tag:blogger.com,1999:blog-48494560031084718172008-05-16T18:47:33.534+02:00Le blog du docteur V.docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comBlogger52125tag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-71525990818985365422008-05-04T15:14:00.003+02:002008-05-04T15:52:06.589+02:00Médecin toujoursLe problème quand vous êtes médecin, c'est que tout le monde est concerné par votre activité. Tout le monde a besoin d'un avis, d'un conseil et a des histoires tout à fait extraordinaires à raconter au sujet de la santé.<br /><br />Dès que vous êtes étudiant en médecine, vous avez droit lors des repas de famille aux récits de l'opération de la prostate du grand-oncle, aux demandes de conseil sur le régime du papy et histoires de grossesse ou d'allaitement de toute la lignée. Et comme vous êtes médecin (ou presque puisque étudiant la médecine), votre parole prend un poids certain. « C'est V. qui l'a dit, il est médecin ! » Bien sûr, les premières années de médecine apprennent un peu de tout, mais pas vraiment de la médecine, seulement la façon dont le corps fonctionne quand il fonctionne et vous n'y connaissez rien en maladie et en traitement qui ne sont abordées qu'au bout de quelques années. Alors le traitement de la sclérose en plaque ou la nutrition du nourrisson diabétique, ça vous dépasse un peu. Du coup, il m'est arrivé, quand les gens ne me connaissaient pas de ne pas dire quel était mon métier, pour pouvoir passer un repas en paix en racontant des conneries.<br /><br />Ensuite, la médecine devient votre métier, mais aussi votre vie. Il faut avoir vécu le « Y-a-t-il un médecin dans le train…, la salle…, l'avion…» pour comprendre que c'est un des rares métiers ou vous pouvez <span style="font-weight: bold;">toujours</span> et <span style="font-weight: bold;">n'importe où</span> devenir subitement indispensable. Les dresseurs de puces souffrent beaucoup moins du problème. Vous êtes en vacances, détendu, la tête pleine de soleil et tout à coup vous replongez dans le drame et la souffrance.<br /><br />Repas au Flunch avec mes filles. Comme d'habitude, l'une d'entre elle veut aller faire pipi. Quand vous avez des filles, vous connaissez toutes les toilettes dans un rayon de cinquante kilomètres autour de chez vous. Je l'accompagne et que vois-je dans les toilettes ? Une personne affalée près du lavabo, franchement palichote et franchement en train de se pâmer. Je reconnais rapidement une hypoglycémie, va chercher sucre, eau et gâteaux et remet la dame sur pied. Ma fille a eu le temps de pisser et nous avons mangé froid.<br /><br />Retour de la mer, sur une petite route à une vingtaine de kilomètres de mon chez moi. Je découvre au détour d'un virage, deux voitures encore fumantes qui se sont manifestement rencontrées assez brutalement. Pendant que ma femme fait la circulation, je vais voir les victimes, puis j'appelle les secours. Les pompiers arrivent et me voilà en train de poser des perfusions et autres colifichets. Au bout d'un moment je m'inquiète de l'arrivée du médecin du coin et les pompiers me disent : « Nous ne l'avons pas appelé, puisque vous y étiez ! ». Eh ! les mecs ! Je suis en <span style="font-weight: bold;">vacances</span> !!<br /><br />Vous allez chercher votre journal. Vous attendez dans la queue pour payer et Mme Machin qui vous dit : « Ah ! Docteur, puisque je vous vois, <span style="font-weight: bold;">je ne veux pas vous déranger</span>, mais pourriez-vous me donner un rendez-vous pour demain ? » <span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">("C'est ça, tu crois que j'ai appris mon agenda par cœur avant de sortir") </span></span><br />« Ah ! Docteur, je ne veux pas vous déranger quand vous buvez votre café, mais avez-vous reçu les résultats des analyses ? » <span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">("Quelles analyses ? Qui c'est ce type ? Je le connais ?")</span></span><br />« Tiens, toi qui est médecin, tu peux me regarder l'épaule avant le match de foot, elle me fait mal depuis <span style="font-weight: bold;">trois mois</span> ?» <span style="font-size:85%;"><span style="font-style: italic;">("Toi qui est garagiste, tu peux me faire la vidange de la moto vite fait ?") </span><span style="font-size:100%;"><br /><br />Ceux qui me connaissent le savent et je leur dis : « Quand on veut parler au médecin, on va au cabinet médical. La médecine se fait dans un cabinet médical, comme la menuiserie se fait dans un atelier et pas dans une cuisine. »<br /></span><span style="font-size:100%;"><br /></span><span style="font-style: italic;"></span></span><div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-51448401312367991792008-03-28T18:59:00.002+01:002008-03-28T19:08:41.366+01:00Nous sommes nuls !Vous ne passerez pas la 13e passe. C'est trop dur !<br /><a href="http://www.dailymotion.com/video/x4rmz6">http://www.dailymotion.com/video/x4rmz6</a><div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-86281584880681676622008-03-19T21:37:00.004+01:002008-03-19T22:05:45.743+01:00Creuser le trou en compagnieMonsieur Jacques est mon patient depuis plus de quinze ans. J’ai soigné sa mère jusqu’à la fin, ça crée des liens. Il vient me voir de temps en temps pour renouveler ses traitements. Il a des petites pathologies, chiantes, mais pas graves. Un psoriasis avec quelques plaques très limitées, une colite qui le fait souffrir de temps en temps et des migraines qui passent avec du paracétamol. Pas un client qui rapporte. Une ou deux consultations par an.