tag:blogger.com,1999:blog-56489044217378364432009-02-21T00:35:28.493+01:00DéneevranceDu génie. De la puissance. Des lapins.neevnoreply@blogger.comBlogger207125tag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-84951277739800433002007-10-05T22:40:00.000+02:002007-10-06T00:09:49.151+02:00Ten thousand strong<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://deneevrance.com/uploaded_images/darkness_wonder_thumb-786137.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://deneevrance.com/uploaded_images/darkness_wonder_thumb-786115.jpg" alt="" border="0" /></a><br />Nous sommes des centaines, nous sommes des milliers. Nous sommes une armée en marche. Et nous allons tous mourir.<br /><br />Le hall de gare est immense. Eclairés d'une lumière rappelant le plus sordide des blocs opératoires, nous déambulons telles des fourmis vers les escalators. Chacun tantôt suit l'âme le précédent, tantôt presse le pas à en enrhumer ses voisins. La sensation est grisante. C'est le matin, et mes jambes sont avec moi. Dans mon esprit, je ne suis plus malade ; je ne l'ai d'ailleurs jamais été de ma vie. J'ai du métal hurlant dans les oreilles.<br /><br />Tous. Je les fume tous. Invictus.<br /><br />Des quatre ou cinq escaltors, bien parallèles les uns par rapport aux autres, j'ai l'habitude de prendre celui le plus à droite. Parfois je grimpe les marches deux par deux pour amplifier la sensation de vitesse. Mais ce matin, je reste posé et me laisse gentiment porter vers l'étage supérieur. Je jette un oeil sur les trois ou quatre autre escalators à ma gauche. Je dis trois ou quatre, mais pour moi ils pourraient être mille : nous sommes si nombreux qu'il ne prendrait qu'une nanoseconde à n'importe quel agoraphobe pour claquer sa petite crise d'angoisse.<br /><br />Sur les murs du grand hall, des affiches 4x3. D'ordinaire, telle ou telle marque de lingerie fine nous gratifie de clichés plus ou moins vulgaires de femmes-objets dénudées. Ou encore, tel ou tel opérateur de téléphonie tente de nous convaincre de désirer quelque chose qui définirait à la perfection la notion de plus parfaite inutilité. Mais non. Non, aujourd'hui, en 4x3, c'est la tronche d'Adolf Hitler, ou de son sosie, qui nous est proposée. Le magazine <span style="font-style: italic;">Le Point</span> se vend bien parait-il. Je sais maintenant pourquoi.<br />Le goût totalitariste orwelien de ce grand hall de gare se précise et s'accentue. Je sais que tout ceci n'est qu'un jeu de mon esprit... alors j'adore ça.<br /><br />Je poursuis de scruter les escalators à ma gauche. Mon regarde se pose sans s'attarder sur les visages de tous ces morceaux de viande que je surplombe désormais. Des gens. Il y a ceux, sous Seropram, qui se rendent à un travail qu'ils détestent, et ceux, à en négliger tout le reste, qui se rendent à un travail qu'ils vénèrent. Il y a ceux qui vont étudier, et ceux, plus nombreux, qui vont faire semblant. Il y a ceux qui vont claquer l'argent qu'ils n'ont pas dans des merdes qui ne servent à rien. Et puis il y a ceux qui vont retrouver telle ou telle personne nouvellement rencontrée, avec en tête l'espoir d'un coït pathétique, voire même celui de se lancer des <span style="font-style: italic;">je t'aime</span> à la gueule.<br /><br />Nous progressons vers le haut, tous. La tête tournée dans la même direction, tous. Excepté moi, peut-être. Nous sommes, en dépit de tous les efforts fournis devant le miroir, d'une laideur inqualifiable. Nous paraissons invincibles et nous paraissons misérales à la fois. Nous sommes des centaines, nous sommes des milliers. Nous sommes une armée en marche. Et nous allons tous mourir.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-8495127773980043300?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-26666502054445415842007-08-04T12:36:00.000+02:002007-08-04T17:00:46.156+02:00De la caillasse et des hommes<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://deneevrance.com/uploaded_images/gravier-734694.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://deneevrance.com/uploaded_images/gravier-734692.jpg" alt="" border="0" /></a>Il y a ces habitudes que l'on prend avec d'autres, d'autres gens j'entends, sans concertation. Vous le faites une fois, vous répétez l'action le lendemain et, comme s'il y avait reconduction tacite du contrat, deux mois plus tard vous y êtes encore, là, à perpétuer cette nouvelle habitude venue d'on ne sait où.<br />Dans mon propos, les deux contractants sont mon père et moi-même, et l'objet du contrat est une balade quotidienne de trois kilomètres en fin de matinée. Je n'ai pas souvenir de lui avoir une seule fois demandé de m'accompagner et pourtant, tous les matins depuis plus de huit semaines, il m'envoie un "Je suis prêt, neev" ou un "Quand tu veux, neev" à travers la porte de ma chambre. Certains matins, je me contente juste de me diriger vers la porte d'entrée, et il m'emboîte le pas. C'est assez saisissant, j'ai parfois l'impression d'être quelque seigneur accompagné de son serviteur. A la différence près de n'avoir absolument rien demandé.<br /></div><br /><div style="text-align: justify;">Évidemment, la raison véritable est que depuis le jour où il m'a vu chuter à terre et ne plus tenir sur mes jambes suite à un footing, il se sent plus rassuré de m'accompagner. Bon je vous rassure, il ne me suit pas dans TOUS mes déplacements, hein. Et lorsqu'en septembre je reprendrai à la fac, notre petite habitude s'évanouira d'elle-même. Mais en attendant, il me suit tous les matins. Et ça ne me dérange pas du tout. Au contraire. Ça m'emmerderait qu'il ne le fasse plus.<br /><br />Alors quotidiennement, nous prenons l'ascenseur et passons par le local à poubelles de l'immeuble, ce qui parfois nous donne une bonne occasion de nous lamenter sur la bêtise congénitale ou le manque de savoir vivre de nos voisins. Puis nous sortons par l'entrée du parking, donnant sur la piste cyclable. Nous ne suivons celle-ci que sur un kilomètre et demi. C'est souvent le morceau le plus silencieux de la balade. Oh, il y a des jours où nous marchons nos trois kilomètres sans nous décrocher un mot quasiment, notamment lorsque je suis atomisé de fatigue et que j'ai du mal à parfaitement contrôler mes pas. Ces jours-là, ma patience est plus que limitée et, oui, je crois que mon père est suffisamment intelligent pour s'en rendre compte.<br /><br />Durant ce kilomètre et demi donc, je lui demande s'il a couru et si oui quelle distance. Il me répond la plupart du temps avec un amusant dédain qui traduit une fierté mal dissimulée que oui, six kilomètres. Je vous l'ai laissé entendre l'autre jour mais je le répète, cet enfoiré fait ça cinq matins par semaine, à six heures tapantes, et il a 61 ans. Parfois, il en fait même huit. Je lui réponds alors invariablement de ne pas forcer, de faire attention, mais je me rappelle alors quand j'avais 19-20 ans et que je m'amusais à repousser mes (maigres) limites en endurance. Aujourd'hui cinq ans plus vieux, je n'en suis plus capable et si j'avais su, j'en aurai davantage profité encore. J'imagine qu'il doit se dire précisément la même chose, qu'à 65 ans il n'y arrivera peut-être plus. Alors il en profite avant que la vieillesse ne le rattrape comme moi la maladie m'a rattrapé.<br />Je crains simplement qu'un jour il ne fasse la course de trop et que son coeur le lâche. Je le lui ai dit à demi-mot, un de nos matins de balade. Et il m'a répondu, également à demi-mot et en d'autres termes, qu'il s'en foutait royalement.<br />"That's the spirit !", me suis-je dis en souriant, quand même un peu amer.<br /><br />Durant ce fameux kilomètre et demi dont je parlais, nous passons devant mon ancienne école primaire. Un bâtiment rose de deux étages, adjacent à une cour de récréation. Une grille verte et un terre-plein sépare la cour et la piste cyclable. Cet été, des ados en combinaison blanche transparente repeignent la grille. Je ne sais pas s'ils sont payés par la mairie pour faire ça, ou si ce sont des travaux d'intérêt général pour s'être fait prendre en train de fumer une connerie, mais en tout cas un type (à peine plus vieux) les surveille et ils sont là tous les jours. Et tous les jours, mon père les regarde peindre en passant tandis que je presse légèrement le pas, d'abord pour éviter d'entendre ses commentaires sur la médiocre qualité et la lenteur du boulot effectué, mais surtout parce que tout le monde sait bien que je déteste les adolescents.<br /><br />Deux cents mètres après l'école et les adolescents qui peignent comme des merdes (quand les filles ne sont pas occupées à rire aux blagues pourries des garçons et quand ceux-là ne sont pas occupés à regarder la poitrine des filles, ils peignent), la piste s'élève. La côte commence juste après un enchaînement de deux panneaux. Le premier dit:<br /><br /></div><div style="text-align: center;"><div style="text-align: center;">DANGER<br /></div>Risque d'éboulements<br />Ne pas marcher en dehors du sentier<br /><br /><div style="text-align: left;">... et, cinquante mètres puis loin, le second indique un très rassurant :<br /><br /><div style="text-align: center;">DANGER DE MORT<br />Terrains sous-minés<br /><br /><div style="text-align: justify;">Les terrains dont il est question sont ceux de la colline de ma ville, que la piste cyclable encercle et permet en partie de grimper. Ma ville a été occupée pendant la guerre. Il faut croire qu'il y a des restes.<br /><br />Nous commençons donc l'ascension, bien à l'abri sur notre piste cyclable. Cet endroit est très prisé par les paumés en tous genre de ma ville, la nuit. On retrouve souvent des trésors dans les fourrés à quelques mètres de la piste : capotes usagées, garrots, etc. On y trouve également des gens à côté de leurs pompes. Ces jours-ci, on y voit souvent une jeune femme pas plus âgée que moi, coupe garçonne, cheveux châtains clairs, un sac à dos sur les épaules. Elle parle toute seule, l'air renfrogné et pas commode. Encore une avec qui la vie a été très, très sympa.<br />Et il y en a plusieurs des comme elle, mais c'est celle que j'ai le plus remarqué. Honnêtement, son visage me rappelle celui d'une fille que j'ai connu de près, il y a six ou sept ans. Une jolie fille.<br /><br />Nous continuons la montée. Nous passons devant la skate-park, encore un endroit bourré d'adolescents mais fort heureusement indoor. Juste après le skate-park, il y a la caserne de pompiers. Et juste après la caserne, on quitte la piste cyclable pour poursuivre la montée vers le haut de la colline. C'est un chemin de gravier, du mauvais gravier d'ailleurs. Il y a récemment eu un grand projet d'aménagement de la colline, pour en faire une promenade familiale, et mettre en valeur les ruines du fort planté tout en haut. Oui oui, un fort, un vrai fort, bâti en 1870. Il faisait partie d'un ensemble de 16 forts, autour de Paris, destinés à défendre la capitale contre l'invasion Prussienne. Ils s'en sont tout de même emparé et y ont même pointé des canons sur nos gueules. Et plus tard sous l'occupation Allemande, il a servi de prison et de lieu de torture.<br />On comprend tout de suite pourquoi la municipalité a jugé bon de mettre en valeur un endroit aussi glorieux et chargé en bons souvenirs.<br /><br />Le chemin est en gravier, disais-je donc. C'est la partie la plus pénible pour moi. Elle arrive au bout de deux kilomètres, autrement dit la distance à partir de laquelle je commence à fatiguer à la marche. Autrement dit, je place mal mes pieds sur le sol et parfois je me plie une cheville. Ça m'est arrivé une dizaine de fois. Sur du gravier il faut donc que je fasse particulièrement attention ; c'est cependant un bon moyen de me tester, ça m'aide à déceler les périodes pendant lesquelles je suis limite physiquement.<br /><br />La fin de la montée est bien pentue, mais elle vaut le coup. Car après le passage devant le vilain fort, il y a un endroit où on a vue sur toute la ville. J'en parlais l'autre jour. La ville n'est pas belle, mais l'endroit est agréable l'été. Calme, à cent mètres de hauteur. J'y aperçois même la fenêtre de ma chambre, chose qui me fait beaucoup rire, ne me demandez pas pourquoi.<br />Et c'est surtout un endroit où il y a des bancs. Il ne reste que cinq cents mètres, de descente, avant de rentrer, mais nous avons pris l'habitude de nous y asseoir cinq minutes, ce qui franchement me permet de récupérer un peu au niveau des jambes. Ce moment de répit, c'est le moment où les hommes parlent.<br /><br />Nous parlons de la vie, de la mort. Nous parlons de faire face, de ne pas avoir peur. Et malgré tout de nos inquiétudes. Nous parlons de mon état de santé, nous parlons du sien. Nous parlons de rien, mais surtout de tout. Nous parlons peu, mais nous parlons vrai.<br />Mon père et moi nous sommes vraiment rapprochés depuis que j'ai commencé à avoir des emmerdements de santé. Oh, nous ne seront jamais les meilleurs amis du monde, le passé est trop lourd, mais c'est le jour et la nuit comparé à... avant. Le transfert de l'ensemble des entrées de ce site depuis 2003 sur Blogger (ça va me demander plus de boulot que prévu d'ailleurs, mais j'en parlerai plus tard) m'a permis de relire certaines choses que j'écrivais sur mes relations avec mes parents il y a trois ou quatre ans. J'ai été frappé. Ma manière de les voir a fondamentalement changé, mon petit traitement de la cervelle et la reprise en main de ma vie n'y est évidemment pas étrangère. J'ai écrit des choses totalement injustes sur leur compte, de la même manière qu'il m'arrive aujourd'hui encore d'écrire des choses totalement injustes sur ma propre pomme. Ce que j'essaie de dire, c'est qu'en dépit de tout, je crois que j'ai fini par devenir adulte.<br /><br />Enfin je vais encore attendre un ou deux ans avant de me prononcer, juste histoire d'être sûr.<br /></div></div></div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-2666650205444541584?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-47333609915163500282007-08-01T15:48:00.000+02:002007-08-01T15:53:41.310+02:00Je crois que je suis une merde.<span style="font-size:100%;"><span style="font-family: georgia;"></span></span><span style="font-size: 10pt; font-family: Georgia;">Hem. Bon, je vous explique rapidement ce qu’il s’est passé. J’ai voulu mettre à jour mon utilitaire de publication (SPIP) suite à un mail de mon hébergeur concernant la sécurité. Il est vrai que ce site a été hacké il y a quelques semaines et que ma version de SPIP était vieille de trois ans. </span> <p class="MsoNormal"><span style="font-size: 10pt; font-family: Georgia;"><o:p></o:p>J’ai donc procédé à une mise à jour, et, je vous passe les détails, me suis vautré comme une merde. J’ai au passage failli perdre tout ce que j’avais écrit. Après avoir bataillé quelques heures, j’ai décidé que j’en avais ma claque, et j’ai balancé toutes mes archives sur blogger. Je n’ai d’ailleurs pas terminé, il manque encore quelques mois de l’année 2003 (pour ceux que ça intéresse, tout sera présent dans quelques jours maximum.) Il y a quelques incohérences dans les articles archivés (vieux liens qui ne fonctionnent pas, images mal dimensionnées, mais les textes sont là. En revanche, les vignettes et les brèves sont décédées. Paix à leurs âmes.<br /><o:p> </o:p><br />Ah, aussi, évidemment, <b style="">les anciennes syndications RSS sont mortes</b>, j’espère que ceux qui les utilisaient auront la présence d’esprit de visiter le site et de choper les nouvelles.<br /><o:p> </o:p><br />Pour finir, je sais que le template choisi est austère, mais je n’ai vraiment pas le cœur à passer du temps dans du code source.</span></p> <p class="MsoNormal"><span style="font-size: 10pt; font-family: Georgia;"><o:p></o:p>Voilà. Je suis incompétent. Mais ça va, je le vis bien. </span><span style="font-size: 10pt; font-family: Arial;"><o:p></o:p></span></p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-4733360991516350028?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-45425206200260803692007-07-29T15:41:00.001+02:002007-07-29T15:50:27.397+02:00La troisième nouvelle<p class="spip" align="justify">Je vous ai quittés vendredi sur une boutade ; j’avais trois nouvelles à formuler, j’en avais compté trois deux heures auparavant, j’en étais sûr et pourtant, pas moyen de m’en souvenir au moment d’achever le texte. Vous imaginez mon désarroi d’alors. Pleurant à chaudes larmes sur l’injustice de la vie, déplorant de toutes mes fibres ma mémoire défaillante et allant jusqu’à implorer la divine miséricorde, j’assassinai d’une douloureuse vanne-à-deux-balles mon pathétique dernier babillage en date, et entrepris la rédaction d’une poignante lettre d’adieu.<br /><br />Puis, frappé d’un éclair de lucidité, je m’affublai des injures les plus abjectes (« fieffé vilain », « plus parfait gougnafier », « jambon de Parme », « coureur cycliste », etc.) lorsque l’idée me revint.<br /><br />Hem. Voici : la troisième nouvelle dont j’avais à faire part, est que ce journal a été découvert. Par un pote de fac, et peut-être aussi par une potesse, bien qu’elle ne m’en ait rien dit. C’était il y a plusieurs mois, en avril je pense. J’ai demandé à mon ami de garder l’existence de ce site pour lui-même, ayant ici par le passé et à plusieurs reprises écrit des choses pas marrantes du tout sur mon compte et que je ne souhaite absolument pas partager avec les gens que je côtoie quotidiennement. Je ne m’en fais pas trop, l’ami en question étant plutôt un type réglo et je dispose de toutes façons d’une vingtaine de moyens de représailles différents s’il lui venait l’idée de l’ouvrir.<br /><br />Et si ça ne suffit pas, tant pis, que voulez-vous. Je les tuerai tous. Si possible au shot gun ou à défaut, à la machette. J’abhorre me salir, mais comme disent les plus sages des coureurs cyclistes : « Ah ben faut c’qui faut, faut y aller à la pédale hein s’tu veux pô perdre hein. » Et avouez qu’il y a du vrai là-dedans. Les cyclistes, c’est comme les clébards : ils sont parfois plus intelligents que les humains.