tag:blogger.com,1999:blog-50937217339391552232008-07-21T07:18:14.676+02:00Les Chroniques de CitronMeringue...Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comBlogger272125tag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-28842173845079029572008-07-14T18:41:00.003+02:002008-07-19T18:41:16.583+02:00"Les Portes de la Maison des Morts" de Steven Érikson<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SHuCL1_YKfI/AAAAAAAAAGM/HN1HJg19Tw8/s1600-h/9782702137796.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5222911332849297906" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SHuCL1_YKfI/AAAAAAAAAGM/HN1HJg19Tw8/s320/9782702137796.jpg" border="0" /></a>Les Portes de la Maison des Morts, second tome du Livre Malazéen des Glorieux Défunts, nous emporte dans un monde de furie démente.<br />Ames sensibles, s’abstenir ! car, dans cette noire épopée, se retrouvent tous les ingrédients d’une guerre d’extrême violence : barbarie, massacres en tous genres, viols… Tous les êtres, qu’ils soient ordinaires (si l’on peut dire), mages ou sorciers, tous s’y affrontent.<br /><br />Fort heureusement, dans cette horreur omniprésente, naissent l’entraide, la solidarité, la détermination, le courage. Tout n’est donc pas perdu pour la foule des héros qui composent ce récit.<br />On ne peut, en effet, à la lecture de l’ouvrage, distinguer un personnage en particulier.<br />Ils sont très nombreux, d’origines diverses ; chacun a son passé, son rôle à jouer. Leur destin se croise, s’entremêle ou s’affronte, pour raconter l’histoire qui emporte le lecteur dans un tourbillon étourdissant mais passionnant.<br /><br />Passion est peut-être le maître mot pour définir l’écriture de Steven Érikson : en effet, une fièvre semble emporter l’auteur qui se laisse aller à son délire d’imagination, plus que fertile, nous livrant ainsi une fiction dense, complexe qui, pourtant, se lit frénétiquement.<br />À croire que la fièvre d’Erikson est contagieuse.<br /><br />-- Psyché<br /><br /><em>Éditions Calmann-Lévy<br />394 pages – 22 €<br />ISBN : 978-2-7021-3779-6</em>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-88608163010180667252008-06-01T15:09:00.004+02:002008-06-06T13:19:47.732+02:00"Notre Dame aux Écailles" de Mélanie Fazi<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SEKhUtdvqBI/AAAAAAAAAF4/Ro-KWO_8D_8/s1600-h/20080124_notredame.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5206901496367523858" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SEKhUtdvqBI/AAAAAAAAAF4/Ro-KWO_8D_8/s320/20080124_notredame.jpg" border="0" /></a>Recueil lumineux de l’auteur, sorti en opposition avec Serpentine – réédition précédemment publiée chez L’Oxymore, Notre Dame aux Écailles offre un voyage dans la sensibilité à fleur de peau de Mélanie Fazi, et transmet une vision emplie de délicatesse tout en finesse et noirceur du monde et de ses dangers.<br /><div align="justify"><em>La cité travestie</em> nous introduit dans une Venise sombre et vivante, qui tient à son âme. Personnage à part entière, que Giordano Salvaggio combat. La magie de cette nouvelle se rapproche presque des auteurs anglo-saxons les plus percutants de notre génération.<br /><em>En Forme de Dragon</em>, permet à une enfant de cerner la substance de la musique, et l’histoire qu’elle incarne. Une idée que l’on a rarement lue, et qu’on découvre avec bonheur.<br /><em>Langage de la Peau</em>, petite nouvelle lycanthrope agréable.<br /><em>Le train de nuit</em>, une solution pour se retrouver, loin du monde et de ses soucis.<br /><em>Les cinq soirs du Lion</em>, rétrospection d’une jeune femme qui doit se comprendre pour enfin muter dans la forme de son animal intérieur.<br /><em>La danse au bord du fleuve</em>, ou la danse avec le fleuve d’une française très loin de son pays d’origine, qui découvre une autre vision de la vie et de la nature.<br /><em>Villa Rosalie</em>, maison vivante où des êtres humains ont pris possession des murs et des chambres, et dont le nouveau propriétaire se laisse peu à peu séduire.<br /><em>Le nœud cajun</em> ou la naissance de la folie chez un père dans un village perdu de l’Alabama.<br /><em>Notre-Dame aux Écailles</em>, autre solution face à la maladie et la mort imminente.<br /><em>Mardi Gras</em>, rappel sensible et poignant de la dévastation de la Louisiane et de ses morts.<br /><em>Noces d’Écumes</em>, lutte acharnée pour reprendre un être aimé à l’emprise de la mer et sa malédiction.<br /><em>Fantômes d’Épingles</em> permet de découvrir le passage à l’âge adulte, en affrontant les deuils de sa vie.<br />Notre Dame aux Écailles apporte une sensibilité unique, signature d’un immense talent d’auteur. On regrette de reconnaître certaines nouvelles, précédemment publiées et de ne pas tout découvrir, mais le plaisir du lecteur est certain. Pour tout amateur de fantastique et d’imaginaire psychologique sombre.<br /><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Edition Bragelonne, collection L’Ombre<br />15€<br />ISBN : 978-2-35294-149-1</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-54429630419162411042008-06-01T15:05:00.004+02:002008-06-06T13:19:23.522+02:00"Le club des petites filles mortes" de Gudule<a href="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/SEKe-kklrpI/AAAAAAAAAFw/URY1F3FVCV8/s1600-h/20080328clubgd.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5206898916999933586" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/SEKe-kklrpI/AAAAAAAAAFw/URY1F3FVCV8/s320/20080328clubgd.jpg" border="0" /></a>Ce recueil rassemble de nombreuses nouvelles révisées de Gudule, sombres et dérangeantes, publiées entre 1995 et 1998, ainsi qu’une inédite, Dancing Lolita. La préface de Jean-Michel Archaimbault donne le ton : l’ensemble sera intense, désagréable, et prendra le lecteur aux tripes.<br /><div align="justify"><em>Dancing Lolita</em>, tout d’abord, nous plonge dans le bain. L’histoire de la fugue d’une adolescente peut, certes, sembler banale, mais dans un monde où les personnes âgées ont accès aux médicaments leur permettant de ressembler à des jeunes filles en fleur ; le vice est partout<br /><em>Entre chien et louve</em> permet au défunt mari d’une belle africaine noire ramenée dans ses bagages, de découvrir sa vision de la vie. Le tout entremêlé d’une ancienne malédiction vaudou, qui rapprochera encore et toujours ces deux êtres.<br /><em>Gargouille</em> résume le destin de l’ensemble d’une promotion d’une classe de jeunes filles dans un couvent cinquante ans après. La nouvelle, très psychologique, vire dans l’horreur petit à petit. L’ensemble du scénario reste très classique, mais la plume de Gudule est très prenante.<br /><em>La petite fille aux araignées</em> nous plonge dans la tête d’une enfant qui vient de perdre sa mère d’une bien étrange façon, et rêve de la ressusciter.<br /><em>Mon âme est une porcherie</em> nous dévoile les dérives d’une jeune femme particulièrement laide aidée, selon elle, d’une petite peluche en forme de cochon, qui la conduire au summum de la folie et de l’extase. L’ensemble est dérangeant car la nature du cochon reste une véritable énigme.<br /><em>Petite Chanson dans la pénombre</em> nous prouve qu’il vaut mieux se méfier des petites voix dans sa tête.<br /><em>La baby-sitter</em>, ou comment l’horreur se déchaîne quand les souvenirs traumatisants d’une baby-sitter refont surface... rappelle de se méfier les baby-sitters et d’éviter de laisser la charge de ses jumeaux lors d’un week-end à trois jours à une inconnue.<br /><em>Repas Éternel</em>, finalement, offre la seule véritable nouvelle de science-fiction dans un pays dévasté par la guerre, où tous se nourrissent d’êtres humains et tentent de survivre sous la coupe d’un dictateur.<br /><br />Le club des petites filles mortes est un recueil psychologique terrifiant, car de nombreuses nouvelles restent tout à fait plausibles.<br />À vous de voir, donc, avant de tenter l’aventure.<br /><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Éditions Bragelonne, collection L’Ombre<br />25€<br />ISBN : 978-2-35294-167-5</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-25281049205854362152008-05-16T19:48:00.003+02:002008-05-17T11:59:22.007+02:00"La mort du Nécromant" de Martha Wells<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SC3JU3_maRI/AAAAAAAAAFo/iQ027HXxUgg/s1600-h/mortnecromant.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5201034505148066066" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SC3JU3_maRI/AAAAAAAAAFo/iQ027HXxUgg/s320/mortnecromant.jpg" border="0" /></a>Nous sommes au cœur du royaume d'Île-Rien, au sein de sa capitale Vienne, qui emprunte à Vienne essentiellement le nom, le rayonnement culturel et le caractère dense de l'urbanisme. L'époque est aussi imaginaire que le monde mais possède quelque accointances avec notre XVIIème siècle, son romantisme, ses capes et ses épées. S'y ajoutent juste ce qu'il faut de magie, d'êtres-Fées et de sorciers pour ranger ce récit dans la catégorie fantasy urbaine sombre.<br /><div align="justify"><br />Dans ce roman, le premier de Martha Wells traduit en France, nous suivons les péripéties de Nicholas Valiarde, alias Donatien le maître cambrioleur, dont toutes les actions tendent vers la chute du comte Montesq, son ennemi juré. Jusqu'à ce qu'il ne se heurte à un adversaire inattendu dont l'usage de nécromancie commence à faire régner la terreur en ville. Pour lui faire face, Nicholas n'aura pas trop de l'aide de ses compagnons et associés, Madeline, la comédienne et reine du travestissement, Reynard, l'officier déchu jouisseur et gentleman, Crack, le tueur aussi laconique que hiératique, et Cusard, le cocher et homme à tout faire.