<br /><br />Ce vieux célibataire un peu anxieux ne sait pas trop lire, mais ça ne l’empêche pas d’obtenir de nombreux prix pour l’élevage de ses chevaux. C’est un régal de voir ces colosses sortir de la brume, les naseaux fumants, la robe luisante et la crinière blonde.<br /><br />Mais voilà, il a trouvé une compagne. Qui lui ressemble étrangement d’ailleurs. La première fois que je les ai vus ensemble, j’ai cru que c’était sa sœur. La gaffe !<br /><br />Et elle s’occupe de sa santé.<br /><br />Alors, ces maux de tête, ça l’inquiète. Ils ont voulu aller voir le neurologue. Qui a proposé une batterie d’examens et, à ma grande colère, un traitement de fond de sa migraine. Ça n’a pas raté, le traitement a été très mal supporté, il a fallu faire d’autres examens et prendre d’autres traitements. Le psoriasis a été vu par un dermato qui a bien sûr indiqué un traitement qui ne change rien, mais bon, c’est le dermato. Et je reçois aujourd’hui la lettre de l’ophtalmo qui conclue que ses troubles visuels sont dus à ses migraines, ce que je savais depuis plus de quinze ans. Et elle propose de l’envoyer à la consultation « migraine » de l’hôpital universitaire de la ville voisine.<br /><br />À suivre.<br /><br />Mme Marie s’est tordu le genou en tombant. Elle vient me voir le soir parce que son genou "la lâche". J’examine le genou. Pas grand-chose. Je lui dis de patienter quelques jours et de voir. Son mari voudrait bien une radio, mais je lui explique que la radio ne voit que les os et que, s’il y a quelque chose ce n’est pas osseux.<br /><br />Quelques jours plus tard, je la revois. Son genou a toujours tendance à lâcher. Je l’examine à nouveau et je la fais examiner par mon interne. Toujours pas grand-chose. Le mari veut savoir ce qu’elle a et veut une IRM. J’essaye d’expliquer que l’examen par DEUX médecins élimine un truc grave et que de toute façon, quel que soit le résultat de l’IRM, nous ne ferons rien de plus.<br />Rien à faire et je finis par prescrire. Donc IRM faite quinze jours plus tard qui montre des lésions ligamentaires bénignes. Le radiologue recommande une consultation chirurgicale. Je reçois la lettre aujourd’hui me disant qu’il n’y a rien à faire.<br /><br />Au fait, Mme Marie ne se plaint plus de son genou depuis plus d’une semaine.<br /><br />Comment faire pour ne pas faire !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-86094584959179875962008-02-27T09:23:00.002+01:002008-02-27T09:43:58.370+01:00Dépression chez les anti-dépresseurs<a href="http://medicine.plosjournals.org/perlserv/?request=get-document&amp;doi=10.1371/journal.pmed.0050045">Une étude anglaise</a> reprenant toutes les études faites sur les antidépresseurs (Prozac®, Déroxat®, etc.) arrive à la conclusion que ces médicaments ne sont pas vraiment efficaces pour les dépressions légères. C’est d’ailleurs ce que dit depuis longtemps notre <a href="http://afssaps.sante.fr/pdf/5/rbp/argumen_taire_antide_presseurs_adultes.pdf">Afssaps</a>. Mais à quoi servent-ils donc ?<br /><br />Nous savons déjà qu’ils provoquent d’avantage de suicide chez l’adolescent et l’adulte jeune (avant 24 ans). Ils n’ont jamais démontré qu’ils diminuaient le nombre de suicide chez les autres. Il est facile de constater que l’augmentation, que dis-je, la multiplication des prescriptions n’a pas amené une diminution du nombre de suicidés, que ce soit en France ou ailleurs.<br /><br />Par contre, ils soulagent les gens en diminuant la souffrance terrible des dépressifs sévères. C’est déjà pas mal. Mais ce n’est pas une raison pour les prescrire dès la plus petite « déprime ».<br /><br />Nous n’avons plus le droit d’être triste ?<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-89806474701141804292008-02-13T21:50:00.005+01:002008-02-13T22:06:54.326+01:00Téléphone en folieCette semaine, j’ai eu quelques coups de téléphone un peu inhabituels.<br />« Allô ! Vous reste-t-il des tractopelles en location pour le mois prochain ? »<br />Il devait croire que je m’en servais pour déboucher les oreilles ou creuser le trou de la Sécu.<br /><br />« Docteur, mon mari est hospitalisé dans votre service et on ne veut pas lui installer le téléphone ! »<br />« Il suffit de le demander pour qu’on lui branche une ligne ! »<br />« Oui, mais il ne le demande pas et je ne peux pas lui téléphoner pour lui dire de le demander ! »<br />Nos professeurs d’université ne nous ont pas appris à résoudre ce genre de problème.<br /><br />« Docteur, il me faudrait l’adresse de l’association de défense des diabétiques. »<br />???<br />« Vous comprenez, la voisine ne fait rien que m’embêter et vient me harceler dans ma vigne, alors j’aimerais me faire défendre par cette association. »<br />Il m’a fallu un petit moment pour le convaincre que ce genre d’association n’existait pas. Que l’association des diabétiques s’occupait plutôt du diabète que du harcèlement des voisines.<br /><br />« Allô ! L’abattoir ? »<br />« J’espère que vous vous êtes trompé de numéro !!! »<br /><br />Je hais le téléphone qui permet à n’importe qui, pour n’importe quoi, de m’interrompre au milieu de mon travail.<br /><br />Une fois lors d’un remplacement :<br />« Allô, Docteur ! J’aimerais savoir si le Crédit Agricole, en face, il est ouvert ! »<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-69614147268360283962008-02-05T16:19:00.000+01:002008-02-05T17:15:15.837+01:00Vous pouvez vous rhabillez« Vous pouvez vous rhabiller ! »<br />Cette petite phrase anodine est souvent le début d'un long intermède plus ou moins cocasse. Si le <a href="http://leblogdudocteurv.blogspot.com/2008/01/habill-pour-lhiver.html">déshabillage</a> est parfois long et pénible, le rhabillage est souvent interminable.