tag:blogger.com,1999:blog-68556664472672263092009-07-16T12:43:21.071+02:00laurie thinotlaurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.comBlogger319125tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-91904141003166959442009-07-16T12:37:00.003+02:002009-07-16T12:43:21.079+02:00Rouge !<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sl8D4CeU_mI/AAAAAAAABZQ/sFRRVVsW_18/s1600-h/m_fd5c6f57c825ecbe45f214014af9b52b.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 170px; height: 240px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sl8D4CeU_mI/AAAAAAAABZQ/sFRRVVsW_18/s400/m_fd5c6f57c825ecbe45f214014af9b52b.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5359006342865813090" border="0" /></a><br />Ma première critique Avignonnaise sur <a href="http://www.lestroiscoups.com/">Les Trois Coups</a>, "Rouge !", un Petit Chaperon Rouge version trash, <a href="http://www.lestroiscoups.com/article-33870084.html">à lire ici.</a><br /> <p><br /> </p><p>Mise en scène : Gustavo de Araujo</p><p>Avec : Clotilde Durupt, Timothée Lepeltier, Sandrine Moaligou, Gustavo de Araujo </p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-9190414100316695944?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-9040161909427750322009-06-30T11:01:00.005+02:002009-06-30T11:15:31.545+02:00Sélection Saatchi & Saatchi 2009 !<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SknXhTE-uPI/AAAAAAAABZI/oq1u18fCKvs/s1600-h/family.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 320px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SknXhTE-uPI/AAAAAAAABZI/oq1u18fCKvs/s400/family.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353046599163361522" border="0" /></a><br />Autokratz "Stay the same" est dans la sélection du <a href="http://www.saatchi.com/worldwide/newsdetail.asp?nid=303">19<sup>th</sup>Saatchi & Saatchi New Directors’ Showcase</a> !<br />Le programme a été diffusée à Cannes le 25 juin... Rien que d'y penser, je suis toute intimidée !<br />Merci à Gustavo Almenara de m'avoir aidé sur ce projet !<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-904016190942775032?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-12487672731299342742009-06-26T11:17:00.001+02:002009-06-26T11:18:57.121+02:00My crisis is better than yours<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SkSSfQZ-U5I/AAAAAAAABY4/nV84l3lGVgs/s1600-h/realisatriste.jpg"><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 308px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SkSSfQZ-U5I/AAAAAAAABY4/nV84l3lGVgs/s400/realisatriste.jpg" border="0" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5351563322900501394" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-1248767273129934274?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-87868168868544216322009-06-21T01:10:00.011+02:002009-06-23T01:40:08.926+02:00Choix de conjugaison matérielle<div style="text-align: center;"><span style="font-style: italic;">Être est un groupe, habillé de la même façon. Lorsque le groupe parle, c'est de concert. De temps à autre chaque individu prononce tour à tour une fraction de phrase. </span><br /><span style="font-style: italic;">En face de lui est Avoir, seul et très sûr de lui. Un roc. </span><br /><span style="font-style: italic;">Pendant le dialogue, Être se déploie, perpétue des gestes d'indignation et de colère, s'agite.</span><br /><span style="font-style: italic;">Avoir est calme.</span><br /><br />ÊTRE<br /></div><div style="text-align: justify;">Non ! Taisez-vous ! Vous m’avez déjà assez heurté. Je ne veux plus rien entendre, ne voyez-vous pas les rigoles de sang que charrient mes oreilles ? Elles me chatouillent le cou. C’est humide sur ma poitrine. Ne voyez-vous pas ? Ils ne voient pas ! C’est à se demander s’ils ont déjà vu !<br />Je vais vous dire ce que j’en pense, moi, puisque les aveugles sont ici couronnés.<br />Votre système est inhumain. Vous pouvez me traiter de naïf en riant, vos grandes bouches ne me font pas peur. Qui êtes-vous, bande d’Hypothèses ? Qui pensez-vous être ? Comment osez-vous bafouer le monde à ce point ? Je vous crache !<br /></div><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sj1txGFDy8I/AAAAAAAABYw/qqpUrPxSrZU/s1600-h/etreetavoir_small.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 400px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sj1txGFDy8I/AAAAAAAABYw/qqpUrPxSrZU/s400/etreetavoir_small.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5349552622598867906" border="0" /></a><br /><div style="text-align: center;">AVOIR<br /></div><div style="text-align: justify;">Tu ne comprends rien.<br />Tu perds tout car tu ne sais pas ce que tu peux gagner. Ce que nous sommes, tu dois le devenir, sous peine de rester enfermé dans ton monde illimité. Nous sommes présents car nous savons que nous gagnons notre futur ; nous savons aussi qu’un jour nous le perdrons. En attendant, nous accumulons, car accumuler donne un sens. Nous aimons nos biens. Nous pouvons les contrôler. Ils ont un rôle clair dans notre existence, une finalité. Nous devenons, grâce à ce système, des êtres sensés. Nos actes prennent une dimension nouvelle car ils ont une direction claire. Cela s’appelle la civilisation.<br /></div><br /><div style="text-align: center;">ÊTRE<br /></div><div style="text-align: justify;">Et la vie ? Ce que vous appelez civilisation est seulement une illusion de pouvoir ! Faute de vous contrôler vous-même, vous imposez vos caprices au monde matériel ! Dans votre système, « avoir » égal « pouvoir » ! Je m’insurge ! Nous sommes bien plus riches que ce que nous avons !<br /></div><br /><div style="text-align: center;">AVOIR<br /></div><div style="text-align: justify;">Hahaha ! Détend toi, mon cher. Tu peux dire ce que tu veux, de toute façon nous sommes majoritaires.