tag:blogger.com,1999:blog-360801182009-06-11T22:17:41.058-04:00Simon Dor - BlogSimon Dor est un étudiant de l'Université de Montréal, intéressé par les études cinématographiques, les jeux vidéo et le hip-hop. Ce site a pour objectif d'ouvrir des réflexions et des discussions autour de ces sujets, tantôt autour d'une structure d'articles variés et tantôt dans le format plus ouvert qu'offre le blogue.Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.comBlogger302125tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-5106946349007330232009-06-03T16:12:00.003-04:002009-06-03T16:20:02.201-04:00Nouveau flux RSS et nouveau designJe vous invite, lecteurs abonnés à ce blogue par flux RSS, à changer le flux de mon site.<br /><br />Peut-être étiez-vous déjà avec mon <a href="http://feeds2.feedburner.com/simondor">flux FeedBurner</a>, si c'est le cas, tout devrait bien fonctionner.<br /><br />Voici le <a href="http://feeds2.feedburner.com/simondor">flux officiel</a> de mon site :<br /><br /><a href="http://feeds2.feedburner.com/simondor"><span style="font-weight:bold;">http://feeds2.feedburner.com/simondor</span></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-510694634900733023?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-1910532541320828922009-06-03T13:58:00.007-04:002009-06-03T14:37:28.621-04:0010e Carrefour international de théâtre au quartier St-Roch de QuébecJ'ai passé la dernière fin de semaine à Québec, dans le quartier St-Roch. Par hasard, il s'y déroulait le <a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/theatre/200905/21/01-858721-10e-carrefour-international-de-theatre-une-ville-la-nuit.php"><strong>10e Carrefour international de théâtre</strong></a>, avec pour thématique <em>Où tu vas quand tu dors en marchant...?</em> Sans appréhension, par un drôle de concours de circonstances, ma blonde et moi avons décidé d'y aller, en débutant à la première de six stations. Les deux heures que dure l'événement, entre 21h et 23h, sont trop courtes pour tout voir.</p><h3>Chacun son fragment de récit</h3><p>D'abord, on attend en ligne environ 45 minutes. La première station est composée d'une vingtaine de lits chacun orné d'un ballon blanc lumineux, où sont placés le même nombre de comédiens, habillés de blanc. Dans la file d'attente, on entend des voix qui se superposent : un homme ou une femme qui nous confie un "secret", qui sera répété à quelques reprises. Humoristiques, tristes, étranges...<blockquote>Quand j'étais petite, je rêvais de déménager, pour être la nouvelle. Encore aujourd'hui, je rêve parfois de partir pour repartir à zéro quelque part où personne ne me connaît.<br /><br />Je me suis déjà fait surprendre à faire l'amour sur le bord d'un lac, par quelqu'un qui passait en chaloupe. Il s'est mis à nous lancer des roches.<br /><br />Regarder mon enfant est la seule chose qui diminue mon envie de m'enlever la vie. (je paraphrase)</blockquote>Un comédien lève son ballon, où on peut lire un mot-clef différent des autres ballons; le nôtre était "spasme". Nous allons nous asseoir avec lui sur le lit, et il parle. À moins d'un mètre de son visage, il nous raconte une histoire d'un peu moins de dix minutes : comment il a peur de sa propre imprévisibilité, comment il a peur, tellement le quotidien peut être meublé de gens imbéciles, d'exploser, d'un jour frapper quelqu'un, un coup de trop peut-être.</p><p>Nous comprenons que, fort probablement, chacune des histoires racontées sur chacun des lits est la suite du secret précédemment entendu.</p><h3>Promenade au pays des merveilles</h3><p>On se dirige ensuite vers la prochaine station. Une promenade en descendant l'un des escaliers de bois de la ville. Le spectacle se déroule en partie alors que nous croyons être encore dans la file d'attente... donc, on regarde à gauche et à droite, à moins de cinq mètres, les plusieurs très petites scènes, avec un ou deux personnages, qui font un mouvement répétitif lorsque les projecteurs sont sur eux, et restent fixes lorsqu'ils sont dans le noir. Musique étrange au saxophone ou à la scie, comptable qui travaille sur un cercueil entrouvert, où un faux-cadavre vivant aux longs cheveux y est éclairé. La thématique d'<em>Alice aux pays des merveilles</em> se révèle avec le "Mange-moi" et "Bois-moi" près de drinks en libre-service. Une table nous présente le Chapelier et le lièvre de Mars, un Humpty Dumpty est perché sur un bloc de pierre, deux jumeaux se chamaillent pour quelque chose au son d'un saxophone. Quelques scènes me sont inconnues : une femme épluche des patates, alors que deux attachées derrière elle tentent de se libérer.</p><p>La troisième station explore les sons : des grenouilles se répondent entre elles, des tourne-disques font tourner des verres de vin pour en extraire leur son. Nous avons sauté la quatrième, car la fin approchait, pour passer directement à la cinquième.</p><p>La rue St-Joseph était en partie barrée, éclairée par des blacklights posés dans les commerces, fermés ou ouverts. Une contorsionniste fait quelques mouvements dans une automobile, un individu écrit sur la vitre d'un commerce de l'intérieur... Inquiétante étrangeté dans l'ensemble, presque chaque personnage étant mis en parallèle avec un court texte qui donne une touche politique à la manifestation : les statistiques des viols de religieuses par des prêtres se juxtaposent à l'image d'une none habillée légèrement (de l'autre côté de la vitre) et à une musique religieuse qui sort d'une radio d'auto.</p><p>Nous avons manqué de peu la sixième station, un spectacle de danse devant l'église. La soirée s'est donc déplacée dans une direction étrange et somnanbulesque.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-191053254132082892?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-22983648143771541062009-06-01T11:27:00.004-04:002009-06-02T09:08:28.423-04:00Problème de bande passanteHier, mon site était inaccessible, pour une raison de bande passante (<span style="font-style: italic;">bandwidth</span>). Une chance, ce problème est arrivé le 31, donc à la fin du mois. Dès ce matin, tout s'est réglé. Je vais m'arranger pour que ce genre de choses n'arrive plus.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-2298364814377154106?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-3902706428960013492009-05-29T10:56:00.003-04:002009-05-29T10:58:43.692-04:00La signification par elle-même?<div style="text-align: right;">"C'est un silence qui en dit long."<br /><br />"Poser la question, c'est y répondre."<br /></div><br />J'ai toujours trouvé étrange ces phrases. Il m'a toujours semblé que le silence ou la question auquel/à laquelle ils font référence devient subitement plus signifiant par l'ajout de cette phrase, qui vient justement nous dire que le silence/la question est signifiant(e). Spécifier que les choses signifient par elles-mêmes deviendrait donc une manière de rendre signifiantes les choses autrement que par elles-mêmes.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-390270642896001349?