<?xml version='1.0' encoding='UTF-8'?><?xml-stylesheet href="http://www.blogger.com/styles/atom.css" type="text/css"?><feed xmlns='http://www.w3.org/2005/Atom' xmlns:openSearch='http://a9.com/-/spec/opensearchrss/1.0/' xmlns:georss='http://www.georss.org/georss'><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425</id><updated>2010-01-03T17:11:54.880+01:00</updated><title type='text'>Cuisine interne</title><subtitle type='html'>Vous reprendrez donc bien un petit rôti de viscères ?</subtitle><link rel='http://schemas.google.com/g/2005#feed' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/posts/default'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/'/><link rel='hub' href='http://pubsubhubbub.appspot.com/'/><link rel='next' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default?start-index=26&amp;max-results=25'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email></author><generator version='7.00' uri='http://www.blogger.com'>Blogger</generator><openSearch:totalResults>37</openSearch:totalResults><openSearch:startIndex>1</openSearch:startIndex><openSearch:itemsPerPage>25</openSearch:itemsPerPage><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-2354907861323524493</id><published>2009-11-10T09:16:00.002+01:00</published><updated>2009-11-10T15:45:44.857+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;Un message de ma grand-mère.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;« Alors comme ça, nous sommes émus, nous nous souvenons, nous étions sur place même avec notre petit marteau en plastique pour taper sur le Mur et le faire tomber ? Comme c’est mignon, cette précipitation à tirer à soi la couverture à paillettes, c’est si bon de se sentir acteur d’un grand événement historique, n’est-ce pas ? Mais permettez-moi de vous dire, mes chers enfants : vous n’y êtes pour rien dans cette affaire, durant des décennies vous n’avez pas levé le petit doigt pour nous venir en aide, jamais vous n’avez répondu à nos appels, jamais vous n’avez pris pour nous le moindre risque, tout juste nous envoyiez-vous de temps à autre une petite carte postale pleine de pitié condescendante pour nous assurer de votre soutien moral ! Croyez-vous que cela fait le poids, des cartes postales de soutien, face aux chars de l’armée rouge marchant sur nos villes, face à l’échafaud de nos innocents condamnés à mort ? Et aujourd’hui vous fanfaronnez, vers de terre opportunistes, citoyens du pays des Droits de l’Homme de mes ovaires rabougries ! Il est trop facile de venir récolter après coup les fruits du changement, que la peste soit de votre mémoire perforée comme du papier braille ! Car si la destruction du Mur a été possible ce n’est pas grâce à vous, mes enfants, mais parce que les forces armées de l’Est ont eu l’obligeance, pour une fois, de ne pas tirer sur les civils. Et je vous assure qu’au premier coup de feu, ce soir du 9 novembre 1989, vous auriez eu vite fait de déguerpir et de rentrer bien au chaud chez vous. Aussi, réjouissez-vous si vous voulez, commémorez si ça vous chante, mais votre petit marteau en plastique, vous pouvez vous le mettre où je pense.&lt;br /&gt;Signé : une vieille guenon. »&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-2354907861323524493?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/2354907861323524493/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=2354907861323524493' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2354907861323524493'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2354907861323524493'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/11/un-message-de-ma-grand-mere.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-5620408618033838278</id><published>2009-09-19T20:57:00.013+02:00</published><updated>2009-09-21T16:05:46.886+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;Tout juste rentrée de Mexico. Ne sais pas comment raconter sans paraître complètement niaise. Alors je vais faire ça en vrac. Personnes : des auteurs français, des auteurs mexicains, des organisateurs, des interprètes, un chauffeur de bus. Lieux : la &lt;a href="http://www.casarefugio.com/v3/portada.php"&gt;Casa Refugio&lt;/a&gt;, la &lt;a href="http://www.casadellago.unam.mx/site/"&gt;Casa Del Lago&lt;/a&gt;, un hôtel, des restaurants, la rue, un musée, des pyramides, la maison de Trotsky, des bars. Objets : des textes, des tables, des micros, des écouteurs, des cabines d’interprétariat, du café, des petits gâteaux, des livres, des revues, des cahiers, des appareils photos, des tacos, du piment, des criquets grillés, des verres de tequila, de la bière avec du jus de citron et du sel. Sons : l’espagnol du Mexique, le français avec l’accent mexicain, l’anglais avec l’accent français, des discussions sérieuses, des discussions moins sérieuses, des lectures de textes, des lectures de poésie, mon cœur qui bat je vais me désintégrer sur scène mais non je suis toujours vivante, des journalistes, la pluie torrentielle, un poète qui chante &lt;a href="http://lacuerda.net/tabs/p/pedro_infante/cielo_rojo.shtml"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cielo Rojo&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; les mariachis peuvent aller se rhabiller, des rires, un brouhaha final, des adieux. Programme de travail : des réunions sur l’esprit critique, un hommage à José Émilio Pacheco, une soirée poésie, une soirée &lt;a href="http://www.casarefugio.com/v3/eventos.php?leng=es"&gt;El Grito&lt;/a&gt; pour rendre compte de notre travail sur l’esprit critique. Discussions : la place de l’écrivain dans la société, le langage, l’avant-garde, l’arrière-garde, la critique littéraire, le mot chien ne mord pas, renard est un terme qui ruse, nous arrivons après tous les -ismes tous les dogmes notre verre est vide de concepts, d’après le FBI les Mexicains sont des extra-terrestres vu qu’ils jettent toutes leurs ordures par terre, au Pérou 80% des gens ne savent pas lire, le doute radical ne mène à rien, ce n'est pas une raison pour que les 20% restant lisent uniquement le &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Da Vinci Code&lt;/span&gt;, les hypothèses scientifiques sont souvent déjà posées comme des certitudes, et si on tranchait tout ça par pile ou face, mais non on va faire un puzzle avec le drapeau mexicain et nos textes collés dessus comme ça tout le monde serait content. Et puis aussi : attention la sauce verte elle arrache, regardez ils manifestent avec des masques, ne prenez jamais de taxi dans la rue c’est dangereux, est-ce que c’est vrai que le mezcal ça peut donner des hallucinations, Mexico was post-moderne before the concept of post-modernity, comme le chevreau était tendre à Garibaldi, we could say pre-post-modern, ils sont malades avec leur truc électrique moi je ne participe pas, the mexican identity is very paradoxal, c’est une revue littéraire avec des auteurs francophones et hispanophones, tiens goûte le cactus c’est tout bizarre, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Frida_Kahlo"&gt;Frida&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Diego_Rivera"&gt;Diego&lt;/a&gt; c’était la rencontre d’un éléphant et d’une colombe, j’ai hâte de rentrer quand même, I’ve read your poems in &lt;a href="http://www.europe-revue.info/2009/cleziosomm.htm"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Europe&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; yesterday night, on sera comme des araignées fumigénées ce soir est-ce que ça se dit comme ça en français, thank you but I was so shamefull about this text you cannot imagine, je veux dire des araignées qui auraient reçu un coup de bombe insecticide ah d’accord je comprends mieux, poetry is now too far from pop music, il faut se donner un cadre très simple pour ensuite pouvoir être complètement libre et fou à l’intérieur, ici les christs sont toujours très ensanglantés, hoy es nuestro ultimo dia, thank you for everything c’était un merveilleux cadeau, we keep in touch, on s’est plutôt bien entendus finalement, non ? Bilan : 1) d’aucune est capable de supporter la vie de groupe ; 2) d’aucune peut même s’attacher à des gens à force de les côtoyer, ce qu’évidemment elle ne pouvait qu’ignorer, étant en temps normal enfermée chez elle à double tour ; 3) d’aucune revient de ce voyage avec moult pistes de lecture en tête ; 4) d’aucune veut apprendre l’espagnol de toute urgence.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurais également aimé parler de &lt;a href="http://ecrivainsenborddemer.fr/"&gt;La Baule,&lt;/a&gt; parce que ça aussi c’était bien, différent, forcément, mais tellement bien aussi, simplement là de suite ce n’est pas évident, c’est un peu loin à présent. Mais je me souviens que j’avais cette même sensation de cadeau (on me fait un cadeau) et de rafraîchissement intellectuel, d’ouverture. Et il y avait, là aussi, l’extrême gentillesse des organisateurs.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’aurais encore aimé parler de mes impressions de ces derniers mois, j’avais commencé à écrire des choses là-dessus et puis c’est resté en chantier.&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Avril 2009&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;J’ai écrit mon premier texte de commande. Je veux dire, quelqu’un m’a demandé, est-ce que vous seriez d’accord pour écrire un texte sur ce thème-là, et moi j’ai répondu, mais oui bien sûr évidemment.&lt;br /&gt;[Depuis j’en ai écrit d’autres. Le problème cependant reste le même : on se lance dedans sans savoir, personne ne vous donne de cours de texte de commande, vous avez écrit un livre et partant de là on vous suppose capable d’écrire des textes de commande. Et alors il faut se débrouiller avec ça, parce que bien sûr que si on vous le demande vous avez envie de dire oui, vous êtes trop contente qu’on vous demande à vous d’écrire, vous imaginez, on vous paie même pour ce faire c’est inouï vous ne voulez à aucun prix décevoir vos donneurs d’ordre, à aucun prix, et c'est là que ça devient compliqué car ce n'est pas en restant sage et scolaire que vous leur ferez plaisir, à vos commanditaires, injonction paradoxale quand tu nous tiens.]&lt;br /&gt;Je suis, je triche un peu car j’ai déjà eu les retours dessus, plutôt contente de ce que j’ai fait. Et je ne parle pas juste du texte pris dans l’absolu (sic) mais de la façon de traiter cette drôle de chose qu’est une commande. Il est rare en effet qu’on se mette à écrire pour répondre à une demande externe, le moteur n’est pas là. Enfin il me semble. Remarquez, il y a des gens qui se passent des commandes à eux-mêmes, mais c’est une autre histoire, on ne s’intéresse pas à ces hurluberlus en proie à un dédoublement de personnalité par ici, n’est-ce pas. Donc la commande. Le problème de ce genre d’exercice consiste à mon avis éviter les deux écueils suivants : a) écrire un texte qui n’a rien à voir avec la commande, qu’on avait déjà écrit ou qu’on aurait écrit de toute façon ; en soi, ce n’est pas très grave, mais dans ce cas on ne joue pas complètement le jeu, ce qui évidemment heurte mon sens de la justice ; b) écrire un texte qui a quelque chose de fabriqué, d’artificiel, justement parce qu’il répond à une demande externe, et qu’il n’a pas fondamentalement d’enjeu pour l’auteur ; c’est déjà plus embêtant.&lt;br /&gt;(En même temps c’est toujours un peu ça le noeud, commande ou pas commande.)&lt;br /&gt;Eh bien j'ai l'impression d'avoir réussi : il y a un côté sur-mesure qui me plaît bien, et en même temps, c’est aussi un texte qui devait exister. Voilà, c'est tout ce que j'avais à dire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Juillet 2009&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Je suis encore une petite jeune, c'est évident, mais je suis moins une petite jeune qu'il y a quelques mois. Les expériences que vous traversez – on entre, on sort, entre les deux on essaie d’éviter de se prendre la porte dans la gueule – vous modifient forcément. C’est valable pour tous les milieux, les règles non écrites s’apprennent par la pratique. On les accepte plus ou moins, mais à force de se promener dans le champ on finit par en connaître les lignes de force. Je perds ma sauvage innocence, je m’acculture. Et me forge quelques armes, quand même.&lt;br /&gt;Exemple. Je suis invitée au festival de La Baule, je mets un mois à croire que c'est vrai tellement ça me paraît incroyable, je veux dire moi, pourquoi moi, il doit y avoir une erreur quelque part, c’est beaucoup trop beau comme cadeau d’anniversaire on ne se connaît même pas de mon côté je ne vous ai rien offert pour Noël dernier, et c’est seulement quand je vois mon nom sur le programme officiel que je me dis, bon, quand même, ça ne peut pas être une blague. Puis. Une autre invitation, pour une autre manifestation, et là, je ne mets qu’une semaine à accepter, accueillir l’idée, et je n’ai même pas eu envie de leur proposer de faire le ménage chez eux pour me faire pardonner d’exister. À ce rythme, je pense que dans un an, je me croirai invitée partout, par anticipation.&lt;br /&gt;Bref, je sais maintenant ce que ça veut dire de répondre à des questions en public, de se faire prendre en photo, de partir en colonie de vacances littéraires au bord de la mer, d’écrire des textes de commande, toutes ces choses qu’on ne connaît pas quand on écrit toute seule dans sa cave. Parfois même je parle, je m’entends parler comme un auteur, vous savez ces auteurs qui disent j’ai eu tel papier dans tel magazine, j’ai été invité à tel festival, j’ai écrit tel texte pour telle revue. Surprenant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;div style="text-align: left;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Août 2009&lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Ce qui m’occupe surtout c’est mon prochain texte, je veux dire texte long, je veux dire roman. Je travaille dessus, ne veux pas en parler, sauf avec mon chat qui est comme toujours de bon conseil. Ce que je peux dire tout de même c’est que c’est très différent de la première fois. Je me rappelle que lorsque j’écrivais &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine &lt;/span&gt;je me disais (me lamentais) : c’est tellement dur de naviguer à vue, je suis toute seule au milieu du désert, ne sais pas si quelqu’un voudra de ce manuscrit, à quoi bon, au secours. Et je rêvais à un moment de ma vie où j’aurais une maison, une vraie maison où j’habite et où j’aie une petite place. Et c’est vrai, c’est mieux aujourd’hui qu’avant, c’est plus facile, j’ai moins peur : il y a quelqu'un qui attend mon texte. J’ai d’autres peurs (décevoir) mais quand même c’est plus facile. Oui, je tourne en rond, c'est à cause de la recomposition des angoisses.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Maintenant écoutez moi bien, ça ne concerne pas tout le monde : ce serait gentil, je veux dire j’apprécierais beaucoup que certains ou certaines arrêtent de laisser sur ce blog des commentaires étranges voire franchement bizarres. Pour information, je ne valide pas les commentaires : 1) dont je ne saisis pas le contenu, car je me méfie des éventuels messages codés qui m'échapperaient ; 2) qui font allusion à mon hypothétique vie personnelle, étant donné qu'il est bien évident que je n'ai pas de vie personnelle, étant totalement dévouée à l'écriture ; 3) qui font état d’un désir de me rencontrer, et ce même quand c'est dit gentiment, vu que je suis politiquement contre les interactions humaines ; 4) qui contiennent des demandes en mariage, dans la mesure où je n'ai absolument pas le temps de passer mes soirées à confectionner des petits sachets de dragée ; 5) qui ont un caractère malveillant, ou qui me mettent mal à l'aise pour une raison ou pour une autre, parce que j'ai déjà suffisamment de problèmes relationnels avec ma machine à laver. Je dis tout ça gentiment, et pour une seule raison : ça m’angoisse beaucoup quand je découvre d’un coup vingt-cinq commentaires anonymes détaillant la couleur de mon vernis à ongles.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Petit jeu : comptez le nombre de fois où j'emploie l'expression vouloir dire, je crois bien que c’est un tic de langage, je veux dire une expression que j'utilise un peu trop souvent mais qui néanmoins témoigne de mon caractère foncièrement volontaire et décidé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-5620408618033838278?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/5620408618033838278/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=5620408618033838278' title='9 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5620408618033838278'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5620408618033838278'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/09/tout-juste-rentree-de-mexico.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>9</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-7757612882775463401</id><published>2009-06-06T00:30:00.014+02:00</published><updated>2009-06-09T16:15:00.486+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:times new roman;"&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Je suis en train d'éplucher mes archives, je retrouve toute sorte de petits textes dont je n'avais aucun souvenir. Voici par exemple ce que j'écrivais en mars 2007, sachant qu'à ce moment-là je venais à peu près de terminer le premier jet des "voix" qui se disputent dans &lt;span style="font-style: italic; "&gt;Tuer Catherine.&lt;/span&gt; Comme quoi j'étais quand même assez lucide. (Ou bien : comme quoi je me répète beaucoup.)&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;&lt;span style="font-weight: bold;"&gt;Micro-trottoir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;MOI&lt;br /&gt;Bonjour Madame excusez-moi de vous déranger comme ça, mais pourriez-vous me dire spontanément sans trop réfléchir, ce que vous inspire l’idée d’un livre relatant une conversation au sujet d’un scénario parlant d'une pièce de théâtre dont le thème est l’écriture d’un roman ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA DAME&lt;br /&gt;C’est pour la télé, c’est pour la télé ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;MOI&lt;br /&gt;Mais non enfin, vous voyez bien que je n’ai pas de caméra. Bon, en fait j'ai pour projet de devenir romancière et j’essaie d’aller au-devant de mon public, parce que parfois j’ai des doutes quant à l’intérêt de mes textes pour les personnes dont la résidence habituelle se trouve à l’extérieur de mon cortex cérébral. Alors pourriez-vous s’il vous plaît me donner votre avis au sujet de la quadruple mise en abîme à boucle fermée évoquée plus haut ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;LA DAME&lt;br /&gt;Ah, vous êtes écrivain. Écoutez, j’aurais bien aimé vous aider, mais très franchement, je n’ai pas un centime d’euro sur moi. Bon courage mon petit.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La dame s’en va.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-7757612882775463401?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/7757612882775463401/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=7757612882775463401' title='11 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7757612882775463401'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7757612882775463401'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/06/je-suis-en-train-deplucher-mes-archives.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>11</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-5282448710480596456</id><published>2009-05-19T20:52:00.024+02:00</published><updated>2009-05-20T18:44:24.647+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;Sur la lecture de jeudi dernier, rapidement. Juste après, une sorte de révélation – la 23e de la semaine – : j’ai trouvé un but à mon existence, être lue et mise en scène ça me suffit comme motivation pour vivre, en plus c’est parfaitement légal. Car dès les premières phrases, je sais que j’aime ça, que je suis faite pour aimer ça ; le texte se déplie devant moi, prend corps et envahit l’espace ; c’est lui et ce n’est pas lui, je le connais par cœur et pourtant il a quelque chose d’étranger. Par flashes je me revois en train d’écrire, ça me paraît incroyable d’être là, tandis que d’autres le disent, et que d’autres encore écoutent – non mais quelle idée, quelle drôle d’idée de venir assister à une lecture. Je me retiens de rire, forcément ce sont mes blagues alors je trouve ça drôle, mais c’est moyennement facile à assumer en public de se faire rire soi-même, alors j'essaie de rester discrète, sérieuse et digne. C’est aussi une des premières fois – oui vous pouvez vous moquer – que je prends la mesure de ce qu’est l’interprétation, de ce que ça peut apporter en plus. Je crois que j’ai compris que ce n’était pas juste une histoire de mise en valeur, mais que le texte pouvait aussi devenir autre chose ; tout cela est évidemment un peu ridicule au vu de la modeste expérience dont il est question, mais comme je n’avais jamais été dans cette position, ça a créé une sorte de réagencement inattendu de mes dominos cérébraux. Bref, j’imagine que c’est aussi parce que c’était inédit que ça m'a fait autant d’effet, cependant je trouve que c'était vraiment réussi, y compris dans la découpe, qui parfois a conduit à modifier, infléchir le sens originel : ça ne me dérange pas, au contraire, l’interprétation ne m’appartient plus, m’a-t-elle jamais appartenu, une part m’en échappe forcément, donnez-la moi à voir. Je mets l’enregistrement ci-dessous, la qualité du son n'est pas parfaite, et puis on perd quand même beaucoup à n’avoir pas les corps, mais enfin ça pourra vous donner une idée. Et pour ceux qui n’ont pas réussi à dépasser la deuxième page du livre, ça peut être l’occasion d'entrer dedans autrement.