<br /></div><br /><div style="text-align: center;">ÊTRE<br /></div><div style="text-align: justify;">Alors j’incarnerais la révolution jusqu’à mon dernier souffle !<br /></div><br /><div style="text-align: center;">AVOIR<br /></div><div style="text-align: justify;">Nous te ferons mettre une plaque.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-8786816886854421632?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-40382516716406277362009-06-11T11:11:00.012+02:002009-06-12T12:37:44.717+02:00VertigineusementC’est mal assise, les fesses mollement calées dans un siège peu pratique, que mes pensées coulent vers leur point d’expansion. Voyager en avion remonte le temps.<br /><div style="text-align: justify;"><br />Je regarde dehors, tout est noir. Les hôtesses nous traitent comme des enfants, avec force de miel et de sourires édulcorés. Si je meurs aujourd’hui, c’est que c’était le moment.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SjDV2mALEGI/AAAAAAAABYg/giZO1ASgJ6I/s1600-h/hotesse.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SjDV2mALEGI/AAAAAAAABYg/giZO1ASgJ6I/s400/hotesse.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5346007891579703394" border="0" /></a><br />Je pensais avoir peur de l’avion et mon appréhension prenait son essor en crescendo alors que nous préparions notre envolée. À côté de nous, un asiatique. Hilare. « Ça c’est le petit volet, regardez, regardez ». Nous regardons la tôle de l’aile.<br />« Là ! » Oui, ça bouge, effectivement.<br />« J’étais pilote de chasse quand j’étais jeune ! ». Se remémorer cette époque le met dans tous ses états. Immédiatement, je commence à le harceler de questions sur le mode de fonctionnement de ces fameux petits volets. Ils sont perpendiculaires aux ailes de l’avion lors du décollage. L’avion s’élance alors sur la piste jusqu’à atteindre 400km/h et la résistance de l’air, appuyant sur ces volets, le fait décoller automatiquement. Rien de magique. Juste un simple phénomène physique inévitable.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SjDV2maV7WI/AAAAAAAABYo/ReNJU0No1Y4/s1600-h/avion_Aile.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SjDV2maV7WI/AAAAAAAABYo/ReNJU0No1Y4/s400/avion_Aile.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5346007891689467234" border="0" /></a><br />Cette démystification a eu pour effet de dissoudre en moi tout résidu d’appréhension.<br />Ce n’est donc pas de l’avion que j’ai peur, non. L’avion est une excuse commode pour éprouver ma peur du vide ; ce vertige une fenêtre ouverte sur l'indicible.<br />Le vide est impensable. Il est juste trou. Facile de visualiser ce vide autour d'un avion, d'imaginer s’y perdre, disparaître. Se résoudre à tomber dans le vide une bonne fois pour toute, sans simagrée, pourquoi est-ce si effrayant ? Suis-je à ce point attachée à mes édifices de pensées sculptés par le temps ?<br />Il faut croire que oui.<br />Fantastique ! C'est donc par vanité que j'ai peur de mourir.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-4038251671640627736?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com3tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-23816475994935077282009-05-29T00:52:00.016+02:002009-06-05T03:14:06.220+02:00MAEDUSA !!!!<a><img src="http://i88.photobucket.com/albums/k199/lauriethinot/maedusagifpetit.gif" border="0" alt="maedusa simple"></a><br />Maedusa vient de battre tous les records de votes (382) à la demi-finale du Tremplin Emergenza au New Morning, avec une performance virtuose !<br />Ça veut dire quoi ? Ça veut dire qu'ils vont jouer à l'Élysée Montmartre !!!<br />Get ready, ça va décoiffer !<br /><a href="http://www.myspace.com/maedusamusic">www.myspace.com/maedusamusic> </a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-2381647599493507728?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-7009723631065011892009-05-21T23:59:00.008+02:002009-05-22T01:05:54.523+02:005e salon du théâtre et de l'édition théâtrale<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/ShXd0oTxX2I/AAAAAAAABYQ/psh0a9SQ1MM/s1600-h/LOGOpiedemouche04.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 168px; height: 168px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/ShXd0oTxX2I/AAAAAAAABYQ/psh0a9SQ1MM/s400/LOGOpiedemouche04.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5338416829560872802" border="0" /></a>Parisiens, venez donc nous saluer sur le stand <a href="http://www.lestroiscoups.com/">Les Trois Coups</a> !<br /><div style="text-align: left;"><span style="font-style: italic;">Du vendredi 22 au dimanche 24 mai, Place Saint-Sulpice, 75006. </span><br /><a href="http://www.foiresaintgermain.org/5e-Salon-du-Theatre-et-de-l">Plus d'info ici</a>.<br /><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-700972363106501189?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-4347256541824852032009-05-18T23:09:00.019+02:002009-05-21T23:41:47.026+02:00De l'inertie<div style="text-align: left;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/ShHbjCdU2ZI/AAAAAAAABXg/wsEiX0CQ5lY/s1600-h/yellow-group.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 225px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/ShHbjCdU2ZI/AAAAAAAABXg/wsEiX0CQ5lY/s400/yellow-group.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5337288428412524946" border="0" /></a><span style="font-style: italic;">Une femme est assise par terre, un stylo et un carnet à la main, marmonant des phrases inintelligibles, regardant dans le vague, puis se replongeant dans l'écriture, raturant, absorbée. Un groupe de gens portant tous le même tee shirt jaune entre et reste à proximité, visiblement intrigués.</span><span style="font-style: italic;"> </span><span style="font-style: italic;">Un temps.</span><br /></div><div style="text-align: center;"><div style="text-align: left; font-style: italic;"><br /></div>LE GROUPE<span style="font-style: italic;"> (en conciliabule, regards à la dérobée)</span><br /><div style="text-align: left;"><div style="text-align: left;">Oh, elle est bizarre, elle parle toute seule et on ne comprend rien à ce qu'elle dit.