tag:blogger.com,1999:blog-69595437946188795532008-08-29T10:31:12.669+02:00Association pour la Reconnaissance de la Souffrance des Familles PaysannesL'association a pour but de faire reconnaitre la souffrance vécue par de nombreuses familles d'agriculteurs à cause de la modification brutale de leurs conditions d'existences.ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comBlogger23125tag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-44195449390272781802008-06-28T01:04:00.017+02:002008-08-29T10:31:12.683+02:00Des milliers de familles victimes. Notre association cherche un avocat<span style="font-weight: bold;">Nous sommes très heureux d’avoir pu rencontrer, le jeudi 26 juin 2008, l’équipe de l’association Solidarité-Paysans Provence crée en 1994. Cette association est une antenne locale de SOS Paysans crée au milieux des années 80 et qui s’occupe d’accompagner les agriculteurs en difficultés. Nous souhaitions nous entretenir avec eux pour en savoir plus sur le nombre de familles ayant fait appel à leur service et sur l’état psychologique des familles qui sont accompagnées.</span><br /><br />C’est vraiment un travail colossal qui a été réalisé par ces équipes présentes dans 21 régions à travers 35 associations locales. Et nous tenons vraiment à rendre hommage à ces personnes qui travaillent dans l’ombre avec des moyens dérisoires (ils ne reçoivent plus aucune subvention de l‘état depuis 4 ans!).<br /><br />L’association régionale traite en moyenne entre 60 et 80 dossiers par an et estime aux environ de 850 le nombre de familles aidées depuis sa création en 1994.<br /><br />Cette association étant dans la moyenne nationale ont peut donc estimer*, <span style="font-weight: bold;">à minima, entre 20 000 et 30 000 le nombre de familles victimes</span> qui ont été suivies sur toute la France depuis le milieu des années 80.<br /><br />Ce chiffre est vraiment éloquent surtout que l’association est peu médiatisée et n’intervient uniquement que quand la famille fait la démarche de les contacter. Et on peut se demander légitimement <span style="font-weight: bold;">pour une famille qui a connaissance de l’association et qui ose faire le premier pas, combien d’autres restent seules avec leur souffrance? 10 ? 20? 50? …</span><br /><br />De plus solidarité Paysans a des équivalents, dans beaucoup de pays d'Europe: Royaume-uni (Angleterre, Ecosse, Pays de Galle), Irlande, Belgique, Autriche, Suisse, et surtout en Allemagne où elle est très implanté. <span style="font-weight: bold;">Le nombre de victimes sur toute l'Europe risque donc d'être très élevé.</span><br /><br />Les responsables ont pu nous témoigner de la souffrance liée à la précarité qu’ils rencontrent au quotidien: <span style="font-weight: bold;">Personnes cassées psychologiquement, dépressions, alcoolismes avec d’autres addictions, suicides, conflits conjugaux, violences familiales…</span><br /><br />Cette rencontre a été déterminante pour nous puisqu’elle permet avec un nombre de victimes aussi élevé et le témoignage des psychologues de l’association Solidarité Paysans de rendre légitime et tout à fait crédible la plainte que nous engageons contre l’état français.<br /><br />Nous envisageons pour le moment 2 volets à notre action en justice:<br /><br />- D’un coté une plainte contre l’entrave à la libre concurrence, le fait que l’état a délibérément faussé la concurrence en subventionnant les gros producteurs (50% des subventions de l’Europe à seulement 5% des agriculteurs) =<span style="font-weight: bold;"> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dumping">Dumping</a></span><br /><br />- et de l’autre côté l’atteinte du groupe des paysans par: 1) soumission intentionnelle** du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle et 2) atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe <span style="font-weight: bold;">= Extermination économique et culturelle</span><br /><br />Afin de finaliser notre action, <span style="font-weight: bold;">nous recherchons un ou une avocat(e) intéressé(e) par ce projet. </span><br /><br />L'intégralité des frais de justice seront pris en charge par notre association.<br /><br /><br />-------------------------------------------------------------------------------------------------<br />Notes:<br /><br />* Une autre rencontre est prévue avec l’association Solidarité-Paysan pour faire le listing et dénombrer les dossiers qu’ils ont traités sur l’ensemble de la France depuis leur création.<br /><br />** Le caractère intentionnel ne fait aucun doute puisqu'il y a eu une planification (11 plan quinquennaux depuis 1945 en France) de la fin des paysans (PAC- les lois d'orientations agricoles de 1960-62...).ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-178848272528490652008-05-10T10:45:00.045+02:002008-07-22T01:33:09.340+02:00Les coulisses de la modernisation<span style="color: rgb(255, 102, 0);">"Les coulisses de la modernisation" est un documentaire (destiné à la prévention de la dépression chez les agriculteurs) réalisé en 1987 par les cinéastes de l’INPAR de Rennes et par les aménageurs de développement (ADASEA) d’après une enquête et une recherche préparatoire de la sociologue et ethnologue française <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Salmona">Michèle Salmona.</a></span><a style="color: rgb(255, 102, 0);" href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Salmona"><br /></a><span style="color: rgb(255, 102, 0);"><br /></span><span style="color: rgb(255, 102, 0);">Malgré les restrictions (voir plus bas) qui ont été faites et la conclusion en "happy-end" (Le film a été réalisé par les aménageurs du développement...</span><span style="color: rgb(255, 102, 0);">;-)</span><span style="color: rgb(255, 102, 0);">) qui laisse entendre qu' après le plan du développement les familles verront enfin le bout du tunnel et se porteront mieux,</span><span style="color: rgb(255, 102, 0);"> ce film reste</span><span style="color: rgb(255, 102, 0);"> d'une grande utilité pour comprendre la face cachée, "ob-scène", du développement. Les paysans prennent la parole et expriment leurs préoccupations devant le bouleversement apporté à leurs conditions d'existences .</span><br /><br /><span style="color: rgb(255, 102, 0);">Il est important de signaler que le film, réalisé à l'aide d'un crédit du ministère de l'agriculture (<a href="http://www.cnasea.fr/accueil/cadre_presentation.html">CNASEA</a>) , <span style="font-size:130%;">a été censuré au montage</span> (le contrôle faisant partie intégrante du paiement...???</span><span style="color: rgb(255, 102, 0);">) <span style="font-size:100%;"><br /><br />En effet, comme le relate Michèle Salmona page 134 de son livre </span></span><span style="font-style: italic; color: rgb(255, 102, 0);font-size:100%;" >Souffrances et résistances des paysans français</span><span style="color: rgb(255, 102, 0);"><span style="font-size:130%;"><span style="font-size:100%;"> :</span> "Lors du montage du film qui avait été précédé d'un synopsis méticuleux, établi à partir des entretiens filmés des agriculteurs, une série de coupures ont été faites sur les phénomènes les plus inquiétants relatés, concernant la santé, les conflits et les maladies professionnelles". </span><br />Cette volonté de censure (voire de falsification) du travail de recherche d'une sociologue rurale constitue un élément à charge lors du procès que nous engageons contre l'état. En effet on ne peut qu' être choqué par ce genre de méthodes coercitives de la part d'organismes qui sont censés évaluer l'impact des politiques publiques. On serait en droit d'attendre un peu plus de transparence, un peu plus d'indépendance et surtout un plus d'honnêteté intellectuelle... Avec de telles méthodes il devient alors très facile de truquer la réalité afin de cacher aux citoyens les aspects les plus sombres des politiques publiques. </span><br /><br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Le Film (durée 25 min):</span><br /><br />L'évolution a rendu nécessaire l'adaptation de nombreuses exploitations agricoles. Des politiques de "modernisation" accompagnées d'aides publiques ont été mises en place pour "faciliter" ces évolutions.<br /><br />Au moment des bilans, la réflexion porte largement sur les résultats en termes de progrès techniques et économiques, mais ne prend pas en compte tous les éléments qui peuvent les influencer.<br /><br />Par exemple, l'estimation en quantité et qualité des transformations du travail, les incidences physiques et mentales (fatigue, angoisses,...) liées à la modernisation sont des éléments clefs dans la mesure où elles peuvent bloquer ou au contraire dynamiser la productivité des groupes de travail concernés.***<br /><br />La "face cachée du développement", c'est précisément le thème développé dans ce film qui aborde pour la première fois des problèmes souvent évacués parce qu'ils appartiennent au domaine du "non dit".<br /><br />Le film s'articule autour de témoignages recueillis dans 4 exploitations différentes. Il fait suite à 6 années d'observation et d'enquête ayant pour objet l'évaluation des plans de développement en Loire-Atlantique. Les résultats de l'enquête étaient clairs: que les familles réalisent ou non le plan, au moins une dépression se déclarait dans chaque GAEC, et certaines familles comptaient jusqu'à trois dépressions de membres différents. Les plans de modernisation n'étant en fait qu'une "loupe grossissante" de ce qui se passe dans les petites entreprises familiales qui, en investissant, se retrouvent en situation de changement technico-économique rapide.<br /><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">"Avec le plan de développement on est passé à 40 vaches et avec plus de vaches j'ai beaucoup moins de travail qu'avant" mais..." il y a de nouvelles taches." </span><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);">Monsieur Hegron<br /><br />"Au départ on a pas connaissance de tous les inconvénients qui nous attendent...il y a pas à dire, on est pas formé, on est pas habitué à maitriser 50 vaches, aux avantages et inconvénients, surtout les inconvénients pas les avantages...tout change c'est un bouleversement total." Monsieur Templier<br /></span><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">"On était assez isolé au niveau de l'exploitation.Les gens avaient peur qu'on arrive pas à surmonter la somme d'investissement qu'on avait mis en place..." </span><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);">Monsieur Corbineau</span><br /><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">"On se surpasse intellectuellement, moralement, physiquement. Mais physiquement jusqu'où peut-on aller?..." </span><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);">Monsieur Templier<br /><br />" ça a vraiment été une période dure!... après toute cette période de travaux, j'ai eu des problèmes de dos, et maintenant, dès que je fais le moindre effort, j'ai toujours mon problème de dos qui revient." Madame Hegron<br /><br />"Au début, mon mari n'en parlai pas trop de sa maladie, il voulait pas ...pour lui c'était pas la déprime ... et en fait c'était quand même un début si...c'était une grosse fatigue mais quand même un début de déprime suite à la lourde charge des finances, du travail, surtout du travail...c'était surtout au niveau du travail je pense que cela l'a complètement bouleversé." Madame Clouet<br /></span><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">"</span><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Vivre toujours dans ce milieu c'est trop monotone...