<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461</id><updated>2009-11-09T19:47:31.155+01:00</updated><title type='text'>m a r i n e_r i c h a r d_b l o g</title><subtitle type='html'></subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://marinerichard.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>50</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-6553949525657637065</id><published>2009-08-12T22:54:00.026+02:00</published><updated>2009-08-13T13:43:56.613+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>........................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................ Quand il ne se passe rien par ici, c'est qu'il faut aller voir ......... ................................ &lt;a href="http://www.inadvertance.org"&gt;par là&lt;/a&gt;..................................... &lt;a href="http://mondevaste.blogspot.com"&gt;ou par là&lt;/a&gt; ...................................... ......................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................................&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-6553949525657637065?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6553949525657637065'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6553949525657637065'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2009/08/quand-il-ne-se-passe-rien-par-ici.html' title=''/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-6366184372079993482</id><published>2009-04-28T18:09:00.000+02:00</published><updated>2009-04-28T10:43:14.528+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHANTIER/La destruction du XXe s'/><title type='text'>Grippe porcine</title><content type='html'>(La destruction du XXe s/Anneliese capturée)&lt;br /&gt;Trente-trois tonnes de cochons foncent au péril de leur vie en direction d’un Complexe de la viande suburbain. Ma sœur pose l’un après l’autre sur la ligne blanche équidistante des trottoirs gauche et droit ses pieds de chinoise enrobés avec des bandelettes on pourrait croire pour l’érotisme trempées dans une liqueur de pétales de roses thé, en réalité protègent ses pieds en contact avec le sol gelé. Chou. Fleur. Chou. Fleur. Chou. Fleur. Chou. Fleur. Ses pas se rôdent à la marche de fourmi sur cette berge centrale au-dessus du piège des profondeurs qui a remplacé le bitume à sa droite et à sa gauche. Lever les yeux sans craindre d’y tomber, elle le peut. La bétaillère grossit en face d’elle.&lt;br /&gt;Elle se prend pour le Messie, cette chinoise, ou quoi, les gens sur le pas des portes parlent d’elle avec la répulsion fascinée que leur incapacité à en faire autant sécrète. Les rides de ma sœur comme blanchies de riz en poudre très fine sont reliées aux bandelettes par une masse charnelle courbée. Comment cette femme ne tombe-t-elle pas dans l’absence de goudron vers le centre de la terre ? Nos enfants, ils étaient plus légers qu’elle et plus agiles, mais ils ont disparu quand même, c’est une sorcière cette femme ! Les yeux remplis de larmes adressées à leurs chérubins que la télévision leur a juré, images à l’appui, engloutis, applaudissent par réflexe en ma sœur une funambule au-dessus de San Andreas. Mais commencent à fomenter par télépathie une capture de cette chinetoque qu’on pourrait très bien attacher au bout d’un élastique de six cents mètres de long et balancer dans le vide pour qu’elle remonte un chapelet de nos enfants sauvés du magma central par un mouvement de jokari.&lt;br /&gt;Les trente-trois tonnes de cochons ont acquis un volume qui n’entre plus en entier dans le champ de vision de ma sœur a une défaillance à l’intérieur de son crâne.&lt;br /&gt;Advient durant plus de trois secondes une pensée n’est pas celle attendue par son corps veut être sauvé. Ma sœur menacée n’a pas la bonne question présente à son esprit, mais celle-ci : avant leur acheminement ces tonnes mobiles ont-elles poussé hors-sol dans des cubes sans lumière avec trappe dans la cage descend droit vers les profondeurs phréatiques dites par le préfet non potables, surtout ne buvez pas l’eau du robinet avant la destruction totale des porcs, des camions-citernes ont été commandés à l’Ukraine, quinze millions de tonnes d’eau étiquetées « gaz naturel » sont en train de passer clandestinement les frontières polonaise, tchèque, allemande, luxembourgeoise, surtout ne buvez pas l’eau, attendez celle d’Ukraine ! Ces cochons étaient-ils élevés en l’absence totale de nature, serrés les uns contre les autres dans de grands bâtiments éclairés à l’ampoule électrique, les bêtes n’avaient-elles tellement pas de place qu’elles se mordaient, s’arrachaient mutuellement les yeux en grognant, piétinaient leur lisier jusqu’à l’heure d’ouverture de la trappe ? Les truies allaitantes étaient-elles attachées couchées dans le noir par une grosse sangle en cuir de vache pour dépenser moins d’énergie vitale, pour concentrer dans leurs mamelles toute la substance nécessaire à la nutrition de douze petits ? Étaient-elles envoyées à l’abattoir dans le seul but qu’enfin, de toute cette vie minable, on ne parle plus ?&lt;br /&gt;Ma sœur debout sur la ligne blanche va être traversée ou évitée de justesse par les trente-trois tonnes de porc vivant. Est-ce que ces carcasses transportées vivantes possèdent le mouvement des choses animées par nature et une certaine forme de pensée ? À moins qu’il y ait percussion et que le corps de ma sœur, plus solide que le camion, bloque l’avancée du capot alors que la remorque continue sur sa lancée, provoquant une compression du contenu.&lt;br /&gt;Mademoiselle Frank est l’ennemie de notre combat, la jeune chinoise qu’il faut vaincre, mademoiselle Frank est l’ennemie de notre combat, la jeune chinoise qu’il faut vaincre, mademoiselle Frank est l’ennemie de notre combat, la jeune chinoise qu’il faut vaincre. Six cent quarante-trois fois la cargaison de la remorque a entendu le message des haut-parleurs : le débarquement du bataillon devrait se faire sans encombre.&lt;br /&gt;Le camion pile, les portes arrières s’ouvrent en grand. La bouche des gens sur leurs perrons forme de grands ovales : nos enfants ! Reconnaissable chair de la chair malgré leurs masques, gants, bottes en caoutchouc, combinaisons blanches à compteur Geiger intégré dont les aiguilles restent braquées sur la zone rouge : ces marcassins que la télévision avait juré à leurs parents avalés par l’abîme des profondeurs du centre de la terre sont en réalité tout potelés et bien vivants sous les yeux de leurs géniteurs. Organisés en bataillon les petits d’hommes sont là pour sauver l’époque. Les parents ont beau appeler des prénoms d’enfants ne répondent pas, réquisitionnés qu’ils sont pour une tâche supérieure au contentement de leur famille. Nos enfants, qu’est-ce qu’ils ont fait à nos enfants ?&lt;br /&gt;Les marcassins en combinaison chantent des cantiques, yeux levés vers le ciel du Sauveur. Depuis les portes ouvertes du camion, ils rejoignent les trottoirs à quatre pattes sur des planches font des ponts-levis au-dessus du vide abyssal de la route. Depuis le fond de la remorque, leurs zélatrices les exhortent en poussant de petits cris de rongeurs : Dieu le veut ! Le bataillon de croisés est préparé à toute mission : convertir un mourant, éliminer un ennemi, sacrifier grâce à Dieu sa vie en échange d’une autre plus précieuse ou bien inoculer la rage à un rat lâché ensuite dans le lit du rebelle, arrêter avec détermination mademoiselle Frank, ennemie de notre combat. Ces cochons fiers d’être dressés ignorent les lois, idéal en cette fin d’époque où il faut agir sans scrupules, nous avons besoin d’une armée fidèle avait dit le Président à son chef de cabinet dans le secret d’un boudoir de l’Élysée, capable de pourchasser les rebelles infiltrés.&lt;br /&gt;Ce sont des petits blancs dociles, enlevés à leurs familles il y a moins de six mois, formés à l’aide de techniques modernes à la croisade. Obéir à un ordre est pour eux plus naturel que respirer. Ils ont l’automatisme facile de la main sur un joystick de mitrailleuse. Ces petits blancs dressés ne sont que ruine de l’âme de leurs géniteurs le voient comme au carnaval déguisés par combinaisons blanches en Docteurs nains de cartoons post apocalyptiques, tronçonneraient sur commande sous une tente militaire en riant bras et jambes de tout ce qui bouge. Et avec le sourire.&lt;br /&gt;Les géniteurs sur les perrons regardent, identifient, doutent maintenant d’avoir vu au JT les failles de San Andreas s’ouvrir, engloutir petits garçons et filles, la chair de la chair de l’Occident, tout ce produit d’une longue culture moulue très fin d’abord dans les moulins à ânes et pierres plates, à vent et eau, à pétrole puis à fission nucléaire. Ils ont perdu tout ascendant sur la progéniture de leurs couples, voient les pattes antérieures de ces cochons sautiller sur les trottoirs, lassos brandis avec cris hystériques pour capturer la chinoise.&lt;br /&gt;Le centre de l’intérêt des petits croisés flotte au-dessus du gouffre, retenu par le filet tendu de leurs cris et par la stupeur des parents télépathes campés sur les perrons.&lt;br /&gt;Ma sœur appuie ses bandelettes sur la peinture blanche de la ligne centrale, garde les bras bien écartés, fixe avec ses yeux de gymnaste sur une poutre le point secret qui donne au cou un port de reine, au-delà de la scène de la vie occidentale dans laquelle elle est impliquée, pour ne pas considérer sérieusement le vide qu’il y a sous elle. Tant que je me concentre, je ne tombe pas, tant qu’ils sont concentrés aussi, je ne tombe pas, tant que je ne pense pas à la faille, je ne tombe pas, tant que je ne suis pas moi-même, je ne tombe pas, tant que mes yeux sont fermés, je ne tombe pas.&lt;br /&gt;Autour, les petits corps habillés en plastique blanc sautillent, stridulent, jettent leurs lassos mal formés dans sa direction. Sur l’ordre des zélatrices, un par un ils bondissent du trottoir vers la ligne. Un premier disparaît dans le gouffre. Un deuxième. Un troisième. Un quatrième. Joyeux comme au club de Mickey quand ils sautaient pieds nus sur les boudins du château fort gonflé. Allez ! Les zélatrices farouches veulent, quoi qu’il en coûte à leurs effectifs, ramener la prisonnière au commandant. Allez ! Allez ! Plusieurs petits croisés sont déjà pendus à la ligne blanche au-dessus du vide, cochon-pendu puis mouvement de balancier, parviennent à inverser leur position pour s’installer assis. Allez ! On leur envoie des cordes qu’ils nouent à la bande de peinture, à l’autre bout tenues par leurs compagnons, tracent de nouveaux accès à la future prisonnière. L’invasion de la ligne par les marcassins commence. Ils finissent par être suffisamment nombreux accrochés aux cordes pour faire de leurs corps un pont mou sur lequel on pousse doucement la chinoise. Beaucoup d’entre ces automates disparaissent sans un cri vers le centre de la terre après le passage de ma sœur somnambule docile rejoint la fermeté du sol entourée de nains. De là, sous les yeux des parents immobiles, tirée poussée pas la forêt de corps blancs frénétiques, elle rejoint à quatre pattes sur une planche l’intérieur de la remorque où les zélatrices enfilent immédiatement sur sa tête un sac de jute, ligotent ses mains et ses pieds. Je suis prise. Pendant ce temps, ce qu’il reste de la nuée de cochons bipèdes rembarque dans le camion. Portes refermées, démarrage, demi-tour, les tonnes qui n’ont pas été perdues dans l’abysse repartent d’où elles sont venues, mission accomplie.&lt;br /&gt;Sur leurs perrons, les parents se télépathent leur révolte, qu’est-ce qu’ils ont fait de nos enfants, s’en iront tout à l’heure en délégation chez monsieur le Maire protester contre cet usage abusif du produit de leurs corps.&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-6366184372079993482?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://marinerichard.blogspot.com/feeds/6366184372079993482/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=6880570706967179461&amp;postID=6366184372079993482' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6366184372079993482'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6366184372079993482'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2007/06/la-destruction-du-xxe-sicle-anneliese.html' title='Grippe porcine'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-4298900242347842635</id><published>2008-12-06T15:29:00.010+01:00</published><updated>2008-12-10T17:58:15.269+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='CHANTIER/La destruction du XXe s'/><title type='text'>Tout doit disparaître !</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Analyse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Plan de lutte contre la Destruction : la FEC vend la mèche&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Selon une étude peu commentée du Ministère de l’économie danois rendue publique au mois de septembre dernier, seuls 10 % des « biens de consommation non encore acquis » pourraient échapper à la Destruction. Les experts les plus pessimistes vont jusqu’à émettre l’hypothèse que les 90 % restants pourraient mettre en danger la population qui se trouvera à proximité le jour de la destruction de la société de consommation. Après deux mois de consultations et de réflexion conjointe avec la Fédération européenne des commerçants (FEC), le Conseil des ministres européen devrait s’exprimer sur le sujet demain soir à 20 heures heure française (en France, transmission sur TF1).&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Coup de théâtre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Profitant de sa position de force, la FEC n’a pas attendu les dirigeants européens pour dévoiler les grandes lignes du projet dès hier soir au cours d’une conférence de presse à Hambourg. « Grâce à la FEC, la résistance s’organise, a déclaré Auguste Lampois, son président. Notre plan de lutte contre la destruction, qui se démarque de tous les autres projets par sa dimension volontariste, a été adopté par le conseil des ministres ce matin. Chaque pays de l’Union va voir la date officielle des soldes d’hiver avancée au 20 novembre. Nous sommes heureux de constater que Bruxelles s’est rallié à notre position, la seule rationnelle dans ce contexte de crise. »&lt;br /&gt;La campagne, intitulée « Tout doit disparaître ! », sera lancée dès samedi prochain (lire ci-dessous). Un seul mot d’ordre : informer les consommateurs qu’« exercer son pouvoir d’achat, c’est mettre toutes les chances de son côté pour l’avenir. »&lt;br /&gt;Monsieur Lampois n’a pas hésité à railler au passage « la réactivité légendaire » de Bruxelles, tout en se félicitant que lobbying acharné de sa fédération ait porté ses fruits aussi rapidement.&lt;br /&gt;Un point de vue qui n’est pas partagé par Yves B. de l’association de consommateurs « Que choisir ? » Interrogé par Le Parisien, ce dernier doute de l’efficacité d’un tel dispositif, qui « encore une fois va grever le budget des ménages et dont rien ne garantit l’efficacité contre la destruction. »&lt;br /&gt;Quant au Conseil des ministres, il n’a pas souhaité réagir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/STqTMiBA6FI/AAAAAAAAAfM/lE-GY32rue4/s1600-h/IMG_2234.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 305px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/STqTMiBA6FI/AAAAAAAAAfM/lE-GY32rue4/s400/IMG_2234.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276691756916729938" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Encadré :&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L’opération « Tout doit disparaître ! », un dispositif ambitieux&lt;br /&gt;« Sortir le plus de biens de consommation du marché le plus rapidement possible », tel est le but de l’opération « Tout doit disparaître ! » Le lancement de cette campagne a été millimétré par les plus prestigieuses entreprises de communication et chapeauté par le patron de Publicis en personne.&lt;br /&gt;Une allocution de Monsieur Lampois depuis le dernier étage de la tour Eiffel devrait ouvrir les festivités, avant le lancement d’un grand spectacle son et lumière. Le discours sera transmis sur toutes les chaînes de télévision, ainsi que sur des écrans géants installés sur le Trocadero, et dans les stades de football des grandes villes, où les chefs de famille sont invités à se réunir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Dans son discours, le président de la FEC devrait annoncer que cette occasion exceptionnelle permettra enfin aux commerçants de baisser leurs prix sans limite légale et d'ouvrir leurs magasins  la nuit. Selon nos sources, il devrait déclarer : « Pensez à votre seule pulsion d’achat. Aujourd’hui, la consommation totale est enfin permise. », avant d'inciter les consommateurs à cacher loin des villes les biens qu'ils auront acquis.