<br />Oui, c'est vrai.<br />Et tu as vu, elle a de drôles de chaussures.<br />Ah ouais.<br />Qu'est-ce qu'elle fait ?<br />Je me demande si elle est française, elle est typée non ?<br />Oh, regarde, elle se gratte !<br /></div><br /></div><div style="text-align: center;">FEMME AU CARNET <span style="font-style: italic;">(s'énervant)</span><br /></div></div><div style="text-align: left;">Non mais y’a pas idée de lorgner comme ça chez les autres, à l’affût de débusquer ce qui cloche ! Comme de sales fouines ! Occupez vous de vos fesses ! Au lieu de critiquer ce qui ne va pas ailleurs, z'avez qu'à commencer par améliorer ce qui cloche chez vous ! Non mais sans blague ! <span style="font-style: italic;">(elle se lève)</span> Une fois que vous aurez bien déplié l’éventail de vos petits problèmes, que vous les aurez bien interrogé, bien étudiés à la loupe, bien retourné dans tous les sens, bien déploré, il n'y aura plus qu'à bien accepter votre mission : bosser dessus ! Ouais, parfaitement, bosser dessus, même si c'est pas agréable ! C’est comme ça qu’on transforme le monde putain, pas en allant dire au voisin que c'est lui qui doit changer ! Ça s'appelle prendre la responsabilité de ses actes, ça, messieurs-dames ! Parfaitement !<br /></div><br /><div style="text-align: center;">LE<span style="font-style: italic;"> </span>GROUPE <span style="font-style: italic;">(toujours en conciliabule, regards à la dérobée)</span><br /><div style="text-align: left;">Tu as vu, elle s'est énervée.<br />Ouais, elle est bizarre, hein.<br />T'approche pas trop, elle va peut être nous attaquer.<br />Oh, tu crois ?<br /><div style="text-align: center;"><div style="text-align: left;"><div style="text-align: center;"><div style="text-align: left;">Tu as vu les marques de soleil qu'elle a sur le visage ?<br />Oh ! Oh ! Hé !<span style="font-style: italic;"><br /></span>Attention !<br /></div><br /><div style="text-align: left;"><span style="font-style: italic;">N'osant bouger d'un cil, ils la dévisagent silencieusement tandis qu'elle sort. Une fois seuls, ils reprennent</span>.<br /></div><br /></div><span style="font-style: italic;"></span></div><div style="text-align: left;">C'est fou hein !<br />Comme c'est pittoresque !<br />Ha ha ha !<br />Les gens sont bizarres quand même !<br />Oui, c'est clair !<br />Et quand elle a dit "Non mais sans blague !" hahaha !!<br />Avec ses gros yeux !<br />Oh oui, ses yeux !<br />Ils brillait de façon étrange, hein !<br />On va boire un verre ?<br />Oui !<br />Quand même, les gens sont fous hein !<br />Hihihi !<br />"Non mais sans blague !"<br />Hahaha, tu l'imites trop bien !!<br />En fait c'était toi !<br />Hahaha !<br />Ouais : "il n'y aura plus qu'à accepter votre mission" !<br />Hahaha !<br /><br /></div></div> <div style="text-align: left;"><span style="font-style: italic;">Ils sortent, tout en continuant à échanger de façon animée sur ce qui vient de se passer. À mesure qu'ils s'éloignent, leurs voix perdent progressivement en intensité.</span><br /></div></div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-434725654182485203?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-85637231887625838282009-05-17T19:04:00.013+02:002009-05-18T22:27:04.572+02:00Amours en tempête<div style="text-align: justify;">En plein cœur de l’absurde amoureux, il importe de rester sérieux. Extrêmement sérieux. Sinon tout le comique de la situation disparaît à jamais. A-t-on déjà vu les protagonistes d’une situation tordante avoir conscience de la drôlerie de leurs actes ? Non. Justement. C’est parce qu'ils s'ignorent qu’il sont drôles. En plus d’être englués dans un inextricable tissu de circonstances, les voilà désemparés ! Ils se débattent à perdre haleine, agitant les bras comme des manchots, versant des torrents de larmes, empêtrés, inconfortables. Profondément mal. Leurs visages sont exsangues. Ils suent, soufflent, souffrent à se damner de leur existence. Quelle lutte, quelle douleur ! Dérobés à leur propre regard, ils ne savent plus qui ils sont ni ce qu'ils font.<br /><br />À cet instant précis, ils sont ridicules. Et beaux.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-8563723188762583828?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-6569854094483398192009-05-17T17:58:00.001+02:002009-05-17T18:00:09.867+02:00T'emballe pas<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/ShAyAZT-QFI/AAAAAAAABXY/5GMLiPJKEqA/s1600-h/Horse.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/ShAyAZT-QFI/AAAAAAAABXY/5GMLiPJKEqA/s400/Horse.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5336820540810084434" border="0" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-656985409448339819?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-89032494948570642092009-05-17T17:30:00.012+02:002009-05-19T00:57:25.895+02:00J'aime trop respirer pour fumer<span style="font-style: italic;">En me promenant dans mes archives, voilà que je tombe sur cet ancien texte, témoin de mon arrêt de cigarette. Exhumation, donc. D'autant plus d'actualité que j'ai retenté une bouffée de cigarette qui m'a chatouillé les poumons au point de me tordre en toux en me jurant de ne plus jamais recommencer. Conclusion : arrêter de fumer, ça marche, et c'est possible, oui !</span><br /><p style="text-align: justify;"><br />« Je me défends d'être sentimentale, mais je me suis remise au chant lyrique. Je veux, je dois, je peux chanter <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0">majusculement</span></span>, à la <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1">Callas</span></span>, hurler sans heurts.