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;object type="application/x-shockwave-flash" data="http://www.tilidom.com/dewplayer/dewplayer.swf?mp3=http://tilidom.com/tilidom/download/tiliplayer?file_id=231005" height="40" width="240"&gt; &lt;param name="wmode" value="transparent"&gt; &lt;a href="http://tilidom.com/music"&gt;tilidom.com&lt;/a&gt; &lt;param name="movie" value="http://tilidom.com/dewplayer/dewplayer.swf?mp3=http://tilidom.com/tilidom/download/tiliplayer?file_id=231005"&gt; &lt;/object&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;"&gt;Orange, 14 mai 2009, librairie l'Orange Bleue, Compagnie Labo T&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify; font-family: times new roman;"&gt;Une dernière chose sur les questions, parce qu'il y a eu une discussion ensuite, et que jamais je ne manque une occasion de remplir d'observations fines et originales le petit carnet à carreaux qui se cache dans mon sac à main. Donc, je me disais, c'est compliqué les questions quand on ne se connait pas, qu'on ne sait pas bien à qui on s'adresse, car on n'a pas de socle commun, ou plutôt on ignore de quelle nature il pourrait être, ledit socle. Et je pense que plus ça ira plus ce sera compliqué, car plus j'aurais posé un certain nombre de choses dans mes réponses disséminées ici ou là, plus je devrais soit choisir de commencer à me répéter sérieusement, soit prendre le risque que personne ne comprenne ce que je raconte, m'appuyant sur des présupposés se trouvant essentiellement dans ma tête.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Je sais que ce n'est pas une grande réussite, ce lecteur mp3 qui n'en est pas un, je vous assure que j'ai fait de mon mieux, mais après un combat acharné contre Deezer, DewPlayer et autres, j'abandonne. EDIT : il y a encore un affreux logo, mais par rapport à la fausse vidéo de chez Wat nous sommes indéniablement en progrès.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-5282448710480596456?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/5282448710480596456/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=5282448710480596456' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5282448710480596456'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5282448710480596456'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/05/sur-la-lecture-de-jeudi-dernier-trop.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-3261599961012546636</id><published>2009-05-11T15:12:00.006+02:00</published><updated>2009-05-11T15:25:39.594+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;1. Je suis désespérément en retard sur ce blog, ce qui signifie – en l’espèce – que je suis désespérément en retard sur ma vie. Je cours partout, je tapisse mes murs de post-its, tout va bien mais j’ai beaucoup de mal à dégager un peu de temps pour poster ici. Plus exactement : à dégager du temps pour rassembler mes notes et en faire un billet un peu correct. Parce que vous jeter le tout à la figure sans avoir rangé un minimum, je ne trouverais pas ça très poli, et puis comment feriez-vous après, avec tous ces confettis emmêlés à vos cheveux ? Surtout que je garde bien à l’esprit, je tâche de garder soigneusement à l’esprit – j’ai une consigne dans la tête, avec de jolis casiers multicolores numérotés en chiffres romains – qu’on est ici dans un espace public : ce que j’y écris, je dois être capable de l’assumer publiquement. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous.&lt;/span&gt; Et ce n’est pas juste la paranoïa, même si c’est cela aussi évidemment, puisque qui souhaite en savoir un peu plus sur moi atterrit assez rapidement en ces lieux, et de fait ne s’en prive pas. En d’autres termes, il est relativement judicieux que je sois au courant de ce qu’il se passe ici, et que j’évite d’y raconter n’importe quoi, un accident de &lt;a href="http://lescontesdefees.free.fr/Contes/lesfeesdecharlesPerrault.htm"&gt;crapaud&lt;/a&gt; est si vite arrivé. L’avantage de cette situation relativement inconfortable, je ne sais pas si vous imaginez la pression, c’est le monopole de la parole légitime dont je jouis en corollaire : j’ai le moyen de produire un discours officiel sur moi-même, tout le monde ne peut pas en dire autant. En même temps, c’est justement pour cela que ça m’inquiète, mais là on tourne en rond, nous sommes d’accord. Alors voyons ces notes, malgré tout, parce que ce n’est plus possible, toutes ces notes en suspens, il faut les poser quelque part, ce serait bien si ça pouvait être simple pour une fois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. Étant donné [ceci est une circulaire interne] que d’après des sources extrêmement fiables, nous sommes déjà le 11 mai 2009, nous ordonnons la mise en ligne immédiate de ce début de billet, sans attendre plus avant une hypothétique finalisation desdites notes à mettre au propre, parce que bien sûr que je voulais quand même les relire avant, il ne faut pas déconner non plus. En effet il conviendrait – disons que c’est l’usage – d’annoncer la lecture du 14 mai prochain avant qu’elle ait lieu, et non pas après, d’autant plus que pendant que je m’attaque en justice à longueur de journée, il y en a qui travaillent, collent des affiches et font circuler l’information. Voici donc. Le 14 mai à 19h, lecture mise en scène d'extraits de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine &lt;/span&gt;par la compagnie Labo T, dans la libraire l'&lt;a href="http://www.orangebleue-librairie.com/"&gt;Orange Bleue&lt;/a&gt;, à Orange. Je serai là pour écouter et boire un verre ensuite. À cela je voudrais ajouter que je me réjouis grandement, car l’idée du texte qui continue à vivre à travers de nouvelles voix, de nouvelles interprétations, me plaît énormément. Merci donc à madame la libraire, qui est à l’origine de cette soirée et qui a tout organisé. Ce sera la première fois que j’entendrai le texte lu par des tiers (hormis quelques phrases à la radio), des comédiennes en l'occurrence, donc ce sera aussi une expérience, il s’agira de voir si c’est comme je l’imagine (pour le dire vite : euphorie divine), ou si je me fais de fausses idées, ce qui n’est pas non plus complètement impossible, ça m’arrive parfois. La suite du billet prochainement, il y a encore environ 14 points à aborder.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-3261599961012546636?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/3261599961012546636/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=3261599961012546636' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/3261599961012546636'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/3261599961012546636'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/05/1.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-3568890613338000335</id><published>2009-03-08T02:34:00.011+01:00</published><updated>2009-03-08T17:55:52.524+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;1. RARETÉ DES POSTS – Le tri du linge, ça prend du temps. Il faut dire aussi que je procède en attribuant par tirage au sort un article du Code de la sécurité sociale à chacune de mes paires de chaussette, pour ensuite les classer dans l’armoire par ordre d’entrée en vigueur correspondant. Activité qui peut sembler futile de prime abord, mais j’insiste : si je meurs demain, au moins on trouvera mes affaires rangées selon une logique implacable, ce sera une sorte de consolation.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;2. SENS PRATIQUE – C’est d’ailleurs un problème sérieux que de penser sans cesse à ma mort potentiellement imminente, les ressorts de l’action, notez bien qu’on se trouve ici sur le terrain strictement pratique des processus décisionnels et pas sur celui des errements métaphysiques, ne sont pas du tout les mêmes selon la durée de vie dans laquelle on se projette. Du coup, je ne sais jamais que faire, écrire le second roman et mettre au propre le reste me semble de l’ordre de l’urgence, ça m’embêterait beaucoup de laisser ces choses-là en désordre. En même temps, je suis bien obligée de me consacrer à d’autres activités qui dans la perspective d’une existence à long terme pourraient bien avoir quelque utilité, comme acheter des sachets de croquettes d’avance pour mon chat, complimenter ma boulangère sur sa coiffure ou encore chercher un nouvel appartement avec une cave suffisamment spacieuse pour pouvoir servir d’abri en cas de bombardements.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;3. CHAMP DE BATAILLE – Car c’est bientôt la guerre, mes chers agneaux, il est temps de se préparer. Dans dix ans, un fanatique de l’église orthodoxe de la Principauté du Lichtenstein poignarde son jeune canari récemment converti au luthérianisme ; la frange dure de la ligue internationale de protection des oiseaux appelle à la vendetta dans un communiqué de presse diffusé par pigeons voyageurs ; l’ONU ordonne une mise sous contrôle militaire de l’ensemble des réserves naturelles ornithologiques de l’Union Européenne ; le Delta du Danube est le théâtre d’affrontements sanglants entre deux équipes de tournage de documentaire animalier ; le primat de Bulgarie annonce qu’il dispose de l’arme nucléaire, dissimulée entre les ossements de Saint Maxime à Sofia ; une procession de moines cisterciens prend d’assaut l’ancienne abbaye de Kerz en Transylvanie et rétablit le culte de Zalmoxis ; Bucarest fait savoir son intention de reconstituer l’ancienne confédération des Daces ; on brûle l’effigie de Calvin grimé en perroquet sur la place rouge à Moscou ; le Luxembourg mis à feu et à sang par une révolte paysanne implose ; la ville de Dunkerque déclare son indépendance, la foule en liesse porte au pouvoir l’arrière petit-fils de Jean Bart sous une pluie de harengs marinés ; l’association professionnelle des plombiers polonais marche sur Strasbourg et assiège le Parlement européen qui s’effondre sous les tirs de missiles en forme de clé à molette ; la Wallonie entre en sécession, se déclare albanaise et demande son rattachement à l’Autriche-Hongrie ; à Helsinki, un gigantesque autodafé signe la destruction de l’ensemble des formulaires préimprimés de l’Union Européenne ; l’Espagne panserbe envahit la Voïvodine ; le Soudan colonise la Crimée ; on découvre un puit de pétrole au Vatican ; les Émirats Arabes Unis se convertissent au catholicisme et entraînent avec eux tout le proche orient ; la diaspora lipovène de Vancouver massacre les derniers indiens Hopis d’Arizona ; la Bavière s’allie à Madagascar et déclare la guerre aux Etats-Unis ; l’archevêque de Chypre est déchiqueté par des flamands roses turcs échappés du zoo de Nicosie ; après s’être recueilli sur la tombe de Konrad Lorenz, un groupe d’oies cendrées mutantes lâche une bombe atomique sur le siège du FMI à Washington ; la terre explose et disparaît.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;4. BASSE-COUR – En attendant la fin du monde, je couve de mes petits yeux de poule anxieuse le livre fraîchement paru, que j’ai pu voir plusieurs fois, pas très discrètement il est vrai mais ça c’est de ma faute, roucouler paisiblement dans son habitat naturel, la librairie. Il a l’air content et détendu, parfaitement calme, n’ayant mal nulle part et irradiant cette sorte de sérénité propre à l’état de chose en papier. Ce qui fait qu’il y a comme un fossé entre lui si calme et moi, qui malgré mille précautions, des heures d’aquagym spécial détente du cortex, un comité de soutien psychologique, des tonnes d’obligations externes pour me décentrer, suis devenue, pour être absolument honnête malgré la honte que m’inspire la configuration actuelle de mon esprit, un auteur obsédé par son livre fraîchement paru, à l’humeur mécaniquement indexée sur le contenu positif ou négatif des retours de lecture. Ou bien, dans une autre variante, qui au fond signifie la même chose, on pourrait aussi dire : je suis d’humeur égale, dramatiquement égale, car toujours terrorisée, que l’on parle du roman (mon dieu, qu’est-ce qu’ils vont dire) ou qu’on n’en parle pas (mon dieu, tout le monde s’en fout), tout en étant terrorisée d’être terrorisée (mon dieu, pourvu que ça ne se voit pas). C’était prévisible me direz-vous, bien prétentieuse est celle qui se surestime au point de se croire immunisée et tu n’es pas encore ceinture noire de yoga ma vieille. D’accord, mais quand même, c’est un coup dur de tomber si bas, surtout que je suis prétentieuse justement, et que je condamne fermement ce genre de faiblesse morale, un auteur doit savoir être détaché du monde, un auteur doit seulement écrire, un auteur n’a que faire de ses chiffres de vente, un auteur n’a que faire de ce qui est imprimé dans les magazines, un auteur n’a pas à être angoissé par autre chose que son travail d’écriture. Bref, ce n’est pas simple, et je passe sur les détails, toutefois je tiens à préciser à l’égard des divinités qui éventuellement seraient en train de lire ce billet, qu’il n’y ait pas de malentendus, je suis très contente de ma situation, je ne désire pas revenir en arrière, ni annuler la publication, ni renoncer à la possibilité d’en avoir d’autres dans le futur, alors s’il vous plaît pas d’interventionnisme magique, ne gâchez pas tout.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;5. FINES OBSERVATIONS – Et ce d’autant plus que, concernant l’avenir, rien n’est assuré, la théorie du déclin irréversible de mes capacités intellectuelles (la pauvre, elle a tout donné, ne saura jamais faire mieux que son premier livre) ayant ces jours-ci le vent en poupe dans mon cerveau. Cependant. Dans ma décrépitude j’ai tout de même réalisé quelques fines observations concernant la parution du roman. 1) Je note que ce qui me fait le plus plaisir, c’est quand le livre est pris au sérieux. Même avec des réserves, une vraie lecture c’est ce qui me touche le plus. Je sais, c’est tout à fait surprenant et original. 2) Je note que, malgré quelques rares moments d’égarement, j’ai à ce jour cessé d’être persuadée que j’avais nécessairement été publiée soit pour satisfaire un quota de mauvais auteur (pour toucher des subventions « discrimination positive pour les écrivains handicapés de l’écriture »), soit parce que le livre paraissait être le candidat idéal pour l’opération 2009 de « l’édition de cons », qui ridiculise chaque année un ouvrage sans que son auteur ne soit au courant. J’avoue que c’est assez reposant. 3) Je note que chez mon éditeur, les gens sont très gentils. Ca paraît extrêmement niais annoncé comme ça, mais je crois qu’il est important de le dire à un moment. 4) Je note que le fait de connaître une personne n’est pas un bon critère de choix en matière de littérature. Je le savais déjà, je l’ai répété beaucoup, mais ça se confirme. Cela étant dit, le problème ne se pose pas vraiment avec les gens réellement proches. 5) Je note que je survis sans trop de difficulté aux diverses crises cardiaques dont je suis victime depuis plus d’un mois, lesquelles se manifestent systématiquement quand je fais face à l’évocation du roman dans les medias, pardon à ma grand-mère qui m’a tant de fois répété que c’était déjà un pluriel. Même chose pour tous les objets que je casse, finalement il suffit d’avoir une balayette en bandoulière et tout se passe bien. 6) Je note que je ne sais pas comment formuler ce que je veux dire à cet endroit, mais que j’ai adoré découvrir &lt;a href="http://www.livreshebdo.fr/weblog/les-blogs-de-colette-28/400.aspx"&gt;ça&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://grignotages-de-mimylasouris.blogspirit.com/archive/2009/02/18/tuer-catherine.html"&gt;ça&lt;/a&gt;. 7) Je note qu’il y a au moins une personne qui va vraiment utiliser le livre comme cale-meuble, on ne pourra plus dire que la littérature ne sert à rien. Et puis comme ça, je sais ce que je mets sur ma dédicace pour le prochain : cher monsieur, voici votre nouveau cale-meuble, le précédent doit être bien usé maintenant. 8) Je note, mais ça n’a rien à voir, que les oignons rouges, on dirait de la chair découpée.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;6. ÉCURIE – Je vais au salon du livre, pour la première fois en tant qu’auteur. Je pense que si je ne sors pas trop de mon enclos et que je souris gentiment, ça devrait aller. M’inquiètent quand même la chaleur, la lumière, la moquette (mais est-ce que c’est de la moquette ?), la foule, en un mot tout ce qui fait que rester longtemps dans un salon de la porte de Versailles c’est un peu comme se retrouver enfermée dans un grand Ikéa maléfique avec des meubles sournois qui tournoient autour de soi en ricanant tandis qu’on cherche désespérément la sortie de secours entre l’allée L26 et le stand de l’outillage jardin.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;7 – CONCLUSION – Pour finir, le visage éclaboussé par ma propre lucidité, je relance encore les dés pour prendre une décision, c'est le seul moyen de trancher certaines affaires. C’est que, vous comprenez, contrairement à Ingeborg Bachmann, j’ai survécu à l’incendie de mon appartement il y a de ça quelques années. Tout ce que vous direz pourra être retenu contre vous ! Alors cryptez, ma grande, cryptez. Je ne fais que ça, bordel, mais si vous croyez que c’est simple avec cette huile qui déborde sans cesse de ma boîte à sardine comme l’œil crevé de son orbite, franchement. Bon appétit !&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-3568890613338000335?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/3568890613338000335/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=3568890613338000335' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/3568890613338000335'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/3568890613338000335'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/03/1.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-863243192176310282</id><published>2009-02-16T17:37:00.001+01:00</published><updated>2009-02-16T18:56:25.329+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Sur le site de POL, mise en ligne d'une série de quatrièmes de couverture au niveau de la &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6220"&gt;fiche du roman&lt;/a&gt;, au-dessous de la véritable quatrième. Je précise que c'est censé être amusant, et que vous pourrez trouver des renseignements sur le contexte de production &lt;a href="http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/09/me-suis-lance-dans-les-scoubidous.html"&gt;ici&lt;/a&gt;. D'autres choses bientôt, dès que j'ai fini de trier le contenu des mes placards par couleur et date d'acquisition. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-863243192176310282?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/863243192176310282/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=863243192176310282' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/863243192176310282'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/863243192176310282'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/02/sur-le-site-de-pol-mise-en-ligne-dune.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-6500365217526577363</id><published>2009-02-05T11:30:00.008+01:00</published><updated>2009-02-05T11:33:24.611+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Aujourd'hui, en ce jour de parution de mon premier roman, je voudrais rendre hommage à mon moi-du-passé, cette fille qui entre septembre 2007 et mars 2008 a passé ses journées à secouer son téléphone pour qu'il se mette enfin à sonner avec un éditeur dedans. Elle n'est plus moi, mais je ne veux pas l'oublier : ça valait la peine d'y croire.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je voudrais aussi dire merci à ceux (et surtout celles) qui ont cru en le texte dès le début. Ainsi qu'à ceux qui y croient aujourd'hui, et le soutiennent. C'est précieux, et je me souviens toujours.