tag:blogger.com,1999:blog-4981754925908606058.post-78980818889304939482008-04-29T23:54:00.006+02:002008-05-02T01:16:03.879+02:00[...]<div align="justify"><span style="font-family:verdana;">Revu <strong>le Nouveau monde</strong>. La première vision ne m’avait pas convaincu. Faut dire que j’étais allé voir le film avec pas mal de préjugés: l’image de Malick en grand démiurge kubrickien, le transcendantalisme (Emerson, Thoreau), le mythe du paradis perdu, etc., bref la crainte d’avoir à supporter quelque chose de terriblement pompeux (la conscience des personnages en voix off) et de majestueusement pompier (le culte de la belle image), et donc de rester totalement extérieur au film. Crainte justifiée puisque le film avait glissé sur moi comme l’eau sur les plumes d’un canard. Malick avait beau multiplier les travellings avant (ah! la Steadicam, comment il ferait si elle n’existait pas), impossible d’entrer dans le film. Le grand trip annoncé s’était rapidement transformé en un long tunnel dont je n’étais sorti qu’épisodiquement à l’occasion d’une fulgurance, presque d’une image subliminale - liée essentiellement au personnage (incroyablement gracieux) de Pocahontas -, avant de replonger dans les torpeurs imposées par le faux rythme du film et la répétition de ses motifs (la rivière que l’on remonte, le soleil à travers les branches, le vent dans les herbes...). Puis j’ai revu le film. Et là, le choc. Exit la boursouflure du style et la naïveté du discours. Exit surtout l’impression d’appesantissement qui m’avait saisi la première fois. La seconde vision a été un véritable enchantement, à l’image de John Smith découvrant le Nouveau monde puis de Pocahontas découvrant l’Ancien. Comment est-ce possible? Comment avais-je pu me tromper à ce point? Et si pour une fois je m’étais laissé influencer par les anti-malickiens de service qui ne voient en Malick qu’un "Super Auteur" arrogant, toujours à la recherche de <em>"l’œuvre ultime et définitive"</em> (Jousse) mais incapable aujourd’hui de montrer autre chose que <em>"l’éclat de sa signature"</em> (Burdeau), soit un mixte raté de Kubrick et de Sokourov. Bon, cette vanité de l’artiste nul ne la contestera chez Malick, mais ce qui fait la réussite de son film et le sauve de la monumentalité, c’est l’extrême attention qu’il porte à ses personnages à travers, entre autres, tous ces plans qu’il filme comme à la dérobée (on connaît la manière de travailler de Malick: d’un coté, la grosse machine pour rendre compte, le plus fidèlement possible, du contexte - historique, ethnologique, culturel, etc. - dans lequel se situe l’action; de l’autre, une équipe ultra légère pour capter, ici et là, un geste, un regard, une expression), instants volés qui viendront contester au montage la composition un peu trop solennelle de l’ensemble...</span></div>Busterhttp://www.blogger.com/profile/07099897805348267693noreply@blogger.com