<br />Cinq ans déjà que j'avais tout arrêté au profit de ce paquet de <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2">Marlboro</span></span> <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3">Light</span></span>. Commencer la cigarette à 21 ans, une bêtise ? Une excuse surtout, des questions, de l'eau dans les yeux. Un paquet par jour. Des paquets qui se succèdent en file indienne. Une cheminée. Mes vêtements, mes murs, mes amis, mes amours, mes choix à travers ce filtre, ma vie noyée dans ce brouillard de fumée, ponctuation. Ponctuer. Un assemblage de virgules, respirations multiples.<br /><br />Il paraît qu'il n'y a pas de fumée sans feu. Mon feu me ravageait et je l'alimentais, cigarettes après cigarettes, semblants après semblants. Même mes silences étaient faux, occupés à aspirer le suc de mes bâtons. J'habitais <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4">Montmartre</span></span>. Je prenais des cours de théâtre trois fois par semaine, le soir. Le reste de mon temps me voyait assise en face d'une tasse vide et d'un cendrier plein, stylo en main, déversant quantité de mots asphyxiés.<br />Fumer jusqu'en oublier le pourquoi.<br />Fumer pour se sentir exister.<br />Fumer pour se voir respirer.<br />'<span style="font-style: italic;">Je fume donc je suis</span>' <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_5">clamais-je</span></span> silencieusement.<br />Puis je me parais de mon plus beau sourire et avançais vers un type pour demander s'il n'aurait pas une clope par hasard. Galant il dégainait son paquet et m'allumait avec son briquet. Et je m'éclipsais. J'aimais bien taxer des cigarettes à des inconnus : c'était simple, j'avais une bonne excuse pour les aborder, l'échange était clair, et l'homme ne se transformait pas en pot de colle excité par mon numéro de téléphone.<br /><br />Le paquet vide, le paquet plein, le paquet vide, le paquet plein ; un rythme.<br />Je nourrissais une certaine culpabilité.<br />Je regardais mes amis prévoyants avec leur cartouche d'avance ou leur 2-<span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_6">paquets-car-demain-c'est-dimanche-et-les-tabacs-sont-fermés</span></span>. Non, impossible, je ne voulais pas m'identifier à ce point à cet objet ; je préférais ne plus avoir de clope et me mettre désespérément en quête le moment venu.<br /><br />Le matin, aussi. La bouche qui colle, la toux, le goût. Espérer que le mec qui dort à côté n'aura pas la mauvaise idée de m'embrasser maintenant, lui qui n'a pas encore une image de moi souillée.<br /><br />Mais le pire de tout, c'est cette sensation de dépendre de quelque chose. De ne pas contrôler. D'avoir envie de fumer alors que ça commence à bien faire et qu'en plus il faut payer.<br />Quel supplice pour l'ego !<br />A chaque cigarette allumée je baissais dans ma propre estime plus bas, encore plus bas.<br />Je me détestais. Je me trouvais tellement faible, tellement nulle, incapable de rien, juste bonne à me vautrer et fumer des clopes. Alors je regardais dans le vide une seconde et saisissait l'avant-dernière du paquet, me disant confusément que je le mérite de toute façon, que si je crève à cause de ces clopes ce sera de ma faute.<br />Pas d'estime de moi. Un laisser aller. De la colère, beaucoup. Souvent, une immense envie de hurler. Impossible. Trop de monde. Trop de monde. Partout. Infesté. Du bruit. Un cri vivant coincé derrière les lèvres je les regardais passer, hérissée, les nerfs en pelote, révulsée ; je les haïssais, c'était de leur faute, il y avait trop de bagnoles, trop de boucan, putain <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_7">y'a</span></span> pas de coin dans Paris où on peut gueuler <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_8">y'a</span></span> toujours du monde, je voyais blanc, respiration saccadé, plexus noué.<br />Je tirais fébrilement sur ma cigarette. Tremblante. La tasse vide. C'est dans ces moments que mon paquet de <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_9">Marlboro</span></span> <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_10">Light</span></span> prenait un sens. Il était l'instrument ultime pour justifier ce dégoût de moi-même. J'étais triste. J'avais oublié la beauté. De mal en pire en pire. Cinq ans.<br /><br />Puis j'ai ouvert les yeux, j'ai décidé. J'ai tout décidé.<br />J'arrête. Je vais vouloir fumer. J'aurais envie de fumer. Je vais en chier, c'est normal.<br />Je ne vais pas grossir car je ne vais pas remplacer, je vais <em>arrêter</em>.<br />J'aurais le droit d'avoir envie d'une clope autant de fois que je le voudrais.<br />J'aurais le droit de fixer avec envie la cigarette du type d'en face, de tenter de lui en voler des volutes avec mon nez, de m'imaginer en train de la fumer en même temps, d'être à deux doigts de lui en demander une et même de la lui demander, mais <em>jamais</em> de l'allumer.<br />Je vais me sentir mal, mon corps va mettre du temps à s'habituer, mon métabolisme va être bouleversé. <em>Jamais</em> il ne faudra se dire '<em>ça y est, j'ai réussi, j'ai arrêté</em> ' : non. Fumeuse j'ai été, fumeuse je resterais. Toute ma vie. Chaque jour il me faudra arrêter de fumer à nouveau. Chaque jour je vais me battre pour récupérer ma dignité. <em>Jamais</em> il ne faudra céder, car céder c'est tomber. </p><p style="text-align: justify;">Je me suis remise au chant lyrique. Je veux, je dois, je peux chanter <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_11">majusculement</span></span>, à la <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_12">Callas</span></span>, hurler sans heurts. Cinq ans déjà que j'avais tout arrêté au profit de ce paquet de <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_13">Marlboro</span></span> <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_14">Light</span></span>. Ma victoire chaque jour renouvelée n'en est que plus brillante. Ma vie a tourné. Je veux, je dois, je peux chanter <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_15">majusculement</span></span>.»