tag:blogger.com,1999:blog-44238380654522937422009-05-24T17:29:43.475+01:00Hapax"LITTERATURE : Occupation des oisifs." Gustave Flaubert, Le Dictionnaire des idées reçues.B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.comBlogger109125tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-39896841264516840902009-05-12T16:22:00.001+01:002009-05-12T16:22:44.113+01:00De l'autre côtéSe retrouver – 6 ans après – dans les fenêtres d’en face. Et retrouver la lumière du matin qui troue le damier des routes dans le même sens parce que les fenêtres d’en face regardent encore la même lumière – 6 ans après. Se retrouver de l’autre côté de ces fenêtres. Derrière d’autres fenêtres. Et reconnaître ses pieds – léchés le matin par le pinceau qui court dans le mince interstice entre la porte et le sol. Revoir ces arbres dressés devant les murs si vieux. Chercher dans les branchages la petite fenêtre derrière les stores de bois. Celle si étroite – calfeutrée comme une tanière. Chercher la lumière la même qu’il y a six ans. Derrière les feuilles vertes. Pousser la porte de la boulangerie. Celle où l’on se retrouvait à 6h du matin devant le store beige qui cachait la lumière attendant l’ouverture.<br />Se retrouver six après au bord du gouffre mais de l’autre côté.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-3989684126451684090?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-25748695182102753092009-05-11T17:15:00.004+01:002009-05-11T17:36:50.045+01:00La condition de fragilité<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SghQnbsJOEI/AAAAAAAAApE/W5X4e2SGSXc/s1600-h/3.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 267px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SghQnbsJOEI/AAAAAAAAApE/W5X4e2SGSXc/s400/3.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334602396998383682" border="0" /></a><br /><br />On l’a appris hier de sa bouche à elle qui rapportait ses mots à lui, sa bouche qui disait – troublées par l’écho dans la chair que ces paroles avaient produites – sa bouche qui disait combien, combien il était resté froid en déroulant son gros secret et comme il avait dit <span style="font-style: italic;">gros </span>(c’est elle qui le faisait remarquer et non pas lui qui l’avait dit sans y penser coulant dans ce mot la forme de son aveu) <span style="font-style: italic;">gros secret </span>pour dire la charge brisée dans son corps gros pour dire ce qui avait franchit outrepassé brisé dans les ourlets de son intimité trop jeune gros secret récité d’une voix métallique alors qu’en face l’autre celle qui avait été choisie pour recueillir ces premiers mots pleurait<br />De sa voix pleurait<br />Et des larmes coulaient<br />Qu’il ne pouvait pleurer<br />Et sa voix récitait le silence acheté l’argent versé dans ses quinze ans naïfs qui devait apporter aux proches des plaisirs pour porter la trace de celui qu’il avait donné<br />Et sa voix appelait convoquait ce qu’en lui la parole avait tari avait éteint les heures d’année qui érodent<br />Et sa voix – trop sèche trop froide trop dure – charriait avec avidité les plis de ce qui fut trop longuement gravé dans son corps de lait<br />On l’a appris hier et son visage d’amande revenait en mémoire avec ses grands yeux bleus toujours gorgés de larmes<br />Hier sa voix sur le fil d’une lame qui dansait dans les décombres de ces jours pour l’imminente colère qui l’aurait englouti, pour la terrible haine dévorante là – car c’est toujours ici que perce la tenaille des poings serrés – là même où encore trop blanc de lait son corps<br /><br />Loin de lui-même comme il était resté à distance respectable pour que les mots trouvent un chemin de fortune à travers les pierres posées jours après jours par le silence acheté<br />Yeux bleus gorgés de sable<br />Bouche incarnadine fine sur la peau pâle<br />Et cheveux de poupon<br />Fins tellement fins<br />Que c’est comme d’une finesse qui n’aurait pas grandie<br />Alors le regard posé sur des écrans plaques de vies substituées et la nuit arrachée au moment du repos placée sous l’égide de cette foule nombreuse qui criait au supplice dans son ventre trop étroit<br />Et la nuit hagarde alors de l’équation qu’elle ne voulait résoudre<br /><br />Il s’est tenu au seuil de ses yeux – bleus de sable – pour ne pas avoir à verser dans l’immense gouffre des douleurs pénétrantes<br /><br />Chaque nuit où il devait se lever – sachant – car la régularité plie le corps à l’habitude – lui fait mâcher ce savoir de douleur – se lever en sachant où chaque coup de pédale conduisait dans la nuit<br />Comment la route des petits pavillons dans le lotissement rose aux allées bien rangées débordait vers sa nuit déjà blette<br />Comment le vent humectait ses yeux de sable – imprimait sur ses joues rouges l’aigreur du froid matin<br />Et chaque matin chaque nuit chaque jour de chaque semaine pendant quatre ans y aller de son corps en plein dans la tempête<br /><br />Il n’y a que ces verres brisés au fond de ses souvenirs d’enfance – et les nuits dévorées par l’écran de l’image assise sur son sexe qui occupait ses mains et les nuits et les jours vides habités de couleurs haute résolution et ses heures et ses manies d’enfant trop grand pressées contre le flanc de silhouettes 32 bits<br /><br />Chaque jour, la paye de l’apprenti devenait instant fragile<br />Chaque jour, des billets passaient de mains à mains<br /><br />J’ai quinze ans<br />Je suis pâtissier<br />Et je lèche des croissants<br /><br />Et lui qui bandait chaque matin<br />Qui attendait le bruit du vélo qui se gare<br />Qui attendait le corps fragile<br />Qui le brisait à coup d’humiliations projectiles<br />Qui le tirait de son sommeil pour lui apprendre le commerce du pain et le commerce du sexe<br /><br />Contrat d’apprentissage<br /><br />C’est ce qui avait été écrit sur le papier qu’ils avaient signé – le tampon de l’école inscrit dans le cadre supérieur<br />Feuillet de quatre pages<br />Engagement mutuel des parties<br />Etabli en trois exemplaires<br /><br />Celui qui bandait il s’appelait le maître<br />Celui qui suçait il s’appelait l’apprenti<br /><br />Il avait son enfance de colère détruite au fond de lui – souterrain de brûlures inenttendues – qui attendait toujours le moment de le perdre – de le projeter crânement contre une porte close – ou du haut de ce pont qu’il prenait à vélo – pont rouge de ces villes à petites gares qui courbe l’échine sur les rails du train – du haut du rouge il aurait pu car la vue est belle du moment que l’on tombe : sur la gauche, on trouverait encore, derrière les gravats, des voitures qui s’empilent et les marques bleues de ce qui fut l’ancienne brasserie locale. Et sur la droite – plus loin – un nom allemand ou alsacien accroché à nulle part, excroissance géographique du lieu qui lui donnerait l’air enfantin d’un pays de merveilles.