<br /><br />Les hommes, en particulier ont le chic pour venir chez le médecin avec des chemises raides neuves avec de tout petits boutons, plein de tout petits boutons. Avec de gros et vieux doigts d'agriculteurs, c'est sportif. Surtout le dernier bouton du col. C'est qu'il faut TOUS les boutonner, boutons des manchettes compris.<br /><br />Un de mes patients met sept minutes pour se rhabiller. C'est inéluctable, inévitable et incompressible. C'est toujours sept minutes. J'ai bien essayé de l'aider, mais ça le perturbe. Il s'est déshabillé avec méthode, ne gardant que son maillot de corps et son pantalon dégrafé. Il commence par enfiler sa chemise ; un bras, puis l'autre bras, puis il attaque les boutons. Pendant ce temps, je fais autre chose. Je classe mon courrier, je lis quelques blogues. J'ai essayé de lui parler, mais dans ce cas IL S'ARRETE. Je le surveille du coin de l'œil pour éviter qu'il ne s'aperçoive en fin de boutonnage qu'il a tout décalé d'un cran et qu'il faut tout reprendre à zéro.<br />La chemise boutonnée est rentrée laborieusement dans le pantalon, la ceinture doit être bien sûr serrée à bloc. Le pull over est un peu plus facile à enfiler. Il met alors sa veste, fouille dans la poche intérieure pour sortir son chéquier, sort son stylo d'une deuxième poche et compose son chèque avec application. Il y a tout : la date, le nom complet du Docteur, tout. Puis il plie l'ordonnance que je viens de lui faire,… en quatre, et essaye de la rentrer dans une poche extérieure de la veste qui n'a manifestement pas été conçue assez grande. Il insiste et après quelques contorsions arrive à la faire rentrer. Il remet son chèque dans sa poche intérieure, referme sa veste qui a aussi son lot de boutons, puis ajuste la ceinture qui serre la taille de cette fichue veste. Et là, enfin, il peut sortir du cabinet. Sept minutes ! Pour un striptease de Carla Bruni, c'est court, pour le rhabillage d'un monsieur, c'est très très long.<br /><br />Et il pourrait avoir un chapeau !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-41371350993101474332008-01-28T17:31:00.000+01:002008-01-28T17:32:42.299+01:00Une touche de Destouches sur le paiement à l'acte“La médecine, c’est ingrat. Quand on se fait honorer par les riches, on a l’air d’un larbin, par les pauvres on a tout du voleur. Des “honoraires” ? En voilà un mot ! Ils n’en ont déjà pas assez pour bouffer et aller au cinéma les malades, faut-il encore leur en prendre du pognon pour faire des “honoraires” avec ? Surtout dans le moment juste où ils tournent de l’œil. C’est pas commode. On laisse aller. Et on coule.”<br /><br />Céline L.-F. “Voyage au bout de la nuit” - Gallimard 1932<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-6402082796446864702008-01-26T18:21:00.000+01:002008-01-26T18:43:07.591+01:00Besoin pressant sans se presserLa campagne est belle, même l’hiver. Les nuées du brouillard qui estompent les vallées, le jeune orge qui pousse et propose ses champs verts brillant dans le soleil rasant de l’hiver. Les arbres sont dénudés découvrant les oiseaux ; le vol oscillant du pic-vert, les embardées désordonnées des moineaux, l’éclair jaune du chardonneret qui prend son vol. Parfois un grand rapace vous fait l'honneur de vous proposer ses trajectoires majestueuses.<br /><br />Alors, les besoins pressants qui sont parfois si gênants en consultation deviennent une bénédiction lors des visites à domicile. Vous êtes obligés de vous arrêter, de stopper la voiture, d’arrêter le moteur. Vous avez bien entendu choisi un coin dégagé avec un arbre ad hoc. Et là, le plaisir de vous soulager se mêle au plaisir de la vue. Le bruissement du liquide qui tombe au pied de l’arbre s’accorde avec les aboiements au loin du chien de la ferme, des caquètements des poules et du ronronnement lointain de la circulation sur la route que vous voyez serpenter à l’horizon brumeux. Les Pyrénées sont là, immuables et toujours changeants dans le blanc et le gris.<br /><br />Puis vous remontez dans la voiture, redémarrez le moteur. L’autoradio égrène sa litanie de catastrophes et de problèmes sociaux. Vous reprenez la route et la chevauchée perpétuelle de votre vie trépidante.<br /><br />C’était bien !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-21788545292460583392008-01-18T17:57:00.000+01:002008-01-19T10:56:31.933+01:00Contre le cholestérol, mais contre les artèresAprès le médicament pour le diabète qui provoque des crises cardiaques, le médicament contre le cholestérol qui bouche les artères. Mais où s'arrêteront-ils ? C'est ça le progrès thérapeutique ?<br /><br />C'est <a href="http://pharmacritique.blog.20minutes.fr/archive/2008/01/18/ezetrol-et-inegy-augmentent-l-atherosclerose-la-pression-pol.html">par là !</a><br /><br />Je précise, suite au commentaire de Lawrence, que cette étude n'est pas définitive et ne prouve pas grand chose dans un sens comme dans l'autre. Mais qu'il n'y a aujourd'hui aucune preuve d'efficacité réelle sur l'efficacité de ce produit à protéger les patients et qu'il est donc largement prescrit sans que nous sachions s'il évite plus de complications qu'il n'en provoque.<br /><br />En janvier 2008, il n'est pas recommandé de prescrire <span><span style="font-weight: bold;"></span>EZETROL et INEGY dans la prévention des risques cardio-vasculaires.<br /></span><div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-89031172690000754372008-01-14T19:27:00.001+01:002008-01-14T19:30:00.386+01:00L'ophtalmo ne travaille pas à l'œilCompromission, lâcheté, mesquinerie, corporatisme, vous retrouverez tout ça dans <a href="http://www.atoute.org/n/article81.html">cette histoire</a>.