<br />Tous les ingrédients du roman dumasien sont réunis ici : les personnages hauts en couleurs, les passions exacerbées (l'élan vengeur de Valiarde n'est pas sans rappeler celui du comte de Monte-Cristo), les intrigues tentaculaires et le souffle globalement épique qui baigne le récit, malgré un régime parfois inégal. Avec en sus l'aspect fantastique gothique renforcé par l'omniprésence de la nécromancie et des créatures terrifiantes (goules, revenants, gargouilles...) qui l'accompagnent, ce livre a tout pour intéresser un large panel de lecteurs.<br /><br />Cependant la proximité avec les récits d'aventure en général et les histoires de Dumas en particulier possède l'inconvénient de donner une impression de déjà-lu. Les personnages et leurs aspirations sont par exemple assez archétypaux, que l'on pense à Rive Montesq, un intrigant sournois et cruel qu'on ne peut faire autrement que haïr, à l'inspecteur Ronsarde, le policier sympathique et intègre, parfait pendant et antagoniste de Valiarde, ou à la vengeance calculée de Valiarde. Mais l'auteure est suffisamment habile pour avoir bien su doser l'apport de ses influences afin de rester dans la littérature de genre tout en développant une originalité qui lui est propre.<br />En revanche, les baisses de tension en partie dues au développement lent et méticuleux, pour ne pas dire trop descriptif, de l'intrigue, sont un peu moins pardonnables. L'auteure a à cœur d'être le plus précise possible, que ce soit dans les actions ou les pensées de ses personnages, et l'on a souvent l'impression de suivre leur aventure minute par minute. Ce manque d'ellipse confine parfois à l'étouffement, tant le lecteur doit assimiler un foisonnement d'informations. Heureusement, les multiples rebondissements, les dialogues piquants, le monde fascinant et le charisme des personnages suffisent largement à maintenir l'attrait de la lecture.<br /><br />Un récit non exempt de défauts, donc, mais dont la fraîcheur et la démarche de mêler littérature de cape et d'épées et fantasy gothique méritent d'être largement saluées.<br /><br />-- Michaël F.<br /><br /><em>Éditions Points Fantasy<br />662 pages<br />ISBN : 978-2-7578-0329-5</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-82950049327248310512008-05-10T17:36:00.004+02:002008-05-10T19:25:12.045+02:00"L’Eau noire – Les Cités Intérieures II" de Natasha Beaulieu<a href="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/SCXBVm72PgI/AAAAAAAAAFg/8LLcN793Lf0/s1600-h/Eaunoire.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5198773921842085378" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/SCXBVm72PgI/AAAAAAAAAFg/8LLcN793Lf0/s320/Eaunoire.jpg" border="0" /></a>Londres<br /><div align="justify">David Fox à échoué à maintenir Kaguesna, la Cité qu'il porte dans son esprit, intacte et déserte. L'étrange immortalité qui lui est accordée en récompense va-t-elle prendre fin ? Alors lui vient l'envie de laisser une trace de son passage. Une construction grandiose qui abriterait les œuvres d'arts, les livres recueillis aux cours des ans. Pour ce projet il a choisi une architecte de renom : Miss Blackwall… qui, très vite, l’intéresse aussi pour d’autres raisons.<br /><br />La Cité de Penlocke<br />À Penlocke, on dort le jour, on vit la nuit. À cause de la lumière insupportable. Et on ne sort jamais de la cité car Penlocke est une prison.<br />Pour Randy, serveur au Sensastrip, c'est normal. Il n'a jamais rien connu d'autre. Et il ne s'en était jamais soucié avant d'avoir rencontré Stick. Avant de devenir son amant.<br />Stick, qui parle d'autres cités, qui peut s'en aller ailleurs. Stick qui voyage grâce à l'eau noire.<br /><br />Montréal<br />Mercury Chesterfield, 94 ans, un corps d’ado, le don de sauter des hauteurs impressionnantes ou de suspendre le temps. Mais tout contact charnel avec un homme lui est néfaste, l’obligeant à fuir.<br /><br />François Moreau n'a plus de nouvelles de ses « amis étranges »... mais voilà que, sous ses yeux, un étrange androgyne sort de l'eau ! Ce dernier, Stick, lui apprend qu'il est à la recherche de Jimmy Novak ! François accepte de l'aider pour qu'en échange Stick l'aide à retrouver Mercury, avec qui il a eu une rencontre dramatique.<br /><br />Nouveau départ : une autre cité, de nouveau personnages. Mais nouveaux ou anciens tous sont attachants. Ensuite leurs destins s’entrecroisent et tous les éléments se combinent pour former une intrigue haletante. Récit complexe et de haute qualité.<br /><br />-- Sylvie<br /></div><br /><div><em>Éditions Alire (Fantastique / Noir)</em></div><div><em>403 pages</em></div><div><em>N° ISBN : 2-922145-75-1</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-18213629344079213792008-05-07T16:11:00.003+02:002008-05-07T18:07:41.557+02:00"Reine de Mémoire IV – La princesse de vengeance" d’Élisabeth Vonarburg<a href="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/SCG47cK6g-I/AAAAAAAAAFY/ELhOn95j4F4/s1600-h/reinememoire42.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5197638776276026338" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/SCG47cK6g-I/AAAAAAAAAFY/ELhOn95j4F4/s320/reinememoire42.jpg" border="0" /></a>Avec Princesse de Vengeance, nous voilà de nouveau embarqués aux côtés des petits-enfants Garance.<br /><div align="justify">À la suite de la brutale disparition de Jiliane, Senso et Pierrino ont été contraints de se séparer pour partir, chacun de son côté, à la recherche de leur sœur.<br />Jiliane, quant à elle, se familiarise avec les méthodes de divination de sa grand-mère, qui doivent l’aider à percer les mystères de sa famille.<br /><br />C’est avec un plaisir renouvelé que le lecteur retrouve ici la suite des trois précédents tomes de Reine de Mémoire.<br />L’auteur, Elisabeth Vonarburg, poursuit son récit dans un style toujours aussi agréable, empreint de poésie et de sensualité.<br />Elle parvient à relever l’ambitieux défi de concilier un roman d’aventures, palpitantes, avec un discours politico-religieux, plutôt complexe. Par ailleurs, passer d’un héros à un autre comme elle le fait à chaque changement de chapitre, oblige son lecteur à une certaine gymnastique cérébrale, nullement déplaisante ; ce procédé traduit bien la simultanéité des évènements et donne du rythme à l’ensemble du récit.<br /><br />À la fin de l’ouvrage, les héros et le lecteur qui les accompagne ont grandement progressé sur le chemin de la Vérité : elle est là, toute proche, encore quelques pas de plus et ils pourront enfin l’atteindre.<br />Nul doute qu’Elisabeth Vonarburg saura les leur faire franchir avec aisance et en déployant le même talent d’écrivain auquel elle les a habitués.<br /><br />-- Psyché<br /><br /><em>Éditions Alire<br />467 pages – 15, 95 €<br />N° ISBN : 9-782896-150533</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-38503976995539798492008-05-05T18:16:00.003+02:002008-05-05T20:54:30.887+02:00"Les éveillés" de Jérôme Camut et Nathalie Hug<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SB8z2vJJGGI/AAAAAAAAAFQ/WOSx0xxBtZo/s1600-h/eveilles2.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5196929510469605474" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SB8z2vJJGGI/AAAAAAAAAFQ/WOSx0xxBtZo/s320/eveilles2.jpg" border="0" /></a>Au centre du roman, un tueur, « le » tueur, avec tous les attributs classiques : beau, fort, séduisant, malin, mais privé d’affects : il se révélera cruel, impitoyable, sardonique, rempli du sentiment de son invincibilité.<br /><div align="justify">Une jeune femme, Élise, qui sera sa victime, sa « chose », sa « marionnette » : délicate, douce, « un ange », elle a le pouvoir, à travers des visions de lumière et de terribles maux de tête, de tirer du coma les patients de l’hôpital où elle exerce comme infirmière, entièrement dévouée à ses patients. C’est elle qui ramènera le tueur à la conscience. Elle mourra dans d’atroces souffrances.<br />Un homme, Pierre, qui vient à douter de sa naissance, la recherche et partage sans le savoir les mêmes maux de tête et les mêmes formes de visions – prémonitoires, symboliques – surtout lorsqu’il passe, toujours sans le savoir, à proximité de la jeune femme séquestrée et mourante.<br />Une autre jeune femme, Salah, sauvée elle aussi du coma par la jeune infirmière, sera le pivot du roman : c’est elle qui partira à la recherche du passé d’Élise, qui rencontrera Pierre qu’elle aimera d’un amour aussi vite anéanti par le destin que fulgurant.<br />Pour arriver au bout de l’histoire, il faut traverser tous les meurtres qui laissent un sentiment de vide : ils meurent tous, nos héros et les personnages « secondaires », sauf la jeune Salah et Réjane, son amie journaliste.<br />Il faut saisir une interprétation des rêves originale, inattendue, intéressante, puis une explication d’abord ésotérique puis scientifique des visions de nos deux héros, que l’on découvre atteints d’une maladie mortelle et héréditaire.<br />Il faut suivre la piste symbolique d’un bijou étrange, attisant un intérêt qui s’égaille dans des chemins où s’imbriquent histoire réelle, légendes initiatiques et contes merveilleux.<br />Le combat final fait penser à un affrontement de chevaliers, celui du bien et du mal ; on peut regretter le mépris à peine masqué du jeune et fringant sergent pour un supérieur qui prend de l’âge, et la petite guerre entre les polices. Était-ce bien utile ? On s’interroge sur le devenir du château et de la grotte, clé ultime de l’énigme.<br />Que reste-t-il ? Un enfant, né des amours de Pierre et de Salah, une petite fille qui miraculeusement n’est pas atteinte de la terrible maladie.<br />On termine ainsi avec les valeurs d’espoir que portent le retour aux sources, à la tradition, à la simplicité, dans le pays de Salah, et l’amour, le plus beau cadeau de la vie…<br /><br />Se voulant tout à la fois roman policier, fantastique, ésotérique, où ne sont pas négligées des interprétations scientifiques et historiques un peu audacieuses, ce livre sait « accrocher » son lecteur, mais on ressent bien jusqu’à la dernière page que les auteurs n’ont pas vraiment voulu opter pour un genre affirmé, contrariant d’une certaine façon le rythme de l’action entre des plans de réalité différents.