tag:blogger.com,1999:blog-273227822009-04-27T15:09:58.035+02:00Histoire et patrimoine d'Angoulins/merBlog de l'association Expression-Hist destiné à la promotion de l'archéo-histoire localeexpressionhistnoreply@blogger.comBlogger55125tag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-19402490993801158422009-04-27T15:09:00.001+02:002009-04-27T15:09:58.042+02:00Nouveau message<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-1940249099380115842?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-84622663034478939982007-12-09T17:30:00.000+01:002008-01-11T19:43:52.921+01:00Redirection...Déménagement de notre espace web à l'adresse<br /><br /><br /><strong><span style="color:#ff0000;"> </span></strong><a href="http://angoulins.net/"><strong><span style="font-size:180%;color:#ff0000;">http://angoulins.net</span></strong></a><br /><br /><br />Venez vite retrouver tous nos contenus et des surprises à cette nouvelle adresse à placer dans vos favoris !<br /><br /><br /><br /><br /><br /><span style="font-family:webdings;"></span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-8462266303447893998?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-1164027271858554482006-12-14T16:48:00.000+01:002008-01-04T16:52:44.173+01:00FIL NEWS DE L'ASSOCIATION<div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>04 janvier 2008- <span style="color:#ff0000;">Mise en ligne</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><span style="color:#000000;">Article de Denis Briand sur la chapelle Saint-</span><span style="color:#000000;">Nazaire de Châtelaillon d'après les notes du fonds Pierre Clion.</span> </span><span style="color:#000000;">A lire dans la rubrique "articles et e-articles"</span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>04 janvier 2008 - <span style="color:#ff0000;">Résultat</span><br /></strong></span><span style="color:#000000;">Notre premier “mini-sondage” a connu un relatif succès avec près de 42 votants qui ont bien voulu répondre à la question «<em>Que pensez-vous de la rénovation du pont de la Pierre par rapport à l'esprit du monument initial ?</em> »<br />Sur l’ensemble des suffrages, les votants ont exprimé :<br />- leur satisfaction pour 6 d’entre eux (soit 14%) ;<br />- leur neutralité à 16% (7 votes) ;<br />- leur déception à 66 % (soit 28 votes) ;<br />- seule une personne a préféré ne pas se prononcer.<br />La question soulevée n’était donc peut-être pas infondée... </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><br />Au terme de cette petite consultation assez éloquente et à la veille des élections municipales, c’est donc une nouvelle illustration des attentes incomprises des angoulinois qui s’exprime là.<br />Ce résultat, et plus largement, les sujets mis en débat sur notre forum, imposent plusieurs réflexions. Avec, il convient de continuer d’interpeller nos élus (actuels et à venir, si ce ne sont pas les mêmes...) avec le concept d’identité, inhérent au patrimoine que nous défendons :<br />- Sur les noms de rues tout d‘abord : voilà un vrai sujet. En effet le choix du nom d’une rue ne participe-t-il pas à la mise en valeur de notre village ? Ne peux-t-on et ne doit-on pas profiter de ces occasions pour créer, aussi, la singularité d’Angoulins et pérenniser notre histoire locale ? Notre village n’a-t-il pas d’âme, pas d’histoire, pas d’atouts qui lui sont propres, pour qu’on lui attribue des noms d’arbres ? </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><br />Mais peut-être s’agit-il tout simplement d’un manque d’idées ou de passion pour Angoulins ? Un regard sur les communes voisines tend à confirmer ce manque d’ambition : constatez comment avec l’orientation des politiques locales, les deux villes qui nous entourent se forgent une présence :<br />- <strong>culturelle</strong> : manifestations, festivals, et animations à Aytré et Châtelaillon ; Notre patrimoine ne nous permet-il pas de nous démarquer aussi ?<br />- <strong>labellisée</strong> : pour l’exemple, Aytré et Châtelaillon sont “villes fleuries”. Ne peut-on pas nous aussi décrocher une reconnaissance quelconque en décidant d’une politique particulière ?<br />- <strong>inscrite dans son époque</strong> : Châtelaillon, est aussi “ville internet”... A Angoulins, nous n’avons même pas de site officiel...<br />- <strong>singulière et cohérente</strong> : à Châtelaillon une simple charte architecturale cadre les règles en matière d’urbanisme : elle est distribuée à tout nouvel arrivant, pour que les rénovations et constructions se fassent de manière uniforme, selon un code couleurs et dans le style balnéaire de la ville. Nous aussi il faudrait accentuer les traits caractéristiques de l’image de notre commune...<br />- <strong>déterminée</strong> : constatez l’absence de tout placards et affiches publicitaires à Châtelaillon : ils sont tout simplement interdits par arrêté municipal. Notre centre bourg et le périmètre de l’église classée doit-il pour sa part encore subir la pollution visuelle et l’agression des immondes supports en plaque Isorel bleus et jaunes apposés sur les arbres et poteaux de la place ? Un simple arrêté suffirait...<br />- <strong>maintenue </strong>: le premier sentier d‘interprétation de la CDA -qui valait ce qu’il valait malgré la manière dont il a été fait et imposé- soit disant une fierté, ne tient plus debout à Angoulins... La moitié des plaques sont cassées, la table d’orientation qui a coûté des milliers d’euros tombe à la mer. Quelle image veut-on donner aux visiteurs déçus ?<br />- <strong>soucieuse</strong> : même si l’on ne se sent pas concerné par le sujet est-il tolérable de voir, à demeure, des guirlandes de Noël défigurant toute l’année la ligne de console de la façade ou les échauguettes de l’église, monument classé historique ? où voit-on cela ailleurs ?<br />- <strong>pérenne</strong> : notre patrimoine, le cachet pittoresque du vieux bourg se perd. L’âme du village s’effrite peu à peu puisque notre patrimoine est tout simplement dénaturé (rénovation du pont de la Pierre - notre sondage-) ou détruit (la grosse roche à Saint-Jean des Sables).<br />- <strong>attentive</strong> : que doit-on en conclure lorsque l’action d’une modeste association stoppe in extremis la destruction préalablement consentie d’un fortin napoléonien reconnu par les services spécialisés ? N’y a-t-il une prise de conscience a effectuer ou au mieux un problème de communication à régler ?</span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><br />Je lisais au sujet d’Angoulins “un potentiel formidable encore inexploité, un village qui mérite mieux”. On ne peux que souscrire à ce constat et se mobiliser pour éviter le pire... Nos constats valent aussi comme des pistes à suivre pour qui voudra bien les prendre en compte.</span></div><span style="color:#000000;"><div align="justify"><br />Notre sondage de janvier porte sur les noms de rues :<br />“Le choix d’un nom de rue dans un village vous parait-il :<br />- important : cela participe à établir l’identité et la singularité du village<br />- assez important : il ne faut pas exagérer, mais c’est vrai que cela compte<br />- peu important : il s’agit d’une décision administrative classique<br />- futile : seuls les facteurs sont concernés..." Tous à vos votes !</div><div align="justify"> </div><div align="justify"><a href="http://expressionhist.xooit.com/t32-POLITIQUE-IDENTITE-PATRIMOINE.htm"><span style="color:#ff0000;"><em>=>Voir les réactions à ce sujet en cliquant ici</em></span></a></div><div align="justify"></span> </div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>01 janvier 2008 - <span style="color:#ff0000;">Clôture</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><span style="color:#000000;">Fin du mini sondage sur le Pont de la Pierre</span></span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>01 janvier 2008 - <span style="color:#ff0000;">Voeux</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><span style="color:#000000;">L'association Expression-Hist vous adresse ses voeux les meilleurs pour cette année 2008</span></span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>27 décembre 2007 - <span style="color:#ff0000;">Actualité</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><span style="color:#000000;">Suite de l'article (épisiode 2) sur les découvertes gallo-romaines effectuées tout récemment à Angoulins... voir page d'accueil</span> </span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>11 décembre 2007 - <span style="color:#ff0000;">Actualité</span><br /></strong><span style="color:#000000;">Découvertes gallo-romaines effectuées tout récemment à Angoulins... voir page d'accueil<br /></span></span><span style="color:#3333ff;"><strong>11 décembre 2007 - <span style="color:#ff0000;">Mise en ligne</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Désormais disponible dans la rubrique des articles de Jean Joguet un article inédit retrouvé dans ses notes au sujet de la disette de 1812. A découvrir !</span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>09 décembre 2007 - <span style="color:#ff0000;">A venir</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Des infos sur les découvertes gallo-romaines effectuées à Angoulins</span></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>05 décembre 2007 - <span style="color:#ff0000;">Nouveau!!!</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Plus d'interactivité sur notre blog avec la mise en place de petits sondages afin de recueillir vos sentiments. N'hésitez pas à poster des sujets afin de faire vivre cet outil. A vos clics ! </span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#3333ff;"><strong>02 décembre 2007 - <span style="color:#ff0000;">Retour</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Remise en marche et déverrouillage du forum où vous pouvez de nouveau poster vos messages à l'adresse <a href="http://expressionhist.xooit.com/index.php">http://expressionhist.xooit.com/index.php</a></span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;"></span></strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">18 novembre 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Rappel</span></strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Notre forum est mis en veille pour une durée indéterminée faute de modérateur et en raison de nos activités très chargées que nécessite l'actualité. Toutefois vous pouvez toujours prendre contact avec nous par courriel et suivre nos efforts sur ce fil news assez régulièrement mis à jour.</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">12 novembre 2007 - </span><span style="color:#ff0000;">Information</span></strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">D'intenses efforts, menés par l'Expression-Hist, de concert avec l'association Archéaunis depuis près d'un mois sur la commune d'Angoulins, ne nous permettent pas actuellement de donner suite aux diverses sollicitations reçues ainsi qu'à la poursuite des dossiers en cours. Veuillez donc nous excuser pour cette petite gêne momentanée mais vous comprendrez qu'une actualité archéo-historique innatendue (dont nous vous feront part prochainement) nécessite notre pleine et entière disponibilité.</span></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;"></span></strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">11 novembre 2007 - </span><span style="color:#ff0000;">Publication</span></strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Mise en ligne d'un nouvel article de Jean Joguet sur les fondeurs qui ont réalisé la cloche dite de St-Jean de Chatealillon qui trone actuellement à l'entrée de l'église d'Angoulins.</span></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;"></span></strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">14 octobre 2007 - </span><span style="color:#ff0000;">Publication</span></strong><br />Voici désormais disponible à la consultation en ligne l'excellent article de Jean Joguet sur l'église Saint-Nazaire d'Angoulins disparue. Encore aujourd'hui l'indigence des sources ne nous permet de documenter beaucoup mieux ce site fascinant de la côte méridonale d'Angoulins. Malgré tout nous espérons bien vous faire part très prochainement des quelques données inédites en notre possession. Pour l'instant nous vous invitons à prendre connaissance de cet article dans la rubrique "articles de J. Joguet" ci-contre.<br /><br /><strong><span style="color:#3333ff;">10 octobre 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Publication</span> </strong><br />Signalons la publication récente d'un article de Denis Briand dans le tout dernier bulletion de l'association toulousaine APAREA. Cette note apporte de nouvelles informations sur la nécropole gallo-romaine des Sables à Châtelaillon, principalement en diffusant des données inédites d'une thèse universitaire soutenue par Michel Raimbault en 1968.<br />=> <a href="http://aparea.free.fr/som/bulletin_7_sept2007/Som7.pdf">Voir le sommaire du bulletin</a><br />=> <a href="http://aparea.free.fr/index1.htm">Visite du site web</a> de l'APAREA<br /><br /><strong><span style="color:#ff0000;"><span style="color:#3333ff;">Septembre 2007 -</span> Mises en ligne</span></strong> Mises en ligne de deux nouveaux articles dans la rubrique e-articleMises en ligne de deux nouveaux articles dans la rubrique e-articles : retrouvez tout d'abord un article de Roberto Barazzuti de la Société Française d'Histoire Maritime concernant la famille Gabaret, seigneurs d'Angoulins et fameux marins. Ensuite Denis Briand communique lui aussi un article rédigé grâce au concours de Denis Lieppe, chercheur titulaire à la Sorbonne, au sujet de la pêche à Angoulins en 1727.<br />Enfin vous pourrez lire deux nouveaux articles de Jean Joguet (voir sa rubrique) concernant le four banal d'Angoulins.<br /><br /><br /></div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;"></span></strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">10 juillet 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Communiqué</span> </strong></div><div align="justify">Voici notre lettre ouverte aux angoulinois constituant notre droit de réponse aux différentes interventions publiques de Mme le maire au sujet du fortin de la Motte Grenet :</div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"></span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>Rappel historique :</strong> Assez méconnu, il existe pourtant, encore en place, un fortin d’époque napoléonienne implanté au lieu dit la Motte Grenet. Cet élément fut décrit en 2005 dans le livre de Denis Briand « Angoulins Sites et Monuments » ainsi que dans une notice du même auteur publiée en 2003. Erigé il y a 200 ans, dans une optique de protection du littoral contre la menace du blocus maritime anglais, il faisait partie d’un réseau de défenses destiné à protéger le littoral des incartades ennemies. Les vestiges, encore en place, se constituent : d’un mur tenaillé (1) et d‘un bâtiment dit «corps de garde». Celui-ci abrite trois pièces : un magasin (2), une poudrière (3), et une salle de garde (4). Les murs des deux dernières présentent aussi un intérêt glyptographique (graffiti).À l’occasion du projet de lotissement du terrain, qui dure depuis déjà quelques années, la mairie et le service départemental d’architecture et du patrimoine ont pris connaissance des lieux. </span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>L’élaboration du projet : </strong>Depuis 2001 donc, diverses visites concertées se sont organisées sur site, du fait de l’existence de ce fortin. Ces démarches visaient à en évaluer l’intérêt, d’en envisager ou non la protection ainsi que son intégration éventuelle dans le projet d’aménagement. De plus, divers intervenants reconnus, comme N. Faucherre, L. Bucherie ou F.-Y. Leblanc ont très clairement sollicité, dans plusieurs courriers à l’adresse des autorités compétentes, une conservation TOTALE de tout l’ensemble des vestiges. Concrètement, ces démarches ont abouti à : 1. motiver une protection, avec une inscription du site au Plan Local d’Urbanisme (PLU) 2. obtenir une promesse formelle de l’architecte du lotisseur de conserver tous les vestiges.</span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>Une tournure du dossier assez imprévue :</strong> Début avril 2007, le permis de lotir est délivré. Mais la formalisation définitive, validée comme telle, surprend : au final, le bâtiment doit être détruit... Seul le mur est conservé ! Très insuffisant, selon nous et les érudits qui, comme N. Faucherre, ont le sentiment «d’avoir été grugés» puisqu’ils ont tous toujours cru à la sauvegarde de l’enceinte fortifiée ET du bâtiment. Un avis d’avril 2007, émis par les services de la DRAC, suite à leur saisine par l’association EH, va aussi pleinement dans ce sens. Scellant les choses, ce permis de lotir valait donc aussi pour autorisation de démolition du bâtiment... Aurait-il alors fallu se résigner à la destruction des salle de garde, poudrière et magasin? Et ce, contre l’avis des spécialistes et des passionnés ? De surcroît, sans même une étude scientifique préalable ? Fallait-il aussi admettre sans mot dire la condamnation des graffiti ? En regardant de plus près, il s’avère que la protection d’urbanisme validée est incomplète car partielle (elle ne protège que le mur). Pourquoi avoir exclu le bâtiment qui lui est étroitement lié ? Sur quels critères a-t-on pu choisir de protéger le mur et non le bâtiment bien qu’ils forment ensemble une structure cohérente ? pourquoi donc les dissocier à l’encontre de tous les avis de spécialistes ? Le promoteur respectant alors scrupuleusement ces prescriptions d’urbanisme, entraînait, de fait, une menace réelle sur une partie des vestiges. L’association EH fut donc très fortement surprise des événements dont elle a toujours ignoré la tournure. Le plus délicat dans ce constat, est que cet état de fait était parfaitement légal. Municipalité et aménageur étaient dans leur bon droit. Toutes les procédures réglementaires avaient été respectées de part et d’autre : la DRAC ayant validé le permis (mais sans connaître l’existence du fortin noyé dans les constructions modernes), le PLU (bien qu’incomplet) ayant été respecté. C’est pourquoi, mais sans chercher les causes ou les manquements ayant conduit à cette situation, et donc sans chercher à incriminer, nous avons souhaité reposer la question du devenir de tous les vestiges, quitte à déranger... Du fait que le projet soit entériné et au demeurant administrativement valide, notre demande de révision du projet semblait donc assez illusoire. Devait-on pour autant se décourager et admettre la perte de ces vestiges sachant qu’ils méritaient bel et bien une sauvegarde ? </span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>Notre démarche :</strong> Cette situation nous a donc conduit à alerter, au plus vite, d’une part, le Service Départemental d’Architecture et du Patrimoine et d’autre part, la Direction Régionale des Affaires Culturelles (Service Régional d’Archéologie et Service des Monuments Historiques). Ces services se sont vite mobilisés et une visite sur site avec le promoteur fut organisée. L’avis rendu par la DRAC revient sur leur propre accord au permis de lotir et conforte tout à fait notre constat : «les murs de ce fortin sont également des éléments constitutifs essentiels du corps de garde et la conservation de celui-ci est donc évidente». Nous avons aussi choisi de parler publiquement de cette affaire en sollicitant l’appui des angoulinois. Même pour ceux qui apprenaient l’existence de ce fortin, tous se sont sentis concernés. Ainsi, sur le principe de la défense du patrimoine, 95 % des personnes consultées ont souhaité soutenir la pétition lancée. Celle-ci a recueilli plus de 600 signatures en 72h seulement. Nous avons dû arrêter prématurément cette collecte pour la joindre à un recours gracieux. Il s’agit d’une demande motivée, faite à Madame le Maire, afin de revoir le permis de lotir en l’état. Cette lettre reprend divers arguments qui disent, dans les grandes lignes, que les services de la DRAC, qui ont donné leur aval, n’étaient pas au courant de l’existence du fortin ; Que le SDAP n’a pas été consulté, même à titre de conseil, lors de l’instruction du dossier ; Que le Plan Local d’Urbanisme est très incomplet sur ce site précis. Partant de ce constat, reconsidérer le dossier nous semblait donc assez pertinent, d’autant que, comme le montre la pétition, et tel était aussi son but, l’intérêt même du fortin n’avait pas du tout été appréhendé sous sa dimension patrimoniale et locale.</span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>Et la polémique est née...</strong> Qu’est-ce que le patrimoine dont nous sommes dépositaires ? Une margelle de puits, une écluse, un rocher et a fortiori un fortin napoléonien, font ensemble l’âme d’un village. Ne doit-on pas se soucier de leur devenir à fin de conserver le pittoresque et l’âme de notre village ? C’est à cette question qu’ont répondu les pétitionnaires. Voués à alerter les angoulinois sur cet état de fait, mais aucunement destinés à incriminer, le recours et la pétition furent donc envoyés. En tant que représentant de l’association, j’ai été reçu par Mme le maire qui a souhaité des explications. L’accueil qui m’a été réservé fut donc hostile puisque dénigrant en bloc la démarche. A notre grand étonnement, même après une période de réflexion et de recul, même après une lettre personnelle lui expliquant posément nos saines intentions, Mme le maire n’en démord toujours pas... Elle réitère sa position effarouchée, dans le journal Sud-Ouest, en conseil municipal, ainsi que dans Angoulinfos. Elle souffrira donc, ici, d’une ultime explication publique, ses petites crises d’autorité ne nous impressionnant guère. A l’Expression-Hist, si nous observons d’habitude, et en raison de la nature de nos activités de recherches, une certaine discrétion dans le paysage associatif, nous ne sommes pas résolus à nous taire quand il s’agit de faire savoir quelque chose. Nous vous interpellons donc, haut et fort, n’en déplaise à Mme le maire, qui apparemment aurait souhaité observer une certaine discrétion sur ce dossier... Mais le résultat aurait-il alors été le même ?Avant tout, il nous faut réaffirmer ici très clairement notre indépendance d’esprit. L’Expression-hist a toujours revendiqué sa neutralité. Le patrimoine est bien au-dessus des clivages qu’évoque Mme le maire: “c’est devenu politique, la droite contre la gauche”. Si elle voit en notre démarche une action visant à lui nuire, c’est alors plutôt elle qui fait des procès d’intentions ! Nous ne voyons dans cette forme de sectarisme qu’un argument de bas étage, que nous mettrons sur le compte de la vexation. En politisant le sujet, Mme le maire souhaite peut-être déplacer le problème. “Sur le blog d’Expression-Hist on m’accuse des pires intentions” ajoute-t-elle, ce qui est parfaitement faux : le blog, notre vitrine internet, est totalement neutre. Par contre, nous avons aussi mis en place un forum, qui, rappelons-le, est un lieu d’échange libre, où tous les avis peuvent être exprimés. Dans cet espace, où la parole de chacun est tolérée, certains propos ne reflètent donc pas forcément la position de l’association, puisque tout à chacun peut les émettre. Par esprit critique et tolérance, nous nous devons de les accepter. Notre recours gracieux était clair et posé, l’énoncé de la pétition était, lui aussi, limpide. Mme le maire ne supporte donc apparement pas qu’on lui suggère publiquement ce qu’il conviendrait de faire quand elle a procédé autrement. “Ce n’est pas eux qui vont diriger la commune” a-t-elle lancé en conseil municipal. Mais, Mme le maire, tel n’est pas notre objectif. Ne demeurez donc pas aussi suffisante à nos remarques. “Le procédé employé par l’association n’est pas sympa” renchérit-elle dans Sud-Ouest, comme s’il eut fallu prendre des gants et notre plus beau sourire pour stopper en moins de deux mois, un permis de démolir en bon et dûe forme. Administrativement pour nous, aucune issue. Le recours grâcieux est une procédure souvent vaine. Il nous fallait donc l’appuyer, car, je le rappelle une fois de plus, l’autorisation de démolition était accordée... Ce fut le but de la pétition. Malgré un plébiscite sans appel, Mme le maire trouve pourtant à y redire: “600 personnes ont signé sans comprendre”. Suite à cette petite phrase, quelqu’un m’a confié s’être senti “pris pour un crétin”. Non, Mme le maire, les pétionnaires ne sont pas des “moutons”. Ils ont tout compris justement, puisque leur mobilisation vient de conduire à la sauvegarde du bâtiment menacé du fortin. Pourquoi a-t-on accédé à leur demande s’ils avaient tort ou mal compris ? Aucune signature n’a été extorquée! Certes chacun a signé avec sa propre motivation, mais en tout état de cause sur le principe de la sauvegarde du patrimoine, du fortin en l’occurrence. Surtout c’était une pétition POUR le respect du patrimoine, et non une pétition CONTRE vous même ou vos décisions. Nous n’avons que faire d’analyser les manquements. Nous souhaitions aboutir, sans incriminer, sans accuser. Vous pensez aussi, à tort, que notre volonté était “de chercher délibérement la polémique à tout prix” et d’avoir attendu vos vacances pour vous attaquer “dans le dos” ? Que d’accusations ! Je vous rassure, absente ou pas, nous aurions fait exactement la même démarche. Votre présence ne nous en aurait pas dissuadé pour autant ! A quoi bon se victimiser ? A réception de notre courrier, vous nous opposiez que les pétionnaires ne connaissaient pas ce fortin. Qu’ils avaient signé “sans savoir”. Remarquez, ils étaient peut-être mieux informés que vous... Ils avaient pour la plupart lu notre monographie (2003) ou notre livre (2005). D’ailleurs, n’avez-vous pas reçu un exemplaire de chacun de ces documents ? Admettons qu’ils ne vous aient pas intéressé... “J’ignorais tout de ces graffiti” précisez-vous dans Sud-Ouest. Vos propres visites sur le site du fortin, les avis des spécialistes et nos deux publications n’auront donc pas retenu votre attention, c’est bien dommage... Pour quelqu’un qui pense que les gens ont signé sans savoir, nous constatons surtout que vous aussi avez signé un PLU et une autorisation de démolir sans savoir... Mais alors pourquoi déconsidérer la pétition? son objet n’est-il pas légitimé par l’avis de la DRAC? Doit-il encore être question du “bienfondé” de la pétition ? Insinuez-vous par là que nous aurions trompé et manipulé les signataires ? Je vous rappelle juste que certains d’entre eux, sont très au fait du dossier, puisque nous comptons parmi ces pétitionnaires, N. Faucherre qui nous réaffirme “maintenir sa position depuis 2001 à savoir la conservation in situ du mur tenaillé ET du bâtiment” et L. Bucherie qui nous rassure: “je m’associe à votre démarche. Les graffiti du fortin sont tout à fait remarquables et le site est exceptionnel”. Enfin signalons qu’aujourd’hui encore, une poignée de personnes non initiées, se permet d’émettre une appréciation discutable, voire aventureuse, sur la valeur des graffiti et l’intérêt même du fortin ! Il convient de leur rappeler que notre position rejoint celle des spécialistes, du CRMH, du SRA et du SDAP. Pour eux, il serait, semble-t-il, plus raisonnable désormais de se taire...</span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>Solution négociée.</strong> Lors d’une entrevue avec les promoteurs, ceux-ci nous ont officieusement formulé, dans un souci de progrès, le désir de voir conservée, en plus du mur, la partie reconnue et la plus importante du bâtiment menacé, c’est à dire la poudrière et la salle de garde. Cette proposition constituait une avancée conséquente quoique substantielle. Elle nous a fait accepter l’idée d’un projet ainsi révisé. Par la suite, lors d’une réunion en mairie, à laquelle nous n’étions apparemment pas les bienvenus malgré notre initiative, cette proposition a été réitérée. Elle a été reçue officiellement par vous même et J. Boissière responsable du Service Départemental d’Architecture et du Patrimoine. Concrètement, une protection décennale s’appliquera avec l’inscription de la décision sur le règlement de lotissement. </span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><strong>Conclusion.</strong> Mme le maire, a pris politiquement et personnellement une action qui ne la visait aucunement. Elle a fait sa polémique toute seule. Si la politique semble avoir rongé notre village, le fortin ne pouvait être sacrifié sur cet autel. De plus, nous aussi, nous aurons toujours le regret de ne pas avoir eu connaissance plus en amont des ressorts du dossier. Heureusement, la mobilisation de tous et les efforts des promoteurs ont permis de sauver in extremis la partie condamnée. Quand bien même notre démarche, la saisine des services spécialisés et la pétition, seraient, in fine, jugées par vous même ou quiconque d’autre, malvenues et superflues, elles auront tout de même eu le mérite de pousser à la refonte de cet aspect controversé du projet. Nous ne pouvons donc que nous réjouir du résultat final, et tant pis pour les dommages collatéraux. A l’avenir, nous saurons encore rester attentifs. Mais, à fin d’éviter ce genre d’action de dernier recours, l’association Expression-Hist précise, sans prétention, qu’elle se tient toujours à la disposition de qui le désire, pour concertation et particulièrement en ce qui concerne le patrimoine angoulinois... </span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;">Merci à tous pour votre confiance, votre mobilisation et votre soutien.</span></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;">Pour le bureau de l’association, Denis Briand.</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="font-family:times new roman;"><span style="font-size:130%;"></span></div></span><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;"></span></strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">28 juin 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Mise en ligne de 2 articles</span> </strong></div><div align="justify">Publication en ligne de deux articles de Denis Briand, l'un portant sur le mobilier de l'église appartenant à la fabrique d'Angoulins en 1691, l'autre décrivant le testament d'Elie Louis Seignette, premier maire d'Angoulins. (à consulter en cliquant sur les liens de la rubrique à droite)</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">13 juin 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Communiqué</span> </strong>Concernant notre démarche de sauvegarde des vestiges du bâtiment menacé du fortin napoléonien de la motte Grenet, nous avons reçu, ce jour, un courrier de la mairie d’Angoulins en réponse à notre recours gracieux.<br />Comme nous nous y attendions cette tentative a été rejetée sur le plan administratif. (Il aurait été illusoire de croire le contraire car nous savions pertinemment que cette demande en tant que telle était vaine, étant donné que l’ensemble des procédures réglementaires avaient été respectées par l’aménageur et la municipalité). Ce biais visait surtout à faire passer des arguments en faveur de la sauvegarde du patrimoine et à porter des observations sur la conduite du dossier qui a mené à cet état de fait.<br />Au final, notre demande a donc abouti, sans doute aussi grâce à l’appui de la pétition lancée ainsi qu’à la saisine des services de la Direction Régionale des Affaires Culturelles. Nous nous réjouissons de cette issue favorable.<br />Voici des extraits du courrier reçu :<br />“<em>J’ai l’honneur par la présente d’accuser réception de votre recours gracieux reçu le 18 avril 2007 à l’encontre de l’arrêté du 5 avril 2007 autorisant la SCCV CAP GENETS à lotir un terrain sis chemin des Genêts.<br />Les motifs que vous soulevez ne sont pas susceptibles de remettre en cause la régularité du permis de lotir délivré (...) Aussi je ne peux que rejeter votre recours. (...) Je vous informe néanmoins à toutes fins utiles, que sensible à vos arguments et en accord avec le courrier que la Direction Régionale des Affaires Culturelles a adressé au promoteur le 19 avril dernier et après avis du Service Départemental d’Architecture et du Patrimoine, j’ai demandé au pétitionnaire d’étudier la prise en compte de vos propositions d’une protection renforcée du fortin.<br />Une demande modificative a été déposée le 11 juin 2007 en ce sens.<br />Celle-ci a pour objet de confirmer les préconisations de la DRAC :<br />- conservation du mur (...)<br />- conservation de la partie du fortin, notamment les cellules contenant l’intégralité des graffiti (...)<br />- interdiction de démolition et intégration du fortin dans la future construction de l’acquéreur du lot n°7. (...)<br />Signé : Le maire, Marie-Claude Bridonneau</em>”</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><strong><span style="color:#3333ff;">11 juin 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Remise de pierres (pont de la Pierre)</span></strong> </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Dans le cadre du projet de restauration sur le pont de la Pierre entre Angoulins et Aytré, l'association EXPRESSION-HIST a eu le plaisir de restituer aujourd'hui, 4 des 5 pierres d'origine que nous avions pu sauvegarder. En effet, il y a déjà quelques années, constatant la disparition de pierres inventoriées sur place, l'association EH avait préféré préserver ces derniers éléments considérant que ceux-ci étaient menacés de disparition. Cette démarche envisageait bien entendu une restitution le moment venu. Ce qui fut fait ce jour.