tag:blogger.com,1999:blog-343447612009-07-11T22:15:41.399+02:00L'Aisne avec DSKEmmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.comBlogger1897125tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-68471772291351373782009-07-11T16:20:00.002+02:002009-07-11T17:36:58.323+02:00150.Ma première lecture de vacances, ce sont les "Carnets noirs 2007-2008" de <strong>Gabriel Matzneff</strong>, parus en 2009 chez Léo Scheer. Matzneff est l'un de mes écrivains français préférés (parmi les contemporains), je suis depuis bientôt trente ans la publication de son journal intime. Dans sa dernière parution, je tombe sur cette phrase, qui me fait immédiatement réfléchir :<br /><br />"<em>Un écrivain qui a cent cinquante fidèles et passionnés lecteurs, qu'il soit vivant ou mort, est sauvé</em>" (page 418).<br /><br />Je ne suis pas un écrivain (je suis incapable d'inventer une histoire, des personnages, un roman), je ne suis qu'un chroniqueur. Je ne sais pas si mes lecteurs sont fidèles et passionnés, mais ils sont tenaces et curieux. Surtout, et c'est cette coïncidence qui m'a fait retenir cette phrase de Matzneff, ils sont <strong>à peu près 150 par jour</strong> à lire mes billets.<br /><br />Je dis <em>à peu près</em> parce que c'est en vérité incalculable. Les blogs ont choppé la maladie de notre société moderne : les statistiques qui ne veulent rien dire, qui n'apprennent rien et que chacun peut manipuler à son avantage. <em>L'Aisne avec DSK</em> reçoit environ 300 visites quotidiennes en moyenne, car parfois plus, parfois moins. Mais à vue de pif, si on enlève les visiteurs passagers, les erreurs de manip, les accès hasardeux et les personnes qui m'aiment tellement qu'elles se connectent plusieurs fois par jour, ça fait un noyau dur, un minimum de <strong>150 abonnés journaliers</strong>.<br /><br />Pourquoi je vous dis ça ? Parce qu'il m'est venu à l'esprit que j'étais la seule personnalité de gauche sur la ville à bénéficier d'une telle influence, qui en soi n'est pas considérable mais qui est néanmoins unique. Pensez un peu : 150 personnes qui lisent chaque jour ce que j'écris, cherchez bien, vous ne trouverez <strong>pas d'équivalent à Saint-Quentin</strong> (à gauche je parle).<br /><br />Il faut bien sûr nuancer le chiffre par ce que j'appellerais <strong>la règle des trois tiers</strong> (toujours au pif, à partir des retours que j'en ai) : un tiers des lecteurs sont des <strong>institutionnels</strong> (élus, journalistes, etc) qui cherchent à s'informer, un tiers sont des <strong>sympathisants</strong> d'une gauche social-démocrate qui s'intéressent à mes analyses, un tiers sont des <strong>adversaires</strong> qui espèrent me prendre en défaut (de quoi, je ne sais pas, mais eux non plus ...). J'ai un devoir de gratitude envers ces derniers et leur intelligence involontaire : ils ont été au départ les vrais promoteurs de ce blog, qui sans eux aurait végété, comme l'écrasante majorité des blogs et des sites sur le Net (la plupart n'étant même pas alimenté).<br /><br />Il faut également demeurer réaliste : <strong>être influent ne signifie pas influencer</strong>. La notoriété de ce blog ne me sera d'aucune utilité pour la suite en politique. Au contraire, elle peut même me desservir. Si j'étais malin et intéressé, je cesserais immédiatement sa rédaction. En politique, les mieux placé pour l'emporter sont les inconnus aimables, ceux qui ne font de l'ombre à personne parce qu'ils sont déjà l'ombre de quelqu'un plus puissant qu'eux.<br /><br />Et puisque je vous parle de Matzneff et de littérature, vous savez sans doute (sinon je vous l'apprends) que je consacre chaque été à <strong>l'écriture d'un ouvrage</strong>. J'ai commencé cette manie à l'été 2001, après notre échec cinglant aux élections municipales, que j'ai raconté par le menu détail sur une bonne centaine de pages. Cette année, j'avais l'intention d'écrire quelque chose sur la conquête de la Lune, 4oème anniversaire oblige. J'avais accumulé pas mal de documentation et puis m'est arrivé ce qui ne m'était jamais arrivé jusqu'à maintenant : j'ai eu une commande, on m'a suggéré un sujet de bouquin.<br /><br />J'ai accepté, même si le sujet ne me serait jamais venu à l'esprit avant qu'on ne me le demande. Je ne vous en dirais pas plus, ni du commanditaire, je suis là-dessus un peu superstitieux, je ne suis pas certain que le projet aille jusqu'à son terme. Mais il est sur les rails et me prendra pas mal de temps. Dans un an peut-être, vous en entendrez parler. Je crois que ce sera, et pour moi, et pour mon commanditaire, un joli coup, une belle affaire. En attendant, profitez de vos vacances intelligemment et agréablement, lisez les "Carnets noirs" de Gabriel Matzneff !<br /><br /><br />Bonne fin d'après-midi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-6847177229135137378?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com5tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-31685457342910784052009-07-11T12:20:00.003+02:002009-07-11T13:03:30.073+02:00Le vote Tarzan.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Si vous passez par Paris, allez au musée du quai Branly voir l'expo "<strong>Tarzan ou Rousseau chez les</strong> <strong>Waziri</strong>". C'est l'événement à ne pas manquer cet été. Je n'y suis pas encore allé mais ça ne saurait tarder. Tarzan, toute mon enfance ! J'ai appris à lire et même à réfléchir en lisant passionnément Edgar Rice Burroughs. C'est un peu après que je suis passé à la BD et enfin aux films. Mais le roman, c'est pour moi le plus important.<br /><br />Pourquoi ? Parce que Tarzan, c'est la force, la spontanéité, la sauvagerie, mais au service de la justice et d'une forme de raison. C'est ce <strong>paradoxe</strong> qui plaît. J'aimais aussi ces formules : "le seigneur de la jungle", "l'homme-singe", les noms fantaisistes donnés aux animaux sauvages. Pourtant, le personnage est un peu con : ses dialogues débiles avec Jane, son cri ridicule au cinéma en se frappant bêtement les pectoraux, ses envolées de liane en liane ...<br /><br />Aujourd'hui encore, j'ai dans ma bibliothèque de vieux romans de Tarzan, que je relis de temps en temps. Burroughs en a écrit des dizaines, certains très étonnants, qui conduisent notre héros dans des endroits improbables, à New-York, au Sahara, dans la Préhistoire. Ces récits continuent de m'enchanter, et je crois qu'au fond de moi, <strong>j'aimerais être Tarzan</strong>, fort et juste comme lui, et toujours triomphant des fauves. Après tout, la politique, c'est une jungle, non ?<br /><br />Et puis, il se dégage de la BD et surtout des films <strong>un incroyable érotisme</strong>, une sensualité qui tourne un peu la tête : un type quasi à poil dans la jungle qui tombe sur une nana elle aussi légèrement vêtue ... Je me demande comment les ligues puritaines d'Amérique ont reçu ça (si vous avez des infos, je suis preneur). <em>Moi Tarzan toi Jane</em>, c'est simple, c'est efficace, c'est l'amour idéal.<br /><br />Au-delà de mes goûts perso, qu'est-ce qui a fait <strong>l'extraordinaire popularité</strong>, durable et mondiale, de Tarzan ? A coup sûr le rêve d'une nature bonne, parfaite, d'un sauvage pur, descendant d'aristocrates (Lord Greystoke), dans une société industrialisée, technicienne qui veut renouer avec ses origines. Au XVIIIème siècle c'était le mythe du bon sauvage, du primitif, au XXème siècle, c'est <strong>le mythe de Tarzan</strong>, cet anti-Robinson Crusoë : chez l'un le triomphe de la nature, chez l'autre le triomphe de la civilisation.<br /><br />Notre amour des bêtes, notre préoccupation pour l'environnement, les soins que nous prodiguons à notre corps, la mode de la nudité, notre surestimation de la spontanéité, tout ça explique l'engouement pour Tarzan, en est à la fois le signe et le résultat. Finalement, la victoire de Cohn-Bendit aux européennes, c'est <strong>la victoire de Tarzan</strong> [là, il faudrait pousser le fameux cri, mais je ne sais pas comment on l'écrit].<br /><br /><br />Bon après-midi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-3168545734291078405?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com8tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-14391706954546083032009-07-10T12:38:00.003+02:002009-07-10T13:18:24.774+02:00PS année zéro ?Mes camarades se lâchent. Moscovici parle de "dépôt de bilan" et d' "année zéro" à propos de l'état actuel du PS. Dray évoque une "machine à bout de souffle", Rocard d' "hibernation comateuse". Pauvre Parti ! Et Rocky qui rejoint Juppé pour réfléchir à la bonne utilisation de l'emprunt Sarkozy. Pourquoi pas, mais <strong>on a l'air de quoi ?</strong> Désir et Hamon proposent aux Verts une alliance en bonne et due forme pour le premier tour des régionales et se ramassent un râteau : Dany dit qu'il s'en fout. Et Bruno Rebelle, conseiller de Ségolène, le rallie. Pas de doute, <strong>on dérouille</strong>.<br /><br />La grosse crainte, la référence maudite, elle est dans toutes les têtes : <strong>le fantôme de la SFIO</strong>. Nos députés font leur boulot (ils ferraillent en ce moment pour que la droite ne nous fasse pas travailler le dimanche), nos grands élus gèrent bien les collectivités locales, mais nationalement, c'est le flop : <strong>les Français ne croient plus en nous</strong>. Ça va passer ? Sûrement, mais je n'aime pas les esprits paresseux qui raisonnent comme ça. Parce que l'année zéro, elle peut durer plus d'une année, si on n'y prend pas garde, si on ne fait rien.<br /><br />La SFIO dans les années 60, c'était ça : des parlementaires et des patrons de grandes villes et de conseils généraux, et <strong>aucune perspective politique nationale</strong>. A l'époque, la social-démocratie avait déserté le Parti pour se réfugier dans les clubs ou au PSU. Ce sont les chevénementistes qui ont alors investi la SFIO, par son aile gauche, le CERES. De ce point de vue, nous n'en sommes pas là aujourd'hui, c'est même le contraire : les réformistes sont aux commandes, l'aile gauche la plus pure est partie avec Mélenchon.<br /><br />Notre vraie problème, ce à quoi il faut tordre le cou, c'est à <strong>cette fichue culture d'appareil</strong>, qui est ce qui reste quand tout fout le camp : pratique des rapports de forces, entrée d'adhérents fantômes (qu'on ne revoit plus après, comme toujours avec les fantômes !), votes téléphonés, sections verrouillées, discours convenus, purement réactifs, tactiques, dépourvus de toute authentique conviction, relations claniques, allégeances personnelles, conquête des places plutôt que conquête du pouvoir, voilà <strong>la culture de la SFIO finissante</strong>, voilà la culture qui imprègne encore aujourd'hui une partie du PS, voilà avec quoi il faut rompre.<br /><br />Ce ne sera pas facile parce que c'est toute une mentalité dont il faut se débarrasser. Les primaires, la rénovation des structures, c'est bien. Mais <strong>comment faire évoluer les esprits ?</strong> Mélenchon a eu l'honnêteté de partir parce que ce parti ne lui convenait plus. Mais combien restent en ne partageant pas le désir de rénovation, en s'accrochant à cette culture d'appareil, qui est le lait qu'ils ont tété très jeunes ? Sauf que le lait en question a tourné en poison pour le Parti ... Vous connaissez l'expression "être dans le plus simple appareil". C'est ce qui finira par arriver au PS, se retrouver à poil, une fois qu'on aura tout perdu.<br /><br />Je pousse bien sûr le bouchon très loin, mais reconnaissez que <strong>l'heure est grave</strong>, qu'il faut réagir dare-dare. Ma hantise, ce sont les régionales. A droite, c'est parti. Et ça va aller très vite. Rattraper le coup des européennes, ça ne va pas être facile pour le PS. Il faut qu'on mette le paquet. Mais si le projet et les listes sont inspirés par cette foutue culture d'appareil, des copains seront contents de sauver personnellement la mise, mais on ira au bouillon. Martine Aubry le sait et fait tout pour éviter ça. Il faut <strong>l'encourager et la soutenir</strong>.<br /><br /><br />Bon après-midi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-1439170695454608303?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com35tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-50245207347261292312009-07-10T09:10:00.003+02:002009-07-10T09:42:05.341+02:00Le retour de JR.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Jean-Robert Boutreux a de nouveau organisé une réunion hier soir au <em>Champs Elysées</em>. En juillet, faire encore de la politique, c'est pas évident ! Tout le monde a en tête les vacances, beaucoup sont déjà partis, ceux qui restent pensent à autre chose ... Mais c'est ainsi qu'on reconnaît les vrais politiques : <strong>ils n'arrêtent pas</strong>, ils en font même pendant les vacances ! Regardez la droite saint-quentinoise : croyez-vous qu'elle va se mettre en <em>stand by</em> les mois de juillet et d'août ?