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-6500365217526577363?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/6500365217526577363/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=6500365217526577363' title='7 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/6500365217526577363'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/6500365217526577363'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/02/aujourdhui-en-ce-jour-de-parution-de.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>7</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-1315859872097765234</id><published>2009-01-14T18:10:00.005+01:00</published><updated>2009-01-14T18:28:50.857+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le numéro ISBN du livre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine &lt;/span&gt;sera le 2846822786.&lt;br /&gt;2 + 8 + 4 + 6 + 8 + 2 + 2 + 7 + 8 + 6 =  53&lt;br /&gt;5 + 3 = 8&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Le chiffre magique de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine&lt;/span&gt; en tant que publication est donc le &lt;a href="http://www.matiere-esprit-science.com/pages/breves/symbolchif.htm#ANCRE8"&gt;huit&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Huit &lt;a href="http://secondflore.hautetfort.com/archive/2007/07/05/credit-pages.html"&gt;crédit-pages&lt;/a&gt; ?&lt;br /&gt;Huit livres vendus ? &lt;br /&gt;Huit articles de presse ?&lt;br /&gt;Huit prix littéraires ?&lt;br /&gt;Huit mois d’angoisse ?&lt;br /&gt;Huit euros comme prix de reprise par Gibert ?&lt;br /&gt;Huit lettres d’insultes ?&lt;br /&gt;Huit années au couvent ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai aussi établi le profil &lt;a href="http://www.kabalistik.com/3-mon-theme.htm"&gt;numérologique&lt;/a&gt; de l'ouvrage. Prénom : Catherine. Nom de famille : Tuer. Date de naissance : 5 février 2009. Après quelques échecs (certains sites vous signifient, plein de suffisance, que la numérologie n’étant pas une science divinatoire il n'est pas possible de consulter pour des entités n'étant pas encore de ce monde) il m’a été révélé que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine&lt;/span&gt; sera – entre autres – un livre fainéant, irresponsable, impulsif, qui a des difficultés relationnelles avec les personnes âgées, qui rejette l’autorité et la discipline. Il sera cependant également généreux, perfectionniste et doté d’une vie intérieure riche.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Le 21.01.2009 je fais le service presse à partir de 09h30. Après avoir pris connaissance de la masse des ouvrages à signer grâce à la balance portative qui ne me quitte jamais, je diviserai le chiffre ainsi obtenu par le nombre exact de mes orteils n’ayant jamais été fracturés, ce qui me permettra d’obtenir la température exacte à laquelle il conviendra de faire cuire le roman pour le transformer en un délicieux gâteau prêt à consommer. (NB : Ne jamais manger de littérature crue, c’est mauvais pour la digestion.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-1315859872097765234?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/1315859872097765234/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=1315859872097765234' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/1315859872097765234'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/1315859872097765234'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2009/01/le-numro-isbn-du-livre-tuer-catherine.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-2659047523301488623</id><published>2008-12-12T01:20:00.003+01:00</published><updated>2008-12-12T01:41:16.788+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Vous vous dites, les loukoums c'est tellement mieux que la guimauve, il ne peut pas y avoir de gélatine de porc dedans puisqu'on en mange dans les pays musulmans. Ravie d’avoir trouvé la solution parfaite, cette &lt;a href="http://blogenchine.com/wp-content/uploads/2007/07/tete%20cochon.jpg"&gt;tête de cochon&lt;/a&gt; persillée qui dansait devant vos yeux à chaque chamallow ingéré ce n’était vraiment plus possible, vous vous rendez en toute confiance chez le marchand de pâtisseries orientales. Auquel vous demandez, d’une voix polie aux voyelles vélaires légèrement trop accentuées, un de chaque s’il vous plaît comme ça je les goûterai tous, oh et puis non deux de chaque les loukoums ça se conserve longtemps de toute façon. Il vous en offre un de couleur verte avec un grand sourire, c’est le temps que je vous serve mademoiselle, manque de chance il est à la menthe, vous pensiez que vert signifiait pomme mais non c’est menthe quelle horreur, vous abhorrez les confiseries à la menthe, la menthe n’a rien à faire avec le sucré, la menthe est la négation même du concept de dessert, la menthe est fraîche, piquante et agressive, ce qui est l’antithèse de la douceur, l’after eight ce sacrilège, vous inspire une terreur sans nom. Alors gênée, excessivement gênée car prenant excessivement au sérieux l’honneur qu’il convient de faire aux cadeaux que l’on reçoit, vous cachez ce qui reste de l’abominable loukoum frigorification du palais dans la poche intérieure de votre veste, évidemment ça va coller partout, sans parler du parfum que vous allez immanquablement traîner dans votre sillage. Et à ce stade de votre aventure, vous tâchez non sans mal de chasser de votre esprit l’idée, politiquement incorrecte (et vous savez pertinemment pourquoi) d’un complot commerçant entre le monsieur des pâtisseries et la dame du pressing, l’un manoeuvrant pour que les clients salissent leur veste, l’autre récupérant lesdites vestes pour les nettoyer. Sur le chemin du retour, tout en ouvrant votre sachet, vous vous interrogez : si les loukoums ne sont pas faits de gélatine, et ce n’est assurément pas le cas, alors de quoi peuvent-ils bien être composés, c’est drôlement bien imité quand même. Une fois rentrée chez vous, vous vous connectez à internet et vous cherchez un site de recette, histoire d’en avoir le cœur net. Et là, le drame : les loukoums, il y a de la gélatine dedans. Pas de porc naturellement, mais de la gélatine malgré tout, de veau, de cheval ou même peut-être d’escargot, allez savoir. Or la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9latine"&gt;gélatine&lt;/a&gt;, rien que le terme est si laid, c'est très exactement, vous êtes décidée à ne plus reculer devant la vérité, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;une substance solide translucide, transparente ou légèrement jaune, presque sans goût et sans odeur, obtenue par l'ébullition prolongée de la peau animale et des tissus conjonctifs&lt;/span&gt;. C'est à peu près au moment où vos yeux sont tombés sur peau animale que vous vous êtes arrêtée net, recrachant le demi-loukoum que vous aviez dans la bouche. Une seule consolation : apparemment, il existe, c’est rare mais ça existe, des loukoums sans gélatine, aux œufs. Quoique. Avez-vous vraiment envie de manger des confiseries à base d'ovules de poule ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Bon, voilà où nous en sommes. En général quand ça commence comme ça, je finis par avoir peur des choux-fleurs. Et des magnétoscopes. Et de la peinture sur les murs, qui asphyxie ma maison en ne la laissant pas respirer. J’aime bien vous savez, que tout soit vivant autour de moi, cela me réjouit sincèrement, mais c’est un peu fatigant parfois.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;(…)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Si j'avais un conseil à vous donner, ce serait : profitez bien de la sortie de votre livre, et n'arrêtez pas d'écrire. Je ne sais pas si c’est lié, mais quelle joie bonasse&lt;span style="font-size:85%;"&gt;*&lt;/span&gt; (c’est exactement ça) de rentrer chez moi les épreuves sous le bras, pourtant je redoutais le moment évidemment. Et je me suis applaudie, je n’ai pas peur du ridicule et je vous le dis, j’ai posé l’enveloppe kraft sur le canapé et je me suis applaudie, toute seule dans mon salon. J’ai décidé que j’avais le droit d’être un peu contente. Si moi pas, qui d’autre ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;*expression lue sur un blog, mais je ne retrouve plus la page&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-2659047523301488623?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/2659047523301488623/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=2659047523301488623' title='3 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2659047523301488623'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2659047523301488623'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/12/vous-vous-dites-les-loukoums-cest.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>3</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-7147363085240140091</id><published>2008-11-25T08:57:00.006+01:00</published><updated>2008-11-27T09:54:49.674+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Nous sommes le 25 novembre aujourd'hui, n'oubliez pas de souhaiter une bonne fête à votre Catherine ! Si vous désirez lui faire un petit cadeau (plaisir d'offrir, joie de recevoir), disputez-vous avec votre fiancé ou poussez-le carrément à vous quitter, elle sera absolument ravie. En l'absence de fiancé, écrivez une lettre d'amour enflammée et envoyez-la à un homme dont vous êtes certaine qu'il vous éconduira brutalement (humiliations bienvenues). Enfin, pour les plus généreuses, complétez en mettant le feu à votre canapé, elle adore les incendies. &lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-7147363085240140091?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/7147363085240140091/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=7147363085240140091' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7147363085240140091'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7147363085240140091'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/11/nous-sommes-le-25-novembre-aujourdhui.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-9189060834326411728</id><published>2008-11-11T01:23:00.010+01:00</published><updated>2008-11-12T09:14:27.543+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Attention je vous préviens, ça va être long et pas très drôle, alors si vous n’avez pas comme moi un intérêt immodéré pour le sous-sous-genre des livres-de-deuil-après-suicide ça risque de ne pas être franchement passionnant. &lt;/span&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;J’ai mis longtemps à me décider, à chaque chose son heure et je sais qu’il faut y aller doucement, ne pas brusquer. Cependant j’ai fini par lire &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.gallimard.fr/rentree-2008/index_jauffret.htm"&gt;Lacrimosa&lt;/a&gt; de &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9gis_Jauffret"&gt;Régis Jauffret&lt;/a&gt;, roman centré sur le suicide de Charlotte, amie du narrateur. Il est important de rappeler me semble-t-il que le livre a été présenté comme étant tiré de faits réels (vraie maîtresse, vrai suicide). Par exemple, quand on écoute Jauffret &lt;a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/jour_lendemain/fiche.php?diffusion_id=65577"&gt;chez Veinstein&lt;/a&gt; on ne peut avoir aucun doute là-dessus. Autrement dit c’est avec ce présupposé-là qu’on lit le roman, pas parce que ça nous amuse ou qu’on est obsédée par les cadavres de chair, mais parce que Jauffret en a décidé ainsi, parce qu’il nous a dit, voici mon nouveau roman je l’ai écrit suite au suicide d’une amie. Il aurait pu en être autrement d’ailleurs, il aurait été possible de ne pas se prononcer sur la question ou encore d’affirmer que les faits étaient purement imaginaires.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce texte je l’ai donc imaginé avant d’entrer dedans comme étant un livre de deuil. C’est-à-dire comme traitant des effets d’une mort sur un proche, sans préjuger évidemment de la nature de ceux-ci et de la façon d’en rendre compte. En plus de cela je l’ai également abordé, un peu inévitablement, avec une autre question en tête, quelque chose comme, bon, voyons voir comment il s’est débrouillé avec ce problème, comment il s’en est sorti avec ce suicide sur les bras et le livre dans lequel il a voulu le mettre. Parce que c’est compliqué d’écrire sur un deuil, c’est compliqué d’écrire tout court me direz-vous, mais disons qu’il y a des questions spécifiques qui se posent là et qui ne se posent pas (ou pas avec une telle intensité) ailleurs. Des questions comme : n’est-il pas profondément indécent de faire un texte sur une mort réelle ? a-t-on seulement le droit de parler de quelqu’un qui est mort, de le transformer en (donc en réduire la complexité, l’enfermer dans) un personnage de fiction ? et de toute façon est-il seulement possible d’écrire sur la mort, le deuil ?&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Des questions que Jauffret pose effectivement à de nombreuses reprises, j’en cite uniquement quelques-unes : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Jouis, éjacule ta prose, profite de ma pendaison comme d’une aubaine. Recycle mon malheur, cruel écologiste, afin qu’aucune souffrance ne soit perdue. &lt;/span&gt;» (p. 174) ; « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu profites de ma faiblesse pour couvrir de ta voix mon chuchotement. Mon petit filet de silence, ma parole muette de morte.&lt;/span&gt; » (p. 54) ; « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu veux parler de la mort ? Tu as déjà ressuscité ? Tu es tombé dedans quand tu étais petit ? Tais-toi, le vivant ! Tais-toi ! Tu ne sais pas, et tu ne sauras pas. Tu tomberas comme les autres, et tu ne sauras jamais rien.&lt;/span&gt; » (p. 74). Mais à mon sens, il n’y répond pas, ou ne propose pas de les dépasser. Disons qu’elles ne sont pas réglées à la fin du livre, elles flottent au-dessus du récit à proprement parler, sans être véritablement prises au sérieux, examinées. Ainsi, toutes ces remarques, toutes ces objections (formulées par Charlotte), le narrateur principal les ignore, hormis à la toute fin du livre : « &lt;span style="font-style: italic;"&gt;J’ai fait ce que j’ai pu. J’ai écrit parce que je ne sais pas composer de musique. (…) J’ai essayé en vous écrivant une histoire de dompter la mort. Vous savez bien que je n’y suis pas parvenu. &lt;/span&gt;» (p. 215). D’accord, mais ça ne m’enlève pas cette sensation – peut-être à cause de l’attente, ou de la disparité en termes de longueur de texte – que beaucoup de ces interrogations ont été simplement évacuées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ce qui renvoie d’ailleurs à un autre problème, celui de cette forme épistolaire, je me retiens de ne pas dire procédé. De prime abord, le livre se présente comme une correspondance entre le narrateur principal et Charlotte. De prime abord je dis, parce que mettre « Chère Charlotte » en chapeau d’un récit romanesque à la deuxième personne du pluriel produit par un personnage s’adressant à un autre personnage ne suffit pas à me convaincre que je suis en train de lire une lettre. J’ai mis un peu longtemps à comprendre, parce qu’au début j’ai cru qu’il y aurait échange, discussion, dialogue entre les deux protagonistes, mais en fait on a plutôt globalement affaire à une alternance entre 1) du roman 2) du commentaire de roman. C’est-à-dire que le narrateur principal raconte la vie de Charlotte et leur relation, et Charlotte commente ce récit. D’ailleurs quand Charlotte dans sa première lettre formule une requête (« &lt;span style="font-style: italic;"&gt;je te demande d’imaginer mes sentiments pour toi disparus avec mes dernières pensées&lt;/span&gt; » p. 29) le narrateur n'y accède pas, ou alors c'est bien caché, et reprend le cours de son histoire comme si de rien n’était, du coup on se demande un peu quel sens ça a tout cet attirail, sauf à vouloir démontrer qu’on parle toujours dans le vide, mais alors autant parler vraiment tout seul. Partant de là je n’ai pas bien compris l’intérêt de faire passer tout ça pour des lettres, ni d’un côté ni de l’autre : on dirait une sorte de déguisement. Je veux dire l’adresse ne fait pas la lettre, ou alors &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/La_Modification"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La modification&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; est un roman épistolaire qui s’ignore, pardon j’arrête ça n’a aucun intérêt. Il n’y a qu’à la fin du livre que ça prend du sens, quand le narrateur principal demande à Charlotte de lui dire qu’il a bien fait d’écrire le livre, et qu’elle lui répond qu’elle est fière de lui. Là, je suis, et c’est finalement le seul moment où il se passe vraiment quelque chose d’important.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Parce que pour ce qui est du reste, c’est un peu maigre à mon goût. Le texte commence et se termine par un récit du suicide de Charlotte. Celui de l’ouverture, passablement grotesque, est rétroactivement qualifié d’imaginaire ("&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je reconnais que j'ai beaucoup exagéré...&lt;/span&gt;" p. 61);  celui de la fin, nettement plus sérieux, apparaît comme plus conforme aux faits réels. Un faux récit et un vrai, donc, sauf que les deux sont fictifs évidemment – nous sommes dans un livre, mise en fiction toujours. Vu comme ça, ça se présente plutôt bien : à la fois une boucle et un cheminement, à la fois la mort indépassable aux seuils de l’ouvrage et à la fois une évolution, les défenses qui tombent, le vernis qui craquelle, quelque chose comme ça. Entre les deux, un voyage commun à Djerba, les problèmes professionnels de Charlotte et surtout son désarroi progressif. Mais. On ne lit pas toujours les livres qu’on voudrait, et en l’occurrence pour moi on attend beaucoup, beaucoup trop longtemps et trop souvent avant d’avoir des petites bribes de choses qui touchent vraiment au deuil, il me semble que c’est tout de même l’objet du livre. Je veux bien qu’il s’agisse de montrer qu’il est foutrement difficile de ne pas tout mettre en roman (c’est une hypothèse) mais dans ce cas autant attaquer le problème et traiter de cette difficulté frontalement au lieu d’en faire état en vasouillant dans des trucs complètement artificiels comme les histoires de beau-frère obsédé par l’humanitaire ou de Monsieur Kiwi au début du livre. Je retiens quand même : un examen de conscience (« &lt;span style="font-style: italic;"&gt;J’ai manqué de courage, d’amour. Je fais partie de tous ces gens qui ne vous ont pas assez aimée. &lt;/span&gt;» p. 95), c’est sauf erreur de ma part le seul en mode direct (j’entends ne passant pas par Charlotte), et surtout un constat, &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu m’oubliais si bien avant que je ne me pende&lt;/span&gt; (p. 174) qui pourrait bien à lui seul résumer la problématique de tout le livre. Ca aurait pu être le titre d’ailleurs, bien plus que &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lacrimosa&lt;/span&gt;, qui renvoie au &lt;a href="http://fr.youtube.com/watch?v=gqPz5B-TA1w"&gt;requiem&lt;/a&gt;, messe des morts. Quant à l’aspect subjectivité de la future suicidée, plongée dans sa conscience pour comprendre le processus, la marche du détachement depuis la vie n’est pas spécialement saisissante – dans ce domaine difficile de passer après &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6187"&gt;Levé&lt;/a&gt; en même temps. Seules les dernières pages m’ont vraiment touchées, parce que là – et ce n’est pas une affaire de réalisme – on est dans quelque chose d’honnête, enfin. Le reste du temps, une furieuse envie de secouer le narrateur, de l’attraper par le col de chemise et de lui demander, bon coco qu’est-ce que tu as à nous dire sur cette mort, pourquoi tu écris dessus – le narrateur est un auteur qui écrit un livre sur la mort de Charlotte –, lâche toi maintenant, on est là, on t’écoute, mais si tu ne parles pas on ne va pas s’en sortir. Autant d’injonctions parmi mille autres que je m’adresse aussi (surtout) à moi-même, évidemment.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Ci-dessous mes notes de lecture, prises au fur et à mesure, non révisées.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;p. 9 : même avec pseudonyme, même si tout est faux, pourquoi mettre les parents. ça me gêne, je ne peux pas m’empêcher de penser à eux endeuillés lisant le livre. ce n’est pas (seulement) une question de délicatesse (personne n’a besoin de ça) mais étant donné que RJ présente lui-même son roman comme étant tiré de faits réels il fait de son narrateur un personnage qui s’amuse avec les membres de la famille comme avec des marionnettes. ou bien, pourquoi pas, mais alors il faut aller jusqu’au bout, faire que ce soit sa façon de vivre son deuil. ou au moins interroger le procédé.