tag:blogger.com,1999:blog-45169424374518443902008-07-25T00:47:29.131+02:00HyperboréeApollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comBlogger48125tag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-1609520533051952962008-07-24T12:05:00.008+02:002008-07-25T00:47:29.166+02:00Neutralité de moyen / neutralité de résultat : le danger du relativisme sur wikipédia<div style="text-align: justify;">Pour permettre à des contributeurs de toute tendance de contribuer harmonieusement, la <a href="http://www.blogger.com/Wikip%C3%83%C2%A9dia:Neutralit%C3%83%C2%A9%20de%20point%20de%20vue">règle npov</a> (<span style="font-style: italic;">Neutral Point Of View</span>) commande d'attribuer toute information à sa source, tout le monde l'a bien compris(1). Au lecteur de trancher entre les différents avis qui lui sont proposés, cette seconde idée pose en pratique beaucoup plus problème à cause de la confusion entre ce que j'appelle la neutralité de moyen et la neutralité de résultat. Le fonctionnement de la neutralité sur Wikipédia est en effet un point souvent mal compris.<br /><br />Le contre-sens fréquent est de croire que la npov serait relativiste, rien n'est plus faux. Un nombre considérable de conflits éditoriaux est du à l'interprétation de la npov comme une règle prônant une appréciation relativiste des informations, qui conduit à présenter les opinions comme étant de même valeur en les égalisant artificiellement, la neutralité de résultat.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Qu'est-ce que le relativisme ?</span> C'est la croyance selon laquelle toutes les croyances se valent, que la vérité n'existe pas ou alors qu'elle n'est pas à notre portée. Toutefois il demeure une croyance absolue et intangible qui est le relativisme lui-même : il est une vérité absolue qu'il n'y a aucune vérité absolue. C'est la religion du monde moderne : moi, mon égo, mon opinion.<br /><br />Le relativisme rend la discussion, échange tendant vers la vérité, vaine, puisqu'il dit "chacun sa vérité". A quoi bon discuter s'il n'y a pas de vérité, si toutes les opinions se valent in fine ?(2) Dans une discussion, chacun présente ses arguments à la réfutation de l'autre, pour progresser vers la vérité. Il faut tirer la conséquence d'une réfutation : reconnaitre l'erreur expressément ou tacitement.<br /><br />Ou on peut ne pas tirer cette conséquence : le relativisme est alors le dernier recours de l'opinion réfutée. Combien de fois ai-je vu sur wikipédia une personne suspendre sa reconnaissance d'avoir eu tort à la reconnaissance par l'adversaire qu'il ne défend qu'une opinion, également fausse ou vraie ? Trop souvent : d'accord j'ai tort mais alors toi aussi ! Ainsi le croyant en déroute vient-il se réfugier dans le relativisme, croyant naïvement que le summum de la neutralité est de prêcher que tout est faux alors qu'en plus d'être pov, il est dans l'erreur et viole la loyauté des discussions.<br /><br />Et l'invocation du relativisme est hypocrite, parce qu'au final il ne s'agit pas tant de prôner l'égalité des opinions que de dénoncer celle d'autrui. Si toutes les croyances se valent, on se demande bien pourquoi le relativiste n'abandonne pas les siennes...<br /><br /><span style="font-weight: bold;">La npov est-elle relativiste ?</span><br /><br />On le croit souvent : tous les points de vue ne sont-ils pas acceptés sur les articles ?<br /><br />Il existe une protection explicite contre le relativisme des points de vue dans la npov : la notion de pertinence ; il faut présenter tous les pdv "pertinents". Ce mot, essentiel, est bienvenu mais on peut se demander s'il ne doit pas beaucoup de sa présence à son équivoque. Je le comprends comme ceci : l'avis d'un blog ou d'un réseau conspirationiste est insignifiante, il n'a pas sa place a priori ; l'avis d'un biologiste sur un sujet d'économie n'est pas qualifié (et vice versa) et n'est donc pas autorisé a priori etc.<br /><br />La npov admet largement les pdv mais non pas parce qu'ils se vaudraient tous mais parce que nous sommes faillibles et ignorants et devons adopter une démarche humble. Mais la npov ne commande pas de dire que tout se vaut, simplement qui dit quoi. Wikipédia ne tranche pas qui a raison, non pas parce que personne n'a raison, mais parce que c'est le travail du lecteur.<br /><br />Aussi l'erreur est-elle permise, sous réserve d'être attribuée. Le lien entre l'information et son auteur donne une double information : il ne s'agit pas simplement d'exposer une opinion mais encore de l'attribuer. Si l'information est fausse, on attribue l'erreur, ce qui est infiniment plus utile que la nier. Prenons la lutte des classes par exemple, l'important n'est pas d'expliquer que la lutte des classes est une sornette mais d'identifier qui diffuse cette erreur. Voilà une fonction de la npov trop souvent occultée : attribuer l'erreur.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Comment le relativisme change la compréhension de la npov.</span><br /><br />Le relativisme pervertit la npov. A partir du moment où on admet que toutes les opinions se valent, la neutralité consiste à exposer toutes les opinions de façon à ce qu'elles soient à égalité. Ceci mène à renforcer artificiellement un pov ou instiller un doute illégitime sur un autre. Il se peut qu'une opinion représente le consensus scientifique quand une autre, opposée à la première, ne peut être rattachée qu'à des non-spécialistes, des pseudo-comités citoyen, des blogueurs conspirationistes.<br /><br />Que faire alors ? Rien. Nous n'avons pas à rectifier la réalité. Le lecteur va sans doute accorder davantage de crédit à une opinion, soutenue plus rationnellement, dotée de l'aura scientifique, et il aura bien raison ! Ou alors il faut être conséquent et accorder autant de place au créationnisme qu'à la théorie de l'évolution ; écrire que peut-être après tout la Terre est plate et est le centre de l'univers, que les tours du world trade center contenaient des balises pour guider des avions remplis d'explosif vers elles. On pourrait continuer cette liste ad nauseam. Pour utiliser une métaphore de juriste : l'erreur est de rechercher une neutralité de résultat quand il faut chercher une neutralité de moyen. En d'autres termes, il ne faut pas rédiger de façon à ce que le lecteur estime à égalité les opinions, mais présenter toutes les opinions pertinentes de façon à ce que le lecteur puisse trancher librement.<br /><br />Pour que la npov fonctionne correctement, il faut comprendre qu'elle n'est pas relativiste, que la neutralité doit être entre les pov sur la page de wikipédia, pas dans la tête du lecteur. En note finale, j'ajouterai que le rejet du relativisme implique qu'il faut reconnaitre l'idée à contre-courant selon laquelle la connaissance légitime existe, peu importe que le relativisme la nie et la nomme dominante.<br /><br />(1) Voir aussi cet ancien post : <a href="http://hyperboree-apollon.blogspot.com/2008/04/fiabilit-et-vrifiabilit-sur-wikipdia.html">Fiabilité et vérifiabilité sur Wikipédia</a>.<br />(2) Et à quoi bon monter une encyclopédie...<br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-1399409833415304202008-07-21T13:35:00.002+02:002008-07-21T13:51:24.127+02:00King George's Six MaximsVoici les six conseils que le roi George Ier conservait affichés sur le mur de son étude, et Apollon au-dessus de sa baignoire. Ce sont des conseils dont les wikipédiens feraient bien de prendre connaissance et d'appliquer, moi compris :<br /><ul><li>Teach me to be obedient to the rules of the game ;</li><li>Teach me to distinguish between sentiment and sentimentality - admiring the one and despising the other ;</li><li>Teach me neither to proffer nor to receive cheap praise ;</li><li>If I am called upon to suffer let me be like a well-bred beast that goes away to suffer in silence ;</li><li>Teach me to win if I may ; If I may not win, then, above all, teach me to be a good loser ;</li><li>Teach me neither to cry for the moon nor over spilt milk.<br /></li></ul>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-25401947801488050642008-07-14T16:30:00.003+02:002008-07-14T16:49:15.126+02:00Faire parler les mortsD'Outre-tombe nous viennent deux excellents textes, l'un répond à Siné qui nous a exposé dans un Charlie Hebdo de juin sa détestation des femmes voilées, l'autre est relatif aux comités de soutien de Florence Aubenas, qu'on peut appliquer à ceux d'Ingrid Bétancourt, qui jouent la mouche du coche.<br /><br />Le premier est un réquisitoire de Desproges du haut de son tribunal des flagrants délires : <a href="http://www.liberaux.org/lofiversion/index.php?t37688.html">lire ici</a><br />(descendre vers le milieu du texte), merci à Legion pour ce texte. Chacun pourra apprécier à quel point le réquisitoire contre le "seul gauchiste d'extrême droite de France" est encore à jour.<br /><br />Le second est de Philippe Muray et est intitulé : Que soutiennent, au juste, les comités de soutien? <a href="http://philippemuray.e-monsite.com/rubrique,que-soutiennent,1080548.html">Lire là</a>, merci à Saucer fly pour l'avoir déniché. La prose est savoureuse, l'argument convaincant : "les membres des collectifs de soutien à Florence Aubenas se sont activés narcissiquement, s'offrant l'illusion de porter leur « amour » sur un autre objet qu'eux-mêmes, quand c'était bel et bien le spectacle qu'ils se donnaient qui les soulevait d'extase".Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-54279489497065819722008-07-02T13:41:00.002+02:002008-07-02T15:22:05.234+02:00Ma belle Britannica<div style="text-align: justify;">ça y est je l'ai :)<br /><br />Plus seulement le dvd ou l'accès gratuit sur le site internet, non la vraie, la feuillue : j'ai acheté la Britannica 15e édition (1989). Elle se compose de 29 volumes répartis entre macropédia (articles de fond) et micropédia (toutes les entrées), propédia pour la recherche thématique (1 volume), index (2 volumes) et mises à jour (5 volumes), pour un total de 36 volumes soit plus de 70 kilos !<br /><br />Petit malheur (ceux qui additionnent l'ont vu) il me manque le 25e tome, de Norway à Pre-columbian non inclus. Si vous voulez m'embêter, vous saurez où me questionner :) encore que c'est un tome de la macropédia, j'aurais donc la plupart des infos dans la micropédia pour ces entrées.<br /><br />Si vous faites un tour sur internet, vous pouvez trouver des prix effrayants pour la Britannica. Celle de cette année est au-dessus des 1000 pounds ! Un volume de la 15e édition se trouve à 30 pounds ! Mon acquisition m'a couté... 45 pounds :) soit environ 60 euros. Encore que mon libraire, qui avait l'air aux anges de se débarrasser de l'encombrante encyclopédie, m'a remboursé 5 pounds en raison du volume manquant... que j'ai bien entendu aussitôt dépensé sur un autre bouquin bien appétissant : la Routledge encyclopedia of philosophy, recommandée pa <span style="font-style: italic;">The Economist</span>, trouvable de 35 pounds à plus de 100 pounds sur internet, 11 pounds chez mon libraire (6 pounds en comptant le remboursement du volume 25).<br /><br />Mais comment l'amener en France ! Je penche pour acheter un diable et revenir en train, croisons les doigts...