</span><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Je trouve que d'avoir des contacts à l'extérieur, c'est très important, ça aide à mieux vivre ses problèmes, " </span><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);">Madame Clouet</span><br /><div><object style="color: rgb(204, 0, 0);" height="365" width="420"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x5dapj&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=1"><param name="allowFullScreen" value="true"><param name="allowScriptAccess" value="always"><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x5dapj&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" height="365" width="420"></embed></object><br /><b><br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/x5dapj_les-coulisses-de-la-modernisation-p_webcam">Les coulisses de la modernisation partie 1 (M. Salmona)</a></b><br /><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/arsfp">arsfp</a></i></div><br /><div><object height="365" width="420"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x5dd9d&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=1"><param name="allowFullScreen" value="true"><param name="allowScriptAccess" value="always"><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x5dd9d&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" height="365" width="420"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x5dd9d_les-coulisses-de-la-modernisation-p_webcam">Les coulisses de la modernisation partie 2 (M.Salmona)</a></b><br /><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/arsfp">arsfp</a></i></div><br /><br /><br /><div><object height="365" width="420"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/x5d6yd&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=1"><param name="allowFullScreen" value="true"><param name="allowScriptAccess" value="always"><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/x5d6yd&v3=1&colors=background:DDDDDD;glow:FFFFFF;foreground:333333;special:FFC300;&related=1" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true" allowscriptaccess="always" height="365" width="420"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x5d6yd_les-coulisses-de-la-modernisation-p_webcam">Les coulisses de la modernisation partie 3</a><br /></b><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/arsfp">arsfp</a></i></div><br /><br />Nous remercions Michèle Salmona de nous avoir permis de numériser le film et autorisé à le diffuser sur internet.L'enquête écrite est disponible auprès de l'<a href="http://www.adasea.net/index.php?page=PRESENTATION_N#">ADASEA</a> de LOIRE-ATLANTIQUE et du CAESAR.<br /><br />NB: *** Cela peut paraitre abject de ne s’intéresser aux problèmes des familles que dans la mesure où ils peuvent "bloquer" la productivité, mais c’est pourtant la seule chose qui intéresse l’état et c’est uniquement dans le but de maintenir la productivité qu’il mandate des experts pour analyser l’impact du plan de développement sur les familles <span style="color: rgb(255, 153, 0);">:-( <span style="color: rgb(0, 0, 0);">.<br />Nous souhaitons attirer l'attention sur ce genre d'aberration lors du procès, en particulier comment un organisme comme le <a href="http://www.cnasea.fr/accueil/cadre_presentation.html">CNASEA</a> peut-il être juge et partie, c'est à dire d'un coté être l'organisme sous tutelle du ministère de l'agriculture qui finance <span style="font-weight: bold;">et contrôle, pour le compte de l'état</span>, les plans de modernisation et en même temps financer <span style="font-weight: bold;">et contrôler</span> aussi les enquêtes sur l'impact des politiques publique sur les familles??? Demême, comment L' <a href="http://www.adasea.net/index.php?page=PRESENTATION_N#">ADASEA</a> peut il être à la fois l'organisme chargé de faire appliquer la modernisation et être à la fois aussi impliqué dans les enquêtes d'impact sur les familles??? Ces deux organismes peuvent-ils réellement avoir un point de vue objectif, impartial? Nous en doutons fortement! Pourquoi l'état n'a-t-il pas mandaté un organisme <span style="font-weight: bold;">INDéPENDANT </span> pour faire l'enquête d'impact sur les familles? Pourquoi avoir censuré certains passages du film? Voilà les questions que nous souhaiterions poser à l'état français... </span><br /></span>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-55658770016653143322008-04-15T22:47:00.008+02:002008-07-22T01:48:33.590+02:00Ob-scène et ObscèneVoici un texte du philosophe français <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Toussaint_Desanti">Jean-Toussaint Desanti</a>, "L'obscène ou les malices du signifiant" repris par Michèle Salmona en introduction du premier chapitre de son livre "Souffrances et résistances des paysans français". Il illustre très bien ce qui ce passe dans les campagnes françaises, une situation inquiétante que l'on cherche à cacher. <br /><br />Cliquer sur le texte pour le voir en grand.<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_uuBwsj76tMk/SAUU5QB2FOI/AAAAAAAAABw/X5qx18Q79Qw/s1600-h/ob-sc%C3%A8ne2.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_uuBwsj76tMk/SAUU5QB2FOI/AAAAAAAAABw/X5qx18Q79Qw/s400/ob-sc%C3%A8ne2.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5189577119402169570" border="0" /></a>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-67008915800149378402008-04-10T19:42:00.005+02:002008-05-18T23:39:51.137+02:00"Au nom du progrés" de Michel Dupré<table style="width: 214px; height: 318px;" border="1" cellpadding="0" cellspacing="2"><tbody><tr><td height="200" width="500"><p><b><br /></b></p><br /></td> <td height="200" width="150"> <img src="http://palissy.humana.univ-nantes.fr/labos/cht/images/dupre.jpg" naturalsizeflag="3" alt="Au nom du progrès" align="bottom" border="0" height="309" width="207" /></td></tr></tbody></table><p>Produire plus, davantage, à moindre coût, grâce aux barbituriques et aux engrais ; travailler encore et toujours plus, se mécaniser, s'endetter et s'agrandir... Courber l'échine, s'adapter et voir autour de soi les collègues quitter la terre... Michel Dupré aurait pu se résigner au nom du Progrès. Il s'y est refusé. Ce livre est bien plus que le témoignage d'un homme issu d'une famille paysanne " ordinaire ". C'est l'histoire d'une génération d'agriculteurs confrontée à un choix terrible : se soumettre à la logique de l'agro-business ou se battre contre elle. Mais le Salut peut-il venir des paysans eux-mêmes ?<br />Né en 1952 à Bonnœuvre en Loire-Atlantique, fils de paysans et paysan lui-même durant 22 ans, il est aujourd'hui technicien de l'environnement.</p> <p>2002, 140 p.,<b> </b> <span style="color: rgb(255, 0, 255);">ISBN : 2-912228-07-7</span></p>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-20287690456320032142008-04-10T18:31:00.005+02:002008-04-10T19:14:37.405+02:00Souffrances et résistances des paysans français<span class="lettrine"><span style="font-style: italic;">Souffrances et résistances des paysans français</span> (sous titré <span style="font-style: italic;">Violence des politiques publiques de modernisation économique et culturelle</span>) est un livre issu de la thèse d'état de la sociologue et ethnologue française Michèle Salmona paru en 1994 aux éditions l'harmattan.<br />A</span>u travers de cet ouvrage se croisent les interrogations de la psychologie sociale et le récit d'une tranche de vie de recherche observant les effets du développement agricole. Le lecteur y est convié à l'examen des « dégâts du progrès » de l'agriculture, c'est-à-dire aux effets d'une politique incitative de l'État (à partir de la Loi d'orientation agricole de 1962) relayée par les organisations professionnelles agricoles, pour moderniser « à marche forcée » l'agriculture française.<br /><br /> (Cliquer sur la post-face du livre pour l'agrandir et lire le résumé)<br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R_5FSxoAC-I/AAAAAAAAABo/pEqQPG_iYoA/s1600-h/Souffrances+et+r%C3%A9sistances+des+paysans+fran%C3%A7ais.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R_5FSxoAC-I/AAAAAAAAABo/pEqQPG_iYoA/s400/Souffrances+et+r%C3%A9sistances+des+paysans+fran%C3%A7ais.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187660009638464482" border="0" /></a><br />Voir aussi une analyse de l'oeuvre par <a href="http://www.ivry.inra.fr/tsv/cv-chercheurs/christian-nicourt.html">Christian Nicourt</a> <span style="font-size:100%;">(</span><span style="font-family:Arial,Helvetica,sans-serif;"><span style="font-size:100%;">Docteur en histoire et ergonome, ses travaux concernent la normalisation de la production et ses effets sur le travail des hommes et des femmes dans le secteur agricole)</span> </span>sur le site <a href="http://ruralia.revues.org/document163.html">Ruralia</a><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R_5BJRoAC8I/AAAAAAAAABY/lKhN15tDJsk/s1600-h/Souffrances+et+r%C3%A9sistances+des+paysans+fran%C3%A7ais.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 4px; height: 5px;" src="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R_5BJRoAC8I/AAAAAAAAABY/lKhN15tDJsk/s400/Souffrances+et+r%C3%A9sistances+des+paysans+fran%C3%A7ais.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187655448383196098" border="0" /></a>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-77637439623556577072008-03-29T14:56:00.002+01:002008-03-29T14:59:06.876+01:00Les désespérés de la terreIl y a trois mois, à Marennes, Alain F. s’est donné <span class="spip_surligne">la</span> mort avant de voir ses vaches saisies. Bien qu’il n’y ait pas de statistiques officielles, les suicides d’agriculteurs semblent se multiplier, poussant des organisations syndicales à tirer la sonnette d’alarme. <div class="crayon article-texte-31 texte"><p style="font-style: italic;" class="spip">Article <span class="spip_surligne">de</span> Frédéric PONS, Libération, lundi 11 décembre 2006 Marennes (Rhône) envoyé spécial</p> <p class="spip">Par une journée d’octobre, Alain F., 40 ans, petit éleveur laitier à Marennes (Rhône), mettait fin à ses jours en se pendant dans sa grange, laissant sa femme et ses enfants. Quelques jours auparavant, racontent des témoins, des contrôleurs envoyés par Bruxelles l’avaient prévenu qu’ils allaient saisir ses vaches. C’est la procédure quand un paysan ne parvient pas à hisser son exploitation aux nouvelles normes environnementales exigées par l’Europe : enterrement de toutes les canalisations, interdiction de laisser des fluides s’écouler dans la terre, autant de travaux qui se chiffrent, selon la taille des fermes, entre 50 000 et 200 000 euros.</p> <p class="spip">« Alain était démoralisé depuis quelques mois. Il disait souvent que c’était trop dur. Qu’il allait arrêter l’exploitation. Il avait 80 000 euros de mise aux normes à faire, il n’avait pas les moyens. Surtout que, dans le lait, la politique agricole commune fait baisser nos prix régulièrement et nous met le dos au mur », dit Pascal Rigard, 38 ans, voisin et ami d’enfance du défunt, en ravalant sa tristesse. « Dans la commune, on était quatre jeunes dans la quarantaine, maintenant, il n’en reste que deux », ajoute Rigard, bras le long du corps dans son bleu de travail, maigre silhouette plantée dans le vent, sur le talus où se dresse sa petite ferme, face aux monts du Lyonnais.</p> <p class="spip"><strong class="spip">« Une quarantaine de décès »</strong></p> <p class="spip">Plus que deux ? « Il y a eu un autre suicide récemment dans la commune. Le gars est allé se foutre au Rhône, on l’a retrouvé dix kilomètres plus loin, noyé. Personne n’en parle trop par ici », admet Laurent Point, agriculteur dans la région et responsable de la Coordination rurale (CR) locale, un syndicat paysan qui se sent « trahi par la gauche et par la droite ». Et qui révèle des suicides de paysans à répétition, sujet tabou dans les campagnes. Surtout à quelques semaines d’élections générales aux chambres d’Agriculture, qui pourraient voir la suprématie de la FNSEA, premier syndicat agricole français, fortement contestée.</p> <p class="spip">Marennes se réfugie dans le silence : « Il y a trop de tristesse et de colère », dit Laurent Point. Sur l’exploitation où s’est noyé le patron, ses deux fils montent la garde, prêts à repousser les importuns. Pas question d’approcher de la ferme dans un rayon de cent mètres.</p> <p class="spip">Selon la coordination, « une vague inquiétante de suicides d’agriculteurs frappe actuellement la région Rhône-Alpes, portant à une quarantaine le nombre de décès depuis le début de l’année ». Un chiffre obtenu par « recoupements entre des gens qui se connaissent localement et par notre maillage syndical », explique la CR. Qui se souvient d’avoir tiré plusieurs fois la sonnette d’alarme dans les semaines qui ont précédé le décès prévisible d’Alain F. : « Il était venu nous voir en disant que le syndicat ne servait à rien. On a bien compris qu’il était très mal. On a contacté en urgence la direction départementale de l’agriculture (DDA), la Mutuelle sociale agricole (MSA) et la chambre d’Agriculture, en leur expliquant qu’il fallait empêcher un gars de chez nous de commettre l’irréparable. Personne n’a voulu nous entendre et voilà le résultat. Nos organisations professionnelles sont nulles, on peut crever, tout le monde s’en fout », se fâche Jean-Louis Augier, patron de la CR pour le département du Rhône.