<br /><br /><br />Et voilà que le père – au moment où l’aveu vous écorche la gorge – cèdent les résistances sous les coups de butoir de mots trop longtemps tus – dégorgent les paroles, maladroites, boitillantes, si peu rompues au difficile exercice de la narration – et comment pourrait-on et même le faudrait-il, rapporter les fractures du corps dans une longue coulée trop plate trop molle et trop tranquille – au moment où les yeux gorgés de sel ne plissent pas pour des larmes muettes – au moment où ses mains habilles ne tremblent pas, pliant et repliant l’ourlet du pantalon entre ses doigts nerveux – au moment où la mère, assise sur ce grand tabouret de bar, prépare la pâte à pain du lendemain matin – au moment où le père franchit la porte qui le menait des rues polies aux chambrettes de bricole, s’avance dans la cuisine pour déposer sur les joues de la femme ses libations quotidiennes, et frotte des moustaches raides contre la peau trop rouge – au moment où la digue enfin rompue vomit ce que taisait le corps – voilà que le père – sous les mots malhabiles, comprend, entend de ce fils inexpiable – envie, avidité presque.<br /><br />Et le garçon pourtant déjà plus grand – d’une tête au moins malgré ses cheveux fins – tellement plus grand dans ses membres étirés – déjà plus grand – s’effondre.<br /><br />Le pont rouge qui enjambe les trains comme il aurait dû – comme il l’a manqué – comme sa bouche est bordée de ces remords que le père voudrait, veut entendre prononcés<br />Pour absolution<br />Pour pureté<br />Pour réparation<br /><br />Et le père cherche alors dans la maisonnette de fortune les cadeaux du fils, marques souillées accrochées au mur – trophées de sa concupiscence – pour les jeter au fleuve dans la rivière qui noie à cent mètres de là les inquiétudes des vaches.<br /><br />Il ne pensait pas, lui, le père, avoir un jour à affronter un fils de prostitution.<br /><br />Mais l’aveu ne lave pas – il emplit au contraire, grève la mince pellicule de salut de soi que le temps aurait réussi à construire et alors ce n’est plus que le gouffre des percées, le vide des torpeurs trop pleines le temps inhabitable de ceux qui n’ont assise, lieu – en dérive de soi – toujours.<br /><br /><br />Je m’adresse à toi sous la corolle de ton nom pour offrir en partage cette juste mesure<br /><br /><br />Et elle, la mère, devant les mots prononcés ou plutôt devant ceux qui pour n’avoir pas été dits appelaient son désir nécessité aveugle de savoir tout connaître tout – parce qu’elle avait su que dans un cahier qu’elle n’avait pas lu, qu’elle n’avait pas pu lire, qu’il ne lui aurait jamais permis de lire, il avait écrit tout, détaillé tout – du premier frôlement des fesses aux poings dans l’anus – tout y avait été mis – c’était ce savoir-là qu’elle voulait pour elle seule, pour savoir seule ce qui s’était passé, pour faire territoire de son corps de gerçures<br />Et camper là, s’y ficher au point d’y déloger le fils<br />De lui ôter le droit de sa mémoire<br />De sa souffrance<br />Pour ce presque savoir<br />Elle<br /><br />When I close my eyes I can’t stop the video playing in my head<br /><br /><br />Et je regarde son cœur comme un chien qui veut mordre.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-2574869518210275309?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-44089779375840829472009-05-09T18:18:00.003+01:002009-05-10T10:34:28.426+01:00Le temps en gris et bleu<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SgaewlvLcqI/AAAAAAAAAo8/Nh_fg1Zifbo/s1600-h/23.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 253px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SgaewlvLcqI/AAAAAAAAAo8/Nh_fg1Zifbo/s400/23.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334125366267835042" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">Tout les samedis avec ma fille, on va à Carrefour - celui du 3e étage avec des pans inclinés qui vous conduisent plus haut encore – pour aller trouver ce qui manque.<br />Tous les samedis. Elle vient me prendre. Avec sa Renault 5 rouge. Et on va faire les courses. J’ai soixante-treize ans aujourd’hui. Et comme c’est mon anniversaire. J’ai acheté deux steaks de viande hallal et deux canettes de Red Bull. Vous savez ces bouteilles en métal gris et bleu.<br />C’est pour mon anniversaire.<br />J’habite dans une petite maison. Avec mon fils. C’est lui qui fait à manger. Même s’il ne voit plus. Mais là. Il est hospitalisé. parce que son ventre sortait sous sa peau. C’est ce que les médecins ont dit. Et qu’on avait trop tardé. Mais il avait rien dit. Et moi. Je touche pas son ventre tous les jours pour voir si ça fait mal ou si ça ne sort pas trop.<br />Vous connaissez le Red Bull ? C’est une boisson bleue et argent. Comme les voitures de sport.<br />J’ai eu deux bouteilles aujourd’hui. Pour mon anniversaire.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-4408977937584082947?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-32559047852787236362009-05-01T19:18:00.003+01:002009-05-02T08:52:09.856+01:00En réserve<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/Sfv6bUUilbI/AAAAAAAAAo0/QBALte-NxRI/s1600-h/Mona+Hatoum+-+Beirut+1952.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 282px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/Sfv6bUUilbI/AAAAAAAAAo0/QBALte-NxRI/s400/Mona+Hatoum+-+Beirut+1952.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5331129931141387698" border="0" /></a><br /><div style="text-align: center; font-style: italic;"><span style="font-size:85%;">Mona Hatoum. Roadworks, Beirut 1952.<br /><br /></span></div>Bêtes pour avoir été intelligents trop tôt. Toi, ne te hâte pas vers l'adaptation. Toujours garde en réserve de l'inadaptation.<br /><br />L'homme qui sait se reposer, le cou sur une ficelle tendue, n'aura que faire des enseignements d'un philosophe qui aura besoin d'un lit.<br /><br />Communiquer ? Toi aussi tu voudrais communiquer ?<br />Communiquer quoi ? Tes remblais ? - la même erreur toujours.<br />Vos remblais les uns les autres ?<br />Tu n'es pas encore assez intime avec toi, malheureux, pour avoir à communiquer.