<br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-61338863523588070172008-06-29T14:39:00.003+02:002008-06-29T14:50:23.548+02:00Quiconque, ignorant que le corps social est un ensemble de lois naturelles, comme le corps humain, rêve de créer une société artificielle...<div style="text-align: justify;">Pour compléter la critique d'hier sur le livre de Michéa, voici un extrait remarquable de Frédéric Bastiat, qui met les choses au point quant à la paternité de l'idée selon laquelle la société n'est pas naturelle. Merci à Free Jazz qui a porté ce discours à ma connaissance, discours que le député des Landes aurait du prononcer devant le Parlement s'il n'en avait été empêché par la tuberculose qui devait l'emporter.<br /><br /><blockquote>Les doctrines subversives auxquelles on a donné le nom de socialisme ou communisme sont le fruit de l'enseignement classique, qu'il soit distribué par le clergé ou par l'Université. [...] Relativement à la société, le monde ancien a légué au nouveau deux fausses notions qui l'ébranlent et l'ébranleront longtemps encore.<br /><br />L'une : que la société est un état hors de nature, né d'un contrat. Cette idée n'était pas aussi erronée autrefois qu'elle l'est de nos jours. Rome, Sparte, c'était bien des associations d'hommes ayant un but commun et déterminé : le pillage ; ce n'était pas précisément des sociétés mais des armées.<br /><br />L'autre, corollaire de la précédente : Que la loi créé les droits, et que, par suite, le législateur et l'humanité sont entre eux dans les mêmes rapports que le potier et l'argile. Minos, Lycurgue, Solon, Numa avaient fabriqué les sociétés crétoise, macédoniennes, athénienne, romaine. Platon était fabriquant de républiques imaginaires devant servir de modèles aux futurs instituteurs des peuples et pères des nations.<br /><br />Or, remarquez-le bien, ces deux idées forment le caractère spécial, le cachet distinctif du socialisme, en prenant ce mot dans le sens défavorable et comme la commune étiquette de toutes les utopies sociales.<br /><br />Quiconque, ignorant que le corps social est un ensemble de lois naturelles, comme le corps humain, rêve de créer une société artificielle, et se prend à manipuler à son gré la famille, la propriété, le droit, l'humanité, est socialiste. Il ne fait pas de la physiologie, il fait de la statuaire ; il n'observe pas, il invente ; il ne croit pas en Dieu, il croit en lui-même ; il n'est pas savant, il est tyran ; il ne sert pas les hommes, il en dispose ; il n'étudie pas leur nature, il la change, suivant le conseil de Rousseau.</blockquote><br />Bastiat, ''Baccalauréat et Socialisme'', source : <a href="http://bastiat.org/fr/baccalaureat.html#MARK2">bastiat.org</a><br /><br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-1055152643439137132008-06-28T02:04:00.004+02:002008-06-28T02:13:07.220+02:00Critique de l'Empire du moindre mal<div style="text-align: justify;"><span style="font-style: italic;font-size:85%;" >Vous trouverez ci-dessous une critique du livre de Jean-Claude Michéa, L'Empire du moindre mal. Cette critique a été rédigée à l'occasion du concours libéraux.org 2008 décerné voici quelques mois à l'ouvrage de Jacques de Saint Victor, <span style="font-style: italic;">Les Racines de la liberté</span>.</span><span style="font-size:85%;"><br /><br />De la sélection pour recevoir le prix Wikibéral 2008, </span><span style="font-style: italic;font-size:85%;" >L’Empire du moindre mal</span><span style="font-size:85%;"> est le seul livre à avoir été écrit par un antilibéral. L’ouvrage de Jean-Claude Michéa, agrégé de philosophie français, qui a reçu des critiques favorables et est chaudement recommandé par ses lecteurs, apparaît le plus intéressant, le plus désintéressé de l'abondante production antilibérale, le plus capable d’apporter une contradiction pertinente là où la plupart des livres antilibéraux confirment par leur médiocrité et leur ignorance les convictions des libéraux.<br /><br />L’empire du moindre mal c’est pour Michéa l’idéal de la tradition libérale qui trouve son point de départ avec Hobbes : à l’état de nature, l’homme est en état de guerre contre ses semblables. De ce postulat anthropologique pessimiste, Michéa fait naitre le projet moderne qui va s’attacher à construire la société permettant à ces hommes de vivre ensemble : la société la moins mauvaise. Cette société est ordonnée par des processus mécaniques tels que le Marché et le Droit. L’Etat libéral va s’attacher à maintenir par la force la neutralité axiologique, les valeurs transcendantes seront détruites. La société moderne ayant détruit les conditions anthropologiques sur lesquelles elle reposait, elle devient ultimement un enfer glacé.<br /><br />Michéa nomme libéralisme le projet positif de la modernité.<br /><br />Après avoir exposé la conception de Michéa du libéralisme (I), on exposera les limites de sa critique de la modernité (II). Il conviendra encore de se questionner sur la véritable cible de Michéa, ce qui expliquera par exemple pourquoi il a choisi une définition du libéralisme aussi originale (III). Et enfin nous développerons grâce aux penseurs libéraux, l'esquisse empirique que dresse Michéa des fondements de la société (IV).<br /><br />I) Une conception originale du libéralisme.<br /><br />Michéa a un mérite considérable, il ne tombe pas dans les errements de base des critiques professionnels du libéralisme. Dès le début, il met en lumière la dimension moderne du libéralisme quand beaucoup de commentateurs croient avoir à faire avec un conservatisme ou une idéologie réactionnaire. Michéa souligne par ailleurs le caractère libertaire de nombreux économistes libéraux à commencer par Milton Friedman ce qui est particulièrement rare et bienvenu. Enfin Michéa insiste sur l'unicité des libéralismes économique et politique.<br /><br />Le libéralisme serait l’idéologie moderne par excellence, hypothèse aussi potentiellement riche qu’elle est généralement délaissée. Mais Michéa va aller jusqu’à assigner le nom de libéralisme à l’ensemble du projet moderne ce qui le conduit à réunir sous ce terme des personnes aussi variées que Laurence Parisot, George W. Bush ou Act Up, c’est-à-dire des personnes qui ne se revendiquent pas particulièrement du libéralisme voire se considèrent antilibérales. Dès lors pourquoi ne pas employer un autre terme que « libéralisme » ? Nous verrons plus loin que c'est pour atteindre un certain public.<br /><br />Le libéralisme de Michéa rassemble donc les divers traits de la modernité : l'individualisme, le relativisme, l'utilitarisme, le progressisme, le rationalisme cartésien, pour en dresser une critique radicale.<br /><br />Si la logique de Michéa peut s’avérer intéressante, le point de départ pose problème : pourquoi Hobbes et sa conception pessimiste de la nature humaine ?<br /><br />A) Une conception pessimiste de l'homme ?<br /><br />Hobbes a une influence sur la philosophie libérale en ce que, observateur des guerres de religion, il est un des fondateurs du paradigme moderne hostile aux valeurs morales transcendantes auxquelles il attribue une responsabilité dans les conflits fratricides d'alors : si les hommes s'entre-tuent, n'est-ce pas parce qu'ils défendent des valeurs morales différentes ? On retrouvera en effet cette méfiance envers les valeurs morales ancrée dans la tradition libérale. Michéa aura donc beau jeu d'insister sur l'importance de Hobbes.<br /><br />Cependant le philosophe auquel les libéraux se réfèrent n’est pas Hobbes mais Locke, or entre Hobbes et Locke il y a un renversement de la conception de l’état de nature : pour Locke, l’homme n’est pas à l’état de nature un individu isolé en guerre permanente, dont la vie serait « solitary, poor, nasty, brutish, and short », au contraire il vit en société : l’homme est un animal social. La question du présupposé pessimiste pose donc problème.<br /><br />Michéa voit le système de contre-pouvoirs confirmer ce présupposé pessimiste libéral envers un homme dont on se défie des capacités morales or ces contre-pouvoirs sont institués contre l’Etat, titulaire du pouvoir le plus puissant, et pas contre les hommes. Le laissez-faire confirmerait encore pour l’auteur ce présupposé pessimiste pourtant ne laisse-t-on pas faire quelqu'un quand on lui fait confiance ?<br /><br />Certes la confiance en l’homme prédispose au progressisme. Mais le pendant est que la défiance envers l’homme prédispose au conservatisme. Et pas au libéralisme comme l'indique Michéa ! Le postulat pessimiste prêté aux libéraux est éminemment contestable.<br /><br />Ce n’est pas envers l’homme que le libéralisme est pessimiste mais envers le pouvoir, tout homme qui détient le pouvoir est porté à en abuser. Comme disait Lord Acton, « le pouvoir corrompt, le pouvoir absolu corrompt absolument. » Mais par conséquent, et c’est presque trivial de le rappeler, si les libéraux estiment que le pouvoir corrompt cela implique que l’homme n’est pas mauvais avant d’être corrompu. La cible de la critique libérale n’est pas l’homme mais l’Etat.<br /><br />B) Des libertés rivales ?<br /><br />Michéa affirme que les libertés sont rivales parce qu’elles poursuivent l’intérêt particulier ce qui montre un défaut de sensibilité fatal aux idées libérales : la poursuite de ses propres fins, qui peuvent être altruistes (et non pas la seule poursuite de son intérêt égoïste, pure fiction), permet la réalisation des fins d’autrui. Derrière ces mots, la vérité est simple : mon boulanger veut mon argent, je veux mes croissants, nous poursuivons chacun une fin différente mais nos libertés, loin de s'affronter ou se nuire, se conjuguent.<br /><br />La notion d'intérêt est source de beaucoup de confusions comme l'a bien montré Philippe Simonnot : l'intérêt au sens économique est une notion plus large que l'intérêt au sens courant, il peut ainsi intégrer des motivations altruistes. Cette équivoque aboutit incidemment à l'incompréhension de Michéa quant au calcul du PIB (p104). L'intérêt c'est pourtant comme le définit le Trésor de la langue française : "ce qui importe à quelqu'un", sans qu'il soit nécessaire que ce qui importe soit égoïste. Hayek parle pour sa part de fins plutôt que d'intérêt ce qui évite bien des confusions.<br /><br />C) Des analyses hostiles<br /><br />Enfin notons que Michéa, pour parvenir à ses conclusions, interprète comme tous les antilibéraux, les écrits libéraux avec malveillance, cherchant la vérité non pas dans les actes ou dans les écrits mais dans les détails et les non-dits. Ainsi quand Michéa constate que la société marchande n'a que faire du racisme, c'est pour ajouter que cette tolérance n'a pas besoin de s'appliquer aux pauvres. Quand Michéa cite Milton Friedman célébrant la collaboration permise par le marché de personnes qui ne se connaissent même pas, c'est pour en déduire que dans l'idéal libéral les gens ne se connaitraient même pas...