</p> <p class="spip">René Louail, membre de la Confédération paysanne, abonde dans ce sens. Vieux routier du syndicalisme agricole et spécialiste des problèmes sociaux, cet ancien porte-parole connaît lui aussi les signes annonciateurs de suicides : « A chaque crise agricole, je me demande lesquels de mes collègues vont mettre fin à leurs jours. Cela se vérifie à tous les coups, comme après la crise de la vache folle. Mais le plus grave, ce sont les morts à cause des difficultés quotidiennes, les dettes et le harcèlement des créanciers ou de l’administration », analyse-t-il. Il se souvient d’une période noire à la fin des années 90 : « J’ai connu cinq cas de suicides la même année. » Au début des années 2000, un agriculteur qu’il ne connaît pas lui téléphone en lui confiant son désir de mettre fin à ses jours à la perspective d’une réunion délicate avec son banquier. « Ce gars s’est immolé par le feu à la sortie de son rendez-vous », se souvient le syndicaliste. « C’est plutôt les problèmes familiaux »</p> <p class="spip">Aujourd’hui, comment mesurer vraiment l’importance du phénomène ? « Il n’existe aucune statistique officielle sur les suicides de paysans. Nous ne travaillons pas sur ce sujet », reconnaît l’Institut national de la recherche agronomique (Inra). Tout au plus sait-on que les ouvriers agricoles et les chefs d’exploitation constituent la catégorie socioprofessionnelle qui se suicide le plus, selon l’Insee. Pas d’étude quantitative non plus au ministère de l’Agriculture ou aux Affaires sociales : « Tout ce qu’on peut faire, c’est repérer les cas de suicides dans la presse locale. » Donc, après coup. On n’est pas plus averti à la MSA, la mutuelle préférée du monde paysan, même si certains évoquent à demi-mots une étude sur les suicides réalisée en Normandie, notamment dans la Manche. « C’est une vieille étude sans grand intérêt. Actuellement, il semble qu’il y ait un peu plus de suicides en France, mais ce n’est pas démontré. Il faut faire la part des choses, les chiffres de la Coordination rurale sont à manier avec prudence. La raison principale des suicides, selon nous, est plutôt à chercher dans les problèmes familiaux », minimise Christian Violet, secrétaire général de la MSA. Les problèmes familiaux, bien sûr. C’est-à-dire les femmes qui ne veulent plus travailler la terre, les enfants qui ne veulent pas reprendre l’exploitation, les horaires infernaux, de 6 heures du matin à 9 heures du soir, sans RTT ni vacances : « J’ai l’impression d’être un esclave », note Pascal Rigard .</p> <p class="spip">Mais les difficultés de la vie de famille en milieu rural ne suffisent pas à expliquer tous les suicides. A en croire la Coordination rurale, mais aussi la Confédération paysanne, d’accord sur ce point, la baisse continue des subventions et des prix décidée par la Commission européenne « prive d’espoir un grand nombre d’agriculteurs ». Le non majoritaire des citoyens-paysans lors du référendum sur la Constitution européenne a d’ailleurs rappelé leur méfiance à l’égard des institutions européennes. Les agriculteurs souffrent aussi d’un syndrome de « déclassement », coincés qu’ils sont entre leur préoccupation à produire de façon intensive comme dans les années 60 et une opinion publique qui peste contre la malbouffe.</p> <p class="spip">Le porte-à-faux ne date pas d’hier. Dès 1810, un décret napoléonien, connu comme celui « des odeurs » , classe les exploitations en fonction de leur nuisance pour le voisinage. Les premiers visés sont les éleveurs de porcs de Bretagne, sur lesquels pèse toujours l’opprobre. « Nous, les paysans, on nourrit le peuple, ensuite le peuple nous botte le cul ! Y en a marre, on n’en peut plus », jure Pascal Rigard, le voisin du suicidé de Marennes. Il y a aussi le poids de la culture rurale, mélange de catholicisme et de fierté forgée dans les épreuves : « Chez nous, quand quelqu’un ne remplit pas ses objectifs de production, il se sent personnellement coupable. Il se sent aussi "mauvais" par rapport à ses voisins qui réussissent mieux. Ces sentiments pèsent parfois très lourd », explique Laurent Point, la voix émue. « Ma mère a mis fin à ses jours il y a vingt ans, minée par des difficultés financières », ajoute-t-il, avant de conclure : « Quand quelqu’un se suicide dans une exploitation, on dit toujours qu’il était malade. »</p> <p class="spip">« Personne ne veut admettre que ce métier peut tuer », résume René Louail, pour la Confédération paysanne. Un haut fonctionnaire du ministère de l’Agriculture pointe pour sa part que, en France, « les agriculteurs ont une vision très patrimoniale de leur outil de travail. Il n’y a pas de culture commerciale minimum qui conduirait par exemple un entrepreneur de services ou d’industrie à arrêter les frais et à se reconvertir. Il y a là une forme d’acculturation d’un certain nombre de paysans au monde économique, c’est un fait », regrette-t-il.</p> <p class="spip"><strong class="spip">« Multiplicité des causes de suicide »</strong></p> <p class="spip">Plus généralement, les agriculteurs seraient les premières victimes de « la déliquescence du lien social » et d’une « perte d’identité », avance Christian Nicourt, chercheur à l’Inra. « Le milieu rural s’est recomposé en trente ans. Il y a moins d’éleveurs et plus de néoruraux, les maires-agriculteurs sont de moins en moins nombreux ; l’espace s’est mité avec la construction de lotissements, et les paysans sont confrontés à des populations nouvelles qu’ils ont du mal à intégrer », poursuit Christian Nicourt, qui croit à une « multiplicité des causes de suicide », mais pour qui la solitude serait à l’origine de la plupart des drames. « Les paysans, devenus entre eux concurrents, ont par ailleurs le plus grand mal à fonder une famille », relève-t-il. Du coup, il n’y a plus personne pour parler puisque, comme le résume René Louail, « parler de ses difficultés à son voisin, c’est se mettre à poil devant lui ».</p> <p class="spip">Faut-il que les organisations professionnelles de l’agriculture se transforment en autant d’assistantes sociales pour éviter les décès par suicide ? En principe, ce rôle est dévolu à la MSA. Depuis la crise de la vache folle, la mutuelle a mis en place des « cellules d’écoute psychologique ». Mais elle paraît sous-estimer la gravité de certaines situations : « Nous avons une politique d’accompagnement pour les agriculteurs les plus fragilisés. Nos assistantes sociales sont très souvent sur le terrain, mais je n’ai pas d’éléments particuliers sur les suicides, d’autant que, dans mon département, les Landes, il n’y a pas eu de cas depuis le début de l’année », assure Chantal Gonthier, responsable de la commission sociale de la FNSEA et administratrice de la MSA. Pas de signes, pas d’évidences, pas de problèmes.</p> <p class="spip">En Inde, autant dire à l’autre bout du monde, nul ne met en doute l’importance de ce phénomène de suicides chez les paysans cultivateurs de coton soumis aux mauvaises récoltes et écrasés par l’endettement. Au mois d’octobre, le rythme s’est accéléré, jusqu’à cinq morts volontaires par jour par ingestion de pesticides. Pendant ce temps, à Marennes, un éleveur du cru enrage : « Quelqu’un me prendrait ma terre, je le tue. »</p><p class="spip">Parut sur le site: <a href="http://amapcasteron.free.fr/spip.php?article31&var_recherche=les%20d%E9sesp%E9r%E9%20de%20la%20terre">AMAP de Casteron</a><br /></p></div>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-32595646945788241522008-03-29T13:19:00.002+01:002008-04-10T19:53:14.185+02:00"L’agriculture a changé, qui va leur dire ?" de Françoise MAHEUX<center> <img style="width: 148px; height: 125px;" alt="L'agriculture a changé, qui va leur dire ?" src="http://palissy.humana.univ-nantes.fr/labos/cht/images/Maheux.jpg" /> </center><br />De 1985 à 1999, Françoise Maheux, conseillère en économie sociale et familiale à la MSA de Loire-Atlantique, a en charge l’accompagnement social des agriculteurs en difficulté dans un contexte de transformations économiques et sociales (quotas laitiers, crises de la viande ovine et bovine, sécheresses…). Un jour, elle en a eu « assez du silence, de ces pertes de silence, de ces départs en silence » …et elle s’est mise à écrire pour recueillir leurs paroles.<br /><br />Les agriculteurs chez qui elle intervenait c’était les « siens », c’est-à-dire les « non redressables » pour les OPA et les « traditionnels » et « marginalisés » pour le Service Social de la MSA. Au départ, elle les a considéré incompétents, décalés, puis, peu à peu, elle a vu autre chose : leur désarroi, la perte d’une identité, la perte de confiance. Comment faire pour rester agriculteur aux yeux des autres ? Comment faire pour ne pas baisser les bras ?<br /><br />En touchant leur intimité, leurs fragilités, Françoise Maheux a douté de son rôle de conseillère. Pour ne pas sombrer dans le découragement, elle s’est mise à noter des confidences et des détails de la vie courante que les agriculteurs lui confiaient ainsi que les réflexions et la révolte que cela lui inspirait. Elle a écrit ce « journal d’une conseillère » sous forme de poèmes qui ont souvent la force d’un coup de poing.<br /><br />Ce très beau livre est dédié « A tous ceux qui sont nés dedans l’agriculture. A tous ceux qui en sont sortis le cœur meurtri. A tous ceux qui l’ont quittée soulagés. A tous ceux qui y sont restés trop longtemps étonnés d’avoir autant supporté. A ceux et celles qui ont décidé de rester. »<br /><br />En voici un extrait :<br /><br />CA VA PAS MAL !<br />Ca n’allait plus.<br />Je ne bossais plus, je buvais pas mal.<br />Je vendais pour boucher les trous.<br />Je m’en foutais pas mal, je n’avais plus de sous.<br />La ferme me filait entre les doigts.<br />Je buvais pas mal.<br />Alors, des gars m’ont sifflé dans les oreilles :<br />T’as mieux à faire que ça, ils m’ont dit,<br />Tu vaux mieux que ça.<br />Et maintenant, je n’ai plus la ferme.<br />Et je leur tire mon chapeau.<br />Sans eux, où je serais aujourd’hui, imprégné d’alcool et de mépris ?<br />Je n’ai plus de ferme.<br />Et j’ai changé de métier, retrouvé des copains.<br />Et ça marche !<br />Je n’ai plus la ferme.<br />Je leur tire mon chapeau.<br />Ca va pas mal !<br /><br /><br />Editions : Centre d’histoire du travail<br />2 bis, boulevard Léon-Bureau - 44200 Nantes<br />Tel : 02 40 08 22 04 - Fax : 02 51 72 78 41 - Mel<br />Diffusion : Littéral - ZI du Bois Imbert - BP 11 - 85280 La Ferrière<br />Tel : 02 51 98 33 34 - Fax : 02 51 98 42 11 - Mel<br />15 €ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-15195913248712448752008-03-28T20:47:00.031+01:002008-05-30T16:53:16.489+02:00école de Palo-Alto, double contrainte et pathologies mentales des paysans<div dir="ltr" style="font-weight: bold;" class="spip_small"><p class="spip">Dans le cadre d’un procès contre l’état nous cherchons à établir des liens clairs et solides entre les violences des politiques publiques de modernisation économique et culturelle et les pathologies mentales développées par les paysans ces dernières décennies. A cette fin nous utilisons les travaux de recherche développés par l’équipe de Palo-Alto...</p> <p class="spip">publié par Arsfp : <a href="http://arsfp.blogspot.com/" class="spip_out">http://arsfp.blogspot.com/</a></p></div> <p class="spip"><span style="font-size:130%;"><b>1) École de Palo-Alto</b></span><br /><br />L’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89cole_de_Palo_Alto"><b>École de Palo-Alto</b></a> est un courant de pensée et de recherche ayant pris le nom de la ville de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Palo_Alto" title="Palo Alto">Palo Alto</a> en Californie, à partir de 1950. On le cite en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychologie" title="Psychologie">psychologie</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Psycho-sociologie" class="mw-redirect" title="Psycho-sociologie">psycho-sociologie</a> ainsi qu’en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sciences_de_l%27information_et_de_la_communication" class="mw-redirect" title="Sciences de l'information et de la communication">sciences de l’information et de la communication</a>. Ce courant est à l’origine du mouvement de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9rapie_familiale" title="Thérapie familiale">thérapie familiale</a> et de la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Th%C3%A9rapie_br%C3%A8ve" title="Thérapie brève">thérapie brève</a>. Parmi les principaux fondateurs de ce courant, on trouve <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Gregory_Bateson" title="Gregory Bateson">Gregory Bateson</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Donald_D._Jackson" class="mw-redirect" title="Donald D. Jackson">Donald D. Jackson</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/John_Weakland" title="John Weakland">John Weakland</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jay_Haley" title="Jay Haley">Jay Haley</a> et <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Watzlawick" title="Paul Watzlawick">Paul Watzlawick</a>.