<br />Pour une vingtaine d'euros en plus.<br /><br />Quelle tristesse !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-11644578469271158832008-01-11T19:45:00.001+01:002008-01-18T18:03:10.742+01:00Habillé pour l'hiverEn France, nous sommes souvent fiers de notre système de santé, qui a même été déclaré à un moment "le meilleur du monde". Le système anglais sert le plus souvent de repoussoir avec ses délais d’attente, l’absence de choix du médecin par le patient et les consultations qui ne durent que cinq minutes.<br /><br />Il faut dire que le médecin généraliste anglais travaille dans des conditions tout à fait différentes de celui de son homologue français. Il gère une véritable petite clinique avec infirmières, secrétariat et tout le toutim. Dans ses "cinq minutes", il n’a pas à se préoccuper de la paperasse, des prises de rendez-vous et de la facturation de l’acte.<br /><br />Il n’a pas, non plus, à demander la Carte Vitale qui est, bien sûr au fond du sac de la dame. Ah non ! Elle n’y était pas. Elle était dans le porte-cartes. Ah non ! Ça c’est la carte de réduction à Shopi. Et elle tend enfin… sa carte bancaire.<br />« Pourtant je l’avais préparée ! » Devant le temps perdu en fouilles quasi archéologiques, à la recherche du Plastique Vert, j’ai mis une affiche depuis longtemps pour demander de "PRÉPARER sa Carte Vitale". Ce qui n’a eu aucun effet. Il y a ceux qui ne lisent pas les affiches, ceux qui s’en fichent, ceux qui ont sorti la carte du portefeuille pour la mettre dans une poche de la veste, mais qui ne se rappellent plus dans quelle poche, ceux qui disent qu’ils ont "préparé", alors que la carte est toujours dans le porte-cartes au fond du sac, sous les mouchoirs, les clefs, l’ancienne ordonnance, la liste des courses et deux ratons laveurs. Pour ces derniers, "préparer" doit correspondre à un rite vaudou ou autre préparation psychologique avant de rentrer dans le cabinet.<br /><br />Le médecin anglais n’a pas non plus à assister aux déshabillages et rhabillages. Les patients sont livrés déjà conditionnés.<br />Pour le déshabillage, tout commence souvent par un marchandage. Il faut savoir, que je demande toujours à mes patients de se déshabiller, c’est-à-dire enlever systématiquement le haut sauf le dernier sous-vêtement et le bas, si nécessaire. Et bien, depuis quinze ans, certains patients me demandent systématiquement. « Et en remontant la manche, ça suffit pas ? » « Non, ça suffit pas ! Je n’ai pas mis ma super vision X ce matin pour voir à travers les habits et j’ai oublié mon super-stéthoscope à tête chercheuse qui peut se glisser dans le bas du dos en partant du col sans se perdre entre deux "Thermolactyl" ou rester accroché à une bretelle de soutien-gorge.<br /><br />Donc, ils enlèvent une couche, s’arrêtent : « J’en enlève encore ? ». Une autre couche : « J’en enlève encore ? ». Ils arrivent à me faire craquer à la troisième couche. Je me rappelle une vieille dame qui vivait dans une ferme chauffée uniquement à la cheminée (mais on laisse la fenêtre entrouverte pour pas qu’elle fume !), et qui était recouverte d’une superposition invraisemblable de vêtements. Je finissais toujours par caler sur un sous-pull orange à col roulé que je ne suis jamais arrivé à lui faire enlever. C’était la troisième couche l’été et la cinquième l’hiver. Il en restait encore trois ou quatre dessous. Heureusement, que je pensais à amener mon stéthoscope à tête chercheuse.<br /><br />Il y a aussi les pudiques petites demoiselles de quatorze ans, vêtues ou plutôt dévêtues comme des Lolitas, mais qui ne veulent pas soulever le T-shirt moulant qui laisse deviner leurs bourgeons naissants.<br />Il y a la dame qui sort du coiffeur et ne veut pas abîmer sa mise en pli.<br />Il y celui qui a tellement d’arthrose qu’il ne peut pas se déshabiller tout seul.<br />Il y a celui qui a un maillot de corps sale et qui ne veut pas le montrer.<br />Il y a celui qui se déshabille entièrement pour un simple mal de gorge.<br />Il y a celui qui a mis sa nouvelle chemise avec 235 boutons.<br />Etc., etc.,<br /><br />Et je ne vous parle pas du rhabillage !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-39524973085058416122008-01-07T11:19:00.000+01:002008-01-07T11:55:27.850+01:00Recadrage sans débordement« Docteur ! Ce que vous me donnez là, ça va me faire du bien ? »<br />« Non, je vous le donne pour vous empoisonner et parce que je touche un pourcentage du pharmacien ! »<br />Avant, j'avais envie de le dire, mais j'essayais d'expliquer. Maintenant, je le dis ; avec un grand sourire ou un air faussement sérieux et c'est diantrement plus efficace. J'entends de moins en moins ce genre de réflexion.<br /><br />Dans le même genre :<br />« Docteur ! Donnez-moi quelque chose d'efficace ! »<br />« Ah non alors ! Je préfère que vous reveniez plusieurs fois pour rien. Ça me permet de payer mes impôts ! »<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-73274568741603547202008-01-01T16:44:00.000+01:002008-01-01T17:16:13.240+01:00Nouvel an<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_QZTojWCIlww/R3phYMTE3II/AAAAAAAAACc/9WEclMHXL6g/s1600-h/P1060464.JPG"><img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;" src="http://bp0.blogger.com/_QZTojWCIlww/R3phYMTE3II/AAAAAAAAACc/9WEclMHXL6g/s320/P1060464.JPG" border="0" alt=""id="BLOGGER_PHOTO_ID_5150536192097574018" /></a><br /><br />En attendant que le soleil se montre en France, je suis allé le chercher dans les îles.