&lt;br /&gt;p. 27-29 : Charlotte s’exprime comme Jauffret, c’est embêtant. difficile d’y croire. peut-être cette impression à cause de la critique de &lt;a href="http://www.desordre.net/blog/blog.php3?debut=2008-10-19"&gt;PdJ&lt;/a&gt; en ce sens, lue en amont. et puis c’est assez énervant ces histoires de gomme à la clémentine.&lt;br /&gt;p. 34 : quand est-ce qu’il va enfin nous dire ce qu’il ressent au lieu de persifler ? à quoi bon la sœur, le beau-frère, la pintade, si c’est un livre de deuil ce qui compte c’est la relation à Charlotte.&lt;br /&gt;p. 42 : bon, c’est un livre de deuil ou bien un roman habituel ? pourquoi avoir précisé c’est une histoire vraie ?&lt;br /&gt;p. 44 : le médecin et son panda, ça sert à quoi ?&lt;br /&gt;p. 46 : je viens de comprendre, ce sont de fausses lettres.&lt;br /&gt;p. 48 : je m’ennuie, le docteur et monsieur Kiwi ce n’est juste pas possible.&lt;br /&gt;p. 61-62 : ah, on tombe un peu le vernis.&lt;br /&gt;p. 72 : « pourquoi ne pas écrire à une morte ? … tu parles à ma place en imitant ma voix… »&lt;br /&gt;en effet pourquoi l’épistolaire et pourquoi la prosopopée ? on espère une réponse à un moment donné… le titre : requiem : un hommage ?&lt;br /&gt;p. 95 : « j’ai manqué de courage, d’amour » … il faudrait en avoir maintenant alors, du courage.&lt;br /&gt;p. 165 : quelle certitude face à l’interprétation des faits et gestes de Charlotte.&lt;br /&gt;p. 168 : toujours ce problème de faire parler une morte ; d’accord mais quelle solution ?&lt;br /&gt;p. 173 : « me diffamer » idem&lt;br /&gt;p. 174 : problème du vautour (idem p. 199, p. 213) ; j’attends toujours la réponse à la 1ère lettre de Charlotte, sa requête (qu’il parle de ses sentiments) ; en fait les lettres du narrateur = récit (roman) et celles de Charlotte = commentaire ; ce n’est pas un dialogue, il ne lui répond pas.&lt;br /&gt;p. 186-187 : que de certitudes ! alors pourquoi des lettres ?&lt;br /&gt;p. 188 : sur ses derniers faits et gestes… ne rend pas compte de l’enquête, tout ça est reconstitué.&lt;br /&gt;p. 204 : imaginaire encore, mais là oui.&lt;br /&gt;212-213 : oui, mais pourquoi ça ne vient pas de Charlotte ?&lt;br /&gt;215 : ah.&lt;br /&gt;216 : oui.&lt;br /&gt;218-219 : oui, enfin. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Quelques petites précisions pour finir. Tout d’abord, si je consacre autant d’énergie à essayer de faire le tour du livre de Jauffret c’est avant tout parce que ça me fait travailler sur ce que vous savez en même temps, ce n’est pas juste pour le plaisir gratuit de. Et de ce point de vue-là cette lecture a été très enrichissante, ça m’a permis d’avancer sur un tas de truc, sachant que j’essaie autant que faire se peut de clarifier les enjeux avant d’avoir fini un texte, c’est un peu conventionnel comme approche je vous l’accorde mais ça m’évite de me mettre à hululer de désespoir une fois que c’est terminé. Enfin normalement. Du coup, et c’est ma seconde remarque (vous ne pensiez tout de même pas que j’étais capable de faire un post avec du pur contenu de premier niveau), il est évident que ma lecture du livre s’est aussi faite à l’aune du roman-de-deuil-après-suicide idéal qui n’existe que dans ma tête. En effet une fois passé l’espoir d’être emportée ailleurs et d’oublier justement tous mes questionnements personnels, ça a été assez présent. Au demeurant j’aurais nettement préféré en retirer autre chose, en fait, juste être immergée. D’ailleurs quand j’ai aimé un livre je suis limite incapable de dire à quel temps ou quelle personne il a été écrit, je m’en fiche, c’est l’expérience, la rencontre, qui restent.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;D’autres points de vue : chez &lt;a href="http://bibliobs.nouvelobs.com/2008/08/28/dr-regis-et-mr-jauffret"&gt;Bibliobs&lt;/a&gt; (un dédoublement efficace) ; chez &lt;a href="http://passouline.blog.lemonde.fr/2008/08/29/tombeau-pour-charlotte/comment-page-1/"&gt;Pierre Assouline&lt;/a&gt; (un bel hommage à Charlotte) ; chez &lt;a href="http://livres.fluctuat.net/regis-jauffret/livres/lacrimosa/"&gt;Fluctuat&lt;/a&gt; (une auto-démolition de l’écrivain par lui-même) ; chez &lt;a href="http://table-rase.blogspot.com/2008/09/les-larmes-de-rgis.html"&gt;Table rase&lt;/a&gt; (malaise et ratages mais projet réussi) ; chez &lt;a href="http://www.desordre.net/blog/blog.php3?debut=2008-10-19"&gt;Philippe De Jonckheere&lt;/a&gt; (des coutures trop apparentes). Pour la presse écrite je vous laisse vous débrouiller comme des grands, à supposer que quelqu’un soit arrivé jusqu’au bout de ce billet.&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;Petite astuce Astrapi : Pour repérer les critiques faites par des gens qui n’ont pas lu le livre en entier ou alors pas attentivement du tout c’est très facile, ils mentionnent tous le 7 juin comme date du suicide. L’information est donnée à la première page dans le « faux » récit de la mort de Charlotte. Quand on va plus loin, on apprend que la « vraie » date se situe en mars.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : Le Goncourt à &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=5637"&gt;Atiq Rahimi&lt;/a&gt;&lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/ficheauteur.asp?num=5637"&gt;&lt;span style="text-decoration: underline;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; pour &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6224"&gt;Syngué sabour&lt;/a&gt; chez POL. Je ne devrais pas, parce que je n’ai pas lu le livre pour le moment, mais je suis tellement contente. Là-dessus voir chez &lt;a href="http://www.chloedelaume.net/remarques/rem503.php"&gt;Chloé Delaume&lt;/a&gt;. Ou encore chez &lt;a href="http://situvoiscequejeveuxdire.blogspot.com/2008/11/atiq-rahimi-et-pol-couronns-par-le.html"&gt;Sébastien Smirou&lt;/a&gt; (lien volé chez &lt;a href="http://blog.lignesdefuite.fr/post/2008/11/11/des-lois-grammaticales-persanophones"&gt;Lignes de fuite&lt;/a&gt;). &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-9189060834326411728?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/9189060834326411728/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=9189060834326411728' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/9189060834326411728'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/9189060834326411728'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/11/attention-je-vous-prviens-va-tre-long.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-6462546567137989314</id><published>2008-11-03T07:59:00.013+01:00</published><updated>2008-11-03T12:29:42.590+01:00</updated><title type='text'>Lettre à un jeune ingénieur aspirant à travailler dans la finance</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="color: rgb(102, 102, 102);"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;span class="Apple-style-span" style="font-size: x-small;"&gt;Contexte : Alexei, ou Oscar, ou Gabriel - je ne sais pas, il faudrait qu'on lui trouve un prénom qui lui plaise - travaille dans une banque de finance. Il y a quelques jours, il reçoit par email une candidature spontanée pour un stage de la part d'un étudiant de l'école d'ingénieur où il a lui-même été formé (on peut supposer que le jeune homme a épluché le fichier des anciens élèves afin d'y repérer ceux qui ont atterri dans la finance) dont le contenu peut à peut près se résumer de la façon suivante : comme vous, j'aspire à évoluer dans le secteur bancaire, pour ce faire je suis prêt à être votre esclave soumis et docile, mais attention j'ai la rage, bientôt petit requin deviendra grand. Ci-dessous la réponse envoyée par Oscar-Gabriel. Je pense que le pauvre garçon va faire un arrêt cardiaque. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;"Bonjour X,&lt;br /&gt;Merci pour ta lettre (j'espère que tu ne seras pas offensé par mon tutoiement de rigueur entre camarades).&lt;br /&gt;J'ai apprécié que tu vantes les mérites de **nom-de-banque** et que tu affiches sans complexes ton extrême motivation. Cependant, il manquait une dimension importante à ta lettre: l'argent. N'oublie pas que 95% des gens qui choisissent d'aller travailler en banque le font pour l'argent, rarement pour l'excitation réelle du métier.&lt;br /&gt;Malheureusement pour toi, tu arrives un peu trop tard et je pense que tu devras attendre 10 bonnes années avant de pouvoir espérer gagner à nouveau beaucoup d'argent dans la finance. Cette année célèbrera sans doute la fin de la curée. Connais-tu les traditions françaises? As-tu déjà regardé "Très Chasse"? Je te recommande cette émission de télévision, elle passe presque toutes les nuits sur TF1 en alternance avec "Très Pêche" et "Histoires Naturelles". Ces 3 émissions m'ont permis de mieux comprendre la vie rurale de notre pays et je te les recommande vivement pour ton immersion culturelle. Mais ne nous égarons pas et revenons à la "curée". Une chasse à courre consiste à poursuivre un animal, souvent du grand gibier, parfois un renard, à l'aide de chevaux, d'une meute de chiens et de rabatteurs. Les rabatteurs repèrent la bête puis les cavaliers suivent les chiens qui la  prennent en chasse. Les rabatteurs qui signalent l'animal proviennent souvent du bas peuple (populasse) tandis que les cavaliers sont des nobles. Une chasse à courre peut durer des heures et des heures jusqu'à l'épuisement de l'animal qui meurt souvent d'un arrêt cardiaque. Les cavaliers s'emparent alors des parties nobles du cadavre tandis qu'ils réservent aux rabatteurs les morceaux les moins nobles. Quand aux chiens, on leur offre en guise de récompense les viscères de l'animal encore fumant. On appelle curée ce cadeau fait aus chiens.&lt;br /&gt;Dans le cas de la finance mondiale, le gibier ne vit pas dans une forêt mais végète quelque part dans le midwest américain, errant dans les malls, affalé devant sa télévision 16/9 dans un pavillon minable décoré avec mauvais goût et acheté à crédit. Nous autres les chiens de la finance, l'avons pris en chasse jusqu'à son épuisement, nous l'avons chargé de dettes diverses et variées afin qu'il achète des produits dont il n'avait fondamentalement pas besoin mais qui permettaient de conserver toute une population occupée. Puis, parce que nous ne manquons d'aucun cynisme, nous lui avons proposé en guise de pitance (on appelle cela produit d'investissement ou de placement) sa propre dette, tellement bien réemballée qu'il ne s'est aperçu de rien. Évidemment, nous avons été grassement rétribués pour notre travail, il y a eu des curées tous les ans depuis plus de 15 ans. Comme à la chasse à courre, les cavaliers quant à eux ont conservé les parties les plus nobles: le cerveau, le coeur et le bulletin de vote. Malheureusement, notre gibier est aujourd'hui en voie d'extinction et cette tradition doit être momentanément suspendue. Cette année sera peut-être notre dernière curée. J'imagine que tu regrettes de ne pas pouvoir y participer.&lt;br /&gt;Cependant, sache qu'avec ton beau cerveau d'ingénieur tu peux aussi concevoir et construire plein de machines intéressantes. Tu peux aider les gens à vivre mieux, à travailler moins et à consacrer leur temps à des choses plus nobles que le télémarketing ou la chaîne de production des usines.&lt;br /&gt;L'un des seuls camarades dont nous puissions vraiment être fiers s'appelait Boris Vian et je te laisse méditer sur ces quelques vers dont il est l'auteur et qui sont inscrits à l'entrée du bat' ens', en espérant que tu trouveras quelque chose de mieux à faire de ta vie que d'aller te perdre la finance:&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je voudrais pas mourir&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Sans qu'on ait inventé&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les roses éternelles&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La journée de deux heures&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La mer à la montagne&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La montagne à la mer&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;La fin de la douleur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Les journaux en couleur&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tous les enfants contents&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Et tant de trucs encore&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Qui dorment dans les crânes&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Des géniaux ingénieurs&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;Quant à moi, je compte bien démissionner prochainement pour me consacrer à des activités plus nobles ou bien plus simplement au culte de la paresse, la seule activité qui n'ait jamais fait de mal à une mouche.&lt;br /&gt;Cordialement.&lt;br /&gt;Oscar-Gabriel."&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-6462546567137989314?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/6462546567137989314/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=6462546567137989314' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/6462546567137989314'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/6462546567137989314'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/11/lettre-un-jeune-ingnieur-aspirant.html' title='Lettre à un jeune ingénieur aspirant à travailler dans la finance'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-2578908317049448183</id><published>2008-10-30T17:00:00.011+01:00</published><updated>2008-10-30T22:35:47.140+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Quel type d'endeuillée êtes-vous ? Cynique, éplorée, ou pragmatique ? Révoltée, résignée, ou bien suicidaire vous-même ? Sélectionnez l'attitude qui vous convient le mieux ou bien prenez notre pack intégral éclatement identitaire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Faire des choix. Pas tricoter des compromis ou trouver des solutions, mais faire des choix. Exercer sa liberté : ce n'est pas une charade à résoudre, c'est un deuil à construire. Formellement. Je suis pressée et je ne veux pas être pressée, le finir dans quelques mois ou dans trois ans ce n'est rien, ce n'est pas important. Mais l'urgence, la mort, suicide juillet 2007. Je ne le revis pas à travers l'écriture, je le crée. Je fabrique mon deuil. Et je le veux drôle, oui je veux un deuil drôle, piquant, réaliste, impossible, fantasque, vrai et faux tout à la fois, truffé de personnages et désert comme la poche d'air qui fait éclater mon coeur, je veux un deuil Arlequin multicolore et dévasté, je veux un deuil en harmonie avec la dissonance et éblouissant de justesse cacophonique, moi je n'en ai pas fini avec la mort, la mort terrible. Alors je dessine des patrons, je découpe dans ma peine serpent des pièces à assembler ensemble, je laisse les coutures apparentes mais je les fixe fermement, il faut une armature solide pour le deuil, une armature qui tienne la route afin qu'à l'intérieur le texte puisse pivoter sur lui-même et se mordre la queue jusqu'au sang comme le temps qui s'est brisé ce jour-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;Cahier des charges (évolutif) :&lt;br /&gt;- mises en abîmes directes interdites (indirectes autorisées)&lt;br /&gt;- on ne témoigne pas, on agit (c'est vous qui témoignerez)&lt;br /&gt;- boucle temporelle (ça ne peut finir que comme ça a commencé)&lt;br /&gt;- défense/accusation, accusation/défense (démontrer par anticipation, sortir du régime du procès)&lt;br /&gt;- déréalisation dans la forme mais pas dans le fond (la déréalisation du réel est la réalité)&lt;br /&gt;- exploitation exhaustive du terrain, attention à qui porte quoi, être très claire là-dessus&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;En fait je ne voulais pas en parler ici, parce que ce n'est pas fini et que tant que ce n'est pas fini ce n'est pas fini, c'est une règle de base. Surtout que c'est très loin d'être fini, donc c'est très loin d'être fini. En plus ce n'est pas du tout ce qui était prévu dans le calendrier. Alors imaginez la honte si peau de l'ours traînée dans le goudron et les plumes, l'horreur. Il est un peu tôt quand même pour avoir des certitudes. Certes, gronf. Sauf que. Enfin on se comprend. Dans ce cas si j'en parle pourquoi. Question en parallèle aussi, pourquoi sur les blogs d'auteur si peu de choses sur l'élaboration des textes en cours, sur le détail j'entends, l'incertitude aussi ou bien ? Moi si j'en parle maintenant pourquoi, peut-être pour faire conversation tout simplement. Et aussi sans doute suite à une discussion avec une amie cinéaste, qui racontait le délai tellement long, plusieurs années parfois cinq ans, entre l'écriture du scénario et l'existence du film, trop de temps aucune envie d'en parler quand l'objet existe, les louanges les prix reçus ne la touchent plus, ça arrive trop tard depuis longtemps elle a renoncé à tirer de la reconnaissance une quelconque satisfaction, on la félicite elle se retourne, mais de qui me parle-t-on. En littérature les temps sont plus rapprochés mais il est évident qu'il y a un peu de ça, on n'est pas dans le même état quand c'est fini que quand ce n'est pas fini, et quand c'est fini jamais on ne pourra en parler comme quand ce n'était pas fini. Parce que quand c'est fini on passe à autre chose, peut-être même que finir par définition c'est être en mesure de passer à autre chose - ça n'a rien avoir avec la perfectibilité dans l'absolu je précise des fois que. La fièvre retombe les humeurs se stabilisent, on est content mais pas pareil que quand on ne savait pas qu'on aurait le droit d'être content plus tard. C'est pour ça d'ailleurs que ça a un aspect aussi jouissif internet, on met en ligne et on est lu tout de suite, même si c'est juste par trois égarés et que de toute façon on est assise sur une chaise bancale. En même temps c'est bien aussi parfois le différé, ça a ses avantages et moi ça m'a fait beaucoup de bien je crois qu'il s'écoule du temps entre le oui pour Catherine et sa réalisation effective, parce que je suis un peu lente à intégrer certaines informations, notamment quand se présente une nouvelle configuration pour laquelle je n'ai pas de mode d'emploi dans ma base de données. Cependant je m'égare, je ne parlais pas du contenu, du résultat propre, mais de ce qui se passe dans la marge. Là on a plusieurs options, attention je me lance dans la méthodologie de la méthodologie. Option numéro 1 on réfléchit dans son coin et on le vit très bien, éventuellement on en parle avec son chat qui est toujours très intéressé par les questions d'architecture romanesque. Option numéro 2 on a un réseau d'étudiants en psychiatrie prêts à assister trois fois par semaine à un exposé sur le thème est-ce que je numérote les chapitres ou non ça n'induit pas du tout le même pacte de lecture vous comprenez, éventuellement on trouve des gens dans le besoin et on les rémunère pour venir écouter. Option numéro 3 on note tout ça bien soigneusement et on ressort triomphalement les textes d'élaboration quand le livre se matérialise, avec la conviction inébranlable que ça passionnera tout le monde, laquelle aura permis de surmonter en amont la frustration d'avoir tout gardé pour soi. Je vous laisse poursuivre et conclure tout seul dans votre tête, ce n'est pas très difficile.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;35% de contenu (1942 signes), 65% de justification (3555 signes). Je me surpasse, en général je fais du 25/75.