tag:blogger.com,1999:blog-53012588001694902352008-03-07T11:11:14.198-08:00Réponses sauvées du ventthomas vinauhttp://www.blogger.com/profile/08692166618240911652noreply@blogger.comBlogger3125tag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-41078157782799361842008-02-24T03:57:00.000-08:002008-03-07T00:42:19.963-08:00Série N°3<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp3.blogger.com/_prBH_EPl7u0/R8_cjLuWmiI/AAAAAAAAAQA/Gn3n9_mmsZ4/s1600-h/Sans+titre-1.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp3.blogger.com/_prBH_EPl7u0/R8_cjLuWmiI/AAAAAAAAAQA/Gn3n9_mmsZ4/s400/Sans+titre-1.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5174596993872730658" border="0" /></a><span style="font-weight: bold;"> photos Dimitri Vazemsky, Eric Dejaeger, Fanny Chiarello<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 0, 0);">Vous êtes invité à une soirée où vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?</span></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je dis que j’ai mal au ventre et je rentre chez moi. Je me sens vite encombrante, c’est mauvais pour mon moral – mon bonsaï.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger: </span>Que voudriez-vous que j’aille faire dans une soirée où je ne connais personne ? Je ne vais déjà pas à celles où je connais des gens !<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Je sors, qu’importe si un rayon me blesse…<br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);"><br />Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Ma mère en littérature, c’est le papier. J’ai toujours lu de tout : depuis toute petite je crois qu’au fond, ce que j’aime, c’est ça, c’est le papier. Quant à la notion de père, elle ne convient pas à ma façon de concevoir les choses, parce que je n’aime pas l’idée de prendre la place de qui que ce soit : il y a tant de places libres qui n’attendent que des fesses.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> a) L’auteur dont j’ai lu le plus de livres est sans cont<span style="font-family: arial;">este Henri Vernes, quand j’étais adolescent. b) Je m’abstiens : je ne voudrais pas passer pour un tueur en série.</span><br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky: </span>Oui-Oui (&amp; la Gomme Magique), en "mère" assurément.Quant au père à tuer : Moi. Et renaître. Fils. Puis père. A tuer de nouveau. Sans procrastination. Et renaître, fils...<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon m<br />ec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un vœu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Quatre milliards de dollars. Je m’achète un peignoir de bain en éponge moelleux comme une moquette de Plaza, j’écris en peignoir. Je mets mes textes en ligne, je mange du poulet rôti, de la frangipane, je visite Vancouver, Montréal, Anchorage, Los Angeles, New York, la Nouvelle Orléans, Apalachicola, j’embauche une équipe médicale, je vais chez le coiffeur tous les mois, et si vous avez besoin de quoi que ce soit, je vous fais un petit chèque.<br /><span><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Comme je ne connais pas Colum McCann (écrivain célèbre ?), je choisis le fric. J’aurais de toute façon choisi le fric pour avoir le temps d’écrire de meilleurs livres.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky</span>: L’argent, je connais pas Column Mc Cann… mais il a un nom à écrire des thrillers, et au moins avec l’argent j’ai le temps de faire autre chose que d’écrire des best-sellers.<br /><br /></span><span style="font-weight: bold;"><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Où la réalité se cache t-elle?</span></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je ne pense pas du tout qu’elle se cache. Si elle en donne parfois l’impression, c’est peut-être parce qu’on a du mal à la voir sous plusieurs angles à la fois. J’aime bien qu’il en existe tant de différents systèmes d’interprétation – philosophiques, religieux, scientifiques ou loufoques – et je pense qu’ils sont tous justes à leur manière, comme des poèmes.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Dans un calcif cartonné.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky</span>: Derrière l’image.<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je mange, je bois, je fume, je me vêts, j’achète des disques et des livres, j’aime bien être au chaud. C’est un peu un problème. Sinon, je serais sans doute vautrée sur un banc, et j’assisterais au spectacle de la lumière jusqu’à oublier que je suis incarnée. Et alors, le mot « inséré » ne m’évoquerait rien de bien valable.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Je suis sociablement asocial.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Inséré. Assurément. A chaque battement…<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Combien de mots en moyenne par jour?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Toujours beaucoup plus de mots dans la tête que sur le papier ou le fichier Word, des mots aussi volatils que flamboyants d’évidence (si mon souvenir est bon).