<br /><a href="http://www.flickr.com/photos/8943903@N06/sets/72157603600763905/">D'autres photos</a>.<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-57075535266744957052007-12-15T20:33:00.000+01:002008-01-01T16:44:13.691+01:00Labos pas bô ?Des collègues me font souvent la réflexion : « Ah ! Toi, tu es contre les labos ! ». Ce qui a le don de m'énerver positivement. Je n'ai rien contre "les labos". Ils sont nécessaires pour fabriquer des médicaments qui vont soigner mes patients. Par contre, je ne comprends pas mes collègues qui semblent croire que les firmes pharmaceutiques font des médicaments pour le bien de l'humanité, pour que les gens vivent plus vieux et en meilleure santé. C'est un peu comme si les mamans croyaient que Mattel® fait des poupées Barbies pour éduquer les enfants.<br /><br />Les firmes pharmaceutiques font des médicaments pour les vendre. C'est tout. C'est leur but et leur raison d'exister. Et ils emploient tous les moyens (et ils en ont beaucoup) pour le faire. Ils ont réussi au fil des décennies à créer une dépendance de la part des médecins. Dès les premières années de médecine, les étudiants sont sollicités. Ils prennent l'habitude de recevoir des collations, des livres. Et ils prennent l'habitude d'aller demander "aux labos" quand ils ont besoin d'organiser une fête ou une thèse.<br /><br />Il n'y a même plus besoin d'offrir des congrès aux Seychelles, l'habitude est prise. D'ailleurs, sous des prétextes éthiques, ils ont largement diminué leurs cadeaux divers : moins de voyages, plus d'échantillons, moins de gadgets couteux, moins d'achats de prescriptions déguisés en "études cliniques". Ils savent que la "reconnaissance" du médecin n'est pas proportionnelle à l'importance du cadeau. Au contraire, quand vous achetez franchement quelqu'un, il vous en donne pour votre argent, mais pas plus. Un petit cadeau crée un lien plus solide et le médecin n'a pas l'impression de pouvoir être influencé en recevant un stylo ou des post-its.<br /><br />Bon, maintenant je pars en vacances jusqu'à Noël. En attendant, je vous recommande quelques lectures pour comprendre et aller plus loin :<br />• <a href="http://www.amazon.fr/Petit-trait%C3%A9-manipulation-lusage-honn%C3%AAtes/dp/2706110449/ref=pd_bbs_sr_1?ie=UTF8&s=books&qid=1197748809&sr=8-1">Petit Traité de Manipulation à l'intention des honnêtes gens</a> : un grand classique<br />• <a href="http://www.amazon.fr/petites-exp%C3%A9riences-psychologie-comprendre-semblables/dp/2100511602/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1197748966&sr=8-1">150 petites expériences de psychologie pour mieux comprendre nos semblables</a><br />• <a href="http://www.christianlehmann.net/fre/oeuvres/medecine_politique/index.php?rub=oeuvres&ssrub=MedecinePolitique">Patients si vous saviez !</a> : la journée d'un médecin généraliste<br />• <a href="http://www.amazon.fr/Constance-du-jardinier-John-Carr%C3%A9/dp/2020557215/ref=sr_1_1?ie=UTF8&s=books&qid=1197749260&sr=8-1">La constance du jardinier</a> : un roman qui est malheureusement plus vrai que vrai.<br /><br />Bonne fêtes à tous !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-18291028676216172902007-12-12T18:53:00.000+01:002008-02-05T18:45:43.457+01:00Gardasil lou arnaque !Le vaccin contre le cancer ! C'était beau ! Quel slogan ! Mais qu'y-a-t-il derrière le slogan ?<br />Beaucoup de vent ! Avant le col de l'utérus, il a du mal à passer les cols des Pyrénées.<br />Encore le <a href="http://www.formindep.org/spip.php?article150">Formindep</a><br /><br />Les cotisations par chèque sont acceptées !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-1305406926561486832007-12-10T18:15:00.000+01:002007-12-10T18:22:35.448+01:00Le Canada contre l'AvandiaLes Canadiens commencent à réagir au <a href="http://www.formindep.org/spip.php?article149">scandale Avandia</a>. D'habitude les instances françaises mettent deux ans avant de prendre ce genre de décision (qui me semble insuffisante).<br /><br />Cette histoire me touche particulièrement. En effet, nous ne donnons pas des médicaments aux diabétiques pour faire baisser leur "sucre" dans le sang, mais pour éviter les complications du diabète et en particulier les complications cardiovasculaires. Comment expliquer à un patient que le médicament provoquait ce que l'on voulait éviter ? Comment lui expliquer que les études ne sont JAMAIS faites correctement pour des raisons financières ?<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-67428891178847550602007-12-09T19:13:00.000+01:002007-12-09T22:24:07.677+01:00L'œil rouge du malheurJ’ai connu Firmin Lestrampe quand il était pompier. C’est un petit homme discret qui ne parle pas beaucoup. Effacé, timide, ou peut-être n’ayant pas grand-chose à dire. Il a l’air d’approuver ce que vous dites, ce qui le rend sympathique. Depuis sa retraite, il fait du bénévolat à la Croix Rouge et chante dans une chorale. Quand il arrive ce jour-là dans mon cabinet, il a un œil rouge. Il n’a pas très mal, mais il n’y voit pas bien et je l'envoie rapidement chez un ophtalmologiste.<br /><br />Quelques jours plus tard, le radiologue m’appelle. Quand il appelle, le radiologue, ce n’est jamais bon signe. C’est qu’il a trouvé un truc compliqué ou grave. Mais ce n’est jamais pour me dire que tout va bien.<br />- Je viens de voir M. Lestrampe pour une radio des poumons. Il y a un magnifique « lâcher de ballons ».