<br /><br />Vous devez vous demander ce qui m’a trahi ? Un triptyque, encore une fois. 1/ Google, 2/ mon adresse email, 3/ ma propre négligence (ou connerie, ou débilité congénitale, au choix) d’utiliser la même adresse pour tout. La combinaison des trois m’a été fatale.<br /><br />Je vous ai déjà dit que j’aimais beaucoup le vélo ?<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />Pourquoi écris-je aussi peu ? Oh, c’est bien simple. La principale raison est l’indigeste symbiose de mon emploi du temps de l’année passée, et de la fatigue accumulée de mon activité un peu, de la maladie davantage, et du traitement aux interférons surtout. Ne vous méprenez pas, il y a pire, mais ce truc est vraiment costaud à encaisser. Mais bon, pas d’inquiétude hein, j’aime cent fois mieux être SEP dans les années 2000 qu’il y a vingt ans.<br />Une autre raison, que je soupçonne d’être aussi importante que la première puisque je suis en repos depuis mi-mai : je n’ai vraiment pas envie que ce journal devienne mon Mur des Lamentations personnel. Je n’ai pas envie de consacrer chaque post à la SEP (c’est déjà foutu pour celui-ci), ou encore d’en faire une espèce de show qui pourrait avoir pour titre « neev contre la SEP », ou encore « Regardez-moi pourrir de l’intérieur chaque jour un peu plus, et appréciez ». Je crois que vous avez saisi l’idée. L’ennui, c’est que ces deux derniers mois, je n’avais vraiment rien d’autre à discuter que ma maladie. D’où mon silence.<br /><br />Il y a quelques semaines, ou quelques mois... enfin bref, un jour, j’étais aux Halles justement avec les deux amis de fac dont je parle plus haut. J’étais particulièrement mal en point ce matin-là (enfin relativisons, bien sûr) : fatigue générale prononcée, pertes d’équilibre, diplopie, faiblesse musculaire, insensibilités, douleurs diverses. Nous attendions une séance de ciné, attablés au Starbucks juste à côté. L’ami, appelons-le Truman (coucou Truman si tu lis ceci. T’aurais pas un site de cul à visiter, plutôt que de traîner ici ?), était parti s’acheter une de ces délicieusetés glacées très chères made in Starbucks, nous laissant mon amie et moi l’espace de deux minutes (je l’appellerai Swedi bien que « bombe sexuelle » soit un surnom mieux adapté, mais ce serait un impardonnable manque d’élégance de ma part, tant cette demoiselle est adorable. En plus d’être une bombe sexuelle.).<br /><br />Je devais avoir l’air particulièrement misérable, car elle me demanda comment j’allais. Je lui expliquai alors mon état de fatigue (elle était déjà au courant pour ma SEP), et mes divers troubles... pour aussitôt couper court, en lui disant que je n’allais pas l’emmerder avec mes petits problèmes de maladie. Et sa réponse m’a vraiment surpris, car je ne m’en étais jamais rendu compte : « Ben non, non, au contraire... t’en parles jamais. »<br />Je suis resté interloqué deux secondes. Elle avait raison ! Je m’en parle intérieurement... à peu près tout le temps, certes, et ici aussi les rares fois où j’écris (je vous jure qu’un jour j’écrirai davantage, si si, mais ne me demandez pas quand) mais aux autres, je n’en parle que brièvement et sporadiquement. Et moi qui avais l’impression de saouler tout le monde !<br />Mon père d’ailleurs me l’a récemment dit, sorti de nulle part : « Ne crois jamais que tu emmerdes les autres avec ce qui t’arrive. C’est toi le malade, c’est toi qui souffre. » Je ne sais absolument pas pourquoi il m’a dit ça, ne lui ayant jamais laissé entendre que je craignais d’ennuyer les autres. D’ailleurs je ne lui laisse pas entendre grand-chose, hormis qu’il cuisine très bien le saumon-potatoes et qu’à 61ans courir 6km tous matins n’est pas très raisonnable, mais ça c’est seulement parce que je suis jaloux de ne plus pouvoir le faire.<br /><br />J’écris et je ne sais pas exactement où je veux en venir. Ce que j’essaie d’exprimer, c’est mon dégoût de l’idée de transformer cet endroit en bureau des pleurs pour pouvoir jouer au dur dans la « vraie vie », et l’idiotie que serait l’adoption de l’attitude inverse : jouer au clown pour mieux nier que c’est et ça va sérieusement être la merde pour ma pomme, sans parler de la souffrance morale accumulée, à toujours tout garder pour moi...<br /><br />Bah ! Ecris, gamin. Ecris. On verra bien ce qu’il en sortira.<br /><br />Cette semaine, un soir, venant de terminer la lecture du dernier tome de la saga Harry Potter, j’ai ressenti cette nostalgie lourde qui me frappe à chaque fois que je termine un bouquin, ou une série que j’adore, ce besoin irrépressible d’en faire le deuil parce que cette fois-ci, eh bien, c’est la fin. Je suis alors allé faire un tour sur le web, plus précisément sur les forums consacrés au livre que je venais de terminer (et pour le coup j’ai du bol, des millions d’imbéciles lisent la même chose que moi). De fil en aiguille, j’ai fini par visiter le site officiel de J.K. Rowling - bénie soit cette femme et toute sa descendance. Je me suis mis à lire sa biographie. Puis je me suis demandé si le hasard ne se foutait pas de ma gueule. J’y ai appris que sa mère est décédée en 1990 et à l’âge de 45 ans, je vous le donne en mille, d’une sclérose en plaques diagnostiquée dix ans auparavant. La pauvre femme s’est de toute évidence coltinée une forme particulièrement sévère de la maladie, purement dégénérative et sans rémission. Et d’une fulgurance effroyable, avec ça : dix petites années entre le diagnostic et le décès. Et c’est précisément ce qui m’a foudroyé sur ma chaise : je ne savais pas qu’on pouvait mourir d’une SEP. Mortelles, je savais que les scléroses latérales le sont neuf fois sur dix. Mais les SEP ? Je pensais que ce qui pouvait arriver de pire, hormis un accident ou une simple lassitude de sa condition menant au suicide, était la paralysie totale. Ce que je viens d’écrire est d’ailleurs d’une stupidité confondante, la mort étant cent fois plus douce que la paralysie totale, mais passons.<br /><br />Un moment d’une ironie désarmante. Je suis allé sur le site de Rowling - grand bien fasse cette déesse aux blonds cheveux, bien qu’il faudrait que quelqu’un lui dise d’arrêter de se prendre pour Tolkien - pour faire le deuil de sa création, et elle m’apprend qu’elle-même a dû souffrir d’un deuil autrement plus difficile, celui de sa mère emportée par une maladie dont, justement moi-même, je dois souffrir. C’en est tellement mystique que je me suis demandé si son site lui-même n’était pas doué de magie et n’affichait pas un contenu personnalisé au visiteur, sans que celui-ci s’en rende compte.<br /><br />J’étais fatigué, il était tard, la tête encore à moitié dans l’univers irréel d’Hogwarts. J’avais le souffle coupé par ma nouvelle et triste découverte sur le site de l’auteur. Je suis allé me coucher là-dessus.<br /><br />Le lendemain, j’avais une belle gueule de bois.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-4542520620026080369?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-50267142223448882632007-07-27T15:55:00.000+02:002007-07-29T15:58:04.983+02:00Une entrée moins morbide qu'il n'y paraît<p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Moi :</strong> ... donc probablement, dans l’avenir. On pourra reconstruire les zones démyélinisées, au moins partiellement, au moins juste suffisamment pour sortir le malade du handicap sévère, et...<br /><strong class="spip">Lui :</strong> Non, toi non. Pas pour toi. Pour toi ce sera trop tard.<br /><br />Il m’a assené ça de manière innocemment sèche et péremptoire, avec la certitude de l’agrégé de physique qui explique à un enfant que non, bon sang, ça suffit : le Soleil ne tourne pas autour de la Terre. A la différence que mon père n’est agrégé en rien du tout, et du reste moi non plus. Mais ce ton, ce dédain... il aurait voulu me castrer qu’il ne s’y serait pas mieux pris. Et l’espace d’une seconde, sans doute moins que ça, j’ai eu un coup de sang. Je ne voulais pas le contredire. Je ne voulais pas le gifler. Non, je voulais l’abattre. A ce moment très précis et très furtif, alors que nous étions assis sur un banc en haut d’une colline, une vue imprenable sur la laideur de la ville s’étendant sous nos yeux, j’ai eu envie de tuer mon père.<br /><br />J’ai cependant évité et de le regarder, et de le buter, afin de ne pas trahir mon émotion, et me suis contenté de lui répondre « Je ne parlais évidemment pas de moi, mais du futur, simplement. Et aux dernières nouvelles, je ne suis pas handicapé. Que cela dure le plus longtemps possible. »<br /><br />Là-dessus, je me suis levé, et nous avons continué notre petite balade quotidienne. En marchant peut-être légèrement plus vite qu’à l’accoutumée.<br /><br />Je ne lui en veux évidemment pas, et je serais une petite merde de ressentir différemment. Mes deux parents sont de loin mes deux plus grands soutiens. J’essaie de le leur rendre, sans toutefois parvenir à leur rendre le dixième de ce qu’ils m’apportent. Emotionnellement pour moi, c’est de plus en plus compliqué. Il ne se passe, par exemple, pas un jour sans que je pense à la mort. Pas un jour. Entendons-nous bien. Il ne me semble pas avoir le moins du monde envie de mourir et encore moins de provoquer cette mort. En tout cas pas tant que mes parents seront, eux, vivants : convenez que me suicider serait une bien maigre récompense de tous leurs efforts. D’autant plus que d’ici là, j’ai espoir d’ajouter quelqu’autres choses ou personnes à ma liste de raisons de vivre. J’en doute fortement, mais j’ai espoir.<br />Je ne sais pas pourquoi je pense tant à la mort. Ce n’est pas nouveau, mais c’est beaucoup plus présent depuis quelques mois. Je crois que j’essaie de la relativiser, d’en apprivoiser parfaitement l’idée et les aspects, car je sais qu’elle est inéluctable. La mienne ne me fait pas bien peur, comme beaucoup j’ai davantage peur de souffrir, et par conséquent c’est la fin des autres, qui m’effraie le plus. Si je suis honnête cinq secondes avec moi-même, la vérité m’apparaît tout naturellement : je suis terrorisé à l’idée d’être seul. Isolé, sans personne. Et physiquement handicapé. Et par conséquent financièrement affaibli.<br /><br />Enfin bref j’ai à peu près les mêmes préoccupations que n’importe qui.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />Le temps passe à une vitesse frisant l’insolence. J’ai par conséquent quelques nouvelles. Mais fort peu, car ma vie est éminemment minable.<br /><br />J’ai eu ma deuxième année d’économie et de gestion, avec 14.117 de moyenne. Si je n’avais pas 25 ans, je serais presque fier de moi. Mais comme j’ai 25 ans, ma seule réaction en voyant mon relevé de notes a été de prononcer un solennel et fracassant : « Bon. C’est bien. Plus que trois ans et tu pourras peut-être t’acheter une vie. Ou à défaut, aller aux putes. »<br />Que ce soit entendu : je ne laisserai jamais personne m’empêcher de penser que je suis un échec vivant et de me couvrir d’excréments à la première occasion.<br /><br />Ca, c’était la première nouvelle.<br /><br />La deuxième, concerne ma santé. En mai, je laissais entendre que je n’étais pas en forme, que j’étais stressé et peut-être en train de faire une poussée modérée. Eh bien mes amis, c’est sans réserve, avec une joie non-dissimulée que je vous annonce que rien a changé. Hormis une chose, j’ai fait la découverte d’un médicament que les malades de la SEP connaissent bien : le Rivotril. Je savais que j’y aurai droit un jour où l’autre, mais je n’imaginais pas que ça viendrait aussi vite. Ce n’est pas grand-chose, juste un médicament de la classe des benzodiazépines, comme le Lexomil, à ceci près que le Lexomil est un anxiolytique alors que le Rivotril est un antiépileptique. Je vous avais parlé de mes sensations de brûlure dans les jambes, en position allongée, et des difficultés à trouver le sommeil qui en découlent. Vous vous en souvenez. Bon.<br />Eh ben ce truc est épatant. Dix gouttes le soir après manger, et je ne sens plus rien. Bon l’ennui, c’est que personnellement ça me défonce encore plus que le Lexomil ne me le faisait, à tel point qu’après en avoir pris je ne peux même plus marcher droit et que je me mange les portes en les ouvrant. De plus, ça accentue d’autres symptômes de la maladie, je pense essentiellement à la vision double. Et en plus, comme avec tous les membres de la famille benzodiazépines (qui ont du drôlement souffrir à l’école), l’addiction est facile. Bon, peut-être pas aux doses que je prends (vraiment ridicules), mais tout de même, je n’aime pas ça.<br />En conséquence, j’ai décidé d’arrêter progressivement de prendre ce machin, et d’adopter la pathétique technique dite du « ventilateur pointé sur les jambes et des mousses dans les oreilles » en remplacement. C’est très pointu. Je crois que je pousse la science dans ses retranchements. Je vous tiendrai au courant.<br /><br />Ca, c’était la deuxième nouvelle qui, vous en conviendrez, ne présentait strictement aucun intérêt. Ah, s’il y a une chose que j’aime dans la vie, c’est bien dilapider le temps des autres.<br /><br />Et enfin, la troisième nouvelle, c’est que je vais être papa.<br />Nan, j’déconne. En réalité je vais être maman.<br /><br />Bon, pardon, j’arrête.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-5026714222344888263?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-80281795884773818122007-05-20T15:59:00.000+02:002007-07-29T16:00:56.051+02:00News rapidesJe crois que je ne suis pas loin d’être à bout. Je suis en vacances, mais très fatigué. Physiquement, j’ai du mal. Probablement une poussée. J’ai les jambes qui brûlent lorsque je m’allonge : idéal pour s’endormir, je le conseille à toutes et tous. Je me fatigue vite à la marche. J’ai de légers problèmes pour uriner. J’ai des saloperies de décharges électriques dans les bras lorsque je fléchis la tête. Parfois, je vois double sur les côtés. Et j’ai évidemment des problèmes d’équilibre, je me suis d’ailleurs plié une cheville dans des escaliers l’autre jour. Je suis tombé sur un vieil homme, dix fois plus en forme que moi.<br />Mais surtout, je n’ai pas le moral. Je n’ai vraiment pas le moral. Je suis anxieux et je ne parviens pas à me détendre. Je ne fais pas les crises d’anxiété d’il y a deux ans (et avant), mais si ça continue je vais être bon pour retrouver les petits psychotropes que l’on me prescrivait et qui, mais alors, ne me manquent pas du tout.<br /><br />Je suis en vacances donc, et aussi vais faire l’effort de dormir plus, bien plus, si toutefois j’y arrive. C’est impératif, ne serait-ce que pour le moral. Aujourd’hui, ce soir, j’ai pour la première fois lâché quelques larmes depuis que je me sais atteint d’une sclérose en plaques. Je sais en avoir eu plusieurs fois envie, mais je n’ai pas souvenir d’avoir vraiment pleuré depuis ce fameux 2 janvier de merde. Peut-être suis-je en train d’accuser le coup, ce qui convenons-en ferait quelqu’un d’émotionnellement très long à la détente.<br /><br />Je vais voir toubib demain. Je vais peut-être passer un peu de temps à l’hôpital prochainement.<br /><br />Je suis en vacances.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-8028179588477381812?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-45040839487705278802007-03-11T16:02:00.000+01:002007-07-29T16:02:55.083+02:00Pretium dolorisAttendez, laissez-moi deviner... Encore un mois sans nouvelles, c’est cela ? Oui bon, ben PARDON d’avoir une vie, hein. Entre les études (14 de moyenne au premier semestre, au fait, et dans les circonstances que l’on sait. Je sais, je sais, il m’arrive d’être bon.), les horaires violents (je rentre à 20h presque tous les soirs et j’ai cours le samedi.), et la campagne de François Bayrou dont j’ai la responsabilité (eh ouais, il est passé de 6% à 23% en deux mois grâce à moi. Au vu de la progression, je pense qu’on devrait pouvoir taper les 150% d’ici le 1er tour), j’ai peu de temps pour ma gueule.<br />Et à cela je pourrais ajouter les Championnats du Monde d’Osaka d’août prochain à préparer, puisque je suis aligné sur 400m par la Fédé (enfin, j’aimerais bien). L’ennui, c’est que j’étais encore en décembre dernier coté vainqueur à 2 contre 1 chez les bookmakers londoniens (enfin, j’aimerais bien !), mais depuis que j’ai donné ma conférence de presse pour présenter à la planète entière la terrible affliction dont je suis frappé - et dans la fleur de l’âge avec ça, le destin est décidément une petite salope -, eh bien ma cote est passée en l’espace d’un quart d’heure à 60000 contre 1. Cote qui a semé le doute au sein de la Fédé, qui inexplicablement cherche depuis une solution pour me remplacer.<br /> Le manque de foi de certains me sidérera toujours.<br /><br />Merde, même sur UNE JAMBE je les fumerais tous ! Enfin... j’aimerais bien.<br /><br />Car l’autre jour, alors parti en léger footing d’une demi-heure en compagnie de Pinkie, j’ai, grand fou que je suis, voulu achever d’un sprint l’ultime tour de piste. Un truc que je faisais évidemment sans problème il y a encore un an ; j’ai 24 ans, je mesure 180 cm pour 74 kg, je suis capable de retenir ma respiration plus de deux minutes, je suis célibataire et j’ai un gros sexe.<br />Eh bien, si vous voulez tout savoir, non seulement j’ai tout juste été capable de timidement accélérer mais en plus j’ai manqué de me péter la gueule deux fois.<br /><br />J’ai refoulé des larmes de profond agacement tandis que je procédais à mes étirements, après tout, je ne pense pas que pleurnicher me fera cavaler comme une gazelle. Simplement, qu’est-ce que ce sera dans cinq ans ? J’aurai trente ans. Encore un gamin, quoi. Mais que serai-je toujours capable de faire ? Tout ça c’est la faute de ces putains de socialistes, tiens. Je sais ça n’a rien à voir, mais il est toujours de bon ton, lorsque l’on a une carte d’adhérent UMP, de mettre un truc, n’importe quoi, sur le dos des socialistes (c’est dans le règlement intérieur du parti, les contrevenants ramassant deux balles dans la nuque.)