<br /><br />Bateson et son équipe lancent un pavé dans la mare de la psychiatrie, bousculent les modes de pensée traditionnels et jettent les bases de la psychologie moderne. Dans un retentissant article intitulé « Vers une théorie de la Schizophrénie », ils proposent une vision interactionnelle de la « maladie mentale » qui ouvre la voie à la thérapie familiale et systémique. Ce sont les fondements mêmes de notre conception de l’homme qui sont ébranlés puis reconstruits sur les concepts issus de la cybernétique et de la théorie des systèmes : information, contrôle, feed-back, niveaux logiques, paradoxes…<br /><br />L’influence de la « première <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cybern%C3%A9tique" title="Cybernétique">cybernétique</a> »* sur l’École de Palo-Alto s’est traduite par le fait que le thérapeute ne considère plus son patient comme un individu isolé sur lequel il devrait poser un diagnostique psychiatrique mais s’intéresse aux interactions actuelles du patient avec son environnement qui maintiennent son problème. En d’autres termes, le thérapeute se demande comment le système maintient l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Hom%C3%A9ostasie" title="Homéostasie">homéostasie</a>. On passe d’une explication individuelle et diachronique à une explication systémique et synchronique.<br /><br />La psychothérapie systémique est basée notamment sur la notion d’<span style="color: rgb(153, 0, 153);"><strong>homéostasie familiale</strong></span> qui suppose que soigner une pathologie psychiatrique chez un membre de la famille passe par la prise en compte de toute la famille, la personne malade n’étant qu’un symptôme de la pathologie du système (famille). Le malade n’est donc plus seul "responsable" de "sa" maladie.Dans un système, ce qui vit, c’est un réseau de communication dont tous les noeuds sont en interaction les uns avec les autres (<span style="font-weight: bold;">on ne peut pas ne pas communiquer </span> selon la formule de Watzlawick).<br /><br />Le projet débouche ainsi sur l’élaboration de la notion de "paradoxe" et la <span style="color: rgb(204, 0, 153);"><strong>théorie du double-bind</strong></span> ou <span style="color: rgb(153, 0, 153);"><strong>"double contrainte" </strong></span>formulée en 1956 dans leur article intitulé <em>Vers une théorie de la schizophrénie</em>.<br /><br /><span style="font-weight: bold;font-size:130%;" >2) « Paradoxe » et « Double contrainte »</span><br /><br /><br />Pour eux, « <em>Le paradoxe est un modèle de communication qui mène à la double contrainte</em> ». C’est cette situation qu’ils trouvèrent dans les familles de schizophrènes sans conclure cependant qu’il s’agissait d’une causalité linéaire vers la maladie mentale.<br /><br />La théorie affirme l’existence de relations conflictuelles entre le malade psychotique et son entourage, le dernier donnant au premier des ordres absurdes et impossibles à exécuter (en résumé caricatural : je te donne l’ordre de me désobéir, sinon...). Ces ordres impossibles à respecter étant, forcément, toujours suivis de sanctions, ils entraîneraient ainsi l’apparition de la psychose.<br /><br />Cette situation donne naissance à une volonté de fuite. Lorsque cette fuite n’est pas possible au sens propre du terme (par exemple si l’on est économiquement ou socialement dépendant de la personne intimant l’un des deux ordres), la fuite peut avoir lieu dans un certain nombre de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/N%C3%A9vrose" title="Névrose">névroses</a> ou de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Psychose" title="Psychose">psychoses</a>, parmi lesquelles la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Schizophr%C3%A9nie" title="Schizophrénie">schizophrénie</a>.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">2.1 Définition</span><br /><br />On nomme <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Double_contrainte"><b>double contrainte</b></a> (double-bind) une paire d’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paradoxes_et_double_contrainte"><b>injonctions paradoxales</b></a> consistant en une paire d’<span style="font-weight: bold;">ordres</span> <span style="font-weight: bold;">explicites ou implicites</span> intimés à quelqu’un qui ne peut en satisfaire un sans violer l’autre. <i>To bind</i> (<i>bound</i>) signifie « coller », « accrocher » à deux ordres impossibles à exécuter avec un <span style="font-weight: bold;">troisième ordre</span> qui <span style="font-weight: bold;">interdit la désobéissance et tout commentaire sur l’absurdité de cette situation</span> d’ordre et de contre-ordre dans l’unité de temps et de lieu. Sans cette troisième contrainte, ce ne serait qu’un simple <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Dilemme" title="Dilemme">dilemme</a>, avec une indécidabilité plus-ou-moins grande suivant l’intensité des attracteurs du type de l’âne de Buridan qui meurt de faim et de soif à mi-chemin entre un sac d’avoine et un baquet d’eau !</p> <p class="spip">La double contrainte existe seulement dans une relation d’autorité qui ordonne un choix impossible et qui interdit tout commentaire sur l’absurdité de la situation.Dans une situation d’indécidabilité, le dilemme est une nécessité de choisir, tandis que l’injonction paradoxale est une obligation (<span style="font-weight: bold;">un ordre</span>) de choisir.</p> <p class="spip">L’injonction paradoxale est bien illustrée par l’ordre "sois spontané(e)", souvent utilisé par Paul Watzlawick comme exemple, où devenant spontané en obéissant à un ordre, l’individu ne peut pas être spontané.<br /></p> <p class="spip"><span style="font-weight: bold;">2.2 Différence entre injonction paradoxales et double contrainte</span><br /><br />Dans les injonctions paradoxales, il y a toujours une possibilité de commenter sur l’absurdité, comme appuyer en même temps sur deux touches d’ordinateur, un pour commander la marche et l’autre l’arrêt. L’ordinateur peut afficher "erreur de syntaxe". Alors que dans la double contrainte, il y a une troisième injonction qui interdit le non-choix et tout commentaire sur l’absurdité de la situation.<br /><br />Dans la théorie de la schizophrénie de Bateson, les injonctions paradoxales constituent de tels ordres formulés par l’Autre (l’autorité, le pouvoir ou quelque principe intériorisé capable de mettre en jeu la survie, le développement, le confort et la sécurité). Dans un milieu familial où règne une communication pathologique, ces injonctions paradoxales visent une "<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Victime_%C3%A9missaire" title="Victime émissaire">victime émissaire</a>", le membre "schizophrénique" du système et le forcent éventuellement à s’enfermer dans une double contrainte typiquement "schizophrénique" : tenter de ne pas communiquer. Ce qui est impossible, puisque le "charabia" du "schizophrénien", le retrait, le silence verbal ou postural même est une communication (communication non verbale) .<br /><br />Les injonctions paradoxales et les doubles contraintes sont des phénomènes assez courants et dépassent le cadre individuel du comportement humain pour entrer dans le comportement économique et social, des individus aux nations. Les totalitarismes sécrètent quantité de doubles contraintes qui sont hors de notre propos. Il suffit d’évoquer, pour couvrir le sujet, que les dictatures imposent toujours des injonctions paradoxales du type de "sois spontané(e)" où il ne suffit pas assez de supporter ou de tolérer cette dictature, mais encore il faut la vouloir.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">2.3 Quelques exemples</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">a)</span> À partir de l’analyse des films qu’il a pris à Bali, Bateson raconte qu’une mère manifeste par des mots d’amour de la langue un rapprochement tout en adoptant en même temps une conduite d’éloignement ou d’évitement par les langages corporels proxémique (distance et durée) et kinésique (geste, mimique, mouvement et posture). L’enfant ne sait pas et ne peut savoir ce que sa mère exige de lui. Il est condamné à osciller entre ces deux exigences contraires auxquelles il ne peut répondre en même temps et ne peut commenter ou discuter. L’enfant est condamné à osciller entre deux réponses d’approche et d’évitement. Quelle que soit la réponse qu’il adopte, il est puni et reçoit l’ordre de changer de réponse et d’adopter l’autre.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">b)</span> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Watzlawick" title="Paul Watzlawick">Paul Watzlawick</a> se plait à raconter cette histoire pour illustrer la double contrainte :<br /></p> <p class="spip">Une mère rend visite à son enfant et lui offre deux cravates, une bleue et une rouge. À la visite suivante, l’enfant se présente avec la cravate rouge. La mère lui dit : "tu n’aimes pas la cravate bleue" ?<br />À la visite suivante, l’enfant se présente avec la cravate bleue. La mère lui dit : "tu n’aimes pas la cravate rouge" ?<br />À la visite suivante encore, l’enfant se présente avec les cravates bleue et rouge à la fois au cou et sa mère lui dit : "Ce n’est pas étonnant que tu sois placé en pédopsychiatrie" !</p> <p class="spip"><span style="font-weight: bold;">c)</span> L’exemple illustratif le plus simple du <i>double bind</i> en psychologie est un enfant de parents qui se séparent ou divorcent. Comme tous les enfants, il a un lien affectif, existentiel avec chacun des deux parents. Si la rupture se passe en douceur, alors ce serait épanouissant pour l’enfant avec deux foyers et deux milieux sociaux et culturels enrichissants et épanouissants.<br />Le drame arrive lorsque les parents, se battent et s’affrontent, alors l’enfant est écartelé entre deux loyautés et deux liens ("bind") qui divergent et s’affrontent. Les parents exigent de l’enfant de choisir entre l’un ou l’autre à partir de trois injonctions existentielles et primordiales pour la vie psychique et sociale de l’enfant.</p> <ul><li>Aimes -tu ton père ?</li></ul> <ul><li>Aimes-tu ta mère ?</li></ul> <p class="spip">L’enfant répond : laissez moi tranquille avec vos affaires !</p> <ul><li>Tais-toi ingrat !<br /></li></ul><span style="font-weight: bold;">2.4) Quelques contre- exemple</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">a)</span> Pour l’âne de Buridan entre un sac d’avoine et un baquet d’eau, ce n’est qu’un simple dilemme où il est nécessaire de choisir dans une <b>indécidabilité</b> plus-ou-moins-grande entre des attracteurs d’intensité presque égale. Le dilemme n’a rien à voir avec la double contrainte qui est une <b>obligation</b> de choisir dans une situation de choix impossible assortie de l’interdiction de ne pas choisir et de commenter l’absurdité de la situation. Il y a de fréquentes confusions entre dilemme et double contrainte, en prenant l’un pour l’autre.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">b)</span> Paradoxe de Langevin - Pour qu’il y ait « double contrainte », il faut et il suffit qu’ un troisième ordre qui oblige à obéir et qui interdit tout commentaire sur cette situation absurde. Sans ce troisième ordre, ce serait source d’humour et de créativité. Exemple, Albert Einstein a résolu le « paradoxe de Langevin » (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Langevin" title="Paul Langevin">Paul Langevin</a>), où des horloges atomiques donnent des temps différents lorsqu’elles se déplacent à des vitesses différentes et où la Physique newtonienne affirme le temps constant et absolu partout. Cette résolution du paradoxe de Langevin a donné naissance à la Physique einsteinienne.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;font-size:130%;" >3) Pathologies mentales des paysans</span><br /><br />La sociologue et ethnologue française <a href="http://www.blogger.com/Dans%20le%20cadre%20d%C3%A2%C2%80%C2%99un%20proc%C3%83%C2%A8s%20contre%20l%C3%A2%C2%80%C2%99%C3%83%C2%A9tat%20nous%20cherchons%20%C3%83%C2%A0%20%C3%83%C2%A9tablir%20des%20liens%20clairs%20et%20solides%20entre%20les%20violences%20des%20politiques%20%C3%83%C2%A9conomiques%20et%20culturelles%20et%20les%20pathologies%20mentales%20des%20paysans%20d%C3%83%C2%A9velopp%C3%83%C2%A9es%20ces%20derni%C3%83%C2%A8res%20d%C3%83%C2%A9cennies.