Lady Morgan. Je n'arrivais pas à concevoir le comment ou le pourquoi de cette nécessité à acheter le blé (<strong>corn</strong>) de toute l'Europe -- ni en quoi du blé, sous quelque forme que ce fût, pouvait concerner le sujet traité. Mais après m'être procuré l'ouvrage original, mes yeux tombèrent finalement, à bout de patience, sur la phrase: <em>"...the Genoese, at this period, bought the <strong>scorn </strong>of all Europe by... etc., etc." ("...les Gênois, à cette époque, s'étaient acheté le <strong>mépris -- scorn-- </strong>de toute l'Europe en... etc., etc.")</em> Eh bien, dans le cas présent, le traducteur est beaucoup moins fautif que Lady Morgan et son péché mignon: le <em>verbum insolens</em>. Je ne puis voir en effet quelle force espérer ici de l'emploi aussi saugrenu du verbe <em>"acheter"</em>, dès lors qu'il s'agit de mépris -- il est des cas, j'en conviens, où l'expression ferait pourtant merveille -- ni me résoudre à condamner le Français dans sa décision de supprimer le<strong> </strong>"<strong>s</strong>" comme simple coquille.<br /><br /><br />(Extrait du 7° feuilleton des "Marginalia" -- Juillet 1848.<br />Non reproduit dans l'édition posthume de 1850, il n'apparaît qu'à partir de 1875 dans l'édition britannique organisée par J. H. Ingram.<br />Notons qu'aucun ouvrage de Lady Morgan ne s'intitule <em>"Letters on Italy"</em>, et que celui consacré, en 1821, à l'Italie n'épouse nullement la forme épistolaire...<br /><em>"Verbum insolens"</em>, comme dénoncé par Cicéron dans son <em>"Orateur -- A Marcus Brutus"</em>, VIII, 25, signifie "mot insolite, inadéquat, sans pertinence"...)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1144849865949261732006-04-12T06:35:00.000-07:002006-04-12T06:51:06.020-07:00(IMAGE ERRONEE)Juste Lipse, dans son traité <em>"De Supplicio Crucis"</em> ("Du Supplice de la Croix"), précise que l'élément vertical des croix <em>demeurait fiché</em> sur le lieu réservé aux exécutions et que le condamné n'avait à y porter que le seul bras transversal. Par conséquent, les peintres sont dans l'erreur dès lors qu'ils représentent notre Sauveur chargé d'une croix tout entière.<br /><br /><br />(Réflexion tirée des "Pinakidia" -- Août 1836.<br />Absentes de l'édition posthume de 1850, ces "Tablettes" ne seront partiellement reproduites qu'en 1875 dans l'édition britannique organisée par J. H. Ingram.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1144848797515139672006-04-12T06:06:00.000-07:002006-04-14T02:13:19.983-07:00(LOGIQUE ET VERITE)L'entièreté de l'argumentation sur l'immortalité de l'âme, telle que Bulwer l'a élaborée pour la placer dans la bouche de son "Etudiant Ambitieux", peut être réfutée du fait de l'omission, de la part de notre auteur, d'un détail d'importance dans la liste qu'il dresse des attributs du Divin -- détail qu'on ne veut pas croire absent par pur accident. La chaîne ne présente, certes, qu'un seul maillon défectueux... mais elle en perd toute valeur. Nul homme ne doute de l'immortalité de l'âme; de toutes les Vérités, pourtant, Celle qui a trait à l'immortalité même est la plus difficile à prouver par de simples suites de syllogismes, quels qu'ils soient. Nous renvoyons nos lecteurs à l'argumentation que nous venons d'indiquer.<br /><br /><br />(Première des réflexions consignées dans le chapitre des "Pinakidia" -- Août 1836.<br />Ecartées de l'édition posthume de 1850, celles-ci ne seront partiellement reproduites qu'en 1875 dans l'édition britannique organisée par J. H. Ingram.