<br /><br />Henri Michaux, <span style="font-style: italic;">Poteaux d'angle.</span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-3255904785278723636?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-10290269420751643842009-04-15T13:41:00.004+01:002009-04-16T09:01:25.845+01:00Car nous voyons à présent en énigmeOn pourra toujours faire comme si<br />le mot<br />toutes nos vierges de paroles<br />se tenaient au-delà (parfois bringuebalantes - sur le point de tomber - mais droites tout de même)<br />mais ce sera comme si<br />parce qu'au fond - certitude muette - du chant silencieux<br />qui ne saurait que dire devant la blessure du sens<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-1029026942075164384?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-25378477998208828682009-04-13T13:59:00.000+01:002009-04-15T17:09:26.391+01:00Du temps en éventailToujours être en retard sur soi<br /><br />Pour être certaine<br />de ne pas manquer le rendez-vous<br />des autres<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-2537847799820882868?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-85618644554193803802009-03-20T17:18:00.002Z2009-03-20T17:24:11.268ZLe réel c'est ce qui manque à sa place<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/ScPRI_Y5S7I/AAAAAAAAAoQ/E67fHE62jBg/s1600-h/2.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 266px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/ScPRI_Y5S7I/AAAAAAAAAoQ/E67fHE62jBg/s400/2.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5315321937612327858" border="0" /></a><br /><br /><br />Ça aurait pu être de marcher toujours<br />De l’un de l’autre<br />Sans trop penser<br />La bouche distendue par les cris qui venaient<br />Qui poussaient<br />Qui frayaient un passage dans le souffle court<br /><br />Mais ça n’a pas même pas été ça<br />Pas même ça<br />Dont on aurait pu se souvenir<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-8561864455419380380?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-62191842450427152372009-02-22T17:02:00.002Z2009-02-22T17:19:16.152ZIl suffit qu'ils soient donnés<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SaGJCkVtoFI/AAAAAAAAAoI/46snIHCIQrY/s1600-h/006.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 224px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SaGJCkVtoFI/AAAAAAAAAoI/46snIHCIQrY/s400/006.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5305672513226645586" border="0" /></a><br /><br />"Les gens qui crient la nuit dans le gouffre se donnent tous des rendez-vous. Ces rendez-vous ne sont jamais suivis de rencontre. Il suffit qu’ils soient donnés." Marguerite Duras, <span style="font-style: italic;">Le Navire Night</span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-6219184245042715237?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-22673393125774788822009-01-31T11:41:00.002Z2009-04-15T17:30:58.679+01:00Ce qui fait destin" Et ce qui fait un destin au niveau des événements, ce qui fait qu’un événement en répète un autre malgré toute sa différence, ce qui fait qu’une vie est composée d’un seul et même Événement malgré toute la variété de ce qui lui arrive, qu’elle est traversée d’une seule et même fêlure, qu’elle joue un seul et même air sur tous les tons possibles avec toutes les paroles possibles, ce ne sont pas des rapports de cause à effet, mais un ensemble de correspondances non causales, formant un système d’échos, de reprises et de résonances, un système de signes, bref une quasi-causalité expressive, non pas du tout une causalité nécessitante. "<br />Gilles Deleuze, <span style="font-style: italic;">Logique du Sens</span>, p. 199.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-2267339312577478882?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-16796684948383741922009-01-24T16:25:00.003Z2009-01-24T16:58:08.548ZDevenir animaux<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SXtIYlexmII/AAAAAAAAAng/4ahOgVz7EPM/s1600-h/Tortue.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 267px; height: 400px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SXtIYlexmII/AAAAAAAAAng/4ahOgVz7EPM/s400/Tortue.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5294905374119401602" border="0" /></a><br />On n’a jamais vraiment mesuré – scientifiquement, je veux dire – l’influence du caractère des animaux domestiques sur l’évolution des enfants.<br />Peut-être qu’avec une telle enquête on se rendrait compte qu’il n’y a rien de pire que les tortues de Floride pour les enfants agressifs et que l’inoffensif poisson rouge est le seul responsable du devenir-écran de certains de nos fils, il faudra y songer, sérieusement, et les parents n’offriront plus avec des étoiles plein les yeux de petits lapins angora à leur douce petite.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-1679668494838374192?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-1258795480849832632009-01-20T15:30:00.002Z2009-01-20T15:36:31.553Z<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SXXutdrXK8I/AAAAAAAAAnU/ASr0g9jzDJM/s1600-h/1.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SXXutdrXK8I/AAAAAAAAAnU/ASr0g9jzDJM/s400/1.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5293399401871911874" border="0" /></a><br /><br />On peut toujours prendre de l’avance.<br />Devancer le monde pour ne pas être surpris à l’anniversaire de sa mort.<br />Je suis sûre qu’on peut le faire ça – la prendre de court – sauter et enjamber la ligne – se retrouver libre de tout.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-125879548084983263?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-39101445788590349682009-01-02T19:26:00.006Z2009-01-02T20:31:59.101ZDes ciels de Flandre<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SV5sU7rJB8I/AAAAAAAAAmM/CYFYHzLPAPE/s1600-h/Mer+du+Nord+et+Noel+2008+060.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SV5sU7rJB8I/AAAAAAAAAmM/CYFYHzLPAPE/s400/Mer+du+Nord+et+Noel+2008+060.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5286782119451363266" border="0" /></a><br /><br /><span style="font-style: italic;">Rien d'étranger ne doit nous arriver</span> <span style="font-style: italic;"><br />Mais seulement ce qui nous appartient depuis longtemps</span> <span style="font-style: italic;"><br />Et tous les chemins du monde nous mangent dans la main !