&lt;br /&gt;L’hystérie collective que devrait déclencher cette décision est cruciale et pourrait bien conditionner la survie de l’Occident. Si la foule est conquise par ce message radical et audacieux, on peut pronostiquer que la partie sera gagnée contre la destruction de la société de consommation. Les magasins seront pris d’assaut, les compte en banque vidés, et les objets relégués à l'écart, dans les bois et les campagnes. Sans biens à vendre, il n’y aura enfin plus de consommation possible, ce qui écartera définitivement le danger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/STqSXQ4ZcyI/AAAAAAAAAfE/eGW2Z3zJuUI/s1600-h/IMG_2235.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 286px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/STqSXQ4ZcyI/AAAAAAAAAfE/eGW2Z3zJuUI/s400/IMG_2235.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5276690841784120098" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;Texte datant de 2006, extrait d'un ensemble encore en chantier intitulé "La destruction du XXe siècle"&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-4298900242347842635?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/4298900242347842635'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/4298900242347842635'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/12/tout-doit-disparatre.html' title='Tout doit disparaître !'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/STqTMiBA6FI/AAAAAAAAAfM/lE-GY32rue4/s72-c/IMG_2234.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-853718392569752344</id><published>2008-11-19T20:52:00.009+01:00</published><updated>2008-11-22T19:56:33.096+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Éléphants et grandes portes'/><title type='text'>Pourquoi Médée ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le &lt;a href="http://www.cnt.asso.fr/"&gt;Centre national du théâtre&lt;/a&gt; vient de m'attribuer une aide à l'écriture pour&lt;a href="http://marinerichard.blogspot.com/2007/08/arthur-tu-tappelleras-arthur-mon-fils.html"&gt; Arthur, tu t'appelleras Arthur, mon fils&lt;/a&gt;. Ceux qui sont curieux peuvent aller lire le texte sur ce même blog, ainsi que la présentation barbare ci-dessous...  Ou la &lt;a href="http://www.sitaudis.com/Excitations/a-cheval-sur-la-fidelite-reponse-ouverte-a-pascale-gateau.php"&gt;petite polémiquette avec Pascale Gateau&lt;/a&gt; à ce sujet – sur le site de Sitaudis.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SSRwdl5P1QI/AAAAAAAAAe8/iCykuItQmkA/s1600-h/IMG_2245.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 318px; height: 179px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SSRwdl5P1QI/AAAAAAAAAe8/iCykuItQmkA/s400/IMG_2245.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5270461117621064962" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;« Je suis descendue sur la terre en passant par l’Ouest. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;J’avais un char tiré par des dragons. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Quand j’étais petite, on plantait des dents &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;de ces dragons dans les champs et des soldats poussaient, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;droits et bien coiffés, les cheveux dressés sur la tête, &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;avec des canines suffisamment longues &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;pour qu’on ne les confonde avec personne. »&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Influences&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ce texte est une collision. Comme souvent dans mon travail, il s’agit de s’immerger dans un univers onirique qui tisse des influences éclectiques, pour faire naître de cette nouvelle trame un éclairage, une « révélation ». &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arthur, tu t’appeleras Arthur, mon fils&lt;/span&gt; s’inspire du personnage de Médée dans la version d’Euripide, mais aussi de celui de la légendaire figure du roi Arthur, ainsi que d’une page volée par hasard à Eugène Savitzkaya et de nombreuses légendes d’Europe de l’Est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée est ici une jeune femme sans-papiers. Elle vit dans une banlieue française avec Jason (prononcer Jaisone). Écrasée par le poids de la situation insoluble que l’on connaît à travers le mythe, elle s’échappe de ce que nous considérons comme la réalité pour se réfugier dans sa relation avec son fils, qu’elle présente comme le roi Arthur, et que nous voyons évoluer comme un enfant bien réel – mais dont le texte ne nous révèle pas s’il est un, deux, né, à naître ou déjà disparu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;La maltraitance et la folie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;L’idée d’&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arthur, tu t’appelleras Arthur, mon fils&lt;/span&gt; s’est imposée à moi dans la foulée de la mise en œuvre de &lt;a href="http://marinerichard.blogspot.com/2007/06/il-ma-coll-un-scotch-sur-ma-chemise-de.html"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il m’a collé un scotch sur ma chemise de nuit pour me faire comprendre&lt;/span&gt; &lt;/a&gt;(2006). Écrit après une résidence dans le service de gérontopsychiatrie d’un grand hôpital, ce texte était le portrait d’Ariane, une vieille dame qui, pour survivre, devait depuis une cinquantaine d’années se conformer à ce qu’on attendait d’elle : garder secrète la violence qu’elle avait subie enfant et qui l’avait détruite. Littéralement coupé en deux, l’esprit d’Ariane tentait par des actes et des discours convergents de révéler l’origine de son mal pour s’en libérer, mais de manière tellement codée que le secret restait occulte, bien gardé derrière les murs de l’institution psychiatrique où on avait enfermé sa porteuse.&lt;br /&gt;Après ce texte qui fonctionnait comme un long lapsus dévoilant sans révéler, j’avais le sentiment d’avoir tourné autour d’un sujet insaisissable.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arthur&lt;/span&gt; s’est imposé comme un prolongement de cette recherche. Comment fonctionne la maltraitance ? Est-ce qu’on peut aborder cette question dans un texte sans passer par l’identification au sujet maltraité – qui ne ferait que rassurer le lecteur sur sa capacité d’empathie et ne révélerait rien sur les mécanismes de la violence ?&lt;br /&gt;Qu’est-ce que la maltraitance ? Y a-t-il de l’amour là-dedans ? Une famille qui permet la violence ne développe-t-elle pas un double langage : d’un côté celui des actes, de l’autre celui de la parole qui viendrait faire écran ? Dans une famille dysfonctionnelle, y a-t-il un agresseur identifiable ? Est-ce aussi simple ? De l’effort désespéré des victimes à se conformer au discours malgré la contradiction des actes, ne naît-il pas une forme de poésie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai passé beaucoup de temps avec des fous – souvent « malades » d’avoir été terrorisés, battus, violés. Et ce que j’ai entendu, c’est un chant d’amour fort, cru, limpide. J’ai vu des êtres subtils, fragiles (des esprits comme des corps sans peau) qui se mouraient d’être seuls à parler leur langage. J’ai souvent été impressionnée par la poésie que la folie libère, malgré les traitements médicamenteux et l’indifférence des personnels soignants à l’histoire des « patients ».&lt;br /&gt;Comme Ariane dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il m’a collé un scotch&lt;/span&gt;, ma Médée est gouvernée par une urgence, une nécessité impérieuse d’exprimer ce qui la meut – une histoire de violence et d’exil qu’on sent à travers ses actes et ses paroles mais qui reste dans le brouillard. Toujours un peu à côté de la vie, ce personnage n’existe que par les histoires qu’il porte.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Digression par &lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic; font-weight: bold;"&gt;La destruction du XXe siècle&lt;/span&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt; – petit manifeste pour des mythes vivants&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’un récit ? On m’a parfois reproché de puiser dans la littérature et l’Histoire comme dans un réservoir de matière première, sans considération pour les textes eux-mêmes ou leur sujet. Pour &lt;a href="http://marinerichard.blogspot.com/search/label/CHANTIER%2FLa%20destruction%20du%20XXe%20s"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La destruction du XXe siècle&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; , par exemple, j’ai utilisé sans complexe le personnage d’Anne Frank, que j’ai ressuscité pour l’occasion : en 1999, Anneliese Franck a soixante-dix ans. Morte en 1944, elle est pourtant bien là à l’aube du XXIe siècle et prédit une sorte d’apocalypse, la « destruction » du XXe siècle. On la prend pour une folle et on l’enferme. Cependant, ce qu’elle avait prédit advient.&lt;br /&gt;Anneliese Frank est un personnage de fiction qui prend sa source dans la légende d’Anne Frank, que nous connaissons à travers son journal publié par son père Otto après sa mort au camp de Bergen-Belsen. Transformée en symbole, Anne Frank n’est même pas connue du public sous son véritable nom. Elle est devenue un personnage qui permet aux adultes d’introduire la question du génocide des Juifs dans l’esprit des enfants, à travers une partie de son histoire racontée par elle-même.&lt;br /&gt;Nous avons fait d’elle une illustration : regardez ce qu’une jeune fille qui vous ressemble a subi. Nous connaissons les détails intimes de sa vie, qu’elle n’aurait peut-être pas souhaité qu’on dévoile à la terre entière (25 millions d’exemplaires de son journal vendus dans le monde). Cette intimité nous rend Anne familière, mais, paradoxalement, nous ne savons presque rien de ce qu’elle a vécu dans le camp avant sa mort, nous ne savons rien de sa souffrance. Nous ne pouvons que l’imaginer. C’est de cette faille de la mémoire collective que je me saisis.&lt;br /&gt;Pour aborder la négation de l’humanité dont les sociétés post-industrielles sont coutumières, je ne veux pas passer par le biais de l’Histoire (qui tend par exemple à faire de six millions d’individus exterminés une masse compacte, une statistique), je n’ai à ma disposition que le pouvoir de mon imagination.&lt;br /&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Maladie&lt;/span&gt; (2001), je comptais m’appuyer sur le témoignage de mon grand-père au sujet de son expérience de déporté au STO. Mais il est mort en cours de route. Le texte s’est alors transformé : abandon de la fiction au profit d’un journal de mon impossibilité d’écrire, puis relation de mes rêves sur le sujet sous forme de poèmes. Ces poèmes m’apparaissent aujourd’hui comme l’aspect le plus juste de La maladie : je n’ai pas menti, mais j’ai transformé l’histoire de quelqu’un d’autre, j’en ai fait mon expérience intime. Et si Buchenwald était une fête foraine flottante amarrée à un ponton à Oradour-sur-Glane ?&lt;br /&gt;Le projet autour du personnage d’Anne Frank dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La destruction du XXe siècle&lt;/span&gt; trouvait pour partie son origine dans cette même question. Arthur aussi. Au fond, est-ce que nous ne nous arrangeons pas tous ensemble pour bricoler un passé et des mythes qui nous ressemblent ?&lt;br /&gt;Je souhaiterais rendre visible – quitte à choquer – cette injonction paradoxale qui consiste à exiger des membres d’une société un « devoir de mémoire » qui exclurait tout réel travail de mémoire (c’est-à-dire de pensée et de « métabolisation »). J’ai parfois l’impression que nous sommes enjoints à un « devoir de mémoire morte ».  Et que la création artistique est sommée de s’aligner sur la tendance actuelle des institutions culturelles à fabriquer du « patrimoine ».&lt;br /&gt;Quel sens a la pitié pour les morts déjà morts ? Comment déployer une mémoire sans culpabilité, intelligente, qui veille sur les vivants, qui est capable de redéployer des mythes par le pouvoir de l’imagination ?&lt;br /&gt;Cette question est le fil rouge qui traverse mes derniers textes.&lt;br /&gt;Dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La destruction du XXe siècle&lt;/span&gt;, je me saisissais de la figure d’Anne Frank. Pas la véritable, mais le personnage déjà constitué par les modifications de son textes opérées par son père avant la publication, par les millions de lectures de son journal, par les dizaines de milliers de visites de sa cachette, par le film et le dessin animé tirés de son histoire, etc. Autant de malformations de la mémoire collective qui me feraient presque interpréter ces « objets » comme des produits dérivés qui jouent le rôle de souvenirs-écrans. Des tour opérators organisent des voyages dans les camps d’extermination en bus climatisés. Auschwitz est un parc d’attraction où on vient prendre des photos de l’horreur, comme on va photographier les moulages des morts pétrifiés de Pompéï. Dans cette économie, qu’advient-il du souvenir de l’extermination des malades mentaux, du génocide des Tziganes, ou de la persécution des homosexuels ? La pensée collective a fini par admettre que « les Juifs » sont « des gens comme nous ». Mais qu’en est-il des Manouches, des pédés, des fous et les mongoliens ?&lt;br /&gt;Ce qui m’intéressait dans la figure d’Anne Frank, c’est que nous avons voulu garder d’elle une image de pureté enfantine : la vierge sacrifiée est, sur les représentations qu’on en donne, jolie, en pleine santé, souriante… Pure. Or, ce qu’il est advenu d’elle ensuite, on ne se le représente pas. Mourir du typhus dans un camp de concentration signifie détérioration du corps et de l’esprit, poux, enlaidissement, amaigrissement, pustules, délire… Autant de dégradations que la conscience collective rechigne à envisager pour une jeune fille fraîche.&lt;br /&gt;La figure de Médée est l’exact opposé : on ne s’intéresse qu’au moment de son histoire où elle est délirante et détruite, mais on ne cherche pas à se représenter les origines de cet état.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Anne Frank comme Médée ou le roi Arthur sont pour nous des espaces de projection bridés, car ils abordent tous les trois le franchissement d’un tabou : une vierge assassinée, une mère infanticide, un roi incestueux... Autant de situations qu’on voudrait ne pas être possibles, et qui agissent comme des trous noirs dans la structure du langage, (ce qui ne doit pas être pensé n’a pas de mots pour le décrire). Finalement, dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La Maladie&lt;/span&gt;, comme dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;La destruction,  Il m’a collé un scotch &lt;/span&gt;ou&lt;span style="font-style: italic;"&gt; Arthur,&lt;/span&gt; il s’agit de tenter une traduction qui remplirait à sa manière ce « trou » dans la langue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Une Médée apocryphe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Une Médée hérétique, qui fait mentir le mythe poncé par les siècles. Et si la cruauté de Médée n’était que le miroir de la cruauté qu’elle subit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Synopsis : Médée est folle amoureuse de Jason, et réciproquement. Mais, par cupidité, Jason la délaisse pour une vierge, la fille du roi Créon. Médée implore, crie, puis s’allonge et ne bouge plus. Elle cesse de se nourrir. Elle ne fait que pleurer, face contre terre, sourde aux consolations. Si elle parle, c’est à elle-même, pour regretter son père et sa patrie, qu’elle a dû trahir et quitter pour aider son amour d’Argonaute.  Oui, c’est ce que nous dit déjà Euripide. Ce n’est pas elle qui est folle, mais le monde dans lequel elle vit. Et c’est parce qu’elle est acculée qu’elle tue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt; Je pense à ce drôle de petit livre dans lequel Pierre Bayard démontre qu’Agatha Christie s’est trompée d’assassin dans &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le meurtre de Roger Ackroyd.