</span></div><span style="color:#000000;"><div align="justify">Lors de la phase préliminaire, nous avions pu participer au projet :<br />- en tant que conseil auprès du cabinet d'architecte : notre étude du monument accompagné de quelques pièces iconographiques avaient permis de projeter la configuration ancienne de l'ouvrage : ainsi, nos travaux avaient pu établir l'existence d'un parapet méconnu ainsi que trois bornes jalonnant le côté sud de la route enjambant le canal. Ces conclusions furent présentées dans un petit opuscule à l'adresse du cabinet d'architecte et du Service régional d'archéologie du Poitou-Charentes ainsi que dans un encadré de la publication "Angoulins, Sites et monuments", ExpressionHist, La Rochelle, 2005. Ces quelques observations ont contribué, nous l'espérons, à préciser plus avant la configuration à fin de faciliter la formalisation architecturale de cette réhabilitation.<br />- lors de l'intervention archéologique. Les sondages des 3 et 4 avril 2006 avaient permis à Denis Briand, de notre association, d'intervenir aux côté d'Eric Normand du SRA et de Sébastien Pauly d'Archéaunis. Les décapages effectués lors de ces journées ont permis de lire plus facilement l'existence d'un premier pont qui lui même succédait sûrement à un gué où à une passerelle. Le deuxième pont que l'on connait encore aujourd'hui semble bien dater du XVIIIe siècle, époque à laquelle une réfection importante de l'édifice a eu lieu. (Cf les conclusions dans le document de E. Normand "Angoulins-Aytré, Pont de la Pierre, suivi des travaux", SRA, avril 2006)<br />- aide à l'équipe des tailleurs de pierre en précisant </div><div align="justify">1. l'existence de divers éléments lapidaires (pierres de parapet, pierres diverse, pierre graffitée) conservés à Aytré ;</div><div align="justify">2. la récupération d'une borne par le groupe Thesaurus en 2001 (décrite par Jean Lacaze dans un article publié in Aquitaine Historique), pierre entreposée jusqu'alors aux ateliers municipaux ;</div><div align="justify">3. la sauvegarde de pierres (récupérées in situ ou disséminées chez des angoulinois) et qui furent regroupées par nos soins dans l'attente d'une restitution.<br />Merci aux divers intervenants et personnes ayant contribué à ces restitutions, récupérations, travaux d'inventaire et études. L'association Expression-Hist se tient à disposition de tous ceux qui le souhaitent.</div><div align="justify"></span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><strong><span style="color:#3333ff;">09 juin 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Mise en ligne</span></strong></span><span style="color:#ff0000;"> </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Désormais disponibles 3 autres articles de Jean Joguet (cf sa rubrique) sur les notaires au XVIe siècle, les bourgnes à Angoulins et des informations sur l'église à la fin du XVe siècle. Bonne lecture...</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><strong><span style="color:#3333ff;">29 mai 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Parution d'un article dans Sud-Ouest</span> </strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Nous tenons à vous faire part d'un article de presse paru dans le journal Sud-Ouest de ce jour, au sujet de notre démarche de sauvegarde des vestiges du fortin. </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Nous y lisons le résumé de l'affaire ainsi que </span><span style="color:#000000;">notre position développée depuis le début de cette affaire (voir aussi notre "communiqué", plus bas, en date du 15 mai). </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">De plus, nous pouvons enfin prendre bonne note de la position désormais officelle de Mme le maire qui tardait à se faire savoir (notre recours gracieux étant toujours à cette heure lettre morte). Nous prenons donc acte de la posture de Mme Bridonneau.... à suivre...</span></div><div align="justify"></div><div align="justify">Article de Philippe Baroux journaliste à Sud-Ouest :</div><div align="justify"></div><div align="left"><strong>Angoulins/mer. </strong><strong>Les graffitis de la Motte-Grenet sont sauvés. Mais une polémique enfle.</strong></div><div align="left"></div><div align="center"><strong><span style="font-size:130%;">Un nouvel assaut</span></strong></div><div align="justify"><br /><<>Résumé Episode précédent : dans notre édition du 13 avril dernier, nous évoquions la menace que faisait peser un projet de lotissement sur des graffiti remarquables gravés dans la pierre du monument d'Empire. Laure Thiout, la plus proche voisine du site s'était émue de la situation. Elle trouvait sur sa route le soutien de Denis Briand. Il faut croire que l'article paru dans nos colonnes d'une part et la pétition mise en circulation par l'association Expression-Hist (qui regroupe des passionnés d'histoire locale) d'autre part, ont quelque peu agité le paysage. Car il se dit, un mois plus tard, que la poudrière et le corps de garde où sont gravés ces graffiti -des bâtiments promis à l'origine à la démolition -, seraient finalement conservés. Le service des Monuments historiques est passé par là. De même que celui de la Direction régionale des affaires culturelles. Et à la suite de la réunion provoquée par le maire Marie-Claude Bridonneau, le promoteur a revu sa copie. Des échanges épistolaires valident en ce moment même l'évolution.<br /><strong>Protection décennale.</strong> C'est ainsi que la préservation du mur d'enceinte figurant au permis de lotir sera doublée d'une inscription au règlement de lotissement. Y sera précisée la préservation des deux bâtiments aux graffiti. Précisons que cette inscription vaut protection pour dix ans. Qu'adviendra-t-il après cette échéance ? Le promoteur n'a pas encore trouvé le temps de répondre à notre sollicitation pour nous le préciser. En dépit de cette avancée significative que doit entériner prochainement l'autorité administrative, le débat n'est pas clos. il est relancé par une polémique inattendue entre le maire et l'association Expression-Hist.<br /><strong>Coup de gueule.</strong> Sans qu'aucun de ceux qui se sont battus pour la préservation du site ne se l'explique, le maire d'Angoulins s'est fâché tout rouge. L'élue n'a pas supporté que l'affaire soit portée au grand jour alors qu'elle était en vacances. Elle n'a pas non plus admis que l'Expression-Hist dépose sur son bureau un recours gracieux demandant la préservation des graffitis. Denis Briand entend encore le coup de gueule de Marie-Claude Bridonneau derrière la porte close de son bureau. "<em>Je n'ai toujours pas compris, explique le président d'association. Nous avons agi vite, dès la publication du permis de lotir, pour éviter que l'irréparable ne soit commis. Mme Bridonneau nous prête des intentions que nous n'avons pas</em>".<br />Le maire n'élude pas le sujet. "<em>600 personnes ont signé cette pétition sans comprendre. Ce recours gracieux était un procès d'intention et j'ai eu l'impression de devoir agir avec le couteau sous la gorge. Sur le blog d'Expression-Hist on m'accuse des pires intentions. Je ne veux pas me laisser traîner dans la boue. Pourquoi ne pas avoir attendu que je rentre de vacances pour me parler du problème. J'ignorais tout de ces graffiti</em>."Marie-Claude Bridonneau rappelle que son action antérieure avait permis la préservation du mur d'enceinte. "<em>Le procédé employé par l'association n'est pas sympa. C'est devenu politique. la droite contre la gauche."</em></div><div align="justify">Le fort supportera-t-il l'assaut ? >></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><strong><span style="color:#3333ff;">28 mai 2007 -</span> <span style="color:#ff0000;">Mise en ligne</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Désormais, disponibles à la consultation en ligne, 12 nouveaux articles de Jean Joguet sur Angoulins et Châtelaillon : 5 articles concernant les seigneurs de Jousseran et d'Angoulins, 2 notices sur la cloche de l'église St-Jehan de Chastelaillon, une observation sur le mariage d'un meunier en 1623, une rétrospective sur Angoulins il y a 400 ans, la transcription de l'acte d'engagement d'Elie Froget originaire d'Angoulins pour la Nouvelle-France en 1642, une note sur le contrat de mariage d'un laboureur en 1623, et enfin la valorisation d'un récit de 1757 concernant la défense des côtes contre les anglais par le baron Chaudruc de Crazannes.</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><strong><span style="color:#3333ff;">23 mai 2007</span> - <span style="color:#ff0000;">Mise en ligne </span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">Découvrez vite dans la rubrique vidéo la communication de Patrick Maguer (Inrap) présentant l'établissement rural des Ormeaux dont il a dirigé la fouille archéologique...</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="color:#3333ff;"><strong>22 mai 2007</strong></span> - <strong><span style="color:#ff0000;">Mise en ligne</span></strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">3 nouveaux articles de Jean Joguet sont disponibles dans la rubrique concernée (Les élections municipales en 1831, En 1247 on se plaignait déjà des fonctionnaires, Avec le 114e congrès archéologique de France)</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#3333ff;">17 au 20 mai 2007</span> - <span style="color:#ff0000;">Colloque, exposition et ouvrage abordant Angoulins</span></strong><br /><br /><br /></div><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5067383822474349906" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RlL2vQclDVI/AAAAAAAAAEE/Iv2QvNrjTB4/s400/affiche+blog.jpg" border="0" /> <div align="justify">A l'occasion du XXXIe colloque international de l'Association Française pour l'Etude de l'Age du Fer (AFEAF) nous nous sommes rendus à Chauvigny (Vienne) afin d'assister aux manifestations. Au programme de nombreuses interventions. Nous intéressant plus particulièrement parmi elles, figurait dans le menu du thème régional une très intéressante communication de Patrick Maguer et Guilhem Landreau, C. Dupont et H. Martin traitant de "<em>L'habitat littoral des Ormeaux à Angoulins : activités vivrières et salicoles entre marais et océan."</em> Patrick Maguer nous avait déjà fait l'honneur de nous communiquer un résumé de l'intervention archéologique, dans le cadre de notre publication "<em>Angoulins-Châtelaillon, Traces et vestiges du passé</em>". </div><div align="justify"></div><br /><div align="justify">Résumant l'exposé, <strong>les pré-actes</strong> énoncent : "<em>Le site des Ormeaux a fait l'objet d'une fouille préventive dans le cadre de la réalisation d'une ZAC sur la commune d'Angoulins. Etudié sur un peu plus de 14000 m2, c'est l'un des rares établissements ruraux de la région Poitou-Charentes à avoir bénéficié d'un décapage sur une telle superficie. De plus, sa situation entre le littoral et les marais d'Aunis apporte des informations inédites sur le fonctionnement de ces habitats. Trois phases d'occupation principales ont été mises en évidence. La première peut-être datée des VIe s.-IIIe s. av. J.-C. Située au nord-ouest du décapage, elle est caractérisée par la présence de quelques fosses, dont un four ayant pu utilisé dans le cadre de l'artisanat saunier et par une portion de chemin creux. Le niveau de circulation, constitué de petites pierres calibrées et compactées, était recouvert par une couche de sédiment organique associé à de nombreux rejets (patelles, céramique, fragment d'augets, faune, mobilier métallique...). Peut-être encore en utilisation au début de la phase 2 (finIIIe- première moitié IIe s. av. J.-C.), le chemin est ensuite abandonné. Seule une carrière a pu être identifiée comme faisant partie de cette phase. Cette vaste fosse a cependant permis de découvrir un ensemble de mobilier tout à fait remarquable (céramique, faune et malacofaune, mobilier métallique, terre cuite). C'est probablement lors de la phase 3 (milieu IIe - début Ier s. av. J.-C.) que se met en place le fossé de délimitation de l'habitat au nord et au sud-est. Une seule unité domestique a été vue lors de la fouille. Elle est caractérisée par un bâtiment, peut-être reconstruit plusieurs fois, associé à un silo, un puits et un atelier semi-enterré utilisé également comme dépotoir. Dans la zone basse au sud-est, une série de fosses de petites capacités volumétriques dont la morphologie rappelle celle des silos, ont pu servir à stocker des produits autres que cérélaiers. Le site est délaissé au cours de La Tène finale. Les quelques vestiges de la période romaine sont en relation avec la mise en place d'un parcellaire. L'étude malacofaunique montre que la collecte de coquillages est avant tout opportuniste. Ainsi au cours des deux premières phases, la patelle est pratiquement le seul coquillage consommé. Au cours de la phase 3 en revanche, la palourde intervient également, dans l'alimentation, en quantité légèrement moindre que la patelle. La modification du milieu maritime (ensablement d'une partie du littoral) semble pouvoir expliquer ce phénomène. Bien que plus anecdotique, quelques crustacés ont été péchés afin d'être consommés (crabes et balanes). Bien qu'en faible quantité, la faune découverte sur le site montre une nette prédominence des bovinés, suivis des caprinés et des suidés. Le chien et le cheval, en moindre proportion, sont présents lors des deux dernières phases. Pour cette dernière espèce, il s'agit d'animaux relativement jeune dont la consommation peut être envisagée. Enfin la chasse est marquée par la présence d'oiseaux en relation étroite avec le milieu aqueux (anidés et larinés).</em>"</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">Sachez que <strong>la première partie de la communication de Patrick Maguer est livrée en vidéo</strong> comme nous l'a autorisé le chercheur, à découvrir rubrique ci-contre.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">En parallèle du colloque, <strong>une exposition est présentée au donjon de Gouzon</strong>. Elle s'intitule "<em>De pierre et de terre, les gaulois entre Loire et Dordogne</em>" et est réalisée par le Service musée de la ville de Chauvigny et la Société de recherches archéologiques du Pays Chauvignois (SRAC). </div><div align="justify"></div><div align="justify"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5067384428064738658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RlL3SgclDWI/AAAAAAAAAEM/tHh0PQbDPig/s400/PICT0021.JPG" border="0" />Un article du journal Centre-Presse nous apprend : "<em>Isabelle Bertrand en est le commissaire d'exposition et propose de mieux comprendre les différends modes de vie de nos ancêtres (...) Cette exposition comprend deux volets : Le premier concerne les stèles et les statues anthropomorphes en pierre de l'âge du fer et rassemble un ensemble de pièces originales et exceptionnelles, oeuvres de sculpteurs gaulois, provenant de l'Ouest et du Centre de la Gaule. Une deuxième partie de l'exposition regroupe des objets d'apparat, des outils artisanaux et agricoles ainsi que des armes. Ce second volet évoque les lieux de vie, les échanges commerciaux ainsi que les pratiques cultuelles et funéraires des gaulois du Centre-Ouest</em>".</div><div align="justify">=> Parmi tous ces objets plusieurs proviennent du site des Ormeaux à Angoulins. Il faut absolument découvrir ces objets mis en scène parmi d'autres pour comprendre la richesse de cette période. L'espace archéologique industriel qui accueille les vitrines propose l'expo du 15 mai au 14 juin et du 1er septembre au 14 octobre 2007, tous les jours de 14h à 18h puis du 15 juin au 31 août, elle sera visible du lundi au samedi de 10h à 12h30 et de 14h30 à 18h30, le dimanche de 11hà 18h30.</div><div align="justify"></div><br /><div align="justify">Signalons enfin le magnifique <strong>catalogue de l'exposition</strong>. Intitulé comme l'exposition "<em>De pierre et de terre, les gaulois entre Loire et Dordogne</em>" l'ouvrage est façonné sous la direction de Isabelle Bertrand (Musées de Chauvigny) et de Patrick Maguer (INRAP). Ce livre propose au lecteur un aperçu très complet des connaissances sur la recherche sur l'Age du Fer dans la région. Nous intéressant tout particulièrement, Angoulins est diversement cité pour illustrer les nombreux sujets traités. De plus, une notice spéciale signée par Patrick Maguer détaille l'établissement rural des Ormeaux dont il a mené la fouille. Enfin, parmi les notices illustrées, nous citerons, bien sûr, celles traitant du mobilier mis au jour aux Ormeaux et exposé à Chauvigny (chaîne, clé fonctionnant selon un système d'ouverture par soulèvement, fibule de type Duchcov, fibule de Nauheim, monnaie d'or, spatule, tas à queue). A acheter assurément ! => <a href="http://www.inrap.fr/site/fr/page.php?id=657&amp;p=&amp;id_annonce=825">voir une description de l'ouvrage</a> ou <a href="http://www.inrap.fr/fichier_pdf/annonce/annonce_825.pdf">voir le sommaire</a></div><div align="justify"><br /><span style="color:#3333ff;"><strong>15 mai</strong> </span><strong><span style="color:#3333ff;">2007</span> - <span style="color:#ff0000;">Communiqué</span></strong><span style="color:#ff0000;"> <strong>sur la sauvegarde des vestiges du fortin de la Motte Grenet.</strong></span><br /><br /></div><div align="justify">- le 18 avril, nous avons formulé un recours gracieux auprès de la mairie d’Angoulins. Celui-ci était appuyé par plus de 600 signatures visant à défendre le patrimoine angoulinois, en l’occurrence, le fortin de la Motte Grenet. Ce courrier reste à ce jour sans réponse.<br />- le jeudi 19 avril, nous avons été reçus en Mairie d’Angoulins afin de nous justifier de notre démarche.<br />- La semaine suivante nous avons été reçus par les aménageurs (groupe Prely-Butin). Dans un souci de progrès, ces derniers nous ont officieusement formulé le désir de conserver - en plus du mur d’enceinte dont la sauvegarde était déjà acquise - la partie la plus importante du bâtiment menacé, c’est à dire la poudrière et la salle de garde.<br />Cette proposition constituait ainsi une avancée conséquente quoique substantielle. Elle nous a fait accepter le projet ainsi révisé. En ce sens, nous avons assuré l’aménageur de ne plus rencontrer d’opposition de notre part.</div><br /><br /><div align="justify"></div><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5067376911871970626" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RlLwdAclDUI/AAAAAAAAAD8/dVALBxnw10g/s400/fortin+VISU+copie2.jpg" border="0" /><br /><br /><p align="justify"><span style="font-size:85%;color:#ff6600;">en bleu : vestiges ayant disparus</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff6600;">en jaune : éléments non originels</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff6600;">en vert : vestiges définitivement conservés dans le nouveau projet</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff6600;">en rouge : disparition prochaine</span><br /><br />- Par la suite, lors d’une réunion, les promoteurs ont réitéré officiellement cette avancée, position recueillie par Mr Jacques Boissière du Service départemental d’architecture et du patrimoine.<br />A ce jour, l’effort du lotisseur débloque donc le dossier et permet de sauver une partie non négligeable des vestiges, qui était il y a peu, promise à la destruction. De plus, une fenêtre d’opportunité pour une étude scientifique du site, avant privatisation, semble acquise.<br />Concrètement, une protection décennale s’appliquerait de fait, avec l’inscription de la décision sur le règlement de lotissement.<br />Charge aux différents acteurs locaux de veiller, lors de la prochaine révision du PLU, à l’inscription de ce bâtiment sur le document d’urbanisme.<br />En conclusion, reconnaissons que ce fortin ne pouvait souffrir d’une menace créée par l’arrêté de permis de lotir qui valait aussi pour démolition. Notre démarche a pu heurter certaines sensibilités. C’est peut-être pour cela, et aussi par méconnaissance, que l’intérêt architectural et glyptographique (graffiti) du fortin semble, malheureusement, et encore à cette heure, remis en cause par une poignée de personnes qui se permettent d’émettre leur appréciation discutable, voire aventureuse sur la valeur des vestiges et des graffiti.<br />Il convient donc de leur rappeler que notre position est totalement soutenue par un courrier de la DRAC (Service régional d’archéologie et Direction régionale des Monuments historiques) rédigé après la visite in situ du lundi 16 avril.<br />Concernant l’appui des pétitionnaires, il s’agit d’un soutien de principe sur la sauvegarde d’un patrimoine. Certains d‘entre eux, plus au fait de la situation précise du fortin, ont conforté notre action en signant notre pétition, c’est le cas entre autres de :<br />- Nicolas Faucherre (Professeur des Universités - Spécialiste des fortifications) : “Je suis contre la destruction programmée des vestiges du fortin de la Motte Grenet (...) j’avoue ma surprise et ma confusion (...) il faut ré-intervenir en urgence (...) je suis prêt à me repositionner sur ce sujet, si besoin, voir à publier un démenti...“<br />- Luc Bucherie (Vice Président du Centre International de Recherches Glyptographiques - Spécialiste de l'étude des graffiti anciens ) « J'ai pris connaissance de votre message et je m'associe à votre démarche : je suis contre la destruction programmée des vestiges du fortin de la Motte Grenet... Les graffiti du fortin sont tout à fait remarquables et le site est exceptionnel : je parle en connaissance de cause car je l'ai visité ! »<br />Leur érudition ne saurait être remise en question par l‘avis ou les critiques de quelques non initiés...<br />Retenons simplement que la mobilisation a fait évoluer une situation regrettable. Merci au SDAP, à la DRAC, aux pétitionnaires, aux spécialistes mais aussi au groupe Prély-Butin, qui ont tous participé à la sauvegarde d’une fraction menacée du patrimoine angoulinois.<br />Nous tenons à disposition de tous ceux qui le désirent, les éléments ayant motivé notre position.<br /><br /><strong><span style="color:#3333ff;">10 mai 2007</span> - <span style="color:#ff0000;">Réinitialisation semestrielle du fil news.</span></strong> Les anciennes informations d'actualité, depuis novembre 2006, date de création du "fil news", sont désormais réparties dans les rubriques ci-contre ou supprimées. </p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-116402727185855448?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-44970920702024040362006-12-09T15:17:00.000+01:002008-01-04T16:27:57.379+01:00LISTE DES ARTICLES DE L'EH<strong>1.</strong> <em><strong>Le fortin de la Motte Grenet, un site méconnu à Angoulins/mer</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>2.</strong> <em><strong>Le château des seigneurs d'Angoulins et de Jousseran</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>3.</strong> <em><strong>L'église Saint-Pierre-ès-liens d'Angoulins</strong></em> par Jean-Claude Bonnin<br /><strong>4.</strong> <em><strong>Les seigneurs d'Angoulins</strong></em> par Jean-Claude Bonnin <a href="http://pnpsha-4.blogspot.com/"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>5.</strong> <em><strong>Contribution à une glyptographie angoulinoise : planches des graffiti relevés sur le site du fortin de la Motte Grenet</strong></em> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2007/02/les-graffiti-du-fortin-de-la-motte.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>6.</strong> <em><strong>Contribution à une glyptographie angoulinoise : planches des graffiti relevés aux Veaux Verts</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>7.</strong> <em><strong>Contribution à une glyptographie angoulinoise : quelques graffiti relevés sous le Pont de la Pierre</strong></em> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2007/02/les-graffiti-du-pont-de-la-pierre.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>8.</strong><em> <strong>Contribution à une glyptographie angoulinoise : les graffiti relevés sur les pierres de l'église</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>9.</strong> <em><strong>Contribution à une glyptographie angoulinoise : les graffiti relevés par Luc Bucherie et présents dans sa bibliographie</strong></em> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2007/02/les-graffiti-relevs-par-luc-bucherie-et.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>10.</strong> <em><strong>La pêche à Angoulins en 1727 : publication du procès-verbal de l'inspecteur des pêches</strong></em> par Denis Briand et Denis Lieppe <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/01/la-pche-angoulins-en-1727-publication.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>11.</strong> <em><strong>Cartophilie : la série PP enfin complète !</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>12.</strong> <em><strong>Tableaux synoptiques du terrier de la seigneurie Sainte-Radegonde</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>13.</strong> <em><strong>Pièces concernant la localisation du cimetière protestant</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>14.</strong> <em><strong>Les articles de Jean Joguet</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>15.</strong> <em><strong>Les occupation préhistoriques de la colline de Port-Punay à Châtelaillon-Plage</strong></em> par Jérôme Rousseau (INRAP)<br /><strong>16.</strong> <em><strong>L'établissement rural des Ormeaux à Angoulins/mer (Ve s. - Ier. av. J.-C.)</strong> </em>par Patrick Maguer (INRAP) <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/02/ltablissement-rural-des-ormeaux-patrick.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>17.</strong> <em><strong>Traces gallo-romaines</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>18.</strong> <em><strong>La nécropole gallo-romaine des Sables à Châtelaillon</strong></em> par Denis Briand <a href="http://pnpsha-18.blogspot.com/"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>19.<em> Du Golfe d'Aunis au rivage actuel : évolution du littoral d'Angoulins à Châtelaillon avec cartes de synthèse</em></strong> par Denis Briand<br /><strong>20.</strong> <em><strong>Sur le sommet du côteau s'étend un vaste champs de morts...</strong></em> (le cimetière paroissial de St-Jean de Châtelaillon - Une vaste nécropole - Découvertes de sépultures autour du prieuré St-Romard - Sépultures mérovingiennes - Le prieuré St-Romard - Pierre de sépulcre) par Denis Briand<br /><strong>21.</strong> <em><strong>Notes et schéma synoptique pour tenter de servir à la localisation du Castrum Allionis</strong></em> par Denis Briand <a href="http://pnpsha-21.blogspot.com/"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>22.</strong> <em><strong>Analyse archéozoologique d'un lot de faune provenant du logis seigneurial du Pin</strong></em> par Carine Tomé<br /><strong>23.</strong> <em><strong>Déclaration d'un site archéologique médiéval au SRA du Poitou-Charentes</strong></em> par Denis Briand et Christian Costes<br /><strong>24.</strong> <em><strong>Stations néolithiques à Angoulins et Châtelaillon</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>25.</strong> <em><strong>Sites à sel laténiens</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>26.</strong> <em><strong>Un puits au Chay</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>27.</strong> <em><strong>Une nécropole côtière à Angoulins</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>28.</strong> <em><strong>L'oppidum de Lilello ou donjon de Lileau</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>29.</strong> <em><strong>Un dépotoir du Moyen-âge</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>30.</strong><em> <strong>Ensembles et sites littoraux</strong></em> (Les pêcheries - Le Chay - Le port de Loiron - Havres historiques - Vers St-Jean des Sables - La côte des Chirats à La Manon) par Denis Briand<br /><strong>31.</strong> <em><strong>L'espace salicole et ostréicole</strong></em> (Les services des levées de taxes sur le sel - Les salines - Les cois et écluses - Le marais ostréicole et les parcs à huîtres) par Denis Briand<br /><strong>32.</strong> <em><strong>Lieux d'histoire communale</strong></em> (Le premier ensemble communal - Les écoles - Le château communal - L'ancienne mairie rue de Verdun) par Denis Briand<br /><strong>33.</strong><em> <strong>Le tourisme balnéaire</strong></em> (La gloriette du parc - Le parc municipal - Le centre de la Sapinière - Les autres colonies de Vacances - Le chemin de fer à Angoulins) par Denis Briand<br /><strong>34.</strong> <em><strong>Activités agricoles et industrielles</strong></em> (Les moulins - Une métairie au XIXe siècle : les Veaux Verts - Quelques sites industriels et économiques) par Denis Briand<br /><strong>35.</strong> <em><strong>Monuments religieux et de culte</strong></em> (L'église St-Pierre-ès-Liens (XVIIe-XIXe siècles) - Les deux églises d'Ingolinis (Xe-XIIe siècles) - La chapelle et le prieuré Sainte Radegonde - Saint-Johannes-de-Sabulo - Notre-Dame de L'Isleau) par Denis Briand<br /><strong>36.</strong> <em><strong>Aspects féodaux d'Angoulins</strong></em> (Dans la mouvance de Châtelaillon - Le château des seigneurs d'Angoulins - Le four banal - Les seigneuries et maisons nobles d'Angoulins) par Denis Briand<br /><strong>37.</strong> <em><strong>Fortifications angoulinoises</strong></em> (Les vestiges du mur de l'Atlantique - Les batteries napoléoniennes d'artillerie côtière - La maison forte du Pont de la Pierre - L'église fortifiée (XIVe-XVIIe siècles)) par Denis Briand<br /><strong>38. <em>L'attaque de trois brigantins à la pointe du Chay</em></strong> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/02/lattaque-de-trois-brigantins-la-pointe.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez pour lire l'article</span></a><br /><strong>39.</strong> <em><strong>Note sommaire sur la batterie de la Motte Grenet</strong></em> par François Yves Lablanc<br /><strong>40.</strong> <em><strong>Essai d'identification d'un graffito de navire historiant probablement la présence navale anglaise</strong></em> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/02/essai-didentification-dun-graffito-du.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>41.</strong> <em><strong>Les notices angoulinoises rédigées pour "Le Patrimoine des communes de France"</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>42.</strong> <em><strong>Transcription d'une affaire de vol à Lileau</strong></em> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/02/le-vol-de-la-ferme-de-lileau.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>43.</strong> <em><strong>A propos de quelques découvertes faites sur le littoral d'Angoulins/mer</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>44.</strong> <em><strong>Au colonel Louis Ferrant</strong></em> par Robert Cassagnes<br /><strong>45.</strong> <em><strong>Nouvelles observations sur une cruche du XVIe siècle trouvée à Angoulins</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>46.</strong> <em><strong>Une navette à filet gallo-romaine trouvée à La Manon</strong></em> par Denis Briand et illustré par Michaël Brunet <a href="http://hpang.blogspot.com/2007/02/une-navette-filet-gallo-romaine-trouve.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><br /><strong>47.</strong> <strong><em>Deux éléments d'un harnachement de cheval gallo-romain trouvés à La Manon</em></strong> par Denis Briand et Michaël Brunet (article à paraitre dans Instrumentum)<br /><strong>48.</strong> <em><strong>Mémorandum sur des tessons de céramiques gallo-romaines trouvés à Loiron</strong></em> par Denis Briand<br /><strong>49.</strong> <em><strong>Mobilier antique de La Manon : trois découvertes en cours</strong> d'étude</em> par Denis Briand<br /><strong>50.</strong> en cours de rédaction<br /><strong>51. <em>Fonds Pierre Clion : la chapelle du Château de Châtelaillon</em></strong> par Denis Briand (<a href="http://hpang.blogspot.com/2006/01/extraits-du-fonds-pierre-clion-la.html"><span style="color:#ff0000;">lire l'article en cliquant ici</span></a>)<br /><strong>52.</strong> <strong><em>Angoulins aux Xe et XIe siècles : l'apport des chartes abbatiales</em></strong> par Denis Briand<br /><strong>53.</strong> en cours de rédaction<br /><strong>54.</strong> <strong><em>Une pince à épiler gallo-romaine ? </em></strong>par Denis Briand et Michaël Brunet<br /><strong>55. <em>Du nouveau sur la céramique gallo-romaine du cimetière des Sables à Châtelaillon</em></strong> par Denis Briand<br /><strong>56.</strong> en cours de rédaction<br /><strong>57.</strong> <strong>Le testament d'Elie Louis Seignette</strong> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/01/le-testament-de-elie-louis-seignette.