<br />Le langage médical est souvent poétique et imagé. En dehors d’expressions absconses et plus ou moins latines, nous avons aussi une foultitude d'« urines porto », de « crépitants neigeux des bases », de « foie marronné ». Le « lâcher de ballons », ce n’est pas bon ! Le radiologue a vu dans les poumons des "taches" rondes dispersées dans tout le poumon… des métastases.<br /><br />Quand M. Lestrampe revient me voir avec sa radio, je ne sais pas trop par quel bout le prendre. Il est là, l’air confiant, toujours avec son œil rouge, attendant que je lui dise que faire. L’ophtalmo lui a aussi fait faire une prise de sang en plus de la radio.<br /><br />- Pour l’œil, ça va mieux ! Je dois aller revoir l'« oculiste » à la fin de la semaine.<br />- Non, je ne suis pas fatigué. J’ai fait mon tour du lac ce matin, comme d’habitude.<br />- Non, je ne crois pas avoir maigri. Tout va bien.<br /><br />Le médecin, lui, ne se sent pas très bien. Dans les films américains, le docteur prend un air compatissant derrière sa blouse blanche et balance : « Vous êtes gravement malade. Vous en avez pour six mois. Au revoir Monsieur ! » Le docteur d’ici, il dit : « Il y a une image bizarre à la radio, il faut que je vous envoie faire un scanner. C’est peut-être grave. Il faut voir ».<br /><br />Le scanner n’est pas bon non plus. Sa plèvre, l’enveloppe qui entoure ses poumons, est farcie de nodules. C’est à ce moment que j’apprends qu’il a travaillé avec de l’amiante pendant des années. Bon là, au moins c’est simple. Il n’y a aucun traitement. Comme dirait Germaine qui a des proverbes venus d’ailleurs : « Quand il y a du malheur, ne comptez pas sur le beurre ! »<br /><br />Et M. Lestrampe qui n’a toujours pas l’air de réaliser qu’il est malade, qu’il est mourant.<br /><br />J’ai une discussion surréaliste avec sa femme que je ne connais pas et qui me téléphone pour me demander, si ça va durer longtemps tous ces allers-retours, qu’il n’y a personne pour le conduire, alors il prend un taxi et ça coûte cher et que son œil, il ne va pas mieux. Impossible d’en placer une.<br /><br />Quelques jours plus tard, le pneumologue m’appelle (c’est pas bon signe non plus) pour me dire qu’il est allé voir la plèvre, qu’il y a des nodules partout et qu’il a fait un prélèvement pour connaître la nature du mal. En attendant les résultats, je revois M. Lestrampe qui a l’air vaguement inquiet et fataliste, mais sans plus. J’ai demandé le « cent pour cent » à la Sécu en urgence pour qu’il puisse se faire rembourser les taxis. Le médecin-conseil lui a accordé sans problème quand il a eu le résultat des radios et du scanner. Il est content. En discutant, j’apprends qu’il a deux enfants, mais « qu’ils ne se parlent plus ».<br /><br />C’est dingue, je m’aperçois que je ne connaissais rien de sa vie. En dehors du chant et des pompiers, il ne m’avait jamais parlé de rien. Il me regarde, avec son œil rouge, et ne semble pas concerné par ce qui lui arrive. Pas curieux.<br />Je croyais le connaître. Ce que je prenais pour une écoute attentive et approbative n’était que passivité et indifférence. En fait, il ne comprend pas grand-chose à ce qui se passe et il se laisse porter par la vie. Il ne me laisse toujours aucun moyen de lui faire passer le message qu’il a certainement quelque chose de grave. Alors, j’attends !<br /><br />Quelle surprise en lisant les résultats des prélèvements ! Ce sont des lésions bénignes ! Ce n’est pas un cancer. Ça avait l’aspect du cancer, le goût du cancer, mais ce n’étaient rien que des nodules fibreux. J’avais envie de sauter de joie, de chanter.<br /><br />M. Lestrampe a pris l’annonce avec détachement. « Ce qui doit arriver, doit arriver ! »<br /><br />Son œil est resté rouge quelques semaines encore et tout est rentré dans l’ordre.<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-43624939165576478162007-12-02T09:18:00.000+01:002007-12-02T18:46:23.128+01:00Avandia, un nouveau Vioxx !!Encore <a href="http://www.formindep.org/spip.php?article146">une triste histoire</a> d'un médicament mal étudié, dangereux et ne servant pas à grand chose. Il n'y a plus grand monde en face des labos, si ce n'est des petits groupes de médecins et d'usagers bien limités. 83000 crises cardiaques ! Combien de drames, de morts ?<br />Soutenez le <a href="http://www.formindep.org/spip.php?article146">FORMINDEP</a> dans son combat !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-57263654731366955072007-11-24T10:01:00.000+01:002007-12-09T22:29:24.516+01:00Trop lourdGermaine vit à la maison de retraite depuis quelques années. Elle n’a pas beaucoup d’argent et "les sous" sont vraiment un problème. Sa famille n’est pas très présente, sauf pour râler quand il faut payer quelque chose. C’est une vieille dame attachante qui ne se plaint jamais. Mais elle devient "trop lourde".<br /><br />Il faut dire qu’elle cumule les handicaps. Elle pèse plus de 100 kg et a une peau qui a la fragilité d’un papier vieilli par le temps et le soleil. Ses jambes et ses fesses sont couvertes de pansements pour soigner les bobos en cours et essayer de prévenir les bobos à venir. Il faut au moins deux personnes, plus d’une heure le matin et le soir pour lui faire les soins. Trop pour une simple maison de retraite.<br /><br />Depuis quelques jours elle se plaint d’une jambe. Il n’y a pas eu de chute, pas eu de choc particulier, mais elle ne peut plus s’appuyer dessus et souffre en la bougeant. La radiographie montre une fracture du col du fémur. La tuile !<br /><br />Sa fille vivant près de la grande ville, nous l’envoyons aux Urgences du CHU (50 km), plutôt que dans notre hôpital départemental (40 km). Les Urgences n’en ont pas voulu ; pas de place, pas le bon département. Ils l’ont renvoyée, dans son ambulance, avec sa fracture, faire 80 km pour rejoindre les urgences de l’hôpital général.