%20A%20cette%20fin%20nous%20utilisons%20les%20travaux%20de%20recherche%20d%C3%83%C2%A9velopp%C3%83%C2%A9s%20par%20l%C3%A2%C2%80%C2%99%C3%83%C2%A9quipe%20de%20palo-alto...">Michèle Salmona</a>, qui a étudié le groupe social des paysans pendant plus de quarante ans, a mis clairement en évidence les effets de double contrainte et d’injonctions paradoxales dans les rapports que vivent ces derniers avec les représentants du pouvoir et de l’état. En effet dans le cadre de l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Incitation_%C3%A9conomique">incitation économique</a>**, des agents mandatés par l’état qu’elle appelle les "<a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/03/intrusion-des-fantassins-du.html"><span style="font-weight: bold;">fantassins du développement</span></a>" pénètrent dans le domicile même des familles paysannes et les soumettent à des injonctions (<span style="font-weight: bold;">ordres</span>)<span style="font-weight: bold;"> </span>paradoxales assorties de la double contrainte :<br /><br /><br /><br /><img src="http://lenumerozero.lautre.net/puce.gif" alt="-" height="11" width="8" /> soit ils rentrent dans le jeu de la modernisation et dans ce cas on leur donne des subventions.Mais alors ils auront à subir les lourdes contraintes ( Changement brutal du mode de production, hausse de la fatigue nerveuse, endettement, risque de faillite en cas de chute des cours...) qui sont liées à cette modernisation.<br /><br /><br /><img src="http://lenumerozero.lautre.net/puce.gif" alt="-" height="11" width="8" /> soit ils restent en marge de la modernisation et ils deviennent des marginaux économiques et donc ils sont condamnés à disparaitre à brève échéance.<br /><br />L’agriculteur est alors piégé, il n’a pas la possibilité de désobéir ni de s’exprimer sur l’absurdité de la situation qu’il est entrain de vivre : <span style="font-weight: bold;">il n’y a pas d’alternative</span>. L’école de Palo-alto a justement montrée que ce genre de situations dans lesquelles la personne est prisonnière d’un choix "impossible" sont à l’origine de pathologies mentales graves névrose, schizophrénie (étymologiquement veut dire "esprit" "coupé"), psychose.<br /><p class="spip">Mais ce n’est malheureusement pas tout, à la fin du plan, les "fantassins du développement" reviennent dans la famille pour <strong class="spip">contrôler</strong> les résultats obtenus. Et comme de bien entendu, dans la grande majorité des cas, ils estiment que les objectifs n’ont pas été atteints (<span style="font-weight: bold;">sanctions</span>) . Cela engendre un phénomène de culpabilisation (dépression, suicide) de la part de la famille en "incitation" économique.</p> <p class="spip"><span style="font-weight: bold;">Contre-ordre</span> : Le comble de l’absurde est atteint lorsque l’incitation fonctionne "trop bien" (surproduction). Les incitateurs fantassins du développement mettent en garde les familles qu’il va falloir faire attention à restreindre la production (quotas laitiers par exemple). L’ agriculteur qui a investit (après avoir été incité) dans de nouveaux bâtiments pour accroitre sa production et qui comptait sur la quantité pour pouvoir compenser la baisse des prix se voit sommer de la réduire : Il y a vraiment de quoi devenir fou !<span style="font-weight: bold;font-size:130%;" ><br /><br />4) Conclusion</span><br /><br />Voilà des arguments qui établissent des liens solides entre d’un côté la violence des politiques économiques et culturelles et de l’autre les pathologies mentales survenues chez les agriculteurs ces dernières décennies .<br /><br />Harcèlement (des créanciers par exemple), manipulation mentale (ordre, contre-ordre, double contrainte, sanctions) ... ce qui s’est passé dans les campagnes françaises est grave et tout cela ne doit pas rester sous silence. C’est pour cela que nous demandons la tenue d’un procès. Un débat contradictoire sur ces questions est plus que nécessaire. Nos élus ont des comptes à rendre aux citoyens. Les victimes de ces politiques ont le droit de savoir ce qui s’est passé.<br /><br /></p> <hr class="spip"> <p class="spip">Ci-dessous : Fantassins du développement en "visite" dans une famille paysanne.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-VNS96v3gI/AAAAAAAAABA/AOAz5X8rixg/s1600-h/Fantassins+du+d%C3%A9velopement6.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-VNS96v3gI/AAAAAAAAABA/AOAz5X8rixg/s400/Fantassins+du+d%C3%A9velopement6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5180631934613577218" border="0" /></a>"Deux techniciens de la transplantation embryonnaire bovine se sont installés dans la ferme. Ils ont mobilisé la table de la cuisine. Les trois générations de paysans sont d’un seul coup repoussées autour de la pièce commune.Exclus du processus qui se met en place sur leur exploitation. Ils n’ont même plus le pouvoir dans leur cuisine."<br /><br />Photo et texte extrait du livre "Nous, paysans" co-écrit par José Bové et Gilles Luneau<br /><br /></p> <hr class="spip"> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;"><span style="font-size:130%;">Notes :</span></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">* Le biologiste français <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Laborit" class="spip_out">Henry Laborit</a> a participé à l’émergence de la pensée cybernétique et systémique. On doit à Laborit l’introduction (1952) de la chlorpromazine (le premier neuroleptique, dont le nom commercial est Largactil) dans le traitement de la schizophrénie.<br />La cybernétique est aussi utilisée en psychanalyse notamment par <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Lacan" class="spip_out">Jacques Lacan</a>.<br /><br />**<span style="font-weight: bold;">Incitation économique</span> : On appelle incitation économique, toute mesure spécifique de politique économique non obligatoire, cherchant à obtenir des agents qu’elle vise, un comportement déterminé, non souhaité par eux, ou qu’ils n’ont pas idée d’adopter au moins au départ en échange d’un ou plusieurs avantages déterminés.<br /><br /></p> <p class="MsoNormal" style="text-align: justify;">Depuis 1946, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Commissariat_g%C3%A9n%C3%A9ral_du_Plan">le commissariat général du plan</a> est chargé, <span style="font-weight: bold;">en France</span>, de définir la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Planification_%C3%A9conomique" title="Planification économique">planification économique</a> du pays à l’aide de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_quinquennal">plans quinquennaux</a> . Il y a eu en France de 1946 à 1997, 11 plans " quinquennaux". En 2005, le premier ministre Dominique de Villepin a annoncé la transformation du commissariat général du plan.<br /><br />Site archivé <a href="http://www.plan.gouv.fr/index.php">du commissariat général au plan</a></p>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-12535950405174030152008-03-27T14:16:00.002+01:002008-03-27T14:51:28.363+01:00Planification économique , plan quinquennaux, "incitation"<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-VNS96v3gI/AAAAAAAAABA/AOAz5X8rixg/s1600-h/Fantassins+du+d%C3%A9velopement6.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-VNS96v3gI/AAAAAAAAABA/AOAz5X8rixg/s400/Fantassins+du+d%C3%A9velopement6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5180631934613577218" border="0" /></a>Photo tirée du livre "nous, paysans" (Gilles Luneau, José Bové)<p></p> <p class="spip">Malgré ce que prétendent les politiques qui cherchent à se défausser de leur responsabilité en arguant de leur impuissance face au "marché", Nous estimons qu’il y a bien eu intention d’exterminer économiquement le groupe social des paysans :</p> <p class="spip">Dans le cadre de la planification économique (Depuis 1946, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Commissariat_g%C3%A9n%C3%A9ral_du_Plan" class="spip_out">commissariat général du plan</a> est chargé, en France, de définir la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Planification_%C3%A9conomique" class="spip_out">planification économique</a> du pays à l’aide de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_quinquennal" class="spip_out">plans quinquennaux</a> . Il y a eu en France de 1946 à 1997, 11 plans " quinquennaux".), il y a des experts mandatés par l’état chargés d’<strong class="spip">encadrer</strong> le processus de développement qui pénètrent dans le domicile même des agriculteurs.</p> <p class="spip">La sociologue <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Salmona" class="spip_out">Michèle Salmona</a>, les appellent les "fantassins" du développement. Ces experts font du <strong class="spip">chantage</strong> (injonctions paradoxales dans laquelle aucune solution n’est bonne) aux agriculteurs : "soit vous rentrez dans le jeu de la modernisation et dans ce cas on vous donnent des subventions, soit vous refusez mais alors vous êtes voué à disparaitre".</p> <p class="spip">L’agriculteur est dans l’"obligation" d’accepter, mais en acceptant il doit se plier aussi au lourdes contraintes qui sont liés à cette modernisation et qui engendrent un épuisement mental et des effondrements psychiques chez les familles en incitation.</p> <p class="spip">Mais ce n’est pas tout, à la fin du plan, les "<strong class="spip">fantassins</strong>" du développement reviennent dans la famille pour <strong class="spip">contrôler</strong> les résultats obtenus. Et comme de bien entendu, dans la grande majorité des cas, ils estiment que les objectifs n’ont pas été atteints. Cela engendre un phénomène de culpabilisation (dépression, suicide) de la part de la famille en "incitation" économique.</p> <p class="spip">Le comble de l’absurde est atteint lorsque l’incitation fonctionne "trop bien". Les incitateurs fantassins du développement mettent en garde les familles qu’il va falloir faire attention à restreindre la production (quotas laitiers par exemple). il y a vraiment de quoi devenir fou.</p> <p class="spip">Le terme d’ "incitation" (Planification par incitation en France opposée à la planification directive dans les pays totalitaires) est vraiment un euphémisme, cela ressemble plus à un encadrement militaire. Comme toujours nos dirigeant emploient des mots qui sont le contraire des politiques qu’ils mènent comme ce fut le cas dernièrement pour la loi dite d’"égalité des chances" ou le traité dit "simplifié" de Lisbonne.</p> <p class="spip">"La fin des paysans", n’est pas dû à la fatalité, elle a été voulue et planifiée par l’état français .</p> <p class="spip">C’est pourquoi il est important que ceux qui souhaitent s’exprimer, puissent rentrer en contact avec l’association pour que nous puissions recueillir un maximum de témoignages.</p>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-77023751978140591842008-03-27T13:48:00.018+01:002008-05-26T21:07:16.140+02:00Appel à témoignages et témoignages<h3 class="post-title entry-title">--------------------------------------------------------------------------------------------------<br /></h3><h3 class="post-title entry-title"><a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/03/appel-tmoignages.html">Appel à témoignages sur des pathologies liées au travail agricole</a> </h3> <p><span style="font-style: italic;">Dans le cadre d’une action en justice contre l’état français, nous cherchons à recueillir des témoignages de personnes issues du milieu agricole, ayant été confrontées dans leurs familles ou dans leur entourage proche à des pathologies psychiques ou physiques:</span><br /><br /><span style="font-style: italic;">-Fatigue physique excessive, accident du travail, maladie professionnelle, fatigue nerveuse, insomnie, irritabilité (conflits), anxiété, dépression, tentative de suicide ou suicide […]</span></p><p><span style="font-style: italic;">------------------------------------------------------------------------------------------------</span></p><p><span style="font-size:180%;">*********TEMOIGNAGES**********</span><br /></p><p>----------------------------------------------------------------------------------------------------<br /></p><h3 class="post-title entry-title"><a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/03/sos-paysans-endetts.html">SOS paysans endettés</a> </h3> <p style="font-style: italic;">Témoignage parut dans le journal l'humanité, le 22 janvier 2000.</p><span class="debut"><span class="paru"></span></span><p><br /></p><p style="font-style: italic;">Depuis sa création en 1987, la quinzaine de bénévoles et les trois salariés de l’<a href="http://www.solidaritepaysans.org/index.php">association Solidarité paysanne</a> battent la campagne pour aider les agriculteurs endettés. Généreux et combatifs, ils démontrent que la crise n’est pas une fatalité. [...]</p><p style="font-style: italic;">----------------------------------------------------------------------------------------------------</p><h3 class="post-title entry-title"> <a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/03/lagriculture-chang-qui-va-leur-dire-de.html">"L’agriculture a changé, qui va leur dire ?" de Françoise MAHEUX</a> </h3> <span style="font-style: italic;"><br />De 1985 à 1999, Françoise Maheux, conseillère en économie sociale et familiale à la MSA de Loire-Atlantique, a en charge l’accompagnement social des agriculteurs en difficulté dans un contexte de transformations économiques et sociales (quotas laitiers, crises de la viande ovine et bovine, sécheresses…). Un jour, elle en a eu « assez du silence, de ces pertes de silence, de ces départs en silence » …et elle s’est mise à écrire pour recueillir leurs paroles (...)