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-12999292064229846642009-05-25T21:40:00.003-04:002009-05-26T09:27:25.324-04:00La règle du jeu et le pied de la lettreLa plupart du temps, décrire un jeu ne se résume pas à en décrire ses règles. La notion même de règle devient complexe, telle que le résume <strong>Linda Hughes</strong> : "Understanding the rules, at least as we normally describe them, cannot be equated with understanding the event" ([1983] 2006, p. 505). La notion événementielle du jeu est un élément à prendre en considération. Si on devait affirmer qu'un jeu équivaut à ses règles, il faudrait revoir cette notion : équivalent-elles aux règles qui précèdent le jeu ou plutôt aux règles qu'on peut comprendre à partir d'une séance de jeu? Hughes propose de faire une distinction entre les "game rules" et les "gaming rules", en se basant sur une différence de termes que nous n'avons pas en français.</p><p>Afin d'expliquer l'ambiguïté des règles, elle cite un article du <em>Newsweek</em> de 1981, qui lui-même cite <strong>Ron Fournier</strong> sur le hockey :<blockquote>referees must have an instinct for which violations to call and which to ignore. They themselves call "good" penalties (flagrant violations [...]) and "bad" ones (minor offenses such as hooking a player who doesn’t have the puck late in a tight game). [...] You call a guy for a minor infraction, and even though you cite the rule number, he just looks at you and says, "What’s that?" It doesn’t earn you respect [...]. One must not only know how the rule book defines and penalizes 'hooking.' One must also know that this 'hook' is not the same as that 'hook' (p. 506-507).</blockquote>Les règles du jeu, en tant que "game", sont écrites quelque part, sont observables, et il y a relativement moyen de distinguer ce qui en fait partie de ce qui n'en fait pas partie. Les règles de "gaming", règles du jeu en tant que l'action de jouer, sont plus complexes, elles sont pour la plupart implicites, entendues comme des manières pour les joueurs de comprendre leurs propres interactions au sein de la partie, sans toutefois qu'elles ne puissent réellement être écrites sans qu'une part importante du jeu n'en soit écartée.</p><h3>Le parallèle social et le pied de la lettre</h3><p>Je crois que le principe est très semblable dans la société. L'histoire de cette dame qui a reçu une amende de 430$ suite à son refus de coopérer face à un policier de Laval qui lui demande de tenir la rampe de l'escalier du métro a eu une couverture importante dans la blogosphère. Pour <strong>Louis Préfontaine</strong>, il ne devrait pas y avoir de <a href="http://louisprefontaine.com/2009/05/20/jugement-reglement">flexibilité dans l'application d'un règlement</a>. Cela me fait penser à ceux qui, comme le souligne <strong>Feel O'Zof</strong>, <a href="http://chezfeelozof.blogspot.com/2009/05/le-dictionnaire-est-il-un-livre-sacre.html">prennent le dictionnaire au sens littéral</a>.</p><p>Si les policiers veulent être respectés, ils doivent comprendre les principes de la société et régir pour les maintenir. La règle ne se comprend pas en tant qu'énoncé dans un livre de loi mais davantage comme un moyen de rendre la société vivable et intéressante pour le plus grand nombre de ses citoyens.</p><h3>Référence</h3><p>Hughes, Linda. 2006 (1983). « Beyond the rules of the game : why are rooie rules nice? ». Dans Katie Salen et Eric Zimmerman (dir.). The game design reader : a rules of play anthology, p. 504-516. Cambridge : MIT Press.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-1299929206422984664?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-76636213155160937372009-05-20T15:59:00.006-04:002009-05-25T18:09:57.948-04:00Projets passés et à venirCette session a été assez difficile, puisque j'ai accumulé le travail sans l'avoir réellement jaugé au départ. Encore plus difficile par contre, même rétrospectivement, de dire ce que j'aurais fait de différent. Bref, voilà un signe de vie.<br /><br />Ceci a causé quelques conséquences évidemment, notamment d'éliminer de mon horaire quelques actions qui sollicitent du temps "compressible", c'est-à-dire mon blogue. Je me suis posé quelques questions auxquelles je n'ai pas tout à fait répondu encore, notamment : à quoi me sert ce blogue? Question sans réponse précise : pouvoir échanger, partager, apprendre, etc., c'est bien beau en théorie, mais dans les faits, beaucoup de ce que j'écris ici se retrouve sans commentaire, et bien que ce blogue me donne une belle motivation pour écrire, il me serait peut-être davantage profitable de travailler d'une autre manière. D'autant plus que ce que j'écris ne peut se trouver complètement ici: certaines idées pour mon mémoire doivent rester dans l'ombre jusqu'en août 2010. Si on doit critiquer la position de certains analystes externes qui voient les blogues comme un moyen narcissique de diffuser sa propre vie en ligne, il faut néanmoins que je l'admette : ce blogue se nourrit d'un certain désir de reconnaissance de ma part. Je n'écris pas pour rien, et je ne publie pas ce que j'écris en ligne pour rien - je veux être lu, nécessairement. Une fois cette idée admise et assumée, il me reste à réfléchir pour préciser de plus en plus les limites de ce que je veux présenter ici. Je compte bien repartir en force (décidément, c'est une <a href="http://www.simondor.com/blog/2008/05/fin-de-session-termine.html">habitude du mois de mai</a>) en me donnant de nouveaux outils et une nouvelle "vision" (personnelle, je ne crois pas que ça paraîtra beaucoup).<br /><br />Je profite pour dire que je travaille sur un nouveau design pour mon site. L'apparence changera de manière je pense assez drastique - probablement pour le mieux - et, enfin, je passerai à une plate-forme qui me permette de personnaliser l'apparence de mon site tout en bénéficiant de la plupart des "widgets" et manières d'organiser le site. Le tout devrait par ailleurs être optimisé pour le référencement dans les moteurs de recherche.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-7663621315516093737?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-84994279916835244472009-05-17T14:01:00.006-04:002009-05-18T11:47:30.308-04:00Lutter contre la prévisibilité?Je n'ai jamais vraiment aimé être prévisible : comme si le fait que les autres puissent savoir ce qu'on va faire leur donnait un certain pouvoir sur nous. C'est futile quand on y pense. J'ai vu une sage réponse dans La République de Platon à propos de ce type de commentaire :<blockquote>[Thrasymaque :] Je le savais et j'avais prédit à ceux qui sont présents ici que tu refuserais de répondre, que tu feindrais ironique mille ruses plutôt que de répondre si on te posait quelque question (Platon, La République, 337a).</blockquote>Socrate donne l'exemple de quelqu'un qui pose un problème mathématique simple, comment on produit le nombre 12, en ridiculisant l'interlocuteur qu'il donnera sans doute l'une des réponses usuelles (3x4, 6x2, etc.).<blockquote>[Socrate :] Thrasymaque, qu'as-tu en tête? que je ne donne aucune réponse que tu as prévues? Penses-tu, homme admirable, que même si la réponse se trouve à être l'une de celles-là, je donnerais autre chose que la vraie réponse? (Platon, La République, 337b)</blockquote>En effet, quel est l'intérêt d'être imprévisible? Faut-il à tout prix surprendre à tous les coins de rue?<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-8499427991683524447?