<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Des gros ? Pas mal... Des minces ? De zéro à douze pages.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky</span>: La moyenne implique un grand écart que je ne saurai faire...<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Si je ne l’écris jamais, ce ne sera pas faute d’avoir osé mais sans doute d’avoir réussi – je verrai bien. J’adorerais écrire un pavé qui décrirait la fin du monde d’une manière apaisante.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Jusqu’ici, j’ai toujours écrit ce que j’avais envie (ou rêvé) d’écrire.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky: </span>Si je le rêve, je le fais. Osons diantre! A chaque battement!<br /><span><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0); font-weight: bold;">Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien?</span></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Très serré, le rapport. La lumière change et il faudrait presque que je recommence tout depuis le début. Et tout modifie la lumière – une chaussette à motif, une mise en plis ratée, un soda de discounter, tout.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Elle lui colle de fort près.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Des rapports amicaux, de traces posées allant jusqu’au dessin. Les mots posés sont des tâches de café sur la nappe, l’éclaboussement dû au sucre tombé dans la tasse. Le reste est silence.<br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"><br />Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je suis un boulet mais je déborde d’amour et je suis perfectible à l’infini (comme tout le monde), si ça peut compenser.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger: </span>Absolument ! J’ai été très bien élevé, faut pas croire. C’est juste qu’il ne faut pas me gonfler trop.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> ”We are the makers of the manners” dixit Shakespeare. Je suis comme j’suis, dixit Jacques. Mais, dans le fond, je suis social. Antisocial tu perds ton sang froid…<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Y'a t il des choses indicibles en littérature?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je crois que ça dépend du lecteur. Parfois, je lis une phrase qui me propulse dans la lumière pure de la vérité ou pas loin, et quand j’essaie de la partager avec des gens, ils disent hm-hm. L’inverse arrive tout aussi souvent : on me lit un truc comme s’il s’agissait du code secret de l’immortalité, et pour moi c’est juste de l’encre. Une citation. J’aimerais bien savoir qu’une personne a un jour, un instant, trouvé un code secret dans une de mes phrases, mais ça ne dépend pas de moi.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Pas que je sache vu qu’il y a des choses répugnantes à lire.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky: </span>De l’illisible oui, mais de l’indicible non, n’est-il pas?<br /><span></span><span style="font-weight: bold;"><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">La musique à écouter en vous lisant?</span></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Ce n’est pas non plus à moi de le décider – je ne sers décidément pas à grand-chose. Quand je trouve des références musicales dans les textes des autres, je les relève avec une curiosité bienveillante, mais ensuite je les remplace mentalement par les miennes : celles qui collent le mieux avec l’atmosphère du texte telle que je la ressens.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Les frères Eno ? Liz Story ? Alex de Grassi ?<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky</span>: Celle que j’écoutais en écrivant… Disons que tout à l’heure j’ai mis un trio de Schubert, et une boucle sur Camille de Georges Delerue. Mais aujourd’hui il pleut dehors…<br /><br /><span style="font-weight: bold;"><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?</span></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Des vies de rats ou de cafards, pourquoi pas. Phobies personnelles. Toutes mes excuses aux rats et aux cafards.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger: </span>Rien à foutre de 10 000 vies. C’est déjà bien assez avec une, qu’on soit écrivain ou pas.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Pour l’instant je gère la mienne comme je peux…<br /><span style="font-weight: bold;"><br /><span style="color: rgb(204, 0, 0);">Y a-t-il une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?</span><br /></span><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je sursaute toujours quand, au cours d’une conversation, je me surprends à énoncer des idées sur l’écriture. Parce que ça semble indiquer que j’en ai. Chaque fois, j’en reste stupéfaite ; mais ça n’arrive pas très souvent.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Ni l’une ni l’autre. J’écris par plaisir, égoïstement, en espérant que mes huit lecteurs en prennent un peu aussi.