<br /><br />-- Kate Ditchburn<br /><br /><em>Éditions Calmann-Lévy<br />415 pages – 18,90€<br />ISBN : 978-2-7021-3899-1</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-37441433959655662112008-04-27T18:17:00.009+02:002008-05-10T19:23:19.721+02:00"Les motifs de l’ombre – La ronce d’or I" de J.V. Jones<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SBSnYvJJGFI/AAAAAAAAAFI/9WoPIqn16zc/s1600-h/ScannedImage-4.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5193960313678534738" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SBSnYvJJGFI/AAAAAAAAAFI/9WoPIqn16zc/s320/ScannedImage-4.jpg" border="0" /></a>C’est pour échapper une nouvelle fois à un amant que Tessa Mc Camfrey, roulant au hasard dans la campagne, va se retrouver dans une forêt où ont été abandonnés les restes du casse d’une banque. Tous les objets de valeur ont disparu mais, parmi les documents abandonnés et déchirés, Tessa, curieuse, découvre une singulière petite bague, tressée de fils d’or barbelés, demeurée inaperçue dans une doublure d’enveloppe. Et elle a tellement envie d’y passer le doigt, même si les petites pointes qui semblent alors s’inverser l’égratignent durement !<br /><div align="justify">Voilà au moins une chose inattendue dans une vie ennuyeuse, consacrée à un boulot ennuyeux et à des relations qui finissent toujours par l’ennuyer…<br />Peut-être cette jeune anglaise vivant en Californie aurait-elle eu une autre destinée si de terribles crises d’acouphènes ne l’avaient empêchée de poursuivre dans la voie qu’elle aurait choisie. Mais dès qu’elle se trouvait confrontée à trop de bruit ou qu’elle se consacrait à quelque chose de vraiment passionnant, comme tenter de suivre les entrelacs d’un bijou celte, ou d’une enluminure, jusqu’à y discerner l’amorce d’une signification cachée, le bourdonnement revenait, si violent qu’elle s’en évanouissait parfois.<br />Mais voilà qu’en passant cette bague, cela s’était tu, mais qu’elle se retrouvait en grand danger dans un monde étranger.<br />Dans cette situation fort délicate, elle aura donc bien de la chance de croiser Ravis, un mercenaire qui, en dépit de sa fureur de se trouver dépossédé (le vaisseau sur lequel était tout son bien est parti sans lui) ne saurait abandonner une femme en détresse.<br />Ceci dans un temps où Izgard, le sanguinaire roi du Garizon, se proposant de conquérir l’ensemble des pays voisins avec l’aide de soldats qu’une magie inconnue transforme en véritables fauves, vient de faire assassiner le seul seigneur qui l’a emporté sur les soldats du Garizon cinquante ans auparavant et aurait légitimement pu s’opposer à lui. À ce vieil homme qui rêvait désormais de paix, Camron de Thorn, son fils, va vouloir offrir une vengeance exemplaire.<br />De ces trois personnages qui vont se croiser, l’auteur aurait pu tirer une de ces histoires de fantasy si parfaitement classiques qu’elles en deviennent quelque peu monotones. Elle y a toutefois introduit le merveilleux fil conducteur de l’enluminure.<br />C’est ainsi que Tessa finira par découvrir son pouvoir sur ce monde et comment elle y fut conduite. L’art du scribe est néanmoins fort dangereux et cela ne sera pas un luxe que de recevoir l’aide d’Emith, l’apprenti qui sait tailler les pinceaux et préparer les pigments et qui savait, ou bien avait deviné, les chemins que suivait son vieux maître, Deveric, conseiller royal qui mourut en tachant de cinq gouttes de sang l’extraordinaire parchemin qu’il venait d’achever…<br />Voilà une véritable épine dans la chair d’Izgard de Garizon, dont la couronne barbelée est l’exacte réplique de la bague de Tessa, et qu’il entend bien extirper.<br />Voilà un livre que j’ai lu avec plaisir et dont j’attends la suite.<br /><br />-- Hélène<br /><br /><em>Éditions Calmann-Lévy<br />349 pages – 19€<br />ISBN 978-27021-3892-2</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-77969326158658383422008-04-23T16:53:00.004+02:002008-04-23T21:45:08.235+02:00"Si l’oiseau meurt" de Francine Pelletier<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SA9OJ_JJGEI/AAAAAAAAAE8/c5zHaq0qTro/s1600-h/ScannedImage-3.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5192454828857038914" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SA9OJ_JJGEI/AAAAAAAAAE8/c5zHaq0qTro/s320/ScannedImage-3.jpg" border="0" /></a>Francine Pelletier nous amène ici à découvrir Manu, Emmanuel Rose, en même temps qu’il se découvre lui-même.<br /><div align="justify">Le temps de l’enfance heureuse va lui être très court car, même s’il joue avec joie avec le petit Paul, c’est sous la constante surveillance d’un médicaide et celle, virtuelle, de la docteure Gurtu, puisque, à tout moment, il peut faire une crise. Manu, lui, n’a plus douze ans, c’est un jeune homme, même s’il ne perçoit pas la pleine signification des messages que lui adresse son corps lorsque Marthe, la grande sœur de Paul, l’entoure de ses bras consolants. Sa santé est fragile aussi, même s’il ne sait de quoi il souffre exactement.<br />Il a été gravement malade et, s’il se sent à l’abri en vivant avec eux dans la famille du docteur Laganière, il a parfois des flashs bien effrayants. Il retrouvera sa mémoire, l’assure-t-on. Mais après une courte incursion buissonnière dans le « Monde », habituel mais tout à fait virtuel, où l’embarquera Paul, il va s’attacher de toutes ses forces à retrouver cette mémoire.<br />Un oiseau blessé qu’il va recueillir lui sera un premier choc : il ne s’agit pas d’une espèce de la Terre ! Il n’est pas évident de se savoir issu d’un caisson de cryogénisation et dernier survivant d’une épave spatiale. Malgré tout, l’affection de sa famille d’adoption et l’irrépressible besoin d’aider qu’il va se découvrir alors vont le pousser, à son tour, vers des études médicales qui feront de lui un sauveteur.<br />Ainsi va-t-il épouser Marthe et pourrait-il être heureux. Mais les souvenirs affluent et ce sont d’affreux souvenirs. Il va donc chercher à s’éloigner, le plus possible, mais sera pourtant rattrapé par son passé.<br />Voici une écriture bien inhabituelle, très dure, mais aussi une très fine variation sur l’inné et l’acquis qui ne manque assurément pas d’intérêt.<br /><br />-- Hélène<br /><br /><em>Éditions Alire<br />337 pages<br />ISBN 9-782896-150205</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-59443776692731782832008-04-20T15:12:00.003+02:002008-04-20T21:27:37.977+02:00"Le Bois de Merlin" de Robert Holdstock<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtB9iL9O1I/AAAAAAAAAE0/kEF9ioIw3JI/s1600-h/bois+de+merlin.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5191315520879410002" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtB9iL9O1I/AAAAAAAAAE0/kEF9ioIw3JI/s320/bois+de+merlin.jpg" border="0" /></a>La forêt de Brocéliande…<br /><div align="justify">Cette forêt, rendue célèbre par la légende arthurienne, source de moult inspirations tant littéraires que picturales, est ici le cadre d’une nouvelle fiction, Le Bois de Merlin.<br />L’auteur, Robert Holdstock, y ancre son histoire qui n’est pas déterminée dans le temps, et qui pourrait fort bien se dérouler de nos jours.<br />À l’occasion des obsèques de sa mère, le héros, Martin, retrouve sa terre natale dont il s’était éloigné depuis plusieurs années, et Rebecca, sa sœur adoptive.<br />Malgré les sévères mises en garde de leurs proches et de leur défunte mère, Martin et Rebecca s’établissent ensemble et donnent le jour à un fils, Daniel. Cet enfant, très gravement handicapé (il est sourd, muet et aveugle), verra peu à peu ses sens se développer tandis que ceux de sa mère disparaîtront…<br /><br />Avec Le Bois de Merlin, Robert Holdstock nous livre un récit étrange, parfois inquiétant même. Il en profite pour revisiter le mythe de Merlin et de Viviane, et imaginer une nouvelle version de la guerre qu’ils se sont livrée et qu’ils continuent de mener.<br />L’histoire est, somme toute, assez courte et relatée dans un style simple qui se laisse agréablement lire.<br />Certes, voilà un ouvrage supplémentaire sur la légende de l’Enchanteur et de sa rivale, mais il s’agit là d’une histoire tout à fait originale qui relie le présent au passé.<br />Le lecteur ne découvrira peut-être pas là un grand livre de référence, mais il y trouvera assurément un moment plaisant de lecture et de détente.<br /><br />-- Psyché<br /></div><div align="justify"><br /><em>Le Livre de Poche<br />314 pages – 6 €<br />ISBN : 978-2-253-11803-9</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-215419757409027732008-04-20T15:10:00.003+02:002008-04-20T21:25:49.069+02:00"Ensorcellement – Le couteau du partage I" de Loïs Mac Master Bujold<a href="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtBDCL9O0I/AAAAAAAAAEs/CbuMIEbDL0E/s1600-h/20080124_ensorcellement2.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5191314515857062722" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtBDCL9O0I/AAAAAAAAAEs/CbuMIEbDL0E/s320/20080124_ensorcellement2.jpg" border="0" /></a>En fuyant la ferme familiale, Faon ne se rend pas compte des dangers en se rendant seule à Forgeverre. Son destin va lentement basculer en rencontrant par hasard les Marcheurs du Lac, mystérieux défenseurs combattant les Spectres... Et ces monstres, qu’elle n’aurait jamais pu imaginer.<br /><div align="justify">Dans des circonstances très éprouvantes, elle va lier son destin de façon inattendue à Dag Hickory, et une improbable histoire d’amour va lentement se tisser.