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Sinon, en vrac. Je lis des trucs complètement angoissants sur le net, moi on me fait ça je hurle sans discontinuer pendant une semaine. / Je reçois des emails du type, salut les gars ça vous dit un week-end en Europe orientale c'est le moment de faire des bonnes affaires, dites moi que je rêve. / Je réfléchis à m'acheter une &lt;a href="http://fr.youtube.com/watch?v=wDyDP3gIGW0"&gt;liseuse&lt;/a&gt;, &lt;a href="http://www.tierslivre.net/spip/spip.php?article1338"&gt;ça&lt;/a&gt; donne quand même sacrément envie. Mais je ne sais pas, ce qui me pose problème ce n'est pas la lecture sur écran (on a l'habitude) mais plutôt l'aplatissement des livres. Si tous mes livres tiennent dans une liseuse ça veut dire qu'ils sont tous très très fins, ça me perturbe. Je suppose que c'est un problème de représentation mentale de l'espace, l'épaisseur du papier comme incarnation du texte que je peux escalader en l'enjambant page par page. On verra. Parce que pour tout ce qui se trouve sur le net, notamment &lt;a href="http://publie.net/"&gt;ici&lt;/a&gt;, ça peut être assez génial. Cela dit avec la crise je m'attends à tout, y compris à un crash géant de tous les serveurs informatiques et ce d'autant plus que 2009 si on enlève les zéros ça fait 29 (de même que 11 septembre = II/9 = 29). / J'ai une nouvelle méthode de travail, ça s'appelle le cahier-stylo. C'est très simple, je prends un joli cahier papier übergliss et un stylo noir encre fluide et j'écris mes idées sans avoir d'ordinateur devant moi en étant assise dans mon canapé. C'est assez rigolo et plutôt reposant, ça me donne une sensation de liberté complètement folle. / Je remarque que dans un temps reculé les &lt;a href="http://www.ina.fr/archivespourtous/popup.php?vue=partenaire&amp;amp;partenariat=9bddbbdf69854c935d03ca1837d9dfa1"&gt;présidents de la République&lt;/a&gt; citaient &lt;a href="http://s.huet.free.fr/dialektos/poiesis/gabyr.htm"&gt;Paul Éluard&lt;/a&gt; en conférence de presse. / Je mange de nouveau des bonbons, j'avais arrêté pendant plusieurs mois suite à lecture de la mention gélatine de porc sur un sachet de guimauve, ça me donnait la nausée cette idée de mâchouiller des muqueuses de cochon à longueur de journée. Finalement je m'y suis faite, ça ne me dérange plus. / Je pense en me lavant les dents à deux  (petits) textes en cours et à un projet un peu spécial pour lequel il va falloir la jouer fine, j'aimerais bien réussir à avancer un peu sur ces choses-là d'ici la fin de l'année. / Je tourne dans mon lit jusqu'à quatre heures du matin en faisant mon planning de la troisième semaine d'octobre 2011 et en rédigeant dans ma tête le prologue de mon sixième roman. / Je fais vaillamment face à l'accélération du processus autour de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine,&lt;/span&gt; séance photo faite, rencontre avec les représentants faite, épreuves et mise en fabrication à venir, jusqu'ici tout va bien, si si.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-2578908317049448183?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/2578908317049448183/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=2578908317049448183' title='2 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2578908317049448183'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2578908317049448183'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/10/quelle-type-dendeuille-tes-vous-cynique.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>2</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-7249704692782704179</id><published>2008-10-16T00:01:00.003+02:00</published><updated>2008-10-16T16:25:29.413+02:00</updated><title type='text'>Dominiq Jenvrey répond à vos questions sur les extraterrestres</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La littérature doit faire de la fiction avec des éléments qui lui sont inconnus. Les E.T. (&lt;a href="http://espece-technologique.blogspot.com/"&gt;Espèces Technologiques&lt;/a&gt;) sont le plus grand inconnu. La littérature doit écrire les fictions de la rencontre avec les E.T. La littérature qui n'a pas peur de ce qui lui est inconnu. La littérature qui fait des prédictions. Mieux : la littérature qui est une grande machine à fictions, doit se faire une obligation d'écrire toutes les fictions que peuvent faire les E.T. La littérature doit se poser cette question : quelles actions font les E.T. ? La littérature doit s'embarquer dedans pour en faire un objectif créatif total. Imaginons une littérature qui invente l'action des E.T. S'imagine la grandiloquence artistique : l'espèce d'ici se crée la littérature inventée des E.T. inventées. Voici ce qui peut se fabriquer de plus étrange, de plus inédit. Voici de quoi rendre la littérature passionnante pour longtemps encore. Et pour les écrivains qui manquent d’intuition, ils pourront toujours &lt;a href="http://reactualisation-litterature.blogspot.com/"&gt;réactualiser les données littéraires&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.editions-ere.net/"&gt;L'extraterrestre va-t-il faire des expériences avec nous ? &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;a href="http://www.berlol.net/jlr2/2008/10/16/jamais-ete-autant-inutile/"&gt;La littérature deviendra-t-elle utile si elle prévoit des rencontres extraterrestres ? &lt;/a&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-7249704692782704179?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7249704692782704179'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7249704692782704179'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/10/dominiq-jenvrey-rpond-vos-questions-sur.html' title='Dominiq Jenvrey répond à vos questions sur les extraterrestres'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-884721066138276733</id><published>2008-10-10T00:02:00.007+02:00</published><updated>2009-01-24T16:52:26.269+01:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Me suis lancée dans les scoubidous. Ai complété mes connaissances très lacunaires en suivant en ligne un &lt;a href="http://lartdesscoubidous.com/"&gt;cursus intégral&lt;/a&gt; d'initiation et de perfectionnement. Ce faisant, ai enfin appris à en faire des &lt;a href="http://lartdesscoubidous.com/4fils_rond.php"&gt;ronds&lt;/a&gt;, mettant de cette façon un terme à deux décennies de frustration, je me traînais la honte de ne savoir en confectionner que des &lt;a href="http://lartdesscoubidous.com/4fils_oreille.php"&gt;carrés&lt;/a&gt; depuis la seconde année de primaire au moins. Je vais de l'avant, c'est indéniable. Suis actuellement en train d'en tisser un à &lt;a href="http://lartdesscoubidous.com/6fils_hexagonale.php"&gt;six fils&lt;/a&gt;. Compte résolument lancer une mode : désormais, à chaque moment d'ennui, de temps mort social, je dégaine mon scoubidou fluo d'un air désinvolte. Dans trois mois vous verrez, ce sera le summum du hype, comme le crochet il y a deux ans ou encore le maoïsme à une certaine époque - voilà où nous en sommes.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ai adoré &lt;span style="font-style: italic;"&gt;&lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6221"&gt;Une fille du feu&lt;/a&gt;,&lt;/span&gt; la lecture de ce livre a été l'événement marquant de ma semaine dernière et bien plus. Une vraie rencontre, la sensation de faire face à une fille qui envoie sans discontinuer, sans jamais faiblir, avec une énergie folle, brillante. Ce qui pose le problème de comment en parler pour donner envie sans biaiser la lecture - par exemple je ne sais pas si raconter que je suis même allée jusqu'à me cacher dans les toilettes d'un restaurant où accessoirement on m'attendait à table pour pouvoir m'y replonger pendant quelques minutes est un argument très convaincant - ni paraître trop insistante, après les gens ils font un rejet. Donc se détendre, l'évoquer comme ça mine de rien. Pas de menaces, surtout. Sans quoi c'est le syndrôme, attention petit lapin même si tu en meurs étouffé, je te serrerai contre mon coeur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ai terminé les corrections finales du &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine&lt;/span&gt;. Pas grand-chose en vérité, quelques petits ajustements et cela moyennant deux semaines de yoga et une heure et demi de travail, je suis efficace quand je veux. J'en profite pour préciser un peu le lien entre le blog première époque et le roman, afin de dissiper des malentendus qui n'existent peut-être pas mais on n'est jamais trop prudente. Donc, quand j'ai commencé ce blog, il y avait déjà des choses d'écrites pour un roman autour de Catherine. À partir de ce moment-là, j'ai continué à écrire en ligne tout en écrivant aussi d'autres choses en parallèle, et au final j'ai tout repris et attaqué à partir de ce matériau (c'est-à-dire ce qui avait été écrit avant, pendant, à côté, après) ce qu'on pourrait appeler la véritable rédaction, sauf que ça a été un peu plus compliqué que cela mais ça c'est une autre histoire. Autrement dit, le blog a servi d'atelier pour avancer sur une des dimensions du texte,  ce qui si vous me suivez toujours signifie que certains passages du livre sont des versions retravaillées de quelques-uns des billets postés entre septembre et octobre 2006. Vous noterez donc que j'insiste lourdement sur le fait que le blog ne s'est pas transformé en roman comme par magie, et que c'était juste un des aspects du travail à un moment donné dans un espace donné. Cela étant posé, il ne vous aura pas échappé que le titre du roman est le même que celui du feu blog (et de l'adresse url qui pour des raisons pratiques n'a pas changé, ce qui m'embête d'ailleurs mais déménager n'est pas commode) ce qui signifie aussi que l'affaire centrale du roman, ou une de ses dimensions centrales en tout cas, c'est en effet l'assassinat de Catherine. Voilà, ça c'est fait. Ensuite, pour en revenir la finalisation du manuscrit, si j'en parle c'est aussi parce que symboliquement, du point de vue de mon règlement intérieur, cela signifie que Monsieur Surmoi qui me gronde beaucoup quand je me disperse et que j'écris dix-huit romans en parallèle avec mon téléphone dans une main et une poêle à frire dans l'autre (il n'a peut-être pas complètement tort, quoique ça puisse aussi être vu comme l'instauration d'un cercle vertueux, plus je fais de choses, plus je fais de choses) m'autorise désormais officiellement à me consacrer pleinement au texte suivant, à supposer évidemment que je sorte indemne ou du moins pas trop abimée du surmenage dont je suis actuellement l'objet consentant, mes yeux hallucinés de zombie stakhanoviste ne présageant toutefois rien de bon de ce côté-là.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Ai rédigé la quatrième de couverture aussi. Nettement plus compliqué. Heureusement je n'étais pas complètement toute seule, un comité consultatif était là pour m'épauler. Ce qui ne m'a pas empêchée d'écrire très exactement dix-huit quatrièmes de couverture - dont quinze, quand même, à vocation exclusivement ludique, ambiance amuse tes amis en transformant ton obsession de l'exploration exhaustive de toutes les voies possibles en exercice de style rigolo - et de mener une enquête approfondie sur le genre. Ainsi, j'ai pu très scientifiquement et après examen d'un certain nombre de dos d'ouvrage pas du tout représentatifs de la population littéraire française établir par &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Induction"&gt;induction&lt;/a&gt; qu'il existait principalement trois grands types de quatrièmes de couverture, à savoir : 1) les extraits purs et durs, 2) les résumés-commentaires qui portent sur le texte un regard externe (ex : "&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Cuisine brûlante&lt;/span&gt; est un récit fiévreux dans lequel, Marc, charmant quadragénaire...") et enfin 3) les approches plus personnelles, avec un point de vue interne à l'oeuvre (ex : "Sophie, 32 ans. J'aime Marc, passionnément. Mais..."). Sachant évidemment qu'il existe des formes mixtes (ex : combo extrait + commentaire externe) ou hybrides (ex: approche interne dans le fond mais externe dans la forme). Si on met de côté la solution numéro 1, la ligne de démarcation, la question qui se pose est donc : est-ce qu'on émet un discours depuis l'intérieur du texte (par exemple en reprenant la voix d'un des personnages) ou bien est-ce qu'on en parle depuis l'extérieur, comme quelqu'un qui ayant lu le texte donnerait son avis dessus. Cette dernière solution est quelque peu plus simple, sans doute plus classique également, puisque j'imagine (je me trompe peut-être) qu'initialement la quatrième était conçue comme un propos du type, on vous parle du livre, on vous dit ce que vous allez y trouver, à la manière d'un ami bienveillant qui l'aurait lu et qui vous donnerait son avis. Sachant que, évidemment, lorsque le rédacteur de la quatrième et l'auteur ne constituent pas deux individus distincts, la chose du point de vue de son exécution revêt un caractère un brin étrange, mais en même temps l'acrobatie identitaire n'est pas un critère, on parle du résultat. Ensuite, du côté de la solution interne, que j'appelle ainsi un peu abusivement car j'y range tout ce qui ne tombe pas dans le descriptif avec émetteur clairement positionné au dehors, on est plus dans quelque chose qui rendrait compte du contenu non pas par le commentaire, mais en donnant à voir un peu de sa matière même. Ca peut donc être une sorte de résumé complet ou fragmentaire qui garde clairement le ton du texte, qui est sans équivoque constitué de la même substance que lui, et en ce sens on peut aussi ranger ici les extraits. Ou bien, encore plus loin, on trouve aussi des quatrièmes qui font véritablement partie du livre, qui le complètent, le parachèvent en offrant au lecteur une sorte de dernière (et en même temps première) partie du texte. Je pense ici à ce qu'a fait &lt;a href="http://lescorpsempeches.net/corps/"&gt;Emmannuelle Pagano&lt;/a&gt; pour ses &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6222"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Mains gamines&lt;/span&gt;&lt;/a&gt; : dans le livre, il y a quatre narratrices qui évoquent toutes un cinquième personnage femme, lequel est au fond le personnage central de l'histoire, mais un personnage muet, qui ne prend jamais directement la parole dans le récit ; et justement, en &lt;a href="http://lescorpsempeches.net/corps/?page_id=39"&gt;quatrième de couverture&lt;/a&gt;, c'est ce cinquième personnage qui parle à la première personne, ce qui ajoute véritablement quelque chose au livre, puisqu'on n'avait jamais eu accès à cette subjectivité-là auparavant. Enfin moi je l'ai pris comme ça, mais d'autres interprétations sont possibles, on pourrait aussi dire - notamment parce qu'il y est fait mention d'un désir d'écrire - que sur la quatrième, c'est Pagano auteur qui parle. Cependant je ne crois pas, franchement. Dernier élément relevé : au cours de mon investigation, j'ai aussi noté que l'usage de ces différentes formules (externe/interne pour aller vite) se corrélait positivement avec la variable éditeur, autrement dit que les maisons avaient leurs habitudes en la matière. Et en l'occurence chez &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/"&gt;POL&lt;/a&gt;, où Catherine habitera éditorialement parlant, l'option privilégiée semble être assez nettement la numéro 3 de ma liste initiale - chose que je savais déjà avant de me lancer dans cette passionnante étude puisqu'on me l'avait dit et en des termes autrement plus clairs que ce que je vous raconte ici - ce qui tombait plutôt bien puisque c'était justement ce que j'avais prévu. C'est tout, il n'y a en fait aucune conclusion, c'était simplement pour le plaisir de partager mes observations et mon amour de la précision - parce que moi voyez-vous, quand je m'attaque à un exercice, c'est sérieusement et avec la volonté d'embrasser le champ entier dans son ensemble, qu'il s'agisse de quatrièmes de couverture ou de scoubidous.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : ce blog participera, comme d'autres sites, au jeu fictionnel de &lt;a href="http://www.jenvrey.net/"&gt;Dominiq Jenvrey&lt;/a&gt;. Lancement le 16 octobre.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-884721066138276733?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/884721066138276733/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=884721066138276733' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/884721066138276733'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/884721066138276733'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/09/me-suis-lance-dans-les-scoubidous.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-1347612853596364130</id><published>2008-09-17T23:10:00.011+02:00</published><updated>2008-09-18T00:02:26.212+02:00</updated><title type='text'></title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne suis pas spécialiste de la matière, mais je me dis que cette fatigante question autofiction Vs roman du réel et/ou écriture intimiste Vs roman social - dont la formulation même devrait être réinterrogée à mon avis - a quelque chose à voir (j'entends : est sans doute une des expressions, traductions de, mais dans un autre espace et sous une autre forme) avec la querelle épistémologique qui dans le domaine des sciences humaines opposa et oppose encore épisodiquement partisans de la compréhension et de l'explication. Ca permettrait peut-être de saisir ce qui se joue là-dedans en termes d'histoire des idées par exemple. Et puis un jour, attention je change d'angle, il faudrait quand même que les gens comprennent qu'il y a une différence entre un caillou qui roule et un être humain, et que partir de l'intérieur pour décrire ce n'est quand même pas la plus inappropriée des options qui soient quand l'objet se trouve aussi être, accessoirement, un sujet pensant. Et que de la même façon, quand dans un récit littéraire on prend pour point de départ l'exploration d'une subjectivité, on n'est peut-être pas en si mauvais chemin que cela pour dire quelque chose sur le monde (tout comme, symétriquement mais d'une manière parfois beaucoup moins consciente, ceux qui parlent des autres disent souvent quelque chose sur eux-mêmes). À condition cependant qu'il y ait un travail derrière évidemment. D'ailleurs, soit dit en passant, je suis aussi pour l'empathie envers les cailloux, je pense que se mettre à la place d'un caillou ça peut permettre de savoir pourquoi il dévale la colline, je pense que si j'étais un caillou je dévalerais la colline parce que je serais frustrée de ne pas pouvoir sautiller parmi les rochers comme les bouquetins autour de moi, je crois que ça m'énerverait beaucoup et que je ferais mon possible pour me déplacer moi aussi, et cela je peux d'une certaine façon le ressentir de l'intérieur, mais c'est une autre affaire, j'ai toujours eu un problème de personnification des objets, au point que devant certains d'entre eux, je ne peux plus dire  à voix haute "ce n'est qu'un objet" car sinon ils se vexent et moi je meurs de culpabilité. Enfin. Étant absolument ignorante, ne sachant pas du tout ce qui a été déjà fait, écrit dans ce domaine, et pire, n'ayant même pas cherché à savoir, je n'ose en dire plus, toutefois si jamais ça n'existe pas, je trouverais intéressant qu'un jour quelqu'un fasse le lien, &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Karl_Popper"&gt;Popper&lt;/a&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;champion&lt;/span&gt;) Vs &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/J%C3%BCrgen_Habermas"&gt;Habermas&lt;/a&gt; (&lt;span style="font-style: italic;"&gt;challenger&lt;/span&gt;) au regard de la fiction ça a quand même plus de gueule que ce qu'on entend actuellement. Cela dit de mon point de vue, mais là c'est nettement moins facile à défendre, le problème à la source est que les gens croient - c'est évidemment ce qu'on leur répète à longueur de journée - que leur esprit est dans leur tête et seulement dans leur tête. Alors que &lt;a href="http://www.leseditionsdeminuit.com/f/index.php?sp=liv&amp;amp;livre_id=2037"&gt;non&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Mais passons. J'ai énormément de travail en ce moment, il y a tout qui me tombe dessus d'un seul coup comme d'habitude, ce n'est pas ça qui va arranger mon appréhension déjà franchement hostile de la bureaucratie moderne. En parallèle il y a des choses, voilà des choses, des éléments, des petits fichiers sur mon ordinateur dont le contenu croit, s'étoffe, et prend de l'assurance (peut-être). J'ai failli écrire des petites graines, mais il y a des limites, la métaphore ridicule pour conjurer ma fausse humilité, fausse parce que faisant système avec une prétention démesurée, ce n'est peut-être pas l'idéal. Donc. J'ai fait le calcul, si je mène à bout tout ce que j'ai en chantier, j'en ai pour dix ans au moins. Du coup flotte aussi devant moi, devant mes yeux spirituels, une interrogation sur les priorités : au-delà du ressenti, de la tarte à la crème de la nécessité intérieure, je pense qu'on peut aussi faire des choix, surtout quand on a un peu trop de nécessité justement et que ça déborde de partout jusqu'à faire une bouillie cérébrale. Il y a ce qui relève de l'urgence, il y a les raisons conjoncturelles, d'accord, mais au-delà, on peut décider, oui. Ou peut-être. En fait je ne suis pas sûre, je me pose des questions pour dans deux ans à peu près. Mais je me les pose quand même, car je suis une fille prévoyante, et elles prennent - ce qui est assez symptômatique au demeurant - à peu près la forme suivante : qu'est-ce que je suis la mieux placée pour faire, voire qu'est-ce que je suis la seule, ou une des seules, à pouvoir faire. Tout de suite ça détend, n'est-ce pas. Ce n'est pas une histoire de singularité, d'originalité, ça je m'en fiche et même, j'aime bien voir justement des échos ailleurs, je prends ça plutôt comme quelque chose d'encourageant. Non. C'est l'idée qu'il faut faire ce qu'on peut faire le mieux, indépendamment de l'échelle d'ailleurs. Et que, en corollaire, il ne sert à rien d'occuper une place que d'autres pourraient occuper, voire mieux occuper. Il s'agit de s'employer au mieux si l'on veut. Et là, nous pouvons tous saluer bien cordialement la lignée de pasteurs calvinistes dont je descends : participer à l'édification du monde de la meilleure façon qui soit, être la bonne personne à la juste place et ensuite espérer, attendre un signe, l'accomplissement comme symptôme - et non comme cause, attention - de la grâce et donc du salut divins.