<br /><br />Pour Michéa, la société minimale serait l'idéal du libéralisme. Une fois de plus, la notion d'Etat manque à la réflexion de Michéa : les libéraux veulent un Etat minimal et en même temps la Grande Société décrite par Karl Popper, permise par les mécanismes du marché (condition nécessaire mais pas suffisante) qui accordent les actions d'individus qui ne se connaissent pas et n'ont pas besoin de s'aimer. Loin de détruire la socialité, le marché met en relation les intérêts de tous de sorte que l'intérêt de chacun dépend de celui des autres, ce qui explique pourquoi les guerres disparaissent avec la mondialisation. Ce qui permet la grande société c'est l'absence de fins collectives transcendantes et certainement pas l'absence de valeurs transcendantes.<br /><br />Michéa compare Michel Onfray à Ayn Rand ce qui aurait pu prêter à des développements intéressants mais il n'en profite pas et la seule référence aux libertariens dans le livre ne porte pas à croire qu'il aurait pu satisfaire notre appétit puisque cette seule occurrence est l'occasion d'une erreur (certes répétée d'un auteur tiers) : l'Etat doit défendre l'individu contre la famille (p150).<br /><br />II) La modernité : un projet positif ?<br /><br />Admettons donc l'emploi de "libéralisme" pour désigner le projet positif de la modernité et enfin profiter du livre. Mais d'où vient donc ce projet positif ?<br /><br />A) Qui mettrait en oeuvre ce projet positif ?<br /><br />Un trait frappant du livre de Michéa est son appétit pour les abstractions, jamais définies, dotées d'une volonté et donc anthropomorphiques, comme le Marché, le Droit, le Capital, les lois du Marché. C’est surtout pour ces dernières qu’une définition aurait bien été utile.<br /><br />Omniprésentes dans le discours anticapitaliste d’autant plus qu’elles ne sont jamais définies, ces soi-disant lois du marché permettent un jeu de mot entre les deux sens de loi comme description de l’ordre du monde et comme commandement. Quand les économistes parlent de lois de l’offre et de la demande, ils décrivent ce qu’ils perçoivent être, mais c’est manifestement dans le sens de commandement que tous les antilibéraux évoquent ces lois du marché. Sans qu’on sache bien qui donne les ordres… Est-ce le Marché ? ou le Capital ? Michéa accorde à ces entités des majuscules comme pour les personnifier, il leur accorde une volonté délibérée. Pourtant Michéa cite la fameuse citation de Ferguson selon laquelle la société est « le résultat de l’action humaine et non pas celui de l’intention humaine ». En suivant Ferguson, on devrait dire que la société moderne n’est le projet d’aucun dessein délibéré. Ce n’est pas l’avis de Michéa qui voit dans la modernité un projet positif, voulu, dont il attribue la réalisation à des entités abstraites jamais définies… ou créées pour l’occasion comme ces soi-disant « ateliers sémantiques modernes » qui commanderaient les mots que nous employons pour satisfaire aux politiques libérales…<br /><br />Michéa est généreux : nombreux sont ceux à qui il prête des intentions occultes : outre les abstractions anthropomorphiques, Michéa prend à témoin son lecteur contre les élites liguées contre le bon peuple : ainsi des politiques, tous libéraux comme chacun sait, qui de Strauss-Kahn à Sarkozy nous cachent la vérité et servent l’ordre du jour secret du libéralisme, ainsi des « grands prédateurs du monde des affaires », ainsi des « télé-évangélistes du capital dans leur propagande quotidienne ». On sombre là dans l'antilibéralisme le plus primaire.<br /><br />B) Quelle politique ?<br /><br />Michéa s'emploie à chercher dans la littérature libérale les règles positives dont elle réclamerait la mise en oeuvre. Or il n'y en a pas. Qu'importe, Michéa nous explique que les règles négatives sont des règles positives imposées par la force contre la nature humaine.<br /><br />Michéa définit le laissez-faire comme une politique positive, c’est négliger le sens des mots. De même les politiques libérales deviennent toutes des contraintes positives pour changer l’homme, c’est méconnaitre que les réformes libérales visent essentiellement à supprimer la coercition étatique : supprimer les douanes, arrêter un impôt, permettre aux gens de choisir comment ils dépensent le fruits de leur travail etc.<br /><br />Pour Michéa les politiques de concurrence sont libérales : l’Etat doit ainsi permettre l’application permanente des règles positive, il doit encore prévenir les agents de se laisser infléchir par des conditions morales ou idéologiques. Michéa constate à raison que ces règles contredisent l’ordre naturel des choses, il ne voit pas en revanche que les libéraux stricto sensu dénoncent précisément les politiques de « concurrence libre et non faussée ». Milton Friedman demandait leur abolition ! Quant à Hayek, dont le nom n’apparaît pas une seule fois dans le livre (!), une part essentielle de son œuvre met en valeur l’importance des règles culturelles. S'il y a donc bien un projet positif en l'espèce, il est faux de le qualifier de libéral.<br /><br />Michéa cite aussi la délinquance, au sujet de laquelle il y a un « intérêt économique majeur […] d’un point de vue libéral […] à maintenir un taux de délinquance élevée ». Ainsi donc la délinquance serait décidée par des volontés occultes pour servir des politiques libérales... Et de même la consommation est imposée par la « propagande publicitaire. »<br /><br />III) La cible de Michéa.<br /><br />La définition du libéralisme de l'auteur lui permet de renvoyer dos-à-dos droite et gauche, chacune titulaires d'un versant du libéralisme : la droite avance le libéralisme économique au prix de l'abandon de ses exigences morales -la droite qui soutient le marché mais déteste la culture qu'il engendre-, la gauche avance le libéralisme politique aux dépens de ses convictions économiques -la gauche qui combat le marché mais adore sa culture-. L'alternative politique est donc un leurre puisque quoi qu'il arrive le libéralisme progresse toujours plus.<br /><br />Michéa invite en conséquence la gauche à se réveiller, à abandonner la promotion du libéralisme et à reprendre conscience de l'importance de la morale, promue sous le nom que lui donnait Orwell : la common decency. Michéa s'adressant d'abord à la gauche, l'ennemi est donc celui qui à gauche se fait le promoteur du libéralisme politique et le procureur de la morale : le libertaire.<br /><br />Michéa ne déteste rien tant que les libertaires, qu’il attaque en permanence. Ces libéraux de gauche (admettons) vivent en France sous l’ombre de la gauche socialiste qui lui impose son primat moral alors qu’aux Etats-Unis c’est elle qui tient le haut du pavé et donc elle ignore même qu’elle est libérale et pourtant elle existe bien : de Libération à Jack Lang.<br /><br />Mais pour rendre la gauche sensible à son discours, Michéa ne pouvait attaquer de front ses idées reçues, il fallait se glisser dans les habits de la critique convenue : Michéa a donc appelé libéralisme les tares de la modernité, et il a assimilé le discours anticapitaliste avec son propre discours, qui est en réalité conservateur. Il a décidé d'unir les libéralismes économique et politique pour attraire le second dans l'opprobre accordée au premier. Difficile de savoir s'il s'agit là d'un artifice rhétorique habile ou d'une réflexion sincère.<br /><br />Michéa développe un conservatisme hors tradition ce qui permet de faire passer un message qui sous sa forme pure aurait été immédiatement rejeté par la gauche. Mais ce faisant il s'expose à l'empirisme, à dire ce que d'autres auteurs d'autres traditions auraient pu déjà dire, à l'incohérence. Les passages de psychanalyse vers la fin en disent long, de même que les compliments adressés aux anciens socialistes et aux anarchistes : il n'est pas facile de quitter sa famille. En ce qui concerne la psychanalyse, il ne semble pas effleurer notre auteur que celle-ci, qui déconstruit l'homme et la société et qui nie et détruit en conséquence les conditions anthropologiques de la société, est un pur produit de la modernité. De façon plus générale, le refus de l'auteur de s'inscrire dans la tradition conservatrice, sa tendance anti-système qui lui fait citer à l'appui de ses démonstrations nombre d'originaux inconnus, ses anthropomorphismes, sa méthode qui attaque de biais les libéraux, l'inscrivent à son corps défendant dans la tradition moderne contre laquelle il lutte.<br /><br />IV)Les fondements de la société.<br /><br />Marché, droit, contrat nécessitent ce que Michéa appelle des prédispositions anthropologiques données. C’est exact mais tout ceci a été étudié en détail par… Friedrich Hayek (Droit, Législation, Liberté), qui montre l’importance des institutions sociales, des règles de conduites culturelles. Or ces règles sont peut-être mises à mal par le marché, ou plus exactement par la liberté des individus auxquelles le marché permet d’exprimer les préférences, il n’en reste pas moins que le grand destructeur des institutions sociales est l’Etat, qu'on prenne pour exemple le mariage, l'armée, la monnaie, l'héritage etc<br /><br />Il est remarquable que Hayek ne soit pas cité une fois dans le livre alors qu'il est peut-être le plus important philosophe libéral du XXe siècle. Il est vrai qu'il serait devenu intenable de conserver la conception donnée du libéralisme en l'intégrant.<br /><br />Conclusion.<br /><br />Le livre de Michéa, s'il est stimulant et agréable à lire, s'avère décevant car la modernité méritait une bonne critique, surtout auprès de la gauche, à qui s'adresse Michéa. Notre philosophe est bon quand il critique les effets de la modernité, moins bon quand il l'assimile artificiellement au libéralisme et imagine un projet positif derrière celle-ci.<br /><br />La critique de Michéa n'en demeure pas moins juste quand elle décèle dans le mouvement moderne l'émergence d'une sorte de totalitarisme, ses écrits font alors écho à ceux du philosophe Michel Villey qui voyait dans la philosophie des droits de l'homme s'accomplir peu à peu en redéfinissant un homme fictif auquel est conféré toujours plus de droits, d'abord les droits libéraux avant d'être ensevelit sous les droits de l'homme socialiste impliquant un contrôle toujours plus totalitaire de la société. Le livre de Michéa dans ce qu'il a de meilleur évoque ainsi le conservateur assumé Michel Villey, c'est là sans doute ce qui manque à Michéa ; assumer son conservatisme et se défaire des préjugés de la gauche.</span></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-17413297167299497612008-06-24T01:27:00.003+02:002008-06-24T01:35:32.537+02:00Les clichés d'Indiana Jones<div style="text-align: justify;">L’excellente série des Indiana Jones est une mine de clichés exploités avec bonheur. Plutôt que de tenter en vain de les éviter tout en faisant ce qu’il faut pour plaire au public, qui, il faut l’avouer aime les clichés, la série se vautre joyeusement dedans et en rajoute !<br /><br />Dans le premier, <span style="font-style: italic;">Raiders of the Lost Ark</span>, qui développe une vile vision coloniale, on trouve un Français, forcément séducteur et raffiné et les méchants sont des nazis (comme ça on peut les zigouiller de façon sadique en gardant bonne conscience, chic).