<br /><br />Ensorcellement est un bon petit roman de détente, fleur bleue et réfléchi écrit par une auteur très douée pour traduire les sentiments. Malheureusement, de la part de Loïs Mac Master Bujold et au vu de son cycle de Chalion, ce nouveau cycle paraît fade. Elle utilise une thématique trop connue, l’amour interdit dans deux cultures bien distinctes, et enrobe de douceur l’ensemble dans un univers toutefois hostile et implacable. L’ensemble est parfait pour un jeune lecteur, mais les plus expérimentés auraient aimé retrouver la force d’un plus égalable à la mythologie des Cinq qui sublimait Chalion.<br />Un roman agréable, mais décevant face au talent de l’auteur.<br /><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Éditions Bragelonne<br />20€<br />ISBN 978-2-35294-141-5</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-81165423751134050182008-04-20T15:08:00.003+02:002008-04-20T21:24:21.961+02:00"Royaume Désuni" de James Lovegrove<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtAjyL9OzI/AAAAAAAAAEk/P5Ri_siB0pk/s1600-h/20080328royaumegd.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5191313978986150706" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtAjyL9OzI/AAAAAAAAAEk/P5Ri_siB0pk/s320/20080328royaumegd.jpg" border="0" /></a>Dans une Angleterre dévastée suite au pari Malchanceux, le village de Downbourne est relativement protégé des attaques et bien préservé. Après tout, cinq ans se sont déjà écoulés depuis les évènements qui ont exclus la Grande Bretagne de la communauté internationale, et la vie se déroule bien vu les conditions. Jusqu’au jour où une bande Londonienne arrive en véhicules à moteur (quelle dépense d’essence !) pour se réapprovisionner... en femmes.<br /><div align="justify">Et Fen Morris, l’instituteur du village va partir, pour tenter de sauver celle qu’il aime...<br />Dans Royaume Désuni, James Lovegrove présente les habitants d’un pays exclu, ravagé par les bombardements hasardeux de la Communauté Internationale qui prétend sauver ce qui peut le rester. Après tout, comment réagirions-nous face à un tel désastre ? Fen Morris découvrira tout au long de son parcours les déviances de nombreux êtres qui n’arrivent tout simplement pas à accepter leur destin.<br />L’auteur met le doigt sur nos certitudes vis-à-vis du luxe de nos vies, et leur fragilité, et nous force à réfléchir sur notre propre condition. L’ensemble est très bien écrit, et l’intrigue cohérente et angoissante marque le lecteur pour longtemps. Après tout, cette quête initiatique pourrait presque être la nôtre, un jour...<br /><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Éditions Bragelonne<br />20 €<br />ISBN 978-2352941552</em> </div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-54122655189892478572008-04-20T15:06:00.003+02:002008-04-20T21:22:38.368+02:00"La fée des dents" de Graham Joyce<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtAKiL9OyI/AAAAAAAAAEc/whW542W_GUo/s1600-h/20080328feegd.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5191313545194453794" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/SAtAKiL9OyI/AAAAAAAAAEc/whW542W_GUo/s320/20080328feegd.jpg" border="0" /></a>La vie de Sam bascule le jour où il rencontre la Fée des dents.<br /><div align="justify">C’est qu’elle ne ressemble pas tout à fait à l’image que l’on se fait d’elle : l’être bienveillant, voire la petite souris française, ressemble bien plus à un être maléfique au sexe indéterminé. Et simplement parce que Sam a su la voir, Quenotte va le suivre, ainsi que ses amis tout au long des années, et influencer fortement leur avenir.<br />Dans la lignée des romans de Graham Joyce, on se retrouve une nouvelle fois face à un <em>ovni</em>. Mi roman fantastique, mi quête psychologique, l’ensemble est aux limites de l’imaginaire. La limite entre la réalité et les délires psychiatriques est très fine, et on se laisse porter par l’histoire de Sam et ses deux meilleurs amis. Leur jeunesse ne se fera pas sans heurts et drames, mais leur amitié et les autres personnages secondaires intriguent le lecteur, fasciné par ces aventures assez rudes, et la vision de l’Angleterre des années 60/70.<br />L’ensemble est très bien construit, les rebondissements percutants et ne vous laissera pas indifférent. Si vous avez apprécié Requiem, du même auteur, tout particulièrement. Graham Joyce apporte une touche décalée au fantastique fascinante, régulièrement récompensée qui distingue le genre et l’enrichit.<br /><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Éditions Bragelonne<br />20€<br />ISBN 978-2-35294-158-3</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-87325398194048716492008-04-11T17:07:00.006+02:002008-04-12T21:50:01.888+02:00"Le Prince de Bactriane" de Muriel Carminati<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_-C-Hx_P2I/AAAAAAAAAEU/FB9O6AepnkU/s1600-h/9782916517179.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5188009299506315106" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_-C-Hx_P2I/AAAAAAAAAEU/FB9O6AepnkU/s320/9782916517179.jpg" border="0" /></a>C’est au cours de son voyage vers le lointain royaume d’Açoka que Mégasthène va rencontrer l’exubérant Diodote et découvrir que celui-ci ne manque cependant pas de courage. Après tout l’amour rend bavard et si Mégasthène, malgré sa fierté de devenir ambassadeur des Séleucides, éprouve quelque regret de quitter sa famille, Diodote, lui, est tout au bonheur de retrouver la sienne et, surtout, la belle Olympias dont il est resté trop longtemps séparé.<br /><div align="justify">Hélas, si l’adorable jeune fille lui rend volontiers ses sentiments, elle n’est pas celle que son père lui a choisie. Après tout, elle est n’est « que » la fille du général Thrasybule, le brillant vainqueur de tribus nomades de plus en plus inquiétantes mais est-ce suffisant pour le fils du satrape de Bactriane ? Une Bactriane dont il entend bien devenir le prince ?<br />Le sort de Diodote est alors fixé, c’est la belle princesse captive Sourayoum qu’il devra épouser. Il ne le veut pas ? qu’importe ! Son père le veut, la jeune fille aussi et toutes les larmes qu’il pourrait verser ne rendront pas la vie à la charmante Olympias.<br />L’enlèvement du jeune homme va briser net ce mariage arrangé… et Sourayoum, qui n’en est pas innocente, aura tout le temps de s’en mordre les doigts.<br />C’est au prix d’une longue aventure que Diodote, devenu esclave, retrouvera son ami Mégasthène à la cour du roi Açoka et il aura appris, entre temps, le prix de la sagesse et de la vraie liberté. L’enseignement qu’il aura tiré d’un séjour auprès des bouddhistes sera entendu par le roi philosophe que le jeune ambassadeur n’aura pu tout à fait convertir aux lumières grecques et c’est en réfléchissant à ce que l’Orient pourrait, lui, apporter à l’Occident, que les deux jeunes gens repartiront vers Bactres.<br />Un roman pour la jeunesse qui change agréablement des poncifs habituels et donc à lire avec plaisir.<br /><br />-- Hélène<br /></div><div><br /><em>Éditions Le Navire en pleine ville<br />218 pages – 17€<br />ISBN 978-2-916517-17-9</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-81471540086042127062008-04-10T16:40:00.007+02:002008-04-16T21:08:35.263+02:00"Le chevalier d’Éon" de Tow Ubukata<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_4rTnx_P1I/AAAAAAAAAEM/loZw4vW9sro/s1600-h/docu0014.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5187631436873547602" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_4rTnx_P1I/AAAAAAAAAEM/loZw4vW9sro/s320/docu0014.jpg" border="0" /></a>Le chevalier d’Éon est une figure connue par son ambiguïté. Une ambiguïté que l’on va retrouver ici puisque ce premier roman est bien un « roman » mais à la fois une aventure fantastique servant de prologue à une série qui sort parallèlement en DVD et en manga.<br /><div align="justify">Le départ est un retour sur la séparation du jeune garçon et de sa sœur, aînée de bien peu, Lia. Tous deux vont échanger leurs anneaux en gage de promesse. D’Éon de Beaumont portera celui de sa sœur, marqué du F de la féminité et Lia, celui marqué du M de la masculinité jusqu’au jour où ils pourront se retrouver et être adulte.<br />C’est donc le jeune adulte qu’il est devenu que nous retrouvons arpenter les pavés de Paris sous l’uniforme d’agent, et sous la responsabilité de son oncle, Préfet de police, à une période où les rondes se sont multipliées après des enlèvements répétés de jeunes femmes proches de la Cour.<br />À la pensée qu’il va justement être présenté à cette Cour et y retrouver sa gracieuse sœur, le jeune homme est tout à sa joie mais c’est en réalité le roi soi-même qu’il va rencontrer alors que sa sœur aura été enlevée à son tour. Là encore, aucune autre trace que les cadavres des gardes qui l’accompagnaient et, comme lors des enlèvements précédents, écrites avec du sang, les lettres P-A-L-M-S.<br />La ténacité d’Éon va payer puisqu’il retrouvera, mais trop tard, quelques-unes de ces jeunes femmes et sera délivré de la prison, où il s’est fait piéger, par un jeune garçon inconnu mais appartenant lui aussi au service du roi.<br />C’est ainsi qu’à la recherche de sa sœur dont tout son instinct assure qu’elle est vivante, Éon partira avec ce compagnon vers l’Italie, portant tout à la fois son espérance et une mission relevant du Secret du Roi.<br />Qui est le mystérieux inconnu qui se fait appeler Notre Père et laisse des messages codés partout sur son passage ? Qu’en est-il de cette gargouille-poétesse à laquelle les meurtres font référence ? Et quel rôle joue l’oncle des jeunes gens dans cette mystérieuse affaire ?<br />Vous le saurez, mais en partie seulement, en suivant le héros en Italie dans cette première aventure, tout appropriée à la jeunesse, où il mettra ses pas dans ceux de sa sœur avant de découvrir à quel point ils sont liés tant par l’esprit que par la vertu de leurs bagues…<br /><br />-- Hélène<br /><br /><em>Éditions Calmann-Lévy<br />187 pages – 14,50€<br />978-2-7021-3890-8</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-79347274762529414432008-04-08T14:16:00.003+02:002008-04-08T19:03:02.182+02:00"Le Sablier Vert " de Michel Jeury<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_ti6FH0oPI/AAAAAAAAAEE/2gNoKye2Q3Q/s1600-h/sablier+vert.