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire</span></a><br /><strong>58. Les Gabaret : trois générations d’officiers de la marine de Louis XIII à Louis XIV</strong> par Roberto Barazzutti de la Société Française d’Histoire Maritime <span style="color:#ff0000;"></span><a href="http://hpang.blogspot.com/2006/01/les-gabaret-trois-gnrations-dofficiers.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez ici pour lire l'article</span></a><span style="color:#ff0000;"><br /></span><strong>59.</strong> en cours de rédaction<br /><strong>60. L'inventaire des meubles et ornements appartenant à la fabrique d'Angoulins (1691)</strong> par Denis Briand <a href="http://hpang.blogspot.com/2006/01/linventaire-des-meubles-et-ornements_01.html"><span style="color:#ff0000;">Cliquez sur ce lien pour lire l'article</span></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-4497092070202404036?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-26499358795619600842006-02-08T14:49:00.000+01:002007-02-07T15:06:05.917+01:00Contribution à une glyptographie angoulinoise : planches des graffiti relevés sur le site du fortin de la Motte Grenet (Denis Briand)<div align="center"><strong><span style="font-size:130%;">Avant-propos</span></strong></div><br /><br /><div align="justify">Depuis quelques années déjà, nous menons sur la commune d'Angoulins/mer un inventaire quasi exhaustif du patrimoine tant bâti que mobilier (1).</div><div align="justify">Certains de nos travaux nous ont très vite conduit à nous intéresser à de nombreuses inscriptions gravées dans le calcaire des murs et des pierres, des édifices et demeures de notre village :</div><div align="justify">Nous avons pu remarquer (2), en effet, des marques figuratives ou d'autres formes géomètriques assez abondantes pour qu'elles éveillent notre curiosité. </div><div align="justify">Nous nous trouvions face à des graffiti.</div><div align="justify">Il est vrai que nous n'avons pas pris immédiatement la mesure du fait glyptographique car comme pour beaucoup "les graffiti et leur étude se sont longtemps heurtés à l'incrédulité du public qui n'y voyait que des griffonnages et enfantillages sans aucune valeur historique" (3).</div><div align="justify">C'est suite à un enrichissant contact avec Luc Bucherie, érudit en la matière, auteur de remarquables études sur le sujet, que nous avons compris le caractère "signifiant" des graffiti : "le spécialiste aime d'ailleurs à le rappeler "les graffiti sont souvent très révélateurs de la société où ils sont produits, et constituent à ce titre des documents d'étude particulièrement remarquables" (4).</div><div align="justify">Ainsi, forts de cette "conscience glyptographique", nous avons entrepris la rédaction d'un document qui s'intitule "<strong><em>Graffiti à Angoulins/mer : essai d'inventaire et biais d'introductions vers une glyptographie angoulinoise</em></strong>". </div><div align="justify">Comme son titre l'indique ce travail se décompose en deux parties :</div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#ffffff;">.</span></strong></div><div align="justify"><strong>Un corpus général </strong>qui est divisé en divers petits fascicules qui sont autant d'inventaires autour de sites particuliers. Il existe donc en parrallèle d'autres inventaires pour l'église, les rues, le moulin du Pont de la Pierre, etc... Considérés dans un ensemble tous forment notre corpus.</div><div align="justify">Notons que employons une méthode semblable pour chacun de ces fascicules avec :</div><div align="justify">- une présentation des lieux : un bref historique du site et les précisions importantes qui s'imposent quant à l'environnement des graffiti de manière à montrer l'intérêt évident de la préservation de chaque graffito dans son contexte particulier ce que R. Lecotté appelait "la réinsertion des graffiti dans le cadre de l'histoire, voire locale".</div><div align="justify">- identification et dénombrement des graffiti dans un inventaire avec localisation précise : des fiches individuelles apréhendent chaque graffito. Celle-ci est établie par rapport à une grille d'étude qui comporte des paramètres et entrées assez simples (thème/datation/dimensions/indications complémentaires sur le scripteur ou l'environnement du graffito/précisions sur le site du relevé/ localisation précise sur le support du graffito/ plan des lieux...) Chacun est donc détaillé et nous sommes dès lors efficacement renseignés sur le moindre graffito, qui, du reste, nous est présenté sous forme vectorielle et/ou photographique selon les cas. </div><div align="justify"></div><div align="justify"><strong><span style="color:#ffffff;">.</span></strong></div><div align="justify"><strong>Un dossier raisonné</strong></div><div align="justify">Toutefois si l'approche des graffiti angoulinois dans les différents fascicules les répertoriant et localisant ne doit pas se substituer à leur examen, compréhension ou autre tentative d'explication (nous laissons ce soin à des personnes plus compétentes en la matière) nous tenterons quand même de vous présenter dans cet ultime dossier quelques documents, documents essentiels à un début de pénétration et d'interprétation des graffiti angoulinois. Ce choix suit le conseil de Luc Bucherie (5) qui cite R. Lecotté et sa recommandation "le temps n'est plus de recueillir les graffiti avec un esprit de collection. Il importe de découvrir leur origine, leurs mobiles." (6)</div><div align="justify">Ainsi c'est vraiment avec ce soucis de donner des clefs d'une étude mais aussi et tout simplement, de synthèse, que nous vous présenterons au final :</div><div align="justify">- des cartes légendées, localisant les sites à graffiti sur la commune, précisant nature des édifices, montrant les répartitions géographiques, ou reprenant les ensembles thématiques</div><div align="justify">- des planches pour appréhender les graffiti dans des ensembles </div><div align="justify">- et finalement du document de type tableaux, listes ou graphiques.</div><div align="justify">Bien entendu ces données et informations (nous tenons à le re-préciser) vous erons livrées objectivement et statistiquement, sans tendre vers l'interprétation ou le commentaire qui appartiennent aux seuls glyptographes confirmés qui, nous l'espérons, apprécierons les outils que nous leur proposons au service d'une glyptographie angoulinoise...</div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">..</span></div><div align="justify"></div><div align="center"><strong><span style="font-size:130%;">Planches des occurrences glyptographiques du fortin de la Motte-Grenet</span></strong></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify">Par rapport à ce cadre de travail, nous ne résistons pas au plaisir de vous proposer les planches constituées des graffiti du fortin de la Motte Grenet. Celles-ci sont élaborées à partir du fascicule du fortin de la Motte Grenet, inventaire faisant part de notre <strong>corpus général</strong>. Ces planches sont d'ailleurs destinées à être insérées dans notre <strong>dossier raisonné</strong> en tant que vues d'ensemble du site du fortin de la Motte Grenet.</div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify"></div><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/10%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/10%20copie.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;"><strong>Amorce de navire (graffito 1/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</strong></span><span style="color:#ffffff;"><strong>.</strong>A</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span><br /></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/9%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/9%20copie.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:85%;"><strong>Navire (graffito 2/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</strong><br /></span><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/8%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/8%20copie.jpg" border="0" /></a> <strong><span style="font-size:85%;">Mâture de navire (graffito 3/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</span></strong></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span><br /></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/7%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/7%20copie.jpg" border="0" /></a> <strong><span style="font-size:85%;">Amorce de navire armé (graffito 4/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/6%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/6%20copie.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;"><strong>Signes géomètriques (graffito 5/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</strong></span><br /><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/5%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/5%20copie.jpg" border="0" /></a> <strong><span style="font-size:85%;">Navire et comptabilité (?) (graffito 6/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</span></strong></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><br /></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/4%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/4%20copie.jpg" border="0" /></a> <strong><span style="font-size:85%;">Canonnier/Garde-côte/Milicien (graffito 7/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</span></strong></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><br /></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/3%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/3%20copie.jpg" border="0" /></a> <strong><span style="font-size:85%;">Amorce de navire (graffito 8/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</span></strong></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.<br /></p><p align="center"></span><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/2%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/2%20copie.jpg" border="0" /></a><span style="color:#ffffff;"><span style="font-size:85%;"><strong><span style="color:#000000;">Navire armé (graffito 9/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</span></strong>.</span> </span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/1600/1%20copie.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/1%20copie.jpg" border="0" /></a> <strong><span style="font-size:85%;">Navire (graffito 10/10 du fortin de la Motte Grenet à Angoulins) Dessin D. Briand</span></strong><br /></p><p align="center"><span style="color:#ffffff;">.</span></p><div align="center"><span style="font-size:78%;">Reproductions soumises à autorisation de l'auteur (contact </span><a href="mailto:expressionhist@voila.fr"><span style="font-size:78%;">expressionhist@voila.fr</span></a><span style="font-size:78%;">)</span></div><div align="center"><span style="font-size:78%;"></span></div><div align="center"></div><div align="justify"><br />_________________</div><div align="justify"><strong>Notes </strong></div><div align="justify">(1) Inventaire du petit patrimoine bâti, inventaire monumental et mobilier de l’église St-Pierre-ès-liens d’Angoulins, inventaires des collections particulières, inventaires photographiques d’édifice privés, etc...<br />(2) cf Le Colporteur n°2 p.1 (mai 2001)<br />(3) L. Bucherie “Mise en scène des pouvoirs dans les graffiti anciens (XV-XVIIIe sièles” in Gazette des Beaux Arts, VIe période, tome CIII, 1380e livraison, janvier 1984 ou L. Bucherie “Graffiti et histoire des mentalités, genèse d’une recherche” in Antropologia Alpina, Annual Report 2, 1992.<br />(4) idem<br />(5) in “Glyptographie santonne et aunisienne, état des recherches” in Actes du VIe colloque international de glyptographie de Samoëns, 1989.<br />(6) dans “Essai d’inventaire des graffiti de la Tour de la Lanterne” in Bulletin de la société Archéologique et Historique “Le Vieux Papier”, 1980.</div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-2649935879561960084?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-89022401187567329022006-02-07T19:22:00.000+01:002007-02-28T19:44:18.825+01:00Les salines<div><object width="400" height="316"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/7c0cC1McWEnUc9n8s"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/7c0cC1McWEnUc9n8s" type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="316" allowfullscreen="true"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x1bvog_salines">Salines</a></b><br /><i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/expressionhist">expressionhist</a></i></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-8902240118756732902?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-52441972356608544262006-02-07T17:27:00.000+01:002007-02-26T18:13:07.624+01:00La céramique commune gallo-romaine à Angoulins (Clip video)<div><object width="400" height="316"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/5BRFXL299AZm19f8x"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/5BRFXL299AZm19f8x" type="application/x-shockwave-flash" width="400" height="316" allowfullscreen="true"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x1b7yd_ccg">CCG</a></b><br /><i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/expressionhist">expressionhist</a></i></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-5244197235660854426?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-38685040296987125032006-02-07T16:43:00.000+01:002007-02-28T17:01:50.442+01:00La pêche aux huîtres au début du XXe s<div><object width="425" height="335"><param name="movie" value="http://www.dailymotion.com/swf/2kKhAPpTPkop79mxU"></param><param name="allowfullscreen" value="true"></param><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/2kKhAPpTPkop79mxU" type="application/x-shockwave-flash" width="425" height="334" allowfullscreen="true"></embed></object><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x1btxi_peche-aux-huitres">Pêche aux huîtres</a></b><br /><i>envoy&eacute; par <a href="http://www.dailymotion.com/expressionhist">expressionhist</a></i></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-3868504029698712503?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-50987751430324206282006-02-07T15:42:00.000+01:002007-04-05T12:49:57.314+02:00Suivi rénovation du pont de la Pierre<strong><span style="font-size:180%;">Dossier</span></strong><br /><br /><strong><span style="font-size:180%;"></span></strong><a href="http://1.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RhTRrHRKPcI/AAAAAAAAAC8/Ba5LBJJXL4c/s1600-h/pont0.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5049891620804771266" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RhTRrHRKPcI/AAAAAAAAAC8/Ba5LBJJXL4c/s320/pont0.jpg" border="0" /></a><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><em></em><br /><em></em><br /><em></em><br /><em></em><br /><em></em><br /><em></em><br /><br /><em></em><br /><em></em><br /><em>Introduction vidéo (double clic sur la flèche blanche)</em><br /><em></em><br /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/2aboi5QC98ESUb8VR" width="400" height="316" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true"></embed><br /><br /><br /><strong></strong><br /><strong>Début avril</strong> : circulation ouverte sur le pont provisoire ; mise en place d'un échaffaudage sur la face Nord ; début de la rénovation.<br /><br /><br /><a href="http://2.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RhTSeXRKPdI/AAAAAAAAADE/wf8Vamf-Vnw/s1600-h/pont.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5049892501273066962" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RhTSeXRKPdI/AAAAAAAAADE/wf8Vamf-Vnw/s320/pont.jpg" border="0" /></a><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><em><span style="font-size:85%;">Pierres en cours de préparation</span></em><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-5098775143032420628?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-55957986855172703942006-02-07T15:02:00.000+01:002007-02-07T15:02:25.324+01:00La nécropole gallo-romaine des Sables à Châtelaillon (Denis Briand)<div align="justify">A la fin du XIXe siècle, Georges Musset, parallèlement à ses fouilles de sépultures médiévales sur le promontoire du Vieux-Châtelaillon, mit au jour un petit cimetière gallo-romain. Nous regrettons fortement que plus d’informations ne nous soient parvenues. De facto avec la quantité indigente d’occurrences bibliographiques, il est aujourd’hui assez difficile de parler de ce site pourtant ô combien digne d’intérêt. Nonobstant, nous avons tenté de faire le point en apportant, notamment, des précisions sur l’emplacement, la configuration et l’importance de cette nécropole. </div><div align="center"><span style="color:#ffffff;">.<br /></span><strong>Localisation du site.</strong><br /></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify">Avant tout, il nous faut rectifier une confusion géographique qui perdure depuis plus d’un siècle autour de ce fameux cimetière gallo-romain. En effet, l’appellation des Sables, allouée à la nécropole par son inventeur, créa rapidement une méprise avec le lieu-dit de Saint-Jean-des-Sables. Avec le temps et face à la discrétion (ou l’imprécision) des notes manuscrites et des comptes-rendus de G.Musset, d’aucuns ont entretenu ce flou, faisant alors la part belle au raccourci facile entre les deux toponymes. Camille Gabet, lui même, lit par deux fois «Cimetière de Saint-Jean-des-Sables» alors que les documents qu’il consulte mentionnent, tout simplement, «Cimetière des Sables»(75). L’emplacement exact du site demeure pour autant assez simple à déterminer. En conjuguant patiemment plusieurs sources, nous avons réussi à le replacer sur la carte. La première information à retenir pour le situer est évidemment l’extrait du rapport de l’érudit, paru dans le bulletin d’une société savante (76) et dans lequel G. Musset écrivait : Nous avons eu la bonne fortune de trouver aussi un cimetière gallo-romain. Ce dernier n’est plus sur le coteau, mais bien dans les sables, sur le bord d’un chemin qui partant du castrum devait se diriger vers l’Isleau ou Aytré ou Angoulins. Ailleurs (77), il précisait encore : les souvenirs de l’époque gallo-romaine se retrouvent dans le curieux cimetière que nous avons découvert dans les sables, auprès du coteau. Ensuite, une demande d’autorisation de fouilles auprès du maire d’Angoulins (78) de l’époque - pièce épistolaire de février 1887 - nous apporte un peu plus de précisions : Des découvertes successives ont permis de déterminer l’emplacement d’un cimetière gallo-romain sur un terrain appartenant à la commune d’Angoulins. Ce terrain est l’ancien chemin aujourd’hui abandonné de la côte au chemin de grande communication de Nuaillé à la mer, non loin du coteau de Châtelaillon (79).<br />Ce chemin est donc l’actuelle rue G. Michaud qui file depuis la plage (L’éperon) en direction du Haut-Rillon. C’est là, dans les sables, avant le lotissement balnéaire, que nous plaçons le cimetière. Confirmant cette déduction, nous avons retrouvé dans le vrac des folios de la liasse de notes de G. Musset, une petite carte sur calque, non titrée et sans légende, mais où figure un petit repère cruciforme. La croix indique, un emplacement que l’on donnera être celui de la nécropole. Notons encore que l’assiette de ce chemin est établie suivant la crête du cordon de sable et de galets que nous évoquons à diverses reprises dans cette publication. La datation de la nécropole, précisée ci-après, nous permet d’affirmer l’antiquité de cette voie déterminant, de facto, une formation antérieure du cordon dunaire. La toponymie du tracé renforce cette hypothèse car la voie se calque sur un «chemin vert» puis un «chemin rouge» appellations typiques et qui suggèrent bien une origine gallo-romaine. Enfin, signalons deux tessons de sigillée, certes résiduels et qui furent découverts par E. Léal dans une prospection en bordure de ce chemin au lieu dit la Petite Borde (80).<br /><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="center"><br /><strong>Sépultures et mobilier<br /></strong><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify">Levés par G. Musset lui-même, deux petits schémas </div><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/400/photo.0.jpg" border="0" /></p><p><span style="color:#ffffff;">.</span></p><p align="justify">radicalement différents, donnent deux configurations. Pour certains, il s’agit du même cimetière. Malgré le bilan indigent qui nous est livré par les archives, il est bien plus raisonnable d’attribuer une extension au premier champs de morts, voire d’envisager un second cimetière, au-delà même de la première emprise de fouilles. </p><span style="color:#ffffff;">.</span><br /><div align="justify"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/400/photo3.0.jpg" border="0" /><span style="color:#ffffff;">.<br /></span>En 1885, G. Musset donne l’unique descriptif que l’on connaisse (81). Dans cette courte analyse, nous lisons que la nécropole est caractérisée par des sépultures en plein sable, sans trace de bière, la plupart orientées. En reconstituant les deux plans, nous pouvons ajouter que 26 sépultures sur le site I, ainsi que 17 pour le site II, soit 43 au total, composent la découverte. Nous remarquons, toujours d’après les schémas, que seules deux auges (Site II) et un caisson fait de pierres levées (Site I) divergent des autres sépultures, où les corps reposent ensevelis directement dans le cordon littoral. Le site I présente une configuration ramassée en forme de rectangle. A contrario, le site II montre des inhumations en une ligne Ouest - Est, sauf pour quatre qui sont perpendiculaires à cet axe.<br />Concernant le mobilier, la laconique communication indique : les ossements sont accompagnés de vases en terre rouge ou grise ou de verre, quelques uns forts jolis de pâte, de couleur ou de forme ; plusieurs d’entre eux, à mouchetures jaunes sur fonds rouges, rappellent un peu les vases trouvés si fréquemment dans les sépultures poitevines. Cette poterie doit provenir d’une fabrication saintongeaise. Une sépulture, contenant un squelette placé dans une position anormale bien qu’horizontalement, était accompagnée d’objets en cuivre ayant dû faire partie de son ajustement, et d’un petit silex à forme régulière provenant vraisemblablement d’un briquet (82).<br />Nous pouvons recenser un minimum de treize vases complets et six assiettes. Ce quantitatif est sûrement loin d’être exhaustif. Les poteries laissent soupçonner, sans mal, plusieurs types très caractéristiques de céramiques gallo-romaines. Les vases en terre rouge font évidemment penser à de la sigillée, ceux de terre grise évoquent la CCG et dans celles ornées de mouchetures jaunes sur fonds rouge ainsi que dans le vase à l’étoile, nous reconnaissons les fameuses céramiques à l’éponge. Une courte lettre (83), datée de novembre 1887, signée «de Villefosse» et à l’adresse de G. Musset, continue de nous renseigner sur les poteries trouvées. Nous lisons: «Deux lignes à la hâte pour vous dire que j’ai vu, hier, au musée de la Société des Antiquaires de l’Ouest, une série de poteries trouvées par le père De Lacroix dans les fouilles de Poitiers. C’est absolument identique à ce que vous avez découvert à Chatel-Aillon (...) venez voir cela on y remarque de nombreux fragments de vases rougeâtres avec des espèces de disques solaires jaunâtres comme vous m’en avez montré. Une confrontation des vases avec les poitevins serait ainsi éloquente. Il faut savoir que C. De Lacroix a découvert un fabuleux site gallo-romain surnommé «la nécropole des Dunes» à Poitiers même, sur un plateau qui surplombe la rive droite du Clain. Dans les communications données, l’érudit date ses découvertes du IVe siècle de l’ère chrétienne. Cette datation, par comparaison, serait tout à fait confirmée par les deux monnaies trouvées par Georges Musset «sur la bouche des inhumés» (84). Ces petits bronzes situent en effet, les deux inhumations dans la seconde moitié du IVe siècle. Nous donnons, pour terminer (fig. ci-dessous), un fragment de céramique graffitée et dessinée dans la lettre de Villefosse. Il nous renseigne, sans doute, sur le prénom d’une défunte inhumée dans la nécropole.<br /><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo2.jpg" border="0" /><br /><br /><em><span style="font-size:85%;">Graffite incomplet en caractères latins cursifs dans lequel P. Duprat lit «Callista vivat», c’est à dire «que Calliste vive!» ou «Vive Calliste!». Le nom féminin Callista est dérivé de Callistus, un nom masculin assez fréquent en Gaule romaine.</span></em><br /><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="left"><br />______________</div><div align="justify"><strong>Notes </strong></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify">(75) C. Gabet, Notes sur l’histoire de Châtelaillon, in RSA, t. II p. 47 et d’après des folios du Ms 2613 à la MMCLR.<br />(76) Musset, Sépultures..., op. cit.,pp. 340-341.<br />(77) G. Musset, Les ports..., op. cit., p. 245.<br />(78) Châtelaillon est alors rattaché à Angoulins<br />(79) Ms 2613 à la MMCLR.<br />(80) E. Léal, La Petite Borde, DFS de sondage d’évaluation, AFAN, 1998.<br />(81) G. Musset, Sépultures..., op. cit.<br />(82) idem.<br />(83) Ms 2613 à la MMCLR.<br />(84) Découverte numismatique - cimetière de Châtelaillon, in RCAM t. XI p. 238.</div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">...<br />...</span></div><span style="color:#ffffff;"><div align="center"><br /></span><strong>extrait du livre de Denis Briand<br /><em>Angoulins-Châtelaillon, Traces et vestiges du passé</em></strong></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-5595798685517270394?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-63813362966738976192006-02-07T15:00:00.000+01:002007-02-07T15:01:04.836+01:00Notes et schéma synoptique pour tenter de servir à la localisation du Castrum Allionis (Denis Briand)<strong><span style="font-size:130%;color:#ff0000;">I. Description du castrum<br /></span></strong><br />Avant de tenter de localiser physiquement l’entité féodale du Châtelaillon englouti, attardons nous un instant à décrire ce site :<br />le récit d’un moine bénédictin du XIIe Siècle, deux gravures du XVIIe siècle, le rapport d’un historien rochelais ainsi que quelques mentions d’archives nous aiderons à nous forger une représentation de l’ensemble perdu. Voici ces documents :<br /><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>La chronique de Richard (135), traduction de Michel Lemoine.</strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><strong>...</strong> </span><br />«L’an 1130 de l’Incarnation du Seigneur, sous le règne en France du roi Louis, fils de Philippe, et le pontificat du pape Innocent, Guillaume, Duc d’Aquitaine et Comte du Poitou, frère de Raymond, prince d’Antioche, après avoir rassemblé frauduleusement des soldats à Châtelaillon, assiégea à l’improviste le camp lui-même.<br />Celui-ci fut assiégé par terre et par mer aux ides d’Août.<br />Isembert, prince de ce château, se voyant encerclé par un siège soudain et privé de ses soldats, éprouva une vive crainte.<br />Il fut ordonné de dresser des tentes en hippodrome, depuis l’église Saint-Romard jusqu’à l’entrée de la Porte de Poitiers, qui regarde vers l’Est. Vers le sud, le siège fut établi sur le littoral par ceux qui habitent au bord de la mer et ceux qui étaient venus avec une embarcation à l’aide du Duc. Ils établirent malgré tout leur siège depuis la porte susdite jusqu’à la porte des poissons, qui regarde du côté d’Oléron.<br />Ce château est placé au-dessus de l’océan et est dépourvu de rivières, de forêts et de sources, à l’exception d’un seul puits situé à l’extérieur des remparts, au pied de la colline, et dont le nom est Pelenerte. Certes, dans ce château il y a de nombreux puits, mais leur eau n’est pas potable.<br />Le château lui-même est fortifié de murailles et de tours, si bien qu’il ne craint guère les assauts des machines ou les attaques humaines, et qu’il est jugé impossible à prendre par des ennemis extérieurs, pour peu que ses habitants, pourvus de pain et d’eau, veuillent le défendre.»<br /><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="center"><strong>Les gravures de C. Chastillon</strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#000000;">... </span><br /></strong>Objet d’une estampe autrefois très controversée, le site médiéval de Châtelaillon se reconnaît désormais indéniablement grâce à l’excellente analyse développée par Pierre Clion (135). Conséquemment à la dissipation de ces doutes, nous pouvons nous appliquer à décrire la représentation. La gravure (136) (fig. ci-dessous) figure donc la place forte ainsi que son environnement proche tels qu’on les voyait en 1604 : </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"></div><div align="justify"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/400/photo1.jpg" border="0" /> <span style="color:#000000;">...</span><br />Tout d’abord, le château de César, ainsi qu’il est désigné dans l’intitulé, montre deux donjons. L’un est assurément roman avec son élévation sur plan quadrangulaire. Aveugle à la base, quelques archères percent ses hauts murs. Il est couronné d’une terrasse ceinte d’un parapet crénelé. L’autre tour, qui lui est accolée, est bien différente puisque cylindrique et nettement plus haute. Elle adopte, pour sa part, un style architectural postérieur (137). Perchés sur un rocher dans un coin du site, ils dominent, d’un côté, la mer, d’un autre un rivage couvert de petites dunes et d’un troisième côté, une cité. Cette dernière, ceinturée de remparts ruinés, semble gardée par une série de tours qui flanquent la ligne des murailles ainsi que par un fossé qui longe le bas de cette enceinte. Dans l’espace fortifié, nous remarquons les vestiges d’une chapelle romane voûtée en berceau et renforcée d’arcs doubleaux (138). Toujours intra muros, dans le fond de la vue, une demi-douzaine de toits d’habitations apparaissent bien distinctement. Une seconde agglomération se trouve hors les murs, au pied même de l’escarpement de la forteresse. Composé d’une vingtaine de maisons hautes, ce hameau est comme partagé en deux par une voie centrale. Sur le côté, un chemin sinueux rejoint le château. Il vient d’une église que l’on observe au premier plan. Celle-ci est en forme de croix latine et possède un petit clocher carré accolé à l’un des bras de son transept.<br />Un détail figurant sur une seconde gravure, dite de Sainct-Vivian (cf ci-dessous) (139), montre les mêmes lieux mais sous un angle différent. </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/320/photo2.jpg" border="0" /></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify">Notons que cette représentation, aussi signée par C. Chastillon, est postérieure à la première étant donné que la chapelle et les habitations intra muros sont déjà tombées à la mer. La vue montre, esseulés, les deux donjons du castrum perchés sur le rocher qui s’avance en mer. Sur la droite se dresse une petite tour. À l’extrême gauche, la petite église hors les murs de la première gravure se retrouve là encore, mais cette fois, sans son toit. Cet état, à cette époque, suggère qu’elle fut probablement détruite au cours des guerres de religions qui ravagèrent l’Aunis aux XVIe et XVIIe siècles. Quelque bande huguenote aura dévasté le lieu dans une fourchette que l’on peut figer entre 1604 et 1616. Ces douze années correspondant à la date de la première gravure -où l’église apparaît en bon état (peut-être déjà réparée de troubles précédents)- jusqu’à la date de la mort de Claude Chastillon.