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-91985050015859515772009-05-09T10:23:00.003-04:002009-05-09T10:30:05.783-04:00Intelligence artificielle dans StarCraft II<blockquote>As in many other RTS titles, the AI in SC1 would see the entire map and would know exactly where the player's units and buildings were. In part 2, this does not hold anymore. The AI opponents have to send out scouts to find the players. Only when they find out, what the opponents are building, they adapt their tactics. If you hide units from the AI - on hills or behind bushes - you gain an advantage (<a href="http://starfeeder.gameriot.com/blogs/The-Starfeed/GameStars-exclusive-interview-with-Dustin-Browder">Dustin Browder, cité par Lipton</a>).</blockquote>En effet, une des choses frustrantes de <em>StarCraft</em> était que tu ne pouvais aller faire une expansion à l'insu des adversaires artificiellement intelligents, ils savaient toujours où tu étais.<blockquote>Q: But the day-night cycle and the weather effects wouldn't have any gameplay effects?<br><br />A: We talked about it, and even tested it, but the answer's: No. We do not want maps with differing rules. Just imagine a snowy area in which ground troops move more slowly. That would completely revert the balance. The Zerg would suffer a lot, since they are highly dependant on their speed. Or imagine rainy maps, on which the sight-range of flying units is reduced. The balance would be shaky and we would have to rebalance the races just because of the stupid rain. That might be an interesting idea for the future, but at the moment we don't want it.</blockquote>Qui a dit que les jeux vidéo cherchaient toujours à être le plus possible réalistes?<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-9198505001585951577?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-20982781935830600482009-04-22T16:30:00.003-04:002009-04-22T16:47:57.256-04:00Des réponses ou des questions / hyperlier par honnêteté ou parasitageSur le blogue de <a href="http://lelectronlibre.net/">L'électron libre</a>, <strong>Louis Préfontaine</strong> propose un article où il dénonce une <a href="http://lelectronlibre.net/2009/04/21/dictature-reseaux-blogueur-parasite">forme de blogues qui fonctionne selon le principe du parasite</a>. Il y a deux éléments intéressants de sa réflexion qu'il me semble ici pertinent de faire ressortir:<ol><li>Il y aurait une mentalité de "blogueur-agrégateur", suivant le terme qu'emploi <a href="http://emerillon.niala.net/2009/04/blogues-dictateurs-et-parasites/"><strong>Le Petit Émerillon</strong> dans sa critique des propos de Préfontaine</a>. À mon sens, hyperlier, c'est une forme de respect envers l'information, d'une part pour le remercier d'un texte pertinent, ou simplement, par honnêteté intellectuelle, pour situer notre pensée par rapport à ce qui se dit (bien évidemment, la pensée n'apparaît pas seule dans le vide), pour préciser sa source dans le cas où certains faits y sont directement tirés, voire simplement pour signaler à nos lecteurs d'autres textes semblables à un sujet.</li><li>Autre point, qui me semble le plus pertinent à questionner, c'est le fait que le questionnement soit ou non un élément pertinent à intégrer dans le cadre d'un blogue. Je me réfère à ses propos (qui est aussi ce que pointait Émerillon) :</li></ol><blockquote>Poser une question, ça permet de laisser les autres tenter d’y répondre. Bref, encore une fois, on prospère sur l’énergie créatrice d’autrui.</blockquote></p><p>Je trouve plus qu'étonnant qu'on voit la question de cette perspective. D'une part, il me semble que l'un des intérêts de suivre des blogues est d'avoir une multitude de points de vue voire de questions, et c'est de ces points de vue souvent qu'émerge de nouvelles questions qui deviendront de nouvelles réponses. Il est souvent bien plus pertinent de poser la bonne question que de trouver la bonne réponse.</p><p>Je re-cite Préfontaine dans son <a href="http://emerillon.niala.net/2009/04/blogues-dictateurs-et-parasites/#comment-11982">commentaire sur le blogue d'Émerillon</a> :<blockquote>l’aggrégateur [sic] vit au dépend du penseur et n’apporte rien de plus que le lien vers celui qui pense</blockquote>Je poserais la question pour finir : le penseur, lui, vit au dépend de qui?</p><p>Et tiens, je vais proposer une réponse : de l'agrégateur.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-2098278193583060048?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com3tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-9219840964389987272009-04-21T21:18:00.000-04:002009-04-21T21:20:17.313-04:00Rallier le Québec à tout prixJe trouve intéressant l'idée que certains ont de vouloir à tout prix rassembler les gens d'une même nation dans un point commun. J'ai toujours eu l'impression qu'une nation se définissait par un ensemble d'individus ayant des valeurs en commun, ayant un destin qui se relie de manière plus ou moins naturelle, parce qu'ils ont une réalité politique, géographique, commune.</p><p>Pour certains, qui <a href="http://renartleveille.wordpress.com/2009/04/14/le-mystere-falardeau/">ont commenté sur le blogue de <strong>Renart l'Éveillé</strong></a>, remettre en question la pertinence de certains moyens d'en arriver à l'indépendance du Québec est déjà s'éloigner de la nation.</p><p>Bref, <strong>Loco Locass</strong> vient de sortir un <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/arts-du-soleil/?p=81">nouveau <em>single</em> où ils scandent leur amour pour les Canadiens de Montréal</a>. Payante, je n'ai pas entendu la chanson en question. Je cite <strong>Biz</strong> dans l'<a href="http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/sur-scene/200904/20/01-848600-loco-locass-fait-du-ch-son-fleurdelise.php">entrevue par Katherine Lavoie</a> :<blockquote>Le Canadien rassemble toutes les langues, les religions, les classes sociales confondues. La chanson va dans ce sens-là.</blockquote>Je n'apprécie pas particulièrement l'idée qu'il faille à tout prix trouver un point commun qui soit le cœur de la nation. Que l'amour des Canadiens unisse un nombre suffisant de gens, c'est bien intéressant et c'est tant mieux qu'ils partagent cette passion (écouter une partie est en effet très intéressant une fois de temps en temps!). Mais il me semble que de se réjouir que ce soit la seule chose qui rallie les Québécois, je suis étonné. Il me semble qu'au temps où Maurice Richard incarnait une réussite pour les Canadiens-français, c'était intéressant parce que ça unissait un peuple qui avait comme point commun d'être marginalisé et mis toujours au second rang. Y a-t-il un autre point commun qui soit symbolisé par le CH? S'unir sous une même bannière à tout prix... pourquoi?<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-921984096438998727?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-42473096441572499662009-04-15T22:38:00.002-04:002009-04-18T12:10:26.907-04:00Jeux de stratégie : mégalomanie et aliénation en même tempsDésolé de n'intervenir que très peu dans les dernières semaines, je me suis peut-être trop engagé dans mes emplois, ne me laissant que peu de temps pour moi-même et même pour ma fin de session. Voici un aperçu de ce qui me tracasse en ce moment.