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5186848145794179314" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_ti6FH0oPI/AAAAAAAAAEE/2gNoKye2Q3Q/s320/sablier+vert.jpg" border="0" /></a>L’Eristan est un empire féodal où seuls les puissants détiennent la technologie afin de mieux assurer leur domination sur une population des plus misérables.<br /><div align="justify">Dans cette société obscurantiste vit Taël Ohélen, un jeune architecte qui s’insurge contre les fallacieux préceptes inculqués par l’Empire et qui souhaite s’en affranchir. Son rêve ? découvrir le légendaire Sablier Vert, objet bien mystérieux qui détiendrait les clés de l’Avenir.<br />Certes, l’aventure ne sera pas aisée, mais Taël mènera à bien sa quête : la Vérité lui sera révélée.<br /><br />D’une facture simple, Le Sablier Vert est un roman qui se laisse agréablement lire, malgré un manque de rythme dont souffre une bonne partie du récit. L’auteur, Michel Jeury, s’y adresse tout particulièrement au jeune public et a choisi pour ce faire un style épuré.<br />Malgré cette simplicité apparente, l’écrivain aborde des sujets graves, tout autant philosophiques qu’écologiques, et amène son lecteur à s’interroger sur le bonheur, mais aussi sur le temps, l’avenir : comment le construire ? comment maintenir le rêve et donc l’envie ?<br />Autant de questions que les adultes oublient parfois de se (re)poser et qu’ils doivent pourtant garder en mémoire, tant pour eux-mêmes que pour leurs enfants, car les enfants sont les adultes de demain : ils sont l’avenir, que chacun doit aider à construire.<br /><br />-- Psyché<br /><br /><em>Éditions Le Navire en Pleine Ville<br />302 pages – 17 €<br />ISBN 978-2-916517-14-8</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-56760184002304673982008-04-08T14:09:00.005+02:002008-04-08T19:02:15.782+02:00"Aria des Brumes" de Don Lorenjy<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_th2FH0oOI/AAAAAAAAAD8/Dviv0mI68no/s1600-h/aria+des+brumes.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5186846977563074786" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R_th2FH0oOI/AAAAAAAAAD8/Dviv0mI68no/s320/aria+des+brumes.jpg" border="0" /></a>À l’instar du père Christophe qui, au début de "La famille Fenouillard" je crois, se targuait déjà de "faire du neuf avec du vieux", Don Lorenjy semble s’être livré, à travers ce récit d’une composition assez classique mais dont il manie les rebondissements avec une aisance enviable, à une entreprise de rafraîchissement (voire de remodelage) de quelques-uns des grands "lieux communs" de la SF, de l’âge d’or à nos jours, entreprise mise au service de ce qui a nettement été conçu comme un Bildungsroman, dans un récit pétri d’humanisme et de sensibilité. S’emparant de ces clichés, l’auteur leur offre en quelque sorte un nettoyage à sec et nous les rend, repassés et pliés à sa guise, en un costume dont il revêt l’argument suivant : Carl, homme au moins à demi artificiel, super soldat et machine à tuer de son état, est lâché, au cours d’une intervention militaire, sur la planète Aria dont une particularité – à laquelle ni ses supérieurs de l’Alliance, ni lui-même ne sont préparés – fera lamentablement capoter la mission. Or il parvient néanmoins, peu à peu, à entrer en phase avec ce nouvel environnement pour finir par en retirer un inestimable enrichissement de sa personnalité : de créature manichéenne, affectivement immature, à la fidélité caricaturale envers l’Alliance, fidélité en réalité fabriquée de toutes pièces, et ne disposant en outre que d’une mémoire sujette à caution (un personnage dira de lui qu’il est "un garçonnet (…) avec de quoi faire sauter une planète", "doté d’une banque mémorielle sélective uniquement orientée dans le sens de [sa] tâche à venir"), il deviendra un être pourvu d’empathie, capable de choisir à qui doit aller sa fidélité et possédant donc un libre-arbitre, doué du sens de l’humour, sensible aux nuances... un homme achevé, quoi.<br /><div align="justify">Si passionnant que soit cet aspect de "roman d’apprentissage" (au sens romantique de "rupture entre une âme pleine d'idéaux et une réalité qui résiste", selon la définition de J. Jacobs), j’aimerais plutôt revenir sur les topoï, les "lieux communs" qui constituent le corpus SF du récit, parce que leur "écart" par rapport au cliché originel constitue également, à mon sens, une des grandes richesses du texte.<br />Premier topos "renouvelé", ces "furets" auxquels vont être confrontés Carl et l’équipe d’intervention lorsque, en début de roman, ils déboulent (au sens propre) sur Aria. Des parasites psychiques qui, après avoir repéré un esprit, s’y installent et se comportent dès lors comme une chambre d’écho pour les émotions – puisque se nourrissant d’icelles. Les camarades de Carl, du reste, n’y survivront pas et se canarderont joyeusement les uns les autres dès que les furets auront intégré leur esprit. Or une entité immatérielle qui se repaît des émotions, les amplifie et, lorsqu’elles sont négatives, les retourne contre les humains … On a déjà lu (on songe par exemple à "Guerre aux invisibles" d’Eric Franck Russel) ou, tiens, vu cela, comme dans "Planète Interdite", film des années cinquante à la sublime esthétique kitch, transposition évidente de "La Tempête" de Shakespeare, où un Prospero / savant fou utilise cette entité pour donner corps à sa haine des visiteurs d’outre-monde sous la forme d’un effroyable et invincible monstre / Caliban (lui-même clin d’œil au lion rugissant de la MGM). Seulement, pareille créature, il fallait avoir l’idée superbe de la transformer en la condition <em>sine qua non</em> permettant l’établissement d’une société non-violente fonctionnant comme une utopie anarchiste… et protégeant en outre cette société de l’intervention d’un ennemi extérieur. Voilà donc pour les furets (jolie trouvaille onomastique au passage, avec l’idée de violence féroce <em>mais</em> domesticable que recèle le mot) : chaque Arian doit, dès l’enfance, apprivoiser sa bestiole immatérielle, apprendre à composer avec et surtout veiller à ne pas se laisser déborder par ses émotions. Une obligation de sagesse, en quelque sorte, au sens où l’entendent Sénèque et les stoïciens : renonce à tes émotions, dangereuses car elles te font plonger dans un monde de bruit, de fureur et de confusion.<br />Tous les Arians cependant ne parviennent pas à composer avec leurs furets. Certains d’entre eux sont alors enlevés – sauvés ? – par une autre communauté, laquelle demeure secrète aux yeux de la plupart des habitants, qui appellent ses membres "les Traqueurs", alors qu’eux-mêmes se nomment "la Compagnie des Brumes" ou simplement "les Brumes" (celles dont il est question dans le titre). Une opération nommée le flashage est alors pratiquée, qui amène l’individu en question aux portes de la mort. Quand il en revient, son furet est désormais inopérant en tant que chambre d’écho psychique ; en revanche, "réfugié dans le cortex reptilien", il paraît avoir doté son hôte – mais ce n’est pas systématique – d’un talent qui s’apparente à un pouvoir psi : télékinésie, télépathie, don de guérison ou autres. On se retrouve alors, deuxième topos, face à une équipe évoquant assez nettement les X-Men, et comportant même l’équivalent du professeur Xavier, à savoir Piotr, premier d’entre eux à avoir subi le flashage, qui est "un vestige d’homme", souffrant de graves handicaps physiques. Mais le narrateur ne montre ces Brumes ni comme d’inquiétants "mutants" agissant dans l’ombre pour influencer le destin d’Aria (si la Compagnie des Brumes reste secrète, c’est avant tout "par égoïsme et prudence"), ni comme des "surhommes" qui se sentiraient le devoir moral de gouverner la planète (ils n’auraient aucune chance d’y parvenir, nous précise d’ailleurs un passage : les Arians ne se sont pas affranchis de l’autorité de l’Alliance, grâce aux furets, pour retomber sous une autre coupe). Non : les Brumes sont des Arians émancipés, parmi ceux qui, n’étant pas parvenus à s’adapter à leur environnement, s’en trouvaient profondément malheureux. Un personnage dira, après un flashage ressenti comme "une bénédiction" : "Je sens enfin que je n’ai plus à jouer ce rôle inflexible et sage que l’on attendait de moi. Je peux croquer la vie". Certes, les furets ont permis l’apparition d’une société non-violente. Cependant, nuance le narrateur, ils ont plutôt <em>forcé</em> cette société à devenir ainsi, et le prix à payer était l’abandon d’une certaine liberté de choix. À cette prise de conscience de l’acquisition d’un réel libre-arbitre par un Arian "mal intégré" fait du reste écho, dans la même page, celle de Carl (quoique la liberté toute neuve de ce dernier soit plutôt le fait de son déconditionnement du mode de pensée de militaire) : « Plaisir et soulagement mêlés, plénitude, sérénité confiante ouverte sur un champ infini de possibles. »<br />Autre topos renouvelé, autre invention, amusante ici : l’Agora. Le nom est transparent. Il s’agit, ni plus ni moins, d’un "forum de discussion", en Réalité Virtuelle, où se retrouvent, à des fins de confrontation démocratique des points de vue, les membres de la Compagnie des Brumes. Mais cette Réalité Virtuelle-là n’est pas le fait de l’informatique. Après avoir mentalement entamé une chansonnette (je vous laisse découvrir laquelle^^), on est transporté en esprit dans un micro-univers artificiel engendré par l’une ou l’autre des Brumes qui en a le talent. Une jolie trouvaille tient en ce que l’esthétique du lieu est fonction des goûts de son administrateur ou plutôt de son créateur, "la personnalité d’accueil" (Don Lorenjy se divertit même à nous montrer, à un moment, un créateur peu doué, imitant l’œuvre d’un de ses aînés, et qui lorsqu’il se laisse prendre par la discussion perd le contrôle de sa création, causant "une brutale inversion des perspectives" dont tout le monde ressort malade). L’évocation de ce « super-forum » – elle prend tout son sens quand on sait combien l’auteur se plaît à hanter les forums SFFF – n’est pas gratuite. Elle s’inscrit dans le discours global du roman sur le libre-arbitre et la liberté. Ainsi, après un incident avec une Brume violemment hostile à Carl, un personnage fera l’analyse suivante : "L’Agora a les défauts de ses qualités : la liberté de ton autorise toutes les dérives." On le voit, la description de la contre-utopie des Brumes n’est pas plus simpliste que ne l’est celle de l’utopie des Arians vivant en harmonie avec leur furet ou, selon le point de vue, soumis à la bestiole.