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Y’a une démarche, qui évite aux carrefours de prendre des directions tranchées avant.<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"><br />L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Je ne suis pas sensible à ce genre de phrase ; c’est au point que je n’ai même pas envie de me pencher sur l’idée. Jouer avec les mots, à mes yeux, c’est douteux. Sauf pour faire des vieilles blagues – vous connaissez celle-là ? Un ami me l’a envoyée par mail tout à l’heure :<br /><br />Mozart et Bach à la terrasse d'un bistrot. Arrive le garçon qui prend la commande :<br />- Bach : un baby.<br />- Mozart : un baby, comme Bach.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Je n’ai jamais confondu l’art avec une bonne trappiste bien fraîche dans un bistro sympa en face d’un pote qui se prend autant au sérieux que moi.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky: </span>Et la vie, toujours, a un train d’avance… Mais l’art fait tourner le hamster dans sa cage cérébrale, ça aère l’odeur de copeaux imbibes, de sciurine.<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: De chansons en anglais, de fins de soirée, de longues confrontations avec la lumière, les canards, le silence, les cheveux.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> De ma p’tite tête, je pense.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Du moment choisi pour les écrire et du corps qui s’y colle.<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Peut-on parler de public en littérature?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: J’avais mal lu ! J’avais lu : « Peut-on parler de littérature en public ? » Et j’allais répondre, « Vous n’avez rien de plus fun à faire le samedi après-midi ? » Parce que ce serait un samedi après-midi, non ?<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Pourquoi pas ? J’ai assisté à des concerts où le public se limitait à vingt personnes et c’était de la musique.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> On évitera…<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Si je dis « alimenté » et pas « nourri », vous sentez une nuance ? Parce que moi, oui, mais parfois je sens des nuances qui n’existent pas – c’est plutôt embêtant, pour quelqu’un qui écrit. Je dirais que Capra, Brautigan et Coupland ont nettement alimenté certains aspects de mon imaginaire.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Chimay Bleue encore aujourd’hui et, jadis, Haig et Casanis. J’ai laissé tomber les deux mâles.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Shakespeare, Hugo, Yves Klein. (Hic et nunc)<br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"><br />Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Qu’ils deviennent mes amis. Qu’on aille boire des verres tous ensemble. Qu’ils s’aiment les uns les autres, se téléphonent et s’offrent des friandises. Ce que certains d’entre eux font.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger: </span>Bien sûr !<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Non. La littérature est une auberge espagnole.<br />Mais il y fait chaud quand ça plait.<br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);"><br />Quel est l'intérêt d'un texte court?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: La conscience n’a pas qu’un flux, elle a aussi des sursauts, des éclairs, des étincelles. Pour cette seconde catégorie, rien de tel qu’un texte court. Ce que je préfère en littérature, c’est peut-être bien les digressions : des textes courts à l’intérieur des romans, comme des scintillements à la surface d’un cours d’eau.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger: </span>On n’a pas le temps de s’ennuyer en le lisant.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky:</span> Sa brièveté.<br /><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(204, 0, 0);">Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Fanny Chiarello</span>: Qu’elle me dise ce qu’elle est venue foutre chez nous si c’est pour ne pas rester.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Eric Dejaeger:</span> Une paix royale.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dimitri Vazemsky: </span>Rien.thomas vinauhttp://www.blogger.com/profile/08692166618240911652noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-13168312481375820002007-09-25T02:29:00.000-07:002008-02-25T02:09:09.282-08:00Série n° 1<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp2.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Rvyuz91N5lI/AAAAAAAAADg/-9dUeN00sDc/s1600-h/vinauflahautlabedan.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://bp2.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Rvyuz91N5lI/AAAAAAAAADg/-9dUeN00sDc/s400/vinauflahautlabedan.