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1144751916345560782006-04-11T03:16:00.000-07:002006-04-11T03:38:36.520-07:00(RECONNAISSANCE)(...) Il est étonnant de voir combien les oeuvres d'imagination se bonifient, comme les vins, en passant l'Océan. Nous avons eu l'honneur d'être pillé sans merci en Europe. Mais comme nos contes gagnaient à ces procédés, du moins dans l'estime de nos compatriotes, nous n'avons pas protesté. Nous avons écrit oeuvre sur oeuvre, qui n'ont attiré l'attention publique que quand le <em>"Miscellany"</em> de Bentley, à Londres, ou le<em> "Charivari"</em>, à Paris, les eurent publiées comme de leur crû. Le <em>"Notion"</em> de Boston nous a même vertement reproché d'avoir fait <em>"La Chute de la Maison Usher"</em>. Peu de temps après, Bentley s'empara de cette histoire et la donna sans signature, la présentant comme inédite. Ensuite de quoi ce même <em>"Notion"</em>, ayant perdu de vue que nous en étions l'auteur, non seulement la loua <em>ad nauseam</em>, mais la reproduisit <em>in toto</em>.<br /><br /><br />(Notice éditoriale insérée dans le "Broadway Journal" du 30 août 1845.<br />Absente de l'édition posthume de 1850, elle ne sera reproduite qu'en 1875 dans l'édition britannique organisée par J. H. Ingram.<br />Traduction d'E. Hennequin -- 1882 -- quelque peu retouchée par V. Orban en 1913.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1144328279771856692006-04-06T05:47:00.000-07:002006-04-06T05:57:59.820-07:00(ERUDITION VRAIE)(...) La véritable érudition -- et par ce terme nous entendons simplement ce qui implique des lectures abondantes autant que variées -- on ne la découvre comme certaine, elle n'apparaît comme indéniable... qu'à la somme ultime <em>de ce qu'elle a su produire</em>. (...)<br /><br /><br />(Extrait du compte-rendu critique de l'ouvrage anonyme "Le Code des Belles Manières, ou Manuel de l'Homme à la Page" -- Novembre 1839.<br />Non reproduit dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1134299553734411572005-12-11T02:53:00.000-08:002005-12-11T03:12:33.780-08:00(S'ABSTENIR D'EXPLIQUER)(...) Le climat d'horreur habilement suggéré et entretenu par l'artiste produit un effet qui va complètement effacer celui réservé à la conclusion. Un tel climat, avec ces sombres allusions à quelque malheur trouble -- dont on ne manque pas, avec force emphase, de saluer l'efficacité -- ne mérite, en fait, éloge... <em>qu'en l'absence de tout dénouement</em>, quand l'imagination du lecteur est laissée à elle-même pour, à sa guise, débrouiller le mystère. (...)<br /><br /><br />(Extrait des comptes-rendus critiques du "Barnabé Rudge" de Ch. Dickens -- Mai 1841, puis février 1842.<br />Reproduit dans l'édition posthume de 1850.<br />Traduit par R. Messac en 1929.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1133791481492328992005-12-05T05:37:00.000-08:002005-12-05T06:04:41.603-08:00(LES ROMANS D'ACTION)(...) De simples incidents, sérieux ou cocasses, rapportés ou en plein déroulement, -- <em>de simples incidents</em> ne sont pas des livres. Ils ne sont pas non plus la base des livres -- dont l'idiosyncrasie est la <em>pensée</em> par opposition à l'<em>action</em>. Il ne peut y avoir de livre sans action. Mais un livre n'est un livre que dans la mesure où il développe une pensée, indépendamment des faits et gestes qu'il relate. Voyez l'Algèbre, dont la définition est -- ou devrait être : "une manière de calculer avec des symboles, au moyen de signes". Les nombres, l'Algèbre, comme telle, n'en a que faire. Et bien qu'aucun calcul algébrique ne puisse se prolonger sans recourir aux nombres, on n'a à parler d'Algèbre que dans la mesure où l'analyse qu'elle permet s'accomplit indépendamment de l'Arithmétique. (...)<br /><br /><br />(Extrait du compte-rendu critique de "Stanley Thorn", un roman de H. Cockton -- Janvier 1842.<br />Reproduit dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1133186754723910312005-11-28T05:53:00.000-08:002005-11-28T06:05:54.830-08:00(ENGOUEMENTS TROMPEURS)Tant que nous analyserons une religion ou une philosophie par rapport à leurs attraits, indépendamment de leur caractère rationnel, nous ne serons malheureusement jamais à même d'apprécier cette religion ou cette philosophie par le <em>nombre</em> de leurs adhérents :<br /><br /><em>"Aucun prince indien n'a, quand il rentre dans son palais,</em><br /><em>Autant de suivants qu'un voleur qui monte au gibet."