<br /><br />Dans le deuxième, <span style="font-style: italic;">Temple of Doom</span>, qui est un nanard, la femme est vénale, bruyante, elle aime les hommes forts et est facile. Elle apprécie quand après avoir fait une scène à Indy, celui-ci l’attrape avec son fouet… De quoi faire hurler les féministes qui n’ont pas d’humour ! A part ça : des Indiens forcément mystique et misérables, qui sont sauvages, qui pullulent, qui réduisent les enfants au travail forcé ; les guides indiens lâches et superstitieux…<br /><br />Dans le troisième, <span style="font-style: italic;">The last Crusade</span>, la femme est facile quand l’homme est macho, et elle trahit ! Les méchants sont encore des Nazis. On retrouve comme dans le premier le méchant Champagne selon l’expression de Spielberg lui-même, un millionnaire américain pro-nazi, et le méchant brutal, un militaire allemand.<br /><br />Ajouter à tout ça que le méchant est souvent perdu parce que Greedy, appaté par les richesses au moment crucial et... puni.<br /><br />Le quatrième, <span style="font-style: italic;">Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull</span>, est beaucoup plus récent, il devient intéressant de comparer si les clichés évoluent et la réponse est oui ! Le méchant, passé la scène d’introduction, est le FBI en pleine <span style="font-style: italic;">red scare</span>, message à peine lourd pour critiquer l’administration américaine. Les clichés des précédents épisodes seraient mal acceptés aujourd’hui, donc plus de femme facile et d’autochtones arriérés. Les surprises n'en sont jamais : hop l'ami D'indiana le trahit, hop le jeune rebelle est le fils d'Indiana... Mais des russes vraiment méchants. Ouf.</div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-63150804979291441182008-06-16T22:30:00.006+02:002008-06-28T00:32:37.191+02:00Quelques commentaires sur la presse française et l'opinion publique<div style="text-align: justify;">On attend de la presse qu'elle informe et non qu'elle flatte. Ne serait-ce qu'un vœu pieux ?<br /><br />Le traitement de l'affaire du mariage annulé de mai 2008 montre tristement que la presse a contribué à nourrir les fantasmes sur cette affaire où les deux époux s'étaient accordés pour annuler le mariage après que le mari s'est rendu compte que la virginité de son épouse qui avait été essentielle à son consentement n'était pas. Déchainement de sottises : islamisation de la France, violence contre les femmes, fin de la liberté sexuelle, juge soumis aux pressions communautaires etc.<br /><br />Autre affaire. Passant il y a quelques jours par hasard à Edimbourg devant un buraliste vendant Le Monde, je découvre une une consternante assortie d'une illustration de Plantu non moins consternante accusant les riches d'accaparer les richesses, de profiter des réformes sur le dos de la société. La cible, outre les riches ? Les réformettes de Sarkozy, ses baisses d'impôt.<br /><br />Etant donné que l'impôt sur le revenu est progressif c'est-à-dire que le taux d'imposition augmente avec les revenus, les Français paient une part d'autant plus élevée de leurs revenus que ceux-ci sont élevés. Il est donc impossible de baisser les impôts sans que mécaniquement les plus haut revenus en profitent le plus, ce qui offre des arguments de campagne démagogues et pas chers à certains partis politiques prêts à exploiter l'ignorance et les préjugés de leur clientèle électorale.<br /><br />Or, qui véhicule les idées reçues ? Le Monde ! Le journal français le plus prestigieux ! J'avais la faiblesse de croire qu'un média qui se dit de qualité aie le courage d'aller à l'encontre de l'opinion publique. Ici, pire que s'abstenir, il alimente les passions.<br /><br />Libération avait fin juin 2007 fait une couverture du même genre représentant un riche en chapeau haut-de-forme - se gorgeant des richesses produites par la société : "Au bonheur des riches". La sottise en première page.<br /><br />Ajouter à cela que je suis un grand amateur de courriers des lecteurs, que je consulte souvent les réactions en ligne. Malheureusement pour moi les intervenants du monde.fr semblent être des bots qui réagissent à quelques mots-clés pour critiquer leurs obsessions : Etats-Unis, libéralisme, capitalisme. Pour une étude des meilleurs spécimen, il faut suivre la chronique d'Eric Le Boucher et cliquer avec courage sur les réactions.<br /><br /><br />J'hésite à résilier.<br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-68522443058432475582008-06-10T18:53:00.001+02:002008-06-10T18:55:18.536+02:00Quel avenir pour le libéralisme ?<p style="text-align: justify;"><span style="font-style: italic;">Voici le troisième et dernier texte publié dans les mélanges (ceci est la vo, la version aboutie est dans la version publiée).</span><br /></p><p style="text-align: justify;"><br /></p><p style="text-align: justify;">Il semble qu'une fois de plus avec Sarkozy la France a raté le coche. Le nouveau président est vite devenu conformiste et s'épuise dans une agitation interventionniste. Il n'a pas su réformer quand il a commencé son mandat, aujourd'hui tout apparait compromis : la possibilité des réformes comme la volonté politique. Quand viendra l'alternance, rien ne porte à croire que le PS sera davantage libéral, encore qu'il ne faut pas oublier que de nombreuses libéralisations sont venues de la gauche. </p><p style="text-align: justify;">Pourquoi cette impuissance française du libéralisme ? La France a une longue et vieille tradition libérale : Fénelon, Montesquieu, Condillac, Turgot, Constant, Say, Tocqueville, Bastiat... et pourtant quand on mesure son influence aujourd'hui il faut constater que les libéraux sont très minoritaires. La France semblait à l'origine moins disposée au socialisme que ses voisines, Bainville remarquait même que cela était du à l'importance du nombre de petits propriétaires. Beaucoup d'auteurs libéraux ont acquis une aura mondiale mais il semble au final que nul n'est prophète en son pays puisque Bastiat dont Ronald Reagan conservait un ouvrage à son chevet est inconnu des Français... </p><p style="text-align: justify;">Comment conquérir l'opinion française et mettre une politique libérale en oeuvre ? Certains proposent la voie associative, d'autres la voie politique, par l'intégration dans les partis de gouvernement ou par la constitution d'un parti politique libéral. </p><p style="text-align: justify;">C'est cette dernière option qui agite beaucoup les libéraux depuis la création d'Alternative Libérale en 2006, en froid avec nombre d'associations et sujette à des querelles intestines. </p><p style="text-align: justify;">Sans entrer dans le détail de ces débats qui, au final, n’ont que peu d’intérêt, on peut tourtefois souligner le fait que ces tensions - sinon dissensions - ont été à l’origine d’un nouveau parti libéral : le parti libéral démocrate. L'humeur générale des libéraux étant anti-politique (si ce n'est plus), on peut de toute façon se demander s'ils sont capables de suivre des consignes de vote et donc soutenir un parti politique, qu'il soit libéral, se présente libéral ou s'allie avec les libéraux. </p><p style="text-align: justify;">Certains proposent de copier les méthodes de l'extrême-gauche, comme si au fond la fin justifiait les moyens. </p><p style="text-align: justify;">D'autres enfin ne proposent rien, la contestation permanente étant devenue comme pour les gauchistes la fin en soi : mieux vaut prendre la pose pour toujours plutôt que transiger. </p><p style="text-align: justify;">La voie associative a eu quelques beaux fruits mais beaucoup d'expériences s'effacent avec le temps. </p><p style="text-align: justify;">Ce qui frappe dans ces options, c'est leur nombre, et par conséquent la division des stratégies. Les libéraux sont aussi très divisés de nature : libertariens pragmatiques ou intransigeants, anarcaps, libéraux conservateurs, non alignés, écolo, de gauche etc etc. Serge Schweitzer a bien constaté ce point et nous reprendrons son conseil : mieux vaut ne pas s'intéresser à ce qui nous divise mais à ce qui nous rassemble. Qu'avons-nous en commun ? Notre auteur aixois nous l'explique : une attitude, une façon de signer notre vie, l'adhésion à la trinité liberté-responsabilité-propriété, une confiance, une humilité, une esthétique (cf <a href="http://video.google.fr/videoplay?docid=-3163614262587575874" class="external free" title="http://video.google.fr/videoplay?docid=-3163614262587575874">http://video.google.fr/videoplay?docid=-3163614262587575874</a>, conférence du 02 septembre 2006). </p><p style="text-align: justify;">Sur liberaux.org, le ciment est la cause commune contre le socialisme, rien sans ce ciment ne réunirait des esprits aux convictions très différentes, ce qui est en quelque sorte une chance : avoir tant d'opinions et de personnes de qualités dans un milieu restreint permet une réflexion intellectuelle féconde. </p><p style="text-align: justify;">Mais ce n'est pas les idées qui prendront le pouvoir. L'avenir apparait sombre dans une France dont les institutions diffusent les idées socialistes et interventionnistes, où les Français s'expriment majoritairement contre le capitalisme, où la majorité des jeunes veulent devenir fonctionnaire. </p><p style="text-align: justify;">Heureusement le monde ne se limite pas à la France : ailleurs le libéralisme avance à grand pas, les populations qui ont connu le communisme réel se font le nouveau relai des idées libérales, porteuses d'espoir et de développement. Quoi qu'en disent les Cassandre, la pauvreté recule, la connaissance avance, le monde s'intègre et ainsi les hommes sont plus libres de parvenir aux fins qu'ils se fixent aujourd'hui qu'hier. </p><p style="text-align: justify;">Les pays pauvres qui ont abandonné le socialisme en économie émergent le mieux, ils ont adopté le modèle économique capitaliste en se rendant finalement compte de son efficacité. L'exemple de nos démocraties, impuissantes et démagogues, ne les pousse cependant pas à adopter nos systèmes politiques. La capacité de réforme de nos vieux pays sera à cet égard décisive pour le libéralisme politique et la démocratie. </p>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-66233358580716044382008-05-28T20:16:00.000+02:002008-05-28T20:17:55.231+02:00Qu'est-ce que la propriété ?<div style="text-align: justify;"><span style="font-style: italic;">Voici le second de mes textes publiés pour les mélanges.</span><br /><span style="font-weight: bold;"></span><br /><span style="font-weight: bold;">Qu'est-ce que la propriété ?</span><br /><br />La réponse est fameuse : c'est le vol nous dit Proudhon. On sait beaucoup moins que revenu sur terre dans ''Théorie de la propriété'', le même nous dit que "la propriété c'est la liberté"...<br /><br />La propriété, clé de voute du libéralisme, est mise en avant voire inventée par John Locke, philosophe anglais du XVIIe siècle. C'est un concept neuf en ce qu'on ne le trouve pas sous une forme pure chez les Romains, et que chez les pères et docteurs de l'Eglise, la propriété se justifie au mieux par la chute, chez Saint Augustin (la chute montre l'imperfection de l'homme et donc l'impossibilité d'une propriété collective), ou par la bonne gestion qu'elle permet, chez Saint Thomas. Au siècle des Lumières, le caractère naturel de la propriété est discuté, défendu comme il se doit par les physiocrates contre la conception traditionnelle (voir Philippe Simonnot, article du monde du 19 mai 2000 : Propriété contre nature). A l'appui de ce caractère naturel, ne peut-on constater avec Hayek (cf ''Law, Legislation and Liberty'', édition de 1982, vo, tome II p75) que la propriété existe en quelque sorte chez les animaux, comprise comme le territoire qu'ils font respecter naturellement, un des rituels réduisant la violence et prévenant une surpopulation génératrice de famine, en "interdisant" l'individu sans territoire d'avoir une engeance.