<br /><br />Saloperies de 35h qui refilent des maladies aux honnêtes gens, donc.<br /><br />Pour enquiquiner la mienne de maladie, j’en avais brièvement parlé, j’ai un traitement. Des injections sous-cutanées tous les deux jours, à m’auto-administrer. Ce sont des interférons, et je n’ai honnêtement pas compris grand-chose à ce qu’ils sont censés faire, mais si je ne dis pas de conneries ce sont des immuno-modulateurs, c’est-à-dire des protéines qui modifient la réponse immunitaire du corps humain. Car la SEP serait au moins en partie une maladie auto-immune. Ca craint, hein ? Ouais, avouez que sur ce coup-là, ces enculés de socialistes ne m’ont pas raté.<br /><br />Cela fait deux mois que je m’injecte ce machin. C’est comme la pub Volvic de Zidane, en fait : toujours les mêmes gestes. D’abord bien se laver les mains. Puis enlever le capuchon de la petite fiole contenant la poudre. Puis nettoyer le haut de la fiole à l’aide d’une compresse d’alcool. Puis fixer un adaptateur sur la fiole. Insérer la seringue remplie de solvant dans la fiole, puis la vider en prenant soin de ne pas aller trop vite pour ne pas créer d’excès de mousse lorsque le solvant se mélange à la poudre. Bien vérifier que le produit obtenu soit limpide. Se grouiller ensuite, car le produit reconstitué ne reste stable que dix minutes. Retirer la seringue. Fixer l’aiguille dessus. Mettre l’ensemble dans l’injecteur. Désinfecter la zone à piquer. Piquer. Maudire deux ou trois fois les socialistes. Retirer l’aiguille. Ouf.<br />Je suis contraint de changer de zone à chaque fois histoire, paraît-il, d’éviter les nécroses et ce genre de joyeusetés. J’aime bien le faire dans les cuisses et les fesses : on ne sent rien. C’est en revanche un peu plus pénible dans le ventre et les bras. Et alors dans l’œil ou dans le gland, là, c’est carrément désagréable. Hihi.<br />Ho, je plaisante, messieurs.<br /><br />Ce n’est pas grand-chose, à vrai dire. Il y a d’ailleurs des tas d’enfants diabétiques ou autres qui se shootent seuls quotidiennement, vous pensez donc bien qu’il ne me viendrait pas un quart de seconde à l’esprit de me plaindre.<br /><br />Ouais enfin ça fait trop, trop bobo, quand même. Ouais.<br /><br />Et enfin surtout, ce n’est pas sans effets secondaires, comme traitement (« sans blagues, connard », vous entends-je vous écrier). J’en ai déjà parlé, j’ai des contrôles sanguins réguliers pour surveiller ma numération et le nombre de mes plaquettes, j’ai des poussées de fièvre dès que je m’injecte, je vote au centre, bref : ma vie est n’importe quoi. Et puis franchement, le sécu me paie (merci, au fait) un traitement à mille euros par mois (non sérieusement, merci hein) et à m’injecter, et il ne me fait même pas planer. C’est à la limite de l’ignominieux, je me sens dégradé. J’exige d’en avoir pour mon ar... pour l’agent des autres, bordel !<br /><br />Voilà, j’avais envie de consacrer une entrée à effleurer mon nouveau quotidien. Ne vous en faites pas, je ne compte pas en faire une habitude : je suis déjà centriste alors je ne peux pas en plus être déprimant, et je n’ai après tout pas vocation à cristalliser sur ma personne toutes les tares de la Terre.<br /><br />Et d’ailleurs, la prochaine fois (pas dans un mois, promis), je parlerai des nanas de ma fac. Ca devrait être rigolo. Hihi. Les pauvres.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-4504083948770527880?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-29763514871040361482007-02-11T16:03:00.000+01:002007-07-29T16:03:55.744+02:00Allocution pestilentielleNeeviennes, Neeviens, mes très chers compatriotes, bonsoir.<br /><br />Ce soir, mes pensées vont tout d’abord à vous, camarades, qui suivez mes navrantes péripéties depuis désormais quatre années. Je connais et comprends votre souffrance, soyez-en assurés. Mais je vous en conjure, ne perdez pas espoir les amis : je vous promets que je finirai bien par mourir un jour. Je vous exhorte à ne pas perdre courage et à garder la foi. La fin approche. Elle n’est simplement pas pour tout de suite. Hihi.<br /><br />Mais je pense également à tous ceux qui ne me lisent pas et qui n’ont pas la moindre idée de qui je suis. Car n’est pas né - oh ça non ! - celui ou celle qui m’empêchera de m’adresser à quiconque s’empressera de ne pas m’écouter, ni même m’entendre. Cela m’amuse follement, j’ai les hobbies que je veux, et je vous emmerde. A celles et ceux qui ne liront donc pas ce que je vais écrire, je dis salut. Kikoo, même. Parfaitement.<br /><br />Et enfin, je pense à ceux qui ne savent pas lire, lesquels, lorsqu’on voit ce qu’on peut voir dans la presse en ce moment, ne connaissent pas leur chance. C’est à chaque période préélectorale le même cirque : tout le monde ouvre les vannes à conneries, s’emporte inutilement sur des sujets qu’ils ne maîtrisent en rien, s’enfonce dans le grotesque en vomissant des slogans ineptes et vides de sens.<br />C’est, cependant, cette même période préélectorale qui me pousse à adopter ce soir un discours formel et solennel. En tout cas dans son accroche, car franchement, entre nous : faut pas déconner, quand même.<br /><br />Quoiqu’il en soit, Neeviens, Neeviennes, très chers amis, sacrées cochonnes et fieffés sacs à merde (ah, vous voyez ? Formel, mon cul oui), sachez que je vais bien. Je vous ai quittés le 3 janvier dernier sur cette nouvelle atrocement cataclysmique qui voulait que je sois atteint de la sclérose en plaques. Et c’est sans détour que je tiens à vous rassurer : je suis <strong class="spip">toujours</strong> atteint la sclérose en plaques. Je laisse donc le soin à ceux qui craignaient une fausse bonne nouvelle d’appeler leurs proches et de leur signifier que tout va bien, qu’il n’y a aucun problème et que je suis bel et bien plombé.<br /><br />Une question résolument stupide que l’on peut se poser, est « mais, pourquoi ? » N’étant pas la moitié d’un connard, mais bien davantage, j’ai posé ladite question autour de moi. Pour réponses, j’ai obtenu en fonction de l’obédience politique de mon interlocuteur : « C’est la faute des 35 heures », « C’est la faute de Sarkozy », « C’est la faute des étrangers qui ramènent des maladies » et « C’est la faute des super-profits de ces cochons de capitalistes. » Quand je vous disais que tout le monde est devenu complètement malade.<br /><br />Alors je m’isole un peu. Non pas physiquement, je passe d’ailleurs le plus clair de mon temps en dehors de chez moi, mais mentalement. Après une petite période d’abattement début janvier, suite à la-nouvelle-qui-n’en-était-pas-vraiment-une, j’ai repris le dessus. Pour être exact, j’ai, comme je le disais la dernière fois, bien pris la nouvelle, le mardi 2 janvier. Enfin disons que ça allait, je ne me suis pas mis à chouiner en hurlant à l’injustice et en demandant « pourquoi ? » les yeux exorbités. Je n’étais pas non plus abattu. Et je n’ai pas eu de difficultés à m’endormir. Tout au plus souhaitais-je être seul, tout au plus ressentais-je l’urgence de ne parler à personne. Tout au plus l’envie me brûlait de m’immoler par les flammes. Bref, la routine.<br />Le lendemain matin était différent. Je me suis réveillé anxieux de me voir seul comme une merde, perdu au milieu de mon lit deux places. Je me suis ensuite souvenu que la chose était normale, n’ayant personne dans ma vie et vivant de toutes manières toujours chez mes parents. L’anxiété a donc tout naturellement laissé place à un profond dégoût de moi-même et l’irrépressible besoin d’attenter à ma vie en récitant des passages de la Bible.<br /><br />Et puis je me suis dit que je ferais mieux d’aller prendre mon petit dej’ plutôt que de raconter des conneries. Car le deuxième jour, Dieu créa les Miel Pops. Et il vit que c’était bon.<br /><br />Il suivit une période de quelques jours durant lesquels je n’en avais, selon l’expression consacrée, « plus rien à fout’ de rien, d’façons ma vie c’est d’la merde » et pendant lesquels je n’ai effectivement rien foutu, puis une période qui se rapprocherait du « Oh putain neev réveille-toi c’est demain que commencent les exams et t’as pas encore révisé imbécile », période qui bien que tardive me fût moralement salutaire. Je n’ai aujourd’hui pas encore mes notes - c’est d’ailleurs probablement la faute des 35 heures, ça aussi - mais il est fort probable que le résultat soit moyen. Passable, mais moyen. Indigne de mon indescriptible génie, en somme. Boah. On va dire que j’avais des circonstances atténuantes, hein.<br /><br />Je n’ai ensuite pas eu le temps de gamberger, puisque mon emploi du temps du second semestre et encore plus pourri que celui du premier, ce qui au passage explique largement mon absence ici. J’essaierai néanmoins, comme j’avais commencé à le faire avant mon passage à l’hôpital, d’écrire toutes les semaines au moins, faute de quoi je risque de devenir complètement dingue. J’ai un besoin viscéral de cracher quelque haine ordinaire ou coucher quelque idée consternante sur mon journal. Au pire j’écrirai pendant mes cours de Droit. Ouais tiens. Je vais faire ça.<br /><br />Et enfin, me voilà. Essayant de rester debout (je parle au figuré car au propre merci, j’y arrive encore très bien), solide. De ne pas céder un quart de seconde au misérabilisme maladif. J’essaie même de plaire, c’est vous dire !<br /><br />Mais tous les jours, invariablement, je sens cette petite boule oppressante dans mon estomac. Je n’ai pas la moindre idée de ce que je vais devenir. Et je suis mort de trouille.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-2976351487104036148?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-24140890649665876952007-01-02T16:05:00.000+01:002007-07-29T16:06:10.531+02:00Saddam Hu... nan, j’déconne.J’ai une haine farouche envers les périodes de révision. Elles me rendent anxieux et désagréable. Pardon : elles me rendent plus anxieux et désagréable que d’habitude. Je suis déprimé, tout m’apparaît gris. Les rires d’enfants désormais m’agacent. Les femmes ne me plaisent plus. Et nous venons tous de célébrer l’arrivée d’une nouvelle année durant laquelle, pardon de le dire, un certain nombre d’entre nous crèveront comme des merdes.<br /><br />Bonne année. Imbéciles.<br /><br />Personnellement, je n’ai pas fêté grand-chose. A noël, nous avons tous juste fait l’effort de manger plus riche et plus copieux que d’habitude, puis nous avons joué aux dominos. Le tout la télévision allumée, chose insupportable et à fortiori lorsqu’elle passe de vieux épisodes de McGyver, mais comme nous n’avions pas grand-chose à nous dire nous étions tous heureux qu’elle nous soulage du poids d’un lourd silence. Oh, je force le trait, bien entendu, ce n’était pas non plus sinistre ! Nous nous sommes tous efforcés de faire de l’humour durant les parties de dominos, le point culminant de la soirée ayant été le moment ou ma sœur Mana, suite à une défaite, s’est levée de sa chaise pour se resservir de la tarte en déclarant sèchement « Bon, il est où le couteau ? », ce à quoi j’ai répondu d’un air faussement paniqué « Mais Mana non arrête, ce n’est qu’un jeu calme-toi enfin... papa, appelle la police ! »<br />Ca nous a tous beaucoup fait rire, à l’exception de ma mère qui je pense s’est immédiatement remémorée la fois où, alors que j’étais enfoncé au plus profond de ma dépression, je l’ai menacée d’un couteau quelques secondes et sans réellement me rendre compte de ce que j’étais en train de faire. Tandis que Mana était écroulée de rire sur la moquette, que mon père gloussait en s’étouffant de sa part de cake et que j’étais très fier de ma petite réplique comme un gamin qui se drape de gloire en montrant son 10/10 en dictée à ses parents, ma mère, elle, souriait timidement les yeux baissés. Et je me suis revu, enragé un couteau à main. Et ça m’a coupé toute envie de rire.<br /><br />Les blessures émotionnelles sont décidément toujours plus vives, à noël.<br /><br />Comme tous les ans, Ashmé, mon autre sœur, était absente. C’est d’ailleurs tout juste si elle a encore contact avec nous. On se parle assez régulièrement elle et moi. Mana et elle, moins. Et avec les parents, plus du tout depuis des mois. Pour tout dire le reste de la famille s’enquiert de ses nouvelles à travers moi, et ça commence sérieusement à me peser. Il faudrait que je trouve les mots pour dire à Ashmé qu’à 33 ans on doit être capable de prendre sur soi et d’appeler ses parents de temps en temps, surtout lorsqu’on est la mère de leur unique petit-fils. Mais comme je suis un garçon qui manque singulièrement de tact, je crains de la fâcher pour de bon.<br /><br />Les blessures émotionnelles sont décidément... ah, bon sang.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-2414089064966587695?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-27509651345467699542007-01-01T16:06:00.000+01:002007-07-29T16:07:33.595+02:00Mes dernières heures à vivre<p class="spip" align="justify">Très chers amis, je suis en train de vivre mes toutes dernières heures.<br /><br />D’adhérant à l’UMP.<br /><br />Vous avez eu peur hein ? Ah ah. Ouais. Pardon, c’était trop tentant. Mais mettez-vous à ma place, cela fait un an que je suis harcelé par tous les moyens de communication possibles pour participer à des colloques, des séminaires, des soirées en boîte avec des jeunes oumpistes, des meetings de Sarkozy, des votes, des chasses à courre avec des gauchistes dans le rôle du renard, etc. Je vais être enfin libre ! Du moins je l’espère, ces malades étant capables de continuer de m’emmerder. Et d’ailleurs, je ne vois pas pourquoi ils s’arrêteraient de le faire : il paraît qu’il y a des élections vaguement importantes l’an prochain. Ah ! J’enrage à l’idée de la quantité de lettres, de magazines (si si, ils m’envoient des magazines. De propagande, hein, pas France Football) et de messages sur mon répondeur pour m’expliquer qu’il faut absolument que je vienne à tel ou tel événement d’importance supra-capitale , qu’ils comptent vraiment sur moi, que sans moi ce sera la mort et la désolation répandues dans le pays tout entier, qu’ils m’aiment et que la preuve : il y aura même Michel Sardou.<br />Et tout ça à cause des prochaines élections.<br /><br />S’il était encore à démontrer que la démocratie c’est vraiment de la merde en bâton, eh bien voilà, c’est fait.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />Je digresse aujourd’hui sur mes malheurs d’oumpiste qui n’intéressent personne, y compris moi-même, et hier sur les malheurs de Saddam (je ne sais d’ailleurs pas trop ce qui m’a pris, sûrement la saturation de la connerie congénitale des rédactions journalistiques... ah bah oui tiens, ça doit être ça) alors que vous piaffez d’impatience de savoir si, finalement, je suis plombé par la maladie ou non et si je vais devoir m’habituer d’abord marcher avec une canne, puis rouler en fauteuil, puis finir en légume en attendant que ces imbéciles de législateurs autorisent l’euthanasie. C’est ça que vous aimeriez savoir hein ?<br /><br />Eh bien cela nous fait un point commun.<br /><br />Je n’ai pas vu de toubib depuis ma sortie de l’hôpital, ce qui était prévu, sauf en cas de rechute. Mon prochain rendez-vous avec le neuro est dans deux jours et ça tombe vraiment bien : je suis en train de rechuter.<br />Ce n’est pas une grande nouvelle en soi, je le savais que ça allait revenir. Aussi vite, en revanche... Pour l’instant ce n’est pas flagrant, mais ça le deviendra dans les prochaines semaines. Du moins, ça le deviendrait si je n’allais pas commencer un traitement pour limiter les poussées inflammatoires ; un traitement certainement à base de corticoïdes d’ailleurs, et vu la manière dont je les supporte (autrement dit à peu près pas du tout), je sens que je vais m’amuser comme un petit fou.<br />Mais entre nous, tant que je peux continuer de gambader et d’y voir clair, je ne me plains vraiment pas.<br /><br />Bon si, d’accord : c’est vraiment la merde et j’ai envie de crever. J’ai fait un footing tout à l’heure, au bout de quarante minutes je n’arrivais plus à mettre une jambe devant l’autre, même en marchant. Ca a été le chemin de croix pour rentrer chez moi, mais rassurez-vous j’avais prévu le coup : mon père m’accompagnait. Il était tout content que je lui demande de me suivre, mais à ma petite honte, je l’ai surtout fait car je redoutais ce qui est précisément arrivé : que mes jambes me lâchent à quatre kilomètres de chez moi.<br />Ca m’a mis mal à l’aise qu’il assiste à ce spectacle, celui de son fils de vingt-quatre ans autant à l’aise à la marche qu’un bébé de dix mois. Mais imaginez que je sois sorti seul et que je n’ai pu rentrer par mes propres moyens ? Il m’en aurait voulu, il s’en serait voulu, il m’aurait traité d’idiot inconséquent pendant trois mois et le pire, c’est qu’il aurait eu complètement raison.<br /><br />Je ne sais pas si j’ai la sclérose en plaques ou non, et je ne pense pas le savoir avant un petit moment. Mais entre nous, et sans vouloir me faire de films, sans vouloir me porter la poisse ou jouer les Calimessande (la fusion de Cassandre et de Caliméro, également connu sous le nom de Paco Rabane) et sans vouloir inquiéter plus qu’il est nécessaire de le faire... ça ne sent pas très bon pour moi.<br /><br />On verra ce que 2007 me réserve. Et je ne le cache pas : je flippe un peu.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-2750965134546769954?