</em><br /><em></em><br /><em></em><br />(Extrait d'un feuilleton des "Marginalia" -- Juillet 1849.<br />Reproduit dans l'édition posthume de 1850.<br />Traduction de V. Orban -- 1913.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1132838797742351232005-11-24T05:17:00.000-08:002005-11-24T05:26:37.743-08:00(ERREUR TACTIQUE)Mon ami X... ne peut jamais commencer ce qu'il s'imagine être un poème, (au demeurant, c'est un homme fantasque) sans d'abord invoquer laborieusement les Muses. Mais celles-ci, semblables en cela aux chiennes de Jean de Nivelles, se dérobent d'autant plus qu'il les appelle davantage.<br /><br /><br />(Extrait d'un feuilleton des "Marginalia" -- Juin 1849.<br />Reproduit dans l'édition posthume de 1850.<br />Traduction de V. Orban -- 1913.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1132838140972862662005-11-24T05:03:00.000-08:002005-11-24T05:15:40.983-08:00(ERREUR CLASSIQUE)<em>"Incidis in Scyllam cupiens vitare Charybdim" (*)</em><br />est un vers qui ne se trouve ni dans Virgile ni dans Ovide, comme on le suppose souvent, mais dans l'<em>"Alexandreis"</em> de Philippe Gautier, un poète français du treizième (douzième) siècle.<br /><br />(*) <em>"On tombe sur Scylla en voulant éviter Charybde"</em>.<br /><br /><br />(Extrait des "Pinakidia" -- Août 1836.<br />Absent de l'édition posthume de 1850, ce texte fut reproduit dès 1875 dans l'édition britannique préparée par J. H. Ingram.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1132656517860403942005-11-22T02:33:00.000-08:002005-11-22T02:48:37.870-08:00(LA FLEUR ET LE FRUIT)Le Politien, poète et grand érudit, brûlait d'une intense passion pour Alessandra Scala. Un jour, il lui adressa cet impromptu:<br /><br /><em>"Tu sais montrer qu'en vain</em><br /><em>Mes heures je gaspille,</em><br /><em>O trop cruelle fille :</em><br /><em>Quand pour fruits te supplie,</em><br /><em>Rien que fleurs je n'obtiens..."</em><br /><em></em><br /><br />(Extrait des "Pinakidia" -- Août 1836.<br />De cette épigramme composée en grec, Poe donne la traduction suivante:<br /><em>"To teach me that in hapless suit</em><br /><em>I do but waste my hours,</em><br /><em>Cold maid, whene'er I ask for fruit,</em><br /><em>Thou givest me naught but flowers."</em><br />Absent de l'édition posthume de 1850, ce texte ne fut reproduit qu'en 1902.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1129904728358841852005-10-21T06:40:00.000-07:002005-10-21T07:25:31.713-07:00(SCIENCES ET THEOLOGIE)(...) Si les indications que nous tirons de la science, de la nature et des desseins de Dieu, et de là, par inférence, de la destinée de l'homme, sont des preuves <em>directes</em>, alors, aucun progrès dans les sciences ne peut les renforcer; car, comme le fait justement observer notre auteur, "rien ne peut être ajouté à la force d'un argument que l'esprit trouve dans chaque oiseau, chaque bête, chaque fleur". Mais si ces indications sont strictement <em>analogiques</em>, tout progrès dans la connaissance humaine -- toute découverte astronomique, par exemple -- jette des lumières additionnelles sur cet auguste sujet... <em>en étendant la portée de l'analogie</em>. Qu'aujourd'hui nous ne connaissions de la nature de Dieu, de ses desseins, et, partant, de l'homme lui-même, rien de plus qu'il y a seulement une douzaine d'années, c'est là une affirmation désagréablement absurde. (...) Or, à notre avis, le <em>seul</em> argument irréfutable en faveur de l'immortalité de l'âme, ou plutôt la seule preuve concluante de la dissolution et du rajeunissement alternés de l'homme <em>ad infinitum</em> se trouve en des analogies déduites de la récente théorie de la cosmogonie nébulaire*. (...)