<br /><br />Le droit subjectif de propriété connait sa consécration dans la déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 qui y constate un droit naturel, sacré et imprescriptible au côté de la liberté, de la sureté et de la résistance à l'oppression. Il est depuis sous le feu constant des doctrines collectivistes qui entendent affecter au politique une autre fin suprême que la liberté et substituer à cette dernière une fin déterminée par leur conception particulière du bien, détruisant ou réduisant toujours le droit de propriété, manifestant ce faisant un atavisme de nos sociétés primitives qui étaient organisées autour de la réalisation d'une fin collective comme l'a dégagé Hayek.<br /><br />D'un point de vue de juriste, on peut diviser le droit de propriété en trois droits : l'usus, ou droit d'user, fructus, droit de jouir des fruits, et abusus, droit de disposer (et non pas droit d'abuser). Ces trois droits peuvent être démembrés ce qui donne naissance à des usufruits, des nue-propriétés, des servitudes... Le droit de propriété, c'est la réunion de ces droits : celui d'être maître de quelque chose.<br /><br />La critique contre le libéralisme et la propriété est ancienne : la liberté n'est-elle pas pour le propriétaire ? Et est-ce que la propriété ce n'est pas pour le riche ? Ces objections ont été combattues par les libéraux. Hayek voit dans le droit de propriété le mécanisme qui garantit au pauvre que son travail lui procurera des fruits dont il sera le maître et pourra s'enrichir. Sans droit de propriété ou mécanisme équivalent l'individu est soumis à l'arbitraire du puissant, suspendu aux règles coutumières. Plus généralement pour Hayek, le développement de l'ordre des actions sur lequel se fonde la civilisation n'a été rendu possible que par l'institution de la propriété (cf ''Law, Legislation and Liberty'', édition de 1982, vo, tome II p121). Le droit de propriété sert ainsi le riche ET le pauvre, conclusion attaquée violemment par tous ceux qui croient que le bonheur des uns se fait forcément aux dépens des autres, et croient que la richesse est un donné fixe qu'il conviendrait de partager au mieux. Dans une optique proche de Hayek, Guizot prononçait au XIXe siècle les mots célèbres quoique souvent malheureusement raccourcis : "Enrichissez-vous par le travail et par l'épargne, et vous deviendrez électeur". Plus près de nous, Hernando de Soto explique comme Hayek que le droit de propriété est à la base du succès économique occidental, que la pauvreté n'a pas une explication raciale ou génétique mais dans le système économique, et que l'institution de la propriété améliorerait les conditions de vie de tous. Etant donné dès lors l'importance capitale du droit de propriété, la fonction essentielle de l'Etat serait de faire respecter ce droit, comme le soutient par exemple l'économiste Robert J. Barro. Beaucoup de théorie en faveur de la propriété mais juste de la théorie diront les critiques.<br /><br />Et pourtant loin des clichés, ce sont bien les pauvres paysans chinois qui réclament aujourd'hui le droit de propriété pour se protéger de la tyrannie d'un Etat qui les exproprie soi-disant pour construire des bâtiments d'"intérêt public", en réalité pour monter des villas de luxe(cf Article du Monde du 24 février 2008 : Cette terre est à nous, foi de paysans).<br /><br />La propriété est nécessaire -au sens philosophique- à la liberté de l'individu, liberté définie comme le pouvoir de poursuivre les fins qu'on se choisit en fonction des moyens dont on dispose. Dans une société primitive, fermée, l'individu n'est pas libre, il concourt à l'accomplissement de fins collectives auxquelles il ne peut se soustraire. Dans la Grande Société, l'individu est maître de se biens et les affecte comme il l'entend dans les limites du droit naturel.<br /><br />La propriété est dotée d'un pendant, qui est la responsabilité : pas de propriété sans responsabilité, et inversement pas de responsabilité sans propriété. Dans la société socialiste, personne n'est propriétaire (ou tout le monde l'est, fiction qui revient à dire que personne ne l'a), personne n'est donc responsable d'où l'état de pourrissement des systèmes communistes, d'où aussi l'état de délabrement et de saleté de tout ce qui est "public" en France : la rue, l'université, le métro. Ce qui n'appartient à personne n'est pas respecté. Et remarquons bien que c'est dans ces lieux sans propriétaire qu'on observe l'atomisation de l'individu et l'absence de solidarité.<br /><br />Propriété, liberté, responsabilité, voilà le triptyque libéral cher à Serge Schweitzer. Comme il l'explique : "je ne peux administrer la preuve que j'utilise correctement ma liberté et ma responsabilité que si je suis propriétaire de ce que je mets en oeuvre." Le socialisme rêve d'une société de citoyens égaux, instruits, responsables mais ne produit que de l'inégalité, de la bêtise et engendre toujours l'assistanat. Parce qu'il n'y a pas de responsabilité sans propriété. C'est là le drame du socialisme : la contradiction entre les fins qu'il se fixe et les moyens qu'il met en oeuvre.<br /><br />Liberté n'est pas licence et donc propriété et responsabilité sont indissociables et sources de liberté pour soi-même et pour autrui.<br /><br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-9644531902651108392008-05-25T22:28:00.007+02:002008-05-25T23:35:44.458+02:00affaire du portable de Raul Reyes : Interpol conclue à l'authenticité<div style="text-align: justify;"><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Ra%C3%BAl_Reyes#Les_circonstances_de_son_d%C3%A9c%C3%A8s">Raúl Reyes</a>, un chef des FARC, est tué dans un raid de l'armée colombienne le 1er mars 2008 en territoire équatorien, près de la frontière derrière laquelle il s'abritait. Scandale diplomatique : la Colombie a introduit son armée en territoire étranger d'une part, les Farc s'abritaient tranquillement en Equateur d'autre part. Le mieux reste à venir.<br /><br />L'armée colombienne déclare avoir trouvé sur les lieux, des ordinateurs portables et clés usb contenant de nombreuses informations. La plus grave : Hugo Chavez, le caudillo de gauche vénézuelien aurait financé les FARC, groupe qualifié de terroriste par l'Union européenne et les Etats-Unis, preneurs d'otages, trafiquants de drogue et marxistes révolutionnaires.<br /><br />Mise en doute immédiate de l'authenticité de ces informations bien commodes, Interpol analyse le matériel et conclue à son... authenticité. Hurlement des anti-américains pour qui la presse, anglo-saxonne au premier rang des <span style="font-style: italic;">usual suspects</span>, nous ment, nous spolie.<br /><br />Dure réalité, voici ce que dit le président d'Interpol : "À l’issue de son analyse minutieuse et complète de chacune des huit pièces à conviction informatiques saisies aux mains des FARC, et après évaluation de tous les éléments examinés par ses experts, INTERPOL conclut qu’aucune des données contenues dans les pièces à conviction informatiques n’a subi d’altération postérieurement à leur saisie, le 1 er mars 2008, par les autorités colombiennes."<br /><br />Peut-être le président d'Interpol est-il un pantin au service de la pieuvre capitaliste apatride alors allons lire le rapport. Certaines conclusions sont en effet bien prudentes, comme la conclusion 3 : "INTERPOL n’a trouvé aucun élément attestant la création, la modification ou la suppression de fichiers utilisateur sur l’ensemble des huit pièces à conviction informatiques postérieurement à leur saisie aux mains des FARC, le 1er mars 2008, par les autorités colombiennes."<br /><br />Une autre est à charge : les Colombiens n'ont pas respecté les règles immédiatement après la saisie des portables c'est-à-dire qu'ils n'ont pas commencé par protéger les disques durs en écriture puis procédé à des copies exactes. Les Colombiens ont indiqué que les procédures ont été respecté à partir du moment où le matériel a été confié à la police judiciaire.<br /><br />Le rapport confirme ces dires, notamment en sa conclusion 99 : "En tenant compte de l’ensemble des éléments qui précèdent et en s’appuyant sur un examen complet de police technique et scientifique, les experts d’INTERPOL concluent qu’aucun fichier utilisateur n’a été créé, modifié ou supprimé sur l’ensemble des huit pièces à conviction informatiques postérieurement à leur saisie aux mains des FARC, le 1er mars 2008."<br /><br /><span style="font-style: italic;">So much</span> pour la théorie du complot permanent ! On sait que des sociétés spécialisées dans l'exploitation de la crédulité humaine et la vente de théories du complot ont l'habitude de se servir de quelques faiblesses ou incohérences comme levier pour créer le doute et fournir la marchandise. Y parviendront-elles cette fois-ci ? Il semble temps pour le réseau Voltaire de renvoyer l'ascenseur à Chavez qui a affiché sa sympathie pour la théorie de Thierry Meyssan d'un complot intérieur américain derrière les attentats du 11 septembre.<br /><br />On rappellera en conclusion l'excellente satire de Private Eye : <blockquote><span style="font-style: italic;">The fact that no evidence has ever emerged to suggest poisoning, while the TB theory enjoys abundant documentation, reveals the extent, and longevity, of the counter-revolutionary media conspiracy that has for so long sought to conceal from el pueblo the savage capitalist plot to frustrate the Liberator's dream of a socialist revolution in the land of his birth.</span></blockquote></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-17235689571120788272008-05-20T22:00:00.006+02:002008-05-20T22:34:25.907+02:00Pauvreté et taux de pauvreté<div style="text-align: justify;">Contrairement à ce que suggère le bon sens, la pauvreté réelle peut baisser même si le taux de pauvreté monte, pour deux raisons très différentes :<br /><br />1/ D'une part parce que les pauvres ont souvent plus d'enfants (et avoir beaucoup d'enfants coute cher) que les riches. Leur population croit donc davantage dans nos sociétés modernes à faible mortalité infantile. Il suffit que la population (pauvre) s'enrichisse moins vite qu'elle ne s'accroit et le taux de pauvreté monte. Mais il serait absurde de parler d'appauvrissement. A contrario en cas de pauvreté extrême et de famine, les plus pauvres meurent de faim et sortent donc de l'indice...<br /><br />C'est un point que soulevait notamment Raymond Aron dans ses débats.<br /><br />2/ D'autre part, les indices de pauvreté ont fréquemment des définitions idéologiques qui visent les inégalités et pas la pauvreté. Ainsi de toutes les définitions qui se réfèrent à un revenu moyen (sont pauvres ceux qui auraient des revenus inférieurs à xx% du revenu moyen), conception subjective de la pauvreté, et rejettent des indicateurs liés au pouvoir d'achat. Vu qu'il est plus facile de niveler les inégalités par le bas, l'appauvrissement général devient la meilleure manière de diminuer le taux de pauvreté.