&lt;/span&gt; Et si ce n’était pas Médée qui avait tué les enfants ? Un culte leur était rendu à l’époque d’Euripide. Une autre version de l’histoire raconte que ces enfants auraient été tués par les Corinthiens qui auraient ensuite accusé Médée. Ou bien qu’elle aurait voulu les rendre immortels et qu’elle se serait trompée de formule, ou encore que Jason l’aurait surprise en plein rite magique et que ça en aurait perturbé l’issue et tué les enfants. Et si c’était Jason, le meurtrier ? Jason qui, dans l’histoire première, était déjà le méchant, si on y réfléchit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Le sort des étrangers&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mais derrière tout cela, un autre thème majeur se dégage, d’ailleurs crucial dans le texte d’Euripide – puisque Médée va être bannie pour des raisons politiques – : la place des étrangers en France aujourd’hui. Un éclairage sur le sort la République française réserve aux personnes en situation irrégulière, sort si inhumain que certaines d’entre elles commettent des folies pour y échapper. On a vu des cas de femmes et d’enfants qui se défenestraient ou d’hommes qui se suicidaient dans les centres de rétention. En cela, ma Médée n’est pas si particulière. Ce qui la rend singulière, c’est peut-être la manière dont elle-même se sert d’un mythe pour s’échapper, couronnant roi Arthur son fils, elle injectera un peu de sang royal dans sa cité de banlieue.&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-853718392569752344?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/853718392569752344'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/853718392569752344'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/11/pourquoi-mde.html' title='Pourquoi Médée ?'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://4.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SSRwdl5P1QI/AAAAAAAAAe8/iCykuItQmkA/s72-c/IMG_2245.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-6034584464414712212</id><published>2008-07-26T20:36:00.022+02:00</published><updated>2008-12-10T21:34:03.628+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théâtre'/><title type='text'>Prométhée enchaîné (plagiat)</title><content type='html'>&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Personnages&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;un enfant ou deux&lt;br /&gt;un chien&lt;br /&gt;un poupon&lt;br /&gt;des oiseaux&lt;br /&gt;un frêne&lt;br /&gt;une maison aux volets clos&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SKGedIS96SI/AAAAAAAAAXA/ONDXA3Vr84s/s1600-h/IMG_1353.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SKGedIS96SI/AAAAAAAAAXA/ONDXA3Vr84s/s400/IMG_1353.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5233638465261660450" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;br /&gt;Un grand frêne dans le jardin.&lt;br /&gt;Au pied de l’arbre, un poupon.&lt;br /&gt;Par terre, un tas de chaînes, un marteau – le tout en plastique.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ici, c’est bien&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;herbe épaisse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;un grand frêne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;derrière lequel on devine l’enfant de lumière qui parle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;regarde c’est pas mal&lt;br /&gt;on est assez loin&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;à cinquante mètres de la maison en pierre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;– volets clos sous le soleil d’été –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et de la niche du chien attaché&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;on n’est pas trop près&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;juste à côté du muret d’enceinte du jardin&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;du petit portillon qui mène au puits et à la route&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il y a personne&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;des chants d’oiseaux mais aucun bruit humain&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;on est tout seul&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le tronc lisse du frêne qui a poussé droit vers le ciel&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ses branches fragiles&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;de derrière sort l’enfant de lumière&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;t’as qu’à grimper à l’arbre&lt;br /&gt;tu vas monter là-haut&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière porte un short kaki&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il n’a qu’une jambe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il est armé d’un pistolet à eau&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;regarde il y a des branches faciles&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière pointe le pistolet vers la cime&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il écarte les bras&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;fait osciller ses mains&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;tu montes comme ça&lt;br /&gt;tu grimpes et tu le montes en même temps&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière pointe le pistolet en plastique sur le poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;va enchaîner ce connard&lt;br /&gt;allez&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il se penche et embrasse le tas de chaînes pour le soulever&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;faut que tu l’enchaînes ce bâtard&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il soulève le tas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;sa voix est comprimée par l’effort&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;que tu l’enchaînes au tronc&lt;br /&gt;et que tu cloues les chaînes dans le bois&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt; relâche le tas qui tombe dans l’herbe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il désigne une petite branche morte&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;sur cette branche morte là&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il baisse la tête&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;quoi&lt;br /&gt;mais qu’est-ce que t’as&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ses bras sont immobiles le long de son corps&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;c’est pas compliqué&lt;br /&gt;et puis de toute façon&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;un diamant tombe de sa joue sur sa chaussure&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;en fait&lt;br /&gt;t’as pas le choix&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière monte le pistolet à sa tempe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;allez&lt;br /&gt;on s’en fout de lui&lt;br /&gt;c’est rien qu’un voleur&lt;br /&gt;il avait qu’à pas&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il jette un regard vers l’arbre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il appuie le pistolet contre son front&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et c’est papa qui a dit que tu dois le faire&lt;br /&gt;si papa veut que tu le fasses&lt;br /&gt;t’as intérêt à le faire à mon avis&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il enfonce le pistolet dans sa bouche&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;sa voix est déformée&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;fi fu le fais fas&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;ll sort le pistolet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Le chant des oiseaux s’est arrêté&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Attends&lt;br /&gt;t’es sûr qu’il a dit que c’est moi qui dois le clouer&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’herbe est grasse et verte&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le pied nu de l’enfant de lumière y est presqu’enfoui &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;pourquoi c’est moi qui dois le clouer au fait&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il se met à sautiller nerveusement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il se trémousse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Je sais pas moi&lt;br /&gt;en tout cas c’est comme ça&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il pince le devant de son short&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;en se pliant légèrement en avant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;papa l’a dit&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière s’appuie contre l’arbre bras croisés&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il fronce les sourcils&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Pourquoi toi tu devais juste l’amener&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le pistolet tapote son biceps&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;son visage est congestionné&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;toi tu devais juste l’amener&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière regarde en direction de la maison&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et moi il faut que je fasse tout le reste&lt;br /&gt;moi je dois faire tout le reste&lt;br /&gt;je dois faire tout le reste c’est ça&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien sort de sa niche&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il commence à tirer sur sa corde pour aller vers l’enfant de lumière&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;comment je vais le monter là-haut&lt;br /&gt;il est trop lourd&lt;br /&gt;je pourrai pas&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière soulève le poupon pour le soupeser&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien tire de plus en plus sur sa corde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et produit des râles étranglés &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;offf&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière laisse retomber le poupon par terre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il recommence à se trémousser&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;pose ses poings sur ses hanches&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Si tu le fais pas&lt;br /&gt;t’as intérêt à le faire&lt;br /&gt;papa&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le pistolet remonte à la tempe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;papa l’a dit&lt;br /&gt;c’est un ordre&lt;br /&gt;Attends&lt;br /&gt;attends une seconde&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière pose le pistolet par terre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il passe derrière l’arbre en sautillant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’urine contre le tronc fait un petit bruit de ruisseau&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière reparaît en fermant sa braguette&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Si papa l’a dit&lt;br /&gt;c’est un ordre&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il récupère le pistolet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;tu crois peut-être que t’as le choix&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien commence à aboyer&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il faut qu’il paye pour ce qu’il a fait&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien aboie de plus en plus fort et nerveusement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;un voleur il faut qu’il paye&lt;br /&gt;pour ce qu’il a fait&lt;br /&gt;Ça va oh&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien tire tellement sur la corde&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;qu’il se tient sur ses deux pattes postérieures&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il aboie très fort&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;oui oui bon&lt;br /&gt;je sais&lt;br /&gt;je sais&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière s’accroupit sur sa petite jambe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;pour chuchoter à l’oreille du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;– les aboiements couvrent sa voix –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;eh j’ai pas trop envie de le faire&lt;br /&gt;je suis obligé j’ai l’impression&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien s’étouffe à force de s’étrangler avec son collier&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;tu sais&lt;br /&gt;je veux dire&lt;br /&gt;je suis obligé de te clouer là-haut avec ça&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il braque son arme sur son arsenal de plastique&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;j’ai pas le choix&lt;br /&gt;c’est papa qui veut que je le fasse&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière soupire&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et après tu vas te retrouver tout seul&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il parle en regardant dans le vide&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il sera tout seul là-haut&lt;br /&gt;pourquoi il faut le mettre tout seul là-haut&lt;br /&gt;y a jamais personne qui passe par là&lt;br /&gt;il va rester là&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien redescend sur quatre pattes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il s’assoit en haletant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et continue à regarder dans la direction de l’enfant de lumière&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il va devenir maigre&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière parle toujours dans le vide mais plus fort &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il mangera pas alors il va maigrir encore plus&lt;br /&gt;et sa peau sera toute brûlée&lt;br /&gt;il sera comme une momie&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière tapote le tête du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;t’inquiète pas&lt;br /&gt;heureusement&lt;br /&gt;tu pourras un peu ouvrir les yeux la nuit&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il parle en scandant les mots au rythme de ses gestes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il aura qu’à attendre la nuit&lt;br /&gt;pour se reposer un peu de la chaleur&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;au poupon gentiment&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;la nuit tu auras moins mal à la peau&lt;br /&gt;parce qu’il y aura plus le soleil&lt;br /&gt;mais le matin ça recommencera à cramer&lt;br /&gt;là ça sera autre chose&lt;br /&gt;je voudrais pas être à ta place&lt;br /&gt;je te plains&lt;br /&gt;c’est malin&lt;br /&gt;pourquoi t’en as fait qu’à ta tête aussi&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière caresse les joues du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;brusquement il braque le pistolet à eau sur lui&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;tu vas rester accroché debout là-haut&lt;br /&gt;je vais être obligé de te clouer là-haut&lt;br /&gt;putain&lt;br /&gt;je vais être obligé tu entends&lt;br /&gt;et tu pourras même pas dormir cinq minutes&lt;br /&gt;tu seras suspendu par les bras&lt;br /&gt;tes poignets seront accrochés au-dessus de ta tête&lt;br /&gt;ça tirera sur les chaînes&lt;br /&gt;et elles te rentreront dans les bras&lt;br /&gt;si tu t’endors&lt;br /&gt;tu vois tu pourras pas dormir&lt;br /&gt;sinon ça te fera mal&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;dans le vague&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il aura drôlement mal&lt;br /&gt;putain&lt;br /&gt;il sera très fatigué&lt;br /&gt;il en pourra plus de pas pouvoir plier les jambes&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien commence à regarder ailleurs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et tu te mettras à crier&lt;br /&gt;et à appeler au secours&lt;br /&gt;il pleurera&lt;br /&gt;mais personne viendra l’aider&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien se gratte l’oreille&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il sera tout seul&lt;br /&gt;personne passe par ici&lt;br /&gt;et puis de toute façon si quelqu’un passe&lt;br /&gt;il fera rien pour toi&lt;br /&gt;personne aura envie de te détacher&lt;br /&gt;tout le monde sait que quand papa est en colère&lt;br /&gt;tu peux être sûr que personne montera te voir&lt;br /&gt;à cause de ça&lt;br /&gt;parce que papa attention&lt;br /&gt;on sait tous ce qui arrivera à celui qui le fera&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le chien se lève et retourne se coucher dans sa niche&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière abandonne le pistolet et se redresse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Bon alors&lt;br /&gt;qu’est-ce que tu fous&lt;br /&gt;on n’a pas cent sept ans&lt;br /&gt;tu