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5115155484580374098" border="0" /></a><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;"><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">de gauche à droite: thomas vinau, jean marc Flahaut et Daniel Labedan</span><br /><br /><br />- Vous êtes invité à une soirée où vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?</span><br /></strong></span><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">je ne vais plus dans les soirées, il n'y a pas assez d'intimité et puis en général là-dedans on passe son temps à essayer de séduire son voisin avec des artifices vestimentaires ou bien des réparties spirituelles. Pour ma part je n'ai aucun esprit et je suis aussi magnétique qu'une vieille chaussure.</span><br /><span style="font-weight: bold;"><br />Thomas Vinau</span>: Je m'assois dans un coin, je bois et j'observe les gens qui s'amusent<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Je raconte une anecdote à propos du tournage de Massacre à la tronçonneuse et tout le monde s’arrête pour m’écouter religieusement. Même les plus croyants.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ? </strong></span><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong></strong></span><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> Pour la mère : Enid Blyton. Pour le père : aucun.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Richard Brautigan pour la mère et Jim Harrisson pour le père<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> J’ai déjà un père et une mère.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">Les quatre milliards de dollars bien sûr. On peut en faire des choses, avec ça.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Les quatre milliards, pour m’acheter une librairie ou une île et passer le reste de ma vie à écrire tranquillout.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> J’avance plus loin dans la cave.</span><br /><br /><span style="font-family:georgia;">- Où la réalité se cache t-elle?<br /><br /><span style="color: rgb(0, 0, 0);">Dan Labedan:</span></span></strong></span> Malheureusement la réalité ne se cache pas. C'est la poésie qui se cache, plutôt.<br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;"><br /></span><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Moi je crois aux détails, aux miettes.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Au fond des verres de saké.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?</span><br /></strong></span><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">Je crois que choisir l'écriture ça n'est pas du tout un bon truc pour s'insérer.<br /></span><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Je suis en réinsertion permanente, ça répond à la question?<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut: </span>Choisir l'écriture c'est choisir la marge.<br /><br /><span style="font-family:georgia;"></span><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Combien de mots en moyenne par jour?</strong></span><br /><span style="font-weight: bold;"><br />Dan Labedan: </span><span>De plus en plus et bientôt de moins en moins.</span><span style="font-weight: bold;"><br /><br /></span><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Aucune idée! Peu.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut :</span> Moins que zéro, parfois.<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">-Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> Je ne me suis jamais posé cette question : il me semble que je pourrais tout oser, mais peut-être suis-je conditionné pour répondre ça.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Une grande épopée d'aventure et de pirates<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> La maison des feuilles, heureusement Mark Z. Danielewski l’a écrit pour moi<br /><br /></span><span style="font-family:georgia;">- Quel rapport entretient votre écriture avec le quotidien?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> bien que cela puisse sembler surprenant, mon écriture a très peu à voir avec le quotidien. Elle s'en inspire parfois, mais rarement.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Le même rapport qu'un boulimique complexé avec la nourriture<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Un rapport de force.<br /><br /></span><span style="font-family:georgia;">- Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?</span><br /></strong></span><span style="font-weight: bold;"><br />Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">Disons que j'apprends tous les jours à me comporter mieux mais parfois j'oublie les acquis.<br /></span><span style="font-weight: bold;"><br />Thomas Vinau:</span> Non<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> J’essaye de rentrer chez moi la tête haute un jour sur deux.<br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><br />-Y'a t il des choses indicibles en littérature?</strong></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span>Oui, des choses qui ont à voir avec la douleur. Mais je préfère ne pas développer.