</span><br /><br /><br />Les routes filent sous les roues<br />Et au-delà perce la certitude qu'on reviendra<br />Parce qu'il nous faut le faire<br />Que les vies s'inventent à l'orée des tentations<br />De grands abîmes<br />Et des désespoirs minuscules<br />Il y a eu hier des moments retrouvés<br />La parole même a éclairé nos nuits – de deux à deux – jamais inventés ailleurs, jamais inventé avant – pour nous – hier.<br /><br /><br />La parole claire<br />Limpide<br />Devant nous<br /><br /><br />Le jour pris dans les dunes sans neige<br />Les gerçures blanches sur la lèvre des plages<br />Et des silences de demain<br /><br />Du gris aussi des ciels de Flandre<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-3910144578859034968?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-37268486180429342322008-12-10T23:26:00.001Z2008-12-10T23:28:04.066ZErrances somnanbuliques"Viendra le temps où les nations sur la marelle de l'univers seront aussi étroitement dépendantes les unes des autres que les organes d'un même corps, solidaires en son économie.<br />Le cerveau plein à craquer de machines, pourra-t-il encore garantir l'existence du mince ruisselet de rêve et d'évasion ? L'homme, d'un pas de somnambule, marche vers les mines meurtrières, conduit par le chant des inventeurs..."<br />René Char, <span style="font-style: italic;">Feuillets d'Hypnos</span>, 1943-1944.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-3726848618042934232?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-13336610144392367672008-11-26T21:38:00.005Z2008-11-26T21:50:01.834ZMoi, ici qui ne te l'ai pas dit<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SS3B_jmsAQI/AAAAAAAAAdE/ksAqLdSRlc8/s1600-h/text+007.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 267px; height: 400px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SS3B_jmsAQI/AAAAAAAAAdE/ksAqLdSRlc8/s400/text+007.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5273084036354146562" border="0" /></a>"<span style="font-style: italic;">Moi ici, ici ; moi qui puis te dire tout cela, qui aurait pu te le dire, qui ne te le dis pas, qui ne te l’ai pas dit ; moi avec le martagon à gauche, moi avec la raiponce, moi avec ce qui s'est consumé, avec la bougie, moi avec le jour, moi avec les jours, moi ici et moi là-bas, moi, accompagné peut-être maintenant par l'amour de ceux qui ne furent pas aimés, moi en chemin vers moi là-haut.</span>"<br /><br />Qui ne te l'ai pas dit, qui aurait pu le dire, qui ne le dirait pas<br /><br />Ce qui aurait pu être dit, ce qui aurait pu être tu<br />Ce qui n’a pas été dit mais qui ne se résoudra jamais dans la profération des mots pressentis.<br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-1333661014439236767?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-12605709099655281172008-11-21T11:04:00.002Z2008-11-21T11:10:13.822ZDescendre<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://3.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SSaV2Rn9agI/AAAAAAAAAc8/0bbr3-L1lnk/s1600-h/hapax-ville.gif"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 179px;" src="http://3.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SSaV2Rn9agI/AAAAAAAAAc8/0bbr3-L1lnk/s400/hapax-ville.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5271065173560224258" border="0" /></a><br /><br />« Descendons à présent dans le monde aveugle », commença le poète en pâlissant, « je serai le premier, toi le second ». Et moi, qui avais remarqué sa couleur, je dis : « Comment viendrai-je, si tu crains, toi qui d’habitude réconforte les douleurs ? » Et lui : « C’est la souffrances des ombres qui sont ici, qui peint sur mon visage cette pitié que tu prends pour la peur. Allons, le chemin nous pousse. » Dante,<span style="font-style: italic;"> L’Enfer</span>, Chant IV.<br /><br />Descendre - plus loin encore. Et tenir d'une même main la pitié et la peur.<br /><br />« M’entends-tu, tu m’entends, c’est moi, moi, moi et celui que tu entends, que tu crois entendre, moi et l’autre »<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-1260570909965528117?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-72380642284925817032008-11-18T09:59:00.002Z2008-11-20T11:28:46.471ZSans rien faire de votre vie« Je vous en supplie<br /><br />faites quelque chose<br /><br />apprenez un pas<br /><br />une danse<br /><br />quelque chose qui vous justifie<br /><br />qui vous donne le droit<br /><br />d'être habillés de votre peau de votre poil<br /><br />apprenez à marcher et à rire<br /><br />parce que ce serait trop bête<br /><br />à la fin<br /><br />que tant soient morts<br /><br />et que vous viviez<br /><br />sans rien faire de votre vie. »<br /><br />(Poème cité par François Bott dans « Entretien avec Charlotte Delbo : 'Je me sers de la littérature comme d'une arme' », Le Monde, 20 juin 1975).<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-7238064228492581703?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-90876969552925091992008-11-15T15:01:00.003Z2008-11-15T15:36:41.646ZFaire taire les paroles - Veiller l'opinion<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SR7riCnTL-I/AAAAAAAAAc0/0OybUAjY_18/s1600-h/pensar.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 300px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SR7riCnTL-I/AAAAAAAAAc0/0OybUAjY_18/s400/pensar.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268907584119844834" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">Le ministère de l'Education Nationale a publié un appel d'offre le 15 octobre pour une veille d'opinion sur internet, Fabula avait en premier rendu compte de celui-ci. Le texte continue d'engendrer bouillons et écumes...<br /><br />Ce projet, paru au Bulletin Officiel des Annonces des Marchés Publics <a href="http://www.fabula.org/actualites/documents/26772.pdf">consultable ici</a>, vise à :<br />"Identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles ou émergents)<br /> Identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l’opinion<br /> <span style="font-weight: bold;">Repérer les leaders d’opinion, les lanceurs d’alerte et analyser leur potentiel d’influence et</span> <span style="font-weight: bold;">leur capacité à se constituer en réseau</span><br /> Décrypter les sources des débats et leurs modes de propagation<br /> Repérer les informations signifiantes (en particulier les signaux faibles)<br /> Suivre les informations signifiantes dans le temps<br /> Relever des indicateurs quantitatifs (volume des contributions, nombre de commentaires,<br />audience, etc.)