vas pas avoir pitié de lui quand même&lt;br /&gt;on s’en fout de lui&lt;br /&gt;on en a rien à foutre de ce bâtard&lt;br /&gt;t’es trop gentil toi&lt;br /&gt;tout le monde le déteste&lt;br /&gt;de toute manière il est tout seul&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière scrute le poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Mais attends&lt;br /&gt;ça me fait quelque chose à moi&lt;br /&gt;quand même&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il se recule d’un pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et s’appuie au frêne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ouais&lt;br /&gt;je vois bien&lt;br /&gt;bon&lt;br /&gt;ok ça te fait quelque chose&lt;br /&gt;mais tu vas quand même pas désobéir à papa&lt;br /&gt;attends qu’il t’attrape&lt;br /&gt;t’imagines même pas si tu fais pas ce qu’il dit&lt;br /&gt;tu vois le tableau&lt;br /&gt;Et pourquoi c’est cet arbre-là d’abord&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;un jeune frêne au tronc lisse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;aux branches souples&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;dont les feuilles bruissent doucement&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;ça te fait même pas un peu de peine à toi&lt;br /&gt;mais t’es pas triste un peu&lt;br /&gt;C’est pas ça qui changera quelque chose&lt;br /&gt;ce que je pense on s’en fout&lt;br /&gt;alors ça sert à rien&lt;br /&gt;fais ce que tu as à faire&lt;br /&gt;tu devrais plutôt&lt;br /&gt;tu sais bien&lt;br /&gt;et c’est tout&lt;br /&gt;Mais pourquoi moi&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière pleure&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Putain mais tu la fermes&lt;br /&gt;il faut bien que quelqu’un le fasse&lt;br /&gt;c’est toi&lt;br /&gt;et puis c’est tout&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;d’une toute petite voix&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Je vois bien&lt;br /&gt;mais quand même&lt;br /&gt;ça aurait pu tomber sur quelqu’un d’autre&lt;br /&gt;il aurait pu demander à&lt;br /&gt;je sais pas à qui&lt;br /&gt;mais bon&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière rit méchamment&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ça aurait pu&lt;br /&gt;hé bé non&lt;br /&gt;papa a choisi quelqu’un au hasard et c’est toi&lt;br /&gt;ça aurait pu être n’importe qui&lt;br /&gt;mais c’est papa qui décide&lt;br /&gt;point final&lt;br /&gt;bon&lt;br /&gt;alors&lt;br /&gt;tu le fais c’est tout&lt;br /&gt;c’est un ordre&lt;br /&gt;Je sais&lt;br /&gt;je sais&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il s’accroupit et contemple le tas de chaînes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;les oiseaux se remettent à chanter&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;je discute pas&lt;br /&gt;j’essaie pas de me défiler&lt;br /&gt;Alors vas-y&lt;br /&gt;dépêche&lt;br /&gt;grouille&lt;br /&gt;attache-le&lt;br /&gt;tu as qu’à le monter&lt;br /&gt;si papa te voyait faire le bébé, comme ça&lt;br /&gt;Si papa me voyait&lt;br /&gt;il verrait aussi que j’ai déjà les chaînes dans les mains&lt;br /&gt;regarde je ramasse tout de suite les chaînes&lt;br /&gt;et je vais faire ce qu’il a dit&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il prend le poupon, le marteau et tout l’attirail&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il commence à grimper à l’arbre, tant bien que mal&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;en sautillant d’une branche à l’autre sur son unique jambe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Allez&lt;br /&gt;tu le montes&lt;br /&gt;Oui&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;un long temps –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière dépose son barda là où il peut&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le plus haut possible&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il installe le poupon sur la branche morte&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et commence à le ligoter&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tu lui passes le truc autour des bras&lt;br /&gt;t’as qu’à le ligoter&lt;br /&gt;comme ça&lt;br /&gt;hop&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière ne bouge pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et tu le cloues derrière l’arbre&lt;br /&gt;tu peux planter un clou&lt;br /&gt;là&lt;br /&gt;bien derrière pour qu’il puisse pas y atteindre&lt;br /&gt;comme ça&lt;br /&gt;avec le clou&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il ne bouge toujours pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;tu tiens le clou avec une main et tu tapes avec l’autre&lt;br /&gt;tu tapes avec le marteau comme ça&lt;br /&gt;un grand coup de marteau&lt;br /&gt;là&lt;br /&gt;bien derrière&lt;br /&gt;de toutes tes forces&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière commence enfin à ficeler le poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;prends bien ton élan&lt;br /&gt;Hé ho&lt;br /&gt;laisse-moi&lt;br /&gt;t’arrêtes maintenant&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il donne des petits coups de marteau pour fixer la chaîne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;– à chaque coup l’arbre frémit –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;je suis en train de le faire&lt;br /&gt;j’y arrive très bien&lt;br /&gt;tu vois pas&lt;br /&gt;Frappe plus fort&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il frappe plus fort&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;– l’arbre bouge de plus en plus –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;mais cogne&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il cogne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;– l’arbre vibre –&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;serre bien&lt;br /&gt;là&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il serre&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et oublie pas qu’il doit pas s’enfuir&lt;br /&gt;faut pas du tout qu’il puisse bouger&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il continue à serrer&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;même avec un clou dans le cœur et assommé&lt;br /&gt;il est capable de s’échapper&lt;br /&gt;ce connard&lt;br /&gt;il peut arriver à disparaître&lt;br /&gt;Là, ça va comme ça&lt;br /&gt;j’ai bien tout attaché de ce côté-là&lt;br /&gt;qu’est-ce que t’en penses&lt;br /&gt;regarde&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il essaie de passer un doigt entre l’entrave et le poignet&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;je crois pas qu’il peut bouger son bras&lt;br /&gt;j’arrive même pas à passer mon petit doigt&lt;br /&gt;Fais l’autre maintenant&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière commence à enchaîner l’autre bras&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;plante bien ton clou surtout&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière plante son clou&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;coince-le mieux que ça&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il essaie de passer son doigt entre l’entrave et le poignet du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Regarde&lt;br /&gt;c’est bien serré&lt;br /&gt;alors là&lt;br /&gt;le pauvre&lt;br /&gt;ohlala&lt;br /&gt;il peut plus bouger du tout&lt;br /&gt;Allez&lt;br /&gt;maintenant enfonce-lui le gros clou dans le cœur&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière place le clou sur la poitrine du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;faut le planter&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il prend de l’élan&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;frappe le plus fort possible&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;mais s’arrête au dernier moment&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Oh&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;le clou est toujours posé sur son cœur&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;– au poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;je te jure que je voudrais pas faire ça&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il reprend son élan&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;mais stoppe encore avant que le marteau ne touche le clou&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Arrête de pleurnicher&lt;br /&gt;si tu continues à hésiter&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il prend son élan&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;c’est toi qu’on va plaindre après&lt;br /&gt;tu peux me croire&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il enfonce le clou&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ah&lt;br /&gt;regarde&lt;br /&gt;mais regarde&lt;br /&gt;il est tout blanc et il bouge plus&lt;br /&gt;sa tête pend&lt;br /&gt;je l’ai tué&lt;br /&gt;regarde&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière crie&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Je vois surtout qu’il a ce qu’il mérite&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il donne des coups de marteau sur la tête du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;oui&lt;br /&gt;ce bâtard l’a bien mérité&lt;br /&gt;allez&lt;br /&gt;maintenant passe-lui l’autre chaîne autour du ventre&lt;br /&gt;Hein&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière laisse échapper le marteau qui tombe dans l’herbe&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;mais arrête de tout le temps me dire ce que je dois faire&lt;br /&gt;putain&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il entreprend de descendre en sautillant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;toute façon&lt;br /&gt;je suis obligé&lt;br /&gt;alors c’est pas la peine de me donner des ordres&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;une fois au sol il récupère le marteau&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ouais peut-être&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et remonte&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il hurle&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;en attendant je te l’ordonne quand même&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;une fois arrivé en haut : &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;allez&lt;br /&gt;aux jambes maintenant&lt;br /&gt;tu entraves les chevilles&lt;br /&gt;vas-y&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il ne bouge pas&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;descends et enchaîne-lui les pieds&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il baisse la tête&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;allez&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il descend d’une branche et s’occupe des pieds du poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Là&lt;br /&gt;t’es content&lt;br /&gt;Ouais&lt;br /&gt;c’est bien&lt;br /&gt;maintenant resserre encore les chaînes&lt;br /&gt;Oh non&lt;br /&gt;Si vas-y&lt;br /&gt;&lt;span&gt;cogne avec le marteau pour les fixer&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il cogne avec le marteau&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;des diamants tombent de ses yeux&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’herbe grasse absorbe leur chute&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;et serre plus aux poignets pour que ça lui fasse mal&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il serre aux poignets&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;tu sais qui c’est qui va venir voir si c’est bien fait&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il serre plus&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;et plus il serre plus des diamants tombent de ses yeux&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;il va venir vérifier si tu as bien fait ton travail&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière balance tout son matériel &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il descend en sanglotant&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;toi ça te fait peut-être de la peine&lt;br /&gt;mais moi je suis un homme&lt;br /&gt;je pleure pas&lt;br /&gt;c’est toi qui pleures&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière s’essuie les yeux&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Bon&lt;br /&gt;il est bien attaché là&lt;br /&gt;c’est sûr qu’il va pas disparaître&lt;br /&gt;on peut s’en aller non&lt;br /&gt;il ramasse le pistolet à eau&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il vise le poupon&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Ah ah tu fais moins le malin&lt;br /&gt;regarde comme il bronche plus&lt;br /&gt;vas-y&lt;br /&gt;va voler des trucs à papa&lt;br /&gt;et qui c’est qui va venir t’aider là-haut maintenant&lt;br /&gt;hein connard&lt;br /&gt;personne&lt;br /&gt;y a personne qui va venir t’aider&lt;br /&gt;parce qu’il y a jamais personne qui vient ici&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;l’enfant de lumière exécute une longue danse silencieuse&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il rit aux éclats&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;des rivières de diamants plein les joues&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;il retourne en direction de la maison&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;s’arrête pour donner une caresse bourrue au chien&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;qui se met sur le dos et se laisse faire.&lt;/span&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-6034584464414712212?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6034584464414712212'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6034584464414712212'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/07/promthe-enchan.html' title='Prométhée enchaîné (plagiat)'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SKGedIS96SI/AAAAAAAAAXA/ONDXA3Vr84s/s72-c/IMG_1353.jpg' height='72' 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term='Construire'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJmjvyRnCI/AAAAAAAAAWw/rX02xhRlo7I/s1600-h/IMG_0374.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://4.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJmjvyRnCI/AAAAAAAAAWw/rX02xhRlo7I/s400/IMG_0374.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5211340483129875490" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-7223912785941886511?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/7223912785941886511'/><link rel='self' type='application/atom+xml' 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{}" href="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJe3eVcGhI/AAAAAAAAAWo/U05eJPrY3n4/s1600-h/IMG_1326.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJe3eVcGhI/AAAAAAAAAWo/U05eJPrY3n4/s400/IMG_1326.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5211332025949886994" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-5184433834935368650?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5184433834935368650'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5184433834935368650'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/06/blog-post_13.html' title='SANS LEGENDE'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJe3eVcGhI/AAAAAAAAAWo/U05eJPrY3n4/s72-c/IMG_1326.jpg' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-3037357910135351780</id><published>2008-06-13T13:45:00.000+02:00</published><updated>2008-12-09T12:10:42.512+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJd93OmkiI/AAAAAAAAAWY/3mdbFsEaVXM/s1600-h/IMG_1317.jpg"&gt;&lt;img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SFJd93OmkiI/AAAAAAAAAWY/3mdbFsEaVXM/s400/IMG_1317.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5211331036199686690" border="0" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-3037357910135351780?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/3037357910135351780'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/3037357910135351780'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/06/blog-post.html' title=''/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail 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src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-5008297835093987130?