<br />Je ne m’attarderai pas sur les autres rénovations de "lieux communs", on serait plus dans le catalogue que dans la chronique. Certes, la Terraform Company veillant jalousement sur ses intérêts, ce n’est pas bien loin, par exemple, du cynique "retour sur investissement" mis en scène par Peter Hamilton dans "Dragon déchu" ; certes, l’homme-plus, le soldat du futur suréquipé, est présent tout au long de l’histoire de la SF, du Steve Austin de "the Six Millions Dollars Man" au Takeshi Kovacs des romans de Richard Morgan… À chaque fois, néanmoins, répétons-le, Don Lorenjy trouve une manière de nuancer son approche : Terraform n’est pas seulement une entreprise capitaliste, froide et impitoyable, "elle poursuit [aussi] une mission hautement louable", œuvrant à long terme pour la prospérité de l’humanité (cependant, c’est bien parce que la guerre est "contreproductive" qu’un accord final sera trouvé entre Arians et représentant de la Company). Le super soldat a beau être une redoutable arme de guerre, il n’est au point de vue émotionnel qu’un enfant. Ou un ange, tant il manifeste peu d’orientation sexuelle… au début de son parcours initiatique, du moins.<br />Une ou deux notations narratologiques, ainsi qu’un ou deux points par lesquels je tempérerai d’un bémol mon enthousiasme, achèveront cette déjà trop longue chronique.<br />Alors, pour ce qui est de la narration, j’applaudis déjà à ce choix de l’auteur : il a écrit son roman au présent, se débarrassant de la contrainte de plus en plus artificielle de la relation des péripéties aux passé simple/imparfait. Contrainte qui, de fait, aboutit à des absurdités grammaticales, comme le non-respect de la concordance des temps : combien de récits écrits aux temps du passé ne présentent plus un seul imparfait du subjonctif, l’auteur ou le traducteur estimant que son lecteur trouvera bizarroïde ou cocasse cette forme verbale ? Il choisit le subjonctif présent et, donc, à "Il valait mieux que tu ne susses rien", substitue platement (et inexactement) : "Il valait mieux que tu ne saches rien"... senti comme moins ridicule. Mais pourquoi ne pas s’affranchir carrément, une fois pour toutes, de ces temps moribonds que sont passé simple ET formes passées du subjonctif ? Par désir de préserver la beauté de la langue ? Pour n’être pas vu comme le fossoyeur d’un trésor national ? Si c’est au prix de contorsions grammaticales, autant aller jusqu’au bout ! En outre, employé comme temps principal, ce présent me paraît permettre un récit moins distancié et capable de rendre l’émotion plus intensément – ainsi, dans le roman de Don Lorenjy, ajoute-t-il réalisme et intensité à une scène déjà fort réussie comme, mettons, celle de la chasse au "Phaco’Cerf".<br />Deuxième (et, c’est promis, dernière) notation narratologique, le lecteur appréciera le brio de l’auteur dans le maniement des points de vue, aussi bien au sein de la macrostructure que dans la structure fine. Entre ces trois brefs passages autodiégétiques (j’emploie avec une gourmandise pédante ce mot barbare signifiant tout bêtement "récit au JE") que sont le prologue, l’interlogue et l’épilogue, marquant trois temps forts en début, milieu et fin de récit, où l’on colle au plus près aux sensations / sentiments de Carl, avec pour le lecteur une impression de réalisme brutal, presque de choc à l’estomac, trois temps qui procurent aussi une solide charpente au roman, on est, pour le reste du texte, dans du "récit au IL". Et pourquoi diable, au fait ? À mon avis, c’est parce qu’alors, si la focalisation se porte sur le personnage principal de Carl, super-soldat-qui-peu-à-peu-se-découvre-être-humain, ça permet de ne pas le faire de façon trop rigide non plus. Il peut y avoir, le temps d’une ou deux pages, glissement dans l’esprit d’un autre des personnages, afin de nuancer le sens d’une scène par exemple, ou encore pour lui donner un éclairage inattendu. Variations que n’aurait pas permise une narration entièrement au "JE"... Notons que c’est toujours réalisé de manière à ne pas ôter de sa clarté au texte, on n’hésite jamais sur qui est qui, ou encore qui fait quoi. Ce qui demande, au moins, une certaine habileté stylistique. Or de ce côté-là non plus, le Don Lorenjy n’est pas en reste. Son écriture fait preuve de souplesse et d’aisance, passant de la notation quasi mécanique des faits et idées par son soldat "amélioré", lequel use au début de brèves phrases nominales et de fréquents retours à la ligne, au lyrisme déployé en longues phrases complexes par l’homme qui se découvre doté de sentiments nuancés, tandis que l’auteur navigue entre familiarité de bon aloi (dont il maîtrise le dosage) et élégance de l’expression.<br />Venons-en pour finir à ce que j’ai moins aimé dans ce récit. Premier point, et c’est sans nul doute un parti pris de l’auteur, l’exotisme me paraît étrangement restreint dans le roman de Don Lorenjy. "Exotisme" au sens que lui donne Victor Segalen d’ "esthétique du divers", quand l’atmosphère et la magie naissent de la description plus ou moins développée de flores, faunes, paysages et peuples <em>différents</em>.<br />Ainsi, dans "Aria des Brumes", on trouve fort peu de descriptions de paysages. En voici une des rares, que j’estime typique du roman :<br />"Depuis les marches de Béograd, il faut compter quelques heures de trajet vers le sud pour rejoindre le district de Yamouna où réside actuellement Piotr. Loubian a emprunté le volant de transport (…) et [trace] une ligne directe qui enjambe les montagnes du N’Gong. Assis à côté d’elle, Carl profite du voyage pour comparer le terrain avec les données de sa base géographique. Le jeu manquant vite d’intérêt, il s’autorise une courte escapade vers l’Agora." (p. 176)<br />Trois toponymes, pas un de plus, l’un vaguement russophone (Béograd) qu’en outre on a déjà largement rencontré plus tôt dans le récit, et deux nouveaux, qui évoquent l’Afrique (Yamouna et N’Gong), vocables dont l’onomastique semble induite par le localisateur "vers le sud". Quatre termes on ne peut plus vagues et généraux complètent cette description du décor : "marches", "district", "montagnes" et "terrain", point barre. Aucune autre particularité du paysage ne sera mentionnée. Mieux, le personnage (qui à ce stade du récit n’est pourtant plus le quasi robot du début) trouve que "le jeu", à savoir regarder le terrain et le comparer avec les cartes que lui-même possède en mémoire, "[manque] vite d’intérêt". Dès lors, il n’a rien de plus pressé que se connecter à l’équivalent d’un forum de discussion pour tuer le temps !<br />Les villes (qu’il s’agisse d’Ersteburg, de Béograd ou de Yamouna) possèdent bien une ou deux caractéristiques SF, aérostats surplombant les maisons ou architecture de terre et de plastique, mais ce sera toujours mentionné rapidement, en passant, jamais l’accent ne sera vraiment porté sur le dépaysement. Faut-il faire surgir un animal extra-terrestre ? Le bon vieux collage chimérique suffira, par le biais d’un simple jeu de mot, sans que nul portrait de la bête s’ensuive : ainsi, le narrateur mentionnera un "Phaco’Cerf" sans développer plus avant, alors même que la chasse au bestiau est, au point de vue stylistique, un des temps forts du roman<br />Ce parti pris de minimalisme esthétique, je l’avoue, sans aller jusqu’à la gâcher – faut pas pousser non plus ! –, a un peu <em>terni</em> pour moi la lecture du roman. Néanmoins, je le répète, cela relève certainement plus d’une attente personnelle que d’autre chose ; je sens la SF comme une littérature de l’exotisme, du dépaysement, peut-être même de l’étrangeté, et pour moi un background développé (et si possible déconcertant, sans que ce soit forcément baroque<a title="" style="" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=5093721733939155223#_ftn1" name="_ftnref1">[1]</a>) participe beaucoup au fameux "sense of wonder"… Surtout dans le cadre d’un "planet opera". Ce n’est pas un hasard si j’apprécie tout particulièrement Wul, Vance, Cordwainer Smith ou Le Guin.<br />Deuxième point, qui m’a au fond moins gêné, mais sera peut-être plus senti comme un frein au plaisir de lecture par d’autres : c’est parfois un brin bavard. Eh, direz-vous, quoi de plus normal ? Entre les interminables discussions du Conseil d’Ersterburg (visiblement on y parle plus qu’on n’y fait avancer les choses) et celles qui ont lieu dans l’Agora des Brumes, on est dans des expériences sociologiques où le débat doit primer, où il est une des exigences premières d’une réelle démocratie participative. Certes. Mais n’empêche… L’auteur, on l’a vu plus haut, a manifestement une certaine facilité à écrire, y compris des dialogues. Or, précisément, sa plume déroule parfois trop de ces dialogues, chaque personnage exposant par le menu un argument, analysant ensuite ce que rétorque son contradicteur, lequel à son tour examine la pertinence de l’argument proposé, puis… Vous m’avez compris ! En outre, des personnages comme Shepher ou Colorian Stabor se laissent eux aussi un peu trop souvent gagner par la logorrhée.