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-49718576828597177992006-12-31T16:08:00.000+01:002007-07-29T16:09:56.047+02:00« Saddam Hussein a été pendu »<p class="spip" align="justify">C’est sur cette phrase, les synapses nageant encore dans le coaltar tandis que je lisais Libé - et Dieu sait s’il faut que je sois fatigué pour lire Libé à jeun [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=143#nb1" name="nh1" class="spip_note" title="[1] Mais il y a pire : lire le Figaro bourré. Ne faîtes pas cela chez vous. Au (...)">1</a>] - que je me suis réveillé ce samedi matin.<br />Et croyez-le ou non : j’ai manqué de vomir.<br /><br />Comprenez-moi bien, je me moque de la vie et de la mort d’Hussein autant que je me moque, à en rendre gorge, des chansons de Vincent Delerm, ou des nouvelles de Renaud, ou de Camille, ou de Zazie, ou de n’importe quel connard qui chante en français, du reste. Ce n’est pas non plus la condamnation à mort, bien qu’y étant farouchement opposé comme toutes les personnes à peu près saines d’esprit, qui a suscité mes haut-le-cœur [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=143#nb2" name="nh2" class="spip_note" title="[2] Si quelqu'un peut me donner le pluriel de ce truc-là, je suis (...)">2</a>] ; après tout lorsqu’on use de méthodes répressives et bellicistes, il faut bien s’attendre à voir son espérance de vie chuter légèrement. C’est comme le chocolat : c’est certes bon, mais il ne faut pas venir pleurer si ensuite on ne rentre plus dans ses jeans taille 42.<br /><br />****** Aparté ******<br /><br />Non je dis juste ça car *je* ne rentre plus dans du 42. Enfin sans ressembler à une spice girl, je veux dire.<br /><br />Putain de noël de merde. Encore une fête de fascistes, tiens.<br /><br />****** Fin de l’aparté ******<br /><br />Que disais-je ? Ah oui, de ne pas s’étonner de se retrouver avec deux balles dans la nuque quand on s’amuse à emprisonner/abattre/gazer des gens, ou à envahir des pays. La chose est pourtant tentante honnêtement, entre nous : qui n’a jamais rêvé d’envahir la Suisse [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=143#nb3" name="nh3" class="spip_note" title="[3] Exemple pris totalement au hasard : j'hésitais entre la Suisse, la (...)">3</a>] (enfin hormis les Suisses eux-mêmes, naturellement, qui eux rêvent d’envahir le Liechtenstein) ? Avec leurs taux d’intérêt ahurissants et leur Martina Hingis en jupette, là, osons le dire : ils excitent tout le monde. Mais même Adolf, qui pourtant semble t-il reste une référence au championnat du monde des ordures, n’a pas osé envahir la Suisse. Bon, peut-être, c’est vrai, je veux bien, c’est possible, que c’était simplement pour pouvoir financer sa petite boucherie dans le reste de l’Europe, d’accord. Mais je suis certain qu’au fond de lui il le savait qu’envahir les autres, c’était mal.<br />Eh oui, c’est mal. Donc Saddam, je ne veux pas dire hein, mais bon, il l’a un peu cherché aussi. Quand même. Si.<br /><br />Je m’interroge cependant sur l’espèce d’hystérie morbide qui tourne autour de cette exécution. Dans un tout autre genre, naturellement, on nous avait fait le coup avec la mort de Jean-Paul II. Battage médiatique absolument monumental organisé à l’avance par ces vautours de journalistes venus se repaître de la charogne encore toute fraîche du défunt. Et il y en a eu d’autres avant lui, Lady Diana, François Mitterrand, etc.<br />Ici, c’est différent. En volume, on en parle modérément. Mais c’est particulièrement - c’est en tout cas mon sentiment - violent et nauséabond. On montre des images de ce vieux monsieur, fatigué, au tout petit matin, drapé dans un manteau noir et une épaisse corde, admirablement nouée d’ailleurs, autour du cou. Pardonnez-moi de trouver cela parfaitement abject, innommable et d’un autre temps. Que la justice Irakienne (mais est-ce bien elle ?) juge nécessaire de le liquider, soit. Je le répète, je suis contre, mais je peux le concevoir. Cependant quel intérêt, quelle légitimité intellectuelle (mais pas seulement) y a-t-il à diffuser largement ces images-là ? J’ai eu l’impression effroyable de me retrouver dans ces romans médiévaux, où la foule vient, les yeux suintant la jouissance, s’exalter du spectacle d’exécutions publiques de tels ou tels marginaux considérés, à tort ou à raison, comme nuisibles.<br /><br />Allez lire les commentaires (en anglais) sur YouTube ou Dailymotion. Certains tiennent le discours que je tiens. D’autres au contraire, ne regrettent qu’une chose : que l’on ne voit pas Hussein se tortiller comme un ver au bout de sa corde. A ceux-là, j’ai envie de répondre qu’ils ne s’en fassent surtout pas. Dans quelques jours, vous les verrez, ces images. Et peut-être même qu’on les aura pour le jour de l’an, et que l’on pourra sabler le Champomy en se masturbant dessus avec frénésie.<br /><br />Une sous-merde est morte, d’accord. Mais on a bien tort de s’en réjouir.<br /><br /></p> <center> <b_ligne> </b_ligne><table cellpadding="1" width="100%"> <tbody><tr> </tr> <tr> </tr> </tbody></table> </center> <div class="Corps-TEXTEprincipal"><p class="spip" align="justify">PS : Demain, de mes nouvelles.</p></div> <hr /> <div><p class="spip_note"> [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=143#nh1" name="nb1" class="spip_note">1</a>] Mais il y a pire : lire le Figaro bourré. Ne faîtes pas cela chez vous. Au boulot, au pire.</p> <p class="spip_note">[<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=143#nh2" name="nb2" class="spip_note">2</a>] Si quelqu’un peut me donner le pluriel de ce truc-là, je suis preneur.</p> <p class="spip_note">[<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=143#nh3" name="nb3" class="spip_note">3</a>] Exemple pris totalement au hasard : j’hésitais entre la Suisse, la Confédération Helvétique et le pays où Johnny Hallyday réside. Et c’est tombé sur la Suisse. Pas de bol. C’est tout. Promis. Je ne suis pas xénophobe. Hihi.</p></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-4971857682859717799?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-17205248108383043112006-12-03T16:10:00.000+01:002007-07-29T16:10:54.189+02:00SursisSalut les gambas.<br /><br />Comme pouvait le laisser penser ma dernière note, j’ai eu un mois de novembre un peu pénible. Je vais tâcher de vous la faire concise, sans trop m’embarquer dans l’insignifiance du détail.<br /><br />J’ai été pris de symptômes inhabituels : vision double, difficultés à marcher, impossibilité de courir, faiblesse musculaire, position debout vacillante, perte de sensibilité dans les jambes en position couchée ou assise, et même pour tout vous dire des difficultés à uriner. J’avais déjà eu certains de ces symptômes, mais sur des durées courtes et surtout jamais simultanément.<br /><br />Je suis donc allé consulter, sachant très bien qu’il s’agissait probablement d’une poussée inflammatoire du système nerveux du même genre de celle qui m’avait valu la névrite optique l’an dernier. Et que, justement, névrite ajoutée aux symptômes décrits plus haut sont assez révélateurs d’une maladie pas marrante du tout qui s’appelle la sclérose en plaques.<br />Le généraliste m’a confirmé la poussée et m’a renvoyé vers le neurologue que je vois depuis l’an dernier, pour un traitement adapté et diagnostiquer l’éventuelle maladie. Nous étions le lundi 13 novembre, le soir de ma dernière note sur ce journal.<br />Le lendemain matin je prenais rendez-vous avec le neuro, non sans chouiner auprès de la secrétaire pour être pris le plus rapidement possible. Elle m’a répondu « jeudi 16 à 11h45 ». C’est beaucoup plus tôt que ce que j’espérais. Content, j’ai pris.<br /><br />Les deux jours qui ont suivi furent interminables. J’ai gambergé comme pas permis, et je me sentais de plus en plus faible sur mes jambes. J’ai continué d’aller en cours et de me taper mes trois heures et demi de trajet. Une galère. Un chemin de croix. Je rentrais le soir atomisé de fatigue.<br /><br />Jeudi matin, je me suis rendu au rendez-vous. Le neuro m’a hospitalisé trois jours pour faire des flashes de corticoïdes, et une IRM de la moelle. Du vendredi 17 au lundi 20, donc. Je pourrais écrire vingt pages sur ce séjour à l’hôpital, mais ce serait à peu près aussi chiant à lire que la partie III du défunt Traité Constitutionnel Européen, alors je dirai simplement que les doses de corticoïdes étaient vingt fois plus fortes que l’an dernier (1 gramme par jour en perfusion contre 50mg l’an dernier) et que j’ai eu un peu de mal à les supporter, et que l’IRM de la moelle à confirmé l’inflammation de la moelle, en plus du reste de mon système nerveux bien sûr.<br />Comme effets secondaires suite à la prise de corticoïdes, j’ai eu les classiques palpitations, chute de tension, éruptions cutanées, douleurs diverses et variées un peu partout, céphalées. Et concernant le résultat de l’IRM, j’ai demandé au neuro son avis sur une éventuelle sclérose en plaques. Il m’a très exactement répondu : « Ecoutez, il est possible que ce soit ça. »<br /><br />« Que ce soit ça » ou non, on va commencer un traitement de fond pour limiter les poussées inflammatoires. Car, « que ce soit ça » ou non, il y aura d’autres poussées. Et en fonction de l’évolution des choses, on saura s’il y a maladie qui se cache derrière. Cool. J’aimerais justement qu’on me le dise *avant* de me retrouver dans un fauteuil roulant, pour que je puisse me faire à l’idée, quoi.<br /><br />Car voilà en gros l’enjeu. Soit ce ne sont simplement que des poussées, comme ça, qui se traitent, soit j’ai une force bénigne d’une maladie plus grave dont on ne peut traiter que les symptômes, soit j’ai une forme dégénérescente de ladite maladie, auquel cas on peut raisonnablement dire que je suis dans la merde. L’avenir me le dira.<br /><br />Deux semaines après ma sortie de l’hôpital, ça va mieux. Les symptômes sont largement calmés, bien qu’encore présents pour quelques uns. J’ai toujours des problèmes avec mes yeux lorsque je regarde sur les cotés, mais c’est surtout le cas lorsque je manque de sommeil. Ce sont surtout les jambes qui me rassurent. Je ne suis pas au sommet de ma forme, mais je peux au moins au marcher vite sans me fatiguer, et courir.<br />Je dois revoir le neuro au plus tard début février, mais on doit normalement me rappeler pour commencer un traitement plus tôt, dès que l’hôpital aura reçu la réponse de mon centre de sécu concernant une prise en charge à 100%. On m’a dit que ça prend généralement un mois. Je rappellerai entre les fêtes, si je n’ai pas de nouvelles.<br /><br />Je m’applique en attendant à relativiser. Tout le monde prend le risque en se levant chaque matin de perdre quelque chose. Ses jambes. Ses bras. La vie. Mon cas ne diffère finalement qu’assez peu de celui des autres.<br />La preuve. Je suis sorti de l’hôpital le 20. J’avais un partiel de maths le lendemain.<br /><br />J’ai eu 16.5/20. Hihi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-1720524810838304311?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-60962568445478505682006-11-14T16:11:00.000+01:002007-07-29T16:11:42.849+02:00La croisée des cheminsCe n’est ni la flemme ni le manque d’envie ou d’histoires qui sont la cause de ces quelques jours de mutisme. Il se passe en ce moment quelquechose de très important (de grave, quoi) et d’encore incertain.<br /><br />Je n’ai pas envie d’en parler pour ne pas me porter la poisse, art dans lequel je vais finir par me croire excellentissime, mais je saurais difficilement parler d’autre chose ce soir. Disons que je saurai bientôt si j’en eu raison ou non de ne pas me jeter sous ce train il y a deux ans.<br /><br />A dans quelques jours pour toute l’histoire.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-6096256844547850568?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-31518848843223007512006-11-12T17:04:00.000+01:002007-07-29T17:05:12.264+02:00Mais qu’est-ce qu’il fout, Godot ?<p class="spip" align="justify">Bonsoir.<br /><br />Je vais tenter ici d’achever les Chroniques de la Couille. Toutes les bonnes sagas ont une fin. Les mauvaises aussi, du reste. <bt><br /><i class="spip">Résumé des épisodes précédents :<br />Alors qu’il était heureux comme un pinson gay, neev fût frappé par la maladie. Tabassé même. En effet, obéissant à son bon vieux principe du « Tu paieras ta minute de bonheur au centuple, mon fils », Dieu foudroya le pauvre jeune homme à l’entrejambe sans crier « GARE ! » ni même « AÉROPORT ! » et encore moins « STATION D’MÉTRO ! » Queud’. Ce faisant, neev fût du jour au lendemain privé de tout. D’amour, alors qu’il avait retrouvé les joies d’aimer et d’être aimé, et ce en dépit des blessures du passé. De vie, car contraint de rester immobile dans son lit doté d’un vieux matelas de 25 ans d’âge. De joies, car désespérément seul et désoeuvré. Bouh. L’oisiveté étant maman de tous les vices, neev retomba dans un de ses vieux travers : le pari sportif. Pire encore, le pari sportif sur des matches de foot de seconde division tchèque. Ah bah ouais, quand on est vicieux, on est vicieux.<br />Après avoir perdu la somme astronomique de huit euros sur ce championnat de pays de bouffeurs de patates de merde, le jeune homme s’est dit qu’il faudrait peut-être arrêter les conneries ; aussi fit-il la demande expresse au site de la Française des Jeux de le bannir avant d’être complètement ruiné.<br />Au niveau santé, c’est Tchernobyl. De complications en complications, le jeune éphèbe (si, si) passa sur le billard dénué de boules, histoire de tenter de récupérer les siennes. Le chirurgien, zélé, entreprit de creuser une galerie dans le testicule gauche, sans doute pour y faire passer une nouvelle ligne de RER, je ne sais pas. Toujours est-il qu’au final, le valeureux neev avec une bourse gauche en zone sinistrée, mais heureusement guérie (je crois.)</i><br /><br /><i class="spip">Seul, ruiné, mais guéri.<br /></i><br />Je suis allé chez le chir’, hier. Dernière visite. Ca cicatrise bien, il n’y a qu’un problème de bourgeonnement de peau à régler. Le bourgeon, situé à l’endroit de la plaie, a la forme et la consistance d’un clitoris. Je dois le masser matin et soir à la pommade pour le faire disparaître ; j’aime autant vous dire que lorsque je me retrouve jambes écartées à titiller mon bourgeon avec la pulpe du majeur, je me sens particulièrement femme. Bref.<br /><br />L’heureuse nouvelle, c’est que selon lui les résultats des tests sont clean. Normalement, j’en ai donc terminé... enfin. Il ne me restera qu’à faire un spermogramme quand je le sentirai, histoire de constater l’étendue des dégâts sur ma fécondité. Je verrai les modalités avec le généraliste. J’aimerais me concentrer sur autre chose, pour changer. D’autant que je commence à en rêver, la nuit.<br /><br />J’ai débuté les études il y a deux semaines. L1 d’Eco-gestion. Je crois que je m’y plais, ça va. J’y mets de la volonté en tout cas. J’y reviendrai à l’avenir.<br /><br />J’essaie d’arrêter les antidépresseurs. Depuis 15 jours, en gros. Je diminue graduellement les doses, après avoir un peu déconné au début (j’ai vite compris ma douleur.) A la fin du mois, même sûrement avant, j’en serai débarrassé. Ces trucs me fatiguent. On verra comment ça se passe sans, si c’est trop tôt, je prolongerai un peu.<br /><br />Ainsi s’achève la partie chiante. Je déteste donner de mes nouvelles.<br /><br />************<br /><br />Place à la gaudriole et à la saucisse-frite. J’ai découvert un truc rigolo récemment. Ca doit exister depuis 25 ans au moins mais je suis toujours le dernier averti de la sortie de nouveaux gadgets. Voilà, j’ai fait la <a href="http://frappr.com/deneevrance" class="spip_out">Carte des lecteurs de Déneevrance, ici</a> ! Mais pour qu’elle soit le plus complète possible, il faut que vous alliez vous y ajouter. C’est très facile, rapide et il n’est aucunement besoin de s’inscrire. Ecrivez juste votre nom/pseudo, votre ville, et un petit mot (dîtes-moi que vous m’aimez ou que vous rêvez de me peler la chair au cutter, ça m’indiffère.) Je vous conseille de visionner la carte avec l’option « satellite », ça reprend les clichés de Google Earth (que tout le monde connaît désormais), c’est chouette. On peut zoomer, dézoomer, se balader partout sur Terre. Je suis curieux de savoir sur combien de continents on me lit, tiens.<br /><br />Si on me lit sur moins de 15 (quinze) continents, j’arrête ce journal. Vous vous démerdez.<br /><br />Autrement, l’Evoluton Neevienne continue sa marche vers le trépas. Voici où j’en suis en ce moment (ajout de la 4e image par rapport à l’autre fois) :<br /><br /></bt></p><p align="center"><img src="http://deneevrance.com/IMG/evo23.jpg" style="border-width: 0px;" alt="" align="middle" height="511" width="580" /></p><br /><br />Avez-vous remarqué ? Je change de couleur de cliché en cliché ! Je suis une affiche Benetton à moi tout seul ! J’ai cherché les raisons de ces changements de pigmentation icono-picto-numérique : la luminosité ? La température ? Le soleil ? La santé ? Ah ! non. Le talent. Pur. Cristallin.<br /><br />Ou alors peut-être est-ce parce que les Photomatons c’est de la merde en barre en vendue par paquets de trois pour le prix de deux.<br /><br />Toujours est-il que l’on remarque un net changement entre 22 et 23 ans. J’ai pris du poids. Et je me suis mis à l’alcool, ce qui explique le teint rosé. Un alcoolique obèse, voilà ce que je suis devenu. Criblé de dettes de jeux. Mitraillé par la maladie. Seul. Abandonné. A l’article de la mort. J’ai déjà réservé un encart dans la rubrique « carnet » du Monde pour y annoncer mon décès et ce grâce aux quelques pièces que mon vice du jeu a bien voulu épargner.<br /><br />C’est la shit. C’est la très grande shit. C’est la shittance extrême qui s’abat sur moi. Je me sens soudainement très shité.<br /><br />(D’accord, j’arrête.)