<br /><br />Elle devait être trop lourde.<br /><br />Maintenant, elle est opérée. La rééducation risque d’être difficile. Ses quelques forces perdues, elle va être encore plus dépendante. L’équipe a décidé qu’il était impossible qu’elle revienne à la maison de retraite. Les filles n’en peuvent plus, finissent les toilettes du matin à midi, midi et demi. Le départ de Germaine va leur permettre de proposer d’avantage de douches et de bains aux autres résidents. De préparer le service du repas de midi avec plus de sérénité.<br /><br />Mais Germaine, elle, ne voulait pas partir de sa chambre. Elle y avait ses petites habitudes et s’était attachée aux filles qui venaient s’en occuper tous les matins. Il va falloir lui trouver une place dans un établissement qui ne la trouve pas trop lourde, pour un prix qui ne soit pas trop lourd.<br /><br />Parfois, ce métier me pèse !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-89963166464810474712007-11-23T09:48:00.000+01:002007-12-09T22:30:17.086+01:00Maladies pour rireLe métier de médecin se rapproche souvent de celui d'enquêteur de police. Il me semble que beaucoup de médecins feraient de bons détectives. Nous avons l'habitude de recueillir des indices, d'interroger les gens et de faire de brillantes déductions avec tout ça. La conclusion de l'"enquête" est parfois surprenante.<br /><br />Garde du Dimanche. Appel à la campagne pour un homme qui s'est fait "piquer par quelque chose" au pied et qui a une douleur qui lui "remonte jusque dans les reins". Ce jeune homme d'une trentaine d'années marchait tranquillement dans l'herbe haute. Soudain, une douleur fulgurante lui traverse la cheville. Dans l'herbe, il ne peut voir le coupable mais pense que ce peut être un serpent… peut-être une vipère !!<br />La cheville est à peine douloureuse, il y a bien une trace de piqure, mais pas de gonflement, pas les rougeurs et chaleurs magnifiques que peut donner une morsure de vipère. Mais alors, pourquoi la douleur remonte-t-elle "jusque dans les reins" ? Je lui fait raconter l'histoire à nouveau et là, il me dit qu'il a eu tellement peur après la "morsure" qu'il a sauté par-dessus la clôture. Diagnostic final : piqure de puce et déchirure musculaire.<br /><br />Hier après-midi, je passe voir mes patients hospitalisés à l'hôpital local. L'infirmière me signale, inquiète, que M. Bagi a une main qui devient bleue. Ce ne serait pas étonnant chez cet homme qui déjà eu des problèmes vasculaires et a le cerveau tout mité par des petites "attaques". Ce qui ne l'empêche pas d'être tout à fait lucide et anxieux.<br /><br />Bizarrement, la main est chaude et n'est pas douloureuse et le pouls est bien perçu. Le patient me confirme que ce matin, les doigts étaient tout bleus. En regardant attentivement la main, je m'aperçois alors que le bleu vient… de son pyjama tout neuf qui déteint allègrement. J'ai eu beaucoup de mal à en convaincre M. Bagi qui pensait bien qu'il allait perdre son bras.<br /><br />Il était schtroumpfement inquiet !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-40048443729103838222007-11-14T07:51:00.000+01:002007-11-25T18:33:49.526+01:00Hôtel de la lune oisiveIl y avait longtemps que je n’avais pas lu quelque chose d’aussi bien. L’art de la nouvelle dans toute sa subtilité. Comment <a href="http://www.amazon.fr/H%C3%B4tel-Lune-oisive-William-Trevor/dp/2752900732/ref=sr_1_10?ie=UTF8&s=books&qid=1195023190&sr=1-10">William Trevor</a> fait-il pour créer un univers en quelques pages ? Comment peut-il percevoir avec tant d’acuité notre humanité avec ses qualités et ses défauts ? <br /><br />Et pour aller rire un bon coup, allez voir <a href="http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=128990.html">Joyeuses Funérailles</a>. Mais en VO seulement. Ce doit être beaucoup moins drôle sans l’accent british. L’histoire de funérailles catastrophiques, une machine à gags bien huilée qui vous entraîne irrésistiblement.<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-36212067375361400302007-11-08T21:15:00.000+01:002007-11-08T21:33:38.276+01:00Stagiaire d'aujourd'huiMa première stagiaire ! Une interne en médecine générale qui finit ses études (9e année) vient me faire mes consultations un matin par semaine. Elle a déjà fait des stages avec des généralistes, travaillé comme interne dans divers services. Et là elle va passer six demi-journées par semaine chez six médecins différents pour bien s’imprégner de ce qui l’attend.<br /><br />J’assiste à ses premières consultations pour pouvoir la secourir au niveau de l’informatique. Mais je ne participe pas. Enfin presque ! Rien que le fait d’être là change la relation entre le patient, l’interne et le médecin traitant.<br /><br />Comme c’est bizarre d’assister à une consultation "de l’extérieur", de regarder sans rien dire. J’avais parfois envie de souffler les questions, les réponses, d’aller plus vite, de préciser. Mais bon, dure leçon d’humilité, une "débutante" arrive aussi bien que moi à se dépatouiller des approximations, des syndromes bizarres et des petits bobos. Au bout de quelques consultations, je me sentais vraiment de trop et je suis parti.<br /><br />En traversant la salle d’attente, j’ai eu droit aux questions des patients qui y poireautaient. "Vous partez, Docteur !" Du genre, "vous m’abandonnez !" ou carrément "Je peux lui faire confiance ?". J’ai rassuré tout le monde et je suis parti. Sans souci.