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5008297835093987130'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5008297835093987130'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/05/blog-post.html' title=''/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/SC66DI2CYdI/AAAAAAAAAP8/8P3HHlwH4z4/s72-c/IMG_0179.jpg' height='72' 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la copie de la lettre de Pascale Gateau à votre disposition, quant au texte dont il est question, &lt;a href="http://marinerichard.blogspot.com/2007/08/arthur-tu-tappelleras-arthur-mon-fils.html"&gt;vous le trouverez sur ce blog&lt;/a&gt;.]&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écoutez, madame Gateau,&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Par les temps qui courent, recevoir une lettre de refus personnalisée doit, je suppose, être perçu comme une marque de considération par la jeune auteure que je suis. J’aurais bien sûr préféré avoir une réponse de la personne à qui je m’étais adressée ! Mais je vous remercie d’avoir pris la peine de lire &lt;a href="http://marinerichard.blogspot.com/2007/08/arthur-tu-tappelleras-arthur-mon-fils.html"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arthur, tu t’appelleras Arthur, mon fils&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;. D’autant que d’après mes informations, vous êtes une personne intelligente.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je souhaite vous répondre à mon tour, car la hauteur et l’angle de vos arguments me font douter de la nécessité de m’adresser à un éditeur à l’avenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour que nous parlions de la même chose, je vous rappelle que le texte que je vous ai envoyé, un poème écrit sous une forme dialoguée, est inspiré du personnage de Médée dans la version d’Euripide, mais aussi de celui du mythique roi Arthur, ainsi que d’une page discrètement volée à Eugène Savitzkaya. Médée est ici une jeune femme sans-papiers. Elle vit dans une banlieue française avec Jason (prononcer Jaisone). Écrasée par le poids d’une situation insoluble, Médée s’échappe de ce que nous considérons comme la réalité pour se réfugier dans la relation avec son fils, le roi Arthur, enfant dont on ignore s’il est un, deux, né, à naître ou déjà disparu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Venons-en maintenant à vos arguments. Si mon texte a des défauts, ce dont je suis consciente, j’ose espérer que ce ne sont pas ceux que vous croyez. Si tel était le cas, je n’aurais rien compris à ma propre démarche artistique. Et ça serait bien embêtant pour moi. Comprenez que j’essaie de me défendre !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ecoutez, madame. Voilà, vous reprochez à mon texte de « passer à côté de la folie meurtrière » de Médée et d’être écrit dans « une langue orale parfois très familière », niveau d’expression qui n’est selon vous « pas nécessaire » pour « moderniser la langue ». Bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je répondrai d’abord sur le deuxième point, le plus intriguant.&lt;br /&gt;Depuis quand l’écriture théâtrale devrait ne pas être une langue orale ? Le théâtre n’est-il pas une langue écrite destinée à être dite, destinée à oublier qu’elle est un texte ? L’oral, c’est précisément ce qui me touche, c’est une grande part de mon travail, puisque je fais de la radio et que beaucoup de mes textes sont des transcriptions de paroles entendues, parfois recueillies pendant des mois. Je pense par exemple à une pièce que j’ai écrite l’an dernier, &lt;a href="http://marinerichard.blogspot.com/2007/06/il-ma-coll-un-scotch-sur-ma-chemise-de.html"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Il m’a collé un scotch sur ma chemise de nuit pour me faire comprendre&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;, rédigée après deux mois de prises de notes dans un service de gérontopsychiatrie. L’oral est à ce point important pour moi que beaucoup de mes textes prennent une forme dialoguée, sans que je voie pour autant la nécessité absolue qu’ils soient joués. Le dialogue permet de glisser des strates d’interprétation entre les mots, en suggérant un sous-texte « pensé » par les personnages mais non-dit. Sous-texte souvent renforcé dans mon travail par les actions menées – sans rapport apparent avec les paroles. C’est ce double niveau de lecture que j’ai voulu développer dans Arthur. J’ai même essayé d’intégrer un troisième niveau en m’appuyant sur le dispositif de la tragédie : un chœur vient commenter les épisodes de la narration en la traitant comme un feuilleton télévisé, avec distance et passion. Tout ça pour dire qu’une langue « pauvre » n’empêche pas de mettre en place des situations sinon riches, du moins complexes.&lt;br /&gt;Et puis, figurez-vous que de toute façon, les gens, ils parlent de manière familière. Particulièrement dans les quartiers populaires comme celui où se déroule ma pièce. Les gros mots ont leur beauté. Et comme ma Médée est originaire d’un ailleurs où on parle une autre langue, et qu’elle n’a pas appris le français, elle parle « mal ». Oui. Elle parle la poésie qu’on invente au quotidien quand on apprend à être quelque part. En quoi la langue orale serait-elle un repoussoir ? Voulez-vous dire qu’elle manque de littérature ? Un discours pareil m’étonnerait de Théâtre ouvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sur le premier point, voici. Il se trouve que je me suis un petit peu renseignée avant d’écrire ce texte. Et s’il « ne met pas suffisamment en lumière » « la folie meurtrière de Médée », c’est parce qu’à y bien réfléchir, par les temps qui courent, il m’apparaissait plus juste de montrer cette figure féminine sous un autre jour, tout aussi réel.&lt;br /&gt;N’est-ce pas la puissance de la littérature, cette possibilité de se détacher de l’existant pour produire des histoires qui éclairent le présent ? Euripide avait donné des pistes qui m’intéressaient, pistes effacées en hâte par Sénèque et consort.&lt;br /&gt;Et si elle ne me convenait pas, à moi, cette Médée simplifiée qu’on a poncée au fil des siècles pour dépeindre cette femme comme un animal cruel ? S’il me plaisait d’insister sur les causes de ses réactions ? En tout cas, vous devez admettre que sur ce point, je suis restée fidèle au vaudeville que la légende a retenu :&lt;br /&gt;Médée est folle amoureuse de Jason, et réciproquement. Mais, par cupidité, Jason la délaisse pour une vierge, la fille du roi Créon. Médée implore, crie, puis s’allonge et ne bouge plus. Elle cesse de se nourrir. Elle ne fait que pleurer, face contre terre, sourde aux consolations. Si elle parle, c’est à elle-même, pour regretter son père et sa patrie, qu’elle a dû trahir et quitter pour aider son amour d’Argonaute.&lt;br /&gt;Oui, c’est ce que nous dit déjà Euripide. Médée est une victime. Ce n’est pas elle qui est folle, mais le monde dans lequel elle vit. Et c’est parce qu’elle est acculée qu’elle tue. Pourquoi pas ? Pourquoi faudrait-il être fidèle au classicisme ?&lt;br /&gt;Je pense à ce drôle de petit bouquin dans lequel Pierre Bayard démontre qu’Agatha Christie s’est trompée d’assassin dans Le meurtre de Roger Ackroyd. Et si ce n’était pas Médée qui avait tué les enfants ? Savez-vous qu’un culte leur était rendu à l’époque d’Euripide ? L’histoire raconte que ces enfants auraient été tués par les Corinthiens qui auraient ensuite accusé Médée. Ou bien qu’elle aurait voulu les rendre immortels et qu’elle se serait trompée de formule, ou encore que Jason l’aurait surprise en plein rite magique et que ça en aurait perturbé l’issue et tué les enfants. Ça vous embêterait que ce soit Jason, le meurtrier ? Pourquoi ? Jason, dans l’histoire première, était déjà le méchant. Mais on l’oublie pour se concentrer sur les réactions de sa femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Écoutez, madame, si vous étiez si à cheval sur la fidélité de « l’adaptation », vous auriez pu me flatter un peu en notant que, comme Jacques Lassalle l’avait remarqué chez Euripide, dans ma pièce non plus, il n’y a aucun passage à trois personnages – trois personnages qui évoluent dans la même dimension, en tout cas. Et puis, j’ai bien respecté la structure, en conservant le découpage du récit originel, faisant par exemple commencer la narration en plein climax, ou laissant intervenir Égée, alors que sont apparition soudaine et unique n’aide pas forcément la cohérence générale. J’ai aussi conservé fidèlement le nom des personnages, les interventions du chœur, les rapports hiérarchiques entre les personnages…&lt;br /&gt;Bon, certes, il y a bien l’irruption du roi Arthur. Ou les légendes d’Europe de l’Est. Ou le dédoublement du personnage du fils. Ou l’utilisation de la lévitation pour s’échapper. Vous n’en parlez pas dans votre lettre, ces bizarreries vous choqueraient-elles moins que le niveau de langue ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Pour finir, vous me concédez que « certains passages et certains thèmes comme celui des sans-papiers donnent une couleur plus contemporaine à l’histoire ». En fait, c’est le pivot central du texte. J’utilise le mythe pour parler de cette question, qui est d’ailleurs aussi cruciale dans le texte d’Euripide, puisque Médée va être bannie pour des raisons politiques. Si on exclut toute interprétation psychanalytique, c’est même ce qui provoque son désespoir.&lt;br /&gt;Vu le contexte actuel, j’insiste sur le fait que le « thème » des sans-papiers n’est pas là pour ajouter un pittoresque opportuniste, « donner une couleur à l’histoire », mais pour attirer l’attention sur le sort que la République française réserve aux personnes en situation irrégulière, sort si inhumain qu’il explique pourquoi certaines d’entre elles commettent des folies pour y échapper. On a vu des cas de femmes et d’enfants qui se défenestraient ou d’hommes qui se suicidaient dans les centres de rétention.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Je sais que vous faites votre travail consciencieusement, mais comprenez que des courriers comme celui que j’ai reçu semblent presque conçus pour décourager les jeunes auteurs. Nous ne pouvons, face à de telles approximations, que nous morfondre ou éclater de colère. Je trouve la deuxième solution beaucoup plus vivifiante.&lt;br /&gt;Écoutez, madame, permettez-moi d’insister pour que Lucien Attoun en personne lise &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Arthur, tu t’appelleras Arthur, mon fils&lt;/span&gt;. En vous remerciant de votre attention et de vos critiques, je vous adresse moi aussi mes salutations les meilleures.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Marine Richard [texte publié sur &lt;a href="http://www.sitaudis.com/"&gt;Sitaudis]&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-6257421233900877661?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6257421233900877661'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/6257421233900877661'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/03/cheval-sur-la-fidlit.html' title='À cheval sur la fidélité'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://3.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R-bnlmn8P5I/AAAAAAAAAGg/ywaqlTnaqkA/s72-c/IMG_0319.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-5731704355551620607</id><published>2008-02-24T23:05:00.000+01:00</published><updated>2008-12-09T12:10:42.973+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Habiter'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4E5O9emMiI/AAAAAAAAACc/t6PLddlv8I0/s1600-h/L1080325.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4E5O9emMiI/AAAAAAAAACc/t6PLddlv8I0/s400/L1080325.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5152462377872405026" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-5731704355551620607?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5731704355551620607'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5731704355551620607'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2007/06/blog-post_24.html' title=''/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4E5O9emMiI/AAAAAAAAACc/t6PLddlv8I0/s72-c/L1080325.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-6319475669662450540</id><published>2008-01-06T21:57:00.000+01:00</published><updated>2008-12-09T12:10:43.200+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Habiter'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4FA7NemMtI/AAAAAAAAAD8/stG8Nky_A2U/s1600-h/IMG_0086.jpg"&gt;&lt;img style="display:block; 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margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4TPtNemMwI/AAAAAAAAAFI/b2yRxRvdZBk/s400/IMG_0158.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5153472249237746434" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-4191318594326478852?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/4191318594326478852'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/4191318594326478852'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/01/blog-post_5408.html' title=''/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://1.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4TPtNemMwI/AAAAAAAAAFI/b2yRxRvdZBk/s72-c/IMG_0158.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-4247460827424757265</id><published>2008-01-05T14:23:00.000+01:00</published><updated>2008-12-09T12:10:44.706+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Construire'/><title type='text'></title><content type='html'>&lt;a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4TLudemMuI/AAAAAAAAAE4/oS04W2hqLEA/s1600-h/IMG_0073.JPG"&gt;&lt;img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4TLudemMuI/AAAAAAAAAE4/oS04W2hqLEA/s400/IMG_0073.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5153467872666071778" /&gt;&lt;/a&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-4247460827424757265?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/4247460827424757265'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/4247460827424757265'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2008/01/blog-post_09.html' title=''/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author><media:thumbnail xmlns:media='http://search.yahoo.com/mrss/' url='http://2.bp.blogspot.com/_fPQHxbB5SI4/R4TLudemMuI/AAAAAAAAAE4/oS04W2hqLEA/s72-c/IMG_0073.JPG' height='72' width='72'/></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-6880570706967179461.post-5068488256948718166</id><published>2007-08-27T12:02:00.002+02:00</published><updated>2008-06-13T14:02:52.920+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Théâtre'/><title type='text'>Arthur tu t’appelleras Arthur, mon fils.</title><content type='html'>(Première mouture de ce texte en chantier depuis février. J'attends vos critiques avant de passer au rabotage, ponçage, etc. Si vous voulez une version avec les italiques et autres subtilités, envoyez-moi un mail à : labranche at free point fr. Merci.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Personnages&lt;br /&gt;Médée&lt;br /&gt;Jason&lt;br /&gt;Arthur&lt;br /&gt;Créon&lt;br /&gt;Égée&lt;br /&gt;la fille de Créon&lt;br /&gt;Pompiers&lt;br /&gt;Police&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;OUVERTURE&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée chante off dans une langue inconnue&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SOUS-TITRE&lt;br /&gt;je nage dans la Sitnica&lt;br /&gt;avec mon fils&lt;br /&gt;mon fils dans la vase&lt;br /&gt;la vase est rouge&lt;br /&gt;mon fils est dedans&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je l’amène au bord&lt;br /&gt;je le tire sur la berge&lt;br /&gt;il ne respire plus&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;je le prends par les pieds&lt;br /&gt;je le secoue&lt;br /&gt;quand je le repose&lt;br /&gt;je vois qu’une branche d’arbre&lt;br /&gt;est enfoncée&lt;br /&gt;dans sa bouche&lt;br /&gt;dans sa gorge&lt;br /&gt;jusqu’aux poumons&lt;br /&gt;dans la Sitnica.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE I&lt;br /&gt;Cuisine, jour. La pendule indique neuf heures. Arthur, Médée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR, debout sur une chaise devant la fenêtre, tient une orange&lt;br /&gt;Ça sent bon les fleurs blanches.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, assise à la table&lt;br /&gt;(à elle-même) Il me raconte quoi ?&lt;br /&gt;(à Arthur) Qu’est-ce que tu dis, mon chéri ? Qu’est-ce que tu dis. Les fleurs sont blanches, Arthur. Tu t’appelleras Arthur, mon fils, oui, oui. Comme le roi. J’amene des fruits tout à l’heure pour te réveiller. Pour les presser sur toi, tu veux boire le jus ? Tu sens comme ça sent, ce lilas, de l’autre côté de la route ? Tu veux des fruits ?&lt;br /&gt;(à elle-même) Qu’est-ce qu’il dit ?