<p></p><p>Je lis quelques textes qui s'interrogent sur la question de l'idéologie et des jeux vidéo, dont un article de <strong>Tony Fortin</strong>, au titre explicite "L'idéologie des jeux vidéo". Après avoir dit que les jeux de tirs subjectifs exploitaient une sorte d'"idéal du moi", il ajoute:</p><blockquote>Quant à la vue de dessus, omnisciente et inhérente aux jeux de stratégie ou de gestion, elle exploite généralement une forme de mégalomanie (<a href="http://www.simondor.com/reference/etude-du-jeu-video.php#fortin2004">Fortin 2004</a>, p. 55).</blockquote><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/War3---Textes-711581.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer; width: 320px; height: 240px;" src="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/War3---Textes-711469.jpg" alt="Warcraft III - Dialogue Arthas / Uther" border="0" /></a>Évidemment, cette prise de position m'intrigue. Par ailleurs, pour lui, la division du travail des unités dans les jeux de stratégies montre une forme de taylorisme. Difficile d'argumenter contre cela (au sens littéral - même s'il y a une pointe d'ironie -, car, du point de vue de la représentation diégétique, il n'a pas tort...). Il ajoute, plus loin :<blockquote>Le joueur semble conditionné à des tâches répétitives, maillons de "la" stratégie gagnante, celle qui conduit à élaborer "la" chaîne de production la plus efficiente. C'est en fait là que réside l’intérêt du jeu (p. 58).</blockquote>Par contre, ici, son argumentation est clairement déficiente. D'abord, comme on l'a expliqué ailleurs (c'est un "on" qui inclut aussi des commentaires de blogues), la plupart des <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/01/warcraft-iii-unite-versus-unite-plus.html">jeux de stratégie n'impliquent pas "une" seule stratégie gagnante</a>, au contraire, une <a href="http://www.simondor.com/blog/2008/12/le-concept-de-stratgies-dominantes-deux.html">"stratégie dominante" est souvent vue comme un aspect négatif</a>. Donc, ce type de réflexion a de la difficulté à tenir la route:<blockquote>En ce sens, les produits consommés par les jeunes de milieux populaires - en l'occurrence, les jeux d'action relatifs aux consoles - les conditionneraient à des tâches répétitives et aliénantes qui les conforteraient dans leur position sociale de "dominés" (p. 48)</blockquote>C'est assez évident quand les auteurs ne connaissent pas les jeux dont ils parlent. En collaboration avec Laurent Trémel, dans un article de 2005 (<a href="http://www.simondor.com/reference/etude-du-jeu-video.php#fortintremel2005">Fortin et Trémel 2005</a>), ils parlent de <em>Warcraft III</em>, en disant que le "joueur n'est plus une abstraction omnipotente mais un héros intégré dans la structure de l'unité sociale" (2005, p. 124). Il ne savait pas qu'on pouvait avoir plusieurs héros simultanément dans <em>Warcraft III</em>, où notre point de vue reste "omnipotent". Contrairement à ce qu'ils entendent, non, la partie ne se termine pas lorsque le héros meurt, au contraire, ce dernier peut être ressuscité.<p></p><p>Bref, ce type de discours me semble fort convaincant (fort convaincu en tout cas) pour un lecteur qui ne connaît pas les jeux dont on parle. Que de temps perdu (mais qui fait au moins l'objet d'un travail de session) à réfuter ce type de textes.</p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-4247309644157249966?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com7tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-43795495285296326942009-04-01T21:43:00.002-04:002009-05-07T12:35:52.807-04:00Techniques de soi à l'ère des TIC : colloque Homo Ludens/CRI dans le cadre de l'ACFASMÀJ: L'horaire de ma présentation a changé pour le <b>12 mai à 16h20</b>.</p><p>Le <a href="http://www.homoludens.uqam.ca/">groupe de recherche sur la communication et la socialisation dans les jeux vidéo Homo Ludens</a> et le <a href="http://cri.histart.umontreal.ca/cri/fr/vitrine/default.asp">Centre de recherche sur l'intermédialités</a> s'unissent pour présenter, dans le cadre du congrès de l'<a href="http://www.acfas.ca/">ACFAS</a> à l'Université d'Ottawa, le colloque <a href="http://cri.histart.umontreal.ca/cri/fr/vitrine/alaffiche.asp"><em>Les techniques de soi à l'ère des TIC</em></a>, les 12 et 13 mai prochains.<p></p><p>J'aurai l'occasion d'y faire ma première présentation publique en colloque, dans une conférence intitulée « La stratégie comme production de sujets au sein d'un "Jeu Modèle" de <em>StarCraft</em> ». J'ai bien hâte de pouvoir présenter et publiquement un aperçu de ce sur quoi je suis en train de travailler et de pouvoir en discuter avec des chercheurs d'un peu partout.</p><p>Le <a href="http://www.acfas.net/programme/c_77_419.html">programme complet du colloque</a> est disponible sur le site de l'ACFAS. Je vous donnerai des nouvelles pour le lieu précis une fois qu'il sera officiel.</p><p>Voici le résumé de ma présentation. Si vous avez des questions, n'hésitez pas à les poser maintenant. Si vous vous questionnez d'avance sur certains éléments, cela me permettra de pouvoir y répondre durant ma présentation.</p><blockquote>La représentation de productions de sujets est au centre de certains jeux, notamment les jeux de rôle ou certains jeux de simulation comme <em>The Sims</em> (Will Wright, 2000). Mais cette « production de soi » existe tout autant dans des jeux qui n'ont pas la même persistance, voire qui n'impliquent pas d'avatar. Dans les jeux de stratégie en temps réel comme <em>StarCraft</em> (Blizzard Entertainment, 1998), à chaque nouvelle partie, le joueur repart à zéro, avec les mêmes unités de départ, et l'établissement de son lieu doit se faire sur une courte période, environ une heure de jeu. Sans sortir des règles, en suivant ce qu'un dispositif ludique et technologique lui propose, nous tenterons de concevoir comment le joueur peut devenir sujet. L'objectif de cette communication sera d'explorer le concept de stratégie comme un outil de subjectivation, du joueur comme de ses alliés et adversaires, que ce soit avant, pendant ou après une séance. Le masque et le dévoilement d'informations est constitutif de cette subjectivation de l'autre, qui repose sur la création de « patterns ». À la manière dont Umberto Eco parle d'une Lecture Modèle, nous tenterons de voir comment, sans déroger d'un certain « Jeu Modèle » proposé, le joueur s'identifie aux mécanismes et peut se constituer comme sujet, que ce soit à l'échelle d'une partie (planifier ses actions ou anticiper celles des autres) ou à l'échelle d'une communauté.</blockquote><p></p><p><em>Dernière mise à jour : 2 avril 2009.</em></p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-4379549528529632694?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-47533691943506027992009-04-01T00:32:00.001-04:002009-04-01T00:41:04.714-04:00Le hip-hop, source renouvelable de généralitésJe n'ai même pas le goût de regarder le vidéo que place <strong>Patrick Lagacé</strong> sur son blogue, dans son billet intitulé "<a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70722687">Hip hop : on ne veut pas généraliser, mais...