<br />Par bonheur, des scènes d’actions haletantes viennent bientôt relancer l’intérêt, souvent au moment où l’on sentait son attention se relâcher…<br />Pour conclure, malgré les deux derniers points que j’ai plus soulevés pour n’être pas tout du long dans le panégyrique complet qu’autre chose, "Aria des Brumes", de Don Lorenjy, est une chouette expérience de lecture et je recommande chaudement ce roman non seulement à l’attention des adolescents (puisque c’est le public premier du Navire en Pleine Ville), mais à celle de tous ces adolescents attardés qui, comme moi, font leur régal d’un bon roman de SF.<br /><br />-- P’tit Mot Terré<br /><br /><em>Éditions Le Navire en Pleine Ville<br />ISBN : 978-2-916517-16-2<br />286 pages –17 €</em></div><div><br /><a title="" style="" href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=5093721733939155223#_ftnref1" name="_ftn1">[1]</a> Un reste d’honnêteté me force néanmoins à reconnaître que, plus c’est bizarre et tarabiscoté, plus j’aime. </div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-2100802949002747192008-03-19T21:45:00.004+01:002008-03-23T15:28:36.128+01:00"La voix du feu" d’Alan Moore<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R-F8VlH0oNI/AAAAAAAAAD0/oOMaHL14LpU/s1600-h/docu0011.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5179557756636799186" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R-F8VlH0oNI/AAAAAAAAAD0/oOMaHL14LpU/s320/docu0011.jpg" border="0" /></a>La Voix du feu ce sont « les » voix du feu ou même, par certains aspects la « voie » du feu. Alan Moore nous donne ici un recueil de nouvelles. Douze nouvelles qui n’en sont pas tout à fait car elles s’interpénètrent et se chevauchent pour former une longue histoire, celle de la ville de Northampton de l’aube des temps jusqu’à nos jours.<br /><div>Et c’est une bien curieuse histoire de sang, de sexe, de têtes décapitées et de bûchers. Horrible et fascinante. Et qui garde sa cohérence qu’on la lise chronologiquement ou au hasard de ses envies. Dans l’un ou l’autre cas, la toute dernière, <em>L’escalier d’incendie de Phipps</em>, est la clef que donne le narrateur en évoquant cette ville où il demeure.<br /><em>Le Cochon de Hob</em> est la plus ancienne de ces histoires, et la toute première, celle d’un simple d’esprit qui aura cru échapper à la cruauté des siens pour sombrer dans un monde plus cruel encore, celui, ordinaire, de l’humanité, après une courte parenthèse d’espérance. Écriture si particulière qu’on ouvre ici une autre parenthèse pour saluer le tour de force de Patrick Marcel qui a traduit l’ouvrage de l’anglais.<br />C’est sur cette terre près du fleuve et des marais que se croiseront les routes d’Oucine, qui rejoint son père, l’homme-hob d’un village et celle de l’étrangère qui devra trouver sa voie dans la douleur des <em>Champs de crémation</em>. Et c’est aussi là, <em>Dans les terres inondées</em>, dans une vague construction de roseaux, qu’aux tout premiers temps de notre ère s’abritera un chasseur-pêcheur qui a perdu sa famille et erre en même temps à la lisière du marécage et à celle de la folie. Dans la ville qui s’y installera près de trois siècles plus tard, un malheureux fonctionnaire romain, vieilli avant l’âge, et chargé de découvrir les faux-monnayeurs à l’aide d’une pièce étalon portant <em>La tête de Dioclétien,</em> découvrira un empire plus contrefait que sa monnaie.<br />Beaucoup plus tard encore, avec <em>Les saints de novembre</em>, c’est une vieille sœur contrefaite et désabusée qui souffrira de visions dans lesquelles elle revivra le martyre d’un saint enterré dans la crypte. Et c’est au-dessus de cette même crypte qu’un chevalier de retour des croisades fera édifier une église ronde pour retrouver une foi peut-être perdue <em>En boitant vers Jérusalem</em>.<br /><em>Les confessions d’un masque</em> seront ce qui reste de pensées à une tête décapitées fichée sur une pique à l’entrée de la ville. Pour faire un exemple. Mais si désabusées qu’elles soient, elles n’ont guère acquis de sagesse au fil du temps. Cependant, on ne saurait reprocher aux condamnés de la ville une sagesse qui n’existe pas davantage chez leurs juges, comme le démontre <em>Le langage des anges</em>. Encore qu’il puisse arriver qu’à penser davantage à leurs appétits qu’à la justice, certains juges ont à redouter un sort plus cruel que les condamnés.<br />Après les saints et les anges, quoi de plus naturel que rencontrer des sorcières ? <em>Complices ès tricots</em> évoquera les sorts tricotés par deux d’entre elles. Pauvres sorts de pauvres sorcières et qui ne les sauveront pas du bûcher.<br /><em>Le soleil au mur semble pâle</em> nous ramènera aux marches de la folie que nous n’aurons jamais vraiment quittées en suivant le triste chemin d’un poète depuis la prison jusqu’à l’asile et en percevant la détresse de son épouse, confrontée au souvenir ou au rêve d’une autre. Car les épouses qui apparaissent en filigrane au long de toutes ces nouvelles n’ont guère de raison de bonheur et encore moins celles d’Alf, représentant en lingerie (<em>J’ai toujours des jarretelles en voyage</em>) obsédé, lâche et, en prime, polygame.<br />Bref, un livre très dur soulignant les pires travers de l’espèce humaine avec une parfaite sobriété de moyens servie par une écriture remarquable.<br /><br />-- Hélène<br /></div><br /><div><em>Éditions Calmann-Lévy – coll. Interstices<br />329 pages – 19,90€<br />ISBN : 978-2-7021-3753-6</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-83370300923671640312008-02-26T19:59:00.003+01:002008-03-01T09:47:11.166+01:00"Manitou – L'intégrale de la trilogie" de Graham Masterton<a href="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/R8Rn4AjYIRI/AAAAAAAAADs/cdyfPidzXBk/s1600-h/manitou_integ.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5171372484046889234" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/R8Rn4AjYIRI/AAAAAAAAADs/cdyfPidzXBk/s320/manitou_integ.jpg" border="0" /></a>Porteuse d'une tumeur terrifiante à la base du cou, Karen Tandy se rend chez L'Incroyable Erskine, le pire voyant de New York, pour lui demander de l'aide. Même si Erskine ne croit pas en ses propres compétences de médium et arnaque habituellement ses clientes, il est bouleversé par l'évolution de la maladie, et tout ce qui l'entoure. Le danger rode, car c'est un être humain qui grandit aux dépens de Karen, un homme médecine de très grand talent, qui ne rêve que de vengeance envers les blancs qui ont détruit son pays et son peuple. La lutte promet d'être rude.L'intégrale de Manitou présente les romans qui ont fait la gloire de Graham Masterton. Très bien construits et documentés vis à vis de la culture indienne, ils forment un ensemble passionnant. Chaque roman offre davantage de suspense et de détails, rendant l'intrigue toujours plus complexe à résoudre. Certains schémas restent de mise : Erskine ne veut absolument pas mourir mais est le seul à pouvoir faire quelque chose, et Misquamacus est toujours plus puissant et dangereux. On découvre également la maîtrise d'un grand auteur, qui arrive à accrocher le lecteur à chaque nouvelle idée, et sait s'améliorer à chaque nouveau roman : malgré une conclusion assez simple du premier, elles se complexifient petit à petit. L'ensemble est très agréable à lire, et les 860 pages relativisent le prix de l'ouvrage. N'hésitez pas à suivre votre curiosité.<br /><div><br />-- Aphraël</div><div><br /><em>Éditions Bragelonne – Collection L'ombre</em></div><div><em>30€<br />N° ISBN : 978-2-35294-071-5</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-26905960325544146262008-02-24T14:25:00.006+01:002008-03-01T09:48:33.769+01:00"L’Ange Ecarlate – Les Cités Intérieures I" de Natasha Beaulieu<a href="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/R8FwtwjYIQI/AAAAAAAAADk/WpOOn8MXZyQ/s1600-h/Angeecarlate.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5170537778627748098" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/R8FwtwjYIQI/AAAAAAAAADk/WpOOn8MXZyQ/s320/Angeecarlate.jpg" border="0" /></a>Décembre 1664 :<br /><div>« David, veille sur ma Citée, veille à ce que Kaguesna demeure inchangée. Et je te donnerai l’immortalité. » confie Listar à David Fox.<br /><br />Septembre 1997 :<br />Ian Beluterre revient à Montréal pour retrouver, quoi qu’il en coûte, la femme qu’il aime obsessionnellement. À son arrivée, il sympathise avec François Moreau. Ce dernier, bohème et désœuvré, lui offre son aide. À eux deux, ils remontent la piste d’une étrange histoire. François découvre ainsi que son nouvel ami est bien aussi étrange que le suggère son apparence.<br /><br />Mai 1995 :<br />Lors d’une party fétiche Jimmy Novak, jeune peintre, voit l’Ange écarlate, superbe dominatrice. Il lui prend la main, toucher irrespectueux, elle pose sur son torse ses ongles prolongés de pointes de métal effilé. Son sang coule…<br />Depuis Novak sens se produire en lui une étrange transformation. Il ne dort plus, ne mange plus, mais boit son propre sang. Les images morbides d’une citée inconnue le hantent.<br />Dans le même temps, on lui propose un contrat inquiétant : peindre dix tableaux pour faire sa première exposition. Sur chacun, quelques gouttes de son sang doivent être mélangées à la peinture. La chance de sa vie ou le risque de plonger dans la folie ?<br />Mais aussi le moyen de revoir l’Ange écarlate. Entre l’artiste et la jeune femme une relation violente se développe.<br /><br />L’histoire se déroule en parallèle sur deux époques (1995 et 1997) et chaque paragraphe est raconté du point de vue d’un des protagonistes. Une partie se déroule dans un milieu sensuel (voire sexuel) et violent.