<br /> Rapprocher ces informations et les interpréter<br /> <span style="font-weight: bold;">Anticiper et évaluer les risques de contagion et de crise</span> <span style="font-weight: bold;"> Alerter et préconiser en conséquence</span><br />Les informations signifiantes pertinentes sont celles qui <span style="font-weight: bold;">préfigurent un débat, un « risque opinion »</span> potentiel, une crise ou tout temps fort à venir dans lesquels les ministères se trouveraient impliqués."<br /><br />Et Me Véronique Mély, à l'origine de l'appel d'offres, de répondre :<br />"En aucun cas, on ne peut parler de fichage ou de surveillance. Il ne s'agit absolument pas d'identifier des cas individuels ou de constituer des fiches nominatives. Tout cela procède du fantasme. Nous voulons seulement savoir quel site a de l'influence, évaluer les audiences. En clair nous voulons écouter tous ceux qui veulent se faire entendre sur le web" (Source : Libération, "<a href="http://www.liberation.fr/societe/0101266365-veille-d-opinion-dans-l-education-en-aucun-cas-on-ne-peut-parler-de-fichage">Veille d'opinion dans l'éducation</a>"<br />Il ne s'agirait en réalité que de quelques conflits terminologiques et autres broutilles verbales - car toujours selon la même Me Mély :<br />"Cette année nous avons introduit des précisions dans le «cahier des clauses particulières»: nous parlons notamment de repérer des «leaders d'opinion», les «lanceurs d'alerte», etc. Mais ce vocabulaire a été mal interprété, particulèrement le second terme. Or s'agissant d'un appel d'offres, il nous fallait préciser au maximum le produit que l'on demande à la société prestataire. Et nous avons utilisé la terminologie habituelle pour ce type de service."<br /><br />Rassurons-nous et retournons à la fameuse circulaire :<br /><br /><span style="font-weight: bold;">"La veille sur Internet portera sur les sources stratégiques en ligne</span><span style="font-weight: bold;"></span> : sites «commentateurs » de l’actualité, revendicatifs, informatifs, participatifs, politiques, etc. Elle portera ainsi sur les médias en ligne, les sites de syndicats, de partis politiques, les portails thématiques ou régionaux, les sites militants d’associations, de mouvements revendicatifs ou alternatifs, de leaders d’opinion. La veille portera également sur les moteurs généralistes, les forums grand public et spécialisés, les blogs, les pages personnelles, les réseaux sociaux, ainsi que sur les appels et pétitions en ligne, et sur les autres formats de diffusion (vidéos, etc.)<br />[...]<br />Clé de voûte du dispositif de veille, <span style="font-weight: bold;">le passage en « mode alerte » </span>visera à transmettre systématiquement les informations stratégiques ou les signaux faibles susceptibles de monter de manière inhabituellement accélérée.<br />[...]<br /><span style="font-weight: bold;">Les vidéos, pétitions en ligne, appels à démission, doivent être suivis avec une attention particulière et signalées en temps réel.</span>"<br />Extraits tirés du <span style="font-style: italic;">CCP n° 2008/57 du 15 octobre 2008</span><br /><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-9087696955292509199?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-45978770028267130872008-11-14T16:45:00.003Z2008-11-16T20:48:44.350ZDas ist die Nacht<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SR2svnzCaiI/AAAAAAAAAcs/gSUusFls6k4/s1600-h/Cimeti%C3%A8re+p%C3%A8re+lachaise+oct+2008+054.JPG"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SR2svnzCaiI/AAAAAAAAAcs/gSUusFls6k4/s400/Cimeti%C3%A8re+p%C3%A8re+lachaise+oct+2008+054.JPG" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5268557073230228002" border="0" /></a></div><p style="text-align: justify;" class="MsoNormal"><o:p> </o:p></p><div style="text-align: justify;"><br />Les premiers mots de Hegel dans sa <span style="font-style: italic;">Philosophie de l’esprit</span> de 1805 sont pour la nuit, celle de l'homme vide :<br /><br />« C’est la nuit, l’intérieur de la nature qui existe ici – pur soi – dans les représentations fantasmagoriques ; c’est la nuit tout autour ; ici surgit alors subitement une tête ensanglantée, là une autre silhouette blanche, et elles disparaissent de même. C’est cette nuit qu’on découvre lorsqu’on regarde un homme dans les yeux – on plonge son regard dans une nuit qui devient effroyable, c’est la nuit du monde qui s’avance ici à la rencontre de chacun. »</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-4597877002826713087?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-78572414674399661962008-11-12T19:14:00.002Z2008-11-12T19:19:34.640ZLignes de fuite<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRssQLbPDsI/AAAAAAAAAck/bSw-bnWSAVw/s1600-h/ligne_de_fuite.gif"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRssQLbPDsI/AAAAAAAAAck/bSw-bnWSAVw/s400/ligne_de_fuite.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267852845596479170" border="0" /></a><br /><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"><a href="http://4.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRsrZqsgAcI/AAAAAAAAAcc/KO-ySEiuG-E/s1600-h/ligne_de_fuite.gif" imageanchor="1" style="margin-left: 1em; margin-right: 1em;"><br /></a> </div><div class="separator" style="clear: both; text-align: center;"></div>On décline souvent les lignes – plus ou moins contraignantes, plus ou moins serpentines.<br />Ligne de conduite, ligne de la main, ligne de portée, ligne de forces, ligne de démarcation,<br />De failles,<br />De flottaison,<br />D’arrivée,<br />De touche,<br />D’horizon,<br />De foulées,<br />Des hanches…<br /><br />À présent que le monde est en ligne, que les gigaoctets pulsent nos rythmes, nos aujourd’huis et nos savoirs, j’ai un faible pour les lignes de fuite, qui mènent on ne sait trop où...<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-7857241467439966196?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-50372190894313207942008-11-11T18:56:00.000Z2008-11-12T19:08:09.877ZL'entaille - De Mezcala à Brancusi<a href="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRsoRZlPrdI/AAAAAAAAAcM/YAIio0-a20c/s1600-h/Brancusi.JPG" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"><img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267848468529917394" src="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRsoRZlPrdI/AAAAAAAAAcM/YAIio0-a20c/s400/Brancusi.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 400px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 324px;" /></a><br /><br />"L'entaille.Le trait, bref, instantané.