<br /><br />À midi, nous nous sommes retrouvés pour faire le point. Elle a trouvé mes patients sympas (elle est gentille en plus).<br /><br />Que c’est bon de voir des yeux qui brillent en parlant de médecine générale !<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-87151331547189583192007-11-02T21:18:00.000+01:002007-11-02T22:07:56.358+01:00Trancher dans le vifIl y a des jours comme ça. Des jours où il semble que chaque décision que vous prenez pèse une tonne, que vous passez votre temps à balancer entre le pire et le terrible. Vous finissez la journée épuisé, et vous n’avez "rien" fait. Seulement trois petites visites, trois petits actes insignifiants dans la marée des actes médicaux journaliers.<br /><br />Monsieur Juan est espagnol. Une "attaque" n’a pas arrangé sa compréhension et sa prononciation du français. Je ne le connais pas depuis longtemps et vu le problème de communication avec son <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aphasie">aphasie</a> compliquée d’accent ibérique, ça ne va pas s’arranger. Il est paralysé dans son lit, hémiplégique. Il a des escarres qui "flambent" en ce moment. C’est sa "bonne" jambe qui lui fait mal. Le pied est bleuté, un peu froid… Ça sent mauvais, au propre, comme au figuré. Le spécialiste qui a examiné le monsieur m’appelle : « Si son état général le permet, il faudrait lui faire une artériographie, puis si le réseau des artères est assez bon, une angioplastie ou un pontage. »<br />La fille ne comprend pas grand-chose. Elle demande s’il est possible qu’il soit opéré dans notre hôpital local (il n’y a même pas une radio). La mère demande simplement qu’il mange bien, mais pas trop, à cause du diabète. Le monsieur, lui, ne comprend pas ce qui se passe ; ce n’est pas un bon jour.<br />Si nous laissons faire, le pied va pourrir peu à peu, l’intervention ne servira peut-être à rien, vu que son état général n’est pas bon. Mais son état général n’est peut-être pas bon à cause du pied qui se nécrose. J’essaye d’expliquer tout ça au téléphone à la fille, puis à la mère. La décision, c’est pour lundi.<br /><br />Monsieur Marcel a lui aussi un pied en piteux état. Lui, c’est un microbe qui est entré par une plaie et qui s’est niché dans l’os tel le renard dans son terrier. Les antibiotiques en perfusion l’empêchent de sortir, mais dès que le traitement est interrompu, l’infection reprend de plus belle. La solution "raisonnable" est de couper le pied… Nous le savons, lui et moi, mais bon, c’est dur !<br />Alors nous continuons les perfusions. Quand il n’aura plus de veines pour planter les aiguilles, j’essaierai autre chose. Et quand il n’y aura plus "autre chose"…<br /><br />Mme Rina a 98 ans. Elle est sourde, vraiment sourde, mais a "toute sa tête". Mince, active et malicieuse, elle me regarde toujours avec des yeux admiratifs et confiants. Elle revient de chez le néphrologue pour ses reins qui ne fonctionnent plus. Il propose une hémodialyse. Voici la recette : tout d’abord prendre un bras, bien disséquer l’artère et la brancher sur une veine. Laisser mijoter deux mois, puis amener la dame à l’hôpital, lui brancher "la dialyse" pendant quatre heures et la ramener chez elle, trois fois par semaine. Épuisant !<br /><br />L’autre solution : laisser la dame chez elle. Les taux de potassium et d’urée vont monter peu à peu et elle va mourir.<br />La famille était là, nous avons choisi. Elle restera chez elle, comme elle le veut.<br /><br />Et un jour elle fermera ses yeux trop confiants.<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-39095099612818770322007-10-30T19:56:00.000+01:002007-10-30T19:59:21.940+01:00Un homme honnête<a href="http://enattendanth5n1.blog.20minutes.fr/archive/2007/10/30/pourquoi-j-ai-refus%C3%A9-une-invitation-%C3%A0-un-s%C3%A9minaire-organis%C3%A9.html">Ça fait du bien !</a><div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4849456003108471817.post-1007039534957401112007-10-30T13:48:00.000+01:002007-10-30T19:55:29.325+01:00Réflexions sans réflexionDe temps en temps, je me lâche. En général, c’est chez moi un signe de fatigue. Dans ce cas, je dis ce que je pense et parfois, il serait préférable que je me taise.<br /><br />- Allô, Docteur ? Pourriez-vous s’il vous plaît, remettre votre visite chez ma mère à un autre jour ? Je dois aller chez le vétérinaire.<br />- Pourquoi ? Vous êtes malade ?<br /><br />Et là, je vous jure, un grand moment de solitude ! Puis vous entendez les rires au bout du fil. Ouf !<br /><br />- Docteur, est-ce que vous pouvez venir me voir cet après-midi ?<br />- Pas de problème, je passerai dans l’après-midi.<br />- Mais pas avant 4 heures, j’ai le coiffeur et puis le soir je vais chez ma fille.<br />- Votre pizza, vous la voulez avec des olives vertes ou des olives noires ?<br /><br />Bon, elle n’a pas compris. Maintenant, elle vient au cabinet en allant chez le coiffeur.<br /><br />Bip pompier. Chute sur la voie publique. Traumatisme du genou.<br />Quand j’arrive la dame est déjà dans l’ambulance des pompiers. Je découvre le genou. Rien de visible. Je le palpe, je le plie, le déplie, fais des ronds avec la jambe. Rien ! Pas de douleur !<br />- Dites-moi, vous avez essayé de marcher après votre chute.<br />- Oh non Docteur ! Mon ami m’a dit : "Ne bouge pas, j’appelle les pompiers !"<br />- Lève toi et marche lui dis-je.<br />Elle s’est levée et elle a marché.<br /><br />J’aime faire des miracles.<div class="blogger-post-footer">Merci de vous intéresser au blog du Docteur V.</div>docteur V.http://www.blogger.com/profile/11656544166835351087noreply@blogger.com