<br /><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="center"><strong>Le texte de l’historien rochelais Amos Barbot (140)<br /></strong><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify">“L’Aulnis (...) a heu pour son principal lieu, ville capitale et plus ancienne qui se puisse remarquer de toutes les places, Chastellaillon, à présent bourg désert et ruyné et le plus petit de tous ceulx estant de l’estendue dudit pays d’Aulnis; lequel lieu de Chastelaillon se recongnoist avoir esté ville tant par la veue et estat des lieux qui sont de présent, par les vestiges des ruynes qui en restent et se voyent jusques à ce jour, que par les tiltres et le procès-verbal de la visite qui s’est faicte de l’estat auquel toutes choses estoient il n’y a pas deux cents ans, et en l’année mil quatre cent trente, dont il se trouve des copies en quelque forme probante entre les tiltres qui sont pardevers les seigneurs qui possèdent maintenant le bourg et seigneurie de Chastelaillon ; laquelle ville ancienne de Chastelaillon et première de tout le pays d’Aulnis, selon l’estat de sesdits vestiges et ruynes et le susdit procès-verbal, avec le donjon qu’elle avoit pour sa retraite, retranchement et principale forteresse d’ycelle, qui se remarque aussi, estoient assis sur une motte de terre dont il paroist une partie aboutissant par l’ung de ses fronts à la mer qui l’avoisinoit et bornoit de trop près d’une part, ayant en cette part et descente vers ladite mer un port et havre ou se chargeoient les vins et aultres marchandises pour ledit païs, et de ce lieu se distribuoient ès environs et provinces voisines, laquelle ville en oultre estoit tellement construicte et composée en son édifice et bastiment ancien, selon ce qui en appert par les vestiges en restant et par la teneur des susdicts procès-verbaux, qu’elle estoit fossoyée de bons et grands fossés de toutes parts, sauf du costé de ladite mer, ladite ville et son donjon ençainte et enfermée de bonnes murailles larges de plus de six pieds d’épaisseur, de cinq à six toises de haulteur pardessus lesdits fossés, ayant, ladite ville qui estoit de trois cent soixante-cinq brasses ou toises en sa grandeur, et ledit donjon qui estoit de soixante toises de circuit, séparé de ladite ville par fossés et pont levis, pour son embellissement et forteresse, quatorze belles et fortes tours pour le temps d’alors, rapportées par ledit procès-verbal ; sçavoir deux au portail de la principalle porte et entrée de ladite ville, du costé du ferme et de la terre, deux aultres à la porte par laquelle on sortoit de ladite ville au port et havre estant au pied et bas d’ycelle regardant le costé de la mer, plus deux aultres tours rondes de grandeur chacune par lededans de trois toises à l’entrée et pont levis pour entrer dans ladite ville dans ledit donjon ou chasteau d’ycelle, à l’ung des coins duquel donjon estoit la haulte et grosse tour qui paroit presque en tout son entier ayant de hault vingt toises, faisant six vingt pieds, et six estages dans les basses fosses d’ycelle, et le dessus de la voulte servant de garde-corps qui, pour la deffense du lieu estoit fait à quarneaux avec maschecoulis et archières, ainsy qu’estoient les murs qui circuissoient ladite ville et donjon, à l’entour desquels murs estoient toutes les aultres tours, et principallement du costé de ladite mer vers lequel estoyt bastie l’église qui y estoit, le pan de laquelle faisoit ladite muraille audevant de laquelle pour marquer sa supériorité sur le païs et les costes qui en despendent, encore et comme le seul port et havre remarcable pour lors audit païs, tous les navires qui passoient estoient obligés, selon ledit procès-verbal, d’abaisser leur teuf et pavillon en signe de soubmission et déférence, à faulte de quoy ils estoyent arrêtés et amandables ; à l’approche de laquelle ville de Chastelaillon estoit de ce temps là, et qui en despendoit, une cyté pour parler selon le susdit invantaire, nommé Montmélian, qui estoyt entre Chastelaillon et l’isle d’Aix qui en despend et relève aussi, à laquelle cyté et à la dite isle on pouvoit aller par terre et à pied sec, de basse mer, en passant sur quelques pierres, selon que rapportent les anciens ouïs au susdit procès-verbal, et avoir veu gens qui de leur temps y avoient passé, ce qui faict grandement remarquer pour l’ancienne cognoissance du païs, quoy que les choses ne soyent plus ; cette cytée du tout mangée et consumée par la mer, sans marque ne vestige d’ycelle, et ladicte ville de Chastelaillon presque réduicte en mesme estat...” </div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>Mentions d’archives</strong> </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span><br />Un très précieux document du XVe siècle (141) conservé dans le pôle patrimoine de la Médiathèque Michel Crépeau à La Rochelle, dresse l’inventaire des revenus de la baronnie de Châtelaillon. Objet de divers travaux qui l’ont révélé (parmi lesquels nous distinguerons les deux principaux signés par Eric Birrier) ce document nous renseigne, grâce à une lecture très attentive de ses folios, sur une foule de détails qui concernent l’environnement proche de la forteresse.<br />Nous pouvons ainsi apprendre l’existence :<br />- de la garenne proche du château : “deux terres assises sur la garenne près de la tour”<br />- de prisons : ”item les héritiers de Jehan Roy pour ses maisons dudit lieu assises près des vieilles prisons”<br />- de douves : “raymond Bonneau pour son pré assis près des douhes”<br />- d’une barbacane : “la vefve feu Phelippon Garderat, Guillaume Potet, pour leur terre de la Barbecanne”<br />- d’une fontaine : “thomas Doulcet pour une pièce de pré assise sur la fontaine laquelle il fait en pré, tenant d’une part à la terre du curé et au chemin qui va du tombeau à ladite fontaine”<br />- d’un tombeau : “les héritiers de feu Jehan Roy, pour une mothe et bocioux assis près du tombeau”<br />- d’un cimetière : “feu Jehan Roy pour la terre appelé le Cymenterre”.<br /><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;color:#ff0000;"><strong>II. Localisation</strong></span><br /><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify">En raison de la lacune des documents et donc sous la contrainte de l’imprécision, historiens et folkloristes ont continûment placé le site fortifié de manière très hasardeuse et sans preuve, soit sur le rocher du Cornard soit sur celui de la Turge. Outre ces vaines tentatives de situation, nous comptons trois véritables démonstrations raisonnées, avec essai de localisation à la clef :<br />D’abord, celle de Gilbert Mathieu, qui en 1955, proposa le site sur le rocher du Cornard (142).<br />Pierre Clion, encore, qui fait référence depuis 1996 avec son Étude sur la topographie du Vieux-Châtelaillon (143). Ce travail, fondé en grande partie sur les données des Mémoires géographiques de Claude Masse (144), est, a priori, le plus convaincant car le mieux construit. Il place le castrum sis sur le rocher triangulaire dit de la Turge. Mais ces conclusions demeurent, malgré tout, insatisfaisantes en considération de pertinentes observations portées par Camille Gabet et ce dès 1975 (145) :<br />L’historien, qui liste de nombreux témoignages associant le château ruiné et le chemin de La Rochelle-Rochefort, affirme sans détour qu’il faut “renoncer à croire que la forteresse de Châtelaillon s’élevait à la Turge ou au Cornard”. Toutefois, l’érudit ne put proposer une configuration précise des lieux, seul un plan de situation publié par J. Flouret précise une localisation approximative.<br />À notre tour nous avons tenté de situer le site féodal. Pour ce faire, nous avons donc reconsidéré le problème à la lumière des éclairages susdits. Aussi, nous avons conservé les séduisantes déductions de C. Gabet, mais encore, de nombreux points des antithèses de Pierre Clion et d’Éric Birrier, autre partisan d’un site campé sur le rocher de la Turge (146). Toutes ces observations, confirmées ou infirmées, ont précieusement servi à la construction de notre propre solution. Cette dernière se résume sur le schéma synoptique qui figure dans les pages suivantes et que nous allons tout de suite détailler point par point. De la sorte, nous tenterons d’établir les raisons ayant motivé l’emplacement des différents éléments de cette cartographie.<br />Les lettres majuscules et minuscules entre parenthèses renvoient aux deux schémas. </div><div align="center"><span style="color:#ffffff;"><span style="color:#000000;">... <img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 408px; CURSOR: hand; HEIGHT: 433px; TEXT-ALIGN: center" height="461" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/400/photo4.jpg" width="468" border="0" /></span></span><span style="color:#000000;">...<br /></span><strong>Le château (A)</strong> </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span><br />Sur une précieuse carte levée par C.Masse (147), une mention manuscrite, annotée près du grand chemin de La Rochelle à Rochefort, nous renseigne sur l’emplacement des “Vestiges de la ville de Chatelaillon” laquelle “l’on tient avoir esté bastie autrefois par les Romains et estoit la principale des costes. En 1680, il y avait encore 5 tours en partie ruinées.” En replaçant, à l’échelle, le trait de côte, de cette carte, sur une carte actuelle, nous pouvons aisément faire figurer le rivage de l’époque de Claude Masse (en jaune continu sur le plan), mais aussi et surtout l’emplacement des ruines citées par le cartographe. Le tracé de cette côte est déterminant puisque, par le truchement des récits et témoignages des contemporains des XVIIe et XVIIIe siècles, nous allons également pouvoir replacer, sur le schéma, la chronologie du délitement du site féodal. Voici de quoi elle retourne :<br />En 1613, Joseph Guillaudeau (148) raconte que “sur les trois heures du matin une quarte partie de la tour de Chatelaillon tomba par terre du côté du chemin”.<br />En août 1628, Jean de Besly narre dans une lettre : “il y aura demain trois sepmaines que je vei les restes de Chastelaillon, qui est encores remarquable par une haute tour, qui ressent bien son antiquité seigneuriale... (149).<br />Près de trente ans plus tard, en 1660, le père Arcère (150) témoigne de la présence des vestiges de sept tours et “de la maçonnerie des fossés du château qui se voyaient encore”.<br />En 1669, Claude Perrault indique “Chastelaillon qui est un petit hameau où il y a un chasteau ruiné qui est sur un coteau qui prend la mer. La moitié d’une des tours estoit tombée dans le chemin dont les pierres estoient jointes ensemble” (151).<br />Masse, lui même, précise en 1680 “on voyait encore les vestiges de tours et de murailles et des fossés profonds qui les entouraient du côté des terres” (152). Il ajoute dans le même texte “...ce qui reste n’est qu’un tuf noir de 30 à 40 pieds de haut en quelque endroit au dessus du platin de la basse-mer, du moins ce qui estoit en 1680, où j’ai vu encore les vestiges d’une grosse tour du côté du Nord dont partie estoit tombée dans la mer et l’on voioit encore quelques parties de courtines et d’une haute tour avec des murs de bonne massonerie de 7 à 8 pieds d’épaisseur.”<br />Mieux, un acte daté de 1694 (153) relate “...nous estant transportés dans une maison qui est proche du rocher sur lequel estoit construit l’ancien chasteau du-dit lieu de Chastelaillon (...) et ayant considéré le lieu où estoit autrefois construit le chasteau de la baronnie nous aurions remarqué que la mer dans son flux et reflux couvre et découvre le terrain et n’y aurions point apperçu d’autres marques et vestiges du dit chastel que quelques masses de maçonnerie liées ensemble par la chaux et le sable, lesquels nous jugeons avoir servi à faire les voultes souterraines et qui sont restées au bord de la mer laquelle a aussi sappé de telle manière le dit rocher sur lequel estoit étably le dit chasteau que le dit rocher est presque entièrement abbatu et ruiné aussy bien que les maisons qui estoient autour du chasteau, de telle sorte que le dit bourg n’est présentement composé que de 4 à 5 maisons.”<br />À tout cela, on peut rajouter les mots de Masse en 1709 (154) “en 1700 les fossés de ce château qui le séparent de la partie de l’isle qui subsiste et qui estoient profonds paraissaient encore en partie en leur entier par où estoit le grand chemin de Rochefort à La Rochelle et au grand hyver de 1709 tous les débris de la vieille tour qui estoient dans la mer et le reste de la contrescarpe furent achevés de détruire.”<br />Pour finir, citons une mention tirée du manuscrit de Colin publiée dans les éphémérides de Jourdan (155) à la date du 24 mars 1730 “tomba la dernière des sept tours qui estoient à Chastelaillon. Les six premières avoient été abattues par la mer, qui a miné la terre par dessous ; mais cette dernière est tombée de caducité.”<br />Assurément, tous ces documents et témoignages historient une proximité immédiate entre les donjons et tours du château avec les chemins du XVIIe siècle. Camille Gabet nous invite à considérer que les témoignages ont été accumulés, attestant que les dernières ruines du château féodal se situaient à la fin du XVIIe siècle près de la côte. Les récits de plusieurs voyageurs signalent des massifs de maçonnerie tombés du château sur le vieux chemin de La Rochelle à Rochefort. Ces témoignages sont confirmés par Claude Masse qui positionne sur sa carte les ruines à l’extrémité du promontoire. Tous ces témoignages sont en contradiction avec les légendes, la tradition populaire et un ramassis d’historiettes qui tendent à situer la forteresse à la Turge ou au Cornard (156). C. Masse positionna effectivement, sur le bord de la côte qu’il dessine en 1698, les ruines observées par lui et en fit de même pour les chemins contemporains aux témoignages que l’on vient de citer. Étant donné qu’il est inutile de remettre en question la précision et la fiabilité des relevés du cartographe, dont les triangulations s’avèrent tout à fait exactes, nous ne pouvons espérer document plus parlant.<br />Sans contredit, c’est donc au XVIIe siècle, juste après les deux gravures de Chastillon et la carte de Christophe Tassin (157) que la mer entama les dernières ruines du Châtelaillon médiéval. Les menées naturelles de l’océan sur les falaises trouvèrent donc là une fin au véritable travail de sape commencé dès le bas Moyen-Âge. À cette époque, en effet, la fonction de résidence seigneuriale du château semble déjà abandonnée au profit de la valeur militaire et stratégique du site. Pour cette période, Éric Birrier rappelle que l’histoire de la fée Mélusine, qui serait responsable, selon la légende, de la destruction du Château, à la fin du XIVe siècle est donc très révélatrice car elle témoigne sans aucun doute de la prise de conscience du phénomène d’érosion marine qui avait déjà commencé son oeuvre (158). </div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>Les voies d’accès menant au site</strong> </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span> <img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/400/photo3.jpg" border="0" /><span style="color:#000000;">...</span><br /></div><div align="justify">Calqués principalement sur la carte de Claude Masse, les chemins menant à la forteresse et que nous faisons figurer sur le schéma ci-dessus, ont fait preuve, par ailleurs, de leur indiscutable ancienneté. C’est pourquoi, nous nous contenterons simplement de les énumérer. Tout d’abord nous observons, dans l’axe Nord-Sud, la fameuse route “de La Rochelle à Rochefort” (a) qui empruntait le sable ferme du platin. Elle se dédoublait en un autre tracé (b) qui contournait les dunes au sud et au nord et les traversait au centre (159) assurant ainsi une autre possibilité de cheminement lors de la marée haute. Un second accès, au nord-est, était, lui, assuré par le chemin du cimetière des Sables (160)(c) passant par le Haut-Rillon. Ce chemin venait d’un côté de Saint-Jean-des-Sables via l’îlot de Séchebouc par le vieux cordon littoral et de l’autre du “continent”.<br />Côté Est enfin, un axe venant de Port-Punay (e) passait au sud du prieuré Saint-Romard. Il rejoignait l’antique chaussée venant d’Angoute (161)(d) dite voie de Poitiers et ce, avant la falaise actuelle. Ne faisant plus qu’un, ils convergeaient en une desserte du château menant à la porte Poitevine -entrée principale de la cité médiévale-(G). Cet axe longeait la petite église (F) que l’on remarque au bas de la vue dessinée par Chastillon.</div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>Église St-Jean de Châtelaillon (F)</strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span><br />Il s’agit de l’édifice figuré au premier plan de la gravure dite du Château de César par Chastillon. Dans les XVIIe et XVIIIe siècles, le lieu sert au culte. L’emplacement exact de l’édifice nous est connu. En effet, selon des distances citées en 1698, une savante déduction de P. Clion, incluant notamment la longueur de l’île de Châtelaillon, a pu, avec précision, nous aider à situer ce monument (F). Il se trouve à 100 toises (env. 200m) de la côte contemporaine des relevés effectués par C. Masse soit encore à près de 330m à l’ouest de St-Romard. Cet emplacement est tout à fait confirmé, par ailleurs, grâce à la carte de C.Masse qui figure ce monument et aussi au trait de la côte de cette même carte que nous avions préalablement rapporté par un calque proportionné sur un document cartographique actuel.<br />C’est au milieu du XVIIIe s. que la menace de l’océan se précise. En 1748, P. Clion (162) relève, dans les minutes du notaire Savarit (163) que la cure dudit Chatelaillon estant située sur le bord du grand chemain qui conduit de La Rochelle à Rochefort, et ledit chemain ayant été ruiné par la mer au droit de laditte cure (...) partye des bâtiments et court de laditte cure auroit estée desmollis et jetter par terre pour élargir et agrandir ledit chemain. De plus, en 1763, un acte précise que la mer par l’agitation de ses flots a tellement frappé et esbranlé le rocher ou terrain sur le bord duquel se trouve présentement la cure et maison prebitériale dudit Chastelaillon, que pour peu de mauvais temps qu’il fasse elle tombera indubitablement à la mer et serait entièrement perdue et ruinée, le grand chemin pavé estan déjà partye tombé à la mer ainsy que partye du jardin de laditte curen où a très peu de distance il y a une grosse masse de terre quy en est déjà séparée par une grande fante. Pourtant, jusqu’en 1778 les registres paroissiaux indiquent des inhumations dans le cimetière qui jouxte l’église. C’est en 1783 qu’un acte de notaire (164) nous informe que l’accès à l’église est interdit. Nous en déduisons qu’entre le témoignage de Masse et 1783, la côte connaît un recul d’exactement 100 toises soit à la vitesse moyenne de 2,50m par an.<br />Considérant cela, est-il alors encore raisonnable de placer le castrum à la Turge ? Le château serait, dans ce cas, distant de près d’un kilomètre de l’église, soit à 800 mètres du rivage de 1698. Dans cette hypothèse, comment expliquer que la vitesse du recul du rivage entre 1604 (date de la vue de Chastillon) et 1698 (côte figurée par Masse) serait de plus de 8,50m par an contre 2,50m attestés entre 1698 et 1783 ?<br />Échappant de peu à la destruction naturelle, l’église, qui tombe a l’eau, est démontée et reconstruite aux Trois-Canons avec sa charpente intacte (165). La cloche sauvegardée de St-Jean-l’Évangéliste est aujourd’hui suspendue à un bâti de chêne disposé à côté de la porte de la sacristie de l’église d’Angoulins (fig. 1).<span style="color:#000000;"> </span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="center"><strong>Le petit hameau hors les murs (E)</strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify">Ces habitations situées entre l’église et le château, siégeaient au pied même de l’escarpement de la forteresse. Pour s’en assurer et confirmer ce voisinage proche, référons nous aux registres de comptes de la Baronnie de Châtelaillon (166) qui font état en 1470 d’une maison assise sur la douhe (douve) (167). Un acte de 1694 (168) évoque, lui aussi, une maison proche du rocher sur lequel estoit construit l’ancien chasteau.<br />En 1604, sur la gravure de Chastillon, ce village est composé d’une quinzaine d’habitations. L’érosion de la falaise, après cette date a inexorablement gagné ces constructions. Le témoignage de C.Masse donnait, pour 1698, 9 maisons sur le bord du fossé. Dix ans plus tard, en 1709, ce même observateur écrit et l’on fut obligé de changer le grand chemin et il y eut 4 ou 5 maisons qui estoient sur le bord de ces fossés qui tombèrent. Ce fut ainsi la fin du hameau. </div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>La chapelle St-Nazaire (C)</strong></div><div align="center"><strong><span style="color:#000000;">...</span></div></strong><div align="justify">C’est l’édifice que l’on distingue en ruine sur la représentation de C. Chastillon, à l’intérieur de l’enceinte forte. Ce monument est bien la chapelle de Castro Julii attestée dans divers documents. Nous l’avons replacée tout contre les remparts comme l’indiquait Amos Barbot (“le pan de laquelle faisoit ladite muraille”). Elle est citée à maintes reprises du XIe siècle jusqu’au début du XVe siècle. Elle a finalement disparu en mer au début du XVIIe siècle, sans doute avant 1616, dans l’intervalle des deux gravures de Chastillon puisqu’elle est absente de la seconde représentation dite de Saint-Vivien. Une visite datée de 1639 parle de la pierre de l’autel de l’église St-Jean-l’Évangéliste provenant de l’ancienne église ruinée par la mer (169).</div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>Le port (D)</strong><br /><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify">C’est par la bien nommée porte des poissons (H) - citée par Richard le Poitevin et qui faisait face à l’île d’Oléron du côté sud - que l’on accédait au port de la cité (selon A. Barbot : la porte par laquelle on sortoit de ladite ville au port et havre). Le port est placé sur notre schéma respectant le kilomètre de distance qui le sépare de la côte de 1698 comme souligné par C. Masse: “je vis à 500 toises en mer des vestiges de murs au bout d’un rocher plat, où l’on dit qu’estoit le port” (170). Cet emplacement semble idéal : P. Clion, qui a lui aussi retenu ce lieu pour y placer le port le décrit de la sorte : “le plateau de la Jamble est séparé de la Turge par un chenal à fond vaseux qui mène à une sorte de bassin intérieur. (...) Ce chenal, encore apparent de nos jours en basse mer, est appelé par les pêcheurs à pied “La Passe”. Il est facile de reconnaître dans cet ensemble (...), bien abrité des vents de mer, l’ancien port.” (171) G. Musset, désireux d’apporter quelques renseignements topographiques, nous avertit de l’existence d’un site nommé le Grand Port. Celui-ci se trouve circonscrit entre le rocher de la Charge à l’ouest et les rochers et marais de la Janble à l’Est, plus à l’ouest encore se trouvait le rocher de la Turge (172). Notons que l’emplacement du port, comme nous le voyons, contredit la position d’un château sur la Turge, hypothèse qui mettrait ce port au-devant du castrum c’est à dire à l’Est. La représentation de Chastillon l’aurait alors immanquablement fait figurer, étant donné l’orientation de la vue, état qui serait aussi à l’encontre du récit du moine Richard qui donne la porte des poissons vers Oléron et non vers l’Est.<br />G. Musset rappelle, par ailleurs, que deux ports existaient certainement (...), le Grand port, dont le nom est resté à une sorte d’estuaire occupé aujourd’hui par des parcs à huîtres et le port Punés (173). En effet, un peu plus à l’Est, la toponymie de l’anse dite de Port-Punay indique que l’endroit devait offrir un second lieu d’atterrage voire une rade pour le mouillage des navires venant commercer avec le pays. </div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>Les tours de l’enceinte</strong> </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">... </span><br />Sur la carte de Masse, cinq gros points sont figurés à côté même de la fameuse mention à laquelle nous nous référions dans le paragraphe sur l’emplacement du château. Nous pensons qu’il s’agit des restes des “5 tours en partie ruinées” que le cartographe royal aura voulu figurer. En étudiant leur disposition, il s’avère que quatre d’entres elles correspondent à la perspective offerte par la gravure du Château de César de C. Chastillon ainsi qu’aux situations données par le procès verbal d’Amos Barbot : les deux de la porte Poitevine et les deux de l’entrée gardant le pont-levis du château. Nous en avons placé une autre au nord, dans l’angle de la cour du château, invisible car masquée sur la première gravure, mais comme on la voit bien sur la seconde. Elle correspondrait donc au cinquième point placé par C.Masse.<br />Sans aller jusqu’aux 14 belles et fortes tours, une sixième a quand même été mise dans le lointain. Enfin, deux dernières (citées par A. Barbot) encadrant la porte des poissons ont été projetées à cet emplacement supposé.</div><div align="center"><span style="color:#000000;">... </span><br /><strong>Une “ville” intra muros ? (B)</strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">... </span><br />À l’arrière plan de la gravure de 1604, nous devinons correctement, dans l’enceinte forte, quelques toits. Bien que nous ayons usé à plusieurs reprises du mot de “cité” pour désigner l’ensemble de ces habitations, nous pouvons nous interroger sur l’existence d’une véritable “ville” à l’intérieur des murs.<br />Dès 1470, soit près de 130 ans avant la représentation de Chastillon, une maison est déjà signalée choite en la mer (174). Selon une vitesse moyenne de recul retenue de 2,50m par an, cela pourrait donner un emplacement extrême des habitations à 325 m plus à l’ouest des derniers toits apparaissant sur la gravure de 1604. L’urbanisation possible, qui s’insérerait dans une enceinte fortifiée de cette largeur, est conséquente. Nous sommes pourtant largement en deçà du chiffre de 365 brasses (710m) avancé par Barbot, chiffre qu’il convient sans doute d’édulcorer en raison de la dimension romantique voire patriotique du récit de l’historien. En somme, l’entité urbaine que l’on pourrait caler dans cet espace, ressemblerait à un gros bourg fortifié confirmant l’appellation de castrum (agglomération fortifiée/forteresse). Si cet ensemble a probablement existé dans l’enceinte, dans l’attente de preuves, il nous faut, avant tout, voir en ces lieux, la résidence et/ou la place forte des puissants seigneurs de Châtelaillon. </div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">____________</span></div><div align="justify"><strong>Notes :</strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">... </span><br />(134) Traduction de Michel Lemoine (CNRS) de “De Destructione Castri-Julii” in Addenda Chronico Richardi Pictaviensis, Rec. des hist. des Gaules et de la France, t. XII, p. 418.<br />(135) Pierre Clion, Châtelaillon Fouras et les gravures de Claude Chastillon, in RSA t. XVII, pp. 61-69.<br />(136) “L’antienne forteresse de ... dicte le château de César comme il se voit à présent” par C. Chastillon, 1604, BM Bordeaux, H264.<br />(137) E. Birrier, La seigneurie de Châtelaillon aux XIVe-XVe siècles, maîtrise, Poitiers, 1992, où il donne ce donjon du XIVe Siècle.<br />(138) P.Clion, Châtelaillon Fouras..., op.cit., p68<br />(139) Sainct Vivian, près de la ville de Tonnay-Charante, par C. Chastillon.<br />(140) Amos Barbot, Inventaire des titres, chartes et privilèges de La Rochelle, de 1199 à 1575, publié par D. D’Aussy in AHSA, 1886, t. XIV.<br />(141) MMCLR, Ms 2691 “Compte de recettes et de mises faictes par Mathurin Dussault, receveur de Châtelaillon pour très haut et très puissant seigneur Monseigneur le Comte du Dunois et de Longueville” (1470-1471).<br />(142) Gilbert Mathieu, Le site géologique de l’ancienne cité de Châtelaillon (Castrum Allionis) et l’évolution de la côte d’Aunis, in Norrois, Revue de Géographie de l’Ouest et des Pays de l’Atlantique Nord, 1954.<br />(143) P. Clion, Étude sur la topographie du Vieux-Châtelaillon, 1996.<br />(144) C. Masse, Mémoires, MMCLR, Ms 31.<br />(145) Camille Gabet, Notes sur l’histoire de Châtelaillon, in RSA, t.II, 1976 pp. 46-61.<br />(146) Eric Birrier, La seigneurie..., op.cit.<br />(147) levée en 1698 et dessinée en 1703 (SHAT)<br />(148) Diaire de Joseph Guillaudeau, in AHSA t. XXXVIII, p. 50.<br />(149) Lettres de J. de Besly, in AHP, t. IX, p. 287.<br />(150) L.-É. Arcère, Histoire de la ville de La Rochelle et du pays d’Aulnis, La Rochelle, 1757, tome I, page 2.<br />(151) Claude Perrault, Relation d’un voyage en Poitou, Aunis et Saintonge, in AHSA, t.XXVIII, p. 339.<br />(152) Claude Masse, Mémoires, op.cit.<br />(153) “Estimation de la baronnie de Chastelaillon” (1694) AD17 cote 1J 570.<br />(154) Claude Masse, Mémoires, op.cit.<br />(155) E. Jourdan, Ephémérides historiques de La Rochelle, La Rochelle, Siret, 1861-1871<br />(156) C. Gabet, Les modifications des lignes du rivage de la région de Châtelaillon, in Roccafortis 2ème S. t.III n°8, p. 274.<br />(157) publiée en 1634 une carte de C.Tassin “Carte générale de toutes les côtes de France : XXI, Coste de Xaintonge. coste d’Aunix” figure la “tour de Chastelaillon...”<br />(158) E. Birrier, Petite histoire de Châtelaillon, La Rochelle, Rupella, 1996, p. 12 et p. 36.<br />(159)C.Gabet, Les modifications...,op.cit. p273<br />(160) Cf notre paragraphe sur le cimetière des Sables où passe l’assiette d’un chemin GR (sur le tracé de l’actuelle rue G. Michaud) et voir P. Clion, Étude sur..., op. cit.<br />(161) voir notre article sur Les indices de l’occupation gallo-romaine et S. Vacher, Série diagnostic, document final de synthèse, commune de Châtelaillon-plage, colline de Port-Punay, Inrap, mars 2003, p. 12.<br />(162) P. Clion, Étude sur..., op. cit.<br />(163) ADCM - Notaire Savarit 3E 1915.<br />(164) ADCM - Notaire Boucheron 3E 898.<br />(165) plan du rapport préfectoral de 1834, réf vue in P. Clion, Étude sur..., op. cit.<br />(166) MMCLR, Ms 2691, op. cit.<br />(167) “Jehan Nau pour une pièce de terre assise devant sa maison, la douhe entre deux”<br />(168) AD17 cote 1J 570.<br />(169) Mémoire de l’abbé Cholet, in RCAM t.I p.40 suivant Registre des visites à la MMCLR<br />(170) Claude Masse, Mémoires, op.cit.<br />(171) P. Clion, Étude sur..., op. cit.<br />(172) G. Musset, Richard le Poitevin, in BSAHSA t.III pp. 125-126.<br />(173) G. Musset, Les ports francs, in RCAM, t. XVI, 1902-1904, p. 245.<br />(174) MMCLR, Ms 2691, op. cit.</div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="center"><strong>extrait du livre de Denis Briand</strong></div><div align="center"><strong><em>Angoulins-Châtelaillon, Traces et vestiges du passé</em></strong></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-6381336296673897619?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-46699182319742079002006-02-07T14:57:00.000+01:002007-02-07T14:57:36.551+01:00Le vol de la ferme de Lileau<div align="justify"><span style="font-family:times new roman;color:#000000;"><em>Parmi les fonds d'archives de l'époque révolutionnaire conservés aux ADCM, une liasse, de la série concernant les tribunaux, nous livre une affaire si singulière que je n'ai pas résisté à vous la retranscrire. C'est grâce aux dépositions circonstanciées, rapportées ici in extenso, que vous allez pouvoir vous immerger dans l'enquête. Cette dernière revêt une dimension particulièrement intéressante, car toutes ces dépositions constituent aussi autant de témoignages sur la vie quotidienne de l'époque. En effet, il faut apprécier, entre les lignes du récit factuel, tout ce monde qui est dépeint, des objets aux vêtements, des denrées alimentaires aux personnages. Le tout s'animant dans des lieux qui nous sont encore familiers. Un véritable plongeon, deux cent ans en arrière, éclairé par différents angles de vue, au rythme de la narration "colorée" de différents protagonistes.</em></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /></span></div></span><div align="center"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>SYNOPSIS</strong></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..<br /></span>À la veille de 1792, une maisonnée angoulinoise reçoit la visite de quatre bandits fermement décidés à en détrousser les occupants. Après la violence du vol et à la tentative d’incendie de la ferme, l’enquête va s’organiser et recueillir les témoignages des victimes.Parmi les récits des témoins, un habitant de Salles va enfin apporter une relation surprenante, concours capital à l’enquête...</span></span></div><div align="center"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>LES VICTIMES</strong></span></span></div><div align="center"><span style="font-family:times new roman;color:#ffffff;">..