&lt;br /&gt;(à Arthur) Qu’est-ce que tu dis, mon chéri ? Mange, je t’apporte des agrumes et des épices. Viens, je répands cette poudre jaune dans tes cheveux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle verse sur l’enfant une pincée de safran. Elle tend les bras, il s’y blottit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Tu me l’épluches, l’orange, Maman ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée se lève, va à l’évier. Lave un bol. Le remplit d’eau. Le pose par terre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Bois, mon enfant, c’est de l’eau pour toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle lui caresse les cheveux, des cheveux fins de bébé, et son fils marche à quatre pattes jusqu’à l’écuelle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Tu vois comme c’est bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle s’accroupit près de lui. Elle s’appuie sur les mains, et penchée en avant, lape l’eau du bol.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR, les cheveux pleins de poussière jaune&lt;br /&gt;Tu es gentille maman, tu as quel âge ? Et c’est quand qu’on se mariera ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu dis ? (Elle porte les mains à son ventre.) Tu me fais mal, Arthur !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée, se tenant le ventre, lape encore l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;C’est bon, maman, ce que tu bois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée se lève, ouvre le frigo. Elle prend un petit fromage de chèvre enrobé de poivre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Arthur, c’est du beurre pour toi, mange pour te nourrir, c’est du beurre que je te donne pour que tu sois un peu gras, pour que tu aies l’air d’un enfant sain. Tu aimes le beurre, mon fils ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle presse le fromage entre ses mains, le jette à la poubelle, se passe les mains sous l’eau, se rassied.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Quand tu seras mon fils, Arthur, tu t’appelleras Arthur. Tu seras une bel enfant sain. Avec une petite couronne en or.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle ébouriffe les cheveux de l’enfant. La poussière de safran se répand sur le carrelage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Tu es ma maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu dis ? Dors, mon titou, maman doit faire les courses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée attrape l’enfant sous les aisselles, le soulève et l’assied sur la table ronde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Couche-toi, Arthur, et dors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur se couche, sur le dos, raide comme un mort. Il ferme les yeux. Médée, les mains sur son ventre gonflé, sort.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE II&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine, jour. La pendule indique onze heures.&lt;br /&gt;Arthur est couché sur la table. Ses cheveux blonds cachent son visage. Médée entre, des sacs en plastique dans les mains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR des femmes de la cité&lt;br /&gt;Médée vit chez Jason et Jason va la quitter bientôt pour une femme plus jeune, une femme jeune qu’il veut épouser. Jason a déjà pris sa décision, mais il ne l’a pas encore annoncée à Médée. Médée a croisé la voisine qui le lui a appris. Elle est au courant mais ne devrait pas. Va-t-elle tuer Jason ? Va-t-elle tuer la femme ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, s’approchant d’Arthur en silence&lt;br /&gt;Regarde ce qui m’arrive, Arthur, regarde-moi, on ne me reconnaît plus, regarde mes yeux, j’ai les yeux qui tombent, et regarde ces rides autour de ma bouche. Et j’ai comme des crevasses noires. Là. Et mes sourcils restent en l’air.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le visage de Médée est pourtant jeune, lisse, et sans expression. Elle pose ses sacs et approche ses mains de l’enfant. Arthur ouvre les yeux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée pose les mains sur le cou de son fils. Elle commence à serrer légèrement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Et mes cheveux deviennent blancs demain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Tu me fais peur, Maman.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée appuie un peu plus fort. La bouche d’Arthur s’ouvre. La langue d’Arthur pointe entre ses dents.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Hein, mon chéri, mes cheveux deviennent blancs ? (Un temps, comme figé) Je ramène des Danettes des commissions pour toi, Arthur. Tu en veux, des Danettes ? Hein, mon chéri ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Mimie, qu’est-ce que tu fais ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason, sourire angélique, apparaît à la porte de la cuisine. Médée lâche Arthur et recule d’un pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Mimie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée se tourne vers l’évier, ouvre le robinet et place ses mains sous l’eau froide. Arthur se lève en se frottant le cou, passe à côté de Jason et disparaît dans le couloir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON montre le bol, par terre&lt;br /&gt;C’est quoi ce bol ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Quoi, ce bol ? Tu commences pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, interrogatif&lt;br /&gt;J’ai rien dit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée ramasse le bol et le pose dans l’évier puis fixe Jason.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, à elle-même&lt;br /&gt;Quand je le regarde, ça, je suis obligée de voir le père de mon enfant. Mais je ne le reconnais pas comme l’homme qui me fait venir ici. Est-ce que mes yeux sont crevés ? Je marche avec un bâton d’aveugle encore longtemps ? (Médée entreprend de déballer les courses. Des boîtes, des boîtes, des boîtes.) Tu me demandes pas ce que j’ai fait aujourd’hui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Je croisé Lucette. Aux courses.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu veux que ça me foute ? Et d’abord, c’est qui Lucette ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Lucette. Du 522. D’à côté. Là. (Elle indique une direction.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Connais pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;(à elle-même) La cité, quel intérêt pour Jason ?&lt;br /&gt;(les mains sur les hanches, à Jason) Je te raconte une histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Non.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Oui. Voilà. Lucette est mariée avec Georges. Georges boit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, sur la défensive&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu veux que ça me foute ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Georges boit. Un soir encore plus que d’habitude. Ce soir, il tombe dans l’escalier, une vallée profonde de cinq étages. Il roule jusqu’en bas. Là, il y a un chêne. Le corps de Georges se cogne. Dans les branches du chêne vit le faucon. La secousse dérange l’oiseau. Il s’envole un moment et puis il choisit la tête de Georges comme son nouveau perchoir. Plusieurs os de Georges sont cassés dans les bras et dans les jambes. On l’emmène à l’hôpital. Deux semaines après, quand les ambulanciers le remontent chez lui, l’oiseau est toujours posé sur sa tête. Ce faucon devient le nouveau regard de Georges. Il a une vue qui voit très bien et très loin. Et depuis la fenêtre de l’appartement de Georges, le faucon voit des choses. Des choses que Médée ne peut pas voir. Des choses que Jason sait mais qu’il ne dit pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, sarcastique, plaque une main sur sa bouche comme un Indien&lt;br /&gt;[Bouw, Bouw, Bouw, bouw, bouw…&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, plus fort&lt;br /&gt;Georges dit à l’oiseau :] faucon, tais-toi, ne me raconte pas ce que tu vois. Georges veut arracher l’oiseau de sa tête. Mais il ne peut pas bouger à cause de ses blessures. Et le faucon parle. Il raconte ce qu’il voit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON va au frigo prendre une bière&lt;br /&gt;Médée, grand chef. Jason être impressionné  par imagination de Médée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE arrête de déballer les courses, pose les mains sur son gros ventre&lt;br /&gt;Le faucon voit, il raconte à Georges. Et Georges [raconte à Lucette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON lève les bras au ciel&lt;br /&gt;Mais tu crois pas] que j’ai autre chose à foutre, quand je rentre que d’écouter tes salades ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE se met à ricaner, fouille dans son sac, en sort des cigarettes&lt;br /&gt;Et qu’est-ce qu’elle fait, Lucette, quand elle est aux courses avec Mimie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Tu fumes, maintenant ? Tu crois que ça va arranger les choses [pour le&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Ta gueule.] JE parle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason lève les yeux au ciel. Il rote. Médée allume sa cigarette.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Lucette ne s’empêche pas de dire à Médée ce que le faucon de son mari voit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Et qu’est-ce qu’il a vu, le faucon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Le faucon voit Jason avec une femme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON pousse un rire tonitruant qui sonne faux&lt;br /&gt;Nous y voilà. Et c’est qui, cette femme, s’il te plaît ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Le faucon voit Jason avec la fille de Créon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON bouscule Médée pour sortir de la pièce&lt;br /&gt;Ben voyons ! La fille de Créon ! Elle manque pas d’imagination, ta copine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Il disparaît dans le salon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE crie&lt;br /&gt;Je te préviens, si [c’est vrai&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Quoi ?] Si c’est vrai, quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée s’adosse au chambranle de la porte. On entend que Jason vient d’allumer la télé. Médée, les mains sur le ventre, regarde Jason sans plus rien dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE III&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine. La pendule indique midi. Médée, Jason puis Arthur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR des femmes de la cité&lt;br /&gt;Médée est encore amoureuse de Jason, elle est enceinte de lui, mais il va la quitter.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, à Jason&lt;br /&gt;J’achète une côte de bœuf, Jason. (Elle regarde par la fenêtre.) Arthur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Non rien. Tu trouves pas que le lilas de l’autre côté de la route sent très bon ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR, passe la tête dans l’encadrement de la porte&lt;br /&gt;Maman, j’ai faim.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Je t’achète du bœuf, mon chéri, regarde.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR et JASON, en chœur&lt;br /&gt;J’aime pas le bœuf, ça a goût de sang.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Justement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE IV&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salon, jour. La télé est allumée : programme du samedi après-midi. Médée est seule. Debout devant la porte d’entrée, elle regarde par le judas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR des femmes de la cité&lt;br /&gt;On dit : « être des femme, c’est bien », mais nous on préférerait des fois être des hommes plutôt que de porter leurs enfants et de se faire battre et insulter. Toi, Jason, tu es dans ton pays, c’est trop facile, mais Médée, elle, ne connaît rien ici. Elle n’a personne. Et tu vas la chasser. Où est-ce qu’elle peut aller ? Pourquoi tu es si dur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE se retourne et s’appuie contre la porte&lt;br /&gt;Non !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée se frappe le ventre et avance au centre de la pièce. Elle tombe à genoux en sanglotant. Pendant ce temps, Arthur s’approche de la porte et l’ouvre lentement.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur s’approche de Médée. Dans le sillage de l’enfant apparaît la Police, qui reste sur le pas de la porte. Arthur pose sa petite main sur la tête de sa mère. Médée serre l’enfant contre elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Maman, il y a des gens.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée regarde la police, elle plaque une main sur les yeux d’Arthur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que vous dites ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA POLICE&lt;br /&gt;Madame Médée Colchide ? (Long silence) Bonjour madame. Nous avons un arrêté à vous remettre. (La police tend un papier que Médée ne prend pas.) La préfecture vous donne jusqu’à demain soir, dix-huit heures, pour préparer votre départ. (Long silence) Légalement, on pourrait vous emmener tout de suite. Mais vous bénéficiez d’un régime de faveur. (Long silence. La police pose le papier par terre.) Vous avez des questions ? (Silence) Bon, alors. (Un temps.) Au revoir madame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La police sort.&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Je peux aller jouer, maintenant, Maman ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE égarée&lt;br /&gt;Mhm ? Tu n’es pas bien avec ta maman, Arthur ? Mais va où tu veux, mon chéri. Va en enfer, Arthur ! C’est ça, va en enfer, tiens, si c’est ce qu’elle veut, cette salope ! C’est ce qu’ils veulent tous. Ne t’inquiète pas, Arthur, maman veille sur toi, même là-bas. (Elle serre l’enfant plus fort.) Écoute. Mon ami, il vit sur un bateau, tu vas le voir et tu lui dis bonjour de la part de Médée et aussi que tu sais où est l’or. Tu lui dis : l’or est de l’autre côté du fleuve, mais il faut d’abord que tu me laisses traverser, tu lui dis que tu ne peux le payer que si tu passes. Et il accepte, il a confiance parce que tu lui dis que tu es mon fils. Tu lui dis que tu es le fils de Médée. Il te croit, il te fait monter sur la barque et alors tu n’as même pas besoin de nager parce que la barque flotte. D’accord ? Tu comprends bien ? D’ailleurs, tu ne sais pas encore nager, si, Arthur ? Je te dis ça parce que bientôt, tu es dans un monde que tu ne connais pas, et tu es tout seul. Ce qu’il faut te rappeler, c’est que ce n’est pas de la faute de ta maman. Tout ça arrive à cause de ton père. Tu comprends plus tard que là où je vais je ne peux pas t’emmener. Va !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée jette Arthur à travers la pièce.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE V&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salon, jour. À la télévision, une émission du samedi après-midi. Médée et Arthur. Le document de la Police est toujours par terre. Médée caresse la tête de l’enfant. A chaque passage de la main, une poignée de cheveux s’envole.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu perds comme poils ! Arthur, tu manques de taurine. Je ne te donne pas assez de gibier, peut-être ? Tu veux des abats, mon cœur ? Ou bien c’est la saison, la mue de printemps ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée lâche Arthur. Elle se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, très droite, face au public frappe un grand coup sur son ventre.&lt;br /&gt;Retenez-moi. Retenez-moi ou je le tue ! (Elle disparaît dans la cuisine. On entend des bruits de tiroirs, de couverts.) Où elles sont ? (Bruit de métal qui tombe par terre) Mais où je les ai mises, putain ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Coup de sonnette. Dans la cuisine, les bruits s’arrêtent. Sonnette. Médée revient dans le salon à pas feutrés. Elle tient des couteaux de cuisine. On sonne encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, chuchote à Arthur&lt;br /&gt;File dans ta chambre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur sort. Médée s’approche de la porte.