<br /><br />Bon, la réunion d'hier n'était pas en apparence très politique, puisque le thème abordé était <strong>le</strong> <strong>réchauffement climatique</strong> et le conférencier un chimiste, Jean Morvan. Il n'empêche que c'est un dossier très politique. Et puis, on sait qu'une réunion est politique quand on fait le tour de table : nous étions une quinzaine, parmi lesquels Nora Ahmed Ali, conseillère municipale verte, Paul Gironde, conseiller municipal MoDem, Denise Lefebvre, vice-présidente de l'agglomération, chargée du patrimoine naturel. Qui sont les organisateurs ? Une formation politique, Génération Ecologie, à laquelle appartient d'ailleurs Jean Morvan, qui est conseiller municipal en Bretagne.<br /><br />Après un exposé très universitaire (je n'ai pas tout compris), le débat a éclairé un peu les enjeux. Je suis intervenu pour expliquer que <strong>l'écologie ne doit pas verser dans le catastrophisme</strong>, que la peur est toujours mauvaise conseillère, que la raison doit guider les débats, que l'optimisme doit présider à la démarche écologiste (il y a un siècle, il n'existait quasiment aucune conscience planétaire des problèmes de l'environnement, aujourd'hui c'est fait). La discussion a été très libre, intéressante, avec des nuances dans les points de vue exprimés, mais sans conflits.<br /><br />Jean-Robert remet les plats, au même endroit, <strong>à 18h30, le 22 juillet</strong>, où nous aborderons, nous a-t-il dit, des sujets plus directement politiques (attention, les choses sérieuses commencent ...). Comme ce sont des réunions publiques "ouvertes à tous" précise Jean-Robert, je vous invite moi aussi à venir faire un tour.<br /><br /><br />Bonne matinée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5024520734726129231?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com20tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-65285605402257257372009-07-09T12:53:00.003+02:002009-07-09T13:43:11.140+02:00L'autre politique.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />J'ai écouté ce matin <strong>Dominique de Villepin</strong> sur <em>France-Inter</em>. J'aime bien, il a de l'allure, du verbe, c'est quand même autre chose que Sarkozy. L'ancien Premier ministre est d'ailleurs très critique envers celui-ci, et il annonce clairement qu'il se prépare pour l'avenir. Courageux ! Sa marge est étroite, Sarkozy est très fort. Villepin vise manifestement à incarner une droite sociale, gaullienne, sérieuse en opposition au libéralisme, à l'atlantisme et au bling-bling du sarkozysme.<br /><br />Est-ce que ça peut marcher, est-ce que l'espace politique existe ? Je ne sais pas, mais la question pose celle de l'alternative qu'on prétend en politique porter à l'intérieur de son propre camp, en opposition à la ligne officielle. Ca n'est jamais une stratégie facile, un positionnement confortable. L'opinion ne comprend pas toujours très bien, on peut vous imputer le risque de diviser ou bien vous soupçonner de règlements de compte purement personnels. Et puis, l'issue est incertaine, la réussite de l'opération jamais assurée.<br /><br />A gauche, j'ai souvenir, dans les années 70, de la ligne alternative que <strong>Michel Rocard </strong>tentait de faire exister face à la ligne mitterrandiste. Rocard a finalement échoué mais, ironie du sort, ce sont des mitterrandistes qui au gouvernement ont appliqué, à partir de 1983, sa politique. Ces années 80, <strong>Jean-Pierre Chevènement</strong> a lui aussi défendu une "autre politique" que celle de son Parti. De guerre lasse, il a jeté l'éponge et quitté le PS au début des années 90.<br /><br />A droite, <strong>Jacques Chirac</strong> a représenté à partir de 1976 une autre politique, opposée au libéralisme giscardien. Il lui a fallu presque 20 ans pour l'emporter, après avoir failli se faire doubler dans le dernier virage par Balladur. Bref, vouloir défendre une "autre politique" au sein de son propre parti n'est pas une sinécure. J'en sais un peu quelque chose puisque c'est ma situation à Saint-Quentin.<br /><br />Sauf que moi (ironie du sort encore !) je suis en phase avec mon Parti au niveau national mais pas avec ma section au niveau local. Quand on gratte un peu, on voit bien que celle-ci est plus sur une ligne mélenchoniste "Front de Gauche" que sur la rénovation social-démocrate qu'essaie d'impulser Martine Aubry.<br /><br />Sinon, pour porter une "autre politique" au sein de son propre camp, il faut satisfaire à <strong>quatre exigences</strong> :<br /><br /><strong>1-</strong> Privilégier le <strong>débat sur la ligne</strong> au débat sur les personnes.<br /><strong>2-</strong> Montrer que la ligne alternative est <strong>clairement opposée</strong> à la ligne officielle.<br /><strong>3-</strong> Ne jamais remplacer la lutte <strong>contre ses adversaires</strong> par la lutte contre ses camarades.<br /><strong>4-</strong> Faire la preuve que la ligne alternative peut <strong>seule l'emporter</strong>.<br /><br />Je crois, à Saint-Quentin, avoir scrupuleusement mis en application ces quatre critères. C'est bel et bien <strong>une ligne alternative</strong>, une "autre politique" que je m'efforce d'incarner, avec laquelle on peut être en désaccord mais qui a sa clarté, sa cohérence et sa crédibilité, que vous connaissez bien si vous lisez régulièrement ce blog :<br /><br /><em>Recentrage sur des positions plus modérées, refus d'une opposition frontale, rupture avec l'extrême gauche, ouverture au centre gauche qui nous a quittés pour Pierre André, rassemblement de toutes les sensibilités socialistes, renoncement aux rapports de forces entre nous et à la culture d'appareil, appel à la gauche associative, culturelle, syndicale (hors des structures partisanes).</em><br /><br />Si ça n'est pas une "autre politique" ! L'emportera-t-elle un jour ? Je ne le sais pas plus que je ne sais si Villepin a un avenir politique. Mais dans les deux cas, il y a <strong>un espace à occuper et des</strong> <strong>choses à dire</strong>. Ça suffit pour espérer et impulser une action, pour faire finalement de la politique. Après on verra, ce sont les citoyens qui en décideront.<br /><br /><br />Bon après-midi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-6528560540225725737?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com41tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-45827373094010090212009-07-08T20:52:00.003+02:002009-07-08T21:26:33.859+02:00Le chat Maurice.Bonsoir à toutes et à tous.<br /><br />Depuis quelques jours, j'ai un nouveau compagnon. Il s'appelle Maurice. C'est un chat. Je suppose que c'est son nom puisque j'ai entendu des enfants chez les voisins crier : <em>Maurice, reviens !</em> Mais il est resté chez moi. Je ne sais pas pourquoi. Dans la journée, il s'en va. Mais la nuit, il est là, il a pris ses habitudes, il fouille un peu partout, dérange mes affaires. Au début, ça me gênait. Et puis, je me suis fait à sa présence. On dirait que Maurice m'a pris en sympathie, qu'il ne peut plus me quitter. Pour un peu, je deviendrais sentimental, à cause de lui, à cause d'un chat !<br /><br />Il se trouve que je n'aime pas les animaux, que les chiens me font peur, qu'une bête est pour moi une bête c'est à dire une créature pas très intéressante. Quand j'étais petit, j'élevais comme tous les enfants des hamsters et des cochons d'Inde et aussi, c'est un peu plus original, des escargots (que j'arrosais quand il faisait très chaud). Mais mon amour des animaux s'est arrêté là. J'éprouve seulement un peu de tendresse pour les poissons rouges, parce qu'ils ne font pas chier leur monde et qu'ils sont jolis à regarder dans leur bocal. Ça ne va pas plus loin.<br /><br />Vous comprenez alors quel bouleversement peut représenter l'irruption inattendue et inexpliquée de Maurice dans ma vie. Bon, les ronchons qui ne peuvent pas s'empêcher de lire ce blog (ils sont nombreux) vont encore ronchonner : <em>mais qu'est-ce que c'est que cette histoire de</em> <em>chat, qu'est-ce ça fait dans "L'Aisne avec DSK"</em> ! Maurice, j'aurais pu le faire déguerpir avec un coup de pompe au cul, c'aurait été mon élan naturel. Mais je n'ai pas pu, j'ai été faible, attendri, comme tous mes contemporains devant "nos amis les bêtes".<br /><br />La domestication de certains animaux a été un grand progrès de la civilisation. Nous assistons aujourd'hui à une incroyable révolution, du jamais vu dans l'histoire de l'humanité : les hommes et les bêtes cohabitent, se lient, éprouvent des sentiments les uns pour les autres. Autrefois on les exploitait, aujourd'hui on les aime. Le progressiste que je suis doit saluer et encourager ce progrès de l'humanité, qui rend incontestablement les hommes meilleurs.<br /><br />Une fois que j'ai dit ça, il y a toujours un imbécile pour me faire remarquer que Hitler aimait les chiens. Et alors ? Hitler devait aimer aussi les voyages en avion, les plats cuisinés et les couchers de soleil sur la Bavière. Est-ce que ça condamne pour autant toutes ces choses-là ? Décidément, les ronchons et les imbéciles, quelle plaie ! Heureusement que Maurice est là pour me les faire oublier.<br /><br /><br />Bonne soirée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-4582737309401009021?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com19tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-54239574184313605062009-07-08T15:33:00.003+02:002009-07-08T15:59:26.967+02:00Une énigme politique.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Quelle est l'énigme politique qui fait parler le petit milieu spécialisé depuis samedi ? Celle-ci : que faisait <strong>Gérard Longuet</strong> cet après-midi là à Saint-Quentin, au beau milieu de l'inauguration de la plage de l'Hôtel de Ville ? Cette présence était sans ostentation, puisque la presse locale ne l'a pas toujours mentionnée. C'est d'autant plus étrange que Longuet a disparu des écrans politiques depuis pas mal de temps, depuis une quinzaine d'années, à la suite d'ennuis judiciaires. Alors quoi ?<br /><br />Je ne suis pas spécialiste de la droite, j'ai même parfois du mal à comprendre ce qui se passe dans mon propre parti. Mais quelle surprise d'apprendre, il y a deux jours, que Gérard Longuet ... réapparaissait sur la scène publique (après être passé par Saint-Quentin !). Il vient en effet d'accéder à la <strong>présidence du groupe UMP au Sénat</strong>. Il connaît donc bien un autre sénateur, celui de l'Aisne, Pierre André. L'énigme se dissipe un peu.<br /><br />Gérard Longuet refait surface. Ce poste qu'il vient d'obtenir, ce n'est pas rien, ça en fait l'homologue de Copé (lui est chef du groupe UMP à la Chambre). Certains disent que l'un aurait été choisi pour contrebalancer l'autre. Car Longuet est présenté comme proche de Sarkozy et pas très éloigné de Raffarin (c'est l'ancien patron du Parti Républicain, avatar du giscardisme). Ce même Raffarin est très copain avec Bertrand (quand il est venu dans l'Aisne, il portait son effigie au revers de sa veste). Et Bertrand n'est pas du tout copain avec Copé. Vous me suivez ? Je suis désolé, c'est aussi compliqué qu'au Parti socialiste ... On saisit mieux quand on connaît l'adage politique : <em>les ennemis de mes ennemis sont mes amis</em>.<br /><br />La solution d'une énigme permet aussi d'en résoudre une autre : pourquoi Jérôme Lavrilleux, lui aussi présent à l'inauguration de la plage de l'Hôtel de Ville, n'a-t-il pas disputé la partie de foot des élus ? A la différence du sous-préfet, il ne portait pas un embarrassant costume-cravate. Peut-être parce que le conseiller général de Saint-Quentin Nord, mon adversaire aux cantonales de 2004, est un proche de Copé, son directeur de cabinet ?<br /><br /><br />Bonne journée énigmatique.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5423957418431360506?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com39tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-77039052868830392462009-07-07T20:02:00.003+02:002009-07-07T21:26:10.350+02:00La bague au doigt.Bonsoir à toutes et à tous.<br /><br />Il n'y a pas de politique sans alliances. Mais à qui mettre la bague au doigt ? C'est l'une des questions que se pose la gauche en ce moment, et sans doute pour un certain temps. Il ne faudrait tout de même pas tarder à y répondre. Quelques propositions de mariage ont été avancées ces derniers jours, mais aucune cérémonie n'est pour l'instant envisagée. C'est que le mariage est une chose sérieuse, dans laquelle on ne s'engage pas à la légère.