<br /><span style="font-size:85%;"><br /><em><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_16">Laurie</span></span> <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_17">Thinot</span></span> 2005, "<span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18"><span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_18">Heroes</span></span>", <span style="font-style: italic;">extrait</span></em></span> </p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-8903249494857064209?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-75611716958424960132009-05-12T19:37:00.007+02:002009-05-12T19:45:08.136+02:00Confidences à Allah<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sgm0_XmXeKI/AAAAAAAABXQ/N0I6I6shzec/s1600-h/3--la-confidences-a-allah-05025.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 267px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sgm0_XmXeKI/AAAAAAAABXQ/N0I6I6shzec/s400/3--la-confidences-a-allah-05025.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334994234356758690" border="0" /></a>Une petite critique écrite en passant, car j'ai le nez bien trop plongé dans d'autres choses en ce moment pour dépenser mon temps sur les sièges des théâtres parisiens. Et je le déplore.<br /><div style="text-align: left;">En tout cas, j'ai passé un intéressant moment avec Alice Belaïdi dans "Confidences à Allah", mise en scène par Gérard Gélas au Théâtre du Petit Montparnasse. Vous pouvez lire ma critique <a href="http://www.lestroiscoups.com/article-31151802.html">en suivant ce lien</a> !</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-7561171695842496013?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-17306315796623174452009-05-07T19:33:00.003+02:002009-05-07T19:40:15.959+02:00BravoureLes mots tentent l'impossible.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SgMcEFPr3PI/AAAAAAAABXI/QKFjn28eDwE/s1600-h/talkatives.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 210px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SgMcEFPr3PI/AAAAAAAABXI/QKFjn28eDwE/s400/talkatives.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5333137240189820146" border="0" /></a><br /><span style="font-style: italic;font-size:78%;" >Made in Hong Kong, April 2009<br /></span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-1730631579662317445?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-81605999451383259562009-05-02T20:10:00.014+02:002009-05-03T00:00:59.287+02:00Don't even try to catch meI love people but I'm not your friend.<br /><a><img src="http://i88.photobucket.com/albums/k199/lauriethinot/catchlove_BIG2_1.gif" border="0" alt="catch love"></a><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;"></span></span><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;"><br />Written & pictured in Hong Kong, Saturday 18th april 2009</span></span><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SfyMqipgFVI/AAAAAAAABW4/vJRgwpsijSE/s1600-h/arm_tube.jpg"><br /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-8160599945138325956?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-12697733291051030472009-04-27T09:54:00.002+02:002009-04-27T09:56:51.803+02:00Kitsch, suite"<span style="font-style: italic;">Des utilisateurs ont signalé le contenu de ce blog comme inacceptable</span>"<br />Alors là, il faut qu'on m'explique.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-1269773329105103047?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com3tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-13186422242589846312009-04-26T02:29:00.019+02:002009-04-27T10:10:44.304+02:00Are you kitsch, my dear ?<div style="text-align: justify;">"Train à six du matin à la gare de Delhi. Il a fallu se lever à quatre heure pour débarquer dans cette gare où l’odeur est insupportable. L'endroit est sale, plein de mendiants et autres miséreux de tous poils, dormant par terre ou sur des ballots, édentés, en haillons. De gros rats trottinent entre les voies. Il fait encore nuit. Un cafard de dix centimètres glisse sur le mur derrière moi. Cette ville, cette gare, sont grouillantes, vivantes en dedans et en dehors, simultanément. Même l’air est infesté de vies contradictoires, de bonheurs à contresens, de victoires sans goût, de larmes brouillées, de sang mort. Pandémonium soudain rythmé par une voix féminine appelant les passagers à se rendre sur les différentes voies. J’ai l’impression d’un écoulement de lourdeur avançant lentement, d’une coulée de poix en pente douce, presque arrêtée.<br /><br />Puis se précipite le train, ébranlant l’édifice précaire du vide. Certains s’élancent à sa suite, nous les imitons par soucis de mimétisme. Il s’arrête un peu plus loin. Comment savoir où s’asseoir ? Nos billets indiquent les places 73 et 74 dans le wagon C3. Nous devons donc remonter le train.<br />Après quelques hésitations, nous voilà installés.<br />Ce train est étonnant. Face à face, des rangées de banquettes dures comprennent trois places côte à côte. Il y a des barreaux aux fenêtres et surtout, un grand nombre de ventilateurs noirs collés au plafond, pareils à de gros insectes poussiéreux. Les murs sont bleu ciel passés, l’éclairage au néon. Deux femmes sont déjà installées de l’autre côté.<br />Le train se remplit progressivement. Des mendiants implorent une pièce à travers les barreaux ; les sâdhus, petite coupelle dorée à la main, torse nu, pantalon et turban rouge, crachent ou dorment sur les voies. Ils ont les dents noires.