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Les douleurs qui nous dépassent, les choses trop fraîches... Mais il y a surtout des choses illisibles.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Il faut bien que la musique et le cinéma servent à quelque chose, non ?<br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;"><br />- La musique à écouter en vous lisant?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span>Pas de musique. Les bruits de la ville ou de la campagne, selon l'endroit où on se trouve.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">Dakota Suite l'hiver et Al Green l'été</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> <span style="color: rgb(0, 0, 0);">Anthology of American folk Music, en boucle.</span><br /></span><span style="font-family:georgia;"><br />- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?</span><br /></strong></span><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> Non .<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span><span style="color: rgb(0, 0, 0);"> Sans hésitation non, ça ferait perdre 10 000 écrivains</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">On trouve ça dans Une raison d’aimer la vie de Philippe Djian. Une nouvelle très étrange. Très années 80.</span><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Y'a til une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?</strong></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> Un petit peu des deux j'espère.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> J'essaie de ne pas écrire de poésie à idées mais d'écrire avec des idées... en gros<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Il y avait une démarche éthylique jusqu’en 1993.<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> <span style="color: rgb(0, 0, 0);">L'art est un truc flou, multiple, protéiforme, évolutif, il peut être sacrément chiant, formel, théorique, insincère, vaniteux, ou bien beau et bouleversant. Est-ce qu'à ce titre ça peut rendre la vie plus intéressante ? Peut-être. Sans doute. Oui oui, certainement.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Oui probablement, mais le contraire est vrai aussi, la vie est ce qui rend l’art plus intéressant que la vie et vice versa et l’inverse, enfin ch’sais plus.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut: </span>Parfois oui parfois non.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?</span><br /></strong></span><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">J'ai compris la question de travers : j'ai compris "d'où viennent les phrases qui finissent vos livres". Alors je réponds de travers : les phrases qui finissent mes livres viennent de leur milieu, parce que tout bonnement j'en supprime toutes les fins. J'adore laisser les trucs en suspens.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Elles naissent dans les cervicales des autres je crois<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut: </span>De la table d’à côté.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Peut on parler de public en littérature?</strong></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">C'est une question étrange, qui me déroute totalement : si j'aime écrire c'est parce que j'ai un goût très prononcé pour la solitude et la contemplation. La notion de public, je ne la comprends pas vraiment dans le domaine de l'écrit. Non vraiment je ne sais pas, je ne peux pas répondre.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Je préfère dire lecteur, puisque chacun est seul quand il lit un truc (sur le net ou sur papier), mais dans le fond oui, ça doit être une forme de snobisme de ne pas vouloir utiliser ce terme, en tout cas l’essentiel est d’être lu.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Je préfère qu’on les appelle des lecteurs. En avoir, même un seul, me suffit amplement.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Trois personnes qui ont nourri votre imaginaire?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> Enid Blyton je l'ai déjà citée plus haut, Maurice Leblanc, Tuxedomoon (dans l'ordre chronologique)<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau</span>: Robinson Crusoé, Blueberry et Richard Brautigan</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);">Je sais c’est pas très original, mais je ne suis pas très original<span style="font-weight: bold;">.<br /><br />Jean Marc Flahaut: </span>Tous les personnages secondaires dans les aventures de Tintin avec une mention spéciale pour Wolff, le suicidé d’On a marché sur la lune. George en v.o ou Claude en v.f dans The Famous Five ( le club des cinq ). Et Peter Parker, bien évidemment. </span><br /><br /><span style="font-family:georgia;">- Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?</span> </strong></span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan:</span> Mes lecteurs sont des amis potentiels. Je n'en ai pas beaucoup. Ce que je leur demande avant tout : de la compréhension.