&lt;br /&gt;On frappe. Médée regarde précautionneusement par le judas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Égée ? (Un temps) C’est toi ? Qu’est-ce que tu fais là ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE, de l’autre côté de la porte&lt;br /&gt;Ouvre-moi, Médée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu veux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Allez, Mimie, ouvre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu veux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Je veux te voir, qu’est-ce que tu crois ? Que je passais ici par hasard ? Allez, quoi, ouvre-moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE se précipite vers le canapé pour y dissimuler les couteaux&lt;br /&gt;C’est ouvert.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Égée, en djellaba, entre dans la pièce. Il regarde autour de lui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE sourit&lt;br /&gt;On dirait que tu étais bien installée. (Un temps) Tu ne m’offres pas quelque chose à boire ? (Un temps) Je veux bien boire quelque chose, j’ai fait un long voyage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu veux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Un verre d’eau, ça sera très bien.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée met les poings sur ses hanches.&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;Égée se dirige vers le canapé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Je peux ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, sarcastique&lt;br /&gt;Tu fais comme chez toi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée disparaît dans la cuisine. Revient avec un verre d’eau qu’elle tend à l’homme.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE montre le ventre de Médée&lt;br /&gt;Tu vas avoir un enfant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Et après ? Qu’est-ce que ça te fait ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Ton mari est ici ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;On n’est pas mariés.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Je sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Égée passe la main sous le coussin où il est assis. Il en retire les couteaux, les pose calmement sur la table basse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Tu as des problèmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Pas du tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Et toi, tu es marié ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Non. (Il tapote le canapé.) Viens t’asseoir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE hausse le ton&lt;br /&gt;T’es vraiment gonflé, Égée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Égée tapote encore le canapé. Médée regarde ailleurs. Un temps. Médée s’assied à côté d’Égée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Aaah. (Un temps) Bien. (Un temps plus long) Ça fait combien, hein, Mimie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Ça fait un an.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;C’est ça, un an. Et tu es heureuse ? (Un temps assez long) Non, tu n’es pas heureuse. (Égée passe un bras autour des épaules de Médée. Il boit une gorgée d’eau. Des larmes coulent sur les joues de Médée.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE murmure&lt;br /&gt;C’est la merde, ici aussi, Égée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Je sais. (Un temps) C’est pour ça que je suis là. (Un temps) Je suis venu te chercher.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Je ne veux pas partir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE essuie les larmes de Médée&lt;br /&gt;Je sais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Mais je suis expulsée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Je sais. (Un temps assez long) J’ai la nationalité, moi. Il suffit qu’on se marie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Je ne veux pas. Et l’enfant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Ça sera mon fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Arthur ne voudra pas. Il voudra rester avec son père.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;Ce n’est pas aux enfants de décider. Tu viens avec moi, on se marie. Quand ton fils naîtra, je saurai m’en occuper. Tu n’as qu’à dire oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Non. Jason me retrouve et il me tue, si j’emmène Arthur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE retire son bras&lt;br /&gt;Fais comme tu voudras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Égée boit le reste de l’eau et pose le verre sur la table basse. Il se lève.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE le regarde&lt;br /&gt;D’accord. Je viens, mais pas tout de suite. Je règle quelque chose avant. Repasse me chercher demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ÉGÉE&lt;br /&gt;C’est vrai ? (Un temps) Je suis content, alors. Tu m’as manqué. (Il va à la porte.) Je reviendrai demain matin. S’il n’est pas trop tard. (Il sort.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE VI&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Salon, entre chien et loup. Programme de fin de samedi après-midi à la télévision. Médée et Arthur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR des femmes de la cité&lt;br /&gt;Sur le palier, la voisine discute avec quelqu’un. Ce que nous savons toutes, Médée l’apprend maintenant. Qui l’a dénoncée ? On dit que c’est Jason. C’est Jason qui veut se débarrasser d’elle. Que va faire Médée ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR, une figurine de dinosaure dans une main, une Barbie dans l’autre&lt;br /&gt;Mais pourquoi vous avez une peau d’animal à la place d’une belle robe de princesse ? La princesse, elle prend un couteau et elle commence [à pleurer&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, se penchant vers Arthur&lt;br /&gt;C’est bizarre.] Je n’entends pas du tout sa voix.&lt;br /&gt;(à Arthur) Qu’est-ce que tu dis, mon chéri ? Écoute, Arthur, je te raconte une  nouvelle histoire, tu veux une histoire ? Il y a très très longtemps, ça se passe au Pays de Galles. Tu connais le Pays de Galles, mon fils ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur ne répond pas, il continue à jouer en chuchotant sa propre histoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Le Pays de Galles, c’est une forêt. Il y a des fées et des chevaliers qui habitent là et ils s’entendent très bien. Un beau jour un roi naît. Ce roi a un corps d’ours et une tête de dragon. Alors on l’appelle Arthur Pendragon. (Arthur lève la tête. Il cesse de jouer.) Oui, Arthur, comme toi. Ce roi a une belle couronne, de la même couleur que tes cheveux. Dès qu’il est en âge de marcher, il prend l’habitude de monter sur les remparts de la ville, pour donner du pain dur aux corbeaux. Attends, je reviens. Je vais faire couler ton bain. (Médée sort de la pièce. On la devine dans la salle de bains. On entend l’eau couler dans la baignoire. Arthur ne bouge pas. Il attend sagement, une figurine dans chaque main. Médée revient.) Voilà. Où est-ce que j’en suis ? Ah, oui, donc c’est un roi qui te ressemble beaucoup. Un jour, tout d’un coup, il devient un adulte. Ce jour-là, il boit beaucoup de vin pendant une fête. Il boit tellement qu’il ne sait plus vraiment ce qu’il fait. Et, ainsi, il conçoit un enfant avec sa sœur Morgane. Morgane est une fée. Elle est très belle et tous les hommes sont amoureux d’elle. Et donc Arthur aussi. Tu comprends, Arthur ? Le lendemain, au moment où Arthur se souvient, toute la forêt devient un grand désert, par magie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTUR&lt;br /&gt;Pourquoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Mhm ? Arthur est tellement triste qu’il fait tuer tous les bébés, il se dit que dans le lot, il y a le sien, et que comme ça, sa faute est réparée. Mais ça ne marche pas et le seul moyen de faire revenir les arbres, c’est de trouver la Toison d’or. Tu connais la Toison d’or, Arthur ? La toison d’or, c’est la peau d’un bélier magique et personne ne sait où elle est. Alors Arthur part à travers le monde à sa recherche. Tu viens au bain, mon chéri ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Je peux emmener les poupées ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Mhm ? Allez, tu viens ? (Elle attrape Arthur par le bras, brusquement.) Allez, fais ce que je te dis. Pas d’histoire. Tu prends le bain pour être beau et propre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée tire Arthur, qui se laisse faire, en direction de la salle de bains.&lt;br /&gt;On devine ce qui se passe dans la salle de bains par la porte ouverte.&lt;br /&gt;Médée déshabille Arthur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Allez, hop ! À l’eau, canard !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle soulève Arthur, qui commence à rire. Puis elle le dépose dans la baignoire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;AHHHHHHHHHHH ! AHHHHHHHHHHHHH ! AHHHHHHHHHHH ! (Il se débat, saute, glisse dans la baignoire.) Mamannnnnnnnnn !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée saisit Arthur sous les aisselles et le soulève. Il se débat comme un petit crapaud et continue à crier.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE d’une voix douce&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’il se passe ? Arthur ? Quoi ? Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR entre deux pleurs et hoquets&lt;br /&gt;C’est chaud, Maman ! C’est trop chaud, Maman !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur est toujours suspendu en l’air. Au-dessus de la baignoire. Médée semble hésiter à le replonger dans l’eau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Pose-moi par terre ! Pose-moi, Maman ! Maman, pose-moi, s’il te plaît, Maman ! Pose-moi, Maman chérie, pose-moi !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps suspendu.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE serre le petit Arthur tout nu contre son gros ventre, de toutes ses forces. Pleurant et soupirant&lt;br /&gt;Arthur, c’est ton père, le méchant ! C’est ton père, il nous abandonne. Arthur, qu’est-ce qu’on devient, tous les deux ? Qu’est-ce qu’on fait sans lui ? Je ne connais personne ici, moi. Je n’ai pas d’amis et tout ce qui reste de notre famille est là-bas. Tu comprends, Arthur ? Ton papa se trouve mieux avec une autre femme, après tout ce que j’accepte de faire pour lui, il se fout bien de nous. Qu’est-ce qu’on devient ? (Arthur ne crie plus, il sanglote. Médée le garde serré contre elle. Elle glisse lentement par terre.) On ne peut pas retourner là-bas, maintenant, c’est trop tard, on ne peut pas. (Arthur se dégage prudemment de l’étreinte. Médée le regarde sans le voir.) Tu sais ce que je fais, moi, Arthur, pour ton père ? (Médée saisit Arthur aux bras et le secoue.) Tu sais ce que je fais pour qu’ils ne le tuent pas, ton père ? Hein ? Je fais condamner mon frère à la place. (Criant) Mon propre frère ! Je mens pour faire condamner mon frère à la place ! C’est pour ça qu’on ne peut pas rentrer là-bas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Maman, c’est pas de ma faute, à moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE lâche l’enfant&lt;br /&gt;Mhm ? Quoi ? (à elle-même, distraitement) Mais pourquoi je l’entends si mal ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée se lève, va dans le salon mettre un disque. Elle danse toute seule en se tenant le ventre et en fredonnant. On devine qu’Arthur se rhabille dans la salle de bains.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE VII&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine, jour. La pendule indique dix-sept heures.&lt;br /&gt;Médée, en culotte, est assise à la table de la cuisine. Certaines parties de son corps sont très rouges. Elle s’enduit de Biafine avec délicatesse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR des femmes de la cité&lt;br /&gt;La voilà qui va se coucher par terre. Elle ne bougera plus. Elle ne voudra plus se nourrir. Elle ne fera que pleurer, sourde aux consolations. Elle me parlera plus, ou alors toute seule comme les fous, et seulement pour se plaindre. Elle regrettera sa famille et son pays. Au point qu’elle ne supportera plus de devoir mettre l’enfant de Jason au monde. Alors elle se lèvera et son chagrin sera devenu de la colère. Nous qui connaissons bien Médée, on redoute la pire des vengeances.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR entre, un peu méfiant, les mains croisées derrière le dos&lt;br /&gt;J’ai mal. (Il montre ses genoux brûlés.) Là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE le scrute quelques secondes, comme un petit animal sauvage&lt;br /&gt;Oui. (Elle dépose une noisette de crème sur chacun de ses propres genoux et l’étale lentement.) Écoute, Arthur, sois raisonnable. Maman a besoin de se reposer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE VIII&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine, nuit. La pendule indique dix-neuf heures. La pièce est éclairée par un rayon de lune. Une casserole sur la cuisinière allumée. Médée est assise à la table, Arthur endormi dans ses bras.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR de femmes de la cité&lt;br /&gt;Médée connaît des plantes, elle connaît la digitale. Elle va inviter la fille de Créon à boire l’apéritif. Elle va la tuer. Elle dira : je t’ai fait venir pour te demander d’intervenir auprès de ton père. Demande que je ne sois pas expulsée avant la naissance de mon enfant. Si tu le fais, j’accepterai que Jason t’épouse. Que répondra la fille de Créon ? Est-ce qu’elle boira le poison ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée parle un moment dans une langue inconnue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle finit par se lever, calant l’enfant sur sa hanche. Elle enfile des gants de ménage, prend une bassine dans le placard sous l’évier, la remplit au robinet, la pose sur la table. La lune se reflète dans l’eau. Elle reste longtemps sans bouger dans ce rayon bleu.&lt;br /&gt;Elle éteint le gaz et pose la casserole sur la table. Elle se rassied. Arthur bouge un peu en gémissant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;ARTHUR&lt;br /&gt;Maman ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée fait couler le contenu de la casserole dans la bassine, à travers une passoire à thé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Voilà.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE IX&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine, nuit. Médée est assise dans le noir, Arthur toujours dans ses bras. Elle n’a plus les gants en caoutchouc. Jason entre, il allume la lumière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, la voix légèrement pâteuse&lt;br /&gt;Ah, t’es là ? Qu’est-ce que tu fous dans le noir ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, très calme&lt;br /&gt;J’attends de savoir si tu rentres pour préparer à manger.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON va au frigo prendre une bière&lt;br /&gt;Bien sûr que je rentre. Pourquoi je rentrerais pas, d’abord ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, froide&lt;br /&gt;Tu as d’autres chats à fouetter que ta petite Médée, non ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON élève la voix&lt;br /&gt;Tu vas pas recommencer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Elle est jolie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Qui ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Elle est mignonne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Mignonne ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Écoute, Jason, je réfléchis cet après-midi. C’est oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Oui pour quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Pour se séparer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Pour se séparer ? Ça te ressemble pas, ça. Et puis qui te dit que je veux te quitter ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Me fais pas pousser des cornes encore plus grandes, elles sont déjà lourdes. Médée a la tête qui frotte par terre à cause du poids. Toute la cité le sait, Jason.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON vide sa bière cul sec.&lt;br /&gt;Toute la cité le sait ? Ah, bon. (Il rit.) Toute la cité le sait, sauf moi ! (Il rit encore.) Et elle sait quoi toute la cité ? (Il prend une autre bière.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Écoute, je m’arrange avec Égée. J’habite avec lui à partir de demain.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Tu vas habiter chez Égée. Ah ouais ? (Médée acquiesce.) Je croyais que tu le voyais plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Il passait à la maison cet après-midi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON boit&lt;br /&gt;Il est passé à la maison cet après-midi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Oui. Tu as pas de cerveau personnel pour répéter tout ce que je dis, comme ça ? Tu veux pas essorer le linge qui est dans la bassine ? Arthur dort, je peux pas le réveiller.