<br />Bref le début peut paraître rebutant, choquer… Et pourtant c’est génial !<br />Les personnages sont plus qu’attachants : ils sont vivants. Et l’intrigue devient si captivante que ce premier volume ne suffit pas. L’auteure crée une part d’étrange dans l’univers qui est le nôtre et une étrange cité « ailleurs » à découvrir…<br /></div><div><br />-- Sylvie<br /><br /><em>Éditions Alire (Fantastique / Noir)</em></div><div><em>306 pages</em></div><div><em>N° ISBN : 2-922145-32-8</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-2623909485075722622008-02-16T21:47:00.003+01:002008-03-01T09:45:59.482+01:00"Sorcière pour l'échafaud" de Kim Harrisson<a href="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/R7dMPQjYIPI/AAAAAAAAADc/KAL9hSyCQHA/s1600-h/harrison1g.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5167682922456031474" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp2.blogger.com/_LLLom8odjg4/R7dMPQjYIPI/AAAAAAAAADc/KAL9hSyCQHA/s320/harrison1g.jpg" border="0" /></a>Rachel Morgan commence à ne plus supporter son travail... Après tout, quand on est une sorcière diplômée chez les flics de Cincinnati, on s'attend à être reconnue à sa juste valeur ! Et, depuis six mois, elle croule sous des affaires plus dévalorisantes les unes que les autres. Elle décide donc de démissionner. Malheureusement, on ne quitte pas si facilement ce genre de poste, et elle a bien besoin d'aide pour rester en vie... Surtout quand la seule façon de survivre est de coincer le baron de la drogue local. Dans la lignée des romans d'horreur où petit peuple et personnages mythiques côtoient les humains, Sorcière pour l'échafaud est un petit livre sympathique. Les personnages sont bien décrits, les relations travaillées, et les enquêtes intéressantes. Malheureusement, à force d’apprécier les Dossiers Dresden, on recherche davantage d'humour ou de situations cocasses. L'ensemble est donc de bonne qualité, mais manque du « petit plus » qui fait toute la différence. Néanmoins, si la curiosité vous tente, n'hésitez surtout pas à tester ce nouvel auteur. Bonne lecture !<br /><div><br />--Aphraël</div><br /><div><em>Éditions Bragelonne</em></div><div><em>Collection L'ombre </em></div><div><em>ISBN : 978-2-35294-109-5</em> </div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-25596117497960231222008-02-10T13:54:00.001+01:002008-02-13T15:33:55.689+01:00"Le vieil Homme et la Guerre" de John Scalzi<a href="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/R670YwjYIOI/AAAAAAAAADU/5UeZ8cwRL_w/s1600-h/vieil+homme+copier.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5165334528827859170" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/R670YwjYIOI/AAAAAAAAADU/5UeZ8cwRL_w/s320/vieil+homme+copier.jpg" border="0" /></a>Dans le futur, l’espace a été colonisé par l’homme et la Terre se retrouve isolée. Pour partir dans l’espace, une seule possibilité : s’engager dans l’armée pour 10 ans minimum.<br />Une condition, signer le jour de ses 65 ans ! Une armée de papy dans l’essssspppppaaaaaceeee !<br />Que cache cette proposition ?<br />Le héros décide de tenter le coup, après tout sa femme est morte et son corps commence à le lâcher, alors, il part pour l’aventure.<br />Là, ce qu’il découvre se révèle bien au-delà de tous ses espoirs et ses craintes.<br />Il se retrouve dans un corps de vingt ans, amélioré et vert.<br />Les Terriens ne sont pas les bienvenus parmi la multitude de races extraterrestres.<br />Les trouffions sont de la chair à alien… voire des casse-croûte.<br />Beaucoup de petites choses à assimiler, mais ce n’est pas tout.<br />Il croise les brigades fantômes, composée des clones des personnes mortes avant de rejoindre l’armée, son épouse.<br />Comment arrivera-t-il non pas à survivre, mais aussi à reconquérir sa femme, ou plutôt son clone ?<br />Le tout donne un roman très intéressant, dans un monde prenant, même si peu sympathique.<br /><br />Un auteur à découvrir ainsi que ses autres romans (qui se déroulent ou non dans cet univers).<br /><br />-- Philippe Halvick<br /><br /><em>Éditions L' Atalante<br />Collection : La Dentelle du Cygne<br />Traduit par Bernadette Emerich<br />Poche: 373 pages<br />ISBN-10: 2841723569</em>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-66155751047195559362008-02-10T11:31:00.001+01:002008-02-13T15:32:27.398+01:00"Conan le Cimmérien (Premier volume : 1932-1933)" de Robert E. Howard<a href="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/R67S1AjYINI/AAAAAAAAADM/RBbxLAFt21c/s1600-h/conang.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5165297630763819218" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://bp0.blogger.com/_LLLom8odjg4/R67S1AjYINI/AAAAAAAAADM/RBbxLAFt21c/s320/conang.jpg" border="0" /></a>Conan, être primitif natif de Cimmérie arpente le monde. La civilisation est incompréhensible pour lui, avec ses lois complexes et souvent inhumaines, mais son charisme et sa force naturelle lui permettent de surmonter de nombreuses épreuves, jusqu'à devenir roi.<br /><br />Bragelonne nous offre la possibilité, avec l'aide de Patrice Louinet, de découvrir enfin les nouvelles d'Howard dans leur version originelle, sans les ajouts de Sprague de Camp. Cet ouvrage permet ainsi de connaître le style brut de l'auteur, et de découvrir une œuvre fondamentale des débuts de la fantasy. Les nouvelles sont très agréables à lire, le style direct permettant de suivre avec plaisir le héros dans des situations originales, qui ne sont pas sans rappeler Le cycle des Épées de Fritz Leiber. Le personnage de Conan apporte une touche féline et animale qui plaît tout particulièrement et l'ensemble connaît des notes d'humour et de second degré, avec des clins d'œil à d'autres auteurs de son époque, dont Lovecraft.<br /><br />L'ensemble se lit avec beaucoup de plaisir, et l'édition illustrée est magnifique. Seul le prix peut rebuter certains, alors autant le garder à l'esprit pour une occasion importante, comme un anniversaire ou Noël.<br /><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Édition Bragelonne (collector) 35€<br />ISBN : 978-2-35294-117-0</em>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-76649992477327017262008-02-06T18:01:00.000+01:002008-02-07T19:31:44.298+01:00"Regard Violet – Natalie Lindstrom I" de Stephen Woodworth<a href="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/R6noVDj4ayI/AAAAAAAAAC8/f1nbURmK6JA/s1600-h/regard+violet.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5163913896187685666" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp3.blogger.com/_LLLom8odjg4/R6noVDj4ayI/AAAAAAAAAC8/f1nbURmK6JA/s320/regard+violet.jpg" border="0" /></a>Les Violets sont des êtres à part, pouvant entrer directement en relation avec les morts. Extrêmement rares, ils sont éduqués et suivis de près par les gouvernements des pays où ils naissent, et qui leur offrent un travail qu'ils ne peuvent refuser.. .Mais un tueur a entrepris de les éliminer, et Natalie Lindstrom, protégée de près par Dan Atwater, agent spécial du FBI, doit aider le gouvernement à la retrouver. L'enquête va être difficile, et bon nombre de ses proches sont menacés.Regard Violet est un roman agréable à lire, mêlant enquête policière, sentiments et paranormal. L'ensemble est maîtrisé, et le lecteur se laisse happer par l'enquête. Le contexte est également bien travaillé, la vision psychologique d'un être aussi proche des morts et des traumatismes que cela peut provoquer est bien mise en avaleur, ainsi que la vision d'un monde où les gens savent ce qui se passe après.N'hésitez pas à vous le procurer, en attendant avec curiosité les surprises des prochains tomes.<br /><div><br />-- Aphraël<br /><br /><em>Éditions Bragelonne<br />Collection L’Ombre<br />Broché – 20 €<br />ISBN : 978-2352941354</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-5093721733939155223.post-32647986665750569122008-02-06T17:59:00.000+01:002008-02-07T19:31:08.346+01:00"Le Nœud sans fin – Le Chant d’Albion tome III" de Stephen Lawhead<a href="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R6nnujj4axI/AAAAAAAAAC0/6yQbWqw8mMk/s1600-h/noeud+ec.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5163913234762722066" style="margin: 0px 10px 10px 0px; float: left;" alt="" src="http://bp1.blogger.com/_LLLom8odjg4/R6nnujj4axI/AAAAAAAAAC0/6yQbWqw8mMk/s320/noeud+ec.jpg" border="0" /></a>Voici la fin du cycle du chant d’Albion.<br /><div>« À peine croyait-il avoir trouvé la paix que Llew Main d'Argent, roi suprême d'Albion, voit son épouse enlevée – avec celle de son allié Cynan. Accompagnés de leur armée et du barde Tegid, les deux souverains entament une quête périlleuse à travers les contrées maudites de Tir Aflan. Et quand ils découvrent enfin la source du mal qui menace le royaume, leur surprise est totale… »<br />Comment le héros des précédents livres réussira-t-il à sauver à la fois Albion et notre Terre, alors que sa seule présence met en danger l’équilibre fragile entre nos deux univers ? Il cède enfin à son amour pour sa belle et décide rester en tant que roi à Albion, mais les forces démoniaques ne l’entendent pas de cette oreille.<br />À la suite d’un épique périple, sans temps mort même sur les 560 pages que compte ce tome, tous les héros et leurs ennemis se trouverons réunis pour un combat ultime.<br />Sans donner de spoiler, disons que la fin se révèle bien dans la lignée des Abraham Merritt et autres maîtres de la Fantasy et que la boucle est bouclée.<br />Un regret ne pas savoir plus loin ce que deviennent les autres héros.<br />Sniff !<br /><br />-- Philippe Halvick<br /><br /><em>Éditions Points<br />Traduction : Thierry Loisel<br />559 pages<br />ISBN-10 : 2757803425</em></div>Hélènehttp://www.blogger.com/profile/11830165443145019222noreply@blogger.com