<br /><br />* Cette cosmogonie (de Laplace) <em>démontre</em> que tous les corps qui existent dans l'univers sont formés à partir d'une matière nébulaire, d'une substance intermédiaire éthérée rare, diffuse dans l'espace. Elle en montre le mode de formation et les lois qui y président. Elle <em>prouve </em>que toutes les choses sont dans un état de progrès perpétuel et qu'il n'y a rien, dans la nature, qui soit déjà <em>parfait</em>.<br /><br /><br />(Extraits du compte-rendu critique du 3° volume des "Essais Critiques et Divers" de T. B. Macaulay -- Juin 1841.<br />Poe reprendra partiellement ces réflexions dans la dernière pièce de son "Chapitre de Suggestions" publié, fin 1844, dans "L'Opale".<br />On sait aussi toute l'importance qu'il accordera en 1847-8 à la théorie de Laplace dans la composition d'"Eureka".<br />Reproduit sous sa forme primitive dans l'édition posthume de 1850.<br />Traduction d'E. Lauvrière -- 1904 -- complétée par Ph. Dally -- 1939.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1129543768419810612005-10-17T02:35:00.000-07:002005-10-17T03:09:28.490-07:00(LIMITES DE LA RAISON)(...) Cet ouvrage est, à bien des égards, d'une exceptionnelle qualité. La logique impeccable, la pénétration de pensée, l'évidente sincérité et l'ardente soif de vérité avec lesquelles il a été composé font que peu de traités de théologie peuvent, à notre connaissance, lui être comparés. Sa conclusion témoigne néanmoins d'une espèce d'hésitation, d'inconséquence laissant volontiers croire que l'auteur n'a pas tout à fait réussi à se convaincre lui-même de ces certitudes essentielles dont il paraît si soucieux d'imprégner le lecteur. Mais ne perdons cependant pas de vue que c'est le sujet en soi qui est en cause, et non pas celui qui le traite. Car un homme, quelle que soit l'excellence de ses facultés de raisonnement pour des thèmes aussi grands que Dieu ou l'immortalité, finira toujours par tacitement admettre que Dieu, que l'immortalité sont, au bout du compte, affaires d'intuition plutôt que de démonstration. (...)<br /><br /><br />(Extrait du commentaire critique sur "Charles Elwood, ou l'Incrédule Converti", roman théologique du Révérend Orestes A. Brownson, donné à l'occasion d'une sympathique analyse graphologique pour le feuilleton "Une Collection d'Autographes" -- Novembre 1841.<br />En 1844, Poe choisira Vankirk, le personnage agonisant de "Révélation Magnétique", pour prolonger cette réflexion encore évoquée en juillet 1849, parmi les "Marginalia", à propos de la Charité.<br />Non reproduit dans les OEuvres avant l'édition Ingram de 1874-75.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1126781366870152072005-09-15T03:10:00.000-07:002005-09-16T02:27:07.283-07:00(LA FRANCE ET LE GRAVELEUX)Un coeur corrompu et impie, -- une imagination malsaine, -- un cerveau saturnien où l'invention n'a d'autre lueur que la phosphorescence de la pourriture...(*) Indigne de corps et d'âme, -- l'opprobre de la nation qui l'a engendré et le supporte. Non pas un homme, mais une bête, -- un pourceau fétide, qui s'engraisse parmi les immondices de la pensée; moins scrupuleux que les corbeaux qui se repaissent de charogne, et pas beaucoup moins ignoble qu'un Wilmer.<br /><br />(*) Michel Masson, l'auteur de <em>"Un Coeur de Jeune Fille"</em>.<br /><br /><br />(Extrait des "Marginalia" -- Décembre 1844.<br />Poe a emprunté le ton et la matière de cette diatribe à un article incendiaire de J. W. Croker, publié en avril 1836 dans la "Quarterly Review" sous le titre évocateur de <em>"French Novels and French Morals"</em>, et qui s'en prenait violemment, au nom de la décence, aux gloires françaises du moment: de Kock, Balzac, Hugo, Dumas, George Sand, et ce pauvre Michel Masson, bien oublié aujourd'hui.