<br />Rectiligne.<br />Il s'inscrit dans de grandes sinuosités d'ensemble, des ovales. Des diagonales, des mises en travers, qui sont comme les tendeurs d'une ordonnance en croix.<br />Le cubisme a réinventé cette dynamique, source de déséquilibre, donc d'énergie, à partir d'une structure stable, immuable : verticalité, horizontalité. Pas d'expression. Ou plutôt, pas d'expressivité. Ni sourire ni prière ni cruauté ni consolation. L'accident du quotidien n'a pas place. Ni le signe distinctif de l'individuel.<br />Cependant, aucune figure Mezcala ne reproduit l'autre. Chacune est incomparable, s'inscrivant dans un style d'une cohésion rigoureuse qui fait le paradoxe de cet art. Comme s'il était issu de la main (de l'âme) d'un seul créateur. Quel autre exemple d'une pareille unité dans la diversité ? Les Cyclades ? Mais on pense aussi à l'île de Pâques. Pâques et ses statues gigantesques. Les Mezcala ont cet attribut, la monumentalité.<br />Quelle que soit leur dimension (généralement modeste). Hauts comme trois pommes ils paraissent colossaux, dressés dans un espace illimité. Hors temps. Compacité de la masse, fluidité des lignes qui la composent. Tension et harmonie. Que raconte Mezcala ? Rien. Aucun support à la narration. Que font ces représentations humaines ? Rien. Elles sont là."<br /><br />Michel Vinaver, <span style="font-style: italic;">Figures de Pierre</span>, livret d'exposition d'une exposition consacrée à l'art du Guerrero dans le Mexique précolombien<br /><br /><br /><a href="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRsoX7XMQ7I/AAAAAAAAAcU/8xhH52VtDWY/s1600-h/Statuette+Mezcala.JPG" onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}"><img alt="" border="0" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5267848580676993970" src="http://1.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRsoX7XMQ7I/AAAAAAAAAcU/8xhH52VtDWY/s400/Statuette+Mezcala.JPG" style="cursor: pointer; display: block; height: 400px; margin: 0px auto 10px; text-align: center; width: 279px;" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-5037219089431320794?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-80547839443782644182008-11-06T16:36:00.006Z2008-11-06T16:53:36.898Z# Période nocticlienne<div style="text-align: justify;"><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRMdL7Gx6dI/AAAAAAAAAb0/R4AkX2-NObs/s1600-h/CPL.gif"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 400px; height: 267px;" src="http://2.bp.blogspot.com/_HPSb8ZFjhM0/SRMdL7Gx6dI/AAAAAAAAAb0/R4AkX2-NObs/s400/CPL.gif" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5265584480008137170" border="0" /></a><br />Il y a plusieurs façons de s’égarer ou voyager dans le cimetière du père Lachaise. Et chaque périple à son modèle. En se prêtant au jeu des portraits, on pourrait distinguer le déambulateur organisé du prédateur névrotique, et le prédateur névrotique de l’ignorant tranquille.<br /><br />1er personnage, errance 1. La forme organisée nécessite, avant toute chose, la possession d’un guide, d’un dépliant détaillant au plus précis les différents points de célébrité incontournables. Le trajet se transforme alors en collection de lieux, de bons numéros et de ponts aux ânes… Il faut compter le nombre de cases, de rangées, de lignes et de tombes avant d’atteindre celle tant attendue. C’est mathématique comme une grille de Sudoku aussi poétique qu’un carré magique. On s’assoie alors sur Marcel Proust pour immortaliser les retrouvailles, s’alanguit sur Oscar Wilde, s’ébroue sur Arthur Rimbaud… L’espace se vide, se concentre autour de points de densité, de centres dorés et ébouriffants et certains ont des airs à venir faire leurs courses dans le supermarché des corps…<br /><br />2nd personnage, errance 2. Le périple du prédateur névrotique est plus circonstanciel et ne se rencontre qu’à cette période fleurie des tâches jaunes et blanches, quand les proches réels, les intimes font silence sur les lieux de leurs morts. Alors qu’il erre dans les allées, sur les pavés gris comme le ciel sans reflet, notre spécimen scrute les attroupements, la moindre grappe de gens recueillis avec force marques de dévotion, fleurs, bougies, encens – signes qu’on ne s’assemble pas pour rien ! Avec un air circonspect et comme déjà concerné, le prédateur s’approche du groupe ainsi constitué et se glisse dans le rang. À pleines bouchées alors, il demande à son voisin <span style="font-style: italic;">de qui est-ce la tombe</span>, pensant avoir à faire à l’un des grands labels recueillant une grande âme. Mais déjà la famille s’étonne de voir l’inconnu parmi eux, la gêne les traverse tous et leurs bouches, comme en cœur, renvoient notre bonhomme à d’autres tombes à reluquer.<br /><br />3e personnage, errance 3. L’ignorant tranquille, enfin, ne voit rien du lieu. Rien qui ne pourrait faire l’objet de ces listes, ou qui viendrait nourrir quelques dodus paragraphes d’un guide touristique. Non, l’ignorant tranquille erre – tout simplement. Il prend même, inconsciemment, un soin presque coquet à éviter les majuscules et les grands noms. Frôlant de près telle tombe grandiose, s’écartant d’un fil des dépouilles de Mr un tel… Il promène son ingénuité dans les allées, s’attarde sur les promeneurs égarés comme lui. Il sort content de sa ballade, en se disant que demain, lui aussi, il s’achètera un guide.<br /><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-8054783944378264418?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-60209062281388968362008-10-31T14:54:00.002Z2008-10-31T14:57:31.691ZL’avenir qui doute<div style="text-align: justify;">" Vous avez eu de nombreuses et grandes tristesses qui sont passées. Et vous dites que même le fait qu'elles aient passé vous a été pénible et fut débilitant. Mais demandez-vous, je vous en prie, si ces grandes tristesses ne vous ont pas traversé plutôt qu'elles n'ont passé ? Si bien des choses en vous ne se sont pas transformées, si vous-même quelque part, en quelque endroit de votre être, vous n'avez pas changé tandis que vous étiez triste ? Seules sont dangereuses et mauvaises ces tristesses que l'on porte avec soi parmi les gens afin de couvrir leurs propos. Telles des maladies traitées superficiellement et de manière aberrante, elles ne font que reculer pour faire d'autant plus irruption après une courte rémission ; et elles s'accumulent en vous, constituent une forme de vie non vécue, méprisée, gâchée, une forme de vie dont on peut mourir. S'il nous était possible de voir au-delà des limites où s'étend notre savoir, et encore un peu plus loin au-delà des contreforts de nos intuitions, peut-être alors supporterions-nous nos tristesses avec plus de confiance que nos joies. Elle sont, en effet, ces instants où quelque chose de nouveau a pénétré en nous, quelque chose d'inconnu ; nos sentiments font silence alors, obéissant à une gêne effarouchée, tout en nous se rétracte, le silence se fait, et ce qui est nouveau, que personne ne connaît, se tient là, au centre, et se tait.