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Une dernière chose. J'ai entendu Régis Jauffret &lt;a href="http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/jour_lendemain/fiche.php?diffusion_id=65577"&gt;chez Veinstein&lt;/a&gt;, parler de &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Lacrimosa&lt;/span&gt;, ouvrage qui pour des raisons évidentes suscite mon intérêt. À propos du fait que, pour la première fois et alors même qu'il avait eu des mots très durs contre l'autofiction, il a écrit un livre en partie autobiographique, il a dit quelque chose comme (je cite de mémoire) : sans doute que, tout comme les gens qui critiquent les hommages, les marques de reconnaissance sociale et qui finalement sont les premiers à se jeter dessus quand ils en ont l'opportunité, je critiquais ce qui, quelque part, me faisait envie. Belle honnêteté, ai-je trouvé.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;PS : &lt;a href="http://www.editions-ere.net/projet158"&gt;TINA&lt;/a&gt; est sortie, TINA a les coins tout rond, TINA ne m'a pas mordue.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-1347612853596364130?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/1347612853596364130/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=1347612853596364130' title='4 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/1347612853596364130'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/1347612853596364130'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/09/je-ne-suis-pas-spcialiste-de-la-matire.html' title=''/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>4</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-6784201827925210590</id><published>2008-08-06T11:40:00.008+02:00</published><updated>2008-08-06T17:21:07.549+02:00</updated><title type='text'>Rattrapons le temps perdu</title><content type='html'>&lt;div  style="text-align: justify;font-family:georgia;"&gt;&lt;br /&gt;Allez, il faut se lancer maintenant. Et articuler bien distinctement : &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine&lt;/span&gt; sera publié chez &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/"&gt;POL&lt;/a&gt; en février 2009. Voilà, ce n’était pas si compliqué. Enfin si, quand même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Voici quelques-unes des tentatives précédentes :&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;Aujourd’hui, 01H17&lt;br /&gt;Je veux être capable de m’extraire du contexte actuel de mes conditions de vie et simplement avoir le courage de me poser. Pas forcément bouger, avancer, attaquer, juste me positionner sur le plateau de jeu et dire, voilà je suis ici, je suis toute petite et vous ne me voyez sans doute pas, mais j’existe.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Aujourd’hui, 00h58&lt;br /&gt;Ces derniers temps au milieu du champ de ruine à la question, qu’est-ce qui me rattache à la vie, la seule réponse valable – qui résiste à toutes les déconstructions – semble être : j’ai encore trop de choses à écrire pour mourir maintenant. Les amis, les histoires d’amour, les liens créés avec les gens, c’est malheureux à dire mais tout cela n’a que peu de poids. Que j’en sois là aujourd’hui est tout le paradoxe de ma situation : malgré son titre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tuer Catherine&lt;/span&gt; est un roman (c’est un roman !) optimiste qui déblaie les déchets du passé pour faire place à la possibilité d’une existence, et peut-être même d’une écriture. Seulement le problème, c’est que depuis le bouclage du manuscrit j’ai légèrement sombré, trop de traumatismes en trop peu de temps, je ne veux pas détailler cependant l’irruption d’une mort, j’allais dire réelle mais je n’aime pas ce mot, disons la mort d’une personne physique, proche et très importante, a fait disjoncter pas mal de circuits, sans parler des autres événements, je navigue entre &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Pulp fiction&lt;/span&gt; et &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Rapport minoritaire&lt;/span&gt; dernièrement. Ce n’est pas très glamour tout ça. Je sais. Mais c’est pour dire que lorsque je lis &lt;a href="http://www.chloedelaume.net/remarques/index.php"&gt;ceci&lt;/a&gt;, de la part d’une fille comme &lt;a href="http://www.chloedelaume.net/publications/index.php"&gt;elle&lt;/a&gt;, ça me donne quand même beaucoup de courage.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;03 août 2008, 16h15&lt;br /&gt;Ceux qui comptent sont déjà au courant depuis un moment. Forcément ça fait un moment. Ben oui.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;02 août 2008, 15h23&lt;br /&gt;Voici le problème. Je suis trop snob maintenant, pour... Elle est occupée à ramasser ses intestins qui traînent sur le parquet ! C'est bien. Tu nous a prouvé que tu savais imiter X et Y. D'accord tu imites bien. Plutôt bien. Mais toi. Moi ? Mais je n'existe pas enfin, quelle idée. Tenez, &lt;a href="http://revuetina.blogspot.com/"&gt;Tina&lt;/a&gt; par exemple. Ca me paralyse complètement ce truc je ne sais pas comment dire, rien que l'idée du papier j’ai envie de m’enterrer. (Je n’oserai jamais toucher la revue ou alors il faut me donner un exemplaire où les pages de mon texte ont été arrachées, comme ça je pourrais lire le reste, ce que j’aimerais beaucoup par ailleurs.)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;31 juillet 2008, 17h12&lt;br /&gt;Ici il ne se passe rien, on est bien d'accord. Ce n'est pas faute d'essayer : chaque jour ou presque un brouillon de post voit le jour, cependant le temps que je le termine mon brushing cérébral est de nouveau complètement défait, le vent souffle fort et je me décoiffe facilement du cortex en ce moment ; ce n'est pas très pratique pour donner des nouvelles. Surtout, j'ai un problème de statut, je ne sais vraiment plus à quoi sert ce blog. Avant c'était simple, ou du moins nettement plus facile – toujours la nostalgie des époques révolues revisitées, je sais. Mettre des extraits de textes en cours en ligne ? À quoi bon, je veux dire je suis qui moi pour faire ça. L'entre-deux est compliqué, je suis ni-ni. Vous ne comprenez pas bien sûr, puisque je n'explique rien, qu'elle est pénible cette fille. Raconter ma vie ? Textes bâtards. Ou bien parler d'écriture, dire voilà aujourd'hui j'ai fait ci, j'ai fait ça, je déteste les corrections ça me met hors de moi et vous qu'en pensez vous, ne répondez pas de toute façon votre avis ne m'intéresse pas. Aujourd'hui dans mon monastère de luxe une autre pensionnaire a essayé de me convier à sa table, et j'ai dû la fuir. J'ai pensé ensuite à cette phrase, &lt;a style="font-style: italic;" href="http://www.marianne2.fr/-Je-ne-suis-pas-la-pour-me-faire-des-amis-slogan-de-la-societe-tele-realiste-_a89075.html"&gt;je ne suis pas là pour me faire des amis&lt;/a&gt;. En même temps c'est vrai, je ne suis pas là pour me faire des amis. Mais. Déjà c'est vexant d'être si banale et surtout si je ne veux plus d'amis du tout jamais ça va être un peu dur malgré tout. Je porte une robe d'Élodie aujourd’hui. Je sais que vous allez dire, elle file un mauvais coton la pauvre. Mais vous ne savez rien, vous ne savez rien de mon deuil.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Hier encore j'ai pensé à mon autre langue, au manque d'harmonie dont je dispose pour la manier. C'est une contrainte intéressante même si elle fait mal. Intéressante car elle permet d’aller droit au but : j'ai posé ma tête sur la table à côté du couteau.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;17 juillet, 21h00&lt;br /&gt;Je suis surexcitée, je viens de trouver le titre de mon prochain texte. C'est à la fois extrêmement simple et assez vicieux quand on y regarde bien. Mais attention je le garde pour moi. Pas que ce soit un secret d'État mais si le texte venait à n'avoir aucun avenir je pourrais toujours échanger avec le suivant que je ferai ainsi passer pour celui dont je vous parle alors que si je donne le titre tout le monde saura.&lt;br /&gt;- Nan mais ça tu ne peux pas l’écrire connasse ils ne savent pas que !&lt;br /&gt;- De toute façon la fille qui n’a même pas encore sorti son premier texte et qui parle déjà du deuxième comme d’un livre, c’est complètement ridicule.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;08 juillet, 18h12&lt;br /&gt;Je pense que j'aurais pu attendre le 15 août histoire que tout le monde soit vraiment en vacances quand je l’annonce mais au fond maintenant je m'en fiche, je me suis détendue. (pas de suite)&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;04 juillet, 12h08&lt;br /&gt;Au début j'avais prévu de faire ma maligne, de ne rien dire et de faire comme si de rien n’était. Enfin ma maligne, ma terrorisée oui, imaginant les lecteurs découvrant le texte dans TINA et suffoquant à la vue de la mention qui précise que.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;30 juin 2008, 01h28&lt;br /&gt;Vous voulez que je vous dise que je vous dise vraiment ? à votre place je prendrais mes jambes à mon cou je pendrais ma langue à un clou je trancherais mes tendons à genou ça suffit, je suis tombée dans une fosse temporelle mon coeur tuberculeux implose chaque seconde : mourir en silence ne sert à rien, seule compte l'exemplarité de mon cas je veux devenir un paradigme humain au brushing cérébral impeccable (mais ensuite il faudra encore revenir s'excuser c'est monstrueusement fatigant). Et l'autre qui ne rappelle pas, je veux dire il s'agit de me sauver la vie quand même cependant non, elle ne rappelle pas. Tant pis je l'ai bien cherché je l'ai bien cherché je voulais confectionner un chapeau chinois avec mon ticket de métro et ensuite descendre danser dans la rame, j'aimerais bien encore vous parler d'elle vous parler d'elle mais vous en avez assez, tellement assez, indifférents à la pénibilité de la tâche vous êtes excédés la route est étroite le chemin est escarpé, mes yeux déments se balancent suspendus au plafond de la salle de bains, je fais quoi de moi de ces globes oculaires qui se promènent dans la maison de façon autonome je décline toujours les mêmes images c'est pénible. Il n'y a plus rien, je suis terrorisée je n'ai pas dit tout ce que j'avais à dire loin de là mais ce n'est plus possible comme ça, plus maintenant. Il faut essayer d'être sincère c'est cela, je ne vois plus l'intérêt vous ne pouvez pas comprendre puisque je mange la moitié de mes phrases c'est une fille très gourmande peu importe, jetez moi en prison pour rétention d'information je l'ai bien cherché ma bave sur la botte de foin il n'y a pas de faute d'accord. Car c'est ni oui ni non toujours, j'avance et je recule déclare et me défausse, je n'assume rien alors devenir un paradigme franchement. Nan mais franchement.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; 26 juin 2008, 10h58&lt;br /&gt;Si ce n'était pas moi ça ferait longtemps que je l'aurais annoncé. Si ce n'était pas moi mais une bonne copine, je trouverais ça juste formidable. Le problème c'est que je ne suis pas trop copine avec moi-même.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; Docteur Knock : Je ne comprends pas, non vraiment je ne comprends pas ce qui vous a pris de déposer ainsi votre cerveau sur la table de la cuisine, juste à côté du grand désosseur à jambon en plus, ça ne mène à rien et c'est passablement impoli, mais arrêtez de sourire bêtement comme cela c'est pénible vous n'avez aucune raison de vous réjouir je vous signale, je crois que vous n'avez pas bien pris la mesure de la situation dans laquelle vous vous êtes fourrée, qu’est-ce que nous allons faire de vous ?&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;C'est drôle cette façon de me museler. Ça m'empêche de parler de ce qui me préoccupe. Après les épreuves (les épreuves !) ça ira mieux. Je suis déjà sur autre chose, en vérité j'étais déjà sur autre chose avant et pendant Catherine, mais là c'est encore une autre affaire. Je n'ose pas trop en parler, je n'en suis pas au stade où je puisse annoncer, mon prochain livre blablabla.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; 25 juin 2008, 11h23&lt;br /&gt;Il y a un truc que je voudrais vous dire mais que je n'arrive pas. Vous êtes trop loin. Quelque chose a changé entre nous, vous n'y êtes pour rien mais ce ne sera plus possible comme avant.&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;span style="font-size:100%;"&gt; 12 mai 2008, 15h12 (première tentative connue à ce jour)&lt;br /&gt;Je viens de vérifier sur mon agenda et ça fait tout de même depuis le 25 mars que je le sais. Dans la marge il est écrit - ce sont des phrases notées dans le métro – &lt;span style="font-style: italic;"&gt;d’une main j’écrase l’espoir ne fait pas vivre mais survivre au fond de moi la terreur / un pacte avec le diable pas pour un seul livre quand même mais pour trois pourquoi pas oui trois plus une reconnaissance acceptable marché conclu / que c’est pénible ces écrivains qui ne font qu’écrire sur l’écriture c’est pathétique ! &lt;/span&gt;autant dire que je n’étais pas très optimiste en allant à mon rendez-vous important. &lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: center;"&gt;***&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;Merci à Chloé, donc, de m’avoir débloquée. J’étais de toute façon au pied du mur avec TINA où la future parution est mentionnée, et c’était tant mieux sinon j’aurais été capable d’attendre la veille de la sortie en librairie pour le dire ici, mais elle me fait quand même gagner un peu de temps - puisque je ne peux décemment accueillir tous ces gentils internautes arrivant de chez elle sans dire un mot - et surtout me soulage d’un grand poids : quand c’est énoncé ailleurs, tout l’enjeu du comment je l’annonce au secours je vais mourir de honte retombe d’un cran. Tout cela n’était pas concerté évidemment, je précise au cas où. Un jour je raconterai sans doute un peu plus en détails l’histoire du texte et de comment j'ai passé mon temps à m'évanouir devant mon ordinateur.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-6784201827925210590?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/6784201827925210590/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=6784201827925210590' title='12 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/6784201827925210590'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/6784201827925210590'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/08/rattrapons-le-temps-perdu.html' title='Rattrapons le temps perdu'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>12</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-7635281388969194118</id><published>2008-06-27T18:02:00.003+02:00</published><updated>2008-06-27T18:11:35.599+02:00</updated><title type='text'>Confiture</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;La parcellisation de mon esprit avait atteint des sommets et puis d’un coup bizarrement, ça va mieux. Tout paraît clair, ordonné : je sais ce que j’ai à faire, dans quel ordre, mes petites fiches bristol sont à jour et j’ai cessé de courir après moi-même armée de mon stabilo à crampons. C’est qu'une fine couche de laque recouvre désormais mon corps, j'ai été passée à la bombe aérosol et les morceaux de ma personne tiennent ensemble. Pour le moment. Car tout cela est naturellement provisoire, déjà quelques mèches s'échappent du filet à chignon dont les mailles incisent ma peau cependant que mon amour des &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Stockholm"&gt;capitales scandinaves&lt;/a&gt; va croissant. En attendant, je suis comme la mouche collée sur le papier adhésif parfum confiture de framboise : vautrée dans le sucre et condamnée, mais sereine. Ce qui me permet d'occuper utilement mes journées, soit dit en passant.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-7635281388969194118?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/7635281388969194118/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=7635281388969194118' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7635281388969194118'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/7635281388969194118'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/06/confiture.html' title='Confiture'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-5036926268678054806</id><published>2008-05-10T15:44:00.015+02:00</published><updated>2008-05-20T20:02:51.066+02:00</updated><title type='text'>Fin de chantier</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Difficile de donner ici des nouvelles de ma personne alors que j'ignore moi-même comment je vais. D'&lt;a href="http://60millions.viabloga.com/news/le-ressort-optique-a-lache"&gt;autres&lt;/a&gt; peut-être, sont plus au courant. Cependant, mes chers petits lutins, votre présence bienveillante me réconforte, que vous veniez régulièrement me rendre visite et ce y compris en effectuant un long voyage depuis l'autre côté de la planète me touche infiniment : je ne serais rien, sans vous. (Un jour peut-être, nous serons enfin seuls.) Je délire un peu, mais je suis sérieuse et peu importe que de votre point de vue d'internaute s'égarant sur un blog comme un autre pour tuer le temps, l'énoncé soit faux. L'interprétation de ma vie m'appartient, c'est bien la seule chose dont je sois certaine en ce moment. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'habite un appartement dont les murs ont commencé à s'écailler quelques mois après mon emménagement. Ca a débuté très doucement, et puis la peinture n'a cessé de se fissurer, de gonfler, de cloquer. La lèpre sur les parois comme dans ma vie malade, insidieuse et laide. Il y a deux semaines, des ouvriers sont venus soigner le revêtement. Des jours durant et cependant que j'étouffais de n'être pas seule, ils ont gratté, poncé, colmaté, blanchi, repeint, et l'appartement est redevenu comme neuf. J'ai cru un temps que c'était là un heureux présage, le signe d'un apaisement de mon existence en chantier. Mais non : les murs, sous leur joli vernis, souffrent d'autant plus que leur douleur est désormais cachée. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'écris beaucoup. Des choses diverses. Des choses comme : &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;sans voix, sans choix, sans moi, j'ouvre muette ma bouche mais le son ne sort pas&lt;/span&gt;. Au moins, ça rime. C'est à cause du &lt;a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/casey%2Bvendre/video/x10c7a_casey-pas-a-vendre_music"&gt;rap&lt;/a&gt;. J'ai aussi essayé d'autres trucs un peu plus sérieux, mais comme ça a plus d'enjeu je ne veux pas les mettre ici, on verra plus tard. J'ai beaucoup de mal avec la valeur des textes en ce moment, je bute sur cette question de façon récurrente et absolument stérile, c'est une vieille habitude. Que je recommande chaudement, au passage, à tous ceux qui souhaitent s'auto-inhiber d'une façon simple et efficace. Mais il y a pire encore : le sens, la liberté que je ne prends pas, et le savoir. Je dessine aussi, un peu. C'est d'un autre ordre, je sais que je dessine comme un pied et que c'est juste thérapeutique. Je sais aussi que je me mets à passer au visuel lorsque je commence à me déconnecter sérieusement du réel. Hier, un croquis automatique : une femme, menacée d'un revolver tenu par une main inconnue, signe à genou une feuille de papier noircie de texte. À sa gauche, dans le coin, la tête visiblement sans vie d'une autre femme. J'aurais bien aimé savoir ce qu'il y avait d'écrit sur le document qu'elle signait, mais je ne parviens pas à déchiffrer. J'ai toujours pensé trouver dans mes peintures, mes dessins, des réponses à des énigmes fascinantes. Élodie, en me relisant je me dis que c'est terrible, qu'elle n'est plus que fiction maintenant, me disait souvent : il n'y a pas d'énigme à décoder, pas d'énigme à décoder, et c'est ce qu'il fallait qu'on me dise. Elle me manque, terriblement. J'oublie encore souvent qu'elle est morte, quel mot affreux, j'ai le réflexe de l'appeler, de lui envoyer un mail, pour lui faire part de quelque chose qui m'est arrivée, ou bien que j'ai entendue ou lue et qui pourrait l'intéresser. Et d'un coup, la conscience du vide. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ai envoyé le texte pour &lt;a href="http://revuetina.blogspot.com/"&gt;Tina&lt;/a&gt;. J'ai fait comme prévu : j'avais une idée de départ, je l'ai mise de côté parce que je pensais qu'elle n'était certainement pas bonne, j'ai proposé autre chose et puis &lt;a href="http://www.chloedelaume.net/remarques/index.php"&gt;Chloé D.&lt;/a&gt; m'a dit, tu sais là ils ne vont rien comprendre, tu ne veux pas plutôt publier tel passage ? Ledit passage étant évidemment celui auquel j'avais pensé initialement. Je l'avais &lt;a href="http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/03/pourquoi-toujours-mettre-un-titre.html"&gt;prédit&lt;/a&gt;, notez bien. Cela dit, et même si j'ai envie de me cacher sous la terre, je suis trop fière d'être dans ce numéro, le premier en plus, et avec &lt;a href="http://www.lutzbassmann.org/"&gt;lui&lt;/a&gt; dedans. Il m'est également arrivé une histoire assez drôle : un truc envoyé il y a deux ans pour un appel à textes, vient d'être accepté. Je l'avais complètement oublié. Il est troublant de se relire si longtemps après, j'avais tout juste recommencé à écrire depuis six mois, un an maximum, je me reconnais parfaitement et en même temps je n'aurais pas écrit ça comme ça aujourd'hui. Plus tard, je vous raconterai encore autre chose. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;En somme, tout ça n'a pas d'autre intérêt que de dire, je suis en vie. Le poser ici, à la charnière du public et du privé, est une bonne solution je crois. Et promettre des développements à venir, c'est l'assurance - puisque la parole donnée me lie - de revenir. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-5036926268678054806?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/5036926268678054806/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=5036926268678054806' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5036926268678054806'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5036926268678054806'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/05/difficile-de-donner-ici-des-nouvelles.html' title='Fin de chantier'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-5887709848780581541</id><published>2008-04-08T16:41:00.007+02:00</published><updated>2008-04-08T17:59:18.731+02:00</updated><title type='text'>Réforme</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je suis capable de dire, très posément et sans ciller : c'est lié à un événement personnel, ma meilleure amie s'est suicidée au mois de juillet. Ou encore, extrêmement courtoise : je suis vraiment travaillée par cette problématique du deuil vous comprenez, sous-entendu &lt;span style="font-style: italic;"&gt;mais on verra cela plus tard&lt;/span&gt;. Cependant une fois rentrée chez moi, une fois seule, je déplie mes souvenirs, il ne reste d'elle maintenant rien d'autre que des souvenirs /&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;dans lesquels je me roule en ricanant comme une possédée&lt;br /&gt;dans lesquels je me vautre en trébuchant comme une estropiée&lt;br /&gt;dans lesquels je me cache en marmonnant comme une illuminée&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;/ que je partage avec moi-même telle un &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Martin_de_Tours"&gt;Saint Martin&lt;/a&gt; automiséricordieux, et je réprime ma nausée ; il est proprement criminel de parler ainsi.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-style: italic;font-size:85%;"&gt;Pourquoi, oui pourquoi. Je me fracasse la tête contre la table et je pleure, je pleure tous les jours, toutes les minutes, toutes les secondes, des larmes j'en ai versé des litres comme c'est convenu, oui c'est convenu oui c'est convenu et alors est-ce pour autant que je n’ai pas le droit, je revendique mon droit à me comporter comme une endeuillée convenue je suis venue avec elle elle est repartie sans moi le mur je me heurte contre tout contre et non pas avec en compagnie de chemin faisant, je suis seule avec mes allitérations à la noix sur les bras. Vous savez qui elle était pour moi ? Non vous ne savez pas et ne saurez jamais, j'ai failli devant tant d'indifférence, je vous hais et ma rancune est malgré mes sourires et les dénégations parfaitement sincères dont je vous gratifierai quand vous me poserez la question tenace et irréversible, tout remettre en cause et renoncer, mais à présent j'ai retrouvé au moins une chose, je connais ma valeur j'ai même des preuves.&lt;/span&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;blockquote&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;&lt;/span&gt;&lt;/blockquote&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Les gens sont gênés lorsque les larmes vous viennent aux yeux. Ils n'aiment pas les larmes, c'est laid, ça déforme le visage et surtout c'est tellement, mais alors tellement impudique de pleurer en public, donner à voir ses sécrétions corporelles devant du monde ça ne se fait plus de nos jours ce n'est pas décent, la &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Norbert_Elias"&gt;civilisation des moeurs&lt;/a&gt; est passée par là.&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;br /&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Cependant à chaque fois que je parle d'Élodie sans pleurer je mens, je mens terriblement, scandaleusement, honteusement, je devrais et ce ne serait que justice être sur le champ terrassée par la foudre divine pour ensuite être écartelée par des chevaux de trait écumant de rage puis voir les différentes parties de mon corps embrochées sur des pics aux quatre portes de la ville. Alors, c'est de la culpabilité me direz-vous face au vide à la détresse à l'impuissance générés par le cataclysme il faut continuer à vivre à s'accrocher à y croire rien ne sert de se morfondre de sombrer à son tour la vie continue continue continue je vais vous arracher les paupières taisez-vous, et puis de toute façon vous voyez bien qu'il ne sert strictement à rien d'essayer de discuter avec moi je fais les questions et les réponses ne vous acharnez pas, je ne veux rien entendre. Vous par contre, vous allez m'écouter et pas qu'un peu, car nous ne sommes pas ici entre égaux les dés sont pipés, c'est moi qui parle et je suis reine en mon royaume : &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Cujus_Regio,_Ejus_Religio"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;cujus regio, ejus religio&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-5887709848780581541?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/5887709848780581541/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=5887709848780581541' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5887709848780581541'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/5887709848780581541'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/04/rforme.html' title='Réforme'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-2549134674952090328</id><published>2008-04-03T18:38:00.000+02:00</published><updated>2008-04-03T19:30:47.787+02:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Egotrip'/><title type='text'>...as I am...</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier soir choc musical à la &lt;a href="http://www.cite-musique.fr/"&gt;Cité de la musique&lt;/a&gt; en écoutant "...as I am..." de &lt;a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Dai_Fujikura"&gt;Fujikura&lt;/a&gt;. Mais je ne peux rien en dire, les mots seraient forcément en dessous. Juste que c'était sublime. Juste que &lt;a href="http://www.lorelixenberg.co.uk/"&gt;Lore Lixenberg&lt;/a&gt; est une déesse. Juste que tout ce que je voudrais, c'est avoir le droit un jour de m'allonger à plat ventre devant elle se tenant debout, le visage dans la poussière, et pleurer de reconnaissance. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier journée découverte du fait que les arachides en coque telles que vendues dans le commerce ne sont pas crues. Stupeur. Pour les cacahuètes en sachet à vocation apéritives, d'accord, mais celles en coque ? Depuis quand une graine dans sa coque est-elle sensée avoir fait l'objet d'une cuisson de quelque nature que ce soit ? Moi je croyais qu'une coque ça voulait dire, bonjour je suis comme quand j'étais sur l'arbre, ou le buisson, ou peu importe, mais bref, je n'ai fait l'objet d'aucun traitement, ouvre-moi et tu communieras directement avec la nature. Et bien pas du tout. Ces salauds, ils font rôtir la cacahuète tout en lui laissant sa maison, histoire de mieux vous tromper. Mais c'est fini tout ça, à partir de maintenant j'achète mes cacahuètes crues et je les grille &lt;a href="http://blogourmandise.canalblog.com/archives/apero_miam/index.html"&gt;moi-même&lt;/a&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Hier matin examen sérieux de l'éventualité de me retirer dans un monastère pour un temps indéfini. Isolement, travail, silence, une existence simple consacrée à la lecture et à l'étude. Des journées ponctuées de rituels pour maintenir la structure mentale en place et des cloches pour se lever tous les matins à l'aube - les insomniaques et autres déstructurés du sommeil comprendront. Des interactions brèves et limitées avec autrui, juste le nécessaire pour ne pas perdre l'usage de la parole échangée. Pouvoir vivre pleinement son autisme sans pour autant sombrer dans la désorganisation nerveuse, en somme. Puis sont venues les questions angoissantes : est-ce qu'on a le droit d'avoir internet dans sa chambre ? combien ça coûte ? est-il possible de payer en plusieurs fois sans frais ? on peut prendre une douche tous les jours ? il y a du shampooing aux extraits de protéines de soie spécial cheveux longs, ou bien je dois l'apporter moi-même ? est-il permis de mettre du nutella sur son pain sec au petit-déjeuner ? Alors, je me suis renseignée. Beaucoup d'institutions proposent des retraites, mais des retraites de petits joueurs : huit à dix jours maximum, à trente euros par jour environ, sachant que &lt;span class="Apple-style-span" style="font-style: italic;"&gt;&lt;a href="http://www.ndganagobie.com/accueil.htm"&gt;l'aspect financier ne doit en aucun cas être un obstacle&lt;/a&gt;. &lt;/span&gt;Pour un séjour plus long, la seule option est de se faire passer pour une aspirante-moniale, et de partir quand on en a marre (et donc de préférence avant d'avoir fait sa &lt;a href="http://www.dominicains.fr/var/ezwebin_site/storage/images/media/images/quelques_etapes_de_la_vie_dominicaine/la_profession_solennelle_au_couvent_de_lille/3164-1-fre-FR/la_profession_solennelle_au_couvent_de_lille.jpg"&gt;profession solennelle&lt;/a&gt;). Autre déception, on ne peut pas passer sa vie à lire dans sa cellule en faisant semblant de prier. Non : il faut travailler de ses mains, fabriquer des &lt;a href="http://www.chalais.fr/article.php3?id_article=10"&gt;gâteaux&lt;/a&gt; ou des &lt;a href="http://www.chartreux.org/images/moniales/trav6.jpg"&gt;icônes&lt;/a&gt; ou de l'&lt;a href="http://www.beerbelgium.com/Rochefort.htm"&gt;alcool&lt;/a&gt; ou &lt;a href="http://www.chartreux.org/images/moniales/trav2.jpg"&gt;toute chose&lt;/a&gt; susceptible de devenir un bien de consommation à placer sur le marché. Et cela pas uniquement là où la règle prescrit explicitement le travail manuel, non - c'est que les monastères sont pauvres de nos jours, je me suis encore trompée d'époque. Du coup, c'est tout de suite moins drôle, il ne reste &lt;a href="http://www.chartreux.org/fr/moniales/a1.htm"&gt;plus beaucoup de temps&lt;/a&gt; pour lire de la poésie. Comme par ailleurs, la plupart des ordres mettent l'accent sur l'importance de la vie collective, ce que je voulais justement éviter, je me suis dit que tout compte fait, ermite me correspondrait sans doute mieux. Avec le wifi toujours, et des gens pour me réveiller tous les matins si possible. Mais en fait, &lt;a href="http://une-ermite-laique-consacre.com/ma-messe-de-consecration.html"&gt;non&lt;/a&gt;. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-2549134674952090328?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/2549134674952090328/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=2549134674952090328' title='1 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2549134674952090328'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2549134674952090328'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/04/as-i-am.html' title='...as I am...'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>1</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-2261057898623069533</id><published>2008-03-20T22:20:00.005+01:00</published><updated>2008-03-20T22:42:10.606+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Lectures'/><title type='text'>Nouvelles du monde</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Je ne comprends pas pourquoi &lt;a href="http://www.lemonde.fr/societe/article/2008/03/17/la-demande-d-euthanasie-de-chantal-sebire-tranchee-ce-lundi-par-la-justice_1023735_3224.html?xtor=RSS-3208"&gt;Chantal Sébire&lt;/a&gt; ne se suicide pas tout bonnement, elle me semble parfaitement en état de se procurer de quoi en finir. Est-ce qu’un journaliste français écrirait "Nous avons officiellement reconnu le Kosovo ce matin" dans un quotidien national ?  Ou plutôt, je ne comprends pas pourquoi personne ne discute de cet aspect : puisque j'ai droit à la photographie de cette brave dame chaque jour sous mon nez et que nous n'en sommes donc plus à ça près, on pourrait au moins me dire si son problème, c'est qu'elle ne peut pas, physiquement, mettre seule fin à ses jours ou bien si l'enjeu de toute cette affaire est, comme je le suppose peut-être hâtivement, l'obtention d'une autorisation officielle pour passer à l’acte. Edouard Levé a mis fin à ses jours peu de temps après avoir remis le manuscrit de &lt;a href="http://www.pol-editeur.fr/catalogue/fichelivre.asp?Clef=6187"&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Suicide&lt;/span&gt;&lt;/a&gt;  à son éditeur. En effet, il convient de bien faire la distinction entre d’un côté, un problème purement pratique, technique pour ainsi dire, et de l'autre, une demande ayant pour objet la reconnaissance juridique du geste. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Tu es bien placée pour persifler sur le sujet, dis donc. &lt;/span&gt;Livre qui pose, qui soulève, qui porte en lui comme rarement la question du hors-texte qui s'immisce dans la lecture que l'on a d'un texte. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;Comment aurais-je pu ne pas le lire, franchement. &lt;/span&gt;Évidemment, le second point emporte avec lui le précédent, mais seulement comme effet : on vous autorise à vous suicider, donc on vous en donne les moyens si vous n’êtes pas capable toute seule. Je ne pense pas, car la France ne parle généralement pas d'elle-même en employant la première personne du pluriel, elle utilise plutôt des tournures impersonnelles : l'hexagone s'est opposé à, Paris a décidé de, Matignon a pris position pour, etc. Comment donc ne pas se dire, comment donc ne pas chercher entre les lignes et malgré soi des indices annonciateurs de la mort à venir ? Sauf quand il s'agit de s'adresser à des étrangers justement. Alors, bien sûr, on dira nous avons fait ci, nous avons fait ça, notre pays est grand et beau et merveilleux. Difficile, surtout que le récit s’y prête plutôt bien : centré tout entier sur un ami du narrateur qui s’est donné la mort vingt ans auparavant, il est moins une histoire de deuil ("&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Je ne souffre pas en repensant à toi. Tu ne me manques pas. Tu es plus présent dans mon souvenir que tu ne le fus dans notre vie commune.&lt;/span&gt;" p. 107) que le portrait d’un suicidé. La réciproque cependant n’est pas vraie : obtenir une assistance pour exercer ce qui relève de la liberté individuelle n’équivaut pas à l’inscription du suicide dans le droit en tant qu’institution collective, et c’était un pléonasme. Ou encore, dans un contexte privé, on divertira ses interlocuteurs avec de savoureuses anecdotes du type, nous en France on mange des cuisses de grenouille, nous en France on a eu une horrible canicule tous les vieux sont morts, nous en France on a un président qui vole leur &lt;a href="http://www.dailymotion.com/relevance/search/sarkozy%2Bstylo/video/x4be7e_sarkozy-gratte-stylo-pendant-sa-vis_politics"&gt;stylo-plume&lt;/a&gt;  aux Roumains. Portrait troublant, car trop précis, trop intime, trop net pour être simplement nourri du matériau d’une relation d’amitié : on est moins dans la description des faits, dans les suppositions d’intentions, ou encore dans l’interprétation assumée comme telle, que dans l’immersion au sein d’une conscience, comme si on avait à faire à un narrateur omniscient ("&lt;span style="font-style: italic;"&gt;Face à ton miroir, heureux ou insouciant, tu étais quelqu'un. Malheureux, tu n'étais plus personne : les lignes de ton visage s'éteignaient, tu reconnaissais ce que ton habitude te faisais nommer "moi", mais tu voyais quelqu'un d'autre te regarder.&lt;/span&gt;" p. 42). Mais lorsqu'on parle en France, depuis la France et à l’attention des Français, on ne fait guère usage du nous, me semble-t-il. Toutefois, le récit est essentiellement mené à la deuxième personne du singulier (qui pourrait aisément se remplacer par la troisième), le narrateur étant un ami, et un ami sans doute pas assez proche pour être en mesure de se glisser dans la peau du personnage principal. D'ailleurs, on ne dit pas non plus que le pays auquel on se sent appartenir est notre maison. On ne déclare pas, je rentre chez moi après-demain, lorsqu'on est en séjour à l'étranger. On ne geint pas, quand est-ce que tu reviens à la maison tu nous manques, à un émigré avec lequel on ne cohabite pas. De là, de cet écart entre le point de vue formel de la narration (externe à la conscience du suicidé) et la nature de certains des éléments livrés naît le trouble : on sait bien qui parle, mais on se &lt;a href="http://www.magazine-litteraire.com/content/Homepage/article.html?id=7510"&gt;demande&lt;/a&gt; bien s’il parle toujours et uniquement de ce dont il a l'air de parler. En même temps, elle vient de &lt;a href="http://www.liberation.fr/actualite/societe/316596.FR.php"&gt;décéder&lt;/a&gt;&lt;span style="font-style: italic;"&gt;. &lt;/span&gt;Ca fait une différence de taille.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-2261057898623069533?