<br /><br /><strong>Manuel Valls</strong> est favorable à un mariage à trois pour les élections régionales : PS-Verts-MoDem. Pourquoi pas. Il y a incontestablement des convergences entre ces trois sensibilités, qui communient dans l'antisarkozysme et la définition d'une gauche moderne. Mais je me méfie du MoDem : à la différence des Verts, il n'a pas clairement choisi son camp. L'autonomie, je veux bien, mais à condition de ne pas renvoyer dos à dos la gauche et la droite. Et puis, au congrès de Reims, les socialistes ont tranché : pas d'alliance avec les centristes. Relancer ce débat, je ne suis pas sûr que ce soit une bonne idée. Même si les régionales sont des élections particulières, à forte dimension locale.<br /><br /><strong>Daniel Cohn-Bendit</strong> est lui aussi favorable à un ménage à trois (je ne sais pas si la morale y gagne, mais la politique peut-être !), écolos, socialos et centristes, mais sous une forme beaucoup plus souple, une sorte d'union libre, un concubinage. Ce que Dany a bien compris, c'est que la forme traditionnelle des partis politiques est largement dépassée, qu'il faut complètement rénover nos modes d'organisation. Les réunions de section ressemblent de plus en plus à ces repas de famille où l'on se fait mortellement chier, avec l'oncle qui essaie de faire rire tout le monde et qui n'amuse personne, avec le cousin qui n'arrête pas de s'écouter parler et que personne n'écoute.<br /><br />Cohn-Bendit propose plutôt un <strong>réseau</strong> qu'un parti, quelque chose d'ouvert où cohabiteraient des sensibilités différentes sans prises de tête, rapports de forces, enjeux de pouvoir. Pour les élections régionales, il préconise, sur le modèle des listes européennes d'Europe Ecologie, l'ouverture à des personnalités, des citoyens impliqués dans la vie locale. Oui, oui, oui : j'en ai marre de ces listes sur lesquelles on met des chèvres. Parce que même si on gagne, une chèvre au pouvoir reste une chèvre !<br /><br />Et puis, Cohn-Bendit ne craint pas d'aller discuter avec qui veut bien l'inviter, même l'UMP. Très bien ça aussi : quand on a de fortes convictions, on n'hésite pas à aller les confronter à celles de l'adversaire (parce que l'UMP, c'est quand même pas les copains de Dany !). J'en ai marre, là aussi, de ces culs serrés de la politique qui vous excommunient parce que vous osez aller débattre avec quelqu'un qui n'est pas de votre bord.<br /><br />Il y a quelques semaines, Marie-Laurence Maître m'a gentiment invité à une réunion de l'UMP sur l'éducation (en tant que responsable associatif). J'y suis gentiment allé et j'ai dit ce que j'avais à dire. N'est-ce pas mieux comme ça ? Et puisque je parle mariage dans ce billet, ce n'est pas avoir une liaison secrète, ni avec Marie-Laurence ni avec l'UMP locale, que d'accepter de débattre.<br /><br />Il y en a deux qui ont du mal à s'épouser, c'est <strong>le PCF et le NPA</strong>. Ce qui me réjouit. Lors d'un précédent billet, j'avais peu apprécié les fiançailles entre le Parti de Gauche de Mélenchon et le NPA, autour de soi-disants "accords techniques et démocratiques" de second tour des régionales. Du bidon, du pipeau. Certains socialistes, puisque Mélenchon est toujours socialiste de coeur sinon de carte, sont prêts à faire n'importe quoi pour se retrouver au lit avec l'extrême gauche.<br /><br />Les communistes, eux, sont des camarades sérieux, doués d'une forte mémoire, fidèles à leur identité : ils savent qu'un trotskiste reste un trotskiste, c'est à dire quelqu'un de fondamentalement hostile à la constitution d'une majorité de gauche, y compris au niveau régional. PCF et NPA n'ont donc pas trouvé là-dessus un terrain d'entente, alors que Mélenchon avait été plus coulant.<br /><br />Je termine cette revue des mariages possibles par l'initiative relayée par <em>Le Monde</em> à la date de ce jour, <em>Appel pour un pacte unitaire de progrès</em> : ce sont les amis de Robert Hue (dont j'apprécie depuis longtemps la démarche originale) et des socialistes ségolénistes (Peillon, Rebsamen) qui appellent à "<em>la création partout en France d'espaces de dialogue, d'organisation et</em> <em>d'action</em>", au delà des appareils et des divisions. Très bien là aussi. Discuter, s'unir, dans la clarté, oui la gauche en a besoin.<br /><br />Alors, la bague au doigt, c'est pour quand et avec qui ? Pas d'hésitation : pour les présidentielles, avec le peuple français. Le plus beau mariage que pourrait faire la gauche, ce serait bien sûr celui-là.<br /><br /><br />Bonne soirée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-7703905286883039246?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com34tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-86493395223921056822009-07-06T22:44:00.003+02:002009-07-06T23:02:09.458+02:00La bise à Bertrand.Bonsoir à toutes et à tous.<br /><br />J'ai envie de faire la bise à Xavier Bertrand. Mais oui ! Parce qu'à <strong>Hénin-Beaumont</strong>, hier, le "Front républicain" l'a emporté contre le Front National. Et que sur ce coup-là, Bertrand a été très réglo : l'UMP a appelé à voter sans hésiter contre la liste d'extrême droite. Elle aurait pu tergiverser ou ne rien dire, comme on l'a vu par le passé. Non, le désistement en faveur du candidat de gauche a été clair et net. Et la fifille à ce cochon de Le Pen a mordu la poussière. Tant mieux, ça lui fera les dents.<br /><br />Je déteste l'extrême droite, je suis persuadé qu'elle n'a pas sa place dans la République parce qu'elle est foncièrement anti-républicaine. N'attendez-moi de moi une molle tolérance ou un libéralisme de mauvais aloi : <strong>le FN doit être exclu de la vie politique</strong>. Si c'est impossible légalement, faisons-le politiquement. C'est ce à quoi revient la formule de "Front républicain" : <strong>tous sauf le FN</strong>. En 2002, j'ai voté Chirac, et sans me boucher le nez. Le suffrage universel doit toujours s'exercer dans la joie et la certitude de ses opinions.<br /><br />Bon, la fête a ses limites : les fachos hier ont fait un très bon score dans une terre ouvrière et progressiste (imaginez un peu l'impact s'ils avaient gagné !). Il faut que ce résultat interroge le PS, le conduise à repartir au plus vite à la reconquête des classes populaires. Le combat doit être double : <strong>antifascisme d'abord, socialisme ensuite</strong>. C'est d'ailleurs notre tradition. En attendant, champagne ! Que la blondasse retourne d'où elle vient, que les siens cessent d'exploiter la souffrance sociale ! Et encore merci à Xavier. L'UMP a fait très peu de voix au premier tour, mais son positionnement politique au second aura été décisif.<br /><br /><br />Bonne nuit.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-8649339522392105682?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com18tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-53374623123174405162009-07-05T12:30:00.004+02:002009-07-05T14:46:44.109+02:00Ni en Picardie, ni à St Quentin.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />A la connaissance des résultats des élections européennes, j'ai été très heureux que <strong>le Front de</strong> <strong>Gauche</strong> (Mélenchon + PCF) fasse un bon score parce que c'est un partenaire, et j'ai été heureux que <strong>le NPA</strong> ne fasse pas le score attendu parce que c'est un concurrent. Mais je suis beaucoup moins heureux en lisant le communiqué commun du PG (Mélenchon) et du NPA en vue des <strong>élections régionales</strong>. Ils vont vers l'union (on verra ce qu'en dira le PC), ce qui signifie que le rapprochement avec le PS au second tour sera difficile, le NPA n'y étant pas favorable.<br /><br /><br />Il faut décortiquer de près ce communiqué qui est d'un style très alambiqué, raison sans doute pour laquelle il est passé un peu inaperçu. PG et NPA sont d'abord d'accord pour constituer des <strong>listes indépendantes</strong> du PS au premier tour. Ca ne m'embête pas, puisque c'est ce que je prône pour Saint-Quentin : <strong>chacun sous son drapeau au premier tour, rassemblement quand</strong> <strong>c'est possible au second</strong>, dans la clarté politique et la réalité des rapports de forces. Sinon, l'union c'est du bidon : on donne la part du lion, des places de choix à des partis qui représentent <em>peanuts</em>.<br /><br /><br />Le problème, ce n'est pas le premier tour, c'est le second. Voilà ce qu'en disent les copains de Mélenchon et Besancenot, c'est édifiant :<br /><br /><br />"<em>Au second tour, les listes soutenues par le Parti de Gauche et le NPA se battront pour faire gagner la gauche et empêcher que les régions basculent à droite</em>".<br /><br /><br />Jusque là, ça va. C'est la suite qui ne va pas :<br /><br /><br />"<em>Pour cela, les deux organisations se prononcent d'ores et déjà pour des <strong>fusions "techniques"</strong> <strong>ou "démocratiques</strong>" des listes de gauche à l'exception de tout accord avec le MoDem</em>".<br /><br /><br />J'espère que vous appréciez la sémantique et la ponctuation : à votre avis, des fusions "techniques" et "démocratiques", ça veut dire quoi exactement ? Je vais vous le dire, parce que nous avons l'expérience saint-quentinoise (un "mini-laboratoire" comme l'a qualifié <em>Libération</em>, ça sert à ça, faire des expériences et en tirer des leçons) : <strong>on est "politiquement" d'accord sur</strong> <strong>rien mais on passe des alliances "techniques</strong>". Bref, on s'entend sur la protestation (ça c'est relativement facile) mais on met de côté les propositions et les finalités politiques.<br /><br /><br />Pourquoi pas, ça peut sembler malin, mais moi je dis non: parce que ce n'est pas dans l'intérêt du PS (qui n'a rien à y gagner), parce qu'en politique il faut faire de la politique et pas de la "technique". La suite vous dit tout :<br /><br /><em>"Pour le NPA, au sein de l'institution, les élus de ces listes conservent leur <strong>liberté totale</strong> de vote et refuseront d'accepter des mesures et décisions défavorables aux travailleurs et à la population</em>".<br /><br />Vous avez bien lu : liberté "totale". C'est à dire qu'on se fait élire grâce au PS et puis après on reprend sa liberté. Le protocole d'accord proposé à Saint-Quentin par le Parti des Travailleurs était du même tonneau : on essaie de se mettre d'accord, sinon chacun fait et vote comme il veut. C'est <strong>la négation de la notion de "majorité"</strong>, qui appelle à une certaine discipline, même quand on n'est pas d'accord. Dans l'opposition, ça va, ça ne porte pas à conséquence. Mais imaginez une fois arrivés au pouvoir : la situation deviendrait ingérable, sauf si les socialistes devenaient trotskistes ou les trotskistes socialistes. Mais ça je n'y crois pas trop.<br /><br />Je vous ai gardé le meilleur pour la fin, qui figure d'ailleurs à la fin du communiqué PG-NPA :<br /><br /><em>"Pour le NPA, les élus refuseront de contracter des <strong>accords de gestion</strong> avec les dirigeants du PS et d'Europe Ecologie. En effet, le NPA constate que les majorités de gauche ayant géré les régions depuis six ans n'ont pas mené de politique visant à satisfaire les besoins de la population et répondre aux exigences écologiques</em>".<br /><br />C'est clair et net : le NPA nous rappelle ce que nous avons depuis longtemps, depuis toujours, c'est que pour lui les socialistes ne sont pas bons et qu'il ne faut pas gérer avec eux les collectivités territoriales. <strong>Gueuler ensemble oui, éventuellement, mais gouverner ensemble non</strong>, voilà la philosophie du NPA. Je la respecte mais je ne veux pas avoir affaire avec. Ni en Picardie, ni à Saint-Quentin.<br /><br /><br />Bon après-midi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5337462312317440516?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com39tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-48178599260811160142009-07-04T19:57:00.003+02:002009-07-04T22:42:11.582+02:00Du sable et une rumeur.Bonsoir à toutes et à tous.<br /><br />Je suis allé cet après-midi à <strong>l'inauguration de la plage de l'Hôtel de Ville</strong>. Ce n'est pas dans mes habitudes. Je n'aime pas la plage, à l'Hôtel de Ville ou au bord de la mer. Je voulais être cependant présent parce que j'organise, avec Rencontre Citoy'Aisne et deux clubs d'astronomie, une activité sur cette plage le 21 juillet. Vous avez bien sûr deviné, je casse les pieds à pas mal de gens avec ça depuis quelques mois : le 40ème anniversaire de l'homme sur la Lune !<br /><br />Comment s'est passée cette inauguration ? Comme une inauguration ! Je ne sais pas si c'était le soleil, le ciel bleu, le beau temps mais Xavier Bertrand était exceptionnellement souriant avec tout le monde ... même avec moi (c'est dire !). Pierre André portait une casquette américaine qui le faisait ressembler un peu à un garagiste. Homme du peuple, c'est tout bon pour son image ! A l'inverse, Pascale Gruny, tout en noir et chapeautée, semblait sortir d'un concours d'élégance. Serait-ce l'effet "députée européenne" ?