</a>". Il me semble en effet peu pertinent et je n'ai pas vraiment le temps. Mais Patrick Lagacé y voit quand même l'occasion de rappeler qu'il y a bien des chances que ce vidéo représente l'ensemble du milieu hip-hop.</p><p>Pour Lagacé, "les raisons de se dire que l’industrie est composée de cro-magnons hystériques, violents et misogynes sont nombreuses". L'industrie du hip-hop, de laquelle j'ai fièrement fait partie (bon, une industrie par définition doit-elle faire de l'argent?), serait donc <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/03/eminem-feat-d-12-when-music-stops-la.html">violente</a>. Tenir de tels propos quand <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70722690">on admet ensuite</a> ne pas connaître ce style musical n'est pas particulièrement pertinent.</p><p>Lagacé n'est évidemment pas le premier à critiquer ou à <a href="http://www.simondor.com/blog/2006/10/heureuse-nouvelle-larticle-que-javais.html">simplifier le rap</a>. Pour faire comprendre son ouverture d'esprit, il commence en disant qu'il sait reconnaître qu'il y a du bon rap. Il en cite quelques-uns, croyant par la suite pouvoir rallier l'ensemble des gens à son opinion. Puis enchaîne avec son argument :<blockquote>Mais c’est assez consternant de voir que des tas de crétins s’y réfugient pour exprimer des conneries épouvantables et la chose semble universelle en Occident. On ne les trouve pas à l’opéra, je veux dire.</blockquote>Cette dernière phrase semble ce qui résume son propos. Évidemment qu'on ne les trouve pas à l'opéra. Oui, bien sûr, il y a des tas de crétins qui font des tas de choses. Ça ne veut pas dire que l'ensemble (dont les frontières ne sont pas "par essence" divisées) possède les propriétés du particulier. Pour ne pas dire d'énormités, l'idéal, c'est de connaître un peu de quoi on parle avant de prétendre "ne pas généraliser" sur toute une culture.</p><p>J'ai bien envie de reprendre les propos de <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/03/il-ny-pas-daddiction-aux-jeux-video.html"><strong>Yann Leroux</strong> dans mon billet précédent</a>, bien sûr en les reprenant dans un tout autre contexte :<blockquote>"La diabolisation dit la haine que l’on a des jeunes dans notre société."</blockquote>Je ne tiens évidemment pas rigueur Lagacé de ce qu'il dit sur son blogue. De toute façon, je ne veux pas généraliser, mais les journalistes-blogueurs font plutôt des "flashs" qui <a href="http://www.canoe.com/infos/quebeccanada/archives/2009/02/20090214-062803.html">diluent la qualité journalistique</a>...<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-4753369194350602799?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-74626381469874201472009-03-29T10:51:00.004-04:002009-04-01T13:02:00.577-04:00"Il n'y a pas d'addiction aux jeux vidéo" (Yann Leroux)<div style="text-align: right;">"Quand on passe du temps avec une machine, le plus souvent, ce n’est pas la machine qui est en cause."</div></p><p><strong>Yann Leroux</strong>, présent sur le net avec un <a href="http://www.psyetgeek.com/">blogue</a> (que j'ai récemment ajouté dans mes <a href="http://www.simondor.com/liens/jeux-video-blogs.php">liens sur les jeux vidéo</a>) et un <a href="http://twitter.com/yannleroux">compte Twitter</a>, s'est fait interviewé par le site <a href="http://www.internetactu.net/2009/03/23/yann-leroux-il-ny-a-pas-daddiction-aux-jeux-video/">InternetActu</a>.</p><p>Tout au long de l'entrevue, ce qu'il pointe spécifiquement, c'est que <strong>l'addiction n'est pas reliée au jeu</strong>, que le dispositif vidéoludique n'est pas un moyen de créer une addiction, bien qu'il puisse être un échappatoire facile pour un individu qui cherche à éviter une confrontation relationnelle directe.</p><p>Leroux distingue notamment le <em>gambler</em> et le <em>gamer</em>, qui, évidemment, sont différents dans la mesure où l'un est lié au potentiel de gagner de l'argent et l'autre au plaisir du jeu. Distinction importante bien évidemment, même si en français les deux concepts sont désignés par le même mot.</p><p>Mais pour quelle raison y a-t-il une forme de diabolisation des jeux vidéo? Leroux n'y va pas avec le dos de la cuillère en disant:</p><p>"La diabolisation dit la haine que l’on a des jeunes dans notre société."<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-7462638146987420147?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com3tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-57528907570810237752009-03-25T23:37:00.003-04:002009-03-26T00:06:03.347-04:00Ludiciné : deux bases de données pertinentes<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/ludicine-710395.jpg"><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 320px; height: 56px;" src="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/ludicine-710386.jpg" border="0" alt="Ludiciné (groupe de recherche)" /></a>Les textes qui se réfèrent à un corpus très précis d'oeuvres nombreuses ne recensent que très rarement leurs recherches. Si un texte académique est la présentation élégante et sous forme argumentative du résultat de leurs recherches, il manque souvent une étape assez importante : les détails de la collecte de données, notamment dans le cas du corpus. Mais, pourtant, Internet nous fournit un moyen très précieux pour permettre au lecteur intéressé d'avoir plus de détails, sans que l'espace physique de l'article n'en soit touché.</p><p>Le groupe de recherche <a href="http://www.ludicine.ca/"><strong>Ludiciné</strong></a>, dirigé par mon directeur de recherche, <b>Bernard Perron</b>, propose en ligne deux bases de données qui peuvent servir d'annexes à leurs publications.</p><h2>Une filmographie du cinéma interactif des premiers temps</h2><p>La première est une "filmographie du cinéma interactif des premiers temps". Ayant fait l'objet d'un projet de recherche spécifique, le cinéma interactif fait référence à un type de jeu qui n'existe à peu près plus (le jeu <a href="http://www.ludicine.ca/fr/filmographie/phantasmagoria"><em>Phantasmagoria</em></a> [Sierra On-Line, 1995] en est un exemple). Les chercheurs ont publié récemment un article qui recense quelques questions méthodologiques sur l'étude de cet objet (<a href="http://www.simondor.com/reference/etude-du-jeu-video.php">Perron <i>et al</i>. 2008</a>).</p><h2>Bibliographie cinéludique</h2><p>La seconde base de données, qui semble tout récente, propose une bibliographie "cinéludique". Les articles et ouvrages qui y sont référés sont classé par sujets (jeux vidéo, cinéma (interactif), arts visuels, jeu de rôle, etc.), par discipline, par méthodologie, par le processus impliqué (réception, création, œuvre elle-même), etc. Il semble y avoir environ 450 documents tous reliés aux intérêts du groupe de recherche.</p><p>Je trouve que c'est une excellente manière de rendre accessible les résultats de recherche d'une autre manière. D'autant plus que la collaboration entre les chercheurs d'un peu partout dans le monde peut être beaucoup plus forte lorsque ce type de contenu est aussi partagé. Pour les chercheurs qui s'intéressent notamment à <a href="http://www.ludicine.ca/fr/jeu-video">l'étude du jeu vidéo</a> (ou pour les curieux), plusieurs articles publiés par le groupe de recherche sont disponibles au téléchargement en format PDF.