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> La clémence qu’on a pour les bois tordus, une forme d'empathie.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Qu’ils hurlent mon nom sous ma fenêtre. Et ne se trompent pas de rue.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Quel est l'intérêt d'un texte court?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span>Il ne s'embarrasse pas du surplus descriptif habituel : chaque mot y est important et doit être à sa place. C'est à la fois une discipline et un exercice de style.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Il se lit plus vite et s’écrit plus lentement qu’un texte long</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Il est plus sexy qu’un gros roman qui se traîne. </span><br /><br /><span style="font-family:georgia;">- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?<span style="color: rgb(51, 0, 51);"><br /></span><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"><br /><span style="font-weight: bold;">Dan Labedan: </span><span style="color: rgb(0, 0, 0);">J'aimerais bien que ça continue un moment comme ça.</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Thomas Vinau:</span> Qu'elle me donne les moyens d'en profiter<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Jean Marc Flahaut:</span> Un peu de rab<br /><br /></span><span style="font-weight: normal; color: rgb(51, 0, 51);"></span></span></strong></span>thomas vinauhttp://www.blogger.com/profile/08692166618240911652noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5301258800169490235.post-58798830118626067282007-09-25T01:23:00.001-07:002007-11-03T02:11:15.203-07:00Série 2<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Ryw7E-W76uI/AAAAAAAAAHM/wLAsOaTOBfg/s1600-h/suellahu.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_prBH_EPl7u0/Ryw7E-W76uI/AAAAAAAAAHM/wLAsOaTOBfg/s320/suellahu.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5128539032312867554" border="0" /></a> Lucien Suel et Roger Lahu<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Vous êtes invité à une soirée ou vous ne connaissez personne. Tout le monde semble d'ailleurs vous ignorer. Quelle sera votre attitude ?</span><br /></strong></span><br />Cristophe Siebert: - je me bourre la gueule et je drague les filles si je suis seul ; je me planque dans la salle de bain avec ma copine si je suis accompagné.<br /><br />Roger Lahu: C’est quoi « une soirée » ? c’est qui « tout le monde » ? mais a priori no problem : souvent , tout seul , je m’ignore totalement .<br /><br />Lucien suel: Je me dirige vers le buffet, me nourris et m'abreuve en ouvrant la conversation avec les serveurs ou serveuses. Quand il n'y a plus rien et/ou que mon estomac est plein, je m'en vais sans saluer personne.<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Quel est votre mère en littérature (c’est à dire l’auteur qui vous a bercé et mis au monde, homme ou femme peu importe) ? et quel est votre père (c’est à dire l’auteur que vous rêvez de tuer, pour prendre sa place) ? </strong></span><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong></strong></span><br />Christophe Siebert: Ma mère : Bukowski ; mon père : Manchette.<br /><br />Roger Lahu: Bob Morane et le Capitaine Nemo<br /><br />Lucien Suel: Je suis né de père inconnu et ma mère est morte en couches.<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Dans une cave vous trouvez une lampe-torche pourrie. Vous poussez l'interrupteur sur on, comme ça pour voir, et hop un génie pourri sort de là en produisant un petit nuage soufré. Il vous dit "bon mec je tiens pas trop la forme ces temps-ci, alors ok t'as le droit de faire un voeu mais vas-y mollo et me gonfle pas avec des trucs tirés par les cheveux, d'ailleurs je vais te cadrer tout de suite , voilà les deux possibilités que je te donne, soit tu deviens un écrivain aussi célèbre que Colum McCann, soit tu te retrouves pété de tunes, à plus savoir combien exactement, style quatre milliards de dollars, alors tu choisis quoi mec ?"</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: - écrivain célèbre, sans hésiter une seconde.<br /></span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Je lui colle une mandale au « petit génie » qui me pourrit la vie dans cette cave ! j’lui ai rien demandé moi ! je venais juste chercher une bonne bouteille de derrière les fagots ! qu’est ce qu’il vient me gâcher le présent avec son dilemme à la con . Mais comme je ne suis pas méchant bougre et qu’il pleurniche je vais quand même lui payer un gorgeon à ce petit génie pourri , « Allez mon chtiot ! sans rancune ? "<br /></span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Lucien Suel: Je choisis la deuxième solution et je crée une maison d'édition à ma mesure.</span><br /><br /><span style="font-family:georgia;">- Où la réalité se cache t-elle?</span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);"><br />Cristophe Siebert: rien n'est vrai, tout est possible, tout est permis.