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/2261057898623069533/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=2261057898623069533' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2261057898623069533'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2261057898623069533'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/03/nouvelles-du-monde.html' title='Nouvelles du monde'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-2602884771717913700</id><published>2008-03-14T00:03:00.003+01:00</published><updated>2008-03-14T09:58:43.686+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Egotrip'/><title type='text'>Lecture, après après</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;On m'a dit il y a quelques jours, et je crois que ce n'est pas infondé, que lors du &lt;a href="http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/02/le-14-fvrier-mycroft.html"&gt;passage&lt;/a&gt; à Mycroft j'avais lu d'une façon trop pédagogique, genre prof qui parle à ses élèves, et que ce n'était pas forcément ce qui était attendu. Je mets de côté l'aspect au secours je suis donc bien une grosse nulle j'avais raison depuis le début, pour réfléchir à ce que ça implique. Déjà, il y a une part de déformation professionnelle nécessairement : il est évident que je me suis appuyée, reposée, sur mon expérience d’enseignante, parce que ça me donnait des repères pour trouver mes marques à l’oral. Et puis mon objectif était somme toute basique, ça se limitait à peu près à ne pas m’effondrer, ne pas bafouiller, ne pas m’étrangler. Pas très ambitieuse me direz-vous. Certes. Toutefois cela explique, au moins en partie, le côté je mobilise les attitudes se trouvant déjà en stock dans le système plutôt que de me risquer à en produire de nouvelles pour l’occasion. De plus, et ensuite j’arrête avec le volet justification par la peur conjoncturelle pour passer à des choses un brin plus sérieuses, je craignais vraiment que les gens ne comprenne rien, mais alors absolument rien à ce que j’étais en train de raconter, du coup l’activation de la fonction bonsoir les enfants c’est l’heure de la dictée je vais articuler bien distinctement pour que vous ne perdiez pas le fil semblait constituer un réflexe de survie somme toute assez logique, à condition toutefois de faire abstraction (ce que je fis très bien) du fait que raconter une histoire et faire découvrir un univers ce n’est pas exactement le même exercice. Mais revenons-en à la question plus générale, car c’est là que je veux aller, de la façon de présenter un écrit dont on est l’auteur, et un écrit très personnel de surcroît. Si je schématise, il y a me semble-t-il, et la nuance d’incertitude n’est pas là pour décorer mais pour signifier que je raconte peut-être des énormités, deux pôles en la matière : d’un côté, l’option je vous livre mon texte en lui donnant corps, en l’interprétant, en le portant, en le défendant pour ce qu’il représente pour moi, et de l’autre, l’option je fais une lecture neutre et fonctionnelle, voici un machin que j’ai écrit mais attention je n’y suis pour rien débrouillez-vous avec je ne veux pas le savoir. Il est évident que je me situe, ou en tout cas que je me suis située le 14 février dernier, bien plus du côté de la seconde alternative que de la première. Ça pourrait d’ailleurs très bien se défendre : on dirait, et ce ne serait pas totalement absurde, qu’une fois un texte écrit, l’interprétation n’en appartient plus à l’auteur (c’est bien ce qu’il se passe habituellement, quand un écrit est rendu public et que chaque lecteur se l’approprie) et qu’il vaut donc mieux aller du côté de la posture purement informative, afin de laisser à chacun le soin de mettre dans le texte ce qui lui chante. Ca pourrait très bien se défendre, mais ce ne serait pas honnête, car cela reviendrait à faire passer pour un choix théorique ce qui n’en était pas un. En effet, mettre de la distance, cependant j’insiste ce n’était pas une volonté consciente, réfléchie, élaborée en amont, mais plutôt une pente naturelle, du reste j’avais même l’impression, justement, d’avoir essayé de faire partager, d’être généreuse, ouverte, c’était aussi, surtout, essentiellement une façon de me protéger, de ne pas trop m’exposer physiquement, avec mon corps, ma voix, puisque le texte m’exposait déjà suffisamment en lui-même, et qu’en plus, n’étant validé encore par aucune instance officielle, n’étant pas publié pour être claire, je ne pouvais pas non plus m’appuyer sur la certitude que celui-ci était digne d’être présenté à tous ces gens qui n’avaient rien demandé. Autrement dit, l’enjeu était double, il s’agissait d’être convaincante en tant qu’auteur &lt;span style="font-style: italic;"&gt;et&lt;/span&gt; en tant que lectrice, et pour ma part il faut bien l’avouer j’étais centrée sur le premier aspect, pour moi un bon texte c’était forcément une bonne lecture, un mauvais texte forcément une mauvaise lecture, la façon de dire était secondaire, accessoire, presque anecdotique, donc pas une seconde je n’ai réfléchi en termes d’interprétation, voilà c’est dit, vous avez le droit de hurler maintenant. D’ailleurs, je précise pour expliquer un peu, quand je vais au théâtre, et même si j’ai une grande admiration pour le travail des comédiens, j’écoute le texte avant tout, c’est au texte que je suis suspendue, accrochée, je passe très certainement à côté de pleins de choses, et lorsque j’ai aimé, j’ai été touchée, c’est premièrement à l’auteur que je pense, à lui que je suis reconnaissante, les autres, le reste, la mise en scène, la dramaturgie, le jeu venant après, au service de, comme des caisses de résonance. Et en corollaire, si je vais voir une pièce qui déchire dans l’absolu, je pense ici aux russes notamment, Tchékhov, Gorki, Olécha, je sais que ce sera soit bon, soit excellent, mais que ça ne pourra pas être mauvais, parce qu’il faut quand même y aller pour massacrer un texte surpuissant, c’est possible mais c’est une performance en soi, du moins c’est ainsi que je vois les choses, donc tout ça pour dire que mettre le texte au-dessus du reste c’est une façon d’appréhender le vivant très générale chez moi, au demeurant mon écoute des autres à Mycroft aussi était attentive à la langue plus qu’à la manière de l’incarner, alors voilà, en un mot non seulement je suis une angoissée de la crédibilité de mes propres textes, mais en plus je suis une handicapée de l’interprétation, à la fois en tant que spectatrice et en tant que lectrice, que faire.&lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Que faire, que puis-je faire, qu’ai-je envie de faire ? Je reprends l’analogie avec l’enseignement, vous allez comprendre pourquoi. Quand on est face à des étudiants justement, on peut raconter des choses extrêmement intimes tout en étant parfaitement détachée, et sans que personne ne puisse percevoir le truc. Par exemple, attention j’invente, on assure un cours de droit des baux, on présente les règles relatives à l’expulsion des locataires, et pour illustrer on relate l’air de rien la façon dont on s’est retrouvée à la rue parce qu’on n’avait pas payé son loyer depuis deux ans et que ce n’était plus l’hiver : on passe pour une gauchiste de base devant des fils et filles à papa blasés, mais il y a assez peu de chances pour que ceux-ci saisissent la dimension ultrapersonnelle de ce qui est présenté comme une hypothèse abstraite. Tout le monde pratique ça. Ou en tout cas, beaucoup de monde. Or en ce qui me concerne, il se trouve que ça me convient assez bien, comme mode de communication avec mon prochain qui habite hors de mon cerveau. &lt;span style="font-style: italic;"&gt;A contrario&lt;/span&gt;, je me sens pour le moment incapable, non seulement incapable mais pas du tout désireuse, et là je viens sérieusement d’aggraver mon cas, de dire un texte sans cette mise à distance, de le lire avec la voix qui a pu être la mienne quand je l’ai écrit. Le passage présenté à Mycroft, ce n’était pas un texte juste comme ça, ce n’était pas de la gymnastique discursive gratuite, du pur jeu verbal pour faire joli ou je ne sais quoi, c’était, peu importe ce que c’était exactement, mais c’était important, et cela même avec la distance mise je pense que les gens l’ont compris, je nourris même l’espoir secret voyez-vous, et là j’achève définitivement de me décrédibiliser, que le contraste entre le fond et la forme, entre la directrice d’école primaire faisant la dictée et l’arrachement que constituait nécessairement la mort de Catherine, puisque c’est de cela qu’il s’agissait, pouvait présenter quelque intérêt, que cette coupure, ce clivage pouvaient faire écho à l’éclatement identitaire dont essayait de rendre compte le texte, et lorsque je dis cela je suis à la fois d’une mauvaise foi scandaleuse, car jamais je n’avais envisagé les choses sous cet angle avant ce soir, et à la fois parfaitement loyale, dans la mesure où le détachement dans la lecture d'une part, qui signifie pour aller vite séparation étanche entre moi-qui-écris et moi-qui-lis, et la teneur schizophrène du texte d'autre part renvoient aux mêmes choses, si j’écris sur le morcellement de la personnalité c’est bien parce que je suis toute morcelée moi-même, je ne peux pas magiquement me recoudre le temps d’une lecture. De plus, dans un certain sens on pourrait dire que ne pas être dans mon attitude (scolaire) en accord avec mon propos (endeuillé) c’était paradoxalement la meilleure façon d’être fidèle à un texte justement schizophrène, et qu’à l’inverse l’harmonie, la concordance auraient été dissonantes, mais là je vais m’arrêter parce que j’intellectualise outrageusement et que je me demande si je ne suis pas en train de justifier par tous les moyens ce qui était simplement un banal ratage de débutante. Quoi qu’il en soit, ce qui est certain, c’est qu’en l’état actuel de mes forces nerveuses, je ne vois pas comment je peux le lire avec la même émotion que celle qui a existé quand j’ai écrit, si je fais ça je me désintègre en direct. Ce que je veux dire, c’est que lire avec détachement un texte qui comporte des bouts de moi, c’est aussi une façon de résoudre, sans doute maladroitement, peut-être provisoirement, l’aporie dans laquelle on est plongée quand on veut énoncer un certain nombre de choses (si je ne le dis pas, je meurs) tout en nourrissant l’espoir fou de rester en vie après l’expérience (si je le dis, je meurs). Dire sans dire en somme, dire en se cachant, non pas pour s’amuser ou pour poser ou je ne sais quoi, juste parce que ce n’est pas possible autrement, et que c’est ainsi que la machinerie est montée. C’est parfaitement constitutif de ma personne. J’entends, ce n’est pas un simple blocage, c’est un mode de fonctionnement profondément ancré, si je change ça je deviens une autre personne, ça risque d’être un brin fatigant. Alors j’essentialise, peut-être, c’est une résistance, peut-être. D’accord. Mais d’un autre côté, je ne peux pas me battre sur tous les fronts. Pour le moment j’écris, c’est déjà assez compliqué, ça me rend déjà suffisamment malade. Et si je l’ai écrit, ce truc, c’est aussi pour le poser quelque part, donc pas forcément pour le revivre à chaque lecture, d’ailleurs est-ce possible dans l’absolu, je n’en suis pas certaine, ça implique de déterrer Catherine à chaque fois, oui je sais ce n’est pas un argument très recevable, les bonnes comédiennes jouent des Lady Macbeth aux mains rougies de sang tous les soirs, toutefois je ne suis pas comédienne, ça vous l’aurez compris, et ce n’est pas un hasard non plus si ce n’est pas en premier lieu avec mon corps que j’essaie de m’exprimer. En effet mon corps n’est pas très porté sur la sincérité, il est plutôt du genre grande façade aux vitres fumées si vous voyez et lorsque je dis, lorsque je fais le putain d’effort d’articuler je suis au bord de la mort, c’est bien simple personne ne me croit, précisément parce que je n’ai pas du tout l’air au bord de la mort, jamais on ne m’a autant dit que j’avais bonne mine que quand j’envisageais toutes les deux secondes de me jeter sous une voiture, et lorsque j’en ai l’air c’est que déjà ça va beaucoup mieux, c’est tout le problème de vivre décalée. Mais derrière la façade j’existe, quand même, enfin j’espère, et c’est de là que j’essaie, je ne sais pas si j’y arrive, mais c’est de là, de l’intérieur que j’essaie d’écrire, tout en devant en permanence faire avec le mur en face de moi, donc. Notamment, le manuscrit dont était tiré le passage lu, mais aussi la grande majorité des autres trucs en cours, sont traversés par une négociation permanente, une tension constante autour de énoncer / ne pas énoncer, cacher / montrer, pousser le plus loin possible (c’est-à-dire parfois pas très loin) tout en se ménageant des portes de sorties, des possibilités de déclarer ah non ah non je n’ai jamais dit ça, c’est vous qui interprétez bande de pervers. Je ne sais pas d’ailleurs si c’est apparent, à mon avis assez peu car je barricade pas mal, mais il est possible aussi que je sois beaucoup plus transparente que je ne le pense, je ne parle pas des textes en tant que tels mais des enjeux en amont. Dont tout le monde se fout pas mal, au demeurant. Par contre, c’est assurément assez lâche : après tout, ce que j’écris, je devrais l’assumer, aussi bien au sein du texte qu’en face à face. Mais je suis lâche, un peu courageuse et très lâche, et c’est dans ce va-et-vient, dans cet espace à creuser entre dicible et indicible que se situe ma place, si elle existe. Peut-être que c’est un vrai moteur. Peut-être aussi que c’est un problème énorme, indépassable, une limite grave qui tue le propos, qui le rend autophage en quelque sorte. Peut-être même que mon impossibilité à dire avec une émotion juste un texte écrit par moi n’est que le symptôme de mon manque de courage général, de mon défaut d’intégrité, de mon incapacité à assumer ce que j'avance, et que cela me poursuivra toujours. &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;Tout ça non pas pour rejeter la critique, ou la disqualifier, vraiment pas, d’ailleurs si j’ai été aussi longue c’est bien parce que je la prends au sérieux. Mais plutôt pour poser la question suivante : serai-je un jour en mesure de faire autre chose ? Atténuer la dimension maîtresse de CE2, sans doute. Cependant faire preuve d’une véritable implication émotionnelle ? Je ne sais pas, sincèrement je ne sais pas. Je ne dis pas qu’il serait inintéressant de travailler là-dessus, il vaut mieux faire craquer les coutures de sa structure psychique à vingt-sept ans qu’à cinquante-cinq, mais enfin est-ce vraiment le bon angle d'attaque, la priorité actuellement. D'autant plus que moi, plus que d'être une bonne lectrice, chose qui évidemment ne me déplairait pas il ne faut pas exagérer non plus, ce qui me ravirait vraiment, mais alors vraiment, pourtant j'arrive à peine à le formuler ici tellement ça me paraît prétentieux, ce serait que ce soit d'autres qui un jour lisent, interprètent pour moi, je ne le vois pas du tout comme une dépossession, ce n'est pas du vol, mais du don, et le &lt;a href="http://classiques.uqac.ca/classiques/mauss_marcel/socio_et_anthropo/2_essai_sur_le_don/essai_sur_le_don.html"&gt;don&lt;/a&gt; je le rappelle, ne consiste pas uniquement à donner, mais aussi à recevoir, et que d'autres veuillent bien recevoir ce qu'on a écrit, acceptent de le faire leur, de se l'approprier, je ne sais pas, il n'y a pas de mots pour dire combien je trouve ça merveilleux, d'ailleurs pour en revenir au théâtre, à chaque fois que j'y vais je pense à l'auteur et je me dis, quel bonheur ça doit être de se trouver dans la salle, mon dieu. Pour autant, faut-il lâcher tout de suite la lecture au moyen de mon propre équipement corporel, c’est sans doute un peu prématuré pour baisser les bras. Il faut voir. Peut-être que je serai toujours bloquée. Peut-être aussi que je dramatise, et que tout ça se défroissera avec le temps, l’expérience, les grains de confiance en soi ajoutés un à un au sablier. Peut-être encore que le fait d’avoir mis ça au clair, ici, aujourd’hui, et en ayant tâché d’être honnête autant qu’il était possible, aura pour effet de m'avoir fait avancer. Alors ce post se sera paradoxalement autodétruit, son énonciation ayant rendu son contenu caduque. Et ce serait plutôt une bonne nouvelle, en fin de compte. Mais cela, c'est sûrement juste une jolie formule.   &lt;br /&gt;&lt;br /&gt;&lt;span style="font-size:85%;"&gt;NB : Ce texte date un peu. Je l’ai écrit il y a deux semaines environ, et puis j’avais décidé de ne pas le poster. Un &lt;a href="http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/02/lecture-aprs.html"&gt;commentaire&lt;/a&gt; de &lt;a href="http://60millions.viabloga.com/"&gt;Nikita&lt;/a&gt;, sur l’importance de l’interprétation m’a fait changer d’avis.&lt;br /&gt;&lt;/span&gt;&lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-2602884771717913700?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/2602884771717913700/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=2602884771717913700' title='6 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2602884771717913700'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/2602884771717913700'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/03/lecture-aprs-aprs.html' title='Lecture, après après'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>6</thr:total></entry><entry><id>tag:blogger.com,1999:blog-34433425.post-4935558007395452549</id><published>2008-03-03T16:01:00.003+01:00</published><updated>2008-03-03T18:59:18.578+01:00</updated><category scheme='http://www.blogger.com/atom/ns#' term='Service marketing'/><title type='text'>Pourquoi toujours mettre un titre ?</title><content type='html'>&lt;div style="text-align: justify;"&gt;J'ignore qui est Ademar de Barros et cela me contrarie beaucoup. Je reviens de la bibliothèque municipale, où triomphant vaillamment de l'hostilité d'une mémé hargneuse laquelle résolument plantée devant le rayon usuel refusait de bouger d'un millimètre pour me laisser attraper les ouvrages qui m'intéressaient, j'ai épluché toutes les encyclopédies dignes de ce nom pour retrouver mon poète brésilien, mais sans succès : entre &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Maurice_Barr%C3%A8s"&gt;Maurice Barrès&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Jo%C3%A3o_de_Barros_%281496%29"&gt;João de Barros&lt;/a&gt;, auteur portugais du 15e siècle, point de Ademar. Cela me contrarie beaucoup, parce que ce dernier est, d'après plusieurs internautes &lt;a href="http://www.annuairechretien.com/textes/index.php?theme=poemes&amp;amp;id=2"&gt;très&lt;/a&gt; &lt;a href="http://villemin.gerard.free.fr/Langue/SablePas.htm"&gt;chrétiens&lt;/a&gt; - qui cependant ne citent pas leurs sources, ce qui a le don de m'agacer prodigieusement, et ne sont de surcroît pas très d'accord entre eux sur la traduction, qui connaît des variations notables d'un site à l'autre - l'auteur d'une petite histoire entendue dans mon enfance et sur laquelle je cherche des informations. Notamment, j'aimerais bien savoir qui est ce Monsieur, comment ça lui est venu cette affaire de traces de pas dans le sable, s'il a écrit d'autres choses dans le genre et surtout si je dois prendre ça comme une attaque personnelle, rapport à qui vous savez. Or pour le moment, les seuls débuts de piste que j'aie, c'est &lt;a href="http://www.britannica.com/eb/topic-54153/Ademar-de-Barros"&gt;ça&lt;/a&gt; et &lt;a href="http://www.adhemar.debarros.nom.br/"&gt;ça&lt;/a&gt;, mais allez savoir pourquoi je n'arrive pas à croire que ce soit la bonne personne. Je me demande si ce truc n'est pas simplement un écrit anonyme qui circule façon légende urbaine, d'ailleurs : ça paraît quand même très très connu, tandis qu'Ademar de Barros, lui, paraît très très inconnu, il y a comme un décalage. Je ne sais pas. Il n'y a même pas de date, alors ce n'est pas évident, ça se trouve Ademar de Barros est un ermite portugais du 12e siècle. Il faudrait trouver un spécialiste du Brésil, peut-être. Ou alors lancer des appels au secours sur des forums d'entraide de son prochain. &lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;&lt;br /&gt;&lt;/div&gt;&lt;div style="text-align: justify;"&gt;Autre chose. Je vais participer au premier numéro de la &lt;a href="http://www.editions-ere.net/tina"&gt;revue&lt;/a&gt; &lt;a href="http://revuetina.blogspot.com/"&gt;TINA&lt;/a&gt;, section fictions-labo. C'est un très beau &lt;a href="http://www.chloedelaume.net/remarques/rem435.php"&gt;projet&lt;/a&gt; et je suis ravie d'en être pour plein de raisons, ce qui ne m'empêche évidemment pas d'être morte de trouille en parallèle, dans ces cas-là j'ai toujours tendance à me demander s'il n'y aurait pas une erreur quelque part, genre on m'aurait confondue avec une autre et maintenant on n'ose plus me dire. Cependant j'exagère, en fait ça va, je n'ai même pas envie de vomir et je réfléchis sereinement au choix du texte. Enfin sereinement : comme d'habitude, je vais faire le tour exhaustif des possibilités avant d'en revenir à ma première idée, qui pour être validée devra avoir résisté à toutes les autres options envisageables. Et comme il s'agit de choisir sept pages sur un manuscrit qui en fait deux cent vingt, ça fait quand même pas mal d'hypothèses à examiner, je vous épargne le calcul. Par ailleurs, il y aura une soirée de présentation de la revue le &lt;a href="http://revuetina.blogspot.com/2008/02/et-cest-parti-tina-communique.html"&gt;14 mars&lt;/a&gt; à &lt;a href="http://www.mycroft.com.fr/01.2/index.php/"&gt;Mycroft&lt;/a&gt;. Pour ma part je n'y serai pas, car je me suis déjà engagée à emmener mon corps dans une autre capitale européenne ce week-end là, mais vous ça ne vous empêche pas de vous y rendre, notez bien. &lt;/div&gt;&lt;div class="blogger-post-footer"&gt;&lt;img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34433425-4935558007395452549?l=tuer-catherine.blogspot.com' alt='' /&gt;&lt;/div&gt;</content><link rel='replies' type='application/atom+xml' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/feeds/4935558007395452549/comments/default' title='Publier les commentaires'/><link rel='replies' type='text/html' href='https://www.blogger.com/comment.g?blogID=34433425&amp;postID=4935558007395452549' title='0 commentaires'/><link rel='edit' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/4935558007395452549'/><link rel='self' type='application/atom+xml' href='http://www.blogger.com/feeds/34433425/posts/default/4935558007395452549'/><link rel='alternate' type='text/html' href='http://tuer-catherine.blogspot.com/2008/03/pourquoi-toujours-mettre-un-titre.html' title='Pourquoi toujours mettre un titre ?'/><author><name>Nina Y.</name><uri>http://www.blogger.com/profile/13365624118653453377</uri><email>noreply@blogger.com</email><gd:extendedProperty xmlns:gd='http://schemas.google.com/g/2005' name='OpenSocialUserId' value='13642372612126128756'/></author><thr:total xmlns:thr='http://purl.org/syndication/thread/1.0'>0</thr:total></entry></feed>