<br /><br /> ************<br /><br />Pour finir, hier matin mon père regardait un débat politique sur la télévision espagnole. Sans doute une rediffusion. J’étais dans ma chambre, mais il met la télé si fort que j’ai droit à un diffus bruit de fond :<br />« Blabloblo ... cataluña ... gnignagnoblabla ... importante ... blablablognégné ... democracia ... gnignignagnu ... real madrid ... foutchoufoutchoufoutchgneugneu ... puta madre de mierda ... gnagnignatactactac ... »<br />Ponctué de temps en temps des réactions viscérales du pater :<br />« Blabloblo ... BRAVO ! CLAP CLAP CLAP ... gnignagnoblabla ... FASCISTE ! ... blablablognégné ... democracia ... gnignignagnu ... CONNARD ! ... »<br /><br />C’est officiel, je sais de qui je tiens mon vocabulaire.<br /><br /> <center> <b_ligne> </b_ligne><table cellpadding="1" width="100%"> <tbody><tr> </tr> <tr> </tr> </tbody></table> </center> <div class="Corps-TEXTEprincipal"><p class="spip" align="justify">PS : et allez vous signaler sur ma carte, sinon je tue un castor.</p></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-3151884884322300751?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-15322330857116251942006-11-05T16:12:00.000+01:002007-07-29T16:14:06.221+02:00Autodestruction<p class="spip" align="justify">De toute l’Histoire de la connerie incarnée, cet homme est le plus grand. Il en est l’archétype, taillé à l’échoppe divine et directement dans les métaux lourds de la débilité congénitale ; le vide d’esprit de ce chantre de l’idiotie égale la pureté des cristaux les plus précieux et certains racontent même que, lorsque le troisième jour Dieu créa les montagnes, les arbres, les pâquerettes et toutes ces conneries, il fit couler dans les veines de cet Etre né avant tous les autres un sang unique - dont il tient sans doute la recette de sa grand-mère - l’empêchant de contaminer le reste de l’espèce humaine par sa progéniture. Et que cela relève du mythe ou non importe fort peu, puisque de toutes manières les femmes refusent systématiquement de lui accorder leurs faveurs et vont jusqu’à s’immoler par les flammes à sa simple vue. Cet homme est une merde. Cet homme existe.<br />Je suis cet homme.<br /><br />Et vous avouerez que jusque là je n’ai pas de bol.<br /><br />Je vous vois déjà, pauvres lapins choupinous que vous êtes, bondir sur votre messagerie et me rédiger un e-mail de vos petits doigts pour m’assurer que « non neev », que « ce n’est pas vrai », que je suis « trop dur avec moi-même », que je suis « quelqu’un de formidable et d’exceptionnel », même si « un peu raciste sur les bords », « misogyne », « cannibale », et surtout « usant si maladroitement des guillemets qu’on croirait lire une dépêche AFP. »<br />Et c’est très prévenant de votre part. Mais c’est inutile. D’ailleurs lorsque vous aurez lu le récit de ce qui me vaut cette haine féroce contre ma propre personne (plutôt le script que le récit, du reste, car je n’ai vraiment pas le cœur de mettre la chose en forme), vous serez tous pris collectivement par le même tourment, le même dilemme : dois-je mettre un contrat sur la gueule de ce type, le dénoncer à la police, ou simplement m’évanouir devant l’immensité des champs de connerie qu’il cultive ?<br /><br />Bref. Voici ledit script.<br /><br />La scène se passe, une fois de plus, dans les transports en commun. A ce sujet, le fait que ces temps-ci toutes mes entrées relatent des saynètes de RER souligne cruellement le vide absolu de mon quotidien et notamment de ma vie privée, ce qui à vrai dire ajoute davantage à la détestation de moi-même dont je souffre... et ça m’apprendra à digresser, tiens.<br />RER, disais-je. Ah oui. Je me rendais au cinéma. Je précise pour les plus barrés d’entre vous qui souhaiteraient sportivement me péter la gueule, ou plus sobrement m’assassiner, que vous avez toutes les chances de me croiser à la séance de 9h les mercredis et les samedis à l’UGC Cinécité des Halles, niveau -3. A Paris, hein. Voici d’ailleurs ma photo pour être bien certain que vous ne me ratiez pas :<br /><br /></p><p align="center"><img src="http://deneevrance.com/IMG/phoneev.jpg" style="border-width: 0px;" alt="" align="middle" height="252" width="600" /></p><br /><br />J’aime ce cliché - que beaucoup ont déjà vu - car 1/ j’y suis pour la petite histoire obnubilé par le décolleté de la fille assise en face de moi, 2/ j’ai l’air parfaitement crétin, 3/ on pourrait presque croire que je suis mignon alors qu’en réalité j’ai une gueule pas possible, et enfin, pour revenir à ce que je disais, 4/ je pointe de mon doigt l’endroit idéal pour me loger une balle. Si possible à bout portant, pour ne pas me manquer. Je dis ça sans vous commander hein, c’est juste que ça rendrait tant service à la communauté, que... Bon.<br /><br />Ne m’en voulez pas, c’est la honte qui me fait changer de sujet.<br /><br />RER, cinéma. J’avais pour ma maigre défense très peu dormi la nuit précédente, la faute à un cauchemar récurrent qui fera l’objet d’une future entrée, n’ayant déjà que trop digressé. Mon baladeur pépétrois me crachait un titre d’un de ces groupes de jeunes malades qui jouent de la musique très vite et très fort, bref un de ceux dont j’ai le goût et dont j’ai suffisamment parlé ici même dans le passé.<br /><br />...<br /><br />Mais comme je rechigne vraiment à vous raconter ce que j’ai fait, je vais vous en parler quand même, hihi : alors le groupe de tarés nous vient de Suède et s’appelle Wintersun, et de l’album du même nom je tire et vous offre les <a href="http://deneevrance.com/starchild.mp3" class="spip_out">trente premières secondes de la chanson intitulée Starchild</a> (click droit, enregistrer sous.) Les paroles parlent d’un enfant venu de l’espace pour manger les humains avec une sauce curry. Du moins je crois, parce qu’avec l’accent suédois on ne comprend pas grand-chose à ce que le type braille. Et de toutes manières on s’en fout, l’intérêt du titre étant le batteur qui MASSACRE sa double-pédale comme s’il avait Patrick Devedjian sous ses pieds (bombombombombombombom...) et bien entendu la ligne de gratte parfaitement jouissive (ouingouindinouiiing ouing dididin ouiinng !)<br /><br />Non ? Bon, de toute évidence vous ne comprenez rien à la musique alors je vais continuer mon histoire honteuse, que j’aille me foutre en l’air et qu’on en finisse.<br /><br />Où en étais-je ? Vous êtes chiants à m’interrompre, à la fin. Ah ouais, RER, cinéma, fatigué, et musique à se cogner contre les murs dans les oreilles. On a bien avancé, mine de rien.<br />Le train était coquettement rempli. Pas bondé, certes, mais tous les sièges étaient soigneusement toastés par les miches de quelqu’un. Dont les miennes.<br />Je suis assis sur un des sièges isolés, ceux sans voisins, avec simplement une vieille dame en face de moi. Une femme assez corpulente fait alors son apparition dans le champ. J’ouvre les yeux pour lui jeter un vague regard, et referme les yeux pour finir ma nuit la tronche écrasée contre la vitre embuée. Derrière le maelstrom sonore qui sort de mes écouteurs, j’entends la vieille dame maugréer quelque chose. Et la femme restée debout, de lui répondre d’un ton décidé. J’ouvre un œil pour m’assurer de ce qui se passe, et trouve le regard des deux femmes posés sur ma pomme. L’air mauvais, avec ça.<br /><br /><strong class="spip">Moi :</strong> Oui ? Que se passe-t-il ?<br /><strong class="spip">La dame âgée :</strong> Eh bien, jeune homme ! N’avez-vous aucune éducation ?<br /><strong class="spip">Moi :</strong> Je vous demande pardon ?<br /><strong class="spip">La femme :</strong> Oh écoutez hein, laissez-moi m’asseoir !<br /><strong class="spip">Moi, pour une fois très décidé à ne pas me laisser marcher dessus :</strong> Bien sûr Madame, et en quel honneur je vous prie ? Allez, allez voir ailleurs si j’y suis, et vous seriez bien inspirée de parler aux gens sur un autre ton.<br /><strong class="spip">La femme, outrée :</strong> Mais vous ne voyez pas que je suis enceinte ?!<br /><strong class="spip">Moi :</strong> ... Oh.<br />Je regarde son ventre, difficile d’y distinguer quoique ce soit sous la couche de graisse et celle de son gros blouson vert. Mon regard se tourne alors vers la vieille dame qui, comme si elle venait subitement de comprendre ma méprise, me plaint de ses yeux imbibés de pitié.<br /><br /><strong class="spip">Moi, sans réfléchir à l’énormité que j’allais prononcer :</strong> Ah, heu... Pardon, je n’avais pas réalisé en fait, j’ai juste cru que...<br /><strong class="spip">La femme :</strong> Oui, quoi ?<br /><strong class="spip">Moi :</strong> Rien, rien.<br /><strong class="spip">La femme, jubilant :</strong> Ben si, allez-y maintenant, qu’est-ce qu’il croyait le jeune homme ?!<br /><strong class="spip">Moi, franchement irrité :</strong> Ben rien, je vous ai juste cru grosse, quoi.<br /><br />Et là, TOUT, mais TOUT le wagon se mit à pouffer de rire discrètement. Je ne m’étais pas du tout aperçu que tout le monde nous regardait. Je devins rouge de honte, mais je vis vite que leurs regards n’étaient pas tournés vers moi, mais pire : vers elle. Ce n’était pas de moi dont ils se foutaient, je ne l’aurais d’ailleurs pas complètement volé, mais d’elle.<br />Je l’ai alors regardée, alors qu’elle prenait place de celle qui était mienne. Son visage était démonté, je n’avais jamais vu un visage ressembler autant à un puzzle. Elle était visiblement au bord des larmes. Les gens avaient cessé de ricaner mais elle demeurait tétanisée comme si elle venait de prendre une bonne gifle. Je me sentais réellement mal pour elle, et honteux d’être à l’origine de son humiliation.<br /><br />Je me suis penché vers elle pour lui glisser doucement à l’oreille :<br /><br /><strong class="spip">Moi :</strong> Je vous promets que ce n’était pas voulu, ne vous laissez pas atteindre par...<br /><strong class="spip">Elle, luttant pour ne pas pleurer :</strong> Fichez-moi la paix, allez vous-en.<br /><strong class="spip">Moi, après un silence :</strong> Comme vous voudrez, encore pardon.<br /><br />Et j’ai changé de wagon.<br /><br />Je me suis assis sur les marches menant à l’étage et ai posé mon front dans la paume de ma main droite. Je me suis laissé envahir par le sentiment d’humiliation que cette femme à dû ressentir. Comme pour me punir, je devais me mettre à sa place. Et je n’ai pas pu empêcher les larmes de couler. Je revoyais ce visage passer de la mauvaise fierté à la décomposition méthodique ; c’est morceau par morceau que son expression tombait en ruines et laissait place à, putain mais j’en suis sûr, des souvenirs de brimades et de railleries.<br />C’était parfaitement injuste.<br /><br />Cette femme ne m’était pas sympathique - elle me faisait d’ailleurs physiquement furieusement penser à Marine Le Pen avant son stage commando chez Weight Watchers, c’est vous dire si à priori elle ne m’inspirait pas que la joie de vivre - et par son ton et ses manières elle a autant cherché le conflit que moi, mais elle ne méritait pas ça. Ce qui me rend dingue, c’est comment à partir d’un banal non-événement quelqu’un s’est senti ridiculisé dans le regard des autres, publiquement et injustement. Et par ma faute. J’ai ruiné la semaine de cette pauvre femme, si ça se trouve.<br /><br />...<br /><br /><br />Je vais devoir retourner chez le psy, à cause de cette conne. Et avec le bol que j’ai, je la croiserai dans la salle d’attente.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-1532233085711625194?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-37834947955365984622006-11-01T16:14:00.000+01:002007-07-29T16:15:04.173+02:00Jusqu’à ce que la mort nous rassemble<i class="spip">Avant-propos : Suite à une "plainte" reçue et me soupçonnant de choses abjectes dans la première phrase du texte qui suit, je préfère tout de suite désamorcer toute polémique éventuelle : il ne faut voir strictement aucune allusion ethnique dans ladite phrase. J’avoue d’ailleurs me sentir particulièrement insulté qu’on puisse penser le contraire.<br />Bon sang, on vit vraiment une époque de merde.</i><br /><br /><br />***<br /><br />Les transports en commun sont, lorsqu’ils ne sont pas incendiés par des macaques en survêtement et qui se prennent pour des hommes, des endroits merveilleux.<br /><br />Tous ces gens qui n’ont en toute rigueur rien en commun, et pourtant contraints à une très désagréable promiscuité dans un bruit et parfois une puanteur générale, personnellement, je trouve cela fascinant. Les sans-abri qui importunent les cadres tirés à quatre épingles, les plébéiens qui se toisent et se jalousent entre eux. Je prends tous les matins un plaisir sans bornes à observer, étudier, disséquer tous ces gens et leur petite gueule de merde.<br /><br />Je ne compte plus les fois où, alors assis sur mon siège et fantasmant sur leurs morts toutes plus atroces les unes que les autres, j’ai manqué d’éjaculer dans mon jean.<br /><br />Mais il existe des exceptions, certains arrivent à vous décrocher des sourires autres qu’ironiques. Ce fût le cas il y a quelques jours. J’étais dans le train du retour, debout dans le vestibule. De mémoire, je le partageais avec trois adolescentes, deux moulées dans un parfait accoutrement de pétasses et une qui leur servait clairement de faire-valoir. Dieu sait si elles en avaient besoin, n’existant rien de plus laid qu’une ado qui se croit belle.<br />S’ajoutant à nous quatre, un molosse de deux mètres en mocassins, un type en costume tout froissé, un troisième un peu gras et rougeaud, quelques autres gens insignifiants dans mon genre, et enfin un jeune couple.<br /><br />Un joli couple, je dois dire. La fille avait une peau noire et toute lisse, de magnifiques traits, des cheveux bouclés qui dégageaient une gorge délicate. Il y avait là facilement de quoi tomber amoureux. Et son compagnon n’était en toute franchise pas mal non plus. Bien bâti mais élancé, très sensuel. Ses gestes avaient quelque chose de souple et de doux, je comprenais tout à fait le charme que son amie pouvait lui trouver.<br /><br />J’ai passé une ou deux minutes à les observer, vaguement, et à les écouter, beaucoup. Je ne saisissais pas la moitié de la teneur de leurs propos, tant ils gloussaient comme des abrutis sur ce que j’imaginais être des private jokes. Mais j’ai vite compris de quoi il retournait lorsque la fille sortit son téléphone portable. J’étais quasiment collé à eux, nous étions agglutinés autour de la barre verticale au milieu du vestibule et ne pouvais rien manquer de ce qu’elle montrait à son ami. C’est à dire des photos, notamment une sur laquelle on distinguait très clairement le visage du gars enfoncé assez profondément dans l’entrejambe nu de, j’imagine, la demoiselle.<br /><br />Ce sont des trucs de petits cochons, quand même.<br /><br />Je sais que mes yeux se sont aussitôt écarquillés d’amusement et que j’ai regardé ailleurs... pour tomber nez à nez sur les yeux de la nana. Sans tourner la tête, mes yeux partirent dans le coin gauche pour trouver le regard du type. Qui me regardait aussi. Je leur ai fait un gros sourire en disait « Hihi, pardon je n’ai pas fait exprès » d’un air malicieux. Ca a fait rire la fille, mais pas le mec qui continua de me regarder d’un air renfrogné. J’ai ajouté sans réfléchir « Bon d’accord, je suis un gros curieux, t’as gagné. » Et ca, ça les a beaucoup fait rire tous les deux.<br /><br />L’homme m’a amicalement passé une main sur l’épaule en continuant de rire, et m’a demandé ce qu’ « artistiquement » je pensais des clichés pris par la demoiselle, laquelle était toute gênée mais en même temps très amusée. Ce à quoi je répondis d’un ton faussement sérieux qu’il y avait « incontestablement du talent et qu’il fallait continuer le travail en profondeur ». Malgré la lourdeur de ma réplique - j’ai été un peu pris au dépourvu, hein - les deux ont continué de glousser de bon cœur, la fille en avait même les larmes aux yeux et ne pouvait plus s’arrêter. J’ai serré la main tendue du type, l’ai gratifié d’une tape dans le dos et suis allé m’asseoir sans me faire prier sur un siège laissé vacant par une grosse dame.<br /><br />Fioute. C’était ce qui s’appelle une situation gênante. Pour un peu ils me montraient toute leur collection. C’est écrit sur ma gueule que je suis en manque, ou quoi ?<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-3783494795536598462?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-31099005589242122422006-10-29T16:15:00.000+01:002007-07-29T16:16:02.845+02:00Voyage en empiriee ne vous l’ai pas dit et il est d’ailleurs assez révélateur de ne pas l’avoir fait, mais mon père est rentré d’Espagne il y a, heu, un mois. Hihi. Oui.<br /><br />J’appréhendais un peu son retour et il y avait de quoi. Ma mère et lui ont passé le mois de septembre à s’arroser mutuellement de napalm par téléphone, et ce sans que ça leur coûte un radis car grâce à la technologie, maintenant vous pouvez insulter votre famille à l’œil, depuis l’étranger. Je trouve ça formidable. Mais d’avantage que d’insultes, il s’agissait surtout d’accusations lamentables, de vides et sordides menaces et de hurlements sans très grand sens pour l’être humain doué d’intelligence normale mais très explicite pour tous les canidés qui, eux, détectent aisément les ultrasons.<br /><br />Sans trop entrer dans les détails d’autant plus que j’ai déjà évoqué leur bisbille, ma mère soupçonne mon père de vouloir la déposséder d’un bien immobilier situé dans leur village natal en Espagne, sachant qu’elle ne s’y est pas rendue depuis sept ou huit ans et que mon père est le seul à s’en occuper, y compris financièrement. Et bien sûr ils s’en servent comme point de départ à tout un déballage de saloperies et de médisances chacun dans leur coin. Ma mère par exemple a passé l’été à essayer de me monter la tête contre mon père, après s’être montée la tête toute seule comme une grande. Elle est venue me raconter que mon père battait mon grand-père, sous l’emprise de l’alcool. Que le côté paternel de la famille avait dans le temps traité le côté maternel comme des sous-hommes, véritablement. Qu’à tel ou tel mariage (auquel ma mère n’était pas conviée) la sœur de mon père hurlait à son frère comme une hystérique : « la maisoOOooOOoon, n’oublie pas la maisoOOooOOn, il vont te la vooOoOOoler... »<br />Bref, des conneries sans doute basées sur un vague fond de vérité - ce qui se trouve entre les oreilles de mon père et celles de sa famille se rapprochant fortement du contenu d’un furoncle d’adolescente - mais si grossières et outrancières qu’il m’a fallu beaucoup de sang-froid pour me retenir de fendre ma mère en deux avec un sabre.