<br /><br /><br />Je crois que presque toutes nos tristesses sont des moments de tension que nous ressentons comme une paralysie car nous sommes désormais sourds à la vie de nos sentiments devenus étranges. Nous sommes seuls, en effet, face à cette étrangeté qui est entrée en nous; car, pour un temps, tout ce qui nous est familier, tout ce qui est habituel nous est ravi; nous sommes, en effet, au coeur d'une transition où nous ne savons pas nous fixer. C'est aussi la raison pour laquelle la tristesse est passagère: ce qui est nouveau en nous, l'adjuvant de ce que nous étions, est allé jusqu'à notre coeur, a pénétré son lieu le plus intime, mais n'y est pas non plus resté : il a été passé dans le sang. Et nous ne savons pas ce que c'était. Il serait facile de nous persuader qu'il ne s'est rien passé ; mais nous avons pourtant bien changé, comme change une maison où un hôte est entré. Nous sommes incapables de dire qui est entré, nous ne le saurons sans doute jamais, et pourtant bien de signes témoignent du fait que c'est ainsi que l'avenir pénètre en nous pour s'y modifier longtemps avant qu’il n'arrive lui-même. Voilà pourquoi il est si important d'être solitaire et attentif lorsqu’on est triste: l'instant apparemment immobile où, semble-t-il, rien ne se passe, cet instant où l'avenir pénètre en nous est en effet beaucoup plus proche de la vie que cet autre moment arbitraire et patent où l'avenir nous arrive pour ainsi dire de l’extérieur.<br /><br />Plus nous sommes silencieux, patients et disponibles lorsque nous sommes tristes, et plus ce qui est nouveau pénètrera profondément et sûrement en nous, mieux nous le ferons nôtre ; il sera d'autant plus notre destin propre, et, plus tard, lorsqu'il « se produira » (c'est-à-dire lorsqu'il surgira de nous pour passer aux autres), nous nous sentirons profondément intimes et proches. Et c'est nécessaire. Il est nécessaire — et c’est vers cela que peu à peu doit tendre notre évolution — que nous ne nous heurtions à aucune expérience étrangère, mais que nous ne rencontrions que ce qui, depuis longtemps, nous appartient. Il a déjà fallu repenser tant de conceptions du mouvement qu'on saura peu à peu admettre que ce que nous appelons destin provient des hommes et ne vient pas de l'extérieur. C'est uniquement parce que nombre d'entre eux ne se sont pas imprégnés de leur destin quand il vivaient en eux, ne l'ont pas transformé en ce qu'il sont eux-même, qu'ils n'ont pas su reconnaître ce qui provenait d'eux ; cela leur était si étranger que, dans leur crainte confuse, ils ont cru qu'il venait à l'instant de les atteindre car ils juraient n'avoir jamais auparavant rien trouvé de pareil en eux. De même qu'on s'est longtemps abusé à propos du mouvement du soleil, on continue encore à se tromper sur le mouvement de ce qui est à venir. L'avenir est fixe, cher monsieur Kappus, mais c'est nous qui nous nous déplaçons dans l'espace infini."<br /><br /></div>Rainer Maria Rilke.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-6020906228138896836?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-2546446125093061472008-10-23T11:04:00.003+01:002008-10-31T14:57:01.457ZLe même et l’autre ou le pantalon d'Antoine VitezDu temps où il dirigeait le sanctuaire français de la dramaturgie classique, conservatoire des gestes et des comportements, Antoine Vitez avait pris l’habitude de changer de pantalon avant d’aller sur le plateau. Il poursuivait alors avec plus ou moins d’adresse ce qu’il était en train de faire, conversation ou courrier, et sautillant sur un pied puis sur l’autre, se livrait au périlleux exercice du changement de pantalon. L’homme de la scène et l’homme du bureau demandaient ce rituel. Et l’on voyait alors Antoine Vitez quitter son bureau avec un autre pantalon, strictement identique au premier. Il était le seul adepte de cette tradition secrète.<br /><br />Dans un grand restaurant, la bouteille est finie. On la tend au sommelier : « La même ». Ce qui veut dire « Une autre. »<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-254644612509306147?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-40735529094477872032008-10-14T12:36:00.000+01:002008-10-31T14:57:31.691ZLexomil" – Je suis une femme qui ne dort pas souvent.<br />Ma fille vient d’avoir dix-huit ans. Je me dois d’entrer plusieurs fois chaque nuit dans sa chambre pour surveiller son sommeil. Quand je la sens nerveuse, je m’allonge à côté d’elle jusqu’au matin. J’ai toujours peur qu’elle prenne peur dans un rêve et se réveille brusquement après avoir fait une chute du haut de la statue équestre qui est en face de chez nous. Dans la journée, je reste auprès d’elle autant qu’il se peut, même si je dois m’imposer quand elle reçoit des amis, ou que je accorde à titre exceptionnel de se rendre à une soirée. Je surveille les garçons qui tournent autour d’elle et s’ils se montrent trop entreprenants je les prends à part pour leur dire que ma fille est réservée et vierge. Il lui arrive de trouver que je la couve comme un œuf, et qu’elle a le plus grand mal à respirer.<br />- Je ne suis plus une gamine, laisse-moi au moins aller toute seule au lycée.<br />J’ai dû prendre la décision de saturer de Lexomil le chocolat de son petit déjeuner. Depuis, elle est devenue docile. Elle ne pense plus à se rebeller. Je dois même la secouer quand elle s’endort à table ou dans son bain, et je suis obligée de la soutenir pour lui éviter de tomber du siège quand elle va aux toilettes. Elle ne sort plus, mais j’essaye malgré tout de la promener dans l’appartement, de lui faire descendre l’escalier, et de lui montrer la rue par la porte ouverte pour qu’elle ne perde pas contact avec la réalité. Je lui fais remarquer le grand camion des poubelles, le gyrophare d’une voiture de pompiers ou le feu qui passe du rouge au vert en passant par l’orange. Il m’arrive de la pousser légèrement pour qu’elle se hasarde sur le trottoir, mais elle se jette dans mes bras aussitôt, tant elle déteste à présent le monde extérieur. Alors je la porte cahin-caha jusqu’à l’ascenseur. En rentrant, je la couche. Je l’apaise en lui chantant une chanson, en lui lisant une histoire, en la couvrant de baiser de la tête aux pieds.