<br /><br />Dans ce genre de manifestation, on remarque presque plus <strong>les absents</strong> que les présents. Monsieur Micro, l'inénarrable Jean-Paul Lesot, a posé la question qui roulait dans toutes les conversations : mais qui donc n'est pas là qui pourtant est toujours là ? Ne cherchez pas, je vous donne la réponse : Colette Blériot, la conseillère générale. Ses collègues donnaient l'impression de se moquer gentiment d'elle.<br /><br />La fanfare nous a accompagnés tout au long de l'inauguration, rendant difficiles les discussions. J'ai presque dû embrasser dans le cou une collaboratrice de Pierre André pour lui parler. La troupe en souliers vernis et chaussures à talons hauts s'est engagée dangereusement sur le sable de la plage. Les baigneurs avec leurs marmots ont regardé passer d'un drôle d'oeil les envahisseurs en chaussettes.<br /><br />Mais cet homme entre Pierre André et Xavier Bertrand, je le connais, il me rappelle quelqu'un. Oui, après quelque hésitation, c'est bien lui, <strong>Gérard Longuet</strong> ! L'ancien d'<em>Occident</em>, de la bande à Léo, plus grand, plus mince, plus bronzé que je ne l'imaginais. Qu'est-ce qu'il fait là ? Je n'ai pas bien écouté le rapide discours du sénateur-maire, tout occupé que j'étais avec sa collaboratrice (pour un problème associatif).<br /><br />En passant devant le terrain de foot et de beach volley, des élus et personnalités ont été sollicités pour l'inévitable match, aussi court que médiatique. André et Bertrand en sont, bien sûr, chacun capitaine de son équipe. Les joueurs sont désignés d'office. Karim Saïdi et Freddy sont choisis, normal, ils viennent de la gauche, ils sont bien cotés. Le sous-préfet résiste aux sollicitations pourtant pressantes. Son costume ne sied guère aux circonstances. En compagnie de Pascale Gruny, ils forment incontestablement le plus beau couple de l'après-midi.<br /><br />Les gens qui regardent les édiles jouer au foot derrière les filets de protection, ça fait un peu bizarre, un peu ménagerie. Une seule élue d'opposition est au milieu de cet essaim plutôt de droite, la verte Nora-Ahmed Ali. Moi je regarde tout ça dans mon coin, un peu con. Mais j'ai l'habitude, je connais, ça fait onze ans. Ce qui me sauve, c'est que j'ai conscience de la situation, que je ne me fais aucune illusion.<br /><br />L'inauguration s'est terminée devant le podium de <em>Chérie-FM,</em> avec une interview de Pierre André et Xavier Bertrand. Celui-ci a donné le résultat du match : deux points de son équipe contre celle du maire. Serait-ce un début de dissension entre les deux hommes ? La gauche locale, qui en connaît un bout en matière de dissension, en rêve ... Mais ce n'est qu'un match de foot.<br /><br />A ce propos, connaissez-vous <strong>la dernière rumeur</strong> qui circule en ville et dont <em>L'Union</em> d'aujourd'hui, sous la plume de Jean-Michel Roustand, s'est fait l'écho, page 27 ? Xavier Bertrand aurait renoncé à succéder à Pierre André, il viserait plus haut, une agglomération beaucoup plus importante. C'est bien sûr du pipeau.<br /><br />Des <strong>rumeurs politiques</strong>, je pourrais vous en faire toute une liste : en 2001, ne disait-on pas que Pierre André et Odette Grzegrzulka s'étaient partagés le gâteau, à lui la mairie, à elle la circonscription ? N'importe quoi, évidemment. Il se disait aussi, parmi les ignorants qui prétendent tout savoir, que Xavier Bertrand ne souhaitait nullement devenir député mais qu'il visait la présidence du Conseil général. On a vu la suite.<br /><br />Qu'est-ce qu'on peut entendre comme conneries quand on fait de la politique ! La pire qui me soit venue aux oreilles, et je vous jure qu'elle est authentique : juste avant la rouste de 2001, une camarade "bien informée" me soutenait que les élus, en prévision de la défaite, avaient commencé à faire leurs cartons ! C'est bête à rire ou à pleurer.<br /><br />Drôle de chose que la politique : vous m'auriez annoncé, en 2007, que le PS allait s'allier avec l'extrême gauche et se donner comme chef de file un militant encore récemment exclu, je ne l'aurais pas cru, je vous aurais accusé de conneries. C'est ce qui est fascinant en politique : <strong>l'inconcevable devient possible</strong>, pour le meilleur ou pour le pire, mais ça c'est une autre histoire.<br /><br />Je reviens à la rumeur du jour. Xavier Bertrand lui tord allègrement le cou dans <em>L'Union</em> : "<em>Si certains disent cela, c'est que je les dérange. Ils savent qu'avec Pierre André nous sommes bien implantés. Mais ils ne se débarrasseront pas de nous comme cela</em>". Ok, mais "ils", c'est qui ? Pas la gauche tout de même, qui est dans un tel état qu'elle a sûrement autre chose à penser. Une partie de la droite, qui aime bien l'actuel maire mais redoute le suivant ? Allez savoir ... Les rumeurs, il faut par principe les mettre à la poubelle, comme ces chaînes qu'on reçoit sur Internet.<br /><br />Mais Xavier Bertrand n'y met pas vraiment du sien pour faire taire cette rumeur, puisqu'il nous dit : "<em>Si j'ai reçu des propositions pour de grosses métropoles comme Lille ou Reims ? C'est oui et</em> <em>ma réponse a toujours été la même : non</em>". Sauf qu'en politique, on peut changer d'avis. En tout cas, en admettant avoir été sollicité, le chef de l'UMP accrédite une partie de la rumeur et confirme l'adage : "Il n'y a pas de fumée sans feu". Mais la gauche ne doit pas pour autant se laisser prendre par cette fumée.<br /><br /><br />Bonne soirée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-4817859926081116014?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com50tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-38243404653882334142009-07-04T10:02:00.003+02:002009-07-04T10:38:45.965+02:00L'emploi dans l'Aisne.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Avez-vous remarqué combien notre société, depuis au moins une quinzaine d'années, était envahie, dans tous les secteurs, par <strong>un verbiage inconsistant et incompréhensible</strong> ? Dans ma partie, l'Education Nationale, c'est terrible, souvent comique et dérisoire. On ne sait plus s'exprimer clairement et brièvement. Un langage pseudo-technique, qui fait la vaine fierté de ceux qui l'utilisent, est chargé de nous illusionner.<br /><br />Le dernier exemple que j'ai à l'esprit provient de mon département, l'Aisne, et de <strong>la reconversion</strong> <strong>d'une base militaire, à Couvron</strong>, près de Laon. Je connais parce que j'y suis allé animer un atelier philo. Une base militaire, je sais ce que c'est, j'ai vu : des locaux, des soldats, des jeeps. Mais savez-vous qui va remplacer cette base ? Une "plateforme logistique sécurisée sous douane pour conteneurs". Quand j'ai lu ça dans la presse, je me suis demandé : qu'est-ce que c'est ? Je connais certes chacun de ces mots, qui ne sont pas pour moi du chinois, mais l'expression dans sa totalité, je ne vois pas ce qu'elle désigne.<br /><br />Dans ce genre de situation, vous continuez la lecture de la presse pour avoir des précisions et mieux comprendre. La précision, la voilà : sur la base reconvertie, il y aura "un incubateur technologique dédié à la sécurité (technologie d'anticipation, modélisation, traçage, cartographie)". Vous avez compris que <strong>plus on essait de comprendre, moins on comprend</strong>.<br /><br />Heureusement, il y a quelques jours, les élus du département et de la région (Balligand, Daudigny, Gewerc, Dosière) ont fait une conférence de presse. Et là j'ai tout compris. Je vous explique. Le point de départ est surréaliste : <strong>on va construire à Couvron "un port à sec".</strong> Drôle d'expression, non ? Pour moi, un port est au bord de l'eau. C'est quoi un port sans eau (et donc sans bateau !) ? C'est un endroit où on stocke les conteneurs de marchandises qui n'ont pas pu débarquer dans les vrais ports, trop encombrés.<br /><br />Des conteneurs qui arrivent quelque part, il faut savoir ce qu'il y a dedans. Et comme tout déballer et tout remballer prendraient un temps fou, on passe un scanner pour savoir ce qu'il y a dedans, comme à l'hôpital quand on veut savoir ce que vous avez dans le corps. C'est bête comme chou, finalement. Mais pourquoi le présenter de façon si mystérieuse, si compliquée ?<br /><br />J'en viens maintenant à la dimension proprement politique : ce site est un événement pour l'Aisne puisqu'il va créer, d'ici 2013, <strong>3 000 à 6 000 emplois</strong>, dont 700 hautement qualifiés (ça c'est surtout pour la construction du scanner). Du jamais vu, et une excellente nouvelle pour notre région si durement frappée par le chômage. Le Center Parcs a créé de l'emploi, mais on est très loin du chiffre de Couvron.<br /><br />Vous imaginez un peu le devenir de Couvron ? <strong>200 000 conteneurs</strong> entassés chaque année, attendant d'être contrôlés, <strong>1 000 mouvements routiers</strong> chaque jour. De quoi faire réfléchir sur l'avenir de l'emploi chez nous. <strong>Et si l'Aisne devenait un immense entrepôt ?</strong> Pourquoi pas, après tout. L'important, c'est d'avoir du boulot. Déjà, autour de Saint-Quentin, les entreprises de logistique sont nombreuses. On est bien loin de l'emploi industriel, producteur de richesses matérielles. Mais il n'y a pas de sot métier, toute activité, parce qu'elle est socialement utile, a sa noblesse.<br /><br /><br />Bonne matinée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-3824340465388233414?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com48tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-14336195616780761202009-07-03T16:41:00.003+02:002009-07-03T17:39:40.358+02:00Dans ma boîte aux lettres.J'ai reçu ce matin dans ma boîte aux lettres le programme des deux plages de Saint-Quentin et des festivités du 14 juillet. Pour la Fête Nationale, Pierre André fait une fois de plus très fort, puisque <strong>la Patrouille de Françe va survoler la ville</strong>, pendant le défilé patriotique, 12 minutes après son passage sur les Champs-Elysées (ceux de Paris). C'est balèze, quand même ! Et ça va plaire, c'est sûr, aux Saint-Quentinois.<br /><br />A celles et ceux qui seraient tentés de dénoncer les "paillettes" ou la politique-spectacle, je le leur déconseille. Qu'il trouve autre chose pour embêter le sénateur-maire, mais pas ça. Parce que pour perdre des voix, on ne fait pas mieux ! Je parle d'expérience : en 2001, notre campagne municipale avait choisi cet axe-là, la critique des "paillettes". En fait de paillettes, on s'est ramassé une gamelle mémorable.<br /><br />Patrouille de France, plage de l'Hôtel de Ville, on peut ne pas aimer (personnellement, j'ai d'autres centres d'intérêt dans ma petit vie), mais les gens apprécient, pour des raisons qui ne sont ni superficielles, ni méprisables : <strong>ça redonne de la fierté à leur ville</strong>. Bien sûr Pierre André en rajoute dans le superlatif et à l'entendre parfois, Saint-Quentin serait presque devenu le centre du monde. Et alors ? Ne croyez-vous pas que les Saint-Quentinois aiment ça, un type qui se défonce pour sa ville, même quand c'est pour faire passer des avions militaires au-dessus de nos têtes ?<br /><br />Je coupe court tout de suite aux critiques des idiots qui vont encore dire que je soutiens le maire : dans cette ville tenue par la droite, <strong>il faut absolument une opposition de gauche vivante,</strong> <strong>crédible et conquérante</strong> qui puisse gagner la prochaine fois. C'est clair, non ? J'y crois et je ferai tout pour ça. Mais si vous me demandez pour ça de critiquer connement la Patrouille de France et nos deux plages, non, ne comptez pas sur moi. Justement parce que j'ai envie qu'on gagne, qu'on ne soit pas éternellement des <em>loosers</em>.<br /><br />Vous ne croyez pas quand même qu'il y a autre chose à dire et à faire ? La force de la droite locale, c'est qu'elle propose, qu'elle agit, ça se sait, ça se sent, et une partie de notre électorat vote pour Pierre André pour cette raison-là. Donc, à notre tour, <strong>proposons et agissons</strong>. Les problèmes, notamment sociaux, qui attendent des solutions, il y en a tout de même un paquet à Saint-Quentin ! Pourquoi ne pas chercher à les régler en faisant des propositions ?<br /><br />Vous répondrez peut-être que la gauche ici n'a pas le pouvoir, qu'elle ne connaît pas les dossiers, qu'elle ne peut que s'opposer. Et pourquoi donc ? Nous avons des élus, qui siègent dans des commissions, qui se forment à une certaine connaissance des réalités saint-quentinoises. En quoi serions-nous, opposition de gauche, dans l'incapacité de monter des projets, de <strong>concevoir une</strong> <strong>alternative à la politique de Pierre André</strong> ? Ça sert quand même à ça une opposition, pas à mordre les mollets du maire.