<br /><br />Roger Lahu: SHIT ! elle s’est plaquée derrière les quatre stères de buches que j’ai rentrées hier ! Mais je ne vais pas m’emmerder à toutes les déplacer à nouveau : la réalité elle aura qu’à attendre la fin de l’hiver pour montrer à nouveau son museau de fouine !<br /><br />Lucien Suel: La réalité se cache dans les toxines de mes fibres musculaires.<br /><br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Etes-vous inséré dans la vie, ou bien avez-vous des problèmes qui vous en empêchent ?<br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: arh, question pas simple. je suis en partie inséré, des choses m'insèrent (un enfant, une femme, un pseudo travail), d'autres me tiennent à l'écart (pas de pognon, aucun intéret pour plein de trucs qui nourrissent la vie de plein d'autres gens)</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Vérifions dans le Grand Robert :<br /><br />insérer [RseYe] v. tr. [CONJUG. céder.]<br />ÉTYM. 1319, sens 3; lat. inserere; de in- locatif, et serere « tresser, entrelacer ».<br />v<br />(1599). Introduire* (une chose) dans, à l'intérieur de, de façon à incorporer* (surtout construit avec un compl. prépositionnel en dans). | Insérer une feuille, un feuillet, un cahier, un carton dans un livre (è Intercaler, interfolier). | Insérer dans un cadre (è Encadrer), dans une monture (è Enchâsser, enchatonner, sertir; → Horloger, cit. 4). | Insérer des fragments ornementaux à la surface d'un objet. è Incruster. | Insérer qqch. quelque part, dans un interstice, entre deux éléments. — Insérer une greffe sous l'écorce. è Enter, greffer, implanter. — Rare. (Sujet n. de chose). | Dispositif qui insère une chose dans une autre. — (Le sujet désigne une chose; le compl., la partie de cette chose qui s'insère). | « Le grand dorsal (…) insère son tendon (…) à la partie postérieure de l'humérus » (Cuvier, in T. L. F.).<br />Réponse : je voudrais bien être « enchatonné » dans la vie , ça me semble plus douillet que d’être « inséré » . Miaaaouuuuh !<br /><br />Lucien Suel: Je suis inséré et même digéré.<br /></span></span></strong></span><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Combien de mots en moyenne par jour?<br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: Idéalement, entre mille et trois mille ; mais on fait pas toujours ce qu'on veut</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Écrits ? dits ? entendus ? lus ?<br />Au total beaucoup trop , incommensurablement trop !<br /><br />Lucien Suel: 7 mots par jour, 12 par semaine, 52 par mois, une moyenne.<br /><br /></span></strong></span><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Le livre dont vous rêvez mais que vous n’oserez jamais écrire ?</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: haha ! un livre avec plein de personnages, et des intrigues complexes et très ramifiées, avec un rendu feuilletonnesque ; quelque chose comme le harry potter de la fin du monde.</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Deux livres :<br />L’autobiographie de l’Ombre Jaune .<br />Et<br />«Le plus grand haiku du monde » (756 pages in folio)<br /><br />Lucien Suel: Mes insultes.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Quel rapport entretien votre écriture avec le quotidien?</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: oui, constamment.</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Des rapports inextricables . Il m’arrive de penser que mon « quotidien » est un de mes poèmes complètement foiré !<br /><br />Lucien Suel: Mon écriture nourrit mon quotidien.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Avez-vous le sentiment de bien vous comporter avec les gens en général et avec vos parents en particulier ?</span><br /></strong></span><br />Cristophe Siebert: avec les gens en général, oui ; le cas de mes parents est un peu différent : mon père est mort, et je n'ai pas adressé la parôle à ma mère depuis une dizaine d'années (sauf à l'occasion de la mort de mon père, justement)<br /><br />Roger Lahu: Je ne connais aucun « gens en général » et mes deux vieux sont morts .<br /><br />Lucien Suel: Aveu : J'ai toujours le sentiment de ne pas bien me comporter et je me sens coupable. Ainsi, j'ai l'impression de répondre à ce questionnaire par-dessus la jambe et ça me donne un sentiment de honte.<br /><br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>-Y'a t il des choses indicibles en littérature?</strong></span><br /><br />Cristophe siebert: Non aucune.<br /><br />Roger Lahu: L’essentiel ordinaire est particulièrement « indicible » : la littérature ne peut strictement rien dire de valable d’une seule des buches que j’ai rentrées hier (cf ci-dessus) . Et c’est tant mieux (sinon à quoi vivre « pour de vrai » ?)<br /><br />Lucien Suel: Pour moi oui, je ne saurai jamais parler du Mal comme Georges Bataille ou de Dieu comme Maître Eckhart.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- La musique à écouter en vous lisant?