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, dépassé&lt;br /&gt;Arthur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, toujours calme&lt;br /&gt;Tu sais faire autre chose que poser des questions ?&lt;br /&gt;(Jason finit sa bière, porte la bassine à l’évier.) Vide pas l’eau, j’ai d’autres trucs à laver.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Hein ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Vide pas l’eau, je te dis, j’ai d’autres trucs à faire tremper. Il y a du produit dedans.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason commence à essorer le linge.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;La seule chose que je te demande, c’est : tu m’oublies.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Je t’oublie ? C’est toi qui dis ça ? Médée, tu as bu ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Tu dis à Créon : rappelle tes chiens tes chiens et je fais pas de problème.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Rappeler ses chiens ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Je veux pas être expulsée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle caresse la tête de son fils.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Ah, mais ça j’y peux rien, moi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Mais ta… Ta… Elle, elle demande à son père et ils me laissent tranquille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;C’est pas si simple.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Ton fils sera né à Pristina, alors.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Qu’est-ce qui me prouve que c’est mon fils ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Jason ! Tais-toi ! Tais-toi ! Tu l’invites juste à la maison. Je lui parle, moi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Mais t’es pas un peu (geste rotatif de la main à hauteur de la tempe) ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE sort son téléphone portable de son sac et le tend à Jason&lt;br /&gt;Tu l’appelles, c’est tout. Le reste, je m’en occupe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE X&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine, nuit. La pendule indique vingt et une heures. Médée, gantée de caoutchouc, est en train de verser un peu du contenu de la bassine dans un verre.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR des femmes de la cité&lt;br /&gt;Médée a su faire venir la fille de Créon. Et la fille de Créon a déjà accepté d’empêcher la police de venir chercher Médée. Est-ce que la jeune femme va boire le poison, maintenant ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On entend les voix de Jason et de la jeune femme dans le salon. Entre Arthur. Médée pose la bassine. Elle enlève ses gants.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE chuchote&lt;br /&gt;Est-ce qu’elle tourne la tête bientôt ? Elle voit derrière elle le corps d’un cheval mort dans la paille ? (À Arthur) Viens-là, toi. (Elle ouvre le placard sous l’évier.) Je te cache là-dessous. (Arthur commence à entrer dans le placard.) Attends ! (Médée le tire brusquement hors de la cachette, prend un bocal. Elle verse une pincée du contenu sur la tête de son fils.) Voilà. Tu es beau, mon fils, avec le safran. (Arthur entre dans le placard.) Tu restes ici, tu entends. Tu ne bouges pas de là. Maman revient te chercher. (Elle ferme le placard. Plus fort :) Jason ? (Un temps où on entend la jeune femme minauder et Jason rire.) Jason !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Viens m’aider à porter les verres.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON entre, tout sourire&lt;br /&gt;De quoi ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE montre un plateau posé sur la table&lt;br /&gt;Apporte les verres pendant que je sors des cacahuètes. Celui-là c’est le ti punch, pour elle.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, rieur&lt;br /&gt;Moi aussi, je veux un ti punch.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;T’aimes pas ça.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;J’aime pas ça ? C’est nouveau. Prépare-m’en un aussi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;D’accord. (Elle désigne le plateau.) Porte ça, j’arrive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason prend le plateau. Il tente d’embrasser Médée dans le cou. Elle s’esquive.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Et le sourire de la crémière, oui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason sort. Médée vide un sachet de cacahuètes dans le bol (celui de la scène I). En picore quelques unes. Jette un œil au placard d’Arthur. Puis elle sort. La suite est entendue depuis la cuisine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Alors, ce ti punch ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA JEUNE FEMME, off&lt;br /&gt;Excellent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Chez moi, on appelle ça la boisson des amoureux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Et le mien au fait, tu l’as oublié, Mimie ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Tu n’en veux pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Je t’ai dit que j’en voulais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Tu as dit que tu n’en veux pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Non, j’ai dit que j’en voulais.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Bon, tu n’as qu’à aller te le faire toi-même !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Tu me parles pas sur ce ton.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;En fait il est charmant, quand il veut. Mais quand il veut seulement. Ça arrive au moins une fois par an ! (Elles rient.) Tu as le citron et le rhum sur le bord de l’évier. Le sucre, tu sais où il est.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason entre dans la cuisine. On entend Médée et la jeune femme papoter comme les meilleures amies du monde. Jason prépare son verre. Bruit qui provient de sous l’évier. Jason s’arrête de presser le citron. Il recule d’un pas. Nouveau bruit. Jason ouvre brusquement la porte du placard.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON et ARTHUR&lt;br /&gt;Aaah !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason recule à nouveau, un bras protège son visage. Arthur aussi protège son visage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Qu’est-ce que c’est que ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur ne bouge pas. Jason s’approche, regarde l’enfant. Du salon proviennent des borborygmes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON&lt;br /&gt;Sors de là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur reste pétrifié. Il protège toujours son visage. Jason attrape l’enfant et le tire hors de sa cachette. Arthur geint. Jason tire l’enfant par le bras, en direction du salon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Mimie, qu’est-ce que c’est [que ça ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Elle se] sent mal.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Allons bon.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Arthur commence à pleurer. Les borborygmes continuent.&lt;br /&gt;Arthur reparaît dans la cuisine en pleurant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off en même temps que Médée&lt;br /&gt;Merde ! (Bruits de claques) Appelle les pompiers ! Hé ? Réponds ! Va me chercher un verre d’eau, Mimie. Dépêche ! Merde ! Qu’est-ce qui se passe ? Mimie, va me chercher de l’eau ! [(Bruits de claques) Oh ! Putain ! Oh, merde, merde, merde ! Chérie, réponds-moi ! Parle ! Putain, elle se chie dessus ! Oh merde ! Chérie, mais qu’est-ce que tu fous, oh ! Qu’est-ce qui se passe ? Elle bouge plus, là, Mimie, dis-leur qu’elle bouge plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off en même temps que Jason&lt;br /&gt;Arthur, où tu vas ? (Arthur retourne dans le placard et ferme la porte sur lui.) Allô ? Allô. Il y a une femme qui se sent mal. (Un temps) Oui, alors d’abord elle tombe par terre. (Un temps) Elle bave, elle est un peu verte. (Un temps) Elle fait sous elle. (Un temps) Non, jeune. Elle bouge plus. (Un temps) Cité des Lilas. Bloc C3. C’est l’entrée A. Au dernier étage. Le bloc C3. C’est la dernière tour, tout au bout de la route. (Un temps) Non, pas C2, il n’y a plus depuis l’année dernière. (Un temps) 536. 536. (Un temps) 04 56 41 22 07. (Un temps) Colchide. (Un temps) C,o,l,c,h,i,d,e. H,i,d,e. Médée. (Un temps) D’accord.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Qu’est-ce qu’ils ont dit ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Ils arrivent tout de suite.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Elle bouge plus.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Elle en a plus pour longtemps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Qu’est-ce que tu veux dire ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Je veux dire que tu lui donnais du poison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Quoi ? Mais non !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Mais si !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Mais qu’est-ce que tu dis ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Je dis que tu lui donnais du poison.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Mais non !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, off&lt;br /&gt;Si. Aussi vrai que mon frère dort dans la terre à Pristina.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un temps.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Tu ? (sons inarticulés) !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée entre dans la cuisine en courant, Jason sur ses pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON se jette sur Médée&lt;br /&gt;Salope !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Jason roue Médée de coups. Médée tombe par terre. Elle se laisse faire. Dans le placard, Arthur hurle. Ça dure longtemps.&lt;br /&gt;SCÈNE XI&lt;br /&gt;Les pompiers arrivent. Constatent que Créuse est morte. Que Médée est blessée. Pour Médée, elle a fait une fausse couche : Arthur est mort. Médée veut faire arrêter Jason pour le meutre de Créuse.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Cuisine, nuit. La pendule indique vingt et une heure vingt. Jason continue à frapper Médée. La voix d’Arthur s’est tue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR de femmes de la cité.&lt;br /&gt;Il pète les plombs, Jason. Il ne pourra pas épouser la fille du maire. Il veut défoncer la porte pour tabasser Médée. Il veut rentrer et la tuer. Mais Médée a fermé la porte à clé. Est-ce que Jason arrivera à entrer ?&lt;br /&gt;On sonne à la porte d’entrée. Jason arrête de cogner Médée. On sonne encore. Jason court ouvrir. Médée, dos au public, ne bouge pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Ah, enfin ! C’est là !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;On entend des pas bottés, nombreux. Des bruits d’installation et des voix. Médée ne bouge toujours pas.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Comment elle va ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VOIX D’HOMME, off&lt;br /&gt;C’est votre femme, monsieur ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;JASON, off&lt;br /&gt;Non. [Pas encore.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;VOIX D’HOMME, off&lt;br /&gt;Il n’y a plus], je veux dire. C’est fini.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;La voix d’homme continue à expliquer la mort de la fille de Créon. Médée, toujours de dos, se lève péniblement. Une marre de sang marque son empreinte sur le sol. Elle ouvre la porte du placard. Arthur tombe par terre. Médée prend le petit corps dans ses bras. Elle commence à le bercer.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée chantonne dans une langue inconnue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SOUS-TITRE&lt;br /&gt;Une femme met un&lt;br /&gt;le sac de ciment vide&lt;br /&gt;sur ses épaules&lt;br /&gt;pour se protéger du froid&lt;br /&gt;la poudre est grise sur sa nuque&lt;br /&gt;les hommes&lt;br /&gt;jettent aux femmes&lt;br /&gt;des quignons de pain&lt;br /&gt;à travers le grillage&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Un pompier entre dans la cuisine.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 1&lt;br /&gt;Bonsoir, madame.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE toujours de dos&lt;br /&gt;Bonsoir, monsieur. C’est moi qui téléphone. (Un temps où il la regarde) Un cheval tombe dans la paille, ce soir. C’est une nouvelle étoile. (Plus bas) Vous connaissez la digitale ? Une fleur blanche. Jason aime les fleurs blanches comme le lilas. Il met la fleur dans l’eau, dans ce bassin. (Elle montre la bassine d’un geste de la tête.) Après, il écrase mon fils. Si tu n’arrives pas, il me tue.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Elle se tourne vers le pompier. Elle est défigurée par les coups. Son ventre est plat. Elle porte le cadavre broyé d’Arthur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 1&lt;br /&gt;Merde ! (Un temps) Pierre ? (Un temps) Pierre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 2&lt;br /&gt;Oui ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 1&lt;br /&gt;Viens là, tu veux. (Le pompier 2 entre. À voix basse :) On a un problème. C’est un empoisonnement. Le gosse est mort aussi, et l’autre femme a été battue. Il est dangereux.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 2&lt;br /&gt;Merde !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 1&lt;br /&gt;Les flics arrivent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 2&lt;br /&gt;Ils montent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;POMPIER 1&lt;br /&gt;Va les prévenir.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;SCÈNE XII&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;CHŒUR de femmes de la cité&lt;br /&gt;Médée sait faire descendre la lune sur la terre, en plus de connaître les plantes magiques. Médée est une femme comme nous et on ne peut que l’aimer. Quel est son crime, au fond ? D’avoir voulu la mort d’une autres pour s’en sortir ? Et on l’accuse maintenant d’avoir tué son fils. Mais Abraham n’était-il pas aussi prêt au sacrifice ? Tourne la tête, Médée, et tu verras que le corps du cheval est à nouveau chaud et bien droit dans la prairie.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA POLICE&lt;br /&gt;(À Jason) Et vous dites qu’elle s’est cognée au placard de la cuisine ? Mhm ? Ce qui explique les hématomes sur les côtes, certainement ?&lt;br /&gt;(À Médée, dont les pieds ne touchent plus le sol.) Quant à vous, de toute manière vous êtes en situation irrégulière.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, tendant vers la police le corps inerte d’Arthur&lt;br /&gt;Mais mon enfant est français !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA POLICE&lt;br /&gt;Je suis désolé. On va aussi devoir vous emmener.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE, sur ses gardes, augmente un peu la hauteur de sa lévitation.&lt;br /&gt;Mais où ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA POLICE&lt;br /&gt;Dans un premier temps au commissariat.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Médée s’élève encore un peu plus haut et sort de la scène. Elle est à présent au-dessus du public.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MÉDÉE&lt;br /&gt;Mon petit Arthur, tu nourris des corbeaux noirs sur les remparts, et tu t’appelleras Arthur, mon fils. Viens ! (À quelqu’un dans le public) Monsieur, s’il vous plaît, où va ce train ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;version Août 2007&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6880570706967179461-5068488256948718166?l=marinerichard.blogspot.com'/&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5068488256948718166'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/6880570706967179461/posts/default/5068488256948718166'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://marinerichard.blogspot.com/2007/08/arthur-tu-tappelleras-arthur-mon-fils.html' title='Arthur tu t’appelleras Arthur, mon fils.'/><author><name>Marine Richard</name><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='14117724297641598593'/></author></entry></feed>