<br /><br />-------------------------------------------------------------------------------------------------<br /></span><h3 class="post-title entry-title"> <a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/03/les-dsesprs-de-la-terre.html">Les désespérés de la terre</a> </h3> <p><span style="font-style: italic;">Il y a trois mois, à Marennes, Alain F. s’est donné </span><span style="font-style: italic;" class="spip_surligne">la</span><span style="font-style: italic;"> mort avant de voir ses vaches saisies. Bien qu’il n’y ait pas de statistiques officielles, les suicides d’agriculteurs semblent se multiplier, poussant des organisations syndicales à tirer la sonnette d’alarme (...)</span></p><p><span style="font-style: italic;">--------------------------------------------------------------------------------------------------<br /></span> </p>- <a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/03/lettre-ouverte-madame-la-ministre-de-la_20.html">Lettre ouverte à madame la ministre de la santé </a><br /><br /><span style="font-style: italic;">Ceci est une lettre qui nous a été envoyée par un responsable syndical de l'Allier.<br /></span><span><span style="font-style: italic;">Cette lettre avait été adressée à la ministre de la santé pour l' interpeller sur la réalité des dépressions et suicides dans cette région et pour lui demander de mettre en place une simple cellule d'écoute psychologique pour les familles en souffrance et le classement de la dépression en maladie professionnelle. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">Madame la ministre ne s'est pas donnée la peine de répondre (...)<br /><br />--------------------------------------------------------------------------------------------------</span></span><br /><h3 class="post-title entry-title"> <a href="http://arsfp.blogspot.com/2008/04/au-nom-du-progres.html">"Au nom du progrés" de Michel Dupré</a> </h3><br />Produire plus, davantage, à moindre coût, grâce aux barbituriques et aux engrais ; travailler encore et toujours plus, se mécaniser, s'endetter et s'agrandir... Courber l'échine, s'adapter et voir autour de soi les collègues quitter la terre... Michel Dupré aurait pu se résigner au nom du Progrès (...)<br /><br />------------------------------------------------------------------------------------------------ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-17961664961683340312008-03-27T13:27:00.005+01:002008-03-27T14:10:01.803+01:00SOS paysans endettés<div class="texte"><p style="font-style: italic;">Témoignage parut dans le journal l'humanité, le 22 janvier 2000.</p><span class="debut"><span class="paru"></span></span><p><br /></p><p>Depuis sa création en 1987, la quinzaine de bénévoles et les trois salariés de l’<a href="http://www.solidaritepaysans.org/index.php">association Solidarité paysanne</a> battent la campagne pour aider les agriculteurs endettés. Généreux et combatifs, ils démontrent que la crise n’est pas une fatalité.</p> <p>Surendettement, faillite, humiliation : difficile de voir la vie en rose lorsqu’on évoque la situation des agriculteurs des Côtes-d’Armor auxquels Solidarité paysanne vient en aide. Au local de l’association, près de la gare de Saint-Brieuc, les quatre bénévoles et le salarié réunis ce soir ne font pourtant pas dans la sinistrose. Graves, mais pas désespérés, ils dressent le bilan de treize années de lutte dont témoignent les dossiers qui s’alignent sur les étagères. Rémy a même le courage de plaisanter, en se présentant comme doublement bénévole, pour l’association, et dans l’agriculture : depuis deux ans, il s’éreinte dans son exploitation qui ne lui rapporte pas un sou.</p> <p>" En treize ans, nous avons aidé 700 familles d’agriculteurs, explique Philippe, conseiller en gestion, salarié de l’association. Et le nombre d’appels ne cesse d’augmenter. " Première région agricole de France, la Bretagne a longtemps été considérée comme l’exemple à suivre en matière de productivité et de bonne santé économique. Une agriculture " intégrée ", reposant sur de petites exploitations productrices de porcs, de volailles, de fruits et légumes, entièrement dépendantes des fournisseurs à l’amont, et des grossistes à l’aval.</p> <p>Aujourd’hui, le modèle s’effondre, et les producteurs paient les pots cassés. " <span style="font-weight: bold;">On les a incités à investir des sommes énormes, en leur faisant miroiter un avenir radieux</span>, explique Michel, président de l’association. <span style="font-weight: bold;">Des représentants leur disaient qu’ils pouvaient gagner beaucoup, à condition de faire construire des bâtiments, et donc d’emprunter</span>. Au début, le contexte économique était favorable. Aujourd’hui, à cause des taux d’intérêts, le remboursement devient souvent impossible. En ce moment par exemple, on aide un exploitant qui avait emprunté 1,4 million de francs pour 2 400 m2 d’élevage de dindes. Avec les intérêts, il doit rembourser 2,6 millions, presque le double ! "</p> <p>La banque, les fournisseurs, les coopératives, les centrales d’achat, la mutuelle agricole, l’EDF, le vétérinaire : les factures s’accumulent, l’étau des dettes se resserre, souvent dans le silence et le non-dit, par peur que les voisins ne le sachent, par honte d’être dans la mouise. Henri, cofondateur de l’association, insiste sur l’aspect humain, primordial, du travail de l’association : " Les " gars " attendent souvent d’être au bord du gouffre pour nous appeler. Notre première tâche est de leur remonter le moral. Le simple fait de parler est déjà un soulagement énorme, après <span style="font-weight: bold;">plusieurs années d’humiliation, à quémander des prêts, des délais, des étalements de dette. À subir la violence psychologique des créanciers, qui parfois viennent tous les deux jours à la ferme, les engueulent comme des enfants, vont jusqu’à les insulter</span>. " Plusieurs rencontres à la ferme permettent de crever l’abcès, puis d’établir un diagnostic financier de l’exploitation, enfin de chercher des solutions pour sortir de l’impasse.</p> <p>Dans l’ancienne caserne qui héberge nombre d’associations de Saint-Brieuc, le local de la Confédération paysanne jouxte celui de Solidarité paysanne. Cette proximité n’est en rien due au hasard : en 1987, ce sont en effet quatre militants de la " Conf’ " qui, en marge de leur activité syndicale et politique, décident de s’organiser pour aider " les copains qui sont dans la gadoue ". Henri, l’un de ces pères fondateurs, retrace le développement de l’association, subventionnée par le Fonds social européen et par le conseil général : " Pour être à armes égales avec les services contentieux des créanciers, nous avons embauché deux conseillers de gestion et une juriste. " De plus en plus, les négociations avec les créanciers se soldent par un règlement à l’amiable : les dettes sont étalées, parfois en partie annulées. " La conciliation judiciaire arrange tout le monde, explique Philippe. Finalement, les créanciers préfèrent éviter l’affrontement violent, coûteux et mauvais pour leur image. "</p> <p>Pour les bénévoles de Solidarité paysanne, pas de chômage technique à l’horizon : à l’heure actuelle, un tiers des agriculteurs des Côtes-d’Armor sont théoriquement en état de faillite.<span style="font-weight: bold;"> " Les banques pourraient leur faire mettre la clé sous le paillasson, explique Philippe. Mais elles préfèrent les laisser survivre artificiellement. Les enjeux sont politiques : ils ne peuvent pas se permettre d’envoyer tous ces agriculteurs au dépôt de bilan, sinon c’est l’explosion sociale ! "</span></p> <p>Entre les départs en retraite et les faillites, 300 exploitations disparaissent tout de même chaque année dans le département. Si le constat est pessimiste, les bénévoles ne sont pour autant résignés, car pour eux il n’est pas question de fatalité : " D’accord, les secteurs porc et volaille sont en crise, les cours se sont effondrés. Mais le vrai problème, c’est le partage de la valeur ajoutée. Car <span style="font-weight: bold;">il n’y a que les producteurs qui trinquent</span> : <span style="font-weight: bold;">en amont et en aval, les industriels, les grossistes, les banques, les transporteurs, tous continuent à afficher de gros bénéfices. "</span></p> <p>Pour la plupart, les quelque quinze bénévoles sont eux-mêmes des agriculteurs qui ont connu des problèmes d’endettement. Aujourd’hui tirés d’affaire (ou presque), et forts de cette expérience, ils cumulent le travail dans leur propre exploitation et les visites chez les confrères en difficulté, essayant d’insuffler un peu de solidarité et de combativité dans un milieu plutôt individualiste et démoralisé. Ils aimeraient développer une action préventive, former les agriculteurs à la gestion et au droit, les informer sur les pièges à éviter. Et parce que le problème dépasse largement les frontières des Côtes-d’Armor, ils tissent des liens avec des associations d’autres départements et d’autres pays. Pas démotivés face à la masse de travail qui les attend, ils avouent cependant que " les problèmes ne font que commencer ", et qu’ils ne savent pas " comment tout ça va se terminer ".</p> <p>Fanny Doumayrou</p></div>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-36502280599011230722008-03-26T14:51:00.006+01:002008-03-26T15:09:52.078+01:00Progrés?<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-pVAN6v3hI/AAAAAAAAABI/QRzX34VI19A/s1600-h/sos+paysans2.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-pVAN6v3hI/AAAAAAAAABI/QRzX34VI19A/s400/sos+paysans2.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5182047783467605522" border="0" /></a><br />"Le système agricole français a broyé deux catégories de personnes: celles et ceux qui y ont adhéré, pas ou mal armés, et ceux qui sont restés sur le quai du "progrés". Ainsi, les paysans modernes, ayant cru au développement intensif comme les paysans demeurés dans leur habitudes ancestrales, ont été de la même manière acculés à la ruine, parfois au suicide."<br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-pVRN6v3iI/AAAAAAAAABQ/AWhhkSJg3No/s1600-h/usine+%C3%A0+lait2.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-pVRN6v3iI/AAAAAAAAABQ/AWhhkSJg3No/s400/usine+%C3%A0+lait2.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5182048075525381666" border="0" /></a><br /><br /><br />Textes et Photos tirées du livre "Nous, paysans" co-écrit par Gilles Luneau et José BovéARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-73812755844549164772008-03-22T19:17:00.007+01:002008-03-25T21:02:32.403+01:00Intrusion des fantassins du développement dans le lieu d'habitation<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-VNS96v3gI/AAAAAAAAABA/AOAz5X8rixg/s1600-h/Fantassins+du+d%C3%A9velopement6.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_uuBwsj76tMk/R-VNS96v3gI/AAAAAAAAABA/AOAz5X8rixg/s400/Fantassins+du+d%C3%A9velopement6.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5180631934613577218" border="0" /></a>"Deux techniciens de la transplantation embryonnaire bovine se sont installés dans la ferme. Ils ont mobilisé la table de la cuisine. Les trois générations de paysans sont d'un seul coup repoussées autour de la pièce commune.Exclus du processus qui se met en place sur leur exploitation. Ils n'ont même plus le pouvoir dans leur cuisine."<br /><br />Photo et texte extrait du livre "Nous, paysans" co-écrit par José Bové et Gilles LuneauARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-19676028466177125812008-03-21T12:02:00.024+01:002008-03-29T14:15:56.704+01:00Appel à témoignages sur des pathologies liées au travail agricole<p><span style="font-weight: bold;">En l’espace de quelques décennies, le bouleversement des modes de production dans l’agriculture se traduit par un bilan très lourd sur le plan humain. En effet, comme le font remarquer les psychologues du travail : "la souffrance, l’angoisse, la dépression et les suicides broient ces hommes et ces femmes... dans un déni total."</span><br /></p><div dir="ltr"><p class="spip"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp1.blogger.com/_q7BnMK9BXSI/R-zRoGmT0BI/AAAAAAAAABM/HzPOj3k_Rs0/s1600-h/cezanne502.JPG"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://bp1.blogger.com/_q7BnMK9BXSI/R-zRoGmT0BI/AAAAAAAAABM/HzPOj3k_Rs0/s400/cezanne502.