<br /><br />Démarrage. Le jour pointe. Un homme est assis dans une carriole emplie de foin. Le train avance paresseusement, émettant un doux roulis. La voie est constellée de femmes, d’hommes et d’enfants, une bouteille d’eau à la main, accroupis, alors que nous avançons le long de bidonvilles en tôle et tissu, crasseux. Ces gens en haillons accroupis expulsent leurs excréments en regardant passer notre train ; la bouteille d’eau trouble qu'ils tiennent en main leur permet de se rincer les fesses. Les rails sont idéaux pour cette pratique, car ils permettent l’accroupissement, pieds en hauteur, protégés. L’odeur est très forte, âcre. Il est étonnant de les voir tous déféquer de la sorte sur plusieurs kilomètres. Je me surprends à tenter de calculer la quantité de selles présentes sur les voies, sachant qu’ils doivent y revenir plusieurs fois par jour. Changent-ils tous les matins d’endroit, heureux d’en inaugurer un vierge, ou restent-ils toujours dans le même périmètre ? Y’a-t-il un semblant de règles régissant les territoires ?<br /><br />Après plusieurs kilomètres, les bidonvilles et leurs habitants se dispersent. L’air rafraîchi légèrement. La végétation apparaît, d’un beau vert, vision salvatrice après trois jours passés dans l’enfer ocre de Delhi."<br /><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">Extrait de carnet, Delhi, Septembre 2005</span></span><br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SfOutLGBRII/AAAAAAAABWw/NxOkb-HD-24/s1600-h/train_inde.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 268px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SfOutLGBRII/AAAAAAAABWw/NxOkb-HD-24/s400/train_inde.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5328794875204813954" border="0" /></a><br /><br />"Sans la moindre préparation théologique, spontanément, l’enfant que j’étais alors comprenait donc déjà qu’il y a incompatibilité entre la merde et Dieu et, par conséquent, la fragilité de la thèse fondamentale de l’anthropologie chrétienne selon laquelle l’homme a été créé à l’image de Dieu. De deux choses l’une ou bien l’homme a été créé à l’image de Dieu et alors Dieu a des intestins, ou bien Dieu n’a pas d’intestins et l’homme ne lui ressemble pas. Les anciens gnostiques le sentaient aussi clairement que moi dans ma cinquième année. Pour trancher ce problème maudit, Valentin, Grand Maître de la Gnose de IIème siècle, affirmait que Jésus « mangeait, buvait, mais ne déféquait point ».<br />La merde est un problème théologique plus ardu que le mal. Dieu a donné la liberté à l’homme et on peut donc admettre qu’il n’est pas responsable des crimes de l’humanité. Mais la responsabilité de la merde incombe entièrement à celui qui a créé l’homme, et à lui seul.<br />( … )<br />Si, récemment encore, dans les livres, le mot merde était remplacé par des pointillés, ce n’était pas pour des raisons morales. On ne va tout de même pas prétendre que la merde est immorale ! Le désaccord avec la merde est métaphysique. L’instant de la défécation est la preuve quotidienne du caractère inacceptable de la Création. De deux choses l’une : ou bien la merde est acceptable (alors ne vous enfermez pas à clé dans les waters !), ou bien la manière dont on nous a créé est inadmissible.<br /><br />Il s’ensuit que l’accord catégorique avec l’être a pour idéal esthétique un monde où la merde est niée et où chacun se comporte comme si elle n’existait pas. Cet idéal esthétique s’appelle le <span style="font-style: italic;">kitsch</span>.<br /><br />C’est un mot allemand qui est apparu au milieu du XIXe siècle sentimental et qui s’est ensuite répandu dans toutes les langues. Mais l’utilisation fréquente qui en est faite a gommé sa valeur métaphysique originelle, à savoir : le <span style="font-style: italic;">kitsch</span>, par essence, est la négation absolue de la merde ; au sens littéral comme au sens figuré : le <span style="font-style: italic;">kitsch</span> exclut de son champ de vision tout ce que l’essence humaine a d’essentiellement inacceptable."<br /><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">Milan Kundera</span> «<span style="font-style: italic;"> L’insoutenable légèreté de l’être</span> » <span style="font-style: italic;">1984</span></span></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-1318642224258984631?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-72343887790287623992009-04-20T19:57:00.005+02:002009-04-21T05:54:25.781+02:00ModelageLe langage est à l'Homme ce que la main est à la glaise.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Se0_GyXg6JI/AAAAAAAABWo/8AbGXoYdXWY/s1600-h/look.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 291px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Se0_GyXg6JI/AAAAAAAABWo/8AbGXoYdXWY/s400/look.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5326983320081328274" border="0" /></a><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">Written & pictured in Kowloon city & Lantau Island</span></span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-7234388779028762399?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-65078109515766917502009-04-19T14:50:00.008+02:002009-04-21T05:57:20.322+02:00Wisdom path<div style="text-align: justify;"><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;"><br /></span></span><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SesfwIWKGJI/AAAAAAAABWY/sToOM-OiHQk/s1600-h/wisdom_Path03_recadre.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 265px; height: 400px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SesfwIWKGJI/AAAAAAAABWY/sToOM-OiHQk/s400/wisdom_Path03_recadre.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5326385896030345362" border="0" /></a>La sagesse commence lorsqu'on arrête de poser aux autres les questions auxquelles on doit répondre seul.<br /><br /><span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">Written & pictured on the wisdom path, near Po Lin Monastry, Lantau Island</span></span><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-6507810951576691750?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-49518132338753378632009-04-18T10:26:00.004+02:002009-04-18T11:16:04.736+02:00PointDepuis que j'ai réalisé que je ne suis pas le centre du monde, je trouve cette planète surpeuplée.