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-5752890757081023775?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-4348157389349957632009-03-23T11:08:00.006-04:002009-03-23T11:20:52.824-04:00Eminem (feat. D-12) - When The Music Stops | La fiction des textes de rap<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/Eminem---The-Eminem-Show-778117.jpg"><img style="float:left; margin:0 10px 10px 0;cursor:pointer; cursor:hand;width: 300px; height: 300px;" src="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/Eminem---The-Eminem-Show-778109.jpg" border="0" alt="Eminem - The Eminem Show (2002)" /></a>"Man, I hate this crap<br>This ain't rap<br>This is crazy, the was we act<br>When we confuse hip-hop<br>With real life<br>When the music stops" (Eminem, sur "When The Music Stops (feat. D-12), <em>The Eminem Show [2002]</em>)</p><p>Ce serait bien qu'un moment donné, les gens cessent de faire un amalgame entre le rap et la violence. Qu'ils comprennent qu'il y a une (bonne) part de <a href="http://www.simondor.com/blog/2007/08/la-fiction-des-textes-de-rap.html">fiction dans les textes de rap</a>. Idem pour les jeux vidéo en passant. Décidément, je serais supposé être quelqu'un de violent.</p><p><em>Image tirée de : <a href="http://www.illestlyrics.com/wp-content/uploads/em6.jpg">http://www.illestlyrics.com/wp-content/uploads/em6.jpg</a></em><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-434815738934995763?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-8712280243028865782009-03-22T14:10:00.005-04:002009-03-22T14:47:19.425-04:00La "valeur ajoutée" au banal de la vie des artistesJ'aime bien commenter des citations que je prends de textes que je lis pour des cours, bien que je n'en propose pas nécessairement une réflexion exhaustive.</p><p>Dans son texte "La star et le prisonnier. Les dispositifs d'auto-surveillance et de spectacularisation de soi sur Internet", <strong>Olivier Asselin</strong> fait une analyse des sites où un individu présente sa vie, 24/24, 7 jours sur 7, via sa webcam sur son site web. S'il remarque qu'on peut le voir comme une tentative de "starification" personnelle, Asselin note, à propos des auteurs de sites de webcams et de pages personnelles, qu'il s'agit plutôt d'autre chose:<blockquote>Souvent, les webcamés, comme bien des auteurs de pages personnelles, se considèrent moins comme des stars en devenir que comme des écrivains et des artistes en herbe, dont la vie entière, toutes les idées, tous les sentiments, toutes les actions, même les plus banals, acquièrent, par la magie de l'art, une valeur, une valeur morale, sinon esthétique (2006, p. 15 - en note de bas de page).</blockquote></p><p>Je ne débattrai pas ici de la futilité des anecdotes biographiques des "stars" hollywoodiennes ou du vedettariat québécois. J'assumerai que vous êtes d'accord et que ceux d'entre vous qui appréciez ce type de contenu le voient comme un vice plaisant (chose que l'on a tous) ou comme un divertissement. Par contre, je suis intrigué par la valeur accordée aux (anecdotes) biographi(qu)es des artistes. À quel point connaître un auteur ou <a href="http://www.simondor.com/blog/2007/12/la-suprmatie-de-lauteur-sur-loeuvre.html">son point de vue</a> est-il pertinent? Peut-on considérer cette connaissance comme ayant une "valeur" esthétique davantage que la vie d'un quidam?<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-871228024302886578?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-79465556699869425262009-03-21T13:22:00.000-04:002009-03-21T13:22:08.973-04:00Imposture et compétences vidéoludiquesHier soir, j'ai vraiment expérimenté <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/01/mon-statut-dimposteur-ou-la-tendance.html">cette imposture qui est mienne</a>. Je ne suis pas un <em>gamer</em> au sens large (autant que je ne suis pas cinéphage au sens large), ce qui ne m'empêche pas d'aimer les jeux vidéo. C'est vraiment une question de "compétences sensori-motrices", c'est-à-dire tout ce qui a trait à faire des actions rapidement, et à ce que la compétence d'accomplir ces actions ou non soit garante de la survie du personnage, dans un <em>survival-horror</em>.</p><p>Ce sont les deux derniers titres de la série <em>Resident Evil</em> qui m'ont testé. J'ai eu l'occasion de tester <em>Resident Evil 4</em> (Capcom, [2005] 2007) sur la Wii et <em>Resident Evil 5</em> (Capcom, 2009) sur Xbox 360. J'aurais dû prendre la manette dès le départ prétextant mon inexpérience pour profiter de l'introduction pour me pratiquer. Je n'ai pas joué longtemps il faut dire. Le gars à la <em>chain saw</em> a eu raison de moi trois fois sur la Wii. Sinon, c'est la vague de zombis entraînée par le gars au porte-voix qui m'a bloqué trois fois (faut dire que mon allié préférait aller chercher la mitraillette plutôt que de venir m'épauler alors que je tentais de comprendre que "L-G" indiquait le <em>joystick</em> de gauche).</p><p><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/resident-evil-5-image-707679.jpg"><img style="display:block; margin:0px auto 10px; text-align:center;cursor:pointer; cursor:hand;width: 400px; height: 300px;" src="http://www.simondor.com/blog/uploaded_images/resident-evil-5-image-707668.jpg" border="0" alt="" /></a>J'aime définitivement mieux quand c'est la souris qui joue le rôle du regard. Je me suis habitué à la dernière minute à ne pas toucher ou à peu près au <em>joystick</em> de droite sauf pour tirer. Mais bon, je ne suis pas un gars de console (mon dernier FPS était <em>Return to Castle Wolfenstein</em> sur PC); je viens de ravoir mon vieux SNES. Je vais par contre m'acheter une manette pour me re-familiariser avec ce type de <em>gameplay</em>, ça me manque.</p><p>Je travaille sur ces compétences sensori-motrices avec <em>StarCraft</em>. J'apprends les hotkeys que j'ai toujours négligé, j'apprends à bien gérer mes groupes d'unités et de bâtiments, etc. Bref, je fais un peu de rattrapage... Après avoir été trop studieux depuis le secondaire, je constate que j'ai quand même négligé une bonne partie de ma formation!</p><p><em>Image tirée de : <a href="http://thesituationist.wordpress.com/2009/02/13/">http://thesituationist.wordpress.com/2009/02/13/</a>.</em><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-7946555669986942526?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-30690180734509280182009-03-17T16:34:00.007-04:002009-03-17T17:03:48.417-04:00L'ordre et la discipline à l'antipode de la démocratie et de l'opinion?<strong>Joseph Facal</strong> <a href="http://www.josephfacal.org/le-nez-du-clown/trackback/">compare les policiers à des clowns à cause de leurs moyens de pression</a>. Pour lui, le fait que les policiers montréalais portent des pantalons d'armée discrédite leur autorité et entraînerait un plus grand manque de respect à leur égard de la population.<p></p><p>De son côté, <strong>Patrick Lagacé</strong> s'<a href="http://blogues.cyberpresse.ca/lagace/?p=70722623">interroge sur le fait que les policiers puissent questionner leurs ordres</a>. Il y voit peut-être un problème de génération (sans dire "que c’est un signe que la civilisation occidentale est en train de s’écrouler").