<br /><br />Dans ma boîte aux lettres, j'ai eu une autre publicité estivale, le programme d'été de mes copains du <strong>Conseil général</strong> : c'est très bien fait, tout gratuit, à la fois culturel et festif. Le temps fort, ce sera Arno à Laon, le 19 juillet. Eh oui, il n'y a pas que Saint-Quentin qui soit au centre du monde, il y a aussi toute l'Aisne, grâce au Conseil général de gauche !<br /><br />Dans la même livraison, il y avait <strong>le</strong> <strong>magazine du département</strong>, toujours très bien fichu, grâce notamment aux talents de deux personnes que je connais un peu, Pascale Cartégnie et Bruno Walter. Titre de ce numéro : <em>Plaisirs d'été</em>, évidemment. Et savez-vous sur quoi je suis tombé, page 29 ? Sur l'article suivant, qui se passe d'explication : <em>Organiser une soirée "sex toys" avec</em> <em>des copines</em>. Où l'on apprend que le canard et le lapin ne sont pas nécessairement les animaux qu'on croit.<br /><br />Je trouve ça formidable que les copains du Conseil général aient osé ça ! Il y a trente ans, dans une telle publication, c'était inimaginable. Je vous fiche mon billet que la droite au Conseil général va y trouver à redire. A la différence de Saint-Quentin, elle est dirigée par une moitié de chef et a du mal à exister. Elle se saisit donc de n'importe quoi, comme toute opposition qui a du mal à exister. Pourquoi pas les "sex toys" ? En ce début de vacances d'été, ça nous permettrait de rigoler et de montrer qu'entre la gauche et la droite, il y a entre autres ceci qui les sépare, dont on a fêté les 40 ans l'an dernier : <strong>la libération des moeurs</strong>.<br /><br /><br />Bonne fin d'après-midi,<br />amusez-vous bien,<br />avec ou sans lapin et canard.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-1433619561678076120?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com8tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-75072306063873855662009-07-03T10:43:00.003+02:002009-07-03T12:19:32.523+02:00La campagne qui vient.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />C'est bien connu : en politique, une élection en chasse une autre. Adieu les européennes, bonjour les <strong>régionales</strong>. En Picardie, j'ai même l'impression que la droite a pris un petit tour d'avance. Cayeux a lancé la machine. C'est donc reparti : candidatures, listes, projets, campagnes, bagarres, tractations ... C'est la démocratie !<br /><br />Pour la gauche, cette élection ne sera <strong>pas facile</strong>. Sarkozy a repris la main, il n'est pas prêt à la lâcher. La dernière fois, le PS avait quasi raflé toutes les régions. Difficile de faire mieux. La droite le sait, elle est à l'affût, elle se prépare. En Picardie, Xavier Bertrand, qui n'est pas manchot, la pousse. L'extrême droite est puissante dans la région, elle nous pique des voix dans notre électoral naturel, les milieux populaires. Ça n'arrange rien.<br /><br />Et puis, à l'intérieur de la gauche, ça n'est <strong>pas mieux</strong>. Gremetz met le brin, comme on dit par ici. Les communistes légalistes (Gremetz a mis un pied en dehors du Parti, il aura ses propres listes), en s'alliant avec Mélenchon et le NPA, vont compliquer les affaires du PS. Le Front de Gauche fera sûrement un bon score, mais avec le NPA, les reports de voix au second tour en faveur du PS ne vont pas être faciles à négocier. Les Verts, forts de leur récent succès, auront leur liste, qui nous prendra comme aux européennes des électeurs. Bref, pour les socialistes, c'est pas trop la joie qui s'annonce !<br /><br />D'autant que les élections régionales posent un <strong>problème structurel</strong>. Les meilleurs agents d'une campagne électorale, ce sont les élus, en contact direct avec la population. Or les conseillers régionaux sont très peu connus. Si je vous demandais de me citer les <strong>cinq conseillers régionaux</strong> <strong>saint-quentinois</strong> (gauche et droite confondues), le pourriez-vous ? Il y a une grande difficulté à articuler leur mandat avec les demandes de la population. C'est pourtant une exigence de la démocratie, le lien entre les représentants et les représentés. A ma connaissance, les élus régionaux ne font par exemple aucun <strong>bilan de mandat</strong>. Du coup, la population ne sait pas très bien ce qui se fait à la Région, sauf à travers son magazine, <em>Agir en Picardie</em>.<br /><br />La campagne régionale de l'an prochain sera à mon avis <strong>extrêmement politique</strong> (ce n'est pas toujours le cas). Le rapport Balladur sur la réforme des collectivités locales a déclenché les hostilités. Comment conçoit-on désormais la Région, telle est la question, qui n'est pas petite. Quel sera le devenir de la Picardie ? Camper, pour toute réponse, sur un repli identitaire ne suffira pas à convaincre.<br /><br />C'est bel et bien un <strong>projet régional</strong> qu'il faudra exposer. Je crois qu'en son coeur devra figurer l'emploi, puisque c'est le gros problème de la Région. Pour ma part, j'aimerais y voir inscrit la construction du 3ème aéroport à Chaulnes, dont je suis un fervent partisan. Mais mes camarades ne sont pas très chauds, en partie à cause de notre partenariat avec les écolos.<br /><br />Ce projet ne pourra s'articuler que sur un <strong>bilan</strong>. On réélit une équipe autant sur ce qu'elle a fait que sur ce qu'elle va faire. Les <strong>emplois-tremplins</strong> sont assez bien connus, il faudra rappeler tout ce qu'ils ont pu apporter au monde associatif. Mais qui sait par exemple que les lycées ont bénéficié d'un <strong>budget "participatif"</strong>, que les élèves pouvaient affecter à leur guise ? (dans mon établissement, nous en avons utilement profité). Un effort de pédagogie et de militantisme politiques devront être faits si nous voulons l'emporter.<br /><br />Je ne veux pas vous quitter sans vous donner la réponse à la question posée un peu plus haut (mais vous avez sûrement trouvé !) : <strong>Monique Ryo, Michèle Cahu, Anne Ferreira, Franck</strong> <strong>Delattres, Jean-Luc Tournay</strong>. Saint-Quentin a donc une importante représentation au Conseil Régional, principalement à gauche. C'est pourquoi notre ville, la deuxième de Picardie, doit être <strong>une ville-phare de la campagne</strong>, du moins pour les socialistes, puisque nous y avons trois représentants de la majorité régionale (Jean-Luc, compagnon de Gremetz, a pris ses distances, c'est le moins qu'on puisse dire). Faisons gaffe : André et Bertrand sont encore capables de faire élire de leurs ami(e)s à la Région, après avoir envoyé Gruny au Parlement européen ! On aurait l'air malin, une fois de plus ...<br /><br />Cette campagne des régionales, je la sens bien : difficile certes, mais c'est stimulant. Très politique surtout. Bref on retourne à la bagarre contre la droite. Chouette !<br /><br /><br />Bonne matinée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-7507230606387385566?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com21tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-68105020017968231272009-07-02T11:19:00.003+02:002009-07-02T11:52:18.389+02:00Pour ou contre l'emprunt ?Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Avez-vous compris quelque chose à la dernière trouvaille de Sarkozy ? Cette histoire d'<strong>emprunt</strong> <strong>national</strong> ... A première vue, ça ne mange pas de pain. D'autant que les forces vives vont être sollicitées pour en définir les priorités d'utilisation. Un emprunt pour faire des choses, bof, pourquoi pas. Sauf qu'on sent assez vite les questions venir : un emprunt pour quoi faire exactement ? Surtout, emprunter, ça signifie qu'il va falloir rendre. Quand et combien ? C'est ça le problème quand il est question d'argent : on a toujours peur d'y perdre plus qu'y gagner.<br /><br />Quand on emprunte pour acheter une maison, c'est casse-tête. Alors pour l'Etat ... On nous dit : ce sera un "grand" emprunt. Il y en a donc de petits ? "Grand", ça renvoie à une ambition, c'est censé rassurer, ça donne du sérieux au projet. La "grandeur" dans les histoires de fric, je n'y crois pas trop. Si vous ne comprenez pas tout à l'emprunt sans vous sentir obligés de consulter un manuel d'économie de 500 pages, lisez le dernier <em>Charlie-Hebdo</em> (sorti hier), page 6, la chronique de <strong>Bernard Maris</strong>, le meilleur pédagogue du moment en matière d'économie.<br /><br />Son papier commence par un petit historique de l'emprunt. Il y a d'abord les emprunts d'après guerre, pour reconstruire le pays, en 1920 et 1948 : de <strong>bons</strong> emprunts, destinés à l'industrie. Puis il y a les <strong>mauvais</strong> : Pinay ("le pire ministre des Finances jamais connu"), Giscard, Balladur. Remarquez que les trois viennent de la même famille politique, le centre-droit très libéral. "C'est l'emprunt des rentiers, de la bourgeoisie parasitaire assise sur son tas d'or qui gonfle", selon Bernard Maris.<br /><br />Et <strong>l'emprunt Sarkozy</strong> ? 100 milliards d'euros, dit-on. Mais pourquoi ne pas frapper à la porte des banques, pourquoi s'adresser aux particuliers ? Deux arguments : tout le monde met la main à la poche, la rémunération de l'emprunt revient aux Français, pas à des organismes étrangers. Un contre-argument : il n'y a que les riches qui prêtent (inversement à l'adage "On ne prête qu'aux riches"), c'est donc eux qui vont y gagner.<br /><br />Alors, pour ou contre l'emprunt ? A gauche, il se dit que ce serait bien, à condition de servir à un <strong>plan de relance</strong>. A quoi la droite répond qu'il y en a déjà un. Vous voulez que je vous dise ? Cet emprunt, je ne le sens pas bien ...<br /><br /><br />Bonne fin de matinée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-6810502001796823127?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com42tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-19405303096177908532009-07-01T23:32:00.001+02:002009-07-01T23:34:00.458+02:00Désolé.Pas de billet aujourd'hui, pour cause de corrections de baccalauréat. Je me rattraperai demain.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-1940530309617790853?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com33tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-59445967676899282652009-06-30T16:09:00.004+02:002009-06-30T17:14:32.891+02:00Une séance (trop?) normale.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Après un conseil municipal, j'aime bien vous livrer mes impressions du moment, à l'état brut. Et puis, le lendemain, comparer avec ce que la presse en dit, pour voir si la perception est proche. Je ne parle pas tant du fond que de l'ambiance qui s'en dégage, du sentiment que les Saint-Quentinois, qui n'ont pas assisté à la séance, peuvent en retirer à la lecture de la presse. Il ne faut pas se faire d'illusion : qui s'intéresse de près à la politique, qui est capable d'en saisir les nuances et les subtilités ? Ce qui reste dans l'esprit des gens, ce sont des formules, des images, une atmosphère, un ton.<br /><br />Je trouve que Karine Perocheau, dans <em>L'Aisne Nouvelle</em>, a assez bien cerné ce qui s'est passé hier soir : "<em>L'occasion pour l'opposition d'attaquer la majorité sur les points habituels [...] et pour Pierre André de rétorquer à grand renfort de petites phrases assassines. Bref, <strong>une séance</strong> <strong>normale</strong> [...] Le sénateur-maire Pierre André est un vieux loup de mer qui semble prendre un malin plaisir à clouer le bec de ses adversaires [...] Tout au long de ce conseil, comme toujours l'opposition a fait son job, et Pierre André a balayé d'un grand revers de manche toutes les objections</em>".<br /><br />Je ne sais pas comment le vivent les conseillers d'opposition, mais ce qui est terriblement frustrant dans un conseil municipal, c'est que la lutte est nécessairement inégale, que celui qui a le pouvoir est de fait le plus fort par rapport à ceux qui ne l'ont pas, quelle que soit la pertinence de leurs arguments. Pierre André, quoi qu'on fasse, aura toujours le dernier mot. Que faire alors ? J'ai toujours pensé que <strong>l'attaque frontale</strong> était inutile, qu'elle servait au contraire de faire-valoir à la droite, qui a besoin d'une telle "menace" pour maintenir sa cohésion.<br /><br />Face à Pierre André, il faut jouer au plus fin. On pourra toujours chercher ici ou là des erreurs ou des contradictions dans ce qu'il dit, écrit ou fait, ce n'est pas ça qui peut l'atteindre. Je ne crois même pas qu'il faille s'adresser à lui ou à son équipe, mais chercher avant tout à <strong>communiquer avec l'opinion</strong>, lui délivrer un message, qui ne pourrait être que l'esquisse d'une <strong>politique</strong> <strong>alternative</strong>.<br /><br />- La consultation sur les 52 projets est bidon ? Qu'est-ce que la gauche propose en matière de démocratie participative ?<br />- Le fixe pour les frais de représentation est critiquable ? Est-ce que la gauche propose le remboursement des frais réels ?