<br />Poe put lire ce pamphlet dans sa version "pirate" du "Littell's Museum" de juillet 1836; il y eut recours à plusieurs reprises et à des fins diverses -- sans jamais le nommer -- tout au long de sa carrière de journaliste. Dans le cas présent, il n'en retient qu'excellent prétexte pour dénoncer les regrettables concessions au trivial et au scabreux de son ami de Baltimore, l'écrivain Lambert A. Wilmer...<br />Reproduit tel quel dans l'édition posthume de 1850.<br />Traduction de V. Orban -- 1913.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1126520371106908272005-09-12T02:48:00.000-07:002005-09-16T02:31:28.506-07:00"LE RHIN" PAR VICTOR HUGO.Ces volumes reproduisent la meilleure des deux traductions réalisées en Angleterre -- et c'en est la première édition américaine. Le discours préliminaire sur les affaires européennes a été judicieusement laissé de côté.<br />Le style de ce "Voyage" est particulièrement <em>français</em> -- il n'est pas d'autre mot pour rendre l'idée. S'y trouvent à profusion du piquant, de la vivacité, de l'esprit, de l'humour, de la malice, de la nouveauté -- le tout servi et comme "tempéré" par une délicieuse simplicité.<br />Ce n'est cependant pas pour ses qualités de touriste ou d'auteur d'esquisses que Victor Hugo est le plus remarquable: ses essais dans le genre sont à peine meilleurs que ceux de cinquante autres Français. Mais pour construire de courtes fictions, il n'a pas d'égal parmi ses compatriotes, et il surpasse de beaucoup -- pensons-nous -- Eugène Sue.<br />Sa "Notre-Dame de Paris" est l'oeuvre d'un éminent génie contrôlé par un art irréprochable.<br /><br /><br />(Brève notice critique du<em> "Rhin"</em> de Victor Hugo -- Novembre 1845.<br />Non repris dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1125320727427233202005-08-29T05:52:00.000-07:002005-08-29T06:05:27.490-07:00(LAPALISSADE?)Comme est profonde et complète cette évocation d'Adam telle que formulée au bas d'un ancien tableau du Vatican! -- <em>"Adam, divinitus edoctus, primus scientiarum et literarum inventor."</em><br /><br /><br />(Extrait des "Marginalia" -- Décembre 1844.<br />On peut rendre cette inscription latine par: <em>"Adam, qui doit tout son savoir à l'enseignement divin, est le premier inventeur et des sciences et des lettres."</em><br />Reproduit dans l'édition posthume de 1850.<br /> Traduction, retouchée, de V. Orban -- 1913.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1124890596637373502005-08-24T05:59:00.000-07:002005-08-24T06:36:36.690-07:00(PERENNITE RELATIVE?)Un bon livre (*), certes; mais trop encombré, pour un ouvrage moderne, de philosophie surannée... Y voici étalé un argument qui prétend infirmer l'idée de permanence de notre système solaire "... du fait que nous savons, par la parole prophétique la plus indiscutable, que son destin n'est nullement de demeurer à jamais." Qui -- prêtre ou laïque -- croit encore aujourd'hui que les prophéties en question concernent quoi que ce soit de plus que le globe terrestre -- ou, plus strictement même, la seule croûte terrestre?<br /><br />(*) <em>"La Philosophie Sacrée des Saisons"</em> -- par le Révérend Henry Duncan -- Ruthwell, en Ecosse.<br /><br /><br />(Extrait du premier feuilleton des "Marginalia" -- Novembre 1844.<br />Poe y reproduit, en termes analogues, l'observation déjà formulée dans le compte-rendu critique qu'il consacra, en mars 1840, à cet ouvrage d'inspiration théologique.