</p><p>Personnellement, je suis "démocrate", non pas au sens de partisan du parti démocrate américain, mais au sens où je crois en la démocratie. Celle-ci implique l'ordre (maintenir par tous les moyens les institutions démocratiques), ce qui passe notamment par la police. Être démocrate, pour moi, c'est aussi respecter la décision démocratique de la population, en manifestant son opinion si elle est contraire aux décisions prises par le gouvernement, sans nécessairement vouloir le renverser et, surtout, en étant conscient que les décisions qu'il prend peuvent aller à l'encontre de nos valeurs personnelles (voire même les valeurs majoritaires).</p><p>À mon sens, on peut exprimer son opinion sans remettre en cause l'ensemble du système. On peut suivre les ordres tout en les questionnant. On peut représenter l'autorité des lois d'un état sans toutefois adhérer à l'ensemble des politiques qu'il met en place. Je ne vois pas en quoi l'ordre et la discipline policière vont en contradiction avec leur droit à exprimer leurs opinions politiques (exprimé ici sous forme de moyens de pression). Y a-t-il un problème à ce que notre société fonctionne comme ça?</p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-3069018073450928018?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-43102379741115629892009-03-15T22:18:00.000-04:002009-03-15T22:18:36.811-04:00Hume et le goût : à la recherche de principes universels?J'ai lu dans <em>Le Devoir</em> le dernier "<a href="http://www.ledevoir.com/societe/devoir_philo.html">devoir de philo</a>", une série d'articles qui visent à appliquer la philosophie à des problématiques plus appliquées pour montrer aux étudiants du Cégep à quoi peut servir la philosophie. En faisant le lien vers cet article, <a href="http://antgod.blogspot.com/2009/03/question-de-gout.html"><strong>Antoine</strong></a> ajoute le lien vers un <a href="http://janmi.blogspot.com/2007/01/edmund-burke-sur-le-beau-et-le-sublime.html">article de <strong>Janmi</strong> écrit le 25 janvier 2007 sur <strong>Burke</strong></a>. Deux ans jour pour jour après, j'écrivais quelques mots à propos de <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/01/mon-statut-dimposteur-ou-la-tendance.html"><strong>Hume</strong> et d'une norme du goût</a>. Je trouve <a href="http://www.ledevoir.com/2009/03/14/239259.html">l'article du Devoir</a> en effet fort intéressant, et je tenais à réitérer mon interrogation sur cette norme de goût. Cet article m'a fait questionner mon questionnement, sans que je ne sois capable de comprendre quelques aspects du raisonnement de Hume. Une phrase de Janmi explique mon doute, bien que ce soit sur Burke :<blockquote>Pour lui, la base de toutes perceptions réside dans les sens, et notre appréhension du monde passe par ces cinq sens. Conséquemment, nos sens sont à l’origine de nos idées. Pour Burke, il est donc possible d’en arriver à un principe universel du jugement (<a href="http://janmi.blogspot.com/2007/01/edmund-burke-sur-le-beau-et-le-sublime.html">Janmi, le 25 janvier 2007</a>).</blockquote>C'est entre ces deux propositions que je ne vois pas de lien logique : le fait que les sens soit à l'origine de nos idées entraîne-t-il un principe universel du jugement? Cela implique-t-il que nos sens soient nécessairement les mêmes? Quelqu'un qui connaît mieux Burke, Hume ou un autre philosophe qui se serait prononcé là-dessus pourrait peut-être m'expliquer quelque chose que je ne verrais pas de leur raisonnement. Toute autre réflexion personnelle là-dessus serait aussi la bienvenue.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-4310237974111562989?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com3tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-51132519973508940862009-03-10T21:32:00.002-04:002009-03-10T21:35:50.200-04:00L'union fait la force : le pouvoir politique des blogues qui s'unissent?J'ai publié un commentaire sur un message de Renart L'éveillé il y a quelques instants. Je réagissais à l'idée de trouver un <a href="http://renartleveille.wordpress.com/2009/03/09/blogueur-politique-tout-le-monde-en-parle/">représentant de la blogosphère politique</a> pour explique ce phénomène à <em>Tout le monde en parle</em>. En écrivant, je me suis dit que je pourrais en faire un billet indépendant, mais j'ai tout de même opté pour l'écrire comme commentaire, et puis de le rééditer ici même :<blockquote>Je lance quelque chose comme ça, rapidement, sans savoir si ce serait réaliste et intéressant.<br /><br />D’abord, qu’est-ce qui fait la différence entre les blogues et les journaux, sur la question des auteurs? Les journaux possèdent une sorte d’instance d’auteur collective, c’est-à-dire qu’en plus d’avoir des auteurs qui signent les textes - qui sont donc les signataires individuels de leur travail - il y a une instance qui signe l’ensemble du journal - autrement dit, un auteur qui signe et assume le journal comme un ensemble. Cela a pour effet de garantir une certaine qualité mais aussi une certaine ligne directrice (les journaux ont évidemment une tendance politique souvent assez connue).<br /><br />Qu’est-ce qui fait le “pouvoir” d’un journal, son influence? Ce n’est pas dans les individus qui signent des articles (quoiqu’il puisse y avoir des journalistes vedettes), mais plutôt dans l’ensemble du journal. Autrement dit, on peut influencer le journal comme un ensemble, sans qu’on ne convainque nécessairement l’ensemble des journalistes, et c’est cet ensemble qui se dote d’un pouvoir.<br /><br />Qu’est-ce qui empêche la blogosphère d’aspirer à ce pouvoir? C’est bien entendu le fait qu’elle n’a pas la force d’être un agrégat de différents auteurs. Mais, évidemment, cet agrégat d’auteurs peut s’imaginer dans la blogosphère.<br /><br />Et quel est la particularité des blogues? On diffuse son contenu sur son blogue, mais aussi en flux RSS, un format qui permet aux lecteurs de suivre les auteurs qu’ils préfèrent.<br /><br />On peut donc dire que, s’il existe l’auteur des messages blogues, éventuellement il y aurait des “auteurs” d’agrégats de blogueurs : il sera peut-être éventuellement intéressant non pas de suivre uniquement des blogueurs spécifiques, mais aussi de suivre des ensembles de blogueurs.<br /><br />Il serait possible, donc, de créer un portail de blogues, un site web indépendant, qui vite plus ou moins l’actualité, qui est divisé en sections (politique, arts, etc.) et qui se concentre sur un certain angle de l’actualité. Des blogueurs intéressés pourraient s’unir sous une même bannière - plus ou moins politique - et diffuseraient des liens vers les messages de leurs blogues à un même endroit (qui pourraient être choisis indépendamment par un “rédacteur en chef” ou être tous inclus).<br /><br />Que penseriez-vous d’une initiative de ce genre?(<a href="http://renartleveille.wordpress.com/2009/03/09/blogueur-politique-tout-le-monde-en-parle/#comment-11579">Moi-même chez Renart L'éveillé</a>).</blockquote>Voilà.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-5113251997350894086?