</span></div><p align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>Déposition n°1 de Pierre Michel dit Micheau, âgé de 42 ans, laboureur à bras, demeurant le bourg d’Angoulins, dit et dépose :</strong></span></span></p><p align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br />Il y avait environ trois semaines que je logeais chez les frères Senet à la maison de Lisleau, je travaillais pour eux. Jeudi dernier sur les six heures du soir les chiens aboyèrent, René Senet ouvrit la porte, quatre hommes entèrent, l’un prit une chaise et en frappa René, l’autre prit sur une armoire plusieurs clefs de la maison. Le premier frappa avec sa chaise la mère Senet. L’un des quatre sortit et ferma la porte à clef. Nous demeurâmes enfermés avec les trois hommes. La mère Senet qui est âgée de 84 ans, ses trois fils dont un nommé Baptiste est imbécile, une servante, sa bergère et moi. Les trois hommes demandèrent de l’argent. René répondit qu’il n’y en avait pas, qu’il était à Cramahé. Les trois hommes paraissaient vouloir enfoncer les armoires, je conseillais de donner les clefs. La mère les donna, ils ont ouvert les deux cabinets ou armoires en ont tiré tout ce qui était dedans et y ont pris environ deux mille francs à ce que j’estime. Dans un coffre qu’ils ont également ouvert avec la clef ils ont encore pris deux sacs que j’estime être de cent pistoles chacun. Baptiste ayant voulu s’opposer à ce que faisaient ces hommes l’un deux tira un petit couteau à lame courte - et se reprenant a dit cet homme avait le couteau à la main en entrant. Baptiste tira le sien. Il reçut plusieurs coups de chaise sur la tête et a reçu sur les mains quelques coups de couteau. J’ai reçu aussi un coup de chaise dans l’estomac. Tout ceci s’étant passé dans la chambre basse l’un des trois hommes sortit en emportant un tison, des allumettes et des chandelles. Il nous renferma sous clef avec les deux autres et j’entendis monter dans la chambre haute qui est dessus celle où nous étions. L’escalier est par dehors, on y est demeuré environ une demi heure. Les deux, qui étaient demeurés avec nous, sont sortis et ils sont allés dans une chambre de derrière. Nous les y avons aperçus par un petit guichet. Je n’y ai vu que les trois dont j’ai parlé. Il y avait environ une heure que nous ne les entendions plus lorsque voyant tomber du feu à travers les planches de la chambre haute, nous sommes sortis par la fenêtre et René étant monté dans la chambre haute a jeté dehors un tison trois mouchoirs et un chapeau en parti brûlés. J’ai éteins ce feu. Baptiste a porté un sceau d’eau en haut. J’y ai monté j’ai trouvé tout bouleversé. J’ai vu la même chose dans la chambre derrière. Je me suis aperçu que l’on avait pris dans la chambre haute une fourche à deux doigts et une pareil dans la chambre de derrière. J’ai trouvé dans la dite chambre une paire de souliers que j’ai connu pour n’être pas de la maison et l’on n’a plus trouvé une paire de souliers appartenant à Baptiste. Je vais donner le signalement des hommes dont j’ai parlé c’est à dire de trois parce que je n’ai pas bien remarqué celui qui est sorti tout de suite après être entré. L’un des trois est grand, d’environ 5 pieds trois pouces, visage long un peu sec, grand nez barbe rousse cheveux châtains la tête couverte d’un mouchoir blanc. Je n’ai point remarqué si ses cheveux étaient ronds. Il avait le chapeau abattu d’un côté il était vêtu d’une redingote bleue, une veste ronde blanchâtre, grande culotte de siamoise à raies blanches et bleue. Je suis certain d’avoir vu cet homme il y a deux ans dans la saison de fauches, je bu une bouteille de vin avec lui près de Mortagne ou La Jarne je ne sais plus dans quel cabaret ; le second est de taille tout au plus de cinq pieds, grosse taille, gros visage ayant quelque marques de petite vérole, cheveux ronds, chapeau rond abattu, veste ronde fond blanc mouchetée de bleu les mouches larges d’un denier l’étoffe est de laine n’ayant rien sur cette veste, grande culotte dont je ne peux dire la couleur ; le troisième de même taille, moins gros visage, mince, nez court, chapeau rond vêtu comme le second tous trois avaient des souliers.</span></span></p><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Déposition n°2 : Magdeleine Letang, âgée de 24 ans, servant de domestique du nommé Senet, demeurant à la maison de Lisleau, paroisse d’Angoulins, dit et dépose :</strong> </span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br />Jeudi dernier nous venions de souper lorsque les chiens qui étaient dehors aboyèrent. René Senet ouvrit la porte, trois hommes entrèrent de force, un quatrième demeura sur la porte. Les trois saisirent et canèrent un bâton que René tenait à la main. Ils me saisirent par les bras et me donnèrent un coup de poing. Ils fouillèrent dans mes poches voulant m’obliger à leur donner les clefs. Je leur dis que j’étais la servante. Ils me laissèrent et je me mis sous le lit. Ils ont forcé la femme Senet en la frappant de leur donner les clefs des armoires. Je voyais ce qui se passait. Ils ont ouvert les armoires, ont jeté tout par terre, ont pris deux sacs d’argent et de la monnaie qui était dans une corbeille, ils ont ouvert le coffre. J’ai entendu prendre de l’argent mais je ne l’ai point vu. Ils ont demandé où était l’escalier. Un de leur camarade qui était dehors a dit que l’escalier était en dehors. Ils sont sortis tous trois, celui qui était dehors leur ayant ouvert la porte. Ils avaient emporté deux chandelles et un tison avec des allumettes. Je les ai entendu dans la chambre haute. L’un d’eux est venu peu après demander la clef d’un coffre qui était dans la chambre basse par derrière. C’était mon coffre. Je dis que la clef y était. Elle y était effectivement. Ils ont pris dans ce coffre un mouchoir d’indienne fond blanc avec un tour de fleurs jaune et noir. Ils ont pris aussi quatre sous qui étaient dans une petite boite. J'ai entendu compter l’argent sur le lit de cette chambre basse. Ensuite nous ne les avons plus entendu. Nous étions tous renfermés à clef, mais voyant du feu tomber à travers les planches de la chambre haute, René sorti par une fenêtre de la chambre où nous étions et il a été éteindre le feu. Je ne pourrais donner qu’un signalement assez imparfait de l’homme que j’ai vu. Je sais cependant bien que je le reconnaîtrai. J'ajoute que la femme Senet, René et Baptiste ont été frappés à coups de chaises et que lorsqu’ils furent partis, il fallut lever la serrure de la chambre basse dont la clef, ainsi que les autres clefs qu’ils avaient eu à leur disposition, ne fut trouvée que le lendemain. Ils les avaient jeté çà et là près de la maison. Dans la chambre où nous étions, ils ont pris un gros morceau de cochon cuit et dans la chambre de derrière, un pain de trente livres qui est tout ce qu’elle a dit savoir.<br /><span style="color:#ffffff;">..</span></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>Déposition n° 3 : Marie Bègue, agée de 14 ans, bergère, demeurant chez les frères Senet au ci devant prieuré de Lisleau paroisse d’Angoulins. dit et dépose :</strong><br /><span style="color:#ffffff;">..</span></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;">Jeudi dernier, environ pour coucher, le chien aboya dehors. René Senet tira le verrou de la porte pour l’ouvrir. La porte fut poussée en dedans par trois hommes. L’un d’eux avait à la main un couteau dont la lame parait cassée. Deux prirent chacun une chaise et en frappaient les gens de la maison. L’autre frappait René avec un bâton. J’en ai vu un quatrième tirer la porte qu’il ferma à clef. Ils se sont fait donner les clefs des armoires ne pouvant pas ouvrir un tiroir, l’ont brisé avec une serpe qu’ils ont pris dans la chambre. Ils ont jeté par terre tout ce qui était dans l’armoire, ont mis de l’argent dans leurs poches. Ils en ont fait autant ayant ouvert un coffre. Baptiste, qui est imbécile, ayant tiré son couteau, ils le lui ont arraché et l’en ont frappé sur les mains. L’un d’eux a paru vouloir lui couper le cou lui tenant la tête. Le plus grand de tous a dit qu’il ne fallait pas faire de mal. Je n’ai point été frappée. Ils m’ont dit “n’ai pas peur ma petite fille tu n’auras pas de mal”. Ils ont pris un gros morceau de lard cuit et des boudins. L’un des trois sorti et monté dans la chambre au dessus ayant fermé la porte de celle où nous étions. Les deux qui étaient demeurés demandaient a celui ou ceux qui étaient en haut "avez vous bientôt fait". Ils ne répondaient pas. L’un d’eux, qui était en bas, a dit qu’une fois il avait trouvé beaucoup d’argent dans une paillasse. Ils sont sortis tous deux et ont emporté un tison avec deux chandelles et des allumettes. Ils nous ont enfermés à clef. Je les ai entendu dans la chambre haute. J’ajoute qu’avant qu’on leur eu donné les clefs j’entendis dire “il n’y a qu’à faire brûler ce bourg là et les amarrer". Ils avaient un bout de corde qu’ils ont laissé à la maison et que le bourgeois a mis à sa charrette. Deux sont venus dans la chambre basse où nous étions. Ils ont demandé la clef de la chambre de derrière. On l’a donnée. Ils y ont été, l’un passant par le dehors et l’autre par un trou qui communique à cette chambre. J’ai entendu compter de l’argent et armer un fusil qui était dans la dite chambre. Ils en ont cassé un autre, ils ont tout bouleversé dans la chambre ainsi que dans la chambre haute comme nous l’avons vu après leur départ. Nous avons aperçu de la fumée et il tombait du feu de la chambre haute à travers du plancher. René, Baptiste et Micheau ont sortis par la fenêtre et ils ont éteint le feu. Il y avait plus d’une heure que j’avais entendu siffler et que je n’avais plus rien entendu. L’on croyait cependant que ces gens ne fussent dehors parce qu’ils avaient dit qu’ils coucheraient dans le paillé. Je crois que j’en reconnaîtrais au moins deux, surtout s’ils étaient dans les mêmes habits. Qui est tout ce qu’elle a dit savoir.<br /><span style="color:#ffffff;">..</span></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>Déposition n°4 : René Senet, âgé de 61 ans, fermier du ci-devant prieuré de Lisleau, demeurant ci-devant au dit lieu, paroissse d’Angoulins, dit et dépose que :<br /></strong><span style="color:#ffffff;">..</span></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;">La nuit de la Saint Martin dernière, j’étais, ainsi que mon frère aîné, couché dans la chambre haute. Mon frère voulu sortir sur le minuit. La porte se trouva barrée par le dehors. En la secouant, la porte s’ouvrit. Nous vîmes qu’on l’avait barrée avec un tire fond auquel un bois était attaché avec une corde. Nous trouvâmes aussi la chambre basse de derrière barrée. Mon frère Baptiste y couchait. Nous veillâmes et nous ne vîmes personne. Un peu avant noël, dans la nuit, j’entendis mon frère Baptiste crier. Je me levai. Je vis que l’on avait disposé un bois pour barrer la porte de la chambre basse dans laquelle il couchait. Je tirai un coup de fusil. Je ne vis rien et le lendemain notre chien se trouva mort. Le jeudi 30 décembre dernier, nous étions tous dans la chambre basse de devant. J’entendis les chiens aboyer, j’ai voulu sortir. Dès que j’ai tiré le verrou, la porte fut poussée avec force au dedans. Trois ou quatre hommes entrèrent. L'un me prit à la gorge. Il me dit qu’il fallait de l’argent. Il prend une chaise et m’en frappe en disant de ne pas crier et de m’asseoir. La porte fut fermée. Il y avait des voleurs dehors, ceux qui étaient dedans leur dirent de prendre garde à eux et de brûler la cervelle à ceux qui pourraient venir. Je fut tellement maltraité que je ne pus pas bien observer tout ce qui se passait. Ma mère, Baptiste, Pierre Micheau furent frappés. Je vis que les trois hommes ouvraient les armoires avec des clefs. Ils forcèrent la serrure de deux tiroirs. Ils jetèrent par terre tout ce qui était dans les armoires et coffres et prirent tout l’argent, montant à deux trois quatre mille francs. Ils dirent qu’il devait y avoir plus d’argent que cela et qu’il fallait nous gavotter et nous faire brûler. Ils avaient des cordes à la main mais ils les jetèrent par terre. Ils sortirent tous trois, emportant une chandelle allumée. Ils fermèrent la porte à clef. Je les entendis marcher dans la chambre au-dessus, remuer et briser la serrure d’un coffre. Un ou deux, je ne me rappelle pas bien, sont descendus et entrés dans la chambre ou nous étions, ont pris un tison dans la cheminée et l’ont emporté et nous ont enfermé à la clef. Nous les avons entendus dans la chambre haute et ensuite dans la chambre basse de derrière. Le bruit étant cessé depuis quelques temps nous sentions la fumée et nous voyons tomber du feu à travers le plancher. J’ai sorti par une fenêtre, j’ai monté dans la chambre, j’ai vu le tison sur le plancher. Sur le tison étaient trois mouchoirs et mon chapeau qui brûlaient, ainsi que le plancher, sans flammes. J’ai demandé de l’eau. J’ai éteins le feu. J’ai trouvé tout bouleversé dans la chambre : deux coffres ouverts dont un avait la serrure forcée. Dans la chambre basse de derrière, j’ai trouvé aussi tout bouleversé : deux coffres ouverts mais sans avoir été forcés. On n’a plus trouvé dans cette chambre les souliers de mon frère Baptiste mais on a trouvé des souliers que personne de la maison n’a connu : la boue qui les couvraient était toute fraîche. Dans cette chambre, on a prit une fourche de fer à deux doigts et un pain de trente livres. On a cassé un fusil. Dans la chambre haute, on a pris une fourche pareille à celle du bas. Dans cette chambre haute, il y avait deux fusils et deux dans la chambre basse. Tous ont été touchés et un seul cassé. Dans la chambre basse de devant, ils ont pris un morceau de cochon cuit appelé chapon. Je ne peux donner le signalement de ceux que j’ai vu tellement j’étais troublé.<br /><span style="color:#ffffff;">..</span></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>Déposition n°5 : Louis Senet, âgé de 64 ans, fermier du ci-devant prieuré de Lileau, ci-devant demeurant au dit lieu, paroisse d’Angoulins et à présent à Salles. Dit et dépose :</strong></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br />Une nuit vers la saint Martin dernière je voulus sortir de la chambre haute. Je ne pu ouvrir la porte. Je la secouais fortement, elle s’ouvrit et je vis qu’elle avait été barrée par dehors avec un bâton attaché par une petite corde à un tire-fond que l’on avait fait entrer dans la porte. Je n’avais jamais vu ce tire-fond. Nous allumâmes de la lumière. Nous sortîmes avec des armes. La porte de la chambre basse où couchait Baptiste était barrée. Nous n’eûmes connaissance de rien autre chose. Aux environs de Noël, sur le minuit, nous nous levâmes éveillés par le chien qui poursuivait quelqu'un et le lendemain mon chien fut trouvé mort à quelque distance de chez moi. Le trente décembre dernier, un peu après le jour couché, mon frère René ouvrit la porte parce que nous entendions aboyer le chien. Trois hommes entrèrent comme la foudre, fermèrent la porte. Elle fut fermée à la clef par dehors. Ces trois hommes prirent des chaises et frappaient à toutes mains. Baptiste ayant voulu se défendre, ayant tiré son couteau, un des voleurs lui tira le couteau de la main et Baptiste fut blessé dans la main. Il reçu aussi des coups de couteau sur les mains. Les voleurs se firent donner les clefs. Ils ouvrirent les armoires et coffres et forcèrent un tiroir dont on n’avait pas trouvé la clef. Ils jetèrent par terre tous les linges et hardes et prirent environ quatre mille francs en argent et beaucoup de gros sous. Ils cherchaient l’escalier pour monter dans la chambre au-dessus. Nous leur dîmes que l’escalier était dehors. Ils sortirent et nous renfermèrent à la clef. Ils avaient emporté une chandelle allumée. L'un d’eux rentra bientôt après, prît un tison et des allumettes, sortit et nous renferma encore à clef. Je les entendis dans la chambre haute puis dans la chambre basse de derrière où j’entendis compter l’argent. Enfin nous n’entendîmes plus rien. Au bout d’une heure nous sentions de plus en plus la fumée. Nous vîmes tomber du feu à travers le plancher. René, Baptiste et Micheau sortirent par la fenêtre et firent éteindre le feu dans la chambre haute. Ce ne fût que longtemps après que je pus sortir de la chambre dont la porte était fermée à clef. Il fallait lever la serrure et la clef n’a été trouvée qu’après dans l’autre chambre. On a pris deux fourches de fer à deux doigt, un gros morceaux de lard cuit dans la graisse, un pain de trente livres, les souliers de Baptiste à la place de lesquels on en a laissé une paire, un mouchoir de col à la servante, quelque peu d’argent dans la chambre haute et dans la chambre de derrière. Dans ces deux chambres tout avait été bouleversé et ouvert. Dans la chambre basse, on a cassé un fusil. Des trois hommes que j’ai vu, l’un est haut de 5 pieds trois à quatre pouces. Il est fort, parait âgé de trente et quelques années, barbe rouge, grand nez, cheveux châtains. Je crois qu’il les porte ronds. Il était vêtu d’une grande redingote bleuâtre tirant sur le jaune, petite veste barrée bleu et blanc, grande culotte de coutil rayé bleu et blanc, usée ; un autre d’environ quatre pieds et demi, trapu, cheveux châtains, visage rond, un peu marqué de petite vérole, vêtu d’une camisole ronde et blanche et par dessous une autre camisole cotonnée rouge et bleue, culotte bleue bas à peu près noirs ; le troisième est petit avec de grosses joues. Je ne peux guère en dire d’avantage.</span></span></div><div align="justify"><span style="font-family:times new roman;color:#ffffff;">..</span></div><div align="center"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>LES TEMOINS</strong></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Déposition n°6 Jean boutellier, âgé de 40 ans, saunier, demeurant au bourg d’Angoulins, dit et dépose</strong> </span></span><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;">n’avoir aucune connaissance des dits faits que par la voie publique. Dit de plus que dans la nuit dernière nuit de décembre, entre dix et onze heures, on frappa trois coups à la porte de derrière de ma maison. Le dernier aussi fort que si l’on eût voulu enfoncer cette porte. Je me levai. Je sortis par la porte de devant. Je parlai. Je ne vis rien et n’entendis rien. Je ne fus point derrière ma maison.<br /></span></span><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span></div></span></span><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>Déposition n°7 : Pierre Métayer, âgé de 23 ans, employé dans les fermes de la Nation, demeurant au bourg d’Angoulins, dit et dépose :</strong> n’avoir aucune connaissance des dits faits que par la voie publique. Dit de plus, le vol de la maison de Lisleau avait été fait la nuit du trente au trente et un décembre dernier et je me rendais le dit jour trente un, du moulin de Saint-Jean à Angoulins, entre dix et onze heure du soir. Étant sur les sables, je vis trois hommes couchés. L’un d’eux se leva et vint à ma rencontre. Je sautais trois pas en arrière et mis mon fusil sur mon bras. Cet homme s’arrêta. Voyant qu’il n’avançait pas je dis: “bonsoir messieurs”. Je fis un détour et je continuais mon chemin. Cet homme se coucha et je les entendis parler ensemble. Il faisait très noir. Cependant, comme l’homme dont j’ai parlé n’était pas à dix pas de moi, j’observais qu’il était de taille d’environ cinq pieds cinq à six pouces, qu’il avait un grand chapeau rabattu, une redingote longue qui m’a parue grise, de grandes culottes qui m’ont paru blanchâtres. J’ai distingué un de ceux qui étaient couchés. Il m’a paru vêtu en matelot et avoir un gilet blanchâtre, un chapeau à petit bords rabattu à forme haute. Je n’ai pas pu distinguer le troisième homme. Dans la même nuit, à deux heures du matin, il est venu des gens qui ont passé par-dessus le mur de la maison dans laquelle je loge. Le Sieur Guerry, propriétaire de la maison, s’étant éveillé au bruit, ces gens ont repassé par-dessus le mur en cassant des arbres en espaliers. Qui est tout ce qu’il a dit savoir.</span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Déposition n°8 : Marguerite Barillon, veuve d’Etienne Bernard, âgée de 24 ans, aubergiste, demeurant chez son père à l’auberge de la Nation sur la grande route de La Rochelle à Rochefort paroisse d’Angoulins, dit et dépose :</strong> je n’ai aucune connaissance de ce qui s’est passé à la cabane de Lisleau. Seulement, ma soeur Jeanne m’a dit tenir de la veuve Goubon d’Angoulins que la nuit qui a suivi celle du vol de Lileau, un homme avait frappé à sa porte, à trois heures après minuit, avait acheté du tabac et bu un coup d’eau de vie. Qu’il s’était assoupi et après s’être éveillé, demandé l’heure qu’il était, que cette femme lui ayant dit qu’il était trois heures il avait dit il est temps que j’aille éveiller mon monde pour faire le coup. Que la veuve Goubon lui ayant demandé ce que cela voulait dire. Il avait répondu que sa femme en mourant lui avait demandé comment il ferait pour vivre. Qu’il avait répondu qu’il avait un bon métier et qu’il gagnait plus de nuit que de jour. Dit de plus, ma soeur m’a dit tenir de la veuve Goubon que cet homme avait deux chaines de montre quoi qu’il fut médiocrement vêtu. Qui est tout ce qu’elle a dit savoir.</span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Déposition n° 9 : Jeanne Robert, femme d’André Barillon, meunier, âgée de 52 ans, demeurant au moulin de Cramahé paroisse de Salles, dit et dépose :</strong> je n’ai aucune connaissance de ce qu’il s’est passé à L’isleau que par la voie publique. Mais le trois janvier dernier, sur les deux heures après midi, il se présente, à ma porte, deux hommes qui me demandent si j’avais du vin à vendre en gros. Je leur dis que non. L’un d’eux était grand, ses cheveux attachés et noirs, redingote grise, usée, ayant des bottes. L’autre était petit, ayant de la cire aux yeux, cheveux noirs attachés, vêtu comme l’autre et ayant des bottes ainsi que lui. Ils étaient à pied et firent route vers La Rochelle. J’ai su depuis, par Daniaud, tonnelier, lequel était alors chez moi, qu’ayant dit à la servante de la maison de Lisleau qu’il avait vu ces deux hommes et les lui ayant dépeint elle avait dit que le grand était très certainement un des voleurs de Lisleau qui est tout ce qu’elle a dit savoir.<br /><span style="color:#ffffff;">..</span></span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><strong>Déposition n°10 : Michel Jean, âgé de trente deux ans, régisseur de la maison de Cramahé, y demeurant, paroisse de Salles, dit et dépose :</strong> je n’ai aucune connaissance que par la voie publique des faits portés par les procès verbaux, mais environ quinze jours avant le vol de Lisleau, j’appris que l’on avait fait une tentative sur cette maison pendant la nuit. J’y fut et les frères Senet me dirent ce qu’était arrivé et m’ajoutèrent qu’ils n’avaient pas vu leur chien depuis. En m’en allant je trouvais, à une demi portée de fusil de leur maison, ce chien qui était mort. Je ne vis point qu’il eut de blessures. Qui est tout ce qu’il a dit savoir.</span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Déposition n°11 : François Guerry, âgé de 36 ans, marchand bouilleur, demeurant au bourg d’Angoulins, dit et dépose :</strong> je n’ai aucune connaissance des dits faits, mais deux ou trois jours après le vol fait à Lileau, quelques personnes me dirent avoir vu à mon mur, des traces de gens que l’on présumaient y avoir passé. Je n’ai pas eu la curiosité d’y regarder. Qui est tout ce qu’il a dit savoir.</span></span></div><div align="justify"><span style="color:#000000;"><span style="font-family:times new roman;"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Déposistion n°12 : François Neau, âgé de 47 ans, tonnelier, demeurant au bourg de Salles, dit et dépose :</strong> je n’ai connaissance de ce qui s’est passé à la maison de Lisleau que pour l’avoir ouïe dire, mais six ou sept jours avant le vol fait à cette maison, j’étais dans une des rues de Salles avec Martial Ratineau, vigneron, demeurant au dit bourg. Il me parla de sa misère et me dit que s’il trouvait quelqu'un pour s’associer, il irait chez les Senet prendre de l’argent. Qu’il y en avait beaucoup chez eux et que même ils iraient au Roulet et se feraient donner de l’argent par force. Je lui dit qu’il valait mieux mendier et nous nous séparâmes. La nuit du vol fait à Lisleau, j’étais à la fenêtre de ma chambre haute, le contrevent était ouvert. Sur les quatre heures du matin, il ne faisait pas noir. Je vis arriver trois hommes qui paraissaient venir du côté du Roulet. Je connu, à la voix et à la figure, Ratineau, dont j’ai parlé, Denis Beau et le nommé Lambert qui a été dans les prisons de cette ville sept à huit mois sur une accusation de vol. Ils s’arrêtèrent, tout près de ma fenêtre, sans me voir. Ratineau dit, "si j’étais sûr que le Nantais ne fut pas couché nous retournerions le reprendre". Ce nantais est un homme du bourg. Il est natif de Nantes et je ne lui connais pas d’autre nom. Ils se séparèrent, prenant chacun le chemin de chez eux. À six heures ou six heures et demi, Ratineau vînt chez moi et me dit que s’il avait du pain il viendrait travailler avec moi. Il savait que je devait aller travailler au fossé pour le nommé Coupeau. Je lui dit qu’il aurait dû y songer plus matin et aller chercher du pain. Il me dit qu’il n’avait pas dormi de toute la nuit et qu’il aurait mieux aimé se reposer. Je lui donnai quatre livres de pain et il vînt travailler avec moi. Le soir, je donnai à Ratineau, pour sa journée, quinze sous que Coupeau m’avait donné pour lui. Ratineau me dit qu’il ne fallait pas que cela me gênât et qu’actuellement il ne manquait pas d’argent. Ce soir là, j’appris le vol qui avait été fait à Lisleau la nuit précédente. Samedi dernier, Ratineau vînt chez moi et me proposa d’aller faire la contrebande de tabac. Je lui dit que j’en avait acheté dernièrement pour une centaine de francs, que je l’avais donné à crédit et que je n’avais pas d’argent pour faire ce commerce. Ratineau me dit qu’il en avait à mon service. Je lui dit "comment cela se peut-il, il y a peu de jours, vous n’aviez pas de pain, je vous en donnai quatre livres par charité ?" Il me répondit "que cela ne vous inquiètes pas, j’ai de l’argent pour vous et pour moi". Je me retirerais, quelques moments, pour réfléchir. Enfin, pour savoir s’il avait de l’argent, je lui dis que j’acceptais son offre. Le lendemain matin, il vînt chez moi nous partîmes tous deux. Il me conduisit chez différents marchands. Je feignis toujours de ne pas trouver le tabac convenable. À la fin, Ratineau me donna onze écus de trois livres et me dit d’en aller chercher où je voudrais. Il garda bien environ quinze écus. Il avait son argent dans une bourse de cuir, fermant à coulisse et ils étaient en écus de six livres et de trois livres. Nous nous rejoignîmes dans un cabaret de cette ville, près St-Sauveur. Ratineau était avec un portefaix que je ne connais pas. Je causais avec un homme de cette ville que je connais sans savoir le nom. Ratineau coupait du pain avec mon couteau. Le portefaix lui dit "que ne te sers tu de ton grand couteau ?". Il dit cela a demie voix. Ratineau lui répondit du même ton que cela lui commodait à le porter au loin. Le portefaix lui dit, toujours à demie voix, qu’il fallait le mettre dans sa gaine, le placer sous la ceinture de la culotte et recouvrir avec l’habit, comme il avait lui même coutume de faire. Un homme, qui était dans le cabaret, voulant payer son écot, tira au moins vingt écus de six francs. Ratineau se penchant vers le portefaix, lui dit : "si nous le tenions au pairé de Saint-Mathurin les coups de bâtons ne seraient pas rares, et il y aurait de quoi acheter du pain". Nous partîmes et nous rendîmes à Salles avec d’autres habitants. Je lui remis son argent. Depuis ce temps, Ratineau achète toujours du pain de minot. Le portefaix est un homme de cinquante et quelques année, taille de cinq pieds, un peu courbé, mal vêtu, cheveux noirs et courts grisonnant, visage étroit, pas gros de corps. Qui est tout ce qu’il a dit savoir.<br /></div></span></span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-4669918231974207900?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-73448914949582311392006-02-07T14:53:00.000+01:002007-02-07T14:53:58.611+01:00Les graffiti relevés par Luc Bucherie et présents dans sa bibliographie<div align="justify"><br /></div><div align="justify">La rédaction d’un document intitulé “Graffiti à Angoulins/mer : essai d’inventaire et biais d’introductions vers une glyptographie angoulinoise” nous a sérieusement mobilisé autour de la question de la quantification mais aussi de la compréhension du fait glyptographique à Angoulins.<br />Concernant cet effort, il faut avouer que les travaux de Luc Bucherie sont particulièrement précieux et ce à double titre : outre l’apport cognitif transversal que constituent les analyses de l’auteur en tant qu’éléments de comparaison pour la rédaction de la partie raisonnée de notre dossier, ce sont aussi les relevés de l’érudit lui même (prospection autour de La Rochelle et notamment à Angoulins entre les années 1973 et 1976) qui enrichissent le corpus de notre document. Pour saisir cet apport, la présente note a pour objet de tenter :<br />- d’une part, la publication de toutes les occurrences glyptographiques inventées par Luc Bucherie à Angoulins et que j’ai reproduites à la plume numérique. Elles sont issues des planches d’une thèse, soutenue en 1982 et intitulée Graffiti, mise en scène des pouvoirs et histoire des mentalités. Elles concernent les relevés effectués au moulin du Pont de la Pierre, sur l’église St-Pierre-ès-liens ainsi que, pour un cas, dans une rue du bourg.<br />- d’autre part, de lister, simplement, les articles de Luc Bucherie dans lesquels les graffiti angoulinois historient les propos de l’auteur. Nous permettrons ainsi d’isoler, parmi la vaste bibliographie de l’érudit, les notices intéressant l’historien angoulinois. Bien souvent, les graffiti figurent aussi comme illustrations de la partie textuelle. Nous mettrons donc aussi en rapport cet usage avec les planches que nous donnons ici, et ce à fin de repérér quel emploi est privilégié par l’auteur.<br /><span style="color:#ffffff;">.</span> </div><div align="center"></div><div align="center"><strong>A. PLANCHES</strong><br /><span style="color:#ffffff;">.</span> </div><div align="justify">Mise en garde : Avant de les présenter, il est a noter que les dessins figurant aux pages suivantes ne correspondent pas “parfaitement” aux relevés de Luc Bucherie. Il est vrai, en effet, que lors de leur reproduction numérique, quelques très légères dissemblances sont apparues, notament dans les épaisseurs des traits. Tous ces écarts sont moindre et doivent être relativisés, car à l’instar du risque interprétatif de la glyptographie - cf la problématique de «l’interprétation» du chercheur par rapport au graffito in situ, sujet développé par Serge Ramond in «Le faux dans l’archéologie du trait glyptographique»- Luc Bucherie nous rappelle que dans nombre de cas, un trait en moins ou en plus ne change pas fondamentalement l’intention du scripteur originel et surtout la signification du graffito.Remarquons, de plus, que les graffiti donnés infra ont une numérotation propre indépendante de celle employée dans la thèse de Luc Bucherie. Pour ceux qui souhaiteraient établir ce parallèle rappelons rapidement pour mémoire la numérotation de l’auteur :<br />- Planche LXXIX fig. 2 (rue)<br />- Planche LXXIX fig. 3 à 11 (église)<br />- Planches LXXX fig. 1 à 6 & LXXXI fig. 1 à 7 (moulin du Pont de la Pierre) </div><div align="center"></div><div align="center"><br /><br /></div><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/544219/mdpdlp.gif" border="0" /> <p align="center">mdpdlp </p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/237634/mdpdlp1.png" border="0" /> <p align="center">mdpdlp1</p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/163520/mdpdlp2.png" border="0" /> <p align="center">mdpdlp2</p><p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/767541/mdpdlp3.png" border="0" /></p><p align="center">mdpdlp3</p><p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/558598/mdpdlp4.png" border="0" /></p><p align="center">mdpdlp4</p><p align="center"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/440625/mdpdlp5.gif" border="0" />mdpdlp5<a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/308400/mdpdlp6.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/65813/mdpdlp6.png" border="0" /></a> mdpdlp6</p><p align="center"><br /></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/234440/mdpdlp7.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/937034/mdpdlp7.png" border="0" /></a> mdpdlp7</p><p align="center"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/943355/mdpdlp8.png" border="0" /></p><p align="center">mdpdlp8</p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/82951/mdpdlp9.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/290417/mdpdlp9.png" border="0" /></a> mdpdlp9</p><p><br /></p><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/972773/mdpdlp10.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/685547/mdpdlp10.png" border="0" /> <p align="center"></a>mdpdlp10</p><p align="center"><br /></p><p><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/51484/mdpdlp11.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/79403/mdpdlp11.gif" border="0" /></a></p><p align="center">mdpdlp11</p><p align="center"><br /></p><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/181395/mdpdlp12.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/56222/mdpdlp12.png" border="0" /> <p align="center"></a>mdpdlp12<br /><br /><br /><br /></p><p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/834777/eglise.png" border="0" /></p><p align="center">église</p><p align="center"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/675433/eglise1.gif" border="0" />église1</p><p align="center"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/884756/eglise2.png" border="0" />église 2</p><p><br /></p><p align="center"><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/203452/eglise3.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/827997/eglise3.gif" border="0" /></a> église 3 </p><p align="center"><br /><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/284080/eglise4.png" border="0" /> </p><p align="center">église 4 </p><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/320/62842/eglise5.png" border="0" /> <p align="center">église5</p><p align="center"><br /><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/649995/??glise.gif"></a><br /></p><a href="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/1600/648371/rue.