<br /><br />On tient peut-être ici la différence entre le partisan des droits de l'homme et le droit-de-l'hommiste. Le premier est un ami des hommes qui recherche la diminution de la pauvreté, le second contemple son nombril , il invoque des bonnes et grande causes mais ce n'est pas ces causes qu'il sert mais son idéologie, à laquelle il obéit servilement et avec égoïsme. Comme l'écrivait Rousseau : <blockquote>Défiez-vous de ces cosmopolites qui vont chercher au loin dans leurs livres des devoirs qu'ils dédaignent de remplir autour d'eux.</blockquote><br />Voir pour illustrer ce phénomène le texte cité et l'analyse de Coldstar <a href="http://www.liberaux.org/index.php?showtopic=37329&amp;st=0&amp;gopid=441890&amp;#entry441890">sur liberaux.org.</a><br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-28137066831382921342008-05-12T23:01:00.006+02:002008-05-13T13:23:25.829+02:00Alain Finkielkraut interrompu sur France culture<div style="text-align: justify;">Ce samedi 10 mai 2008, Finkielkraut s'entretenait avec deux invités dans l'émission Répliques qu'il anime depuis 1985 sur France Cul. Le thème était l'héritage de mai 68 et l'entretien avait pour l'occasion lieu à <span class="c12_noir">l'Odéon</span>. Les invités étaient la journaliste Jade Lindgaard et le professeur Serge Audier (qui a écrit par ailleurs un livre sur les origines du néolibéralisme avec notamment un éclairage sur le colloque Walter Lippman. J'attends les avis).<br /><br />Serge Audier était invité comme auteur d'un livre intitulé <span class="c12_noir"><span style="font-style: italic;">La pensée anti-68 : essai sur les origines d'une restauration intellectuelle</span>, ce qui prêtait à l'affrontement avec l'hôte qui n'aime pas qu'on blackboule des mal-pensants, même si l'auteur insistait pour qu'on ne prenne pas trop au sérieux le titre.</span><br /><br /><span class="c12_noir">L'action n'est toutefois pas venue du débat mais de l'apparition d'un groupe antiraciste. Des meneurs prennent de force le micro pour lire un texte romantique appelant à la libération de copains arrêtés alors qu'ils allaient manifester avec clous et fumigènes. S'ensuit une réplique aussi furieuse qu'excellente, expliquant le phénomène, montrant comment la certitude de la bonne conscience de ces militants les mène droit au fanatisme et la violence.</span><br /><br /><span class="c12_noir">Finkielkraut montre par ailleurs comment la culture légitime a été renommée en culture soi-disant dominante pour la discréditer, illustrant à quel point le mai 68 français était un mouvement allant en sens inverse des mouvements de 68 dans les dictatures, qui cherchaient à restaurer la culture détruite. Je conseille l'écoute de cette émission, très intéressante, disponible sur <a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/">cette page</a>, directement par <a href="http://media2.radiofrance-podcast.net/podcast/13397-10.05.2008-ITEMA_20123736-0.mp3">ce lien</a>.</span><br /><br />J'ai observé une réaction sur le net : les anars, très satisfaits, insensibles à la réplique de Finkielraut, qu'ils insultent allègrement, insensibles à la contradiction et ainsi conformes à la description. La réalité est plus forte que la fiction.<br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-37114942683312415012008-05-08T15:45:00.002+02:002008-05-08T15:52:33.956+02:00Rôle des syndicats et du syndicalisme<div style="text-align: justify;">Voici le premier des textes publiés dans les mélanges (notez qu'il est un peu remanié dans sa version définitive présentée dans le feuillet).<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Rôle des syndicats et du syndicalisme</span><br /><br /><br />L'histoire du syndicalisme français nait des ambiguïtés de la Révolution française. Pour le député Le Chapelier, auteur éponyme de la fameuse loi, le libéralisme commande d'affirmer la liberté du travail, alors empêchée par les nombreuses corporations : impossible d'être boulanger, maçon, artisan sans appartenir à celles-ci. Si elles assurent la formation des apprentis et un niveau de qualité, il s'agit avant tout de fermer les professions aux personnes extérieures, prévenir la concurrence et in fine maitriser les prix. Avec le décret d'Allarde du 2 mars 1791 et la loi Le Chapelier du 17 juin 1791, les corporations sont abolies et interdites, la liberté du travail proclamée - à un point peut-être excessif étant donné que même la faculté de médecine va être abolie et chacun pourra s'affirmer médecin !<br /><br />Cette promotion radicale et naïve du libéralisme économique ne fut pas sans conséquence ennuyeuse. La destruction d'un obstacle à la liberté du travail avait pour pendant la destruction d'un de ces corps intermédiaires entre l'Etat et le citoyen, chers à Montesquieu. Si l'homme avait obtenu la liberté du travail, il se retrouvait en même temps toujours plus seul face à l'Etat. Comme l'a remarqué Frédéric Rouvillois, la destruction des media n'est-elle pas un trait caractéristique du totalitarisme ? Au nom de la liberté hier comme de l'intérêt général aujourd'hui c'est une fois de plus l'Etat qui accroissait son pouvoir. Albert Camus écrivait que chaque Révolution aboutit au renforcement de l'Etat. Les libéraux-conservateurs feront quant à eux remarquer qu'il accroit son pouvoir par des alliances avec les courants progressistes.<br /><br />Il ressort de ces réformes révolutionnaires que le syndicalisme n'est pas permis du fait de la législation contre les corporations. Son émergence au XIXe siècle va donc être contrariée par la loi mais la législation a en quelque sorte ouvert la boite de Pandore en se mêlant de ce qui ne la regarde pas. Si elle a interdit et donc discriminé contre les associations d'ouvriers, elle pourra à l'inverse discriminer en leur faveur.<br /><br />Le syndicalisme se développe de façon souterraine jusqu'à ce que ce que soient mises en place des législations plus favorables : en 1864, la loi Ollivier manifeste la libéralisation de l'Empire en supprimant le délit de coalition; en 1884, la loi Waldeck-Rousseau autorise les syndicats. Les auteurs de ces deux lois sont des libéraux.<br /><br />Au XXe siècle se propage le socialisme politique. La Confédération Générale du Travail (CGT) et les autres syndicats cherchent à demeurer apolitique. Comme partout en France, le pacte germano-soviétique est extrêmement mal accueilli et tous les militants communistes de la CGT sont radiés. Mais à l'issue de la guerre le prestige du communisme s'est accru et la CGT suit la ligne dictée par le Parti Communiste Français.<br /><br />Analyse<br /><br />Les syndicats offrent un interlocuteur aux patrons pour négocier les contrats de travail de manière à ce que les deux parties soient réellement satisfaites : l'ouvrier parce qu'il a pu exprimer ses véritables revendications sans crainte, et l'employeur qui a obtenu un interlocuteur de poids, qui représente effectivement les salariés de sorte qu'il obtiendra bien la contre-partie prévue -le travail- et la loyauté de ses employés.<br /><br />Contrairement aux socialistes, les libéraux n'assignent pas aux syndicats d'autre fin que celles fixées par les ouvriers : la recherche de l'amélioration de la condition des ouvriers et non pas la révolution.<br /><br />De la revendication politique vient la mésentente entre les syndicats et les libéraux pendant le XXe siècle : les syndicats ont poursuivit des objectifs politiques tandis que les syndicats reprochaient aux libéraux de protéger les intérêts des riches. Il y a donc comme une idylle fachée...<br /><br />Le mélange des genres entre syndicalisme et politique est allé loin. Au Royaume-Uni, le dernier premier ministre avant Thatcher était James Callaghan, l'homme des syndicats. Les servir était sa politique, les lois les protégeaient. Et pourtant, ce fut sous son mandat qu'éclata la grève du mécontentement, démontrant impeccablement la contradiction entre les politiques socialistes et l'intérêt des syndicats. James Callaghan luttait en effet contre l'inflation en recourant à un plafonnement des salaires, ce qui le plaça sous le feu des critiques de Margaret Thatcher ! Comme monétariste elle attribuait la cause réelle de l'inflation non pas à la hausse des salaires mais à la politique monétaire du gouvernement. C'est donc la Tory Thatcher qui réclamait l'abolition de la politique de contrôle des salaires contre le socialiste pro-syndicat Callaghan ! La campagne de 79 qui la vit au pouvoir fut donc l'occasion de se tourner vers l'électorat traditionnellement acquis aux travaillistes : la base syndicaliste et ce fut un franc succès électoral. La leçon est qu'une politique socialiste est une politique antisociale.<br /><br />Quelques années plus tard en 1984-1985, Thatcher se heurte aux syndicats des mineurs, le NUM, dirigé par le gauchiste Arthur Scargill. Ce dernier assigne des objectifs politiques à son syndicat, l'entrainant dans une grève égoïste pour maintenir l'activité dans les puits de charbon déficitaire. Il entrainera ses grévistes au désastre, ils n'obtiendront rien de la dame de fer.<br /><br />Thatcher luttera avec succès, non contre les syndicats, mais contre leur pouvoir excessif conféré par des législations complaisantes. Elle parviendra à abolir le closed shop, système qui contraint le salarié à se syndiquer dans le syndicat de l'entreprise. Le syndicalisme britannique a en quelque sorte été rationalisé.<br /><br />En France, la situation est étrange : les syndicats n'ont de véritable représentation que dans la fonction publique. Les fonctionnaires syndiqués se chargent de manifester pour tout le corps social puisqu'il a davantage de sécurité pour le faire et il semble bien que la population sympathise avec eux en faisant abstraction de leurs privilèges. Il est vrai que les Français sont schizophrènes et veulent le service minimum tout en étendant le droit de grève. C'est le triomphe du "droit à ", qui illustre que les Français attendent les améliorations de leurs vies non pas de leurs représentants auprès de leurs employeurs mais par des législations... Il a fallu un ancien ministre socialiste, Michel Rocard pour rappeler que la croissance ne se décrète pas. Mais tel le cheval Malabar de la Ferme des animaux, il semble que l'opinion publique soit toujours d'accord avec le dernier qui s'exprime...<br /><br />Quel rôle pour les syndicats ? La révolution pour les socialistes (ou tout du moins faire plier la démocratie), la réforme pour les libéraux, mais en réalité il semble que la fonction des syndicats français, statufiés, protégés par l'Etat jusqu'à l'impotence (le protection de l'Etat est décidément le moyen le plus sur d'anéantir), soit surtout d'accompagner autant que possible les aléas de l'opinion publique et offrir in fine un interlocuteur concret à l'Etat en faisant semblant de représenter les salariés.