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5182747758092865554" border="0" /></a>Dans le cadre d’une action en justice contre l’état français, nous cherchons à recueillir des témoignages de personnes issues du milieu agricole, ayant été confrontées dans leurs familles ou dans leur entourage proche à des pathologies psychiques ou physiques:</p> <p class="spip">- Fatigue physique excessive, accidents du travail, maladies professionnelles, fatigue nerveuse, insomnie, irritabilité (conflits), anxiété, dépression, tentatives de suicide ou suicides…</p> <p class="spip">Vous pouvez apporter votre témoignage même si les faits sont anciens (parents, grand-parents). En effet, dans la procédure juridique que nous engageons les faits sont imprescriptibles.</p> <p class="spip">Un simple récit de quelques lignes expliquant brièvement les faits peut suffire.</p> <p class="spip">Ces témoignages sont très importants pour servir d’éléments à charge. Notre objectif est d’en recueillir un millier ou plus.</p> <p class="spip">Les frais de cette procédure sont <strong class="spip">intégralement</strong> pris en charge par l’association.</p> <p class="spip">Contact courriel :<br />arsfp (Arobase) orange.fr</p> <p class="spip">site : <a href="http://arsfp.blogspot.com/" class="spip_out">http://arsfp.blogspot.com/</a></p><br /><span style="font-size:180%;">..........</span><span style="color: rgb(255, 153, 0);font-size:180%;" >Explication de l’action</span><span style="font-size:180%;">..............</span> <p class="spip"><br /><br />La finalité de l’action en justice est avant tout de permettre qu’un débat contradictoire puisse avoir lieu. C’est une façon d’interpeller les élus pour qu’ils rendent des comptes aux citoyens sur les politiques qu’ils ont menées.C’est pourquoi notre souhait est de porter plainte, nous allons attaquer sur plusieurs fronts, d’abord le volet économique:</p> <p class="spip">- concurrence libre et non faussée qui a été largement bafouée (La moitié du budget de l’union européenne est consacrée aux subventions des agriculteurs et la moitié de ces subventions vont à seulement 5% des agriculteurs)</p> <p class="spip">- ensuite et surtout sur le coté moral : <i class="spip">"intention de détruire, ou tout ou en partie, un groupe national, par</i></p> <p class="spip"><i class="spip">a) Atteinte grave à l’intégrité physique ou mentale de membres du groupe ;</i></p> <p class="spip"><i class="spip">b) Soumission intentionnelle du groupe à des conditions d’existence devant entraîner sa destruction physique totale ou partielle."</i></p> <p class="spip">Malgré ce que prétendent les politiques qui cherchent à se défausser de leur responsabilité en arguant de leur impuissance face au "marché", Nous estimons qu’il y a bien eu intention d’exterminer économiquement le groupe social des paysans :</p> <p class="spip">Dans le cadre de la planification économique (Depuis 1946, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Commissariat_g%C3%A9n%C3%A9ral_du_Plan" class="spip_out">commissariat général du plan</a> est chargé, en France, de définir la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Planification_%C3%A9conomique" class="spip_out">planification économique</a> du pays à l’aide de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_quinquennal" class="spip_out">plans quinquennaux</a> . Il y a eu en France de 1946 à 1997, 11 plans " quinquennaux".), il y a des experts mandatés par l’état chargés d’<strong class="spip">encadrer</strong> le processus de développement qui pénètrent dans le domicile même des agriculteurs.</p> <p class="spip">La sociologue <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Mich%C3%A8le_Salmona" class="spip_out">Michèle Salmona</a>, les appellent les "<strong class="spip">fantassins</strong>" du développement*. Ces experts font du <strong class="spip">chantage</strong> (injonctions paradoxales dans laquelle aucune solution n’est bonne) aux agriculteurs : "soit vous rentrez dans le jeu de la modernisation et dans ce cas on vous donnent des subventions, soit vous refusez mais alors vous êtes voué à disparaitre".</p> <p class="spip">L’agriculteur est dans l’"obligation" d’accepter, mais en acceptant il doit se plier aussi au <strong class="spip">lourdes contraintes</strong> qui sont liés à cette modernisation et qui engendrent un épuisement mental et des effondrements psychiques chez les familles en incitation.</p> <p class="spip">Mais ce n’est pas tout, à la fin du plan, les "fantassins" du développement reviennent dans la famille pour <strong class="spip">contrôler</strong> les résultats obtenus. Et comme de bien entendu, dans la grande majorité des cas, ils estiment que les objectifs n’ont pas été atteints. Cela engendre un phénomène de culpabilisation (dépression, suicide) de la part de la famille en "incitation" économique.</p> <p class="spip">Le comble de l’absurde est atteint lorsque l’incitation fonctionne "trop bien". Les incitateurs fantassins du développement mettent en garde les familles qu’il va falloir faire attention à restreindre la production (quotas laitiers par exemple). il y a vraiment de quoi devenir fou.</p> <p class="spip">Le terme d’ "incitation" (Planification par incitation en france opposée à la planification directive dans les pays totalitaires) est vraiment un euphémisme, cela ressemble plus à un encadrement militaire. Comme toujours nos dirigeant emploient des mots qui sont le contraire des politiques qu’ils mènent comme ce fut le cas dernièrement pour la loi dite d’"égalité des chances" ou le traité dit "simplifié" de Lisbonne.</p> <p class="spip">"La fin des paysans", n’est pas dû à la fatalité, elle a été voulu et planifiée par l’état français .</p> <p class="spip">C’est pourquoi il est important que ceux qui souhaitent s’exprimer, puissent rentrer en contact avec l’association pour que nous puissions recueillir un maximum de témoignages.</p> <p class="spip"><span class="spip_document_7494 spip_documents spip_documents_center"> <img src="https://rebellyon.info/spip.php?action=autoriser&arg=7494" alt="" height="309" width="485" /></span> <span style="color: rgb(255, 102, 0);"><br /></span></p><p class="spip"><span style="color: rgb(255, 153, 0);">Ci-dessus, pénétration des fantassins du développement à l’intérieur des familles</span>: "Deux techniciens de la transplantation embryonnaire bovine se sont installés dans la ferme. Ils ont mobilisé la table de la cuisine. Les trois générations de paysans sont d'un seul coup repoussées autour de la pièce commune.Exclus du processus qui se met en place sur leur exploitation. Ils n'ont même plus le pouvoir dans leur cuisine."<br /></p><p class="spip"> <i class="spip">(photo tirée du livre "Nous, Paysans" Gilles Luneau, José Bové) </i></p> <p class="spip">Contact courriel :<br />arsfp (Arobase) orange.fr</p> <p class="spip">site : <a href="http://arsfp.blogspot.com/" class="spip_out">http://arsfp.blogspot.com/</a></p><br /></div><a name="access-d" href="https://rebellyon.info/ecrire/?exec=articles&id_article=5079#access-d" accesskey="d"></a> <div class="cadre-e-noir" style=""><div class="cadre-e"> <div class="cadre-padding"> <div dir="ltr" class="verdana1" style="font-size:small;"> <p class="spip" align="justify"><span style="font-weight: bold;">Notes:</span></p><p class="spip" align="justify"><span style="font-weight: bold;"></span> * Michèle Salmona, <i class="spip">"Souffrances et résistances des paysans français"</i> publié aux éditions l’Harmattan</p> </div></div></div></div>ARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-32312169637240777702008-03-20T12:16:00.004+01:002008-03-25T13:25:48.800+01:00Lettre ouverte à Madame la ministre de la santé<span style="font-style: italic; color: rgb(255, 0, 0);">Ceci est une lettre qui nous a été envoyée par un responsable syndical de l' Allier.<br /></span><span style="color: rgb(255, 0, 0);"><span style="font-style: italic;">Cette lettre avait été adressée à la ministre de la santé pour l' interpeller sur la réalité des dépressions et suicides dans cette région et pour lui demander de mettre en place une simple cellule d'écoute psychologique pour les familles en souffrance et le classement de la dépression en maladie professionnelle. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">Madame la ministre ne s'est pas donnée la peine de répondre... </span><br /></span><br /><br />L’agriculture vit aujourd’hui une crise profonde, crise économique, crise identitaire, les agriculteurs supportent maintenant le contre coup des politiques agricoles successives.<br /><br />[...] Elles font d'eux des producteurs de plus en plus fragiles et vulnérables. La spécialisation poussée des exploitations, les énormes moyens de production nécessaires, l’endettement important, la gestion de plus en plus pointue des fermes agricoles accroissent tous les jours un peu plus le stress des femmes et des hommes qui font ce métier.<br /><br />Quand vous ajoutez à cela le dérèglement climatique qui a entraîné cette année des précipitations hors normes (700mm) notamment dans la partie Est du département ? La pression des acteurs économiques qui gravitent autour de l’agriculture, pour certains allant même jusqu’au harcèlement, je pense notamment aux banques qui exigent toujours plus, vous êtes effectivement sur un terrain de plus en plus favorable au développement de nombreuses formes de maladies psychologiques dont les dépressions. Souvent méconnues, ignorées voire occultées, elles font des ravages dans les campagnes notamment dans la forme ultime qu’est la tentative de suicide ou même le suicide proprement dit.<br /><br />Mettre fin à ses jours apparaît pour nombres de paysans dépressifs la solution à leurs problèmes et la seule manière à leurs yeux d’échapper au système économique qui tous les jours les écrasent un peu plus, leur rendant la vie impossible ou la moindre contrariété apparaît comme invivable.<br /><br />Notre devoir est bien sûr d’éviter à tout prix l’isolement et d’essayer dans la mesure du possible de faire s’exprimer tous ces gens, mais la tâche parait bien insurmontable tellement aujourd’hui le système se révèle violent et cruel poussant la majorité d’entre nous au confinement et au renferment sur soi. Travailler toujours plus pour faire face, obnubile l’immense majorité des agriculteurs, leur interdisant ainsi de pendre le moindre recul.<br /><br />Le résultat, nous le connaissons : notre métier détient le triste record des suicides.<br />C’est pourquoi, madame, je m’adresse à vous, afin, que dans le cadre de vos responsabilités vous fassiez admettre la dépression comme maladie professionnelle et le suicide comme accident du travail, cela me paraît la moindre des choses, si cela ne répare en rien le mal fait, peut être cela permettra-t-il de pendre conscience du drame des campagnes et de combattre plus efficacement cette maladie qui bascule tant de familles dans la détresse et le désespoir.<br /><br />Je pense qu’il est possible de mettre en place une cellule psychologique afin d’aider les plus fragiles à ne pas sombrer, je suis conscient de la difficulté à mettre en place une telle structure mais cela vaut peut être le coup d’être tenter.<br /><br />Il est bien sûr utopique de penser à un monde meilleur ou l’être humain serait au centre de toutes les préoccupations : au vue des derniers épisodes de la crise et de sa prise en compte par les pouvoirs publics et consulaires (notamment dans l’Allier) cette pensée apparaît à des années lumières.<br /><br />J’ai conscience en vous écrivant de briser un tabou, mais je pense que la situation est suffisamment grave, nous nous devons d’agir tous ensemble et rapidement au-delà de nos différences politiques ou philosophiques.<br /><br />J’espère que ce courrier retiendra toute votre attention, et entraînera de votre part la mobilisation nécessaire à la mise en place de cette exigence.<br /><br />Recevez, madame mes salutations distinguées<br /><br /><br /> Depoil Jean ClaudeARSFPhttp://www.blogger.com/profile/03658336978423334885noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-6959543794618879553.post-45581911733639326352008-03-09T21:15:00.011+01:002008-03-09T22:32:00.746+01:00Condition paysanne en France depuis 1945<h1 class="firstHeading">Condition paysanne en France depuis 1945</h1> <h3 id="siteSub">Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.</h3> <div id="jump-to-nav"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#searchInput"><br /></a></div> <!