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com3tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-4990754540954807112009-03-09T20:52:00.000-04:002009-03-09T20:53:58.410-04:00L'audiovisuel loin de l'individualisme selon StieglerJe ne suis plus le seul à croire que nous ne sommes pas dans une société individualiste, mais une société où les gens ont des goûts assez communs. <strong>Bernard Stiegler</strong> semble avoir développé assez en détails cette idée :<blockquote>[l'audiovisuel] engendre des comportements grégaires et non, contrairement à une légende, des comportements individuels. Dire que nous vivons dans une société individualiste est un mensonge patent, un leurre extraordinairement faux [...]. Nous vivons dans une société-troupeau, comme le comprit et l'anticipa Nietzsche (Stiegler, cité dans Dufour 2007, p. 40).</blockquote></p><p>Le texte de <strong>Dany-Robert Dufour</strong> (2007) défend l'idée que la télévision est à l'origine de cette société-troupeau. Pour lui, la télévision est néfaste car elle a le pouvoir de transmettre des valeurs et que celles-ci sont dictées par l'économie de marché. Il cite Kant pour expliquer comment les gens se mettent à vouloir être sous la protection de<blockquote>gardiens qui, par "bonté", se proposent de veiller sur eux. Après avoir rendu tout d'abord stupide leur troupeau [...], et soigneusement pris garde que ces paisibles créatures ne puissent oser faire le moindre pas hors du parc où ils sont enfermés, ils leur montrent ensuite le danger qu'il y aurait de marcher tout seul (Kant, cité dans Dufour 2007, p. 41)</blockquote></p><p>Je me demande cependant où est la nouveauté dans ce phénomène. Si on est d'accord avec le fait que notre société se rapproche davantage d'un collectif que d'un individualisme, il me semble difficile d'admettre que ce soit la télévision qui ait entraîné ce phénomène. Là où Dufour voit dans la religion et les intellectuels des producteurs de "biens spirituels" et des gens qui "avaient souci de la formation individuelle de leurs protégés" (p. 40), j'y vois plutôt une forme tout aussi importante de "berger" qui tente de réconforter les gens à ne pas voir le danger extérieur. </p><h3>Référence</h3><p>Dany-Robert Dufour. 2007. "Le rapport à soi : Tu te laisseras conduire par l'égoïsme!". Dans <em>Le Divin Marché, La révolution culturelle libérale</em>. Paris : Denoël.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-499075454095480711?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-89176221009733119252009-03-07T09:33:00.000-05:002009-03-07T09:33:57.403-05:00La critique : parlez-en en bien, parlez-en en mal...<div align="right">"The only thing worse than being talked about is not being talked about."<br>- Oscar Wilde (cité dans <em>Sid Meier's Civilization IV</em>)</div></p><p>Sur son blogue, <strong>Marc-André Lussier</strong> nous explique qu'il s'est déjà fait dire qu'une <a href="http://blogues.cyberpresse.ca/moncinema/lussier/?p=587">critique devrait se taire plutôt qu'être négative</a> devant un film québécois.</p><p>La même proposition m'était arrivée par un artiste de l'industrie lorsque je faisais des critiques de rap. Ils avaient trouvé ma critique - de l'album de quelqu'un d'autre, quand même - assez raide. Mais que devrais-je faire, dans ces cas-là? Ne pas leur donner de réponse, leur dire en vrai que je n'ai pas aimé leur album?</p><p>Par contre, j'aime la philosophie derrière ça.</p><p>Je paraphrase de mémoire <strong>André Bazin</strong> : "Je laisse François Truffaut faire la critique de ce film, probablement le seul dans toute la France a avoir aimé ce film, qui pourra en dire quelque chose." Bon, je ne me souviens pas du tout de la formulation, mais j'aime l'idée qu'on puisse donner la chance à quelqu'un qui y a trouvé son compte nous faire découvrir ce qu'il y a vu. C'est pour des raisons de temps et d'argent que ce système ne pourrait fonctionner dans la critique journalistique, mais, autrement, en effet, pourquoi parler de quelque chose qui ne nous interpelle pas? À moins qu'il ne nous interpelle négativement...<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-8917622100973311925?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com1tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-53831605725629472802009-02-26T16:28:00.002-05:002009-02-26T16:29:50.756-05:00Le groupe de recherche Homo Ludens cherche des joueursLe groupe de recherche sur la socialisation et la communication dans les jeux vidéo <a href="http://www.homoludens.uqam.ca/">Homo Ludens</a> (UQÀM) cherche <a href="http://www.homoludens.uqam.ca/index.php?option=com_content&amp;task=view&amp;id=126&amp;Itemid=">des joueurs de MMO</a>. Avis aux intéressés.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-5383160572562947280?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com0tag:blogger.com,1999:blog-36080118.post-51473090639754549012009-02-24T10:40:00.006-05:002009-03-13T08:35:20.392-04:00CRSH : suite dans le dossier de la liberté de recherche remise en questionPour protester contre <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/02/le-crsh-changerait-de-vocation.html">l'attribution de bourses aux étudiants qui se penchent sur des questions liées au domaine des affaires</a>, <strong>Martin Lefebvre</strong> (Film Studies à Concordia) et <strong>Johanne Villeneuve</strong> (Études littéraires, UQÀM) ont écrit une lettre qu'ils enverront ce matin même aux partis politiques provinciaux et fédéraux, au CRSH et aux journaux <em>Le Soleil</em> et <em>La Presse</em>. En espérant qu'on en entende parler suffisamment : à ce propos, <strong>je compte sur vous, blogosphère, pour propager le message</strong>.</p><p>Voici un extrait de la lettre en question, que j'ai décidé de ne pas publier intégralement (considérant que je n'en ai pas l'autorisation):<blockquote>Cette intervention partisane et cette restriction de la part du gouvernement dans la recherche universitaire n'a pas sa place. Elle illustre l'étroitesse d'un esprit orienté vers l'instrumentalisation du savoir et gouverné par l'obsession du résultat à court terme. Dans une société qui traverse une crise des valeurs et se voit confrontée à des enjeux éthiques et sociaux sans précédent, qui peut sérieusement envisager que c'est le nez collé au « domaine des affaires » qu’elle saura le mieux penser l’avenir et tirer des leçons du passé ? </blockquote></p><p>Néanmoins, pour en savoir plus, je vous réfère à quelques sources. J'ai publié hier un courriel reçu qui en <a href="http://www.simondor.com/blog/2009/02/le-crsh-changerait-de-vocation.html">détaillait quelques éléments</a>. <strong>Maphto</strong> y ajoutait aussi son <a href="http://maphto.blogspot.com/2009/02/sur-la-recherche-libre.html">point de vue</a>, en commentant un <a href="http://www.ledevoir.com/2009/02/21/235083.html">texte d'opinion d'<strong>Assia Kettani</strong></a> publié dans <em>Le Devoir</em>.</p><p>Penseurs de tous les domaines, unissez-vous.</p><p><b>Mise à jour : </b>C'est dans le <a href="http://www.budget.gc.ca/2009/pdf/budget-planbugetaire-fra.pdf">budget 2009-2010 du gouvernement fédéral</a> (à la page 119, fin du premier paragraphe) qu'on trouve l'information initiale.</p><p><em>Dernière modification : 13 mars 2009.</em><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/36080118-5147309063975454901?l=www.simondor.com%2Fblog'/></div>Simon Dorhttp://www.blogger.com/profile/12910038034814397921noreply@blogger.com2