</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: coil, current 93 ; bastard, béru.</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Ouvrez la radio au hasard ça sera okay !<br /><br />Lucien Suel: Les Kindertotenlieder de Gustav Mahler par Kathleen Ferrier, mais en sourdine.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Donneriez-vous 10 000 vies contre celle d’un écrivain ?</span><br /></strong></span><br />Cristophe Siebert: tout dépend. s'il s'agit de la mienne, ou de celle d'un copain, sans hésiter ; sinon, faut voir mais il y a peu de chance.<br /><br />Roger Lahu: NIET ! mais je donnerais toute la littérature universelle pour une vie !<br /><br />Lucien Suel: Sûrement pas.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Y'a til une éthique dans vos textes ou bien seulement une démarche esthétique?</strong></span><br /><br />Cristophe Siebert: La démarche consciente est esthétique, mais je me rends compte, à l'usage, qu'il y a une éthique derrière - pas forcément la mienne, d'ailleurs, à tous les coups.<br /><br />Roger Lahu: Ni éthique ni esthétique : « encore des mots toujours des mots les mêmes mots » (relire « Traité d’esthétique éthique » de Dalida)<br /><br />Lucien Suel: Les deux en général.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- L’art c’est vraiment ce qui rend la vie plus intéressante que l’art ?</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: Oui. fillou président !</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Ecrire rajoute juste un petit peu de sel ou d’épices , à la vie-qu’on-vit . Parfois cela sert aussi d’aspirine ou d’anti-inflammatoire .<br /><br />Lucien Suel: J'aime beaucoup Robert Filliou mais au fond de moi, je n'ai jamais pris au sérieux ce genre d'affirmation.<br /><br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- D’où viennent les phrases qui finissent dans vos livres ?</span><br /></strong></span><br />Cristophe Siebert: hum... de ma tête, j'espère, et de la tête d'autres écrivains, mais j'essaie de lutter. c'est une traduction, mes phrases. de ce que voient / pensent mes personnages. elles viennent de leur histoire, du coup.<br /><br />Roger Lahu: De ce celèbre no man’s land : « AZERTYUIOP » (vous savez bien , cette drôle de contrée à l’entrée de laquelle est plantée une pancarte de bois trouée de balles de winchester où l’on peut lire : « Man ! fais gaffe à tes fesses t’arrive en terre vraiment étrangère ! »<br /><br />Lucien Suel: Ha ha !<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong>- Peut on parler de public en littérature?</strong></span><br /><br />Cristophe Siebert: Je ne sais pas trop, justement. en tout cas, il y a des lecteurs et des auditeurs, des gens fidèles ; il y a les autres, qui existent. forcément, ça doit bien influencer le boulot, d'une manière ou d'une autre.<br /><br />Roger Lahu:...<br /><br />Lucien Suel: Seulement lors des lectures publiques.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Trois personnes qui ont nourris votre imaginaire?</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: Umberto Eco, Manchette, Bukowski</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Les deux Verne : Jules et Henri , si l’on en reste aux premières nourritures « imaginaires » d’enfance , les plus nourrissantes<br /><br />Lucien Suel: Michel Strogoff, Kit Carson et Philip K. Dick.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Attendez-vous quelque chose de vos lecteurs ?</span> </strong></span><br /><br />Cristophe Siebert: Ouais : de l'assiduité, de l'intelligence et de l'amour.<br /><br />Roger Lahu: Non ! si déjà ils sont devenus « mes lecteurs » il n’y a rien de plus à « attendre » d’eux , ils ont fait un sacré effort !(faut quand même pas leur en demander plus : envoi de bouteilles millésimées en guise de remerciements énamourés par exemple !!!)<br /><br />Lucien Suel: Qu'ils continuent.<br /><br /><span style="color: rgb(153, 51, 0);"><strong><span style="font-family:georgia;">- Quel est l'intérêt d'un texte court?</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: Il est plus vite lu ; ça peut être utile, selon le support visé.</span><br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Autour de 4,5% actuellement je crois , mais avec les blêmes de l’immobilier ricain ça risque de remonter !<br /><br />Lucien Suel: Qu'il s'arrête.<br /></span><br /><span style="font-family:georgia;">- Qu'attendez-vous de la vie, en définitive ?<br /><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Cristophe Siebert: Qu'elle continue le plus longtemps possible. la vie, c'est juste du temps ; pour ce qui est de l'occupation de ce temps, j'attends surtout des choses de moi.<br /></span><br /><span style="font-weight: normal; color: rgb(0, 0, 0);">Roger Lahu: Rien de plus mais rien de moins que ….<br /><br />Lucien Suel: Qu'elle continue.<br /><br /></span><br /><br /></span></strong></span>thomas vinauhttp://www.blogger.com/profile/08692166618240911652noreply@blogger.com