-- start content --> <div class="plainlinks bandeau-niveau-modere bandeau"> <table style=""> <tbody><tr> <td class="bandeau-icone"><br /></td> <td><br /></td> </tr> </tbody></table> </div> <div class="plainlinks bandeau-niveau-ebauche bandeau"> <table style=""> <tbody><tr> <td class="bandeau-icone"> <div style="text-align: center; white-space: nowrap;"><span style="white-space: nowrap; word-spacing: 5px;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Pierre_Mignard_001.jpg" class="image" title="Pierre Mignard 001.jpg"><img alt="" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d2/Pierre_Mignard_001.jpg/28px-Pierre_Mignard_001.jpg" border="0" height="35" width="28" /></a> <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Sociologielogo.png" class="image" title="Sociologielogo.png"><img alt="" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/9/9c/Sociologielogo.png/31px-Sociologielogo.png" border="0" height="35" width="31" /></a></span></div> </td> <td> <div class="bandeau-titre"><strong>Cet article est une <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:%C3%89bauche" title="Aide:Ébauche">ébauche</a> concernant l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Histoire" title="Histoire">histoire</a> et la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Sociologie" title="Sociologie">sociologie</a>.</strong></div> <div class="bandeau-texte">Vous pouvez partager vos connaissances en l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aide:Comment_modifier_une_page" title="Aide:Comment modifier une page">améliorant</a>.</div> </td> </tr> </tbody></table> </div> <p>La <b>condition paysanne en France depuis 1945</b> désigne, en sociologie, l'impact des transformations du monde agricole sur les classes sociales vivant de l'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculture" title="Agriculture">agriculture</a> en <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/France" title="France">France</a>, depuis la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Seconde_Guerre_mondiale" title="Seconde Guerre mondiale">Seconde Guerre mondiale</a>.</p> <table id="toc" class="toc" summary="Sommaire"> <tbody><tr> <td> <div id="toctitle"> <h2>Sommaire</h2> <span class="toctoggle">[<a href="javascript:toggleToc()" class="internal" id="togglelink">masquer</a>]</span></div> <ul><li class="toclevel-1"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#.C2.AB_Une_r.C3.A9volution_silencieuse_.C2.BB"><span class="tocnumber">1</span> <span class="toctext">« Une révolution silencieuse »</span></a> <ul><li class="toclevel-2"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Introduction"><span class="tocnumber">1.1</span> <span class="toctext">Introduction</span></a></li><li class="toclevel-2"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#La_France.2C_un_pays_longtemps_rural"><span class="tocnumber">1.2</span> <span class="toctext">La France, un pays longtemps rural</span></a></li><li class="toclevel-2"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Modernisation_et_conqu.C3.AAte_de_l.27autosuffisance_alimentaire"><span class="tocnumber">1.3</span> <span class="toctext">Modernisation et conquête de l'autosuffisance alimentaire</span></a></li><li class="toclevel-2"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Une_agriculture_intensive_et_exportatrice"><span class="tocnumber">1.4</span> <span class="toctext">Une agriculture intensive et exportatrice</span></a></li><li class="toclevel-2"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Exode_rural"><span class="tocnumber">1.5</span> <span class="toctext">Exode rural</span></a></li><li class="toclevel-2"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Un_renouveau.3F"><span class="tocnumber">1.6</span> <span class="toctext">Un renouveau?</span></a></li></ul> </li><li class="toclevel-1"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Notes_et_r.C3.A9f.C3.A9rences"><span class="tocnumber">2</span> <span class="toctext">Notes et références</span></a></li><li class="toclevel-1"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Lien_interne"><span class="tocnumber">3</span> <span class="toctext">Lien interne</span></a></li><li class="toclevel-1"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Condition_paysanne_en_France_depuis_1945#Bibliographie"><span class="tocnumber">4</span> <span class="toctext">Bibliographie</span></a></li></ul> </td> </tr> </tbody></table> <script type="text/javascript"> //<![CDATA[ if (window.showTocToggle) { var tocShowText = "afficher"; var tocHideText = "masquer"; showTocToggle(); } //]]> </script> <p><a name=".C2.AB_Une_r.C3.A9volution_silencieuse_.C2.BB"></a></p> <h2> <span class="mw-headline">« Une révolution silencieuse »</span> <span style="font-weight: normal; float: none;font-size:xx-small;" class="editsection" >[<a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Condition_paysanne_en_France_depuis_1945&action=edit&section=1" title="Modifier la section : « Une révolution silencieuse »">modifier</a>]</span></h2> <p><a name="Introduction" id="Introduction"></a></p> <h3> <span class="mw-headline">Introduction</span> <span style="font-weight: normal; float: none;font-size:xx-small;" class="editsection" >[<a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Condition_paysanne_en_France_depuis_1945&action=edit&section=2" title="Modifier la section : Introduction">modifier</a>]</span></h3> <p>En à peine plus d'un demi-siècle, la société française a connu de profondes mutations (économiques, démographiques, sociologiques...). Cela est particulièrement vrai dans le monde agricole : aujourd'hui, il n'y a guère plus d'1 million de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Paysans" class="mw-redirect" title="Paysans">paysans</a> en France, représentant à peine 4 % de la population active alors qu'ils étaient 10 millions d’actifs agricole en 1945. Aucun autre secteur économique n’a connu une régression d’emplois aussi massive. Comment cette "révolution agricole" s'est-elle déroulée ? Quelle a été son ampleur et ses conséquences pour les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Agriculteurs" class="mw-redirect" title="Agriculteurs">agriculteurs</a> français ?</p> <p><a name="La_France.2C_un_pays_longtemps_rural" id="La_France.2C_un_pays_longtemps_rural"></a></p> <h3> <span class="mw-headline">La France, un pays longtemps rural</span> <span style="font-weight: normal; float: none;font-size:xx-small;" class="editsection" >[<a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Condition_paysanne_en_France_depuis_1945&action=edit&section=3" title="Modifier la section : La France, un pays longtemps rural">modifier</a>]</span></h3> <div class="thumb tright"> <div class="thumbinner" style="width: 252px;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Laboureur.JPG" class="image" title="Scène de labour, Centre de la France, début XXème siècle"><img alt="Scène de labour, Centre de la France, début XXème siècle" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/8/81/Laboureur.JPG/250px-Laboureur.JPG" class="thumbimage" border="0" height="157" width="250" /></a> <div class="thumbcaption"> <div class="magnify"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Laboureur.JPG" class="internal" title="Agrandir"><img src="http://fr.wikipedia.org/skins-1.5/common/images/magnify-clip.png" alt="" height="11" width="15" /></a></div> Scène de labour, Centre de la France, début XXème siècle</div> </div> </div> <p>La France fut, pendant longtemps, un pays profondément rural, comparée aux autres pays européen et notamment l’Angleterre où l’<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Industrialisation" title="Industrialisation">industrialisation</a> rapide avait fait pratiquement disparaître le monde des petits paysans dès la fin du XVIIIe siècle. Jusque dans les années 1930, la majorité de la population française vit à la campagne et est composée en grande partie d’agriculteurs.</p> <div class="thumb tleft"> <div class="thumbinner" style="width: 252px;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Pomayrols_1932.jpg" class="image" title="Scène de dépiquage dans une cour de château en 1932 (Pomayrols, Aveyron, France)"><img alt="Scène de dépiquage dans une cour de château en 1932 (Pomayrols, Aveyron, France)" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/d/d6/Pomayrols_1932.jpg/250px-Pomayrols_1932.jpg" class="thumbimage" border="0" height="170" width="250" /></a> <div class="thumbcaption"> <div class="magnify"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Pomayrols_1932.jpg" class="internal" title="Agrandir"><img src="http://fr.wikipedia.org/skins-1.5/common/images/magnify-clip.png" alt="" height="11" width="15" /></a></div> Scène de dépiquage dans une cour de château en 1932 (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pomayrols" title="Pomayrols">Pomayrols</a>, <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aveyron_%28d%C3%A9partement%29" title="Aveyron (département)">Aveyron</a>, France)</div> </div> </div><br /><p>La <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ferme" title="Ferme">ferme</a> traditionnelle est peu mécanisée et peu productive, la plupart des travaux se font à la main. La surface de travail est liée à la capacité de travail avec les animaux. L’animal est à la fois un outil, un compagnon, un produit et il apporte aussi la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Fumure" class="mw-redirect" title="Fumure">fumure</a>.</p><br /><a name="Modernisation_et_conqu.C3.AAte_de_l.27autosuffisance_alimentaire" id="Modernisation_et_conqu.C3.AAte_de_l.27autosuffisance_alimentaire"></a> <h3> <span class="mw-headline">Modernisation et conquête de l'autosuffisance alimentaire</span> <span style="font-weight: normal; float: none;font-size:xx-small;" class="editsection" >[<a href="http://fr.wikipedia.org/w/index.php?title=Condition_paysanne_en_France_depuis_1945&action=edit&section=4" title="Modifier la section : Modernisation et conquête de l'autosuffisance alimentaire">modifier</a>]</span></h3> <p>A la fin de la seconde guerre mondiale, le pays se reconstruit, réorganise et modernise son agriculture. Celle-ci va rapidement devenir un des moteurs du redémarrage économique. En 1948, l’aide financière et matérielle des USA à la reconstruction européenne (<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Plan_Marshall" title="Plan Marshall">plan Marshall</a>) est consentie pour l’intensification de la production via l’investissement et le progrès technique. Dans la foulée, le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Trait%C3%A9_de_Rome" title="Traité de Rome">traité de Rome</a> lance le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/March%C3%A9_commun_europ%C3%A9en" title="Marché commun européen">marché commun européen</a>.</p> <p>On assiste alors a une « accélération de l’Histoire » comme l’écrit <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Pierre_Jakez_H%C3%A9lias" class="mw-redirect" title="Pierre Jakez Hélias">Pierre Jakez Hélias</a> dans <i><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Cheval_d%27orgueil_%28livre%29" title="Le Cheval d'orgueil (livre)">Le Cheval d'orgueil</a></i> pour évoquer les mutations radicales que connaît sa région natale depuis 1945.</p> <p>La ferme laisse peu à peu la place à l’entreprise agricole gérée « scientifiquement » avec une augmentation sans précédent des rendements et de la productivité. Les tracteurs et autres machines agricoles transforment radicalement les méthodes de travail. Le paysage est lui aussi bouleversé, la mécanisation nécessitant une réorganisation des terroirs : c’est le <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Remembrement" title="Remembrement">remembrement</a>: les haies sont abattues et les parcelles regroupées et agrandies.</p> <div class="thumb tleft"> <div class="thumbinner" style="width: 302px;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Moisson.JPG" class="image" title="Après la Première Guerre mondiale, le moteur à explosion remplace la machine à vapeur qui elle même remplaçait la force animale et humaine, encourageant ou permettant une diminution régulière de l'emploi agricole, et imposant une modification du paysage et des pratiques agricoles"><img alt="Après la Première Guerre mondiale, le moteur à explosion remplace la machine à vapeur qui elle même remplaçait la force animale et humaine, encourageant ou permettant une diminution régulière de l'emploi agricole, et imposant une modification du paysage et des pratiques agricoles" src="http://upload.wikimedia.org/wikipedia/commons/thumb/c/ca/Moisson.JPG/300px-Moisson.JPG" class="thumbimage" border="0" height="225" width="300" /></a> <div class="thumbcaption"> <div class="magnify"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Moisson.JPG" class="internal" title="Agrandir"><img src="http://fr.wikipedia.org/skins-1.5/common/images/magnify-clip.png" alt="" height="11" width="15" /></a></div> Après la Première Guerre mondiale, le moteur à explosion remplace la machine à vapeur qui elle même remplaçait la force animale et humaine, encourageant ou permettant une dimin