<br />- Le centre ville se meurt au profit du Quai Gayant ? Qu'est-ce que la gauche envisage pour l'aménagement de la ville ?<br /><br />J'arrête là, je pourrais continuer, mais je ne vois que cette stratégie-là, celle de la <strong>proposition</strong>, qui pourra redonner une crédibilité à la gauche. La contestation sèche, je n'y crois pas.<br /><br />Je me dis aussi que ce diable d'homme de Pierre André est très difficile à abattre parce qu'il est non seulement le chef de la majorité ... mais aussi de l'opposition. Je veux dire par là qu'il s'est désigné des adversaires, une tête de turc qu'il ne cesse de dénoncer et combattre : <strong>l'ancienne</strong> <strong>municipalité de gauche</strong>, constamment présentée comme un repoussoir d'incompétence et de corruption.<br /><br />Le plus surréaliste, c'est que l'opposition ne cherche pas à prendre sa défense, Olivier Tournay rappelant même hier qu'il ne souhaitait pas revenir sur le passé. Mais Pierre André y tient et s'en donne à coeur joie. C'est un choix tactique visiblement délibéré de sa part. Plus surréaliste encore le fait que le souffre-douleur de Pierre André, celui auquel le maire fait porter toute la responsabilité, c'est Jean-Pierre Lançon, socialiste, alors que la municipalité en question était communiste !<br /><br />C'est d'autant plus étonnant que dans la précédente opposition siégait Alix Suchecki, communiste, qui avait été, excusez du peu, chargée des finances à l'époque Le Meur. Jamais, je dis bien jamais je n'ai entendu Pierre André s'en prendre à elle, lui reprocher l'incompétence et la corruption qu'il brandit aujourd'hui en direction de Lançon. Il y avait même, entre André et Suchecki, une forme de respect. J'ai l'avantage d'avoir assisté aux débats des deux mandats municipaux, de pouvoir comparer : je vous livre cette différence-là, et la drôle de situation qui en résulte. Mais à Saint-Quentin, depuis quelques années déjà, j'ai l'impression que l'idéologie la plus répandue et la plus puissante, c'est le <strong>surréalisme</strong> !<br /><br />Une opposition, ce sont nécessairement des figures qui à la longue se détachent du lot, finissent par imposer leur marque, leur style, dans les joutes verbales contre le sénateur-maire. Dans l'équipe précédente, plus restreinte, c'était <strong>Grzegrzulka et Suchecki</strong>, chacune dans des styles très différents, tout en finesse chez Alix, très <em>rentre dedans</em> chez Odette. Dans cette opposition-ci, après plus d'un an d'exercice, je vois deux figures émerger :<br /><br />- <strong>Olivier Tournay</strong>, qui a la jeunesse pour lui, une bonne élocution, très calme, sérieux. Ses interventions marquent. Peut-être lui manque-t-il un petit côté offensif, comme hier dans l'affaire des frais de représentation.<br /><br />- <strong>Michel Aurigny</strong>, qui est d'une maîtrise de soi absolue, rigoureux, presque austère dans ses interventions, auxquelles il donne un fort contenu. Le reproche que je lui ferais, car nul n'est parfait, c'est que ses démonstrations intéressantes sont souvent absconses. La conviction ne doit pas être indifférente à la communication. Pierre André, et c'est là où il est très fort (un peu comme Sarkozy), sait faire passer en quelques mots, très efficacement, avec son style à lui, un message toujours très politique. Par comparaison, c'est la gauche qui semble techno ! Après, on pense ce qu'on veut du message, toujours est-il qu'il passe.<br /><br />C'est quand le prochain conseil ? En septembre je suppose. On s'y remettra, avec autant de passion ...<br /><br /><br />Bonne fin d'après-midi.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5944596767689928265?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com42tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-56054417102691107042009-06-29T20:32:00.003+02:002009-06-29T22:48:31.414+02:00Jekill et Hyde.Bonsoir à toutes et à tous.<br /><br />Si Olivier Tournay ne m'en avait pas parlé dimanche à la Fête des Libertés, je ne l'aurais pas su, je ne l'aurais pas vu sur internet ce soir : <strong>la réunion du conseil municipal</strong>. A ma connaissance, la presse locale du week-end ne l'a pas annoncée. J'ai l'impression, en onze ans de participation à ces conseils municipaux, qu'il y a une désaffection un peu générale à l'égard de ce qui est pourtant le coeur de la démocratie municipale. Qu'est-ce qui explique ça ? Tout semble joué d'avance, la droite est largement majoritaire, unie derrière un patron qui ne laisse rien passer et qui paraît invulnérable.<br /><br />Pierre André justement : je l'observe devant mon écran, je prends mon temps, j'essaie d'être objectif, de faire abstraction de toute considération partisane et de réfléchir. Est-ce le même homme que j'ai rencontré il y a quinze jours ? Il y a incontestablement du <strong>docteur Jekill et</strong> <strong>mister Hyde</strong> en lui. Joue-t-il au méchant ou l'est-il vraiment ? L'opposition, il l'écrase, avec une incroyable brutalité. Ou bien il s'en amuse, comme un chat avec une souris.<br /><br />Les hostilités commencent avec le <strong>compte administratif 2008</strong>, sur lequel l'opposition s'abstient en soulignant qu'elle n'était alors pas élue. Ça me fait bizarre : il y avait bien une opposition à cette époque-là, avec laquelle l'opposition d'aujourd'hui partage quelques liens ! Michel Aurigny relève "de nombreuses erreurs" dans le compte administratif et dans le compte de gestion, des contradictions, qui lui font dire que la gestion n'est pas bien maîtrisée. J'avoue que je me perds un peu dans les lignes et les chiffres, que j'ai du mal à en faire une <strong>lecture</strong> <strong>politique</strong>. Où veut en venir exactement Aurigny ? Dénonce-t-il des erreurs de calcul ou bien une volonté maligne ?<br /><br />Sur les <strong>frais de représentation du maire</strong>, Olivier Tournay semble au départ avoir trouvé un bon angle d'attaque : pourquoi la somme est-elle de 18 300 euros alors que le conseil municipal a voté 12 000 euros ? Sauf que l'offensive tourne court. Pierre André répond que les 18 300 euros comprennent aussi les adjoints. Rideau. Enfin pas vraiment : Pierre André saute sur l'occasion pour attaquer René Dosière avec une histoire picrocholienne d'un courrier socialiste envoyé sous affranchissement parlementaire. Je connais cette histoire, je ne suis même pas certain que les élus socialistes actuels soient au courant. C'est là où Pierre André est le plus violent, tape du plat de la main sur la table, dénonce les "prébendes" de l'ancienne municipalité de gauche, dont les preuves seraient enfermées "dans les coffres-forts de la ville". Toujours la même vieille histoire de corruption ...<br /><br />Même sur le <strong>coût de la visite de Sarkozy</strong>, l'échange tourne en eau de boudin. Pierre André énumère des détails dérisoires, souligne la publicité gratuite faite à la ville, égratigne au passage la campagne de promotion du Conseil général de l'Aisne et finit sur l'aide qu'apporte la municipalité ... à la Fête de l'Huma et la Fête des Libertés. Fermez le ban.<br /><br />Céline Séné demande gentiment quelle sera l'utilisation des 3 000 euros affectés à l'école Kergomard pour <strong>l'atelier de langues vivantes</strong> ? Monique Ryo, très offensive, défend son projet en distinguant "enseignement" et "bain linguistique". S'ensuit un débat sur l'aide de la municipalité dans l'achat de matériel scolaire.<br /><br />Sur la DSU, <strong>Dotation de Solidarité Urbaine</strong>, l'opposition aimerait bien connaître sa ventilation. André renvoie dans les cordes Aurigny, lui avouant qu'il ne comprend rien à ce qu'il dit, assénant que la DSU permet de maintenir la fiscalité en l'état, sans augmentation supplémentaire.<br /><br />Puis vient sur le tapis la <strong>consultation sur les 52 propositions</strong> que la municipalité a récemment initiée (je ne suis pas encore allé voir le questionnaire). Jean-Pierre Lançon accuse des questions fermées, des réponses téléguidées et des propositions qui sont des obligations légales, traitant l'opération de "mascarade". Michel Aurigny souligne que c'est au conseil municipal de débattre de ces propositions, et après seulement de les soumettre éventuellement à la population (je comprends que le militant du Parti Ouvrier Indépendant soit peu sensible à la "démocratie participative"). Car que se passera-t-il si l'opinion vient déjuger des choix municipaux déjà effectués ?<br /><br />Même prévention d'Aurigny à l'égard du <strong>Service civique volontaire</strong>, dont il s'étonne que les stagiaires reçoivent seulement 170 euros, pour lesquels il demande la rémunération et le contrat de travail. Sauf qu'un service volontaire, c'est comme le service militaire : on n'est pas payé, et Pierre André a beau jeu de le faire remarquer. Mais qui connaît les présupposés idéologiques du militant lambertiste, pour qui un stagiaire, service civique ou pas, doit nécessairement être rémunéré ?<br /><br />La fin du conseil intervient brutalement, dans l'incompréhension la plus totale entre les deux parties adverses, Aurigny réclamant de débattre, André souhaitant de bonnes vacances à tous. Pendant toute la séance, Xavier Bertrand n'aura pas cessé de s'agiter sur son siège, ne tenant pas en place, marmonnant dès que l'opposition prend la parole.<br /><br />Après avoir éteint mon ordinateur, j'ai un drôle de sentiment en tête. Est-ce que ce qu'on a vu ce soir va se répéter jusqu'en 2014 ? C'est une sorte d'<strong>amertume</strong> que j'éprouve. Qu'est-ce que la presse va retenir de ce conseil ? L'opinion en pensera-t-elle quelque chose ? Je ne sais pas où tout ça va, j'en perçois mal l'utilité. Je me dis, plus que jamais, que la politique c'est la guerre et que les vaincus sont des damnés.<br /><br /><br />Bonne soirée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5605441710269110704?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com39tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-55706011116213333242009-06-29T09:41:00.002+02:002009-06-29T10:24:22.245+02:00Week-end pourri.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Quel week-end pourri ! Pourtant, il a fait beau, très beau, très chaud, surtout sur la pelouse du stade Marcel-Bienfait. Et pourtant, le week-end a été politiquement pourri, l'un des pires pour l'instant de l'année. Nous avons en effet assisté à <strong>une triple défaite</strong> :<br /><br /><strong>1- Défaite de la vertu</strong>. A Perpignan, le maire UMP fraudeur ("à la chaussette" !) a été réélu dès le premier tour. Xavier Bertrand, pas gêné par l'odeur de la chaussette, était venu le soutenir. Quand les citoyens se mettent à élire massivement des tricheurs, c'est que quelque chose est pourri dans la démocratie. A Hénin-Beaumont aussi, il y a eu un fraudeur, avec l'argent cette fois. Car la corruption civique ou financière peut atteindre n'importe quel parti. Le PS l'a exclu. Il faut dans notre République <strong>réhabiliter la vertu</strong>, dans la classe politique mais de même chez les citoyens.<br /><br /><strong>2- Défaite de l'union</strong>. La gauche va mal et le PS ne va pas bien, inutile de le cacher. Après la défaite aux européennes, on pourrait s'attendre à une prise de conscience, un sursaut. A Hénin-Beaumont et à Perpignan, c'est manifestement trop tôt. La gauche est partie divisée, selon un schéma qui risque de plus en plus de se répéter, si rien n'est fait pour le stopper : d'un côté une liste traditionnelle d'<strong>Union</strong> <strong>de la Gauche</strong> qui ne parvient pas à être majoritaire, de l'autre une liste <strong>divers gauche</strong>, parfois ouverte aux centristes et aux Verts, qui réalise un joli score (A Hénin-Beaumont, elle arrive même en tête de la gauche).<br /><br />Le PS a longtemps été en panne de rénovation. Avec Martine Aubry, il est en voie de rénovation. Mais Paris ne s'est pas fait en un jour. En attendant, nous sommes sous la menace de ce type de division entre une <strong>ancienne gauche</strong> qui ne peut plus gagner et une <strong>nouvelle gauche</strong> qui ne parvient pas encore à rassembler. A Saint-Quentin, nous sommes typiquement dans ce cas de figure.<br /><br /><strong>3- Défaite de la République</strong>. A Hénin-Beaumont, le FN est arrivé en tête et peut ainsi s'emparer de la mairie. C'est la nouvelle la plus pourrie de ce week-end pourri. Hénin-Beaumont, c'est le bassin minier, c'est une terre de gauche : si les fachos gagnent là-bas, ce sera dramatique pour la gauche, et même pour la France, en tout cas pour la République. Je déplore depuis des années que le PS en particulier et la gauche en général aient abandonné <strong>la lutte anti-fasciste</strong>, qui fait pourtant partie de notre identité. Et tout ça parce qu'on ne veut pas faire de peine aux milieux populaires qui votent Le Pen, on veut les récupérer en veillant à ne pas les froisser. C'est un tort : <strong>l'extrême droite se combat</strong>, c'est en la discréditant, en la disqualifiant que nous pourrons retrouver les électeurs qui nous ont quittés.