<br /><br />Sérieusement : elle est même allée dire à ma sœur Mana que son (notre) père raconte à droite et à gauche qu’il n’est justement pas son géniteur. Vous avez maintenant une idée du genre de choses que ma mère est capable de dire. Et ce qui me fait le plus rire, c’est que ma sœur l’ait crue ; je veux dire qu’elle ait vraiment cru que mon père puisse dire à tout le monde que son épouse l’a cocufié. Fier comme il est, imaginer un tel truc relève du délire de clubbeur sous acide. Et l’autre, qui la croit. J’ai vraiment une famille de merde, heureusement que je la méprise autant, sinon je crois que je deviendrais comme eux (je plaisante. Malheureusement.)<br />Il est en revanche peut-être vrai que Mana soit la fille d’un autre homme, après tout elle ne nous ressemble en rien à mon autre sœur Ashmé et à moi-même, et surtout si j’avais été comme ma mère 1/ mariée à un trou de balle pareil, 2/ franchement belle et 3/ en 1969, je me serais tapé tout ce qui bouge sans l’ombre d’une moitié de remord.<br /><br />Pour en revenir à ce que je disais au début, c’est non sans appréhension que j’ai attendu le retour prévu de mon père. A vrai dire, je me préparais même à devoir à un moment ou à un autre devoir aller déposer une plainte chez les flics pour tel ou tel motif : abandon de domicile, coups et blessures, grattage de couille intempestif, peu importe tant que ça permette de pacifier, même par la menace.<br /><br />Eh bah putain. Je n’aurai pas pu me planter davantage.<br /><br />Il est arrivé un jeudi. Le 5 octobre du reste, si mon calendrier ne me raconte pas de conneries. J’ai serré les fesses toute la soirée en attendant le clash. Rien. Si, il y eut bien une petite explication, échangée sur un ton acceptable. Un peu à l’image du débat d’entre-deux tours 1995 entre Chirac et Jospin, où au bout d’une heure nous étions tous là à nous demander s’ils n’allaient pas finir à poil et se rouler des pelles.<br /><br />Mmm. Précisément.<br /><br />Car le lendemain, tandis que je rentrais d’une journée de cours durant laquelle je n’eus de cesse de penser auquel des deux égorgerait l’autre en hurlant <i class="spip">allah ackbar</i>, j’eus l’effroyable spectacle, que dis-je, le goût dégueulasse d’une atmosphère apaisée à la maison. Des sourires aux lèvres. Des bons petits plats. La chaîne HI-FI du salon pour une fois calée sur autre chose que de l’insupportable musique latino. J’avais affaire, à mon retour, à des gens normaux. Pire : agréables.<br /><br />Je crois que mes parents sont des néo-nazis borderline.<br /><br />Mais le pire, le paroxysme de l’horreur, le zénith de l’épouvantable fût ce qui suivit. Alors que j’étais sagement dans ma chambre occupé à lire un bilan de l’économie française pour l’année 2005 comme un bon fils (de néo-nazis borderline), j’entendis mon père, 60 ans, frapper à la porte de la salle de bain dans laquelle ma mère était affairée à prendre sa douche. Le cliquetis caractéristique du loquet retentit tandis que ma mère, 62 ans, pria dans une voix mal feinte de vite refermer la porte car, voyez-vous, il fait froid mine de rien.<br /><br />« Meuh nooooon, ils ne vont pas le faire... » vous dîtes-vous d’un air blasé et teinté d’incrédulité ? Je me suis dit exactement la même chose. Et ça fait de nous un tas de bons gros naïfs de merde. Tous autant que nous sommes.<br /><br />Car non seulement ils ont baisé, mais en plus il lui a mis le tarif, si vous me permettez d’être grivois. Je le sais fort bien car, voyez-vous, j’ai tout entendu. Et en tenant compte d’un petit détail qui est que le réseau d’eau chaude passe dans toutes les salles de bains de l’immeuble et ce dans des tuyaux qui font d’ex-cel-lents conducteurs sonores, si vous voulez mon avis, je suis loin d’être le seul.<br />C’est donc ainsi que j’ai « assisté » aux ébats parfaitement scandaleux d’un homme et d’une femme qui, non contents d’avoir cent vingt-deux ans à eux d’eux - soit l’âge auquel Madame Jeanne Calment est MORTE -, se trouvent en plus être mes parents.<br /><br />Et après avoir préalablement écarté l’idée de me tailler les veines puis celle de me noyer dans mon propre vomi, je me suis préparé un cocktail atomique à base d’alcool et d’anxiolytiques, pour oublier.<br /><br />...<br /><br />Bon ok, c’était un quart de Lexomil et une bière. Mais faut pas m’en vouloir, je n’ai jamais su m’amuser. Putain mais c’est MOI qui devrait tringler dans les salles de bain !<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-3109900558924212242?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-54732251344160923202006-10-25T16:16:00.000+02:002007-07-29T16:18:15.224+02:00La vilenie d’être jeune<p class="spip" align="justify">Vous souvenez-vous de la blonde aux yeux verts qui me sourit tout le temps et qui fait sa grande timide quand elle me parle ? Oui ? Eh bien elle a un copain. Il faudrait qu’on explique aux femmes qu’il faudrait qu’elles arrêtent de se rendre désirables aux autres lorsqu’elles se retirent du marché, parce que ça énerve.<br />Notre chargé de TD (vous savez, les gens sous amphétamines, là) de maths l’a envoyée au tableau étudier une suite récurrente pas méchante. Elle ne comprenait visiblement rien à ce qu’elle faisait, et y a passé un long moment de solitude. Elle rougissait, souriait benoîtement, feignait de comprendre ce qu’on lui racontait. Sa petite voix. Son jean bleu serré et son haut jaune trop petit. Mes yeux décrivaient un mouvement de va et vient entre sa poitrine frétillante et l’arme de destruction massive qui lui sert de sourire. Le soleil irradiait la classe, la chaleur était écrasante. Au loin, une licorne se désaltérait de l’eau de l’étang, et... Enfin bref, elle était craquante. Mais mademoiselle a un copain. Exprès pour m’emmerder, je suis sûr.<br />Il y en a une autre à qui je plais bien, on me l’a d’ailleurs confirmé. Mais toujours le même problème, trop jeune, aucun intérêt. Des fesses, certes de rêve, mais trop jeunes. Et lorsque l’âge convient, ce sont leurs manières ou leur mentalité qui m’insupportent.<br /><br />Cette fac commence à me casser les couilles. Je vais finir sur meetic, moi, si ça continue.<br /><br />Et puisque j’en suis à parler de l’âge, la différence est parfois assez violente. Par exemple, dans le petit groupe que je fréquente, composé au demeurant de jeunes gens très sympathiques, il ne se passe pas une journée sans que quelqu’un fasse une blague ayant rapport de près ou de loin avec la branlette. Tous. Les. Jours.<br /><br />C’est. Très. Lourd.<br /><br />Leurs discussions sont aussi souvent très matérialistes. Ils parleront de leur voiture quasi quotidiennement. Ils ont tous 19 ans et ont tous leur voiture personnelle, parfois d’occasion mais le plus souvent neuve. Je peux facilement comprendre qu’ils en parlent... vu qu’ils ont tous ça en commun.<br /><br />Ou encore, leurs petits copains. Ils se font arranger leurs coups par un tiers qui sert d’entremetteur, exactement comme au collège. Et ils se retrouvent avec quelqu’un par défaut. Sans séduction, ni rien. Ca faisait tellement longtemps que je n’avais pas vu ce genre de procédé que je m’en me suis trouvé ahuri.<br /><br />Autant vous dire que je me sens parfois un peu étranger à leur petit monde. A tort ou à raison, ou plutôt devrais-je dire à tort et à raison.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />Il y a une publicité qui m’agace un peu. Je regarde la télévision une heure par semaine à tout casser, aussi ai-je tout juste eu le temps d’appuyer sur ma barre d’espace pour faire une capture d’écran et illustrer le propos que je vais tenir maintenant.<br /><br />Il s’agit d’une publicité pour LCL, anciennement Crédit Lyonnais. Elle met en scène un troupeau de jeunes étudiants auxquels une voix off balance la litanie de prétendus avantages que la banque leur offre. Voilà le troupeau de jeunes en question :<br /><br /><p align="center"><img src="http://deneevrance.com/IMG/LCL-2.jpg" style="border-width: 0px;" alt="" align="middle" height="450" width="600" /></p><br /><br />Passons le fait qu’ils ont tous l’air parfaitement crétin, que remarquons-nous ? 17 personnes, 17 blancs. Hormis un vaguement basané, pour l’anecdote. Faudrait que les gens de la communication chez LCL viennent dans un amphi, pour voir si le ratio 16 contre 1 est un ratio bien raisonnable. A moins bien entendu que LCL ne s’adresse qu’aux gens peuplant les Grandes Ecoles, auquel cas je crains fort que leur cible marketing ne soit quelque peu... étriquée. Il serait si ballot de perdre des parts de marché sur l’oubli malencontreux d’un bon quart de la jeunesse d’un pays. On fustigeait les émissions de télé-réalité et leur casting clientéliste et politiquement correct, mais au moins on était suffisamment intelligents pour justement en tenir compte, des réalités.<br /><br />Oh, et puis quelle importance. Je suis à la Caisse d’Epargne de toutes façons.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-5473225134416092320?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-67716558280647432062006-10-22T16:18:00.000+02:002007-07-29T16:19:16.695+02:00Watch the children pray<p class="spip" align="justify">Salut les baltringues génétiquement modifiées, encore une semaine à caner un pitbull sociopathe de passée. Tenez, je vais vous donner un condensé de mon emploi du temps, ce sera toujours plus éloquent que mes insupportables figures de style :<br /><br />(<i class="spip">Jour de la semaine : Heure de lever -> Heure à laquelle je rentre chez moi.</i>)<br /><br />Lundi : 5h30 -> 18h30<br />Commentaire : Le jour de merde par excellence, avec en guise de bouquet final un cours imbitable de trois heures de « sociologique économique », sujet qui se pourrait absolument passionnant s’il n’était pas traité par une quadra maniaco-dépressive qui s’emploie à improviser des phrases très élaborées qu’elle ne termine même pas. Exemple : « C’est au 16e siècle qu’apparut... hum... véritablement la séparation, ou serait-il plus exact de dire l’amorce de la séparation qualitative entre... ah oui, je ne vous ai pas dit que... heu, comme dire... en fait avant cette période régnait un climat de défiance entre les différents acteurs de la pensée économique, pas tant au niveau de la théorie pure qu’au niveau sociétal, ce... hum... inévitablement, le schisme, la séparation entre économistes et sociologues - enfin, non, à l’époque on ne faisait pas encore la distinction entre les deux, au 16e l’économiste est intrinsèquement indissociable du sociologue, comprenez bien, mais... »<br />Cette prof est une bénédiction pour la prise de notes. Les autres sont heureusement très bien.<br /><br /> Mardi : 5h30 -> 21h30<br />Celui que j’appelle <i class="spip">Le Jour le plus long</i>, en référence au grotesque film de guerre du même nom. Mais je ne sais pas pourquoi, j’aime bien ce jour. Et puis au moins maintenant je le sais : si je dois un jour mourir d’épuisement, ce sera un mardi soir.<br /><br />Mercredi (si les deux premiers jours ne m’ont pas fait suffoquer dans ma propre bave) : Jour particulier. En théorie, je pourrais me lever à 9h30, pour revenir chez moi à 16h30. En pratique, vu que je n’ai rien branlé de mes deux précédentes soirées, je me lève à 6h ou 7h. Ca me permet aussi de maintenir le rythme de lever car le lendemain...<br /><br />Jeudi : 6h00 -> 18h00<br />... c’est le jour des TD en masse. Autrement dit, le jour où les chargés de TD vérifient que les trucs qu’on essaie de vous apprendre ne vous passent pas au-dessus de la tête. D’où la nécessité de se rafraîchir sérieusement la mémoire la veille, parce que ces enculés sans amis ont une grande et unique passion dans la vie : l’interro surprise. Bon, bien sûr lorsque c’est toutes les semaines, l’effet de surprise devient discutable, mais ils feignent de ne pas le comprendre. Il faudrait faire une étude scientifique pointue sur le sujet, mais je suis convaincu que l’ADN du chargé de TD moyen s’apparente à celui du grand malade congénital.<br /><br />Vendredi 6h00 -> 16h30<br />Le jour où on nous colle tous nos partiels. Du coup l’heure de fin est carrément fantaisiste, mais pour le moment, c’est ça.<br />Ah, et les cours qui sautent sont systématiquement rattrapés le samedi. Matin. Tôt.<br /><br />Putain de fascistes.<br /><br />J’ai calculé, 24 heures de cours, 18 heures de trajet, 15-25 heures (c’est très variable) de travail perso en bibliothèque et chez moi : j’ai des semaines qui frôlent les soixante heures. Alors quand j’entends Sarkozy parler de la « France qui se lève tôt » comme d’un modèle sociétal vertueux et infaillible, j’ai très envie de lui coller une bastos dans la tête. Ce con a dû être chargé de TD dans une vie antérieure. C’est sûr.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />J’ai connu un drame, récemment. Mon iPod shuffle est mort. Ah ben si, c’est un drame. Pour assaisonner les dix-huit heures de trajet dont je parlais plus haut, j’ai le choix entre : 1/ bosser mes cours de sociologique économique, 2/ lire des bouquins fas-ci-nants sur la même sociologie économique, et 3/ me rendre sourd à coups de free jazz et de viking metal. Vous comprenez maintenant mon désarroi : j’ai tout simplement perdu mon meilleur ami.<br /><br />J’ai bien sûr essayé de le ranimer, réinitialisation, retour aux paramètres d’usine, massage cardiaque, shots d’adrénaline : rien. Et la garantie d’un an était comme par hasard passée depuis six mois, classique. D’ailleurs si vous regardez la définition de <i class="spip">garantie</i> dans le Larousse, vous trouverez : « Période dont le terme indique au propriétaire d’un produit qu’il devra racheter dans six mois le même produit devenu complètement obsolète, ou un produit presque équivalent mais deux à trois fois plus cher. Voir également <i class="spip">racket</i>, <i class="spip">extorsion</i>, <i class="spip">marketing</i>. »<br /><br />Je ne me démonte pas, et me rends sur le site web d’Apple pour connaître les modalités concernant une réparation. C’est à ce moment précis que je me suis rendu compte que les gens d’Apple ont beaucoup d’humour : 80 euros pour un produit qui en vaut aujourd’hui 89.<br />Quinze minutes de fou rire plus tard, je commandais une clé mp3 toute conne à 30 euros chez le concurrent.<br /><br />Mais là n’est pas mon propos, les tourments consuméristes m’en ont toujours touché une sans bouger l’autre. C’est la conséquence directe sur mon comportement social de l’événement « Perte de l’iPod », qui est intéressante. Je sens que vous n’allez pas être déçus.<br /><br />Nous sommes lundi matin, dans le RER. J’ai assez peu dormi et suis ravi à l’idée de subir les trois heures de torture mentale dont je parlais en début de texte. S’ajoutent à cela des perturbations sur la ligne dues à des vols de câbles (bourrés de cuivre, lequel est revendu aux ferrailleurs, c’est le délit à la mode) et, bien sûr, l’absence cruelle d’écouteurs dans mes oreilles.<br />Le train est rempli à ras bord, perturbations obligent. Je suis debout près des portes du wagon, pressé contre les strapontins. Devant moi, un petit type aux cheveux crépus et à l’hygiène discutable. Son cul est plaqué contre ma cuisse gauche. A vrai dire il s’appuie carrément dessus, alors qu’il pourrait se mettre de côté, face aux portes, comme les autres.<br /><br />Je suis à ce moment passablement énervé.<br /><br />Quelques stations défilent, le train ne désemplit pas. Et l’importun se frotte toujours à ma cuisse, au point de sentir une humidité désagréable qui fait coller mon jean à ma cuisse. Je n’ai pas tout de suite compris de quoi il s’agissait, mais lorsque j’ai senti l’odeur de gaz intestinaux émaner du gars, ça a fait tilt. Ce con venait juste de me péter dessus. Et de la haine pure coulait dans mes veines.<br />Le train était arrêté à Denfert-Rochereau et allait repartir. La sonnerie prévenant la fermeture des portes juste à côté de nous venait juste de commencer à retentir. Je n’ai pas réfléchi, j’ai poussé violemment le type hors de train juste avant que les portes ne se referment.<br /><br />Lorsque le gars reprit son équilibre sur le quai, il était déjà trop tard, les portes étaient closes. Il m’a regardé d’un air indescriptible, mi-furieux mi-effrayé, mais a vite baissé les yeux quand son regard est tombé sur le mien. J’étais enragé et ça devait se voir : je l’insultais copieusement à travers la vitre. Les autres occupants du train faisaient mine de n’avoir rien vu, rien entendu.<br />Une fois la rage évanouie, je ne me sentais pas très fier d’avoir perdu mon sang froid aussi brusquement.<br /><br />Au final, je ne sais pas exactement ce qui m’a pris ce matin-là, ça ne me ressemble pas vraiment. Je suis quelqu’un qui aime la tempérance, la médiation qui vote François Bayrou. Je suis un mou. Ce n’est pas mon genre d’éjecter des gens hors des trains, quand bien même se comportent-ils comme des porcs. Cela ne se fait pas. Je regrette.<br />Je regrette.<br /><br />Je regrette de ne pas lui avoir encastré mon coude dans la gueule.<br /><br /><br /> <center> <b_ligne> </b_ligne><table cellpadding="1" width="100%"> <tbody><tr> </tr> <tr> </tr> </tbody></table> </center> PS : Message spécial pour les fans hystériques, finalement je mettrai en ligne deux fois par semaine, le mercredi et le dimanche, dans la mesure du possible.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-6771655828064743206?