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SemaQnlYgQI/AAAAAAAABWQ/UyIvam7YZgU/s1600-h/chinesechildrens.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SemaQnlYgQI/AAAAAAAABWQ/UyIvam7YZgU/s400/chinesechildrens.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325957644636684546" border="0" /></a><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SemPD5X4iHI/AAAAAAAABWI/LUTtXA2mGjc/s1600-h/Central-station.jpg"><br /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-4951813233875337863?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-35451441321322908372009-04-14T21:41:00.013+02:002009-04-15T01:25:25.085+02:00Hong Kong !À la veille d'un grand voyage, je me sens encore plus microscopique qu'à l'accoutumée.<br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SeTw35X6ICI/AAAAAAAABV4/6YzncrLvxH8/s1600-h/danse.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 398px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SeTw35X6ICI/AAAAAAAABV4/6YzncrLvxH8/s400/danse.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5324645502543339554" border="0" /></a><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SeUbWnoUIrI/AAAAAAAABWA/Y6oNrMLaZ1o/s1600-h/perso-catho.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 396px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SeUbWnoUIrI/AAAAAAAABWA/Y6oNrMLaZ1o/s400/perso-catho.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5324692209844626098" border="0" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-3545144132132290837?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-27490666255412733092009-04-11T15:48:00.004+02:002009-04-11T15:50:57.740+02:00Sculpter le vide *4<div style="text-align: justify;">Phase 04<br /><span style="font-style: italic;">Idem. Face à face.</span><br /><br />Cette petite garce me dévisage. Sans un mot. Je me vois me lever d’un trait, lancer mon bras, lui mettre une claque. Sonore. Et me délecter de l’envoyer valser plus loin, de lui faire lâcher cet indécent morceau de salade, de la faire dégringoler hors de ma zone comme on bouscule une quille. Ces pensées me traversent l’esprit avec précision, une à une, alors que la gamine me fixe la face. Elle respire fort, la vache. Je suis pétrifiée. Sensation accentuée lorsque je découvre ses bras, de molles tiges dont la finesse jure avec le gras du reste. Et ces doigts, menus, serrés, innombrables, recroquevillés autour de l’atroce feuille verdâtre à l’odeur d’huître.<br />« <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_0">Anatèle</span> ! <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_1">Anatèle</span> ! »<br />La gosse se débine. Les enfants sont des chiens, ils sont affectueux et reniflent en quantité. En tournant la tête j’aperçois les dos de mère et fille inscrits dans la perspective de l’allée du parc. Qui a bien pu féconder cette femme pour engendrer pareille incongruité ? C’est dans ces <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_2">moments-là</span> <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_3">qu</span>’il est utile d’invoquer un poncif neutralisant la réflexion – « pardonne leur, ils ne savent pas ce <span class="blsp-spelling-error" id="SPELLING_ERROR_4">qu</span>’ils font » par exemple – et de fermer les yeux pour profiter du soleil.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-2749066625541273309?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-75404992921922331002009-04-08T11:41:00.017+02:002009-04-08T13:04:39.989+02:00Action<span style="color: rgb(0, 0, 0);">Un des possibles systèmes d'</span><span style="color: rgb(0, 0, 0);"><span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span></span><span style="color: rgb(0, 0, 0);"><span style="color: rgb(204, 0, 0);">ction</span> :</span><br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);"><span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span>cte. </span><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Plus vite !</span><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);"><span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span>cte. <span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span>cte. <span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span>cte. <span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span>cte. <span style="color: rgb(0, 0, 0);">A</span>cte.</span><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Encore !</span><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(204, 0, 0);"><span style="color: rgb(0, 0, 0);">A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A. A</span>.</span><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">De quoi crier.</span><br /><br /><span style="color: rgb(0, 0, 0);">Et quand l'absurdité de tous ces actes cousus ensemble me rattrape, j'interroge le bien fondé de ma sueur.</span><br /><br /><a style="color: rgb(0, 0, 0);" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sdx2eX1LA2I/AAAAAAAABVg/Vx9THgIjhyY/s1600-h/autokratz_world.gif"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 397px; height: 397px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/Sdx2eX1LA2I/AAAAAAAABVg/Vx9THgIjhyY/s400/autokratz_world.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5322259123810272098" border="0" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-7540499292192233100?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-90287813869233699022009-04-06T01:30:00.003+02:002009-04-06T01:45:17.370+02:00Sculpter le vide *3<div style="text-align: justify;">Phase 03<br /><span style="font-style: italic;">Toujours même lieu, même chaise, juste moi.