<br /><br />Après le <em>mojito</em>, le <em>chili con carne</em>, le soleil et la musique ce dimanche à la Fête des Libertés, c'est un peu ce matin la gueule de bois. Mais j'avais hier prévenu : la gauche ne peut plus vivre dans la nostalgie des années 60-70, elle doit se frotter aux réalités d'aujourd'hui, qui s'appellent en ce lundi Perpignan et Hénin-Beaumont.<br /><br /><br />Bonne matinée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5570601111621333324?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com32tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-56541385641763827292009-06-28T21:00:00.003+02:002009-06-28T22:45:32.802+02:00Tonton flingueur.Bonsoir à toutes et à tous.<br /><br />C'est dans <em>L'Aisne Nouvelle</em> de ce week-end, en première page. On voit la tête de<strong> Xavier</strong> <strong>Bertrand</strong>, énorme, aussi grosse que celle des Bouffons du carnaval. Il lève un index menaçant, comme s'il s'apprêtait à donner une leçon ou, pire, à administrer une correction. A qui ? A l'homme qui est derrière lui, en retrait, plus petit, assis dans un fauteuil de majesté, souriant, tranquille, ne craignant visiblement pas la menace. C'est le député de l'Aisne, <strong>René Dosière</strong>, il n'y a pas si longtemps vice-président de l'Assemblée Nationale (d'où le fauteuil). C'est bien sûr un photo-montage, mais impressionnant (et fait pour ça ?).<br /><br />Le titre est dans la même veine : "Bertrand flingue Dosière". Eh bé ! La politique, c'est le Far-West ? Ne dit-on pas qu'on n'y réussit que si on est un "tueur" ? Voilà une image peu glorieuse d'une activité qui pourtant devrait être glorieuse. <em>L'Aisne Nouvelle</em>, que certains présentent comme acquise à la droite locale, ne présente pas son leader sous un jour très enviable. Bertrand en <strong>tonton-flingueur</strong> ! Pourquoi pas, tant qu'on y est, en mafioso ...<br /><br />Quand on lit l'entretien, car il s'agit d'un entretien, on est un peu rassuré : si Xavier Bertrand est un "tueur" c'est du genre tueur de mouches, et si c'est un cow-boy son pistolet est en plastique. Bertrand, c'est un méchant pour rire, qui joue à nous faire peur, mais sa grosse tête dans <em>L'Aisne Nouvelle</em> n'effraie personne. Car qui sont ses cibles ? Tout le monde ! Ferreira, Dosière, Daudigny ... Et pourquoi ? Pour un rien, pour n'importe quoi. Dans un western, Xavier Bertrand aurait le rôle du jeune prétentieux qui défie maladroitement les plus fines gâchettes en tirant sur tout ce qui bouge, pour se faire valoir, pour la frime. Attention, c'est comme ça qu'on finit sur le carreau, une balle entre les deux yeux.<br /><br />Qu'est-ce que Bertrand reproche à Dosière ? Une histoire invraisemblable de bureau quand il était maire de Laon et d'hélicoptère quand il était président de Région. Tout ça il y a vingt ans ! Le bonhomme a la rancune tenace et reste au raz des pâquerettes. C'est à son niveau, le bureau et l'hélicoptère. Alors que Dosière est un spécialiste des collectivités locales et que son travail sur les finances de l'Elysée est reconnu par tous pour son sérieux et sa pertinence. J'ajouterai que sa rigueur intellectuelle et son indépendance d'esprit l'ont conduit à se faire virer du PS. Si quelqu'un n'est aucunement partisan et accomplit de matière exemplaire son boulot de législateur, jusqu'à lui redonner ses lettres de noblesse, c'est bien René Dosière.<br /><br />Mais Bertrand, gros malin, a un autre argument contre son collègue député : "il préfère le tapage médiatique", "il aime la lumière". Ah bon ? Et lui, Bertrand, qui s'entoure de conseillers en communication pour se fabriquer son petit destin, le "tapage médiatique", la "lumière", il n'aime pas ça, il ne les recherche pas ? Voilà de bien misérables arguments qui condamnent <em>ipso facto</em> celui qui les emploie.<br /><br />Mais notre cowboy avec son pistolet à eau ne s'arrête pas là. Il "flingue" le Conseil Général de l'Aisne pour sa campagne de promotion du département, dont tout le monde a salué l'originalité et l'utilité. C'est "un coup d'esbroufe", dit Bertrand, qui doit s'y connaître en matière de coup d'esbroufe. Mais l'argument est aussi minable que celui qu'il utilise contre Dosière. D'ailleurs, ses amis de droite au Conseil Général n'ont jamais dénoncé la campagne de promotion dont l'Aisne avait tellement besoin et dont les retombées économiques et touristiques ne peuvent qu'être positives. Mais voilà : tout ce qui ne vient pas du cerveau forcément génial de Bertrand ne peut qu'être mauvais et critiquable.<br /><br />A la fin de l'entretien, quand le journaliste demande à notre "flingueur" quel est son bilan pour sa circonscription, voilà ce qu'il répond : "Mon rôle est d'obtenir des financements pour aider le territoire". C'est son dernier mot, c'est le cri du coeur : Xavier Bertrand, ce n'est pas un législateur, c'est un tiroir-caisse, un pourvoyeur de clientèles. Je n'ai rien à lui conseiller, je suis tout petit à côté de lui, qui est un professionnel de la politique. Je ne fais que jouer mon rôle de libre citoyen dans une démocratie. Mais je me permettrais quand même de lui suggérer quelque chose, au cow-boy de Saint-Quentin : qu'il suive un peu plus l'exemple de son maître, Pierre André, qui a certes la dent dure, mais qui a suffisamment d'intelligence et de sens politique pour ne pas s'en prendre indistinctement à tout ce qui peut venir le contrarier dans le paysage politique. Avec un gars comme Bertrand en chef de la droite locale, le capital de sympathie qu'aura accumulé Pierre André en trois mandat pourrait être rapidement dilapidé ! C'est ballot, mais pour la gauche, ce serait l'occasion rêvée. Peut-être qu'après ça le "flingueur" va rengainer ?<br /><br /><br />Bonne nuit.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-5654138564176382729?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com40tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-34201870012158688102009-06-28T18:21:00.003+02:002009-06-28T19:58:57.237+02:002009, année communiste ?<a href="http://4.bp.blogspot.com/_SnurwoLvF2I/SkeYtPreDxI/AAAAAAAAAGQ/-nwmnJ9zLuc/s1600-h/F%C3%AAte+des+Libert%C3%A9s+003.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5352414585223515922" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 299px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_SnurwoLvF2I/SkeYtPreDxI/AAAAAAAAAGQ/-nwmnJ9zLuc/s400/F%C3%AAte+des+Libert%C3%A9s+003.jpg" border="0" /></a> Jean-Luc Tournay, Maxime Gremetz, Olivier Tournay,<br /> cet après-midi, à la Fête des Libertés, à Saint-Quentin.<br /><br /><br />Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Je ne sais pas pourquoi, en parcourant la fête du PCF, j'avais en tête cette chanson de Gainsbourg, transformée pour l'occasion : <em>2009, année communiste</em> ! Ou plutôt je sais : il y avait cet après-midi, stade Marcel-Bienfait, un arrière-goût pas forcément désagréable d'il y a 40 ans, que Maxime Gremetz lui-même, la <em>guest star</em>, a souligné : drapeaux rouges, faucilles et marteaux, cellules Marcel Cachin, Joliot-Curie, Emile Tournay, effigie de Che Guevara (la seule concession au gauchisme). Pour deux euros, on peut peser un jambon et gagner un lot si on devine le poids. Je ne m'y risque pas.<br /><br />On boit du <em>mojito</em> et on pense à Fidel Castro, on mange du <em>chili con carne</em> et on songe à l'<em>Unidad</em> <em>Popular</em> de Salvador Allende et à ces salauds de la CIA (même si ça n'a rien à voir avec le plat). Les jeunes communistes de la cellule du centre ville insistent pour qu'on mange leurs sardines grillées dont l'odeur domine toute la fête. J'ai alors en tête et dans mes narines la même odeur forte rencontrée la première fois dans les années 70, chez mes cousins communistes de Noisy-le-Sec, qui avait tellement surpris mon frère et moi. Dans le Berry, on mange les sardines à l'huile, on ne les fait pas cuire. Mais qu'est-ce qui peut bien unir les communistes et les sardines grillées ? C'est un met très populaire au Portugal, le plat du pauvre, avant que le capitalisme de consommation mette en conserve les sardines. Et puis, on pense à Alvaro Cunhal, un Gremetz de la Révolution des Oeillets.<br /><br />C'était le temps où les idées étaient à l'endroit, où les frontières étaient respectées : le capitalisme, c'était la dictature, avec Pinochet, Franco et Salazar. Les états d'âmes, les hésitations n'existaient pas, le monde était en noir et blanc, on savait où on allait, qui il fallait combattre. J'ai aimé ces années-là. Mes camarades communistes saint-quentinois continuent à les aimer, tellement qu'ils y sont restés. Le discours de Maxime Gremetz est clair, tranché, structuré, séduisant. Il fait beau, il fait chaud, le <em>mojito</em> tourne un peu la tête, le <em>chili</em> a du mal à digérer, on est entre nous, on se comprend, on a envie de se laisser aller, même le social-démocrate que je suis. La nostalgie, c'est si bon, surtout allongé sur le gazon.<br /><br />Maxime, c'est Marchais. Il a un peu la même gouaille, les mêmes idées simples, un visage taillé à la serpe, des yeux qui roulent et qu'on dirait faits pour pour <strong>effrayer le bourgeois</strong>. Sauf qu'il y a bien longtemps que les bourgeois ne craignent plus les communistes. Même il y a 40 ans, je me demande si ... J'ai presque envie de le regretter. Qui ne rêverait pas de faire peur aux riches, aux puissants, aux bourgeois, quand on est de gauche ? Le problème, c'est qu'on ne fait pas de politique avec des rêves mais avec des réalités.<br /><br />La part positive du discours de Gremetz, c'est qu'il réactive la <strong>lutte des classes</strong>. Il n'y a pas de politique sans clivage, sans affrontement. Celui-là, entre défavorisés et privilégiés, en vaut bien un autre, et il est quand même à l'origine de la sociologie de gauche. La part discutable du discours, ce sont les solutions proposées, les perspectives politiques : là, je ne vois pas. Le Front de Gauche ou l'alliance avec les socialistes, on sent bien que Gremetz n'est pas très chaud, qu'il tient à conserver l'identité communiste. Les Régions tenues par la gauche ? Il ne croit pas trop en leur bilan positif. Alors on va où comme ça ? Nulle part, on retourne en 1969, à la Belle Epoque de Duclos et de Mimile Tournay. <br /><br />Même les citations de Maxime Gremetz sont datées. Il rappelle la formule d'Yvon Chotard, un responsable patronal du temps du CNPF : <em>on ne fait pas la même politique avec un PCF à</em> <em>20% et à 5%</em>. Ce dernier chiffre, on y est. Mais quand le PCF était à un très haut niveau électoral, est-ce que ça empêchait la droite de mener sa politique et le patronat de défendre ses intérêts ? Bien sûr que non. Pompidou et Giscard n'étaient pas meilleurs que Chirac et Sarkozy.<br /><br />La question que Maxime ne pose publiquement jamais mais dont je suis certain qu'elle le travaille intérieurement (car c'est un homme plus fin que ne le laisse paraître la caricature dans laquelle parfois il se complaît) : pourquoi ce PCF chargé de représenter et de défendre les intérêts des classes populaires est-il <strong>délaissé progressivement</strong>, depuis trente ans, par ces classes populaires ? Il y a quand même là une énigme (qui ne me réjouit pas) sur laquelle il faudrait s'interroger.<br /><br />Les communistes ont toute leur place à gauche, mais <strong>rien que leur place</strong>, qui ne peut plus être la première, ni électoralement, ni idéologiquement. A Saint-Quentin plus qu'ailleurs, cette réalité a du mal à passer, parce que le leadership du PS est mal assuré. Mais cette réalité un jour devra s'imposer. Et nos camarades communistes eux-mêmes auront tout à y gagner. Etre <em>ad eternam</em> dans l'opposition, ce n'est pas une vie, ni pour eux, ni pour nous. S'ils veulent retrouver des responsabilités (le veulent-ils ?), ils ne pourront y parvenir qu'avec nous, socialistes redevenus pleinement socialistes, sans alliance avec l'extrême gauche. Comme il y a 40 ans, comme dans les années 70. Moi-aussi, je suis pris par la nostalgie. Mais c'est plutôt que j'ai <strong>bonne mémoire</strong> et que je sais où je vais et avec qui.<br /><br />Au fait, qui peut me dire combien pesait le jambon ?<br /><br /><br />Bonne soirée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-3420187001215868810?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com33tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-15897022627285603892009-06-27T09:31:00.003+02:002009-06-27T10:43:59.776+02:00La victoire en causant.