<br />J’ai prévenu le lycée que je l’avais inscrite dans une école privée. Quand ses anciens amis téléphonent ou viennent la voir à l’improviste, je leur dis qu’elle n’habite plus ici.<br />- Elle est partie un soir avec son sac, et elle a refusé de me dire où elle allait.<br />Au bout d’un mois, ils ont fini par l’oublier. J’avais pris la précaution de me fâcher dès sa naissance avec toute la famille. J’ai coupé les ponts avec celle de mon mari quand il a disparu de la circulation dix ans plus tôt. Maintenant nous vivons enfin à l’écart de tous les intrus qui essayaient malgré ma vigilance de nouer des liens avec elle. Je n’éprouve plus ce sentiment de panique à l’idée qu’elle puisse m’échapper. Elle s’effacera peu à peu de la mémoire de ceux qui l’ont côtoyée. Bientôt, elle ne quittera plus son lit. Je la nourrirai à la cuillère, et je m’occuperai à nouveau d’elle comme d'un bébé."<br /><br />Regis Jauffret - <span style="font-style: italic;">Microfictions</span>.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-4073552909447787203?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-4423838065452293742.post-19817794073502957412008-10-13T20:54:00.001+01:002008-10-31T14:57:31.691ZLa diplomatie est un sport de combat<meta equiv="Content-Type" content="text/html; charset=utf-8"><meta name="ProgId" content="Word.Document"><meta name="Generator" content="Microsoft Word 11"><meta name="Originator" content="Microsoft Word 11"><link rel="File-List" href="file:///C:%5CUsers%5CBarbara%5CAppData%5CLocal%5CTemp%5Cmsohtml1%5C01%5Cclip_filelist.xml"><!--[if gte mso 9]><xml> <w:worddocument> <w:view>Normal</w:View> <w:zoom>0</w:Zoom> <w:hyphenationzone>21</w:HyphenationZone> <w:punctuationkerning/> <w:validateagainstschemas/> <w:saveifxmlinvalid>false</w:SaveIfXMLInvalid> <w:ignoremixedcontent>false</w:IgnoreMixedContent> <w:alwaysshowplaceholdertext>false</w:AlwaysShowPlaceholderText> <w:compatibility> <w:breakwrappedtables/> <w:snaptogridincell/> <w:wraptextwithpunct/> <w:useasianbreakrules/> <w:dontgrowautofit/> </w:Compatibility> <w:browserlevel>MicrosoftInternetExplorer4</w:BrowserLevel> </w:WordDocument> </xml><![endif]--><!--[if gte mso 9]><xml> <w:latentstyles deflockedstate="false" latentstylecount="156"> </w:LatentStyles> </xml><![endif]--><style> <!-- /* Font Definitions */ @font-face {font-family:Calibri; panose-1:2 15 5 2 2 2 4 3 2 4; mso-font-charset:0; mso-generic-font-family:swiss; mso-font-pitch:variable; mso-font-signature:-1610611985 1073750139 0 0 159 0;} /* Style Definitions */ p.MsoNormal, li.MsoNormal, div.MsoNormal {mso-style-update:auto; mso-style-parent:""; margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; text-align:justify; mso-pagination:widow-orphan; font-size:11.0pt; font-family:Calibri; mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; mso-bidi-font-family:Arial; mso-fareast-language:EN-US;} p.MsoFooter, li.MsoFooter, div.MsoFooter {margin:0cm; margin-bottom:.0001pt; text-align:justify; mso-pagination:widow-orphan; tab-stops:center 8.0cm right 16.0cm; font-size:11.0pt; font-family:Calibri; mso-fareast-font-family:"Times New Roman"; mso-bidi-font-family:Arial; mso-fareast-language:EN-US;} @page Section1 {size:595.3pt 841.9pt; margin:27.0pt 70.85pt 70.85pt 70.85pt; mso-header-margin:35.4pt; mso-footer-margin:35.4pt; mso-paper-source:0;} div.Section1 {page:Section1;} --> </style><!--[if gte mso 10]> <style> /* Style Definitions */ table.MsoNormalTable {mso-style-name:"Tableau Normal"; mso-tstyle-rowband-size:0; mso-tstyle-colband-size:0; mso-style-noshow:yes; mso-style-parent:""; mso-padding-alt:0cm 5.4pt 0cm 5.4pt; mso-para-margin:0cm; mso-para-margin-bottom:.0001pt; mso-pagination:widow-orphan; font-size:10.0pt; font-family:"Times New Roman"; mso-ansi-language:#0400; mso-fareast-language:#0400; mso-bidi-language:#0400;} </style> <![endif]--> <p class="MsoNormal">"Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu’il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu’ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser - ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l’on se voit de loin, où l’on s’entend marcher, un lieu qui interdit l’indifférence, ou le détour, ou la fuite - ; lorsqu’ils s’arrêtent l’un en face de l’autre, il n’existe rien d’autre entre eux que de l’hostilité, qui n’est pas un sentiment, mais un acte, un acte d’ennemis, un acte de guerre sans motif.</p> <p class="MsoNormal">Les vrais ennemis le sont de nature, et ils se reconnaissent comme les bêtes se reconnaissent à l’odeur. Il n’y a pas de raison à ce que le chat hérisse le poil et crache devant un chien inconnu, ni à ce que le chien montre les dents et grogne. Si c’était de la haine, il faudrait qu’il y ait eu quelque chose avant, la trahison de l’un, la perfidie de l’autre, un sale coup quelque par ; mais il n’y a pas de passé commun entre les chiens et les chats, pas de sale coup, pas de souvenir, rien que du désert et du froid. On peut être irréconciliables sans qu’il y ait eu de brouille ; on peut tuer sans raison ; l’hostilité est déraisonnable.</p> <p class="MsoNormal">Le premier acte d’hostilité, juste avant le coup, c’est la diplomatie, qui est le commerce du temps. Elle joue l’amour en l’absence de l’amour, le désir par répulsion. Mais c’est comme une forêt en flammes traversée par une rivière : l’eau et le feu se lèchent, mais l’eau est condamnée à noyer le fue, et le feu forcé de volatiliser l’eau. L’échange des mots ne sert qu’à gagner du temps avant l’échange des coups, parce que personne n’aime recevoir des coups et tout le monde aime gagner du temps.</p> <p class="MsoNormal">Selon la raison, il est des espèces qui ne devraient jamais, dans la solitude, se trouver face à face. Mais notre territoire est trop petit, les hommes trop nombreux, les incompatibilités trop fréquentes, les heures et les lieux obscurs et déserts trop innombrables pour qu’il y ait encore de la place pour la raison."</p><p class="MsoNormal">Koltès - <span style="font-style: italic;">Courts Textes</span>. <br /></p> <div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/4423838065452293742-1981779407350295741?l=apax2.blogspot.com'/></div>B.http://www.blogger.com/profile/06949136321725934058noreply@blogger.com0