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-17009277287803281372006-10-15T16:19:00.000+02:002007-07-29T16:20:42.390+02:00Asator’s dilemma<p class="spip" align="justify"><i class="spip">Ayant un emploi du temps de cadre sup’ cocaïnomane auquel je commence tout juste à m’habituer, ce qui explique - pour une fois - mon absence, je vous offre (jette) le début d’une entrée que j’ai commencé le vendredi 29 septembre et devant laquelle je me suis évanoui de fatigue. Suivi bien entendu de l’entrée de ce jour, si toutefois je ne m’évanouis pas de nouveau.</i><br /><br />[Début]<br /><br />Il est évident que lorsque l’on est, comme moi, un sataniste nietzschéen crypto-fascsite adorateur de Charles Pasqua, on a du mal à s’intégrer socialement dans un groupe d’individus lambda ; sauf à menacer les individus concernés avec une arme à feu. Ce qui est certes un procédé très ingénieux et qui a fait ses preuves, mais c’est également de la triche.<br /><br />Et tricher, c’est comme coucher. C’est mal.<br /><br />C’est donc rempli à ras bord de vertu et de jolis principes que j’ai effectué ma rentrée universitaire il y a une semaine. Et la vertu étant un concept aussi volatil qu’un billet de 500 euros place de l’Etoile, au bout d’une semaine j’ai déjà envie de fourrer toutes les filles de mon amphi. La vie estudiantine est décidément quelque chose de fascinant.<br /><br />Conneries grasses mises à part, je suis content. Mes profs sont presque tous compétents, ce qui eut tôt fait de flatter mon côté gauchiste et d’ébranler mon côté droitiste (je vous le dis : le quotidien d’un hypercentriste de mon espèce est très riche en émotions), et je n’ai pas tardé à me faire des copains. Enfin surtout des copines, car ayant cinq ans de retard sur le parcours « normal », je me retrouve à devoir faire la discussion à de jeunes hommes de 19 ans. Et déjà que moi à 24 j’ai du mal à me supporter, je ne vous raconte pas l’effort à produire pour les encaisser.<br />J’exagère, bien sûr. Ces jeunes gens sont tous très gentils, et presque tous propres sur eux.<br /><br />Nan, j’déconne.<br /><br />Ah, au fait. Je vous avais parlé en juin dernier d’une comique visite chez le dermato en vue de me scalper à la rentrée des kystes que j’ai sur le crâne. Eh bien voilà, c’est fait, je suis scalpé. Il m’a enlevé les deux plus gros (les autres ne se voient pas, je ne porte pourtant que 9mm de cheveux), à la place desquels j’ai désormais deux cicatrices, et des fils que je dois enlever prochainement. C’est beaucoup plus glamour et mystérieux, je fais croire aux gens que j’ai fait la guerre, et tout.<br />La consultation fût beaucoup moins folklorique que celle de juin : il ne m’a pas fouillé dans les fesses, cette fois-ci.<br /><br />[fin]<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />Deux grosses semaines sont passées. Mes cheveux ont vite repoussé, je n’ai même pas de véritable cicatrice. On vit une époque de dingue : on vous ouvre, on vous retire un truc gros comme l’Univers, on vous referme, et trois semaines après c’est comme si personne ne vous avait jamais touché. On ne peut même plus frimer ou caresser son complexe de mâle guerrier survivant ultime de la Grande Apocalypse. Putain de progrès. Ca vous donnerait presque envie de voter néo-conservateur.<br /><br />J’ai dit presque.<br /><br />Considérations cosmétiques mises à part, il y a autre chose qui me chafouine un peu la gueule, si je puis dire. Une fille de mon amphi me plaît bien, ou plus exactement, j’ai envie d’enfoncer ma langue au fond de son œsophage à chaque fois que je la vois. Une blonde aux yeux verts, avec des taches de rousseur. Ce qui est amusant, c’est que nous sommes aussi liquéfiés l’un que l’autre lorsque nous nous parlons. J’en conclus bien volontiers que je ne la laisse pas totalement indifférente, et seriez-vous tentés de me dire « Fête ! Liesse ! Sandwiches au pâté, neev ! Malzal tov, putain de ta race ! » Oui. Sauf qu’elle a 19 ans, que je suis toujours sorti avec des filles plus âgées que moi (ce qui fait d’elles des femmes, du coup. Enfin je crois qu’on appelle ça comme ça. Ce n’est pas comme si j’étais un expert.), que je n’ai rien à lui dire et que j’ai vraiment d’autre chose à faire que de m’encombrer de quelqu’un en ce moment.<br /><br />Je tiens certes un discours très différent lorsque vient le temps de la branlette du mercredi soir, mais que voulez-vous : c’est là la pitence de l’homme assez faible pour avoir des principes. Les femmes ne sont pas des sacs à foutre.<br /><br />Fait chier. Je vais m’évanouir de fatigue tiens, pour la peine.<br /><br /><br /> <center> <b_ligne> </b_ligne><table cellpadding="1" width="100%"> <tbody><tr> </tr> <tr> </tr> </tbody></table> </center> <div class="Corps-TEXTEprincipal"><p class="spip" align="justify">PS : Je mettrai dorénavant en ligne chaque semaine, le week-end, pour installer un rituel dont j’ai besoin et éviter que des périodes d’un mois ne passent alors que j’ai des tonnes de choses à écrire.</p></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-1700927728780328137?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-318890775824145042006-09-15T16:21:00.000+02:002007-07-29T16:21:49.431+02:00Les ars memorativa<p class="spip" align="justify">D’abord, des nouvelles.<br /><br />J’ai récemment découvert le site secondaire de la faculté que je fréquente. Le site principal n’était déjà pas tout à fait à côté de chez moi, le second est encore plus loin ; j’ai déjà écrit il y a quelques jours qu’il faut compter trois heures et demi de trajet quotidien. J’appréhendais un peu avant d’y aller, peur de trouver la durée du trajet ou même le cadre du site rédhibitoire. Et peur d’avoir un emploi du temps impossible.<br /><br />C’est là que trois mots me viennent spontanément à l’esprit : queud’, ma caille.<br /><br />Tout d’abord le trajet. Je dois bien entendu voir ce que cela donne sur la durée, mais avec de quoi se distraire dans le train, c’est loin d’être intenable. Et comme en général à la fac, et ce en dépit de ce que peuvent dire certains allumés qui discourent à tout va que « seuls ceux qui font prépa ou une grande école travaillent et que les tous les autres sont de funestes glandeurs qui parasitent la société », on vous donne de quoi remplir vos soirées, je ne me fais pas trop de soucis quant au choix de la nature de l’activité à exercer pendant mes trajets.<br />Rendez-vous en décembre pour voir si je tiens toujours le même discours. Héhé.<br /><br />Ensuite le site lui-même. Les 2emes années d’économie héritent des bâtiments les plus pourris, mais ça je le savais déjà, un de mes profs de l’an dernier me l’ayant soufflé. Ce qui m’intéressait surtout de savoir, c’est si l’endroit est calme. Réponse : oui. C’est calme. C’est très calme. S’il n’y avait pas d’arbres, je penserais me retrouver au milieu du désert tellement c’est calme. On verra cependant si la faune qui peuplera mon amphi l’est autant.<br /><br />Et enfin, l’emploi du temps. Il est incomplet, donc je ne sais pas encore précisément, mais je sais que je vais devoir me lever à 6h la plupart du temps. Je suis plutôt content, car honnêtement je pensais plutôt devoir me lever à 5h, ce qui à terme aurait achevé le processus d’aliénation mentale que j’ai débuté à la naissance.<br />Mais là encore, je verrai sur la durée.<br /><br />Voilà pour les nouvelles. Je sais qu’elles ne sont pas de nature à réjouir le lectorat, cela va bientôt faire quatre ans que je tiens ce journal et j’ai depuis longtemps cessé de compter les courriers reçus pour me dire « Merci d’aller mal, ça me fait vraiment du bien lire les gens qui souffrent », mais je vais bien, que voulez-vous [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=134#nb1" name="nh1" class="spip_note" title="[1] Et ne croyez pas que je m'en offusque. Quelqu'un qui, comme (...)">1</a>]. Il faut croire que je suis parvenu à mettre de l’ordre dans ma tête.<br /><br />Enfin... une dernière fois, je verrai sur la durée. Mes parents étant cousins de cinquième génération, il est probable que mes sœurs et moi ayons des prédispositions génétiques à la dépression, à l’immolation par les flammes et à l’attentat islamiste. Je ne suis donc pas à l’abri d’une boulette. Ne perdez pas espoir : je peux *encore* mal finir.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />J’ai récemment été frappé... mais que dis-je, que raconté-je comme conneries encore : j’ai récemment été <strong class="spip">roué de coups et battu à mort</strong> par une révélation métaphysico-transtemporelle. Oui, être l’Elu n’a pas que des avantages.<br /><br />Je rentrais chez moi, fourbu et harassé par une journée passée à ne rien foutre lorsque mon regard se crasha sur mon oreiller. Comprenez bien : j’étais debout, parfaitement immobile et arrêté dans le temps, le regard fixe, incrédule, horrifié et posé sur mon oreiller. Plus précisément sur la taie d’oreiller. Je venais, au bout de plusieurs années, de me rendre compte de la plus parfaite évidence. Cette taie d’oreiller est très moche.<br /><br />Rayures blanches et bleues, d’égale épaisseur (un centimètre. J’ai mesuré. Si.) L’horreur absolue.<br /><br />Comme je le disais, cela fait des années que je possède ces taies. Oui, car en plus j’en possède plusieurs. Je n’ai pas souvenir de les avoir choisies, et pourtant ? J’ai certainement dû opter pour les premières venues un jour de grande lassitude au centre commercial. Ma mère devait sans doute m’accompagner. Elle a dû infléchir mon choix vers ces immondices. Et elle a dû les payer, comme pour acheter ma conscience. Bon sang.<br /><br />Cette salope va payer au centuple le mal qu’elle ma fait ce jour-là.<br /><br />Plus sérieusement, il est vrai que je me suis arrêté net, poussant très loin la réflexion, jusqu’à me demander « Mais qu’est-ce que c’est que cette merde ? » Je venais de m’apercevoir que ce qui auparavant n’était qu’objet pratique devenait désormais marque de ma propre personnalité. Avant, peu m’importait le motif de la taie, pourvu que j’en possède une pour poser ma tête dessus. Attitude sage, mais démissionnaire. Aujourd’hui il me faut plus. Il me faut une taie, et il faut qu’elle me ressemble. Je veux que ce soit <strong class="spip">ma</strong> taie. Customisée à la neev. Avec des photos de Marie Drucker dessus s’il le faut, mais j’exige ma propre taie.<br />Car c’est lorsqu’un homme se rend compte que sa taie d’oreiller est vilaine à sucer ours qu’il peut très clairement se revendiquer « homme ». Si bien sûr il a cessé d’employer des expressions telles « sucer des ours ».<br /><br />Mmm.<br /><br /> <center> <b_ligne> </b_ligne><table cellpadding="1" width="100%"> <tbody><tr> </tr> <tr> </tr> </tbody></table> </center> <hr /> <div><p class="spip_note"> [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=134#nh1" name="nb1" class="spip_note">1</a>] Et ne croyez pas que je m’en offusque. Quelqu’un qui, comme moi, tient un site pour parler de sa propre petite gueule n’a de leçons d’égotisme à recevoir de personne.</p> </div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-31889077582414504?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-1501797629076982732006-09-14T16:22:00.000+02:002007-07-29T16:22:50.288+02:00L’effroyable rienLe ciel était d’encre et ponctué d’étoiles. Probablement. C’est en tout cas ce à quoi il ressemble lorsque dix kilomètres d’épaisseur de nuages ne le masque pas, comme c’était le cas ce soir-là. Mais pour l’esthétique narrative, l’imaginaire collectif, l’amour de l’humanité et la paix dans le monde, je vous propose d’imaginer que le ciel était d’un noir d’encre et ponctué d’étoiles. Mais sachez toutefois que c’est un mensonge. Ehonté. Libre à vous de vous raconter des histoires, après tout si ça vous aide à mieux dormir la nuit, pourquoi pas ? Mais ne venez pas vous plaindre plus tard de vivre une vie factice jonchée de mensonges. Et de mort. Et de désolation. Je dis ça pour vous, hein. Moi je m’en moque : je le sais que ce soir-là le ciel était tout pourri. Mais vous non, votre grande lâcheté, votre monumentale couardise vous oblige à accepter n’importe quoi, y compris un ciel d’encre et ponctué d’étoiles alors qu’il est de notoriété mondiale que le temps était pourri depuis des temps immémoriaux, sans que vous puissiez lutter. Et vous savez pourquoi ? Parce que vous êtes des FAIBLES, des NÉVROSÉS DE MES DEUX et des PROSÉLYTES DU NÉGATIONNISME MÉTÉOROLOGIQUE. HALTE AU FASCISME ! NO PASARAN ! Il FAISAIT MOCHE CE SOIR-LA, BORDEL !<br /><br />****** Interlude médicamenteuse ******<br /><br />Ok. Ca va. Je gère.<br />Reprenons.<br /><br />****** /Interlude médicamenteuse ******<br /><br />Le ciel était donc d’encre et ponctué d’étoiles (mais j’ai honte pour vous, sans déconner.) Vingt-et-une heures étaient passées ce jour-là, et mon estomac protestait contre le jeûne. C’est normal, c’est syndical, je respecte. A vingt-et-une heures, un estomac à le droit d’être rassasié. C’est donc d’une foulée, certes pas pressée car tel n’est pas le genre de la maison, mais décidée et volontaire que je déambulais dans une rue déserte. Des écouteurs soudés à mes canaux auditifs s’appliquaient avec un zèle remarquable à me pulvériser les pavillons en me délivrant un ahurissant solo de guitare qui frapperait n’importe quel mortel d’une paralysie faciale instantanée, mais qui pour nous autres, encartés UMP et autres Forces du Mal assimilées, est aussi inoffensif et audible que la nouvelle promo de la star ac’. D’accord, mauvais exemple.<br /><br />Je me délectais sans réserve de cet instant psychotico-musical, lorsque mon regard tomba sur un objet déjà vu un millier de fois, une de ces choses du quotidien que l’on voit sans jamais regarder : un conteneur à ordures. Un de ces gros machins en plastic que vous trouvez dans les locaux à ordures de vos immeubles. Si toutefois ils en sont pourvus, car de toute évidence celui auquel appartient le conteneur dont la vue m’était proposée n’en disposait point : si le contraire avait été, jamais il aurait été placé sur le trottoir en compgnie des poubelles à mazout garées sur le parking de la résidence incriminée.<br /><br />Le conteneur n’était d’ailleurs pas seul, c’eût été trop triste. Non, il était entouré de toute sa famille de conteneurs, bien alignés le long du trottoir. Mais je n’eus pas le temps de m’émouvoir de ce charmant tableau qu’un détail me chatouilla presqu’aussitôt : sur le ventre de chaque membre de la famille Conteneur était inscrit un numéro que je n’ai absolument pas retenu, mais accompagné de deux mots qu’il me serait difficile d’oublier : Jean Jaurès.<br /><br />Je me baladais bien entendu dans la rue du même nom, pour aucune autre raison quelqu’un s’amuserait à écrire à la peinture blanche « Jean Jaurès » sur des poubelles. Mais je n’ai pas pu m’empêcher d’écarquiller les yeux, comme si je me rendais soudain compte du ridicule de quelque chose de plus grand, de plus important que moi. Je me suis demandé par quel mécanisme de pensée, par quel raisonnement quelqu’un s’est senti poussé à inscrire le nom d’une des dix personnes les plus reconnues et respectées de l’Histoire française sur des objets servant à contenir des déchets.<br /><br />L’esprit pratique bien sûr, j’entends bien. Tel objet public appartient à telle rue, donc on inscrit le nom de ladite rue sur l’objet pour que tout le monde soit d’accord et ne commette d’impair. D’accord. Mais personnellement, si j’avais été assassiné lors d’une époque trouble au simple motif d’avoir eu raison sur toute la ligne et que l’on avait, à titre posthume, floqué de mon nom une quantité colossale de rues, d’avenues, de places et de boulevards, ça me ferait dans le meilleur des cas gentiment sourire de constater que des abrutis se servent de ce prétexte minable pour baptiser des poubelles de mon identité.<br /><br />Alors je veux ce soir lancer un message fort à toute la jeunesse qui rêve de célébrité et qui me lit de faire très attention. Ne faîtes jamais rien d’important. Sous aucun prétexte. Devenez pop star, animateur télé ou joueur de foot si ça vous chante : les gens les adorent mais comme ils ne servent à rien ils les oublient vite, aussi leur nom ne risque t-il pas d’atterrir sur le plastic d’un conteneur. Mais si vous avez le malheur - ou pire, faîtes la bêtise ! - de sauver des milliers de vies, d’être un champion de la paix ou encore un moudjahidin de l’équité, sachez que lorsque vous serez mort vous servirez la communauté en recueillant les pots de Flamby vides et les capotes usagées. Hé ouais.<br /><br />Enfin en tout cas à côté de chez moi c’est ainsi que cela se passe. Mais j’imagine que c’est également la règle dans tout le reste de l’univers... Non ?<br /><br />Oh.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-150179762907698273?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-10223162479582578362006-09-13T16:23:00.000+02:002007-07-29T16:24:10.902+02:00Je rêve d’un poulet géant qui me ferait des câlins...<p class="spip" align="justify">De toutes les aberrations statistiques qui existent - et entre les chiffres du chômage, la victoire de François-David à Koh-Lanta et le carton de Ségolène Royal dans les sondages en France nous sommes sacrément gâtés -, ma favorite est la suivante : 80% des gens s’estiment mieux pourvus (intellectuellement, physiquement, socialement, ce que vous voulez) que la moyenne des autres.<br /><br />Lorsque j’ai un coup de déprime, je me rappelle cette statistique et je me plie par terre de rire pendant vingt minutes. Ca ne manque jamais.<br /><br />Car évidemment, la moyenne se trouvant à 50% (c’est une convention, paraît-il) cela porte à au moins 30% le nombre de personnes qui se fourvoient complètement lorsqu’il s’agit de se juger soi-même. Et je dis « au moins » car dans les 20% qui ne déclarent pas être meilleurs que la moyenne, il y a toujours une petite fraction de dépressifs semi-professionnels qui se sous-estiment de façon chronique. On peut donc raisonnablement penser qu’un gros tiers de la population passe sa vie à se raconter n’importe quoi, d’une manière ou de l’autre.