<br />Non recueilli dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1124801191236794282005-08-23T05:23:00.000-07:002005-08-23T06:02:38.796-07:00(CONVENTIONS DRAMATIQUES)Quand je songe aux étranges a-parte et soliloques dans le théâtre des nations civilisées, je trouve presque respectables les expédients employés par les dramaturges chinois. "Quand un général sur la scène de Pékin ou de Canton," nous rapporte Davis, "reçoit l'ordre de partir en guerre, il brandit son fouet, prend entre ses mains une bride, court trois ou quatre fois autour d'une plate-forme, au milieu d'un fracas terrible de gongs, de tambours, de trompettes, s'arrête court et apprend au public où il est arrivé."<br />Un héros de tragédie en Europe serait quelquefois embarrassé pour en dire autant. La plupart semblent avoir une idée imparfaite de l'endroit où ils se trouvent. Dans la "Mort de César", par exemple, Voltaire fait courir çà et là la populace criant: <em>"Courons au Capitole."</em> Pauvres gens!<em> </em>Ils y sont tout le temps. Dans son souci de l'unité de lieu, l'auteur ne leur a jamais permis d'en sortir.<br /><br /><br />(Extrait d'une suite aux "Marginalia" intitulée "Notes Marginales -- N° I." -- Août 1845.<br />Reproduit sous cette forme dans l'édition posthume de 1850.<br />Traduction d'E. Hennequin -- 1882.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1124284165720237672005-08-17T05:37:00.000-07:002005-08-17T06:09:25.753-07:00(JUDEOPHOBIE...)Une des <em>falsifications</em> les plus délibérées de Voltaire est quand il rend les paroles de Phlégyas criées depuis l'Enfer:<br /><br />Di(s)cite justitiam, moniti, et non temnere <em>Divos --</em><br /><br />par:<br /><br /><em>Soyez justes, mortels, et ne craignez qu'un Dieu.</em><br /><em></em><br />Il pervertit ce vers de manière à laisser entendre que les Anciens pratiquaient déjà le culte d'<em>un seul</em> Dieu, tentant ainsi de nier que l'idée de l'Unicité de Dieu trouve son origine chez les Hébreux.<br /><br /><br />(Extrait du premier feuilleton des "Marginalia" -- Novembre 1844.<br />Non reproduit dans l'édition posthume de 1850.<br />Le célèbre vers de Virgile, tiré de <em>L'Enéide</em>, donne bien le pluriel "divos" -- "les dieux" -- et signifie: "Vous voilà prévenus -- apprenez la justice et ne méprisez pas les dieux."<br />C'est dans son court essai intitulé <em>"Des divers changements arrivés à l'art tragique"</em> que Voltaire, en 1764, glisse, pétri d'un antisémitisme grossier, cette version sournoisement altérée. La ruse n'a pas échappé à Poe...)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-7196203.post-1122470181279703352005-07-27T05:39:00.000-07:002005-09-16T02:34:17.123-07:00(A JETER AU FEU...)(...) Le livre ouvert devant nous est, en soi, d'une imbécillité trop flagrante pour mériter une analyse critique de quelque ampleur -- mais comme échantillon de notre menu littéraire quotidien, comme ouvrage <em>américain</em> que s'évertuent à publier nos Harpers, comme spécimen de ces productions absurdes qui tristement menacent d'engloutir notre pays, nous ne nous épargnerons aucune peine, et sans l'ombre d'une hésitation, pour en exposer à la face du public, dans leurs moindres détails, les quatre cent quarante-trois pages de folie absolue, de totale fatuité, de complète ineptie. (...) A tous égards, ce volume n'appelle que le mépris. Et ce sont bien de tels livres qui jour après jour jettent le discrédit sur notre littérature nationale. Nous n'aurons aucun droit de nous plaindre des railleries qu'on nous réserve à l'étranger tant qu'un aussi épouvantable ramassis de fadaises, de plagiats, d'immoralité, de stupidité et d'enflure sera capable à tout moment de disposer sans réserve des services et d'un éditeur, et d'une clique de rabatteurs publicitaires. (...)<br /><br /><br />(Extraits de l'acide compte-rendu critique du piteux roman d'un certain Morris Mattson, de Philadelphie, <em>"Paul Ulric: ou Les Aventures d'un Enthousiaste..."</em> -- Février 1836.<br />Non repris dans l'édition posthume de 1850.)Ombre & Silencehttp://www.blogger.com/profile/08911385836551586083noreply@blogger.com