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Jeudi soir, Génération Ecologie a organisé à Saint-Quentin une réunion publique sur le thème : <strong>"après les élections européennes, que peuvent faire les écologistes ?"</strong> J'y suis allé, comme j'irai dimanche à la fête du PCF. A gauche, il n'y a pas tant de lieux de débat dans notre ville. Dès qu'une occasion se présente, je me précipite. Jean-Robert Boutreux était l'initiateur de cette rencontre. Je le connais depuis longtemps, nous ne sommes pas d'accord sur tout mais il y a de la sympathie entre nous. Il a un bon réseau autour de lui (plusieurs élus de communes rurales, dont un maire étaient présents), il est ouvert, habile. Etaient présents aussi les Verts, représentés par leur conseillère municipale saint-quentinoise, des écolos d'autres formations, des responsables associatifs et des militants du MoDem (dont leur élu municipal).<br /><br />Bref, une réunion qui avait de la gueule, des personnes influentes et une grande diversité dans les sensibilités. Mais quoi de <strong>commun</strong> entre tous, et vers où est allé ce débat ? Je resterai modeste dans ma restitution de son contenu, puisque j'ai dû partir assez vite, devant animer ce même soir un café philo sur le bonheur à Bohain. Mais je peux vous donner mon sentiment sur <strong>l'état d'esprit</strong> qui a régné entre nous, écolos, centristes, associatifs, élus et militants de gauche :<br /><br />D'abord un besoin urgent de se retrouver, d'échanger, de discuter, de faire le point ensemble. Qu'est-ce qui nous rapproche ? Le fait d'être des "progressistes" et de ne pas nécessairement nous reconnaître dans la politique telle qu'elle se fait aujourd'hui. On se cherche, on aspire à la <strong>rénovation</strong>. A plusieurs reprises, l'expression de "troisième voie" a été employée. Je ne l'aime pas trop, elle est historiquement connotée, renvoie aux débats de la IVème République entre MRP, SFIO, RPF et PCF. Nous n'en sommes plus là, ces sigles n'interpellent plus grand-monde aujourd'hui. Mais l'état d'esprit, lui, est bien présent.<br /><br />Quel est-il ? L'aspiration à faire émerger, entre la droite conservatrice et la gauche radicalisée, un <strong>espace progressiste</strong>, social-démocrate ou social-écologiste, de centre gauche, peu importe les mots qu'on emploie, beaucoup d'autres sont tout aussi valables. L'essentiel, ce qui nous unit, c'est le <strong>double refus du conservatisme et de la radicalisation</strong>. Je ne suis pas sûr que tous ceux qui étaient jeudi soir autour de la table y mettaient le même sens que moi. Mais je suis certain des convergences qu'il y a entre nous.<br /><br />Cette rencontre avait surtout une <strong>valeur locale</strong>. Nationalement, qui peut savoir ce que deviendront les écolos forts de leur succès, les socialistes affaiblis par leur défaite, les centristes déboussolés par leur leader ? Mais à Saint-Quentin, il y a incontestablement <strong>un créneau</strong> <strong>politique à prendre</strong>, qui n'est pour l'instant occupé par personne, ni par la droite très marquée par la présence de Xavier Bertrand donc de l'UMP, ni par la gauche tenue par son alliance avec l'extrême gauche. Je ne sais pas quelle suite Jean-Robert donnera à cette première rencontre, mais j'ai dit à tous en partant que je souhaitais que suite il y ait.<br /><br />Quant à l'avenir, comme toujours en politique, ce sont les élections locales qui trancheront. Il y aura les cantonales et les municipales. La gauche restera-t-elle l'alliée de l'extrême gauche, se condamnant à la marginalisation ? C'est la grande question. Si elle rompt, si elle est capable d'initier une dynamique d'ouverture, de rassemblement, si elle se concentre sur un projet local, alors <strong>la victoire deviendra envisageable</strong>. Nous en sommes encore très loin. Mais ça ne coûte rien d'en causer ...<br /><br /><br />Bonne matinée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-1589702262728560389?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com21tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-23487355131658084342009-06-26T10:41:00.003+02:002009-06-26T11:46:54.555+02:00Jackson dans l'éternité.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Quand je me suis hier soir couché, la radio annonçait l'hospitalisation de Michael Jackson, et ce matin en me levant, j'apprends sa mort. Je ne sais rien de cet homme, je suis incapable de vous citer un seul titre de ses chansons. La pop (je crois que c'était son genre musical ?), je n'y comprends rien, ça ne m'attire pas. Et pourtant, <strong>Michael Jackson</strong> n'est pas pour moi un inconnu. Et si je me sens un peu obligé de lui consacrer ce billet ce matin, c'est qu'il était, d'après le commentaire d'une radio, "une icône mondiale".<br /><br />Parmi les deux ou trois choses à connaître pour comprendre la société contemporaine, il y a sans doute l'engouement planétaire qu'aura suscité cet homme. Qu'est-ce que Jackson nous apprend sur le monde moderne ? C'est la question que j'ai envie de poser, d'autant plus librement que je n'adhère pas au phénomène. De celui-ci, je retiens <strong>trois dimensions</strong> qui me semblent intéressantes :<br /><br /><strong>1- Un adulte qui veut devenir un enfant</strong>. C'est le côté le plus fascinant du personnage, qui lisse son visage, qui efface les rides, qui fuit le temps. Jackson va au bout de la logique de notre époque, il tente d'échapper à la durée, il recherche une sorte d'innocence, de pureté, d'éternité. Depuis deux siècles environ, nous avons réhabilité l'enfance jusqu'à l'idolâtrer. Jackson, lui, aspira carrément à devenir un enfant !<br /><br />On peut s'en émerveiller, on peut aussi (c'est mon cas) s'en inquiéter. C'est quoi cette incroyable <strong>régression</strong> qui fascine tant ? Moi elle me fait un peu peur. Quand Michael Jackson a eu un enfant, il l'a montré à la foule, du haut d'un balcon, en un geste troublant, presque sacrificiel. Peut-être avait-il compris et refusé qu'on ne puisse plus faire l'enfant quand on avait un enfant ?<br /><br /><strong>2- Un noir qui veut devenir blanc</strong>. C'est le côté le plus fou du personnage. Il se trouve, pur hasard, que je mets la dernière main ce matin à une conférence sur Darwin que je dois donner demain. La théorie de l'évolution du vivant, si on la prolonge dans le futur, peut déboucher sur un post-humanisme, dans lequel l'homme se dépasserait lui-même pour laisser place à une nouvelle créature, une espèce améliorée. Certains savants et philosophes y ont songé, Jackson en quelque sorte l'a réalisée (du moins à l'état d'ébauche, et largement sur le mode du fantasme). Après la régression vers l'enfance, il a accéléré une sorte d'<strong>évolution</strong> <strong>dans le futur</strong> (ou plutôt un certain futur).<br /><br />C'est quelqu'un qui a constamment cherché à se (re)construire, le plus spectaculaire étant dans sa tentative de changer de peau (au propre comme au figuré). Jackson, c'est l'anti-Obama : il n'est pas fier d'être noir, mais veut-il vraiment devenir blanc ? Que cherche-t-il vraiment ? A se créer sûrement <strong>une identité sur mesure</strong> ...<br /><br /><strong>3- Un corps qui se libère mécaniquement</strong>. Chez Michael Jackson comme chez tous nos contemporains, il y a une obsession paradoxale du corps. D'un côté on veut le libérer, l'aimer, le choyer, de l'autre on l'asservit à des régimes draconiens, on le mincit à l'extrême, on a la hantise des graisses. Drôle d'époque ! Ce corps, <strong>on veut en tirer du plaisir et on le fait souffrir</strong>. Ce que je retiens de Jackson, moi à qui ses chansons sont inaudibles parce que je n'ai pas l'oreille musicale, ce sont les mouvements bizarres de son corps sur scène, sa danse à la fois frénétique et très mécanique, cet espèce de robot aux gestes et réactions très subtiles, d'une grande virtuosité, en quoi il s'est transformé. J'ai l'impression que Michael Jackson <strong>déchaîne son corps</strong> <strong>en l'enchaînant</strong> méthodiquement, rigoureusement. Un robot qui serait devenu danseur, voilà le paradoxe et l'étrangeté.<br /><br />Ce que j'en conclus, c'est que le monde moderne, peuples ou individus, a de plus en plus de difficulté avec la <strong>notion d'identité</strong>. Sans doute parce que ce monde moderne, en portant très haut la liberté, ne peut que remettre en question cette notion.<br /><br />Avant de vous quitter, un mot tout de même sur l'autre disparition dans cette immense Los Angeles : <strong>Farah Fawcett Major</strong>, mon premier amour d'adolescent, la blonde lionne de "Drôle de Dames". Je n'aimais pas la série mais j'aimais Farah. C'était un fantasme, mais à la différence de Jackson, je le savais.<br /><br /><br />Bonne matinée quand même.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-2348735513165808434?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com14tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-82026076701161538752009-06-25T09:50:00.002+02:002009-06-25T10:15:16.137+02:00Fête des Libertés.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />Corinne Bécourt m'a transmis le message ci-dessous, que je porte à votre connaissance. Depuis onze de présence à Saint-Quentin, j'ai rarement raté la "Fête des Libertés", qu'organise chaque année la section locale du PCF. C'est un lieu de débats pour la gauche, il n'y en a pas tant que ça à Saint-Quentin. Et puis, on s'amuse bien ! Je vous conseille donc d'aller y faire un tour. A 13h00, ce sera le verre de l'amitié, et à 15h00 le débat politique.<br /><em></em><br /><em></em><br /><em>DIMANCHE 28 JUIN - FETE DES LIBERTES<br />DE 9H A 19H<br /><br /> Au STADE Marcel BIENFAIT - Quartier de Neuville –Saint-Quentin<br /> <br />CONCERT/TOURNOI DE FOOT A 7 (dès 9h)<br />RESTAURATION/BUVETTE<br />DEBAT<br /><br />ET DE LA CONVIVIALITE ...<br /> <br />Avec la participation de syndicalistes mais aussi de :<br /><br />Maxime Gremetz, Député et Conseiller Régional<br />Jean Luc Belpaume, Conseiller Régional<br />Jean Luc TOURNAY, Conseiller Régional<br />Emanuel Dang Tran, Membre du Conseil National du PCF<br />Corinne Becourt, Membre du Conseil National du PCF<br />Nathalie Bendif, Adjointe au Maire de Gauchy<br />Martine Prisette, Conseillére Municipal de Gauchy<br />Olivier Tournay, Conseiller Municipal de Saint Quentin<br /><br />Et merci à tous les militants ....<br /> </em><br /><p>Bonne matinée.</p><br /><em><br /> </em><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-8202607670116153875?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com23tag:blogger.com,1999:blog-34344761.post-21852329758646210752009-06-24T13:43:00.002+02:002009-06-24T13:57:55.778+02:00Boué, c'est bien.Bonjour à toutes et à tous.<br /><br />J'ai renoué ce mois-ci avec un exercice que j'affectionne tout particulièrement, qu'il m'est hélas trop rarement donné de pratiquer, car seulement au moment de nos congrès ou lorsque nous engageons une consultation interne : je veux parler de mes "tournées" dans les sections socialistes de l'Aisne, notamment les <strong>petites sections</strong>, qui se sentent parfois oubliées. Les archives de ce blog, si vous avez la curiosité et la patience de les consulter, vous racontent ces pérégrinations. Devenu secrétaire fédéral à la formation, je peux m'en donner si j'ose dire à coeur joie.<br /><br />Ainsi, hier soir, j'étais à Boué, <strong>section du Nouvion</strong>, réunie dans la salle de la mairie, en compagnie du secrétaire, Jacques, et du maire, Thierry. Auparavant, la semaine dernière, j'avais fait deux incursions à Château-Thierry, où les camarades là-bas me connaissent bien. A Boué, c'était la première fois, et ça s'est très bien passé. Nous étions une petite dizaine, ce qui n'est pas si mal pour une petite section. Et la réunion s'est terminée au jambon, pâté et cidre !<br /><br />Le sujet demandé : "<strong>L'histoire du socialisme</strong>". Pas facile à traiter, tellement vaste ... Je ne voulais pas apparaître comme le prof chiant qui vient faire un cours. C'était donc plus une animation qu'une conférence, avec cet objectif : montrer que le passé peut nourrir le présent, que les réponses d'autrefois peuvent apporter quelque chose aux interrogations d'aujourd'hui. Je veux que tout ça soit <strong>vivant</strong>. Je pars de nos valeurs, de nos grands événements, de nos hommes illustres, de nos symboles, bref de ce que chacun connaît plus ou moins bien, pour "élever la réflexion", comme on dit. Je crois que ça a marché. A quand la prochaine section ?<br /><br /><br />Bonne journée.<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/34344761-2185232975864621075?l=laisneavecdsk.blogspot.com'/></div>Emmanuel Moussethttp://www.blogger.com/profile/14575132028265728253noreply@blogger.com0