</span><br /><br />Alors je me rassieds, à quasi tâtons. Je suis myope. Dehors m’aveugle, j’observe dedans. L’effrayante banalité de ceux qui voient bien depuis leur naissance m’a toujours frappée. Impossible d’échapper au commun si on voit bien. Une cécité, réelle ou fantasmée, est indispensable à la création d’original. Voir mal laisse l’imagination broder le reste des réponses. Grincement. Une femme en robe d’été bleuâtre pénètre dans mon périmètre. Elle n’est pas seule. Un visage cachée par une frange trop longue, des pieds qui marchent comme à reculons, une tête obstinément baissée par la bouderie, sa fille, grassouillette. Bien qu’indésirable, cette gamine attire mon attention. Elle tient entre ses doigts quelque chose, quelque chose de vert, quelque chose qu’elle porte à sa bouche : une feuille de salade. N’allez pas me dire que cette enfant grignote exclusivement des feuilles de salade, elle est bien plus grosse qu’un lapin ! Mon dieu, voici qu’elle s’arrête à ma hauteur. Je me délite.<br /></div><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SdlCWFbBeYI/AAAAAAAABVQ/eKGHTPYf3ws/s1600-h/myopic-stomach.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SdlCWFbBeYI/AAAAAAAABVQ/eKGHTPYf3ws/s400/myopic-stomach.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321357381895027074" border="0" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-9028781386923369902?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-76396772756535943832009-04-02T02:12:00.004+02:002009-04-02T02:30:59.118+02:00Sculpter le vide *2<span>Phase 02</span><span style="font-style: italic;"><br />Au même endroit.<br /></span><br />Assise sur cette chaise, je me vois muette, en lisière d’abscons. Stop. Je me lève. Halète. Stop. Corps locomotive, souffle fournaise. Stop. L’impuissance me serre les dents. Douleur et ridicule me piquent net au vif et soudain je me vois me dépêcher d’articuler à toute vitesse des phrases interminables et inutiles sans aucune ponctuation interstitielle pouvant aider un interlocuteur ou un auditeur à appréhender le sens exact de ces paroles jetées au vent dans l’espoir de masquer l’intolérable gène qui m’a surprise sans crier gare à cet instant précis stop. Surtout que je suis seule, debout. Idiote.<br /><span style="font-style: italic;">à suivre</span><br /><div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SdQDdV1vCcI/AAAAAAAABVI/yZQw1fPCMjM/s1600-h/machine.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 296px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SdQDdV1vCcI/AAAAAAAABVI/yZQw1fPCMjM/s400/machine.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5319880862445013442" border="0" /></a><br /><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-7639677275653594383?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-6855666447267226309.post-7272748309852891612009-03-31T21:00:00.012+02:002009-04-02T02:31:59.594+02:00Épître à dent<div style="text-align: justify;"><span style="font-style: italic;">Paris, le 31 mars 2009</span><br /><br />Mon cher Barnabé,<br /><br />Je te suppose en bonne santé, toujours aussi alerte et vif. Du moins, je te le souhaite. Dans le cas inverse, ne t’inquiète pas, la médecine fait des miracles et je ne doute pas de ton prompt rétablissement. Si toutefois tu te trouves à l’agonie, sache que tu n’es pas seul. Nous sommes tous logés à la même enseigne, et chaque nouveau jour nous emmène un peu plus loin vers notre disparition définitive. Par malheur, la nature inquiète de l’humain a la tendance fâcheuse à transformer en menace tout ce qu’elle échoue à appréhender. Si toi aussi tu as peur, ne t’inquiète pas, c’est normal. Respire un bon coup, mourir n’est pas si grave. Le tout est de savoir rester digne. Je ne doute en aucun cas de ta force intérieure, tiens toi droit, et savoure ces derniers instants avec bravoure. Je pense à toi.<br /><br />Apparemment, tes récentes activités sexuelles se sont bien passées. On ne m’en a dit que du bien. Félicitation, tu m’étonneras toujours. J’ai adoré le moment des orteils, mais l’apogée a été atteinte avec l’idée du puzzle. Il n’y a que toi pour inventer de telles absurdités ! Tu vas me manquer.<br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SdJo6YuxWKI/AAAAAAAABVA/i6UilEOr19M/s1600-h/barnabe.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer; width: 400px; height: 344px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_ICTaKcewOxc/SdJo6YuxWKI/AAAAAAAABVA/i6UilEOr19M/s400/barnabe.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5319429462158301346" border="0" /></a><br /><br />De mon côté, tout va bien. Je passe mon temps à croiser un certain Alphonse dans la rue, plusieurs fois par jour. Il ressemble à ta mère. Je n’ai pas osé lui dire car nous ne parlons pas de ce genre de choses. L’autre fois, il a évoqué la possibilité de venir prendre un bain chez moi, un jour où je ne suis pas là. Je trouve l’idée très bonne, cela va élever ma baignoire au rang public ; je me verrais donc officiellement considéré comme « possédant une baignoire », ce qui est beaucoup plus valorisant socialement que de n’avoir qu’une douche.<br />Ah oui, j’oubliais : ton chat est tombé du balcon hier, il est en fort mauvais état. Le vétérinaire a dû lui amputer les deux pattes avant. Il est actuellement encore sous anesthésie, mais il s’en sortira. Savais-tu qu’il existait des prothèses de pattes pour animaux domestiques ? Il y en a de toutes sortes, mais j’ai opté pour la simplicité (tu es, je pense, d’accord avec moi). Deux sobres jambes en bois enrobées de mousse feront amplement l’affaire. Je t’enverrais une photo du nouveau corps de Gino dès qu’il sera complet !<br />Cher Barnabé, la rédaction de cette lettre fut un plaisir.<br /><br />Je te souhaite une bonne santé, un prompt rétablissement ou une belle mort ; je passe le bonjour de ta part à Alphonse et Gino.<br />Vive les prothèses, je t’embrasse.<br /><br />Simon Le Pointu<br /><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/6855666447267226309-727274830985289161?l=writeisnotwrong.blogspot.com'/></div>laurie thin**http://www.blogger.com/profile/04575517688464496860noreply@blogger.com0