<br /><br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-7490196982054662832008-05-02T15:21:00.003+02:002008-05-02T15:26:42.830+02:00Les RosenbergL'article wikipédia relatif aux célèbres espions est insatisfaisant, consultez plutôt l'article <a href="http://www.britannica.com/EBchecked/topic/1353311/Julius-Rosenberg-and-Ethel-Rosenberg">sur la Britannica</a>.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-60884134547336892502008-04-30T15:58:00.003+02:002008-04-30T16:08:33.555+02:00Prix Liberaux.org 2008, Mélanges en l'honneur de Serge SchweitzerL'association liberaux.org dont je suis membre a décidé de créer des récompenses annuelles. Le Prix Liberaux.org 2008 a été décerné au professeur Serge Schweitzer, en l'honneur de qui ont été rédigés des mélanges, disponibles <a href="http://www.wikiberal.org/w/images/0/08/Prix_liborg_2008_Serge_Schweitzer.pdf">en ligne</a>. Un prix récompense également le meilleur livre paru en 2007, <span style="font-style:italic;">Les racines de la liberté</span>, de Jacques de Saint Victor. Un anti-prix reste à décerner.<br /><br />J'ai rédigé pour l'occasion différents textes que je publierai sur mon blog.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-35342313925187540682008-04-24T11:10:00.003+02:002008-04-24T11:16:10.853+02:00Inscription gratuite à la BritannicaBritannica offre une promotion sur son site pour tous les détenteurs de blog. En plus d'avoir accès aux articles, les liens que vous lierez sur votre blog conduiront aux versions complètes, sans qu'il soit nécessaire à vos lecteurs de s'inscrire. Notez que la gratuité dure un an seulement mais ne jouons pas aux ronchons et saluons cette initiative qui permet la diffusion de la plus prestigieuse encyclopédie.<br /><br />Pour fêter mon inscription, voici l'article sur <a href="http://www.britannica.com/EBchecked/topic/257751/FA-Hayek">Hayek</a>.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-4470223678762813012008-04-15T20:26:00.002+02:002008-04-15T20:39:05.979+02:00Fiabilité et vérifiabilité sur wikipédiaDe l'activité depuis un moment autour de la page <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:V%C3%A9rifiabilit%C3%A9">Wikipédia:Vérifiabilité</a>, (cf page de discussion et bistro), un pilier du mécanisme de fonctionnement collaboratif de l'encyclopédie en ligne : le traitement des informations. Comment articuler correctement fiabilité et vérifiabilité ? Et la NPOV ?<br /><br />Si la règle de neutralité de point de vue (NPOV) commande d'attribuer chaque opinion à son auteur, mécanisme qui permet à des contributeurs d'opinion différente de contribuer sur un même sujet sans (trop) s'étriper, faut-il renoncer à toute exigence de fiabilité? Wikipédia se contenterait alors d'attribution et pas de fiabilité.<br /><br />Le mode de fonctionnement de wikipédia, qui fait intervenir des non-professionnels, nous oblige à renoncer à prétendre présenter une vérité objective, il convient pourtant de ne pas tomber dans un relativisme pour lequel il n'y aurait pas de vérité mais selon des opinions, toutes subjectives et toutes également valables. Entre l'irréalisable objectivité et une subjectivité dogmatique, il y a une issue : la vérité objective existe mais nous n'avons pas les moyens ni l'autorité de la déterminer : la npov n'est pas une règle relativiste mais d'humilité.<br /><br />Pour ma part, je pense que la neutralité de point de vue bien comprise ne contredit pas l'exigence de fiabilité. Voici ma typologie :<br /><br />* La npov concerne les opinions, qui doivent être attribuées,<br />* La fiabilité concerne les faits,<br />* La vérifiabilité cad la possibilité de retrouver la source d'une information s'applique à toutes les informations.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-6971937800849585832008-03-19T23:54:00.003+01:002008-03-19T23:59:29.892+01:00Des jeux vidéos mercantilistes ?Dans presque tous les jeux de stratégie, vous devez accaparer les richesses, éviter d'importer etc Les politiques économiques les plus rétrogrades sont encouragées. Un article amusant sur Regards croisés sur l'économie remarque à quel point les jeux vidéos véhiculent les conceptions économiques les plus primitives : <a href="http://www.rce-revue.com/?q=node/225">article de RCE</a>.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-8470292535661962802008-02-10T13:53:00.000+01:002008-02-10T13:55:44.971+01:00Paradigmes politiquesEn politique les oppositions sont faussement frontales. En réalité deux paradigmes –principaux- s’affrontent, deux conceptions du monde qui ne sont pas le contraire l’une de l’autre mais se fondent sur des principes différents.<br /><br />La gauche se fonde sur le progrès et voit ses adversaires comme les ennemis du progrès, des réactionnaires.<br />La droite a pour principe l'ordre et voit ses adversaires comme des ennemis de l'ordre, des anarchistes (ou anomistes plus exactement).<br /><br />Chaque camp se réunit contre un ennemi en partie rêvé et défini par rapport à ses propres catégories. Le Brésil a cette magnifique devise, issue de la pensée d’Auguste Comte, qui unit les deux paradigmes : ordre et progrès, qui se renverse en anarchie et réaction.<br /><br />L'idéologie ne se caractérise pas tant par ses objectifs proclamés que par les moyens mis en oeuvre et l'ennemi désigné. Ainsi l'explication du clivage politique ce n'est pas l'opposition de deux options politiques soutenues chacune la moitié de la population votante, c'est l'équilibre entre deux chasses aux sorcières. Ce qui ne veut pas dire pour autant que les deux doctrines aient la même valeur morale ou qu'elles aient tous les deux tort.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-79718836154847745462008-01-22T19:17:00.000+01:002008-01-22T19:28:17.184+01:00Intérêt général, progrès<div style="text-align: justify;"><span style="font-family: times new roman;">Deux notions soumises à forte critique théorique jusqu’à ce qu’on réalise qu’il n’y a pas de raison de préférer la définition courante et fausse à une définition pour lesquelles ces termes désignent une réalité.</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">L’intérêt général, notion abstraite, désigne d’abord un intérêt qui serait commun à tous. Son hérault est la social-démocratie, chantre du « service public » et des « subventions », d’un bien commun ordonnancé au mieux par la volonté omnipotente et omnisciente du législateur. Fiction.</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">Si on se penche sur l’intérêt général communément admis, on réalise qu’il ne profite qu’à des catégories privilégiées : protéger le petit commerce se fait, quoi qu’on dise, au détriment du consommateur, c’est avantager une catégorie contre la multitude. Idem la mise en place de transports en commun, dont personne ne connaît vraiment le coût, qui profite à ceux qui le font fonctionner mais prévient les usagers d’employer leur argent à d’autres dépenses qu’ils auraient préféré faire. Idem pour l’art subventionné, sur lequel le citoyen n’a aucun mot à dire. C’est encore vrai pour l’éducation, premier budget de l’Etat. Il ressort de cette liste que si le service public est théoriquement au service de l’usager, théoriquement possédé par les citoyens à travers l’Etat, la réalité est que le service public est la propriété des hommes qui le composent, qui organisent le service public selon les fins qu’ils décident. Une illustration : l’exclusion des sociétés marchandes du domaine de l’éducation montre que la mise en œuvre des idées typiques de la classe éducative prime sur l’intérêt au moins potentiel des élèves à être confronté à l’entreprise et de découvrir un modèle d’organisation hiérarchique fondé sur d’autres valeurs que l’obéissance et la conformité.</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">Cet intérêt général, qu’on touve dans les discours politiques, n’existe pas mais il convient de saisir le véritable sens plutôt que de condamner le terme.</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">Le véritable intérêt général profite à tous. On peut le définir comme la somme des intérêts particuliers mais une telle définition est peut-être plus utilitariste que libérale, et prête à sacrifier l’intérêt de quelques-uns pour un plus grand bien. Mon avis est que pour conférer une définition convenable à l’intérêt gnéral, il faut se débarasser des définitions métaphysiques, l’intérêt général est ce qui profite à tous. Il est dans l’intérêt de tous que les feux rouges existent, que la paix soit maintenue, la liberté des échanges assurée, le fruit du travail assuré au producteur. L’intérêt du consommateur - et nous sommes tous concommateurs - est d’obtenir le plus large choix de produits au meilleur prix, celui du contribuable - et nous sommes tous contribuables, sauf pour ceux qui ne connaissent pas la TVA - est d’être le moins pressé fiscalement, l’intérêt du justiciable - et nous sommes tous justiciables - est d’être soumis aux même règles que tous.</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">De façon remarquable, l’opinion commune a préféré l’acception métaphysique de l’intérêt général de sorte qu’il ne désigne plus rien, il en est de même pour le progrès.</span><br /><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">Le progrès est la valeur politique suprême, peut-être plus encore que la liberté individuelle censée être la clé de voute des démocraties libérales. Mais les progressistes placent trop d’attente dans le progrès, ils attendent que celui-ci rende les hommes heureux et le rejet du capitalisme s’appuie souvent sur l’affirmation, exacte, que le capitalisme ne rend pas les hommes heureux. Mais pourquoi le progrès rendrait-il les hommes heureux ?</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">Comme Mises l’explique admirablement : « Quand les économistes parlaient de progrès, ils considéraient la situation du point de vue des fins recherchées par les agents. Il n'avait rien de métaphysique dans leur notion du progrès. La plupart des hommes veulent vivre et prolonger leur vie ; ils veulent conserver une bonne santé et ne pas se retrouver au bord de la famine. Aux yeux des agents se rapprocher de ces objectifs signifie une amélioration, le contraire une détérioration. Telle est la signification des termes "progrès" et "régression" quand les économistes les emploient. Ils qualifient en ce sens de progrès une baisse de la mortalité infantile ou un succès dans la lutte contre les maladies contagieuses.</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">« La question n'est pas de savoir si un tel progrès rend les gens heureux. Il les rend plus heureux qu'ils ne l'auraient été sinon. La plupart des mères se sentent plus heureuses si leurs enfants survivent et la plupart des gens se sentent plus heureux sans la tuberculose qu'avec. » (Ludwig Von Mises, </span><i style="font-family: times new roman;">Théorie et Histoire, Une interprétation de l'évolution économique et social</i><span style="font-family: times new roman;">, 1957, Troisième partie : Les problèmes épistémologique de l'Histoire, Chapitre 10. L'historicisme , http://herve.dequengo.free.fr/Mises/TH/TH10.htm)</span><br /><br /><span style="font-family: times new roman;">Mises, prenant le contre-pied du relativisme, définit le progrès comme « le remplacement de méthodes d'action moins adaptées par des méthodes plus adaptées. » Le mot n’en demeure pas moins corrompu dans le langage courant, sujet d’idôlatrie au point que le progrès devenu fin en soi plutôt que manifestation d’améliorations ponctuelles essentiellement techniques est prétexte à bien des absurdités et des mensonges et on comprend que le mot « progressisme » soit devenu négatif.