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/x/blogger/88/1438/400/690743/rue.png" border="0" /> <p align="center"></a>rue<br /></p><div align="justify"><strong></strong></div><div align="justify"><strong></strong></div><div align="justify"><strong>B. LISTE DES MENTIONS DES GRAFFITI DANS LES ARTICLES DE L. BUCHERIE</strong></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="justify">- <em><strong>Graffiti des anciens moulins à vent d’Aunis et Saintonge : les lieux, les hommes et les thèmes</strong></em>. Extrait des Actes du Colloque International de glyptographie de Cambrai, 14-16 septembre 1984, 1985. </div><div align="justify">Planches :</div><div align="justify">p. 190 : Moulin du Pont de la Pierre fig. 1 à 3 (Ces trois graffiti correspondent respectivement à mdpdlp 11, 12 et 10).</div><div align="justify">p. 193 : Moulin du Pont de la Pierre fig. 1 à 4 (Ces quatre graffiti correspondent respectivement à mdpdlp 4, 1, 3 et 7). </div><div align="justify"><br />- <em><strong>Glyptographie santonne et aunisienne : état des recherches</strong></em>, in Actes du VIe Colloque international de glyptographie de Samoëns, 5 au 10 juillet 1988, 1989. </div><div align="justify">p.86 Corpus des graffiti de la Charente-Maritime : pré-inventaire des sites : Angoulins : église, moulin du pont de la Pierre et divers. Correspond l’illustration citée dans la liste </div><div align="justify">p. 93 à la ligne “1.Angoulins/mer divers” (Ce graffito correspond à rue 1)<br /></div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em><strong>Graffiti et histoire des mentalités - Genèse d’une recherche</strong></em>, in Antropologia Alpina Annual Report 2 (1990-1), pp. 41-64, Torino 1992.</div><div align="justify">p. 52 : Illustration du texte avec un graffito du moulin du pont de la Pierre (mdpdlp 10)<br /></div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em><strong>Panorama des graffiti maritimes des côtes du Ponant</strong></em>, in Actes du VIIe colloque international de glyptographie de Rochefort/mer, tome II, 3-8 juillet 1990, 1991.</div><div align="justify">p. 118 : la mention suivante : un site moins connu comme Angoulins (moulin du Pont de la Pierre) </div><div align="justify">p. 136 : fig. 1, légendée “Angoulins/mer (Charente-Maritime), Moulin du Pont de la Pierre”. Ce graffito correspond à mdpdlp </div><div align="justify"></div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em><strong>Panorama des graffiti de navires du Ponant et de la Méditerranée</strong></em></div><div align="justify">Parmi la sélection de graffiti de navire le numéro 1 légendé “Vaisseau XVIIe siècle - Angoulins/mer, Moulin du Pont de la Pierre relevé L. Bucherie correspond au graffito mdpdlp 4. </div><div align="justify"></div><div align="justify">- <em>Graffiti des moulins d’Aunis</em> in Le Collibert n°1, Juillet-août 1981, pp.48-51.</div><div align="justify">Dans le paragraphe traitant des représentations humaines Luc Bucherie indique “En ce domaine, la figuration d’Henri IV au moulin du Pont de la Pierre où le passage du roi est attesté par la tradition et la chronique de l’époque reste exceptionnelle”. Mention illustrée par mdpdlp 10. </div><div align="justify"><br />- <em><strong>Catalogue de l’exposition « Graffiti de gens de mer en Aunis XVIe - XVIIIe siècles »</strong></em> </div><div align="justify">- Figures 61 à 64 à Angoulins/mer. Nota : Cette numérotation ne convient pas aux illustrations. La liste devrait porter ces chiffres 60 à 63 :</div><div align="justify">60- Petit navire (Milieu du XVIIe siècle - 20x17 - Moulin du Pont de la Pierre, porte Sud). Ce graffito correspond à mdpdlp 2.</div><div align="justify">61 - Vaisseau armé (fin du XVIe siècle - début du XVIIe siècle - 50 x32 - Moulin du Pont de la Pierre, porte Nord). Ce graffito correspond à mdpdlp 4.</div><div align="justify">62 - Petit navire (milieu du XVIIe siècle - 23 x 16 - Moulin du Pont de la Pierre, porte Nord). Ce graffito correspond à mdpdlp 3.</div><div align="justify">63 - Petit navire (milieu du XVIIe siècle - 17 x 13 - Moulin du Pont de la Pierre, porte Nord). Ce graffito correspond à mdpdlp 6. </div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-7344891494958231139?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-57394495348645155832006-02-07T14:48:00.000+01:002007-02-07T15:03:50.380+01:00Contribution à une glyptographie angoulinoise : les graffiti relevés sous le pont de la Pierre (Denis Briand)<div align="left"><span style="font-size:130%;"><strong><span style="font-size:100%;"></strong></span></div></span><div align="center"><strong><span style="font-size:130%;"></span></strong></div><div align="center"><span style="font-size:130%;"><strong>Avant-propos </strong></span></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.<br /></span>Depuis quelques années déjà, nous menons sur la commune d'Angoulins/mer un inventaire quasi exhaustif du patrimoine tant bâti que mobilier (1).<br />Certains de nos travaux nous ont très vite conduit à nous intéresser à de nombreuses inscriptions gravées dans le calcaire des murs et des pierres, des édifices et demeures de notre village :<br />Nous avons pu remarquer (2), en effet, des marques figuratives ou d'autres formes géomètriques assez abondantes pour qu'elles éveillent notre curiosité.<br />Nous nous trouvions face à des graffiti.<br />Il est vrai que nous n'avons pas pris immédiatement la mesure du fait glyptographique car comme pour beaucoup "les graffiti et leur étude se sont longtemps heurtés à l'incrédulité du public qui n'y voyait que des griffonnages et enfantillages sans aucune valeur historique" (3).<br />C'est suite à un enrichissant contact avec Luc Bucherie, érudit en la matière, auteur de remarquables études sur le sujet, que nous avons compris le caractère "signifiant" des graffiti : "le spécialiste aime d'ailleurs à le rappeler "les graffiti sont souvent très révélateurs de la société où ils sont produits, et constituent à ce titre des documents d'étude particulièrement remarquables" (4).<br />Ainsi, forts de cette "conscience glyptographique", nous avons entrepris la rédaction d'un document qui s'intitule "Graffiti à Angoulins/mer : essai d'inventaire et biais d'introductions vers une glyptographie angoulinoise".<br />Comme son titre l'indique ce travail se décompose en deux parties :<br /><span style="color:#ffffff;">.<br /></span><strong>Un corpus général</strong> qui est divisé en divers petits fascicules qui sont autant d'inventaires autour de sites particuliers. Il existe donc en parrallèle d'autres inventaires pour l'église, les rues, le moulin du Pont de la Pierre, etc... Considérés dans un ensemble tous forment notre corpus.<br />Notons que employons une méthode semblable pour chacun de ces fascicules avec :<br />- une présentation des lieux : un bref historique du site et les précisions importantes qui s'imposent quant à l'environnement des graffiti de manière à montrer l'intérêt évident de la préservation de chaque graffito dans son contexte particulier ce que R. Lecotté appelait "la réinsertion des graffiti dans le cadre de l'histoire, voire locale".<br />- identification et dénombrement des graffiti dans un inventaire avec localisation précise : des fiches individuelles apréhendent chaque graffito. Celle-ci est établie par rapport à une grille d'étude qui comporte des paramètres et entrées assez simples (thème/datation/dimensions/indications complémentaires sur le scripteur ou l'environnement du graffito/précisions sur le site du relevé/ localisation précise sur le support du graffito/ plan des lieux...) Chacun est donc détaillé et nous sommes dès lors efficacement renseignés sur le moindre graffito, qui, du reste, nous est présenté sous forme vectorielle et/ou photographique selon les cas.<br /><span style="color:#ffffff;">.</span><br /><strong>Un dossier raisonné</strong><br />Toutefois si l'approche des graffiti angoulinois dans les différents fascicules les répertoriant et localisant ne doit pas se substituer à leur examen, compréhension ou autre tentative d'explication (nous laissons ce soin à des personnes plus compétentes en la matière) nous tenterons quand même de vous présenter dans cet ultime dossier quelques documents, documents essentiels à un début de pénétration et d'interprétation des graffiti angoulinois. Ce choix suit le conseil de Luc Bucherie (5) qui cite R. Lecotté et sa recommandation "le temps n'est plus de recueillir les graffiti avec un esprit de collection. Il importe de découvrir leur origine, leurs mobiles." (6)<br />Ainsi c'est vraiment avec ce soucis de donner des clefs d'une étude mais aussi et tout simplement, de synthèse, que nous vous présenterons au final :<br />- des cartes légendées, localisant les sites à graffiti sur la commune, précisant nature des édifices, montrant les répartitions géographiques, ou reprenant les ensembles thématiques<br />- des planches pour appréhender les graffiti dans des ensembles<br />- et finalement du document de type tableaux, listes ou graphiques.<br />Bien entendu ces données et informations (nous tenons à le re-préciser) vous erons livrées objectivement et statistiquement, sans tendre vers l'interprétation ou le commentaire qui appartiennent aux seuls glyptographes confirmés qui, nous l'espérons, apprécierons les outils que nous leur proposons au service d'une glyptographie angoulinoise...<br /><span style="color:#ffffff;">..</span> </div><div align="center"><br /><span style="font-size:130%;"><strong>Planches des occurrences glyptographiques du Pont de la Pierre</strong></span><br /></div><span style="color:#ffffff;"></span><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span><br />Par rapport à ce cadre de travail, nous souhaitons vous proposer les planches constituées des graffiti du Pont de la Pierre. Celles-ci sont élaborées à partir du fascicule d'inventaire du Pont de la Pierre, inventaire faisant part de notre <strong>corpus général</strong>. Ces planches sont d'ailleurs destinées à être insérées dans notre <strong>dossier raisonné</strong> en tant que vues d'ensemble du site du Pont de la Pierre.<br /><span style="color:#ffffff;">.<br />.</span></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span> </div><div align="center"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo.jpg" border="0" /> <strong><span style="font-size:85%;">Millésime (graffito 1/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand </span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;">.</span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;">.</span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;">.</span></strong></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo7.jpg" border="0" />.</strong></span><strong><span style="font-size:85%;">Dessin symbolique (graffito 2/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br />.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br /><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo6.jpg" border="0" />.</strong></span></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;">Date et millésime XIXe siècles (graffito 3/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br />.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br /><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo5.jpg" border="0" />.</strong></span></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;">Gnomon (graffito 4/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><strong><span style="font-size:85%;"><span style="color:#ffffff;">.<br />.</span><span style="color:#ffffff;"> </span></span></strong><strong><span style="font-size:85%;"></div></span></strong><br /><strong><span style="font-size:85%;"><div align="center"><br /><span style="color:#ffffff;">.</span></div><div align="center"><span style="color:#ffffff;">. </span></div><div align="center"><span style="color:#ffffff;">.</span></div><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo4.jpg" border="0" /></span></strong> <div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;"></span></strong></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;">Millésime XXe siècle (graffito 5/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br /></strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong></strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>..</strong></span></div><div align="center"><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.. </strong></span><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong><br />.</div><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo3.jpg" border="0" /></strong></span> <div align="center"><strong><span style="font-size:85%;">Initiales et millésime XVIIIe siècle (graffito 6/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br />.<br /><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/88/1438/200/photo2.0.jpg" border="0" />.</strong></span></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;">Millésime XIXe siècle (graffito 7/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><span style="font-size:85%;color:#ffffff;"><strong>.<br />.<br />.</strong></span></div><div align="center"><strong><span style="font-size:85%;">Millésime XXe siècle (graffito 8/8 du Pont de la Pierre à Angoulins) Dessin D. Briand<br /></span></strong><span style="color:#ffffff;">.<br />.<br /></span><span style="color:#000000;"><em><span style="font-size:78%;">Reproduction des dessins soumise à autorisation de l'auteur (</span><a href="mailto:expressionhist@voila.fr"><span style="font-size:78%;">expressionhist@voila.fr</span></a><span style="font-size:78%;">)</span></em></span></div><div align="center"></div><div align="justify"><br />_________________<br /><strong>Notes </strong></div><div align="justify"><strong><span style="color:#ffffff;">.</span><br /></strong>(1) Inventaire du petit patrimoine bâti, inventaire monumental et mobilier de l’église St-Pierre-ès-liens d’Angoulins, inventaires des collections particulières, inventaires photographiques d’édifice privés, etc... </div><div align="justify">(2) cf Le Colporteur n°2 p.1 (mai 2001)</div><div align="justify">(3) L. Bucherie “Mise en scène des pouvoirs dans les graffiti anciens (XV-XVIIIe sièles” in Gazette des Beaux Arts, VIe période, tome CIII, 1380e livraison, janvier 1984 ou L. Bucherie “Graffiti et histoire des mentalités, genèse d’une recherche” in Antropologia Alpina, Annual Report 2, 1992. </div><div align="justify">(4) idem</div><div align="justify">(5) in “Glyptographie santonne et aunisienne, état des recherches” in Actes du VIe colloque international de glyptographie de Samoëns, 1989. </div><div align="justify">(6) dans “Essai d’inventaire des graffiti de la Tour de la Lanterne” in Bulletin de la société Archéologique et Historique “Le Vieux Papier”, 1980.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-5739449534864515583?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-25978837484803142982006-02-07T14:47:00.000+01:002007-02-07T14:59:28.227+01:00Les seigneurs d'Angoulins par Jean-Claude Bonnin<div align="center"><span style="font-size:180%;"><span style="color:#ff0000;"><strong>Première partie</strong><br /></span><span style="color:#000000;">.</span></span></div><div align="center"><strong>Jusqu’en 1615,<br />sous l’autorité des seigneurs de Châtelaillon</strong></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">.</span><br />Primitivement, la terre d’Angoulins fait partie de la seigneurie de Châtelaillon dont elle suit les destinées. Vers 1070, Isembert de Châtelaillon, son fils Eble et son épouse, donnent plusieurs églises à l’abbaye Saint-Cyprien de Poitiers, dont celle de Saint-Pierre d’Angoulins. Précédemment, cette église avait été donnée par Guillaume, duc d’Aquitaine, à l’abbaye de Bourgueil. En fait, l’évêque de Saintes a le dernier mot et en récupère le patronage.<br />Le 22 mars 1401, Jean Larchevêque, seigneur de Parthenay et de Châtelaillon, fournit aveu et dénombrement de sa châtellenie et baronnie de Châtelaillon. Angoulins figure à plusieurs reprises dans ce document, notamment pour les divers droits qui y étaient perçus. On y relève “le péage traversant de toutes denrées et marchandises et autres choses passant et repassant par la ville d’Angoulins... par la mesme maniere que le port de Chastelaillon”. Cependant, Angoulins possède des marais salants et l’article ajoute “est levé par chacun septier de sel, un denier ; par chacun bœuf ou cheval qui emmene ladite sel, un denier, et s’il y a charette à chevaux, pour le cheval de limon, deux deniers”. Le péage du port de Châtelaillon est lui même détaillé : “...sur chacune piece de vin chargé ou deschargé ondit port, deux deniers maille. Et pour chacun vessel (vaisseau, bateau) qui arrivieit ondit port, six deniers pour quillage avecques le péage dudit lieu de Chastelaillon appelé pour ce traversant. Lequel péage est deu de toutes denrées, marchandises et autres chouses passans et repassans par ledit lieu de Chastelaillon. Le droit duquel péage est de prendre, lever et avoir quatre deniers pour chacune charette chargée ou vide passant et repassant par ledit lieu de Chastelaillon ; pour chacun fardeau cordé, quatre deniers ; pour chacune beste ovine avec bat, un denier ; pour chacune coitte de plume, seize deniers ; pour chacune beste aumaille non liée ou attelée, quatre deniers ; pour chacune beste béline et ovine, une maille ; pour chacun porc gras, un denier ; pour chacune peau de bœuf, quatre deniers ; pour drap d’écarlate entier, quatre deniers...” (A.N. - P 5531, n°XI).<br />Le 22 juin 1523, la duchesse de Longueville, princesse de Châtelaillon, anoblit la maison du Pont de la Pierre en faveur de Méry Rondeau, seigneur des Rouaux, échevin de La Rochelle. Le 26 juin, la même princesse abandonne “le droit de pascage et pasturage” que celui-ci lui devait pour sa maison du Pont de la Pierre, en récompense d’avoir fait “construire, bastir, réparer et réédifier” le port de la Conilière “et iceluy rendre en nature, parfait, marchant et navigable” (B.M.L.R. - mns 1051, f°4).<br />Le 26 septembre 1597, Antoine Courault, “seigneur baron dudit Chastelaillon et bourg d’Angoulins” afferme le four banal d’Angoulins à Etienne Dupuy, greffier des tailles royales d’Angoulins (Perroy, notaire).<br />Jean Courault, baron de Châtelaillon, fils d’Antoine, meurt d’un coup d’épée le 31 août 1607. Sa succession étant grevée de dettes, les créanciers obtiennent saisie réelle de la baronnie, terre et seigneurie de Châtelaillon dès le 27 août 1608. Par décret du 31 août 1615, elle est vendue à Daniel Green de Saint-Marsault, seigneur du Roullet et de Rudepierre, pour 8/9èmes, et à Jean Berne, seigneur de Jousseran, pour 1/9ème. Le 20 novembre 1616, ils procèdent à un partage en forme de transaction : Jean Berne prend possession de la terre d’Angoulins représentant 1/9ème de la baronnie de Châtelaillon.<br />Désormais, la terre d’Angoulins devient seigneurie et châtellenie.<br />Auparavant, il est parfois question de seigneurie d’Angoulins. En fait, il s’agit de petits fiefs ayant quelques droits féodaux permettant à leurs propriétaires d’être “seigneurs en partie” comme l’on disait alors.<br /><span style="color:#000000;">.<br />.</span></div><div align="center"><strong><span style="font-size:180%;color:#ff0000;">Seconde partie</span></strong></div><div align="center"><span style="color:#000000;">.</span><br /><strong>Les seigneurs d’Angoulins<br />1615-1791<br /></strong><span style="color:#000000;">.<br />.</span></div><div align="center"><strong>Famille Berne<br /></strong><em><span style="font-size:85%;">Blason : de pourpre, à l’ours de sable surmonté d’une aigle d’argent.</span></em></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"><strong>Jean Berne</strong>, écuyer, seigneur châtelain d’Angoulins, seigneur de Jousseran, du Pont de la Pierre et de l’Houmée, échevin de La Rochelle est maire de cette ville en 1619. Dès octobre 1615, Jean Berne se donne déjà le titre de “sieur de Jousseran et de la chastellenie d’Angoulins”.<br />Le 22 avril 1617, il afferme le four banal d’Angoulins à Jean Minagre et André Trogé, boulangers à Angoulins, pour cinq ans, au montant annuel de 135 livres, une douzaine de chapons et un pourceau gras ou 30 livres en argent pour ce dernier, au choix du seigneur (Cousseau, notaire). Le 6 avril 1626, il passe marché avec Jean et Daniel Courtois, maçons et tailleurs de pierre de La Rochelle pour effectuer divers travaux à son logis du Pont de la Pierre (Cousseau, notaire). Lors du siège de La Rochelle, en 1627-1628, Jean Berne est dans la ville et sa maison du Pont de la Pierre est réquisitionnée par le Cardinal de Richelieu qui y loge une grande partie du siège. Le 4 mars 1628, Daniel du Plessis, évêque de Mende, y meurt.<br />à l’issue du siège, Jean Berne vient demeurer au Pont de la Pierre et afferme sa maison de Jousseran, le 18 octobre 1629, à Joseph Guillaudeau, avocat au présidial de La Rochelle, pour cinq ans, au prix de 30 livres par an (Oclerc, notaire). Le 15 mai 1623, le meunier Yvon s’était associé avec le précédant fermier, Jacques Brianseau, qui tenait également le moulin de Sècheboue (Oclerc, notaire).<br />Le culte protestant d’Angoulins est attaché à la personne du seigneur qui suit cette religion : c’est un “exercice de fief”. Angoulins, est ainsi une des deux églises de fief autorisées en Aunis par l’intendant de la Thuilerie dans son ordonnace du 20 mars 1630. Pour les protestants du lieu, Jean Berne fait clore de murs une petite pièce de terre destinée à devenir leur cimetière. Le 20 juin 1630, il leur concède la jouissance par baillette passée entre lui et Salomon Le Febvre, pasteur d’Angoulins et de Bourgneuf, et les anciens de l’église réformée d’Angoulins, Jacques Jacquelin et Jean Rouaudeau, pour un denier de cens noble à payer à Noël (Oclerc, notaire).<br />Le 23 avril 1631, Jean Berne afferme le moulin de la Pierre à Michel Brianseau pour 200 livres par an et un porc gras estimé à 25 livres (Oclerc, notaire).<br />Jean Berne meurt dans son logis du pont de la Pierre le 13 octobre 1635. Il est enterré le lendemain dans le cimetière protestant d’Angoulins, “et fut porté et conduit fort honorablement et bien accompagné de plusieurs gentilshommes et habitants de La Rochelle et de plusieurs autres personnes, tant d’Aytré que d’Angoulins” (Diaire de Guillaudeau). Il était marié à Marie Mounereau, dont il avait eu plusieurs enfants :<br />- Marie Berne, mariée par contrat du 2 avril 1619 (Cousseau, notaire) à Louis Salbert, écuyer, seigneur de Forges, fils de Jean Salbert, écuyer, seigneur de Romagné, de Saint-Xandre, de la Jarne, de Forges et de Soulignonnes, et de Marie Gendrault.<br />- Jean Berne, écuyer seigneur de Terrefort et d’Aventon, baptisé le 7 août 1601, disparu sans postérité avant 1665.<br />- Louis Berne, écuyer, connu en 1630.<br />- Jeanne Berne, baptisée le 31 juin 1603, mariée par contrat du 6 décembre 1629 (Cousseau, notaire) à René de la Varenne, écuyer, seigneur d’Oriou et de la Pinsonnière.<br />- Mounereau Berne, baptisé le 20 mars 1617, dont la notice suit.<br />- Jacques Berne, écuyer, seigneur de l’Houmée, né vers 1620, marié par contrat du 28 novembre 1645 (Cousseau, notaire) et le 30 du même mois au Temple de La Rochelle, à Anne Gassan, fille de Paul Gassan, bourgeois de La Rochelle, et de Jeanne Viette, dont postérité. Il meurt le 24 avril 1672.</div><div align="justify"><span style="color:#000000;">...</span></div><div align="justify"><strong>Mounereau Berne</strong>, écuyer, seigneur d’Angoulins et du Pont de la Pierre, protégea le culte protestant à Angoulins contre les prétentions du syndic du clergé qui entendait le faire cesser.<br />Par transaction passée le 17 juin 1651 avec sa soeur et son beau-frère, Jeanne Berne et René de la Varenne, au sujet de la dot promise lors de leur contrat de mariage, Mounereau Berne leur abandonne la seigneurie du POnt de la Pierre (Cousseau, notaire).<br />Le 23 février 1667, il afferme sa seigneurie d’Angoulins à Elizabeth Cougnat, demeurant à Angoulins (Teuleron, notaire). Il n’oublie pas qu’il est protestant et ajoute une clause particulière à l’égard du pasteur : la preneuse sera obligée “... d’envoyer quérir le sieur ministre qui fait le presche au dit lieu d’Angoulins le jour de son exercice, lui donner le dit jour a disner et le retourner en sa maison...”.<br />Mounereau Berne meurt le 13 mars 1670. Le 1er juillet 1671, son frère, Jacques Berne, sieur de L’Houmée, héritier pour une moitié de la seigneurie et cessionnaire pour l’autre par renonciation à la succession des autres co-héritiers, vend la terre d’Angoulins à Mathurin Gabaret, écuyer, chef d’escadre des armées navales de sa majesté (Demontreau, noatire, acte non retrouvé).<br /></div><div align="center">.<br /><strong>Famille Gabaret<br /></strong><em><span style="font-size:85%;">Blason : de sable à la bande d’or cousue d’argent<br />accompagnée de six mouchetures d’hermines d’argent posées trois et trois.</span></em></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">.</span><br /><strong>Mathurin Gabaret</strong>, écuyer, premier chef d’escadre des armées navales du roi, seigneur d’Angoulins, n’a guère le temps de s’installer dans ses nouvelles terres. Peu de temps après, il part pour Dax. Le 21 septembre, il passe son testament devant Maître Castagné, notaire royal en cette ville. Après s’être confessé, il meurt le lendemain en la maison du sieur Patarin. Son corps est inhumé le 23 septembre en la cathédrale de Dax.<br />Il terminait une longue et belle carrière au service de la France. dès 1621 et jusqu’en 1628, il sert dans la marine royale contre les rebelles rochelais. Par la suite, il combat à plusieurs reprises les espagnols, est nommé capitaine de vaisseau en 1636. Il poursuit ses états de service contre les barbaresques avec le duc de Beaufort. . Il est nommé chef d’escadre en 1655. En récompense de ses états de services, le roi Louis XIV lui accorde lettres d’anoblissement, pour lui et ses descendants, datées de Paris au mois d’avril 1665.<br />Il s’était marié en premières noces en l’église de Saint-Martin-de-Ré, le 2 juin 1630, avec Marie Resnier, dont un fils<br />- Jean Gabaret, dont la notice va suivre.<br />Devenu veuf, il se remarie, en la même église, le 2 novembre 1640, avec Marie Baron qui lui donne deux fils :<br />- Nicolas Gabaret, écuyer, baptisé le 18 août 1641, en l‘église de Saint-Martin-de-Ré, débute rapidement une carrière dans la marine royale et devient capitaine au régiment Royal-Vaisseau (1666). Il participe à l’invasion de la Hollande dans l’armée de Turenne (1672). Il est nommé gouverneur de Grenade (1680), puis de la Martinique (1689) où il repousse une violente attaque anglaise (1693). Il est reçu chevalier de Saint-Louis en 1700. Il devient lieutenant général aux Isles d’Amérique en 1703 et meurt à Saint-Domingue en 1712. De son mariage avec Marie-Anne Grassineau (église Saint-Barthélémy de La Rochelle, 10 avril 1673), sont issus plusieurs enfants dont postérité. Cette union apportera la terre de Saint-Sornin dans sa lignée.<br />- Mathurin Gabaret, écuyer, baptisé en l’église de Saint-Martin-de-Ré le 4 janvier 1644, suit l’exemple de ses aînés. Après des débuts prometteurs, il devient capitaine de vaisseau en 1669. Il est tué sur “le Vigilant”, le 1er novembre 1673, en combattant contre un navire espagnol.<br /><span style="color:#000000;">.</span></div><div align="justify"><strong>Jean Gabaret</strong>, écuyer, seigneur d’Angoulins, est baptisé le 5 juin 1631 en l’église de Saint-Martin-de-Ré. Par ses états de service dans la marine royale, il est connu sous le nom de “Grand Gabaret”. Dès 15 ans, il participe à toutes les campagnes où sont engagés les vaisseaux de son père, de 1646 à 1669. Cette dernière année, il fait campagne au large de l’Amérique.<br />Au décès de son père Mathurin, toutes les démarches concernant l’acquisition de la châtellenie d’Angoulins ne sont pas terminées. Le 3 décembre 1671, Jean et Nicolas Gabaret, tant pour eux que pour leur frère Mathurin “estant de présent en Perse”, concluent une transaction devant maître Demontreau, notaire à La Rochelle, avec les héritiers de Mounereau Berne. Ils consentent que le contrat de vente du 1er juillet reste exécutoire et déboursent les sommes encore à régler. Deux jours auparavant (1er décembre), ils avaient racheté une dette sur la succession Berne. Le 16 février 1672, devant même notaire, ils remettent au sieur André Verdoix une somme de 400 livres qui lui a été léguée par leur père. Lors du règlement de succession de leur père, les trois frères héritent en indivis de la seigneurie d’Angoulins. Le 9 septembre 1672, le procès-verbal de la maison de Jousserant, logis seigneurial d’Angoulins est dressé devant notaire (liasse du notaire Teuleron, acte non retrouvé). Jean rachète par la suite les parts de ses frères et demeure seul seigneur d’Angoulins.<br />Ses services à la mer se poursuivent contre la Hollande. Il est promu chef d’escadre le 12 novembre 1673. Ses campagnes le retrouvent en Sicile avec le grand Duquesne, aux Iles d’Amérique ; dans l’aventure de Jacques II en Irlande, dans les combats de la Manche. Il participe au combat de la Hougue (1692).<br />Jean s’est marié le 16 mai 1655, en l’église de Saint-Martin-de-Ré, avec Marie Jamon, fille de Jean Jamon, sieur des Jarielles, procureur fiscal de la baronnie de Ré, et d’Elisabeth Corné, dont plusieurs enfants :<br />- Jean Gabaret, baptisé le 22 janvier 1656 à Saint-Martin-de-Ré, est enseigne de vaisseau en 1678. Il quitte ensuite l’uniforme pour le froc et devient religieux capucin en 1682.<br />- Marie-Anne Gabaret, baptisée le 16 juillet 1657 à Saint-Martin-de-Ré, décédée en mars 1664.<br />- Jeanne Gabaret, baptisée le 31 mars 1659 à Saint-Martin-de-Ré.<br />- Mathurin Gabaret, baptisé le 20 février 1661 à Saint-Martin-de-Ré, enseigne de vaisseau en 1682. Il épousa Marie David, d’une famille protestante, dont il eut au moins une fille Marie-Madeleine.<br />- Marie-Anne Gabaret, baptisée le 15 juin 1664 à Saint-Martin-de-Ré, mariée en l’église Saint-Barthélémy de La Rochelle, le 24 mars 1692, à Jacques de Lesmerie, chevalier, seigneur d’Eschoisy. Elle meurt le 25 février 1693 après avoir donné naissance à un fils, Jean-Jacques de Lesmerie.<br />- Jules Gabaret, dont la notice va suivre.<br />- Marie-Madeleine Gabaret, baptisée le 23 juillet 1669 à Saint-Martin-de-Ré, fait profession au couvent des Ursulines de La Rochelle.<br />- Marie-Angélique Gabaret, baptisée le 25 décembre 1672 à Saint-Martin-de-Ré, entre en religion en 1688 au couvent des religieuses Sainte-Claire de La Rochelle (acte du 12 septembre, Billon, notaire). Elle meurt le 7 novembre 1726.<br />Le 20 janvier 1673, Jean Gabaret acquiert la seigneurie de Curzay, paroisse de Longèves. (A.D.CM. -1 J 164). Il y fait construire à neuf “une grande maison noble à la Mansarde et autre bastiments et logemens” sous la direction de l’architecte Jacques Maisonneuve, pour laquelle le dernier paiement est effectué à la veuve de ce dernier le 21 novembre 1685 (Juge notaire). Avant chacun de ses embarquements, il signe procuration à son épouse Marie Jamon pour la gestion de ses biens. Le 16 janvier 1677, étant procuratrice de son époux (procuration reçue par Billon notaire, dernier mai 1675), elle afferme le four banal d’Angoulins à Simon Pipault, vigneron, et à Anne Brochet, sa femme. Lors de son débarquement suivant, il s’intéresse à l’entretien des marais d’Angoulins. Les divers propriétaires, dont les seigneurs de La Jarne, de Voutron et les dames du Pont de la Pierre n’étaient pas parvenus en 1675 à un accord pour la remise en état du canal de dessèchement de Ronflac à la mer, dont l’affaire remontait à 1638. Le seigneur d’Angoulins prend les choses en main. Le 19 janvier 1679, en présence du notaire Billon, il réunit chez lui les propriétaires qui décident la création d’une association concernant l’entretien des marais et la remise en état du canal. Jean Gabaret en est élu syndic et directeur. Le 6 février 1679, devant le même notaire, le marché des travaux est passé avec des entrepreneurs, par Charles de la Varenne, écuyer, seigneur de la Pinsonnière ; Gédéon Nicolas, écuyer sieur de la Cave, et le curé d’Angoulins, tant pour eux que pour les autres intéressés aux marais doux et salants d’Angoulins (A.D.C.M. 1 J 284). Devant reprendre le service du roi, Jean Gabaret donne procuration à son épouse le 7 mars 1679 (Teuleron, notaire). Elle suivra le dréoulement de l’affaire.<br />A cette époque, les sommes considérables dûes par les Jamon, belle-famille de Jean Gabaret, font l’objet de diverses procédures (Teuleron, notaire, 7 mars 1679). Celui-ci est l’un des créanciers et, ayant racheté plusieurs autres dettes, il récupère la maison de la Clerjotte qui avait appartenu aux Jamon.<br />La maison de la Clerjotte était depuis un siècle et demi la propriété d’officiers de la baronnie de Ré. Elle était voisine de l’hôtel de la famille Gabaret, ce qui a fait pensé qu’elle était dans le patrimoine ancien de celle-ci. Par la suite, la maison de la Clerjotte devient logis du gouverneur de l’Ile-de-Ré. Vers 1679, l’ancien logis des Gabaret est arrenté à Jean Richard, sieur de Brammerit, et à Suzanne Le Mercier, sa femme, tous deux protestants. Lors de la Révocation de l’édit de Nantes, cette dernière devenue veuve, se réfugie à l’étranger. La maison est saisie comme bien de protestant fugitif et devient logis du gouverneur, tandis que la maison de la Clerjotte devient Arsenal (B.M.L.R. - mns 1358, fos 91-92 et A.D.C.M. - C 141, f° 25).