<br /><br />Notez bien que la statistique n’est pas valable pour les questions d’argent (qui plus est en France, suis-je tenté de dire, mais je ne le dirai pas. Non, je ne l’ai pas dit. Je vous demande de vous arrêter.) Posez la question « Considérez-vous mieux vous en sortir financièrement que la moyenne de la population ? » à un panel (représentatif) aussi large que vous le souhaiterez, vous trouvez toujours une majorité écrasante qui vous répondra que non, c’est la dèche, que l’essence c’est trop cher, que le forfait téléphone portable du jeune Jean-Kévin coûte les yeux de la tête [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=132#nb1" name="nh1" class="spip_note" title="[1] En passant je ne savais pas qu'il existe des gens avec des yeux (...)">1</a>] à sa mère et qu’il est scandaleux que depuis le passage à l’euro le prix du déodorant Ushuaïa aux extraits naturels (0.78%) de kiwi du Permafrost et de cacahuètes d’Amazonie ait augmenté de moitié.<br />Enfin bref vous l’aurez compris, vous dégagerez toujours de votre sondage une majorité de connards qui viendront pleurer sur leurs problèmes de riches et se mélanger à la minorité de ceux qui en bavent *vraiment*.<br /><br />Mais heureusement, ils tiennent le coup grâce à leur intellect et leur force morale, bien entendu très nettement supérieure à la moyenne nationale. Ouf.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />Mon père n’est toujours pas rentré d’Espagne. Je n’en suis du reste en rien étonné. La dernière fois que j’en ai parlé ici, c’était avant les feux de forêts estivaux qui ont à peu près tout ravagé en Galice - précisément là où mon père se trouve actuellement, avouez que ça tombe bien. C’était au début du mois d’août, le même que je vous disais la dernière fois ne pas avoir vu passer. Mon père nous a dit avoir effectué quelques veillées pour surveiller les maisons situées le plus en amont sur les collines boisées bordant le village, et surplombant un océan dont les vagues viennent mourir sur le sable doré de la plage favorite de toutes les créatures les plus splendides de la région, leur parfaite plastique moulée dans de minuscules maillots humides de sueur et... et bref ça ne va pas du tout : j’ai envie de baiser.<br /><br />Mais revenons-en à mon père, si toutefois je parviens à me débarrasser de l’image de mon père muni d’une paire de seins. Après l’épisode apocalyptique des feux criminels perpétrés, selon la Guardia Civil, soit par des néo-nazis frustrés adorateurs de Satan, soit par des adolescents (mais n’importe quel psy vous dira que c’est psychiquement strictement la même chose), mon père n’a cessé de me harceler au téléphone pour connaître l’évolution de son dossier de retraite. Pardon, je reformule : pour savoir s’il allait toucher son pognon prochainement, et combien.<br /><br />Bon garçon, je me suis personnellement occupé de ses affaires, ainsi que de l’ensemble des affaires courantes. Sans doute parce que dans la mentalité rétrograde de mes géniteurs, l’absence du vieux mâle fait de moi le mâle dominant par intérim. Ca me fait davantage sourire que ça ne m’ennuie. Du moins tant qu’on ne me demande pas de découper la dinde à Noël.<br /><br />Mais depuis que ses histoires de pension vieillesse (le ton de sa voix s’assombrit à chaque fois que je prononce ces deux mots avec application et distinction, je suis cruel) sont réglées dans tous les sens du terme, ses coups de fil se raréfient. Encore une fois, ça ne m’étonne absolument pas. Et d’ailleurs, je le comprends.<br /><br />Mais il a appelé, il y a quelques jours. Et à cette occasion, mes parents se sont - encore... - engueulés au sujet de la résidence secondaire dans laquelle mon père se trouve en ce moment, et qui appartient en toute logique à ma mère puisqu’elle tient elle-même de la sienne le terrain sur lequel elle est bâtie. Mais que mon père tente de s’approprier. Bref, de basses histoires dignes de l’insupportable émission de Julien Courbet et qui illustrent les propos que je tenais tout à l’heure non sans une pointe d’acerbité : des histoires de nantis qui jouent les martyrs.<br /><br />Ils étaient là, à s’envoyer des atrocités à la figure. Je me trouvais juste à côté du téléphone, penché sur la petite table à remplir chercher un papier administratif quelconque. J’entendais mon père s’égosiller dans le combiné là-bas, à 1600km dans sa Galice et ses nouveaux paysages lunaires. Je voyais ma mère, ses yeux remplis de mépris et son visage puant la mesquinerie. J’assistais au spectacle désolant donné par deux des innombrables ouvriers immigrés des Trente Glorieuses qui à force de travail ont pu fonder une famille (coucou les amis) dans des conditions acceptables et se constituer un patrimoine qu’aujourd’hui ils se disputent comme les chiens galeux qu’ils sont, alors que s’annonce le crépuscule de leur vie et qu’il leur ait permis d’en profiter enfin, de la vie. Mais non, ils préfèrent se tirer dans les pattes et manœuvrer l’un contre l’autre, plutôt que de coexister en paix.<br /><br />Cette saynète m’a fait l’effet d’une triple perfusion de haine liquide instantanée, j’étais ivre de rage. J’ai sorti le document que je cherchais, l’ai jeté avec dédain sur la table, et suis sorti en claquant très fort la porte. Oui je sais, ce n’est rien. Mais en ma qualité de bon garçon, lorsque je suis en colère ça ne va pas plus loin qu’une très virile démonstration de force sur le mobilier de la pièce dans laquelle je me trouve. J’aurais d’ailleurs tapé du poing sur la table si je n’avais pas eu autant peur de me blesser.<br /><br />Bien plus tard, au moins vingt-cinq secondes après ma sortie, la colère a laissé place à de la tristesse. Puis a de l’indifférence. Et j’ai fini par me découvrir dans le quart d’heure qui suivit un talent de danseur de salsa. Donc, deux choses. Soit j’ai une grande faculté d’abstraction, soit je suis borderline.<br /><br />Enfin, par rapport à la moyenne nationale, j’veux dire.<br /><br /> <center> <b_ligne> </b_ligne><table cellpadding="1" width="100%"> <tbody><tr> </tr> <tr> </tr> </tbody></table> </center> <hr /> <div><p class="spip_note"> [<a href="http://deneevrance.com/article.php3?id_article=132#nh1" name="nb1" class="spip_note">1</a>] En passant je ne savais pas qu’il existe des gens avec des yeux ailleurs que sur la tête.</p> </div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-1022316247958257836?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-1341506751179556782006-09-02T16:25:00.000+02:002007-07-29T16:25:53.070+02:00Les w00teries les plus courtes sont les plus courtes<p class="spip" align="justify">Je me sens trahi. Lésé, roulé dans la maïzena. Durant l’intégralité du mois d’août, j’ai fait vœu de silence ici-même pour me sentir en parfaite symbiose avec mon héros, mon mentor, l’homme qui a paralysé la France à lui tout seul pendant presqu’un mois entier (l’émotion me gagne rien que d’y repenser) : Alain Juppé. Mon petit chéri n’avait rien écrit dans son blog depuis le 1er août. Benoîtement, je pensais qu’il prenait un mois de vacances pour se reposer de ses deux ans d’exil occupés à expliquer la vie au Québécois, ce que je pouvais comprendre tant il est exténuant de prendre un Bécois de haut (ils se mettent généralement à crier très fort des choses inintelligibles qu’ils tiennent pour du français, jusqu’à ce que l’interlocuteur succombe d’une hémorragie cérébrale.)<br />Alors qu’en réalité, il préparait juste son retour politique dans sa ville de merde. Et qu’en conséquence... il arrête son blog !<br /><br />J’ai envie de pleurer, tiens. Décembre 95, ça va, l’affaire des emplois fictifs du RPR, passe encore, mais l’arrêt du blog... Cette fois il va trop loin. C’est pourquoi j’ai décidé de lancer une opération de collecte de dons pour payer les services d’un tueur à gages tchétchène qui s’occupera de lui de manière très professionnelle. Alors voilà, vous pouvez envoyer vos dons à :<br /><br /><strong class="spip">Fondation COSUGUJU (un Contrat Sur la Gueule de Juppé)</strong><br /><strong class="spip">467, avenue de Dresde</strong><br /><strong class="spip">75011 Paris Cedex 11</strong><br /><br />Je compte sur vous. Et d’ailleurs, si vous pouviez envoyer un petit supplément pour que mon ami Tchétchène puisse s’occuper de Lionel Jospin qui lui, et c’est encore pire, *commence* un blog, ça ne serait pas du luxe. Mais comme il est fort probable que d’ici deux ou trois mois il « assume ses responsabilités et se retire définitivement de la vie blogaristique », ce n’est pas le plus urgent.<br />Merci.<br /><br /></p><p align="center"><img src="http://deneevrance.com/IMG/breaker-6.gif" style="border-width: 0px;" alt="" align="middle" height="20" width="500" /></p><br /><br />Guignolades mises à part, je ne sais pas où est passé ce mois d’août. Je sais qu’il existe, j’ai vérifié dans le calendrier et même dans le Journal Officiel, au cas où Sarkozy aurait fait passer une loi supprimant le mois d’août, mais non, rien. Il y a bel et bien un mois d’août, mais dans mon esprit je suis passé directement de juillet à septembre. Comme si j’avais cessé d’exister pendant un mois.<br /><br />Je dois dire que je suis si pressé de reprendre les cours que cela ne m’étonne qu’à moitié. Enfin, « pressé »... Personne de censé n’est pressé d’aller chier des pendules (je vais devoir faire trois heures et demi de trajet quotidiennement, je ne l’ai encore jamais fait et espère que cela n’aura pas trop d’impact), mais disons que je suis en tout cas content de rentrer. Et la sensation est agréable, d’autant plus que toute ma vie, j’ai particulièrement mal vécu la rentrée des classes. Peu de gens aiment cela évidemment, mais je les vivais beaucoup moins bien que les autres. Elles me rendaient physiquement malade, et m’abattaient le moral pour au moins deux semaines. Je me sentais oppressé par une masse invisible, quelque chose se rapprochant du Léviathan de Hobbes, si vous voulez.<br /><br />Et depuis la rentrée 2005, les choses vont mieux. Celle de l’an dernier était bien sûr particulière, entre 1/ l’infection urinaire qui m’a coûté un testicule, 2/ l’imbroglio avec la fac dans laquelle je voulais aller et qui m’a fait me résigner à m’inscrire dans une autre et pour y suivre un autre cursus... chose parfaitement subie à l’époque mais qu’aujourd’hui je considère sans problème avoir été ma meilleure décision prise depuis un bon moment, et 3/ bien sûr la petite peine de cœur qui va bien.<br />Mais en ce qui concerne celle à venir, je touche du bois, les conditions sont « normales ». Et je vais bien, je suis satisfait, je n’ai pas d’aversion ni d’appréhension particulière, hormis celles légitimes de devoir me coltiner une merde infâme en guise de prof (par exemple, pour ceux qui connaissent, en microéconomie), ou des camarades de cours particulièrement gratinés. Rien d’ingérable, en somme.<br /><br />Et ça, c’est une première. Cela fait désormais six mois que j’ai conjointement arrêté les antidépresseurs et le suivi, et je n’ai pas connu de rechute, j’ai vraiment l’impression d’avoir les mêmes armes que les autres. Je n’ai peut-être pas encore autant confiance en moi qu’il le faudrait, ou plutôt devrais-je dire que je le voudrais, mais je progresse. Et je reste méfiant, ce n’est pas parce qu’aujourd’hui je vais bien que dans trois mois je ne serai pas retombé dans mes travers passés. Les crises d’angoisse le matin au réveil, la peur d’aller en cours, de voir les profs, de voir les autres, de prendre les transports. D’aller dehors, en somme.<br /><br />Mais tout ça m’a l’air si lointain, comme si ça avait fait partie d’une vie antérieure, d’une époque révolue...<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-134150675117955678?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5648904421737836443.post-76977890800001201232006-07-30T16:27:00.000+02:002007-07-29T16:28:02.957+02:00Famille...<p class="spip" align="justify">Ce matin vers 9h15, mon père a appelé d’Espagne et laissé un message sur le répondeur. Un message mystérieux qui m’a tout de suite fait l’effet d’un colis piégé déposé d’une fausse nonchalance dans une gare bondée. Sa voix était grave, presque méconnaissable, son ton détaché et un peu préoccupé. « <i class="spip">Oui, c’est moi. J’imagine que tu n’es pas là... J’ai appelé. Merde !</i> » Je connais bien mon père, je sais que le merde de fin est là pour bien signifier qu’il a quelque chose à dire d’important et qu’il faut qu’on le rappelle. On communique beaucoup par le non-dit dans ma famille, et ça m’agace prodigieusement. Mais dans le doute de quelque chose d’important, je le rappelle. Et après quelques politesses, il m’annonce que sa mère est morte.<br /><br />Ah ben oui, du coup. C’était important.<br /><br />Toujours aussi brillant dans ces moments-là, je n’ai pas trouvé pas mes mots, entièrement pris au dépourvu. Je lui ai répété trois fois être désolé, lui ai souhaité bon courage et au final je l’ai embrassé, mais pour le réconfort à chaud, il n’a pas sonné à la bonne porte. Et il le sait.<br /><br />Ma mère est rentrée une demi-heure plus tard, un petit caddie au bout du bras. Lorsque je lui ai annoncé la nouvelle, elle a poussé un joli petit <i class="spip">oh</i> de compassion. Je lui ai demandé de l’appeler pour lui dire un ou deux mots ; et comme elle ne sait pas se servir d’un téléphone plus récent que moi, son dernier né de vingt-quatre ans, je lui ai composé le numéro.<br />Je suis allé décharger son caddie et faire la vaisselle pendant qu’elle faisait son travail de compassion.<br /><br />Elle a ensuite appelé mes deux sœurs. Mana, qui aime arrondir les angles avec tout le monde, a - je crois - pris sur elle d’appeler au moins notre père et peut-être notre tante. Ashmé elle, en conflit depuis des années avec ce côté de la famille, s’est contentée de s’écrier Alléluia et n’a évidemment appelé personne si ce n’est un traiteur pour fêter l’événement.<br /><br />Cela peut paraître brutal, mais au fond Ashmé ne fait qu’exprimer fort et avec un certain fiel qui la caractérise bien (trop) ce que tout le monde pense très bas. Pas grand monde ne pouvait blairer ma grand-mère, y compris au sein de sa propre famille. Etant né dix ans après mes sœurs j’ai toujours été mis à l’écart de ces histoires, puis je m’en suis complètement désintéressé, mais je sais néanmoins qu’elle avait la réputation d’avoir été une femme dure, médisante voire mauvaise, et qu’avec l’âge elle s’était transformée en une très pénible drama-queen. Comédienne peut-être, mais dure à cuire, puisque le spectacle aura tout de même duré 93 ans.<br /><br /></p><p align="center">***<br /></p><br /><br />J’ai passé la journée de jeudi chez Mana, à faire ce que l’on peut pudiquement appeler de la maintenance informatique, mais plus exactement une longue séance de crise de nerfs à essayer de faire marcher une machine complètement épuisée que l’on m’avait offert juste avant la coupe du monde 1998. Machine qui ne lui sert que pour Internet, puisque pour ses autres tâches elle possède un portable récent qui pourrait évidemment *aussi* lui servir pour Internet, mais non : mademoiselle refuse de mélanger les deux pour d’obscures raisons de sécurité complètement délirantes et résolument paranoïaques. Mais c’est ma sœur, et j’ai l’habitude.<br /><br />Lorsqu’elle a vu que le travail prendrait quelques heures (sept, au total), elle m’a laissé seul dans son appartement pour aller faire du sport. C’est absolument typique d’elle, essorer les autres pendant qu’elle s’amuse. Mais comme elle ne m’aurait servi à rien et que j’aimais autant ne pas l’avoir dans les pattes, ce n‘était pas plus mal.<br /><br />J’étais donc seul, perché du haut de son treizième étage. J’étais debout pour me dégourdir les deux poteaux ankylosés qui me servent de jambes, attendant que le 25e reboot de la journée veuille bien se faire, lorsque mes yeux se posèrent sur un papier rose, apposé sur l’étagère comme on le fait avec un pense-bête. J’ai bien des défauts, mais pas celui d’être un fouille-merde, alors je m’en suis désintéressé. Puis, cinq minutes plus tard, mon regard s’est de nouveau posé sur le papier rose. Il était intitulé : <i class="spip">Ce que les hommes recherchent sur le long terme.</i> Et, plus bas, une courte liste. <i class="spip">1/ La personnalité, 2/ L’apparence, 3/ L’intelligence.</i><br /><br />C’est à ce moment que je me suis dit que j’aime beaucoup ma sœur, mais qu’elle est vraiment bête à pleurer.<br /><br />Sur le moment j’ai eu envie de coller une petite note sur un de ses murs avec écrit : <i class="spip">Ce que recherchent les femmes chez un homme, sur le long terme : 1/ Du pognon, 2/ Un papa modèle, 3/ Une grosse bite.</i> Juste comme ça pour voir ce que ça lui fait de lire des généralités niaiseuses d’adolescente frustrée. Mais je me suis abstenu, car cela aurait impliqué que non, les hommes ne sont pas tous les mêmes, et ça je ne sais pas si elle s’en serait remise. Autant expliquer à un Grand Inquisiteur que la Terre est ronde.<br /><br />Et puis bon, chacun est libre d’afficher les conneries les plus crasses sur ses propres murs. J’avais bien le poster d’un dauphin cloué au dessus de mon lit, à une époque. Et tout le monde sait ce que recherchent les dauphins, sur le long terme : 1/ Manger des poissons, 2/ Etre la doublure de Flipper pour les scènes de cascades, 3/ Couiner comme des imbéciles.<br /><br />Bon j’arrête, je deviens moqueur. Et je n’aime pas ça.<br /><br />Nan, j’déconne.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/5648904421737836443-7697789080000120123?l=deneevrance.com'/></div>neevnoreply@blogger.com