</span></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-88933120251699521992007-12-22T14:34:00.000+01:002007-12-22T15:27:26.388+01:00le complot américainDerrière les affaires du procès des Rosenberg, le putsch contre Allende, l’opération Condor ou de nombreuses affaires internationales, on retrouve typiquement une théorie du complot américaine. Un préjugé difficile à dégager, les discussions ont un air de famille. Je prendrai comme exemple <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Discuter:Op%C3%A9ration_Condor">celles concernant le Plan Condor</a> où je me suis borné à faire retirer une carte indiquant en rouge les pays participants, en rose les pays coopérants. Les <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:OpCondorParticipantsMap.png">USA étaient en rouge</a> alors que les historiens énumérant les participants ne les citent pas dans les pays clés, (par exemple : <a href="http://www.hrw.org/reports/2001/argentina/argen1201-09.htm">ici</a>, <a href="http://news.bbc.co.uk/2/hi/americas/3720724.stm">là</a>, <a href="http://findarticles.com/p/articles/mi_qa3821/is_200610/ai_n17195860">encore là</a>), invoquant soit son ignorance, soit sa complaisance, soit un support technique.<br /><br />Dans un premier temps mes interlocuteurs admettent l’importance de sourcer leur point de vue cad la validité de la carte, mais souhaitent que le point de vue soit conservé dans l’article le temps pour eux de sourcer, première atteinte aux règles.<br /><br />Dans un deuxième temps, ils ne trouvent aucune source fiable et comblent cette lacune par la quantité : un étalage de sources de deux types, celles qui sont fiables mais n’établissent pas le point de vue, celles qui ne sont pas fiables mais vont dans le sens souhaité. Mes contradicteurs donnent les sources sans établir en quoi elles établiraient leur point (adresse et présentation minimale) ni en écartant celles qui ne sont pas fiables.<br /><br />Dans un troisième temps, les contradicteurs s’improvisent spécialistes et tirent les conclusions qu’ils souhaitent de sources qu’ils choisissent et analysent de façon à ce que les faits satisfont leurs préconceptions. Que chaque présentation des faits soit suivie d'une spéculation montre que les sources n'établissent pas le point.<br /><br />Dans un quatrième temps, après avoir échoué à adapter les faits à la théorie défendue, on utilise la méthode inverse : le sens des mots est plié. En l’espèce, une participation américaine au plan Condor pourrait être simplement déduite de la présence de fonctionnaires américains lors d’un interrogatoire ou de la revendication par un militaire sud-américain de l’emploi d’une station de radio US. Et peu importe que la carte se caractérise justement par les degrés attribués au pays dans la participation à l’opération.<br /><br />Au fur et à mesure que les étapes se succèdent, le risque d’attaques personnelles s'amplifie : accusation de propagande, procès d’intentions. En l’espèce je me suis retrouvé accusé de défendre l’innocence des USA. Je n’avais pas cette prétention, seulement celle d’enlever une carte que personne ne pouvait établir et qui indiquait un degré d’implication maximum pour les USA.<br /><br />Dans cette affaire, survint un deus ex machina. Il se trouvait que la carte comportait trois autres erreurs. La carte devenait grossièrement indéfendable. Je remercie au passage l’utilisateur Sammyday, un de mes contradicteurs, qui a su parfaitement respecter les règles.<br /><br />La carte est enfin effacée mais ce n’est pas fini : on ratiocine encore pour tenter d’obtenir une consolation. On critique l'unilatéralisme et le manque de discussion... Tout plutôt que reconnaitre un tort !<br /><br />Certains préjugés sont difficiles à vaincre, ils ont un point commun et ce sera pour un prochain post.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-2348312210684377812007-12-12T19:50:00.000+01:002007-12-12T19:59:37.910+01:00Critique et esprit critiqueAlain aurait dit ou écrit "Penser, c'est dire non", un site athée indique que cette citation se trouve dans Propos sur les pouvoir , 19 janvier 1924 / 1925.<br /><br />Camus écrit quelque chose de semblable en 1951 : le rebelle, c'est celui qui dit non.<br /><br />De jolies formules qui illustrent un malentendu courant sur internet où beaucoup de monde semble croire qu'il suffit de dire non pour croire qu'il pense.<br /><br />L'usage de l'esprit critique offre la possibilité de dire autre chose que "non" : "oui". Ou mieux : offrir une autre conception.<br /> Car "dire non, c'est dire oui", c'est se glisser dans les conceptions de son interlocuteurs, admettre ses prémisses et finalement contredire un point pour admettre l'essentiel.Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-18711898186094706572007-11-19T17:16:00.000+01:002007-11-19T17:25:03.082+01:00Harmonie ou équilibre : l'importance du respect des règles sur wikipédia<span style="" lang="FR"><o:p></o:p></span><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Comment faire en sorte que des contributeurs d’opinion contraires contribuent harmonieusement ? Grâce aux règles de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/WP:NPOV">neutralité de point de vue</a> et de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Wikip%C3%A9dia:Citez_vos_sources">sourçage</a>.<o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Je suis entré ces derniers temps dans plusieurs conflits (au moins quatre) qui auraient tous pu être évités si tous les contributeurs appliquaient les règles de wikipédia. Les règles de sourçage sont essentielles, on peut les lire dans la <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Portail:Sciences/Charte_du_contributeur_en_science_sur_Wikip%C3%A9dia">Charte du contributeur scientifique</a>. Il faut selon cette charte répéter l’idée la plus couramment admise dans la « communauté scientifique ». Où trouver cette idée quand on cherche la définition d’un concept comme l’anarchisme ?<o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Réponse : dans les encyclopédies et les dictionnaires, qui reflètent le consensus des spécialistes.<o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Mauvaise réponse : dans les citations d’auteurs anarchistes ou sympathisants. Ces citations sont des sources primaires, en bonne logique il est interdit à un utilisateur de les utiliser directement. Qui peut garantir que ces citations illustrent au mieux le point de vue de leur auteur ? Personne. Qui peut garantir que ces citations ne sont pas sorties de leur contexte ? Personne. Pourquoi ces auteurs plutôt que d’autres ? Pourquoi ces auteurs nous offriraient-ils une définition neutre et non partisane ? Au fond, ces auteurs et leurs citations ne sont-ils pas choisis en fonction du point de vue qu’on veut avancer ? Bref, <span style="font-weight: bold;">la tentative de définir un concept grâce à des auteurs qu’on a choisi en fonction de sa propre définition personnelle de ce concept est un serpent qui se mord la queue, une aberration</span>.<o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR"><!--[if !supportEmptyParas]--><br /><!--[endif]--><o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">La Charte indique par ailleurs qu’un wikipédien ne saurait valablement argumenter contre l’opinion la plus couramment admise dans la communauté scientifique. Mais bien évidemment il peut discuter de la représentativité de l’opinion qu’on lui oppose, contester qu’une opinion représente cette opinion dominante. Il ne peut par contre invoquer un soi-disant biais monarchique des encyclopédies pour les écarter (véridique).<o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Les opinions autres que celle la plus couramment admise dans la communauté scientifique ont leur place dans l’encyclopédie. Elles doivent être attribuées et une place correspondant à leur importance doit leur être accordée. <o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR"><!--[if !supportEmptyParas]--> <!--[endif]--><o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Mais au final, la passion l’emporte sur la raison et les articles polémiques demeurent globalement interdits d’accès aux personnes qui n’adhèrent pas à l’opinion majoritaire des contributeurs intéressés (notons quand même qu’il est bien normal que soient expulsés trolls et incompétents les plus évidents).<o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR"><!--[if !supportEmptyParas]--><br /><!--[endif]--><o:p></o:p></span></p><div style="text-align: justify;"> </div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><span style="" lang="FR">Hors le respect des règles, l’encyclopédie est contrainte de trouver sa neutralité dans l’équilibre et pas dans l’harmonie : une règle tacite s’installe : vivre et laisser vivre, chacun chez soi.<o:p></o:p></span></p>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-4516942437451844390.post-7333255377219527132007-11-16T16:58:00.000+01:002007-11-16T17:33:45.183+01:00Guérilla contre légitimité<div style="text-align: justify;">Dans la guerre du Vietnam, les Etats-Unis sont écartés entre leurs principes de démocratie et de droits de l'homme et leur doctrine qui leur commande de soutenir à l'autre bout du monde un régime autocratique qui s'oppose aux communistes, dont le régime contredit au moins autant la démocratie et les droits de l'homme que celui de Diem. Dans ce passage tiré du livre <span style="font-style: italic;">Diplomacy</span>, Kissinger expose en quoi le renversement de Diem, l'autocrate de Saigon, profite à la guerilla et pas aux Etats-Unis. Une leçon qui s'applique parfaitement au cas irakien.<br /><br /><blockquote>Ultimately, every revolutionary war is about governmental legitimacy; undermining it is the guerillas' principal aim. Diem's overthrow handed that objective to Hanoi for free. As a consequence of Diem's feudal style of government, his removal affected every tier of civil administration down to the village level. Authority now had to be rebuilt from the ground up. And history teaches this iron law of revolutions: the more extensive the eradication of existing authority, the more its successors must rely on naked power to establish themselves. For, in the end, legitimacy involves an acceptance of authority without compulsion; its absence turns every contest into a test of strength. (<span style="font-style: italic;">Diplomacy</span>, Kissinger, p655)<br /></blockquote><br />En Irak, la destruction de l'autorité dans l'anarchie conséquente au renversement de Saddam Hussein, sous le regard bienveillant des soldats américains, a considérablement renforcé la seule chose qui pouvait encore s'opposer aux Américains : une guérilla. Les Américains paient aujourd'hui leur idéalisme.<br /></div>Apollonhttp://www.blogger.com/profile/12476879548068809349noreply@blogger.com