<br />Jean Gabaret fait campagne aux îles d’Amérique en 1671-1681. A Rochefort, le 17 juin 1681, il est conseiller du roi, chef d’escadre de Sa Majesté au département de Rochefort, et passe marché avec Pierre Simonneau, charpentier de navire à Mortagne, pour la construction d’un brigantin (B.M.L.R. - mns 2681).<br />L’épouse de Jean Gabaret, Marie Jamon, meurt le 15 août 1686 à La Rochelle et est inhumée le lendemain en l’église d’Angoulins. Il se remarie par contrat du 19 mai 1688 (Billon, notaire) et le 7 juin 1688 à Olympe de Cailhault, veuve en premières noces d’André de Mazières, écuyer, seigneur de Voutron, et en secondes, de Jacques Legoux, chevalier, seigneur de Chatenay. Celle-ci est une ancienne protestante convertie. Rapidement, on se plaint en au lieu que madame Gabaret ne fait “aucun acte de catholique”. Une lettre est adressée à ce sujet le 17 septembre 1688 par le minsitre Seignelay à Jena Gabaret : “Sa Majesté en est d’autant plus mal satisfaite qu’une pareille conduite de la part d’un officier général qui est à la tête du corps de la marine dans le département de Rochefort, ne peut être que d’un très-mauvais exemple et d’une dangereuse conséquence... Je suis bien aise de vous dire que, si vous négligiez d’y donner ordre, Sa Majesté y pourvoiroit en la faisant mettre dans un couvent” (A. JAL, Abraham du Quesne et la Marine de son temps, Paris, 1873, t. 2, p. 529).<br />Jean Gabaret est lieutenant-général des armées navales du roi en 1689 et poursuit une carrière exceptionnelle. Il est reçu commandeur de l’Ordre de Saint-Louis le 1er mai 1696.<br />Sa vie familiale est moins satisfaisante : déçu par les projets matrimoniaux de son fils Jules, il rédige son testament le 14 octobre 1696 par lequel il désigne pour héritier son petit-fils Jean-Jacques de Lesmerie. Il meurt dans sa maison de Rochefort le 26 mars 1697. Après une célébration officielle en l’église Saint-Louis de Rochefort, le 27 mars, le corps est inhumé dans l’église Saint-Pierre d’Angoulins où le défunt à désigné sa sépulture.<br /><span style="color:#000000;">.</span></div><div align="justify"><strong>Jules de Gabaret</strong>, chevalier, seigneur marquis d’Angoulins, est baptisé en l’église de Saint-Martin-de-Ré, le 31 janvier 1666. Son parrain est “noble et discrette personne, maistre Jouachim Guibourt, docteur en théologie, recteur curé de cette église et archiprestre de l’Isle de Ré”. Il indiquera par la suite être né en janvier 1664 dans le but de faciliter certaines démarches officielles exigeant un âge minimum. Fidèle à la tradition familiale, il entame une carrière dans la “Royale”. Garde de la Marine en 1679, cadet en 1683, il est enseigne de vaisseau en 1685, puis lieutenant de vaisseau en 1689.<br />Le 22 mai 1690, Jules de Gabaret passe donation mutuelle avec sa soeur Marie-Anne (Bagard, notaire). Ce document, qu’il signe “Gabaret d’Angoulain”, nous apprend qu’il est père de deux enfants naturels, Pierre et Marie, dont nous ne retrouvons aucune trace par la suite. Il est nommé capitaine des vaisseaux du roi en 1693 et participe à plusieurs combats.<br />Une promesse de mariage est passée sous-seing privé le 24 mars 1694 entre Jules de Gabaret et Anne Bruneau, veuve d’Auguste Legoux, chevalier, seigneur de Beaugeay, capitaine des vaisseaux du roi. Ce mariage n’est guère souhaité par les supérieurs de Jules de Gabaret, ni par son père. Il signe son contrat de mariage le 18 juillet 1696 (Soullard, notaire). Le 26 juillet 1696, par testament passé en sa maison noble d’Huré (Soullard, notaire), Anne Bruneau fait don de tous ses biens à son nouvel époux. Elle y indique “en quelque façon indisposée de ma personne”. Quelques jours après, elle donne naissance à un fils :<br />- Louis-Alphonse-Ignace-Jules-Magdeleine Gabaret, né le 16 août 1696, “baptisé au logis” le 18 du même mois. Il est présenté “avec cérémoniel” en l’église Saint-Barthélemy de La Rochelle, le 13 avril 1697, par son parrain, Louis-Alphonse-Ignace, prince et bailli de Lorraine, et sa marraine, Magdeleine Drouillon, épouse de Michel Bégon, intendant de la généralité de La Rochelle. L’enfant meurt en bas âge et est inhumé à Angoulins le 4 août 1698.<br />Le mariage est célébré le 22 décembre 1696 en l’église Saint-Barthélemy de La Rochelle, soit plusieurs mois après la naissance de l’enfant. Entre temps, pour s‘être marié sans le consentement de son père et surtout sans l’autorisation du roi, Jules de Gabaret est incarcéré au Château-Trompette de Bordeaux du 22 août au 26 octobre 1696.<br />Après le décès de son père, Jules attaque la validité du testament de celui-ci afin d’écarter de l’héritage son neveu Jean-Jacques de Lesmerie. Il obtient une sentence des juridictions locales en sa faveur, mais le Parlement de Paris auquel a fait appel Jacques Lesmerie, marquis de Choisy, au nom de son fils mineur Jean-Jacques, revient sur la sentence.<br />Sur arbitrage du lieutenant général en la sénéchaussée et Présidial de La Rochelle, le partage de la succession de Jean de Gabaret est effectué le 12 avril 1698 entre Jules de Gabaret et Jean-Jacques de Lesmerie :<br />“... Nous avons dit qu’il sera délaissé et demeurera audit sieur Gabaret la terre et seigneurie d’Angoulins avec toutes ses appartenances et dépendances, tant droits honorifiques que utiles...<br />... Ensemble un diament estimé deux mil livres donné à Jean Gabaret son père par le Roy de Danemarq pour récompenser de ses services et que ledit sieur Gabaret fils avoit retenu lors de l’inventaire des meubles et effets dudit sieur Jean Gabaret père après son déceds pour conserver la mémoire dudit bien fait à sa postérité et famille...” (A.D.C.M. - B1630).<br />Jules de Gabaret et Anne Bruneau habitent leur maison rue de Dompierre, à La Rochelle, mais ne peuvent pas se servir de leur cave à cause des émanations provenant des latrines du séminaire diocésain situé à côté. Le 11 septembre 1698, après avoir entamé des procédures, les époux se désistent de leurs actions en justice en vendant leur maison à l’évêque de La Rochelle (Rochard, notaire). Le même jour, ils acquièrent un nouveau domicile, même rue (Billon, notaire et titre nouvel du 21 avril 1701, reçu Gariteau, notaire).<br />à la suite d‘un duel au cours duquel il a tué le capitaine de vaisseau de Marige, Jules de Gabaret part pour l’Angleterre à l’été 1702, “pour éviter la peine indicte contre les duels que le Roi ne pardonne point” (Manuscrit Colin-Maudet - B.M.L.R.). Il revient à la fin de l’année. Entre temps, les époux ont obtenu le 14 juillet sentence pour séparation de leurs biens. Il laisse procuration à sa femme pour la gestion de ses affaires (23 novembre 1702, Gariteau, notaire), puis rejoint l’Espagne où il commence une nouvelle carrière dans les armées du roi d’Espagne. Le pouvoir royal français se sert de l’officier fugitif comme agent de renseignement. Malgré les interdictions, il revient plusieurs fois auprès de son épouse et passe un certain nombre d’actes pour la gestion de ses biens en ces occasions avant de retourner en Espagne sous la menaces d’arrestation. En 1704, il est premier exempt de la compagnie des gardes wallonnes de la personne du roi d’Espagne (Soulard, notaire, acte du 14 août). En Espagne, il ne possède pas beaucoup de moyens : le 28 février de la même année, il signe une obligation de 8000 livres devant un notaire de Madrid (Alouze Ablod, notaire à Madrid). Le 26 juillet, Anne Bruneau afferme le four banal de Lagord (Gariteau, notaire).<br />Le 18 mai 1707, Anne Bruneau passe une accord au sujet du four banal d’Angoulins avec les fermiers de celui-ci, François Cardineau et son épouse, ceux-ci “n’estant point en estant en estat de continuer à chauffer et faire valloir ledit four banal” (Gariteau, notaire). Le 3 novembre 1707, Jules de Gabaret, chevalier, seigneur marquis d’Angoulins, premier enseigne des gardes du corps et brigadiers des armées du roi d’Espagne, est de retour à La Rochelle et constitue une rente de 300 livres sur sa terre d’Angoulins pour la somme de 6000 livres, restant de celle de 8000 qu’il avait emprunté en 1704 (Gariteau, notaire). Les affaires de son épouse ne valent guère mieux puisque nous trouvons plusieurs obligations de celle-ci depuis 1695.<br />En 1708, Jules de Gabaret est sous-lieutenant des gardes du corps du roi d’Espagne, l’année suivante il en est lieutenant. Le 28 janvier 1709, il passe un accord avec jacques Chauvet, curé d’Angoulins, au sujet de la rente dûe à la chapellenie du Saint-Esprit d’Angoulins sur une maison à l’emplacement de laquelle est construit le four banal : “... et en outre lesdites parties sont aussi convenues que ledit Sieur Chauvet, curé, et ses successeurs seront tenus de dire et célébrer une messe de Requiem dans l’église paroissialle dudit Angoulins, à pareil jour du déceds de feu Messire Jean Gabaret, chevalier, seigneur dudit Angoulins, commandeur de l’ordre militaire de Saint-Louis et lieutenant général des armées navalles du Roy, père dudit seigneur Julles de Gabaret, pour le repos se son ame et pour celle dudit seigneur de Gabaret fils après son déceds, avec un De profondis au commencement ou à la fin de la dite messe. Et un Libera, par chaque mois un jour de dimanche tel que voudra ledit Sieur Chauvet, curé, et ses successeurs, dans la chapelle, et sur le tombeau dudit feu seigneur de Gabaret en qualité l’un et l’autre de fondateurs de ladite église paroissiale, comme estant au lieu et place des seigneurs de Longueville, princes de Chastellaillon...” (Gariteau, notaire). Le 19 février repartant en Espagne, il donne nouvelle procuration générale à son épouse (même notaire). La même année, il est nommé général de la cavalerie espagnole et fait marquis par le roi d’Espagne.<br />Les 27 et 29 avril 1709, Anne Bruneau passe son testament devant le notaire Gariteau en sa maison noble d’Huré. Elle demande à être inhumée “dans l’église de Saint Pierre d’Angoulins, proche le tombeau de Messire Jean Gabaret, seigneur d’Angoulins, lieutenant général des armées navalles du Roy, mon beau père, sans grande pompe ni magnificence”. Le 30 octobre par transaction au sujet de ses dettes, elle laisse tous ses meubles du château d’Huré en location à Jeanne Desbordes pour cinq années (même notaire). Elle meurt fin 1713 ou début 1714. Le 20 juin 1714, sa soeur Marie Bruneau, épouse du sieur de Grateloup de Mantelan, renonce à sa succession (A.D.C.M. - B1654). En 1715, sa terre et seigneurie d’Huré, Lagord et Halles de Puilboreau est adjugée par décret au sieur Gastumeau pour 36 400 livres, outre les droits seigneuriaux (A.D.C.M. -B 1409, f°4, 13, 29).<br />Jules de Gabaret semble s’être consacré dès lors à sa carrière espagnoles car il n’apparaît plus dnas les actes des notaires rochelais pour plusieurs années. En 1710, il est maréchal des camps et armées du roi d’Espagne. Il est signalé gouverneur de Saragosse de 1711 à 1713. Il retrouve bientôt la mer : en 1714, il commande l’escadre de Majorque et devient en 1715 général de l’armée navale espagnole en Méditerranée. Après la mort du roi Louis XIV, la Régence lui permet de revenir en France en 1717. Il est maréchal des camps et armées du roi de France à partir de 1719.<br />Jules de Gabaret se remarie, par contrat du 30 novembre 1734 (Girard, notaire) et le 4 décembre en l’église d’Angoulins, à Jeanne Desbordes, veuve de Charles de Ham, comte de Coucy.<br />Le 29 mai 1736 (Decomps notaire), il assiste à la prise de possession de l’église d’Angoulins par le curé Jean Pinet. Le 22 mars 1737 (même notaire), il passe transaction avec celui-ci et les héritiers de son prédécesseur, le curé Jacques Chauveau, au sujet de la rente sur le four banal ayant déjà fait l’objet de l’accord de 1709. Le 11 juin 1741, Jules de Gabaret et son épouse sont parrain et marraine lors du baptême de la nouvelle cloche de l’église d’Angoulins, fondue à Rochefort et pour laquelle il a donné la somme de 50 livres.<br />Jules de Gabaret meurt à La Rochelle dans son hôtel de la rue Dauphine, le 22 janvier 1746. Il est inhumé le lendemain dans l’église d’Angoulins “au pied de la chapelle de la Ste Vierge”. Sans attendre les cérémonies funèbres et sans égard aux proches du défunt, les religieuses ursulines de La Rochelle, revendiquant les arrérages d’une anciennes rente, font procéder à l’inventaire de la succession dès le jour du décès. Dans une chambre, les officier de jusitce, signalent, avant de procéder à l’inventaire des meubles de la pièce, “le cadavre dudit feu Sr de Gabaret estendu sur la paille”. Le lendemain, l’inventaire se poursuit au château d’Angoulins pendant l’ensevelissement du corps du défunt (A.D.C.M. - B 1731).<br />Jeanne Desbordes meurt le 13 avril 1746. Elle est inhumée le 14 en l’église Notre-Dame de La Rochelle, “du côté de la chapelle de l’Ascension”. Poursuivant leurs revendications, les ursulines font apposer les scellés sur les effets personnels de la marquise d’Angoulins le jour de son décès (A.D.C.M. - B 1731).<br />Une partie des renseignements concernant la carrière militaire des divers membres de la famille Gabaret a été communiquée à l’auteur par M. René Carbonnet, passionné de l’histoire de celle-ci.<br /><span style="color:#000000;"></span></div><div align="center"><span style="color:#000000;">.</span><br /><strong>Le temps des saisies</strong><br /><span style="color:#000000;">.</span></div><div align="justify">Dès 1709 la châtellenie d’Angoulins et tous les biens patrimoniaux de Jules de Gabaret sont sous saisie réelle. Ses affaires demeurent toujours critiques et la terre d’Angoulins est gérée par des fermiers judiciaires. a chaque changement de fermier, un procès-verbal de l’état des lieux est dressé. Ainsi le 19 avril 1713, à l’un de ces changements, le procès-verbal de la maison seigneuriale d’Angoulins est effectué. Le lendemain, il se poursuit par celui des autres bâtiments en relevant, dont le four banal (A.D.C.M. - B1651). Le décès de Jules de Gabaret et celui de sa seconde épouse conduisent à la liquidation de leur succession. Le 29 mai 1741, les autorités de jusitce de La Rochelle avaient fait dresser procès-verbal de l’état du château d’Angoulins, du four banal et autres biens situés dans cette paroisse, afin d’en faire effectuer les réparations, à la requête du Sieur Jacques Basset, bourgeois de Paris, fermier judiciaire de la seigneurie (A.D.C.M. - B 1719).<br />L’arrêt rendu en cour de Parlement le 21 janvier 1749 porte adjudication de la seigneurie d’Angoulins, Jousserant et dépendances en faveur d’étienne-Henri Harouard du Beignon, écuyer, seigneur de La Jarne. Jean Dagieux, brigadier des armées du roi, parent du défunt marquis de Gabaret, obtient rétrocession des biens après pffre de retrait lignagier. il meurt en Allemagne début 1761. Ses héritiers entrent en possession de la seigneurie d’Angoulins.<br />Sur ce fait intervient la revendication des régisseurs du domaine royal rappelant l’engagement de 1615, ses antécédants et ses suites : après la mort du dernier des Longueville, en 1694, et conformément aux clauses du don fait en faveur de son ancêtre, le grand Dunois, au XVe siècle, la baronnie de Châtelaillon devait faire retour à la Couronne de France. à la suite d’un échange passé avec le roi en 1699, la famille Green de Saint-Marsault avait conservé Châtelaillon en abandonnant la seigneurie de Dompierre au domaine royal. La terre d’Angoulins, distraite en 1615 de la seigneurie de Châtelaillon, ne pouvait faire partie de cet échange et aurait dû dès lors retourner au roi. L’Administration royale avait préféré se faire discrète en reconnaissance envers ces grands serviteurs du Royaume qu’étaient les Gabaret. Dès lors qu’elle n’appartient plus à cette illustre famille, la terre d’Angoulins peut faire l’objet d’une reprise par les officiers royaux, ce qui est effectué en 1774.<br />Les créanciers de la succession de Gabaret poursuivent la vente du patrimonial et obtiennent son adjudication par arrêt d’avril 1778 en faveur de François Tainon, en dehors des biens reconnus comme appartenant au domaine du roi et qui font l’objet d’un échange avec le ministre de Bertin en 1781.<br /><strong>François Tainon de Bellevue</strong>, seigneur du patrimonial d’Angoulins, Jousserant et dépendances rend foi et hommage de ses biens d’Angoulins, le 13 mai 1782, à Monsieur de Bertin, seigneur d’Angoulins. Le 12 décembre 1782, il en fournit aveu et dénombrement.<br /></div><div align="justify"><span style="color:#000000;">.</span></div><div align="center"><strong>Famille De Bertin<br /></strong><em><span style="font-size:85%;">Blason : d’argent, au sautoir engreslé de sinople<br />cantonné de quatre mouchetures d‘hermine de sable.</span></em><br /><span style="color:#000000;">.</span></div><div align="justify"><strong>Henri-Léonard-Jean-Baptiste de BERTIN</strong>, ministre d’état, est un personnage important : il est comte et baron de Bourdeille, premier baron du Périgord, comte de Benon, premier baron de l’Aunis, seigneur de plusieurs terres et commandeur des ordres du roi. Il acquiert “la terre et seigneurie d’Angoulins, sise en la généralité de La Rochelle, haute, moyenne et basse justice, cens, rentes, lods et ventes, et tous autres droits utils &amp; honorifiques en dépendant, ainsi qu’il se poursuit et comporte, et tels que Sa Majesté en jouissait ou a dû en jouir...” en échange de ses droits sur les Moërs, ou langues desséchées de Dunkerques, par arrêt du conseil royal du 8 avril 1781 (A.N. - Q 1 117). Le 4 mars 1782, les officiers de la terre d’Angoulins prennent possession au nom du nouveau seigneur du banc seigneurial situé en l’église paroissiale Saint-Pierre (A.D.C.M. - B 2088).<br />Lorsque survient la Révolution française, l’ancien ministre se réfugie à l’étranger. Le 1er mars 1791, à Aix-la-Chapelle, il donne procuration pour la vente de ses biens. Le 15 avril suivant, à Paris, son procureur vend en son nom plusieurs domaines lui appartenant à son cousin Léonard Alexis de Bertin, président à la Chambre des Comptes, dont “la terre et cy-devant comté de Benon” et “les cy-devant fiefs et chatellenie d’Angoulins” (B.M.L.R. - mns 619). Dans son exil, l’ancien ministre avait déjà reçu la majeure partie du montant de la vente. Celle-ci ne constituait qu’un remboursement bien relatif des biens ayant déjà perdu une grande partie de leur valeur par la suppression des prérogatives féodales.</div><div align="justify"><span style="color:#000000;">.</span></div><div align="right"><br /><strong>Jean-Claude Bonnin.<br /></strong></div><div align="right"><strong>notice publiée par l'association Expression-Hist en 2004</div></strong><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-2597883748480314298?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-3491698472179049562006-02-07T14:43:00.000+01:002007-03-20T19:07:01.558+01:00Une navette à filet gallo-romaine trouvée à La Manon<span style="font-size:130%;"></span><br /><span style="font-size:130%;"><span style="font-size:100%;">article de Denis Briand, dessins de Michaël Brunet</span><br /><br /></span><span style="font-size:130%;"></span><br /><br /><br /><div align="justify"><strong>La découverte<br /></strong>Dans le milieu des années 1980, sur son terrain au lieu-dit La Manon, à Angoulins/mer, M. Robert Cassagnes mit au jour, fortuitement, divers objets ainsi que quelques monnaies gallo-romaines. Sans porter plus d’intérêt à ces découvertes, celles-ci furent, tout de même, précieusement conservées, puisque l’une d’elles - une tête de lion de belle facture - retint particulièrement son attention.Quelques vingt années plus tard, alors que je m’attelais à la rédaction d’un article destiné à une publication grand public (1), M. Robert Cassagnes me fit part de ses trouvailles. Connaissant fort bien le contexte antique du secteur de la découverte, pour avoir consulté et alimenté la carte archéologique de cette zone, je me penchais aussitôt avec un très grand intérêt sur l’une de ces occurrences, une petite tige pliée, en alliage cuivreux (bronze ?), de section circulaire, terminée à chaque bout par une extrémité refendue en une sorte de petite fourche à deux dents (cf dessin donné par Michaël Brunet (2)).Imaginant la forme développée d’une longueur de 15,2 cm, j’interprétais très vite l’objet comme une navette à filet gallo-romaine, analogue à celle que j’avais pu croiser dans une note de Philippe Duprat publiée dans Roccafortis (3). Soumettant, sans tarder, l’objet à l’érudition de Michel Feugère (CNRS), spécialiste de l’instrumentum gallo-romain, j’eus la confirmation formelle de mon idée :<br /><strong>La navette à filet, un objet rare mais « de type normalisé »</strong><br />A son sujet, le chercheur m’apprit que cette aiguille fut, sans nul doute, utilisée pour fabriquer ou réparer les filets de pêche. Rapportée en contexte antique, elle répond, nous précise l’érudit, à une même typologie. Et de me joindre un précieux article extrait de sa vaste bibliographie (4) : Cette étude (et notamment la partie sur les instruments de chasse, de pêche et d‘agriculture avec en particulier l’inventaire, la liste et la carte de répartition des navettes à filet en France, qu’il propose avec Pierre Abauzit) est, à ce jour, la monographie de référence de ces objets. C’est, en effet, l’un des rares documents réellement à même de nous renseigner sur ce type de mobilier. Nous y apprenons, entre autres, que cet objet est presque invariablement fait en bronze (sauf en de très rares exceptions, où on le rencontre en fer). Il y est décrit comme une simple tige, longue de 12 à 20 cm environ, terminée à chaque extrémité par une sorte de fourche aux dents plus ou moins resserrées. La caractéristique de tous ces objets est que les deux extrémités se présentent sur des plans perpendiculaires. On les identifie en effet comme des navettes autour desquelles s’enroule le fil pour réparer un filet; la rotation d’un quart de tour entre chaque passage de la fourche assurait à la bobine ainsi constituée une forme régulière.<br />En considération de cette typologie, nous remarquons qu’en plus d’avoir eu ses deux fourches écrasées, notre exemplaire a subi deux déformations : à la fois une altération de l’axe des fourches mais aussi une courbure de la tige, dont la cause demeure indéterminée mais témoigne, vraisemblablement, d’un usage secondaire pour lequel quelqu’un aura détourné la fonction première de l’objet.<br />Michaël Brunet nous propose une restitution de la forme originelle supposée. </div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">..</span></div><p><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5038108788239331442" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/Rer1P_bHcHI/AAAAAAAAACI/6K69tiXAu6I/s400/navette2+copie.jpg" border="0" /><span style="font-size:85%;"><em></em></span></p><p><span style="font-size:85%;"><em>(dessin pour le web ne reflétant pas la qualité de l'illustration réalisée par Michaël Brunet et qui est publiée dans notre bulletin)</em></span></p><p align="justify"><span style="color:#ffffff;">..</span><br /><strong>Remarques<br /></strong>Parmi les observations portées par Michel Feugère et son collaborateur Pierre Abauzit dans leur étude, un doute est porté sur la destination de pêche des filets concernés par ces navettes. Si aucun mobilier associé ne peux le confirmer à Angoulins, la proximité immédiate du littoral semble toutefois être l’argument de poids qui fait pencher l’interprétation en faveur d’un usage en lien avec une problématique halieutique.<br />A l’instar de Philippe Duprat dans son article, notons avec intérêt que la carte de répartition des navettes à filet en France met en évidence ce que Pierre Abauzit nomme un vide intriguant se dessinant sur presque toute la Gaule occidentale. Il faut savoir au sujet de la façade atlantique, que la liste accompagant la cartographie de cette répartition dénombre seulement deux exemplaires publiés : - un premier à Plonévez-Porzay (Bretagne), Kervel-Kergoasguen (Sanquer 1975, 351, fig. 21, 3 ; d’une longueur d’env.165 mm)- et un autre à Saintes (Charente-Maritime) (5) (signalé par G. Roche-Bernard et Guy Vienne). Postérieurement à cet inventaire, deux nouveaux exemplaires sont ajoutés :- Philippe Duprat rapporte donc une navette à filet, trouvée en 1973 à Saint-Agnant sur le site gallo-romain dit du Châtelet (Charente-Maritime) (6) et signale une autre mise au jour sur le site de la villa gallo-romaine des chapelles à Port des Barques (fouilles de 1999).Aujourd’hui, avec la notre, ce ne sont que cinq navettes (quatre seulement sur le littoral atlantique) qui ont été mises au jour dans l’Ouest de la Gaule romaine et publiées. Lors de la réalisation de cette cartographie, Pierre Abauzit et Michel Feugère s’interrogeaient sur cette répartition inégale et lacunaire. Ces deux auteurs en venaient même à se demander si celle-ci pouvait s’expliquer en raison d’un type de navette différent, fait d’un matériau périssable par exemple. Aujourd’hui, la question d’une culture régionale autre semble s’évanouir à la lumière de ces nouvelles mises au jour : il semblerait effectivement que notre mise au jour, ainsi que celles de Philippe Duprat, commencent à documenter et à combler les lacunes cognitives. Ces dernières tiendraient donc plus au manque de découvertes déclarées en contexte de fouilles qu’à l’indigence de l’artisanat régional en matière de navettes en bronze.<br />Enfin, rappellons que Michel Feugère nous apprend que ce type d’instrument quand il est en bronze “apparait dans le courant du Ier siècle avant notre ère et évoque une importation italique”. Ce constat nous renseigne sur l’antiquité probable de notre objet, datation qui nous avait été, largement suggéré par les données contextuelles du site de La Manon et par les monnaies voisinant la découverte.<br />Aujourd’hui conservée par Yasmine Vergne-Labrousse (6) animatrice du patrimoine à Allassac (Corrèze), la navette devrait revenir, à son initiative, dans notre région, puisque l’instrument fait actuellement l’objet d’une procédure de don à fin d’être reversée, in fine, à un musée local.La navette à filet en bronze est un outillage rare avec sa quarantaine de cas publiés en France. Avec cette découverte, l’exemplaire de La Manon, constitue donc un très précieux document attestant, de plus, d’une activité de pêche au filet sur le littoral angoulinois, à l’époque gallo-romaine. </p><div align="justify">__________</div><br /><br /><div align="justify"><span style="color:#ffffff;">.</span><br />(1) cf Traces gallo-romaines in Denis Briand Angoulins Châtelaillon, Traces et vestiges du passé, Expression-Hist La Rochelle 2006.</div><div align="justify">(2) Michaël Brunet, dessinateur et consultant en archéologie - 6, rue de la Coudre 21270 Perrigny-sur-L’Ognon.</div><div align="justify">(3) Philippe Duprat, La navette à filet gallo-romaine du Châtelet (Saint-Agnant), in Roccafortis, 3e série, III, n°18, sept. 1996, p.66.article disponible en ligne à l’adresse suivante : <a href="http://seucaj.ifrance.com/navette.htm">http://seucaj.ifrance.com/navette.htm</a></div><div align="justify">(4) Michel Feugère, Pierre Abauzit, Les navettes à filet en France, in M. Py (dir.), Recherches sur l ‘économie vivrière des Lattarenses (Lattara V), Lattes 1992, pp.144-145. </div><div align="justify">(5) Guy Vienne, Le canal de dérivation à Saintes, in Recherches archéologiques en Saintonge, 1993, pp.107-108, CD 409</div><div align="justify">(6) Camille Gabet et Paul David, Le site gallo-romain du Châtelet, SGR, 1973.<br /><br /></div><p></p><p><br />article paru in PNPSHA n°1, premier trimestre 2007<br /><br /><br /><br /><br /><br /></p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-349169847217904956?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-73452038204109915252006-02-07T08:50:00.000+01:002007-03-26T17:35:53.139+02:00Evaluation archéologique au Vieux-Châtelaillon<div align="justify">Il y a quelques temps nous avions reçu des questions quand en novembre 2006 le compte-rendu du conseil municipal de Châtelaillon signalait : </div><div align="justify"></div><div align="justify">"<strong><em>Mise en valeur et protection du cimetière mérovingien - Evaluation archéologique par l'association Archéaunis</em></strong>. </div><div align="justify"><em>Le cimetière mérovingien situé sur les Hauts des Boucholeurs au Vieux -Châtelaillon a fait l'objet de fouilles archéologiques dans les années 1970. Depuis ces opérations, les nombreuses sépultures que renferme ce cimetière jonchent le sol et sont laissées à nu. Dans le cadre de son programme de réaménagement et de mise en valeur des Boucholeurs, une action d'aménagement du cimetière mérovingien est programmée. L'aménagement envisagé, très simple, consistera en un apport de terre végétale afin de recouvrir les sarcophages et en un engazonnement. Quelques tombes pourront rester visibles effleurant le sol en témoignage de l'histoire des lieux. </em></div><div align="justify"><em>Préalablement à ces travaux, la ville de Châtelaillon-Plage s'est rapprochée des services de la DRAC. Il a été suggéré qu'un relevé archéologique du site par une association agréée (Archéaunis) soit réalisé. Cette association intervient à titre bénévole ; la mise à disposition par la commune d'un bungalow et d'une mini-pelleteuse sera demandée. </em></div><div align="justify"><em>A l'unanimité, le conseil municipal autorise Monsieur le Maire à signer la convention permettant à l'association d'intervenir sur le territoire de la commune</em>."</div><div align="justify"></div><div align="justify">Ces derniers jours plusieurs d'entre vous nous ont interrogé sur une activité archéologique régnant depuis la mi-mars sur le site du cimetière mérovingien. Il s'agit donc des débuts de la campagne d'évaluation menée sous la direction de Michel Enet de l'association Archeaunis et avec le suivi scientifique du SRA du Poitou-Charentes représenté par Eric Normand. </div><div align="justify">Pour visionner quelques images cliquez deux fois sur la flèche blanche.</div><div align="justify"><br /><br /><embed src="http://www.dailymotion.com/swf/58fd0MeEgxLhaaoiK" width="400" height="316" type="application/x-shockwave-flash" allowfullscreen="true"></embed><br /><b><a href="http://www.dailymotion.com/video/x1h316_evaluation-archeologique-chatelaill">Evaluation archéologique Châtelaillon</a></b><br /><i>envoyé par <a href="http://www.dailymotion.com/expressionhist">expressionhist</a></i> </div><div align="justify"></div><div align="justify">Retrouvez aussi un article du CHATELMAG n°45 sur le site de Châtelaillon-plage sur le lien suivant <a href="http://www.chatelaillonplage.fr/">http://www.chatelaillonplage.fr/</a> puis téléchargez au format .pdf la publication.</div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="color:#ff0000;"><em>Attention! Vous pouvez regarder les fouilles mais en aucun cas aller sur le chantier. Il est interdit au public et vous êtes passibles d'une amende en cas d'infractions</em></span></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-7345203820410991525?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-44479375070811485262006-02-07T06:02:00.000+01:002007-03-04T17:47:53.635+01:00L'établissement rural des Ormeaux (Patrick Maguer de l'INRAP)<div align="justify">Une fouille archéologique, prescrite par le Service régional de l'Archéologie de Poitou-Charentes et réalisée par l'INRAP, a été menée durant l'hiver 2005 sur le projet d'extension de la ZAC des Ormeaux à Angoulins. Ces travaux ont permis de fouiller, sur presque 15000 m², une partie importante d'un établissement rural caractéristique du deuxième âge du Fer, type de site encore peu connu dans la partie sud de la région. Les premiers indices d'occupation sont antérieurs à cette période, puisqu'un grand vase de stockage du Bronze ancien a été découvert en place dans sa fosse, attestant ainsi de la présence d'un habitat bien avant la période celtique. Situé sur un versant orienté à l'est, l'établissement rural des Ormeaux est ainsi quelque peu protégé des vents dominants de suroît et de noroît.<br /><br />Le mobilier recueilli, notamment les modestes mais nombreux fragments de céramique (48 kg pour 297 récipients reconnus), montre que l'établissement rural des Ormeaux est pérenne entre le Ve et le début du Ier s. av. J.-C., soit quatre siècles durant lesquels l'habitat va évoluer vers une organisation plus rigoureuse de l'espace.<br /><br />La première phase (Ve-IVe s. av. J.-C.) confirme les observations qui ont pu être faites sur d'autre sites du Nord-Ouest de la France. Quelques bâtiments sur quatre poteaux, quelques fosses, un silo permettant de conserver en atmosphère confinée les récoltes, un four à vocation artisanale mais aussi un chemin creux caractérisent cette première occupation. L'ensemble de ces vestiges archéologiques se concentrent en haut de versant. Comme sur la majorité des habitats ruraux de cette période, il n'existe aucune limite physique de l'espace domestique et agraire (fossé, palissade…). Plus qu'une simple ferme, cette installation est le centre d'activités multiples, agropastorales, artisanales et domestiques.<br /><br />La fouille d'une portion du chemin orienté nord-ouest/sud-est, est particulièrement révélatrice à cet égard. Découvert à 0,7 m de profondeur, le niveau de circulation était aménagé en petits galets reposant directement sur le calcaire. Une couche de sédiment très organique, résultat d'un mélange de boue et d'excréments animaux, déposée lors du fonctionnement de la voie, recouvrait ce niveau sur 0,1-0,15 m d'épaisseur. Associés à cette strate, des centaines de fragments de céramique, ainsi que plusieurs centaines de coquillages et des fragments d'os témoignent des principales activités du site à cette époque. La présence d'augets à sel en grande quantité, mais aussi de quelques morceaux de piliers de fours de saunier font supposer que ces éléments étaient fabriqués sur place avant d'être utilisés dans les ateliers environnants. Les nombreux coquillages, surtout des patelles pour la période ancienne du site, indiquent que la pêche à pieds était une activité importante. Enfin, une première analyse du mobilier osseux montrent la présence de grands mammifères domestiques (bovidés, chevaux, ovicaprinés, suidés). L'étude de ce matériel par une archéozoologue de l'Inrap permettra d'affiner notablement ces quelques observations.<br /><br />Nous ne connaissons que peu de choses de la période suivante (fin IVe – début IIe s. av. J.-C.). En effet, elle n'est attestée sur le site qu'à travers le comblement d'une carrière située en dehors de la zone principale de fouille. Paradoxalement, cette vaste fosse de 9,6 m par 5 m et de 1,4 m de profondeur maximale, utilisée comme dépotoir après son abandon, a fourni un lot de mobilier extrêmement riche et varié. Ainsi, avec presque 16 kg, la céramique représente un peu plus de 30 % de la totalité du mobilier céramique découvert sur le site, soit un minimum de 107 récipients. Plusieurs kilos d'os ont également été extraits de la fosse. Associés à des restes de foyer, il s'agit sans aucun doute d'animaux consommés. Outre les grands mammifères domestiques déjà identifiés à la phase ancienne, des restes d'oiseaux ont également été observés. Bien qu'anecdotique, la découverte d'une mandibule humaine dans le comblement de la fosse reste énigmatique. Dans le même contexte, la mise au jour d'une chaîne de suspension de fourreau d'épée pourrait laisser penser que ce dépôt est le résultat de la destruction d'une ancienne sépulture située à proximité. Il faut également signaler la présence de plusieurs milliers de coquillages dans le comblement supérieur de la fosse, dont presque exclusivement des patelles. Enfin, quelques galets perforés utilisés comme poids de filet évoquent la pêche même si aucun reste de poisson n'est apparu à la fouille.<br /><br />C'est sans doute entre la fin du IIIe s. av. J.-C. et le cours du IIe s. av. J.-C. que sont creusés les fossés délimitant l'établissement lors de la dernière phase de la période gauloise. Le fossé principal est creusé en limite nord et est de l'habitat. Profond de 1,3 m dans ces portions les mieux conservés, il possède un profil en V, forme traditionnelle des fossés gaulois. L'étude de cette structure montre qu'un talus lui était associée. La limite occidentale de la zone d'habitation était matérialisée par un petit fossé dont le comblement et la morphologie font supposer qu'il était utilisé comme fossé de haie. Associé à deux autres fossés, l'ensemble définit un espace qui présente toutes les caractéristiques d'une aire de stockage, avec plusieurs constructions sur quatre poteaux interprétées comme des greniers à grains, petits édifices sur plancher surélevé permettant de protéger la récolte des rongeurs. Il est intéressant de constater que le chemin utilisé lors de la première phase d'occupation est recoupé par ce fossé d'enclos et n'est donc plus fréquenté.<br /><br />Nous n'avons qu'une connaissance partielle de la partie sud du site et de ses limites. Il semble cependant que la zone d'habitation était délimitée à cet endroit également par un fossé de faible profondeur. L'enclos ainsi créé formait un espace de 11200 m² à l'intérieur duquel une série de structures en creux (fosses, trous de poteau, etc…) a été découverte. Ainsi, de même que dans les villae gallo-romaines dont ces habitats sont de toute évidence les prototypes, la partie domestique (pars urbana) est bien différenciée des zones d'exploitation agricoles et des zones de stockage (pars rustica).<br /><br />C'est à cette époque que se met en place le réseau parcellaire matérialisé par plusieurs fossés se greffant sur les enclos de l'habitat, qui correspondent donc au noyau à partir duquel s'est développé le paysage agricole environnant.<br />A mi-versant, une concentration de "structures en creux" définissent au moins une unité domestique. Celle-ci est constituée de plusieurs bâtiments, d'un silo, d'un puits et d'un "fond de cabane", édifice de faible superficie, légèrement excavé, et qui était utilisé comme atelier. Cette construction en fosse de 3,6 m par 1,8 m permettait de conserver l'humidité et la fraîcheur plus longtemps que dans un bâtiment de plain-pied, deux facteurs nécessaires à plusieurs activités artisanales, comme la fabrication du fromage, le travail du cuir ou le tissage, l'humidité donnant au fil une meilleure résistance à la tension évitant donc qu'il ne casse. Sa fouille a permis la découverte d'une quantité importante de matériel, beaucoup de céramique, quelques rares fragments d'augets à sel, une fibule, un minuscule fragment de bracelet en bronze, de l'os animal et des coquillages. Ils témoignent de la diversité des activités présentes sur le site.<br /><br />Le bâtiment d'habitation reposait sur six poteaux plantés à une profondeur d'environ 0,7 m sous le sol de l'époque. Sa superficie reste inconnue. Nous ne savons pas en effet si la paroi se trouvait entre les poteaux porteurs du bâtiment ou bien si elle était située en périphérie de ce module, comme c'est le cas pour d'autres édifices de la même période. Il semble que le bâtiment ait été détruit et reconstruit au moins une fois au même emplacement. Deux autres bâtiments se superposent également plus au sud. Ce sont de grandes constructions de 9 m de long sur 5 m de large environ. Plutôt que d'habitations, il pourrait s'agir d'édifices de stabulation.<br /><br />Toujours à proximité, un puits a été partiellement fouillé jusqu'à 6 m de profondeur sans que le fond n'ait été atteint. Comme la plupart des puits gaulois, son conduit est de forme carrée et non pas circulaire. En effet, les gaulois ne parementaient pas les puits, mais faisaient un coffrage de bois pour éviter les effondrements de paroi provoqués notamment par les mouvements de la nappe d'eau. La forme carrée est donc la plus appropriée dans ce cas. Les observations effectués dans le puits indiquent qu'il a été volontairement condamné lors de son abandon au début du Ier s. av. J.-C.<br /><br />Un silo se trouvait également près des bâtiments. De faible capacité, environ 0,8 m3, il devait servir aux besoins quotidiens de la maison.<br /><br />En limite orientale de l'enclos, une batterie de petits silos a été fouillée. Ce sont là encore des fosses de petites capacités, entre 0,5 et 0,8 m3. elles servaient sans doute au stockage des récoltes de l'année, peut-être comme réserve en cas de crise agricole. Le reste de la récolte devait être entreposée dans les greniers situés à l'ouest, pour une consommation plus rapide du fait du mode de conditionnement.<br /><br />L'analyse préliminaire menée sur les coquillages découverts dans les dépotoirs domestiques (fosses, silos) montre une plus grande diversité des espèces récoltées à la fin de la période gauloise, avec l'apparition de palourdes et de pétoncles, ainsi que des ormeaux, avec cependant toujours une majorité de patelles. L'huître, qui ne sera introduite dans l'alimentation qu'à la période gallo-romaine, est absente des dépôts coquilliers du site, sinon sous la forme d'un ou deux individus.<br /><br />A côté de la céramique fabriquée sur place ou dans la région, plusieurs fragments d'amphore illustrent la généralisation du commerce du vin en Gaule à partir du deuxième tiers du IIe s. av. J-C. Cette boisson, très appréciée des Gaulois, n'était cependant produite qu'en Méditerranée. Les vins importés à cette époque sont tous d'origine italique et annoncent la conquête romaine toute proche. Ils prouvent en outre la relative aisance des habitants du site, le vin étant à l'époque une boisson réservée à l'élite, du fait de son prix. Diodore de Sicile écrit ainsi au Ier s. av J.-C. : "Car pour une jarre de vin, ils [les marchands romains] reçoivent un esclave, échangeant leur boisson contre un échanson".<br /><br />L'habitat des Ormeaux est abandonné peu de temps avant la conquête de la Gaule par les armées de César (58-51 av. J.-C.). Quelques fossés parcellaires d'époque romaine complètent le réseau préexistant. Les quelques éléments datant découverts (tuiles, tessons d'amphore hispanique, goulot d'un petit récipient en verre bleu, céramique) ont été piégés dans les fossés les plus tardifs du site et ne correspondent plus à la présence d'un habitat in situ, mais indiquent qu'une nouvelle exploitation, peut-être une villa, existe à proximité.<br /><br /><span style="font-size:85%;"><em>Article de Patrick Maguer de l'INRAP.</em></span><br /><span style="font-size:85%;"><em>Plan, dessins et photographies accompagnant ce texte sont consultables, pour le moment, dans la publication "Angoulins Châtelaillon, Traces et vestiges du passé" de Denis Briand.</em></span></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-4447937507081148526?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-66996919994351173452006-02-07T06:00:00.000+01:002007-03-04T17:48:50.228+01:00L'attaque de trois brigantins à la pointe du Chay<div align="justify">En cette année 1810 les péniches anglaises sont très virulentes quant à l’application du strict respect du blocus commercial et économique imposé à la France. Les bâtiments marchands qui croisent entre Bordeaux et La Rochelle sont souvent capturés ou brûlés par les anglais. (in Paroles d’Angoulinois, n°1, article intitulé Le 20 janvier 1810 à la Pointe du Chay, mai 2001, et in Le fortin de la Motte Grenet, monographie de Denis Briand, mai 2003). Débutant avec la capture et la destruction de trois bricks le 12 septembre 1810 les navires Caledonia et Valiant ont été très vite employés pour casser la liaison commerciale empruntant la rade des Basques, cette voie maritime entre La Rochelle et l’île. A la fin du mois de septembre 1810, trois nouveaux brigantins essaient de forcer le blocus mais se retrouvent sous la menace des péniches anglaises. Trouvant refuge près de la batterie de la Pointe du Chay, les bâtiments vont toutefois faire l’objet d’une nouvelle attaque anglaise...L’épisode qui suit est tiré de Naval History of Great Britain, Vol V, 1808 -1811 de William James que j’ai traduit de l‘anglais :“Dans la nuit du 27 septembre 1810, le Caledonia armé de 120 canons et commandé par le capitaine Sir Harry Neale, le Valiant, sous les ordres du capitaine Robert Dudley Oliver et armé de 74 canons et la frégate Armide (38 canons) du capitaine Richard Dalling croisaient dans la rade des Basques. Ces navires furent détachés sous le commandement du lieutenant Arthur Philip Hamilton afin d’arraisonner ou de détruire trois bricks (brigantins) qui mouillaient dans une anse sous la protection de la puissante batterie de la Pointe du Ché. Constatant la menace, la position d’Angoulins fut renforcée en artillerie avec 4 pièces de campagne disposées sur une plage sous la batterie ; de plus, un détachement important de cavalerie et d’infanterie fut stationné dans le village d’Angoulins. Alors les Anglais dépêchèrent 130 marines -commandés par les capitaines Thomas Sherman et Archibald M’Lachlan, et leurs lieutenants John Coulter, John Couche, Robert, John Little - avec la division de marins répartie sur les trois bateaux.Sur les coups de 2h30 du matin le 28 septembre, les marines débarquèrent sous la Pointe du Ché. L’alarme fut donnée par les bricks qui repèrent les chaloupes de soldats juste avant l’approche des vaisseaux de ligne, et les français ouvrirent immédiatement le feu. Le lieutenant Little donna l’assaut baïonnette en avant accompagné par la division du capitaine M‘Lachlan et un détachement d‘hommes commandés par les lieutenants Coulter et Couche. Rapidement ils s’équipèrent d’armes et de canons. Dans le même temps, le capitaine Sherman et sa division de marines prirent position sur la route bordant la mer, face au village d’Angoulins appuyé par une chaloupe sur laquelle était monté un canon. En très peu de temps, la troupe à pied et à cheval arriva d’Angoulins mais fut stoppée par un feu nourri des marines et de la chaloupe. Avant le lever du jour, les français auraient pu percer la ligne en la flanquant avec une pièce de campagne mais les anglais n’attendirent pas cela et chargèrent rapidement à la baïonnette poussant les français à la fuite. Pendant ce temps, les marins avaient réalisé la capture de deux brigantins et la destruction du troisième. Les marines ré-embarquèrent sans avoir subi de perte mis à part un blessé :un officier fut touché lors d’un combat en corps à corps avec un soldat français : il reçut une décharge de mousquet dans la main nécessitant son amputation. Les français dénombrèrent quant à eux 14 morts pour la défense de la batterie de la Pointe du Ché.”</div><br />article de Denis Briand<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-6699691999435117345?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-43881499980988072172006-02-07T05:03:00.000+01:002007-05-15T18:03:12.693+02:00Jean Levesque (par Jean Joguet)<div align="justify">En ce vingt-sixième jour de juillet 1593, il y avait foule devant la porte de l’église d’Angoulins.</div><div align="justify">M Combauld, notaire à La Rochelle, était venu enregistrer la prise de possession par un nouveau curé ; il y avait aussi Louys Pelletier et Bertrand Martin, fabricqueurs de ladite église, et bon nombre de manants et habitants dont je vous tairai le nom car la plume d’oie du clerc grince et sur le papier ce ne sont que gribouillis et lettres entremêlées.</div><div align="justify"><<<em>Voici que comparait en personne vénérable et discrette homme Jehan Lévesque prebtre lequel parlant à toute l’assemblée leur a dit et remonstré qu’il a pleut à Révérend Père en Dieu Monsieur l’Evesque de Xaintes le recevoir et admettre curé de ladite églize dudit St Pierre d’Angoulins... Il exhibe ses lettres de provision datées du 19 juin 1592, signées Amelot, notaire apostolique, et scellées de cire rouge ; il déclare que son intentyon estoit de prandre et appréhander la possession et saizine réelle et actuelle de ladite cure de St Pierre d’Angoulins, fruictz, proficts, revenus et émoluments d’icelle en vertu desdites lettres...</em></div><div align="justify"><voici>"<em>Voulant entrer en l’églize et temple dudit lieu a trouvé la porte et entrée d’icelle fermée à clef pour le temps présent des guerres sans que aulcun luy en aye voulu faire ouverture quelque sommation qu’il en aye fait faire, à cause de quoy il a, touché la porte et serrure de ladite églize en signe de vraye possession... Puis avec toute l’assistance, il aesté en une place et mazure qui a esté la maison presbitéralle et jardain de ladite cure... Il a pris possession de tout ce qui pouvait appartenir à la cure : terrages, marrais sallans, et non sallants... Ledit vénérable est allé venu, beu et mangé, faict du feu ; et de là est allé venu de ladite place à ladite églize et temple dudit lieu, heurté à la porte d’icelle..."</em></div><div align="justify"></div><div align="justify">Telle fut en 1593 l’installation du curé Levesque. Sut-il par la suite obtenir les bonnes grâces de ses paroissiens ? Je ne sais mais les temps étaient rudes on en avait assez de ces curés qui ne résidaient point alors qu’Angoulins et son église fortifiée excitaient les convoitises des réformés de La Rochelle.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-4388149998098807217?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-52122006394202112502006-02-07T05:02:00.000+01:002007-04-11T13:41:33.378+02:00Les Tourettes (Jean Joguet)<div align="justify">Sur le plan cadastral de 1810, un chemin portait le nom de chemin des Tourettes. C’était celui qui longeant l’actuel terrain de sport va rejoindre le moulin du Pont de la Pierre. Une maison seigneuriale qui, au début du XIXe siècle, abritait encore les demoiselles Maccarthy, bienfaitrices de la paroisse et de la commune: à leur sujet, répondant à une enquête sur les pauvres, E.L. Seignette, maire d’Angoulins, écrivait en l’An VIII : <em>Nous avons dans cette commune les citoyennes Maccarthy qui se distingue par les bienfaits réels, les soins, les conseils et les attentions que rien ne peut remplacer.</em></div><div align="justify"><em></em> </div><div align="justify">Aux XVIe et XVIIe siècles, l’histoire de la seigneurie des Tourettes est plutôt celle d’une famille. Les Brétinault étaient originaires de Bretagne; le plus ancien connu commandait au début du XVe siècle le château de Nantes. Un de ses petit-fils, Gilles, contre le gré de ses parents, vint se marier à La Rochelle et y prospéra puisque en 1518, il était échevin. Son fils, du même prénom, fut conseiller au présidial et échevin en 1554. Il eut de deux mariages sept fils et filles, dont Louis qui fut sieur de Pampin et des Tourettes et épousa Elizabeth Furgon, la fille d’un maire de La Rochelle.<br />De 1597 à 1604, dans les minutes de Maître Perroy, notaire à Angoulins, Louis Bretinauld est cité comme seigneur des Tourettes et du Pin. Cette dernière seigneurie est aliénée pour les trois quarts en 1614 par sa veuve en faveur de Jean Berne qui récupère l’autre quart en 1623 sur Jacques Bretinauld, un fils de Louis. En cette même année 1623, étaient propriétaires des Tourettes Jean de Vienne, sieur du Tranchier, et Judith Bretinauld, sa femme, autre enfant de Louis.<br />En 1629, lors d’un affaire concernant l’hérédité de Jacques, nous retrouvons les enfants de Louis Bretinauld: Judith, veuve de Jean de Vienne; Madeleine, femme Labadye, sieur des Ouches, et Marie, veuve de Jean Thévenin, sieur de Gourville. Cette dernière habitait La Rochelle lorsque, en mai 1629, au lit et malade, elle fit son testament: à chacune de ses servantes, Jeanne Rousseau et Marguerite Audouyn, elle lègue 300 livres; aux filles de Nouël Cornouyn, son bordier, soixante livres de meubles; à l’église d’Angoulins, soixante livres. Marie Bretinauld ne mourut point et en 1631 le testament fut annulé.<br />Il n’est point rare de constater dans les testaments de pareils legs à des serviteurs:ceux-ci font partie de la famille. Lorsqu’une servante se marie, c’est une véritable fête au château; ainsi, en 1631, Me Oclerc, notaire à Angoulins, enregistre le contrat de mariage de Marguerite Audouyn avec Etienne Chevallier, laboureur à Marsilly. Les dames de Brétinauld signent et Marie donne à la “pro parlée” cinquante et une livres et un journal de terre au Paradis. En 1633 se marie Elizabeth Rocard avec Pierre Coustant, laboureur à Thairé.Il y avait alors aux Tourettes un nouveau maître, et il signe au contrat. C’était André de Mazières, sieur de Voultron et du Grand Paradis, dit “Buzay”, qui épousa avant 1636 Marie Brétinauld. Ils moururent probablement sans enfant, et la seigneurie passa aux parents les plus proches. En 1663, elle appartenait à Henry Mordant, époux de Judith de Vienne, une fille sans doute du possesseur de 1623. En 1685, elle revint aux Brétinauld, écuyer, sieur des Chaumes, qui habitait la paroisse de Saint-Médard-d’Aunis, dans sa maison noble des Brétinières.<br />Jacques Bretinauld avait trois enfants, Gilles, sieur des Bretinières, Théodore, sieur des Chaumes, et Françoise-Angélique, qui habitait La Rochelle. Ses affaires n’étaient point brillantes malgré ses maisons nobles et roturières, ses terres, ses vignes, ses prés, ses bois, ses garennes, et marais dans les paroisses de Saint-Médard, Saint-Christophe, Clavette et Angoulins; il dut même combler quelques dettes criardes en affermant les Tourettes à Samuel Voyer, un marchand de Marennes.<br />Jusqu’à présent, il n’avait pas voulu partager ses biens avec des enfants bien avancés en âge; cependant le 2 décembre 1685, il constate qu’il n’en peut plus. <em>Estant dans un âge avancé, voulant se mettre en repos pour le reste de ses jours, se voyant accablé par les procès et instances que les créanciers à luy font journellement et qui ne manqueraient par leurs chicanes absorber si peu de biens qui luy reste...,</em> il leur délaisse tout contre 350 livres de pension et l’extinction de 4.715 livres de dettes. Jacques Bretinauld fut inhumé dans l’église de Saint-Médard le 3 février 1686.<br />Ce vieillard qui ne voulait point dételer aima sur ses vieux jours sa gouvernante, Marie Poumier, et en eut plusieurs enfants naturels tous reconnus. Le 26 février 1674, on enterre Pierre, âgé de 20 mois; le 11 novembre 1686, c’est le baptême de Catherine; il y eut un autre Pierre. Françoise-Angélique la grande sœur, s’en occupe après la mort du père; Pierre entre en apprentissage chez un cordonnier et Catherine chez une couturière.<br />Françoise-Angélique mourut en novembre 1688. Elle occupait à La Rochelle, rue Juiverie, une chambre chez le maître chirurgien Jean Escarré-Deschamps, qui fit faire l’inventaire de ses biens. Ses deux frères restent donc seuls propriétaires des Tourettes; en 1693, Théodore, qui est lieutenant d’infanterie au régiment de la marine, afferme sa part à Pierre Vibert. Puis c’est l’obscurité sur la famille.<br />En 1672, François Oualle, bourgeois de La Rochelle, s’en rend adjudicataire par suite de la saisie des biens des héritiers de Jean Massé, capitaine de navire, à la requête de Louis-François Jouin, sieur de La Tremblay. La maison est dans un état lamentable, n’ayant pas été entretenue depuis nombre d’années; l’acquéreur en fait faire procès verbal de visite, et ainsi nous avons une description sommaire de la maison des Tourettes.<br />Par le portail, nous entrons dans la cour; du côté de l’orient, un petit cellier et une tour joignent le logement du métayer qui se compose d’une chambre basse, d’une chambre haute, d’une grange et de la buanderie aux grandes ponnes maçonnées. Le logement du maître est contigu: au rez-de-chaussée, une salle et une cuisine pavée de petits carreaux; au premier, une petite chambre au-dessus de la buanderie, un cabinet ou antichambre, une grande chambre au-dessus de la salle, et un petit grenier à côté. D’autres dépendances: un cellier ou salloge joignant la cuisine, un fourniou, un grand cellier avec un treuil turquois, une grande grange et les toits à bœufs et à cochons; une autre tour au midi, un puits, le jardin avec un autre puits; l’ensemble est entouré de murs.<br />En 1765, Victoire Billaud, la veuve de François Oualle, fait réunir un conseil de famille pour examiner et remédier à une situation qui est loin d’être brillante; il y a là David Oualle et Laurent Colonna d’Ornano, oncles paternels; Etienne Viette de la Rivagerie, cousin issu de germain... qui décident d’aliéner les Tourettes. Jean Baptiste et Catherine Maccarthy de Macteigne, frère et sœur, s’en rendent acquéreurs le 19 janvier 1765 devant le notaire rochelais Fleury, pour la somme de 21.500 livres. Il n’est donné que 2.600 livres aux vendeurs, le reste devant servir à acquitter des dettes ou des rachats de rentes; cependant, il est servi une rente foncière annuelle de 325 livres évaluée en capital à 6.500 livres.<br />La famille Maccarthy habitait Angoulins depuis au moins l’année 1757, où nous voyons dans les registres paroissiaux le baptême et la sépulture d’un enfant sauvage canadien appartenant à M. de Maccarthy, enseigne des vaisseaux du Roi. En 1765, elle acquiert le domaine du Pas-des-Eaux pour lequel est rendu hommage à Gayot, seigneur de Cramahé. A la Révolution, les Tourettes ne sont pas vendues comme bien national et restent la propriété des citoyennes Maccarthy qui meurent sans postérité connue.<br /><br />J. Joguet (deux articles parus dans Sud-Ouest)</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-5212200639420211250?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-63277871152214489132006-02-07T05:01:00.000+01:002007-04-11T13:50:45.557+02:00Les cahiers de doléances d'Angoulins (Jean Joguet)<div align="justify">Le 26 février 1789, il y a eut à Angoulins, comme dans toutes les paroisses de France, une réunion des habitants en vue de présenter leurs doléances et d’élire des représentants de l’assemblée du Tiers Etat de La Rochelle ; celle-ci, à son tour, devait condenser ses doléances dans un cahier unique et choisir ses députés aux Etats Généraux de Versailles. Doléances, plaintes, remontrances, telles sont les idées directrices qui ont présicé la rédaction de ces cahiers où tous les sujets de revendications sont successivement examinés : administration, justice, impôts, chasse et pêche, pigeons, commerce, etc... Il y avait bien longtemps qu’il n’y avait eut d’Etat Généraux... En principe, ils devaient être réunis par le roi à chaque fois qu’un changement de politique devenait nécessaire. Mais ceux de 1610 s’étaient si ridiculement terminés qu’ils avaient dégouté à tout jamais le pouvoir absolu par leurs criailleries partisanes. En 1789, les conditions n’étaient plus les mêmes et il n’est pas besoin de rappeler ce que tout enfant peut lire dans son cours d’histoire de France ; mais je voudrais rappeler que les habitants d’Angoulins ont eux-mêmes participé à ces préludes de la Révolution française.Ce furent des bourgeois qui rédigèrent en quatorze pages, le cahier des doléances de la paroisse : De La Coste, un juge sénéchal, Seignette, un bourgeois négociant, membre de l’Académie de La Rochelle, et d’autres qui signèrent pour la forme. Angoulins, était en ce moment, et plus peut-être qu’aujourd’hui, dans la banlieue ; de nos jours il y a exode de travailleurs rochelais, tandis qu’avant 1789, il y avait prise de possession des terres par les grandes familles. Ces bourgeois n’aimaient point la noblesse, mais ils ne valaine pas mieux que les anciens seigneurs et ne se génaient pas pour pressurer le menu peuple de fermier et de sauniers. Leur influence date surtout de la Réforme, du moins à Angoulins ; au XVIII°S, l’accroissement de leurs richesses, dû au traffics coloniaux et à la traite des nègres leur permit facilement d’acquérir des terres et mêmes des droits seigneuriaux. Ces bouregois, des philosophes, font leurs premiers pads dans la démocratie ; dans une dizaine d’années, en l’an VIII, Seignette, l’un des signataires du cahier de 1789, présentera pour sa commune, au sous-préfet de La Rochelle, des revendications plus réalistes. Pour l’instant, ils semblent illuminés par cette faveur royale de dire enfin ce qu’ils pensent, et ils s’embrouillent dans des considérations générales, mais puisque ceux sont eux qui forment le peuple, tout doit retourner vers leur bien-être et celui de la “grand‘ville”. Vraiment, ce cahier d’Angoulins me déçoit, comparé à d’autres d’Aunis ; mais ailleurs y avait-il autant de bourgeois illuminés ? </div><div align="justify">Cette introduction était nécessaire pour comprendre les larges extraits du cahier de doléances que je vais donner. 1789 est pour l’histoire d’Angoulins, un tournant qui compte. </div><div align="justify"><br /><em>AU ROI, Portés aux pieds d’un monarque, Père de ses peuples, qui cherche la vérité et la justice, notre reconnaissance, notre fidélité surtout l’assurance d’une confiance sans limites dans l’auguste assemblée dont ce Roi bien faisant veut être l’ami et le conseil</em> . Saisir avec éclair le premier éclat du bonheur, ne pas perdre de vue que Louis XVI a pris en main un spectre de fer qu’il pouvait trouver cent mille complices prêts à exécuter ses volontés arbitraires et qu’il lui a fallu tout son discernement pour rassembler autour de lui quelques hommes vertueux afin d’éclairer et seconder ses bonnes intentions, lui procurer le seul bien qu’il pu ambitionner, le bonheur public, son auguste épouse, le premier prince de son sang sont aussi les amis de la justice, ils jouiront du bien qu’ils veulent faire. </div><div align="justify"> </div><div align="justify">Après cette introduction grandiloquente de fidélité et d’attachement au Roi, les auteurs du cahier présentent leurs doléances sur l’Administration :<< <em>Supplier le roi d’employer tout les moyens de dévoiler les hommes avides et concutionnaires, recevoir les plaintes, les faire vérifier, examiner par des personnes choisies et désintéressées, punir le calomniateur décidé, protéger le dénonciateur qui ne veut que le bien de la société... </em>>></div><div align="justify">Puis ils demandent pour la province :<<<em>des états particuliers qui puissent s’occuper de l’amélioration locales...</em>>>. </div><div align="justify"><<<em>Les frais de régie de cette administration doivent s’opérer à La Rochelle à beaucoup moins de frais que partout ailleurs, la ville est peuplée de personnes riches qui ne demanderaient pas mieux que d’avoir un état et de servir leur province avec désintéressement et si contre toute attention ils étaient capables de cupidité, il est prouvé que c’est dans les places de commerce que l’on tire le meilleur parti du numérique puisque les receveurs actuels de Saintes et autres y font verser leur argent pour l’employer en papier à leur profit... </em>>></div><div align="justify"> </div><div align="justify">Suivent des considérations générales sur les ports et les objets << <em>qui doivent porter à la charge de la grande administration</em> >> - la centrale - << <em>si cela était réservé aux provinces, l’économie rendrait tout mesquin et nuisible à la tranquillité générale... S’il est enfin question d’améliorations particulières pour la Saintonge, fussent-elles mêmes contraires aux habitants d’Aunis, la majorité des voix les obligeraient de y acquiescer, serait-il proposé quelques dépenses pour notre province, la minorité des voix rendrait nos projets infructueux, cette communauté serait on ne peut plus nuisible à nos intérêts.</em> >></div><div align="justify">C’est le tour des impositions : <<<em>Un seul et unique impôt, une juste et égale répartition anéantit tout arbitraire, tout privilège... les êtres intermédiaires qui augmentent les frottements de la Machine, détruisent tout sans rien créer, ne doivent plus subsister, chaques provinces doivent avoir leurs receveurs particuliers qui verseront au Trésor Royal. Il faut de bonne heure les accoutumer à des rétributions médiocres ; les agents publics qui reçoivent du pauvre comme du riche ne doivent pas donner l’exemple du luxe et de la prodigalité... Détruire les Gabelles... qui obstruent le commerce, entretiennent une guerre intestine, peuplent les galères, coûtent au peuple deux fois plus qu’elles ne rapportent tant par les frais de perception que par particuliers qu’en retire l’armée oppressive de cette Machine infernale... mais comme il porte plus sur le riche s’il faut qu’il subsiste, des lois publiques simples et bien connues, toujours placées à côté de la perception.</em>>></div><div align="justify"> </div><div align="justify">Après avoir traité de l’administration et des impositions, les auteurs des Cahiers abordent un sujet épineux, celui de la Justice :<<<em>La justice n’est utile que pour conserver les propriétés et maintenir l’ordre. Si l’état des chsose est trop lucratif, tant pour les chefs que pour les adhérents, elle dégénère en abus, entretien plus qu’elle ne détruit les discussions qui sont un des fléaux les plus cruels et qui pèsent le plus sur la Société...</em>>> Ils réclament <<<em>des lois criminelles qui donnent l’exmeple de l’humanité... une réforme des lois civiles, un code national, clair, précis, à la portée de tout le monde, qui détruise les abus pernicieux qu’entraînent avec lui ces interpréations des lois qui souvent embrouillent plus qu’elles n’éclairent... Les juges toujours choisi parmi les hommes les plus indépendants, il serait à désireux qu’ils n’eussent aucunes propriétés et qu’ils fussent obliger de placer tous leurs capitaux au Trésor Public pour l’avoir en rente sur la Nation...>></em> </div><div align="justify"><br />L‘AGRICULTURE :<br /><<<em>C’est aussi le cas de répéter que la suppression des gabelles fera fleurir nos salines, celle du tabac ouvrira une nouvelle branche à la culture, celle des aides perfectionnera la fabrication de nos vins et nous mettra de niveau dans tous les marchés de l’Europe... Notre Province est plus cultivée que jamais et malgré que les paturages ne soient pas abondants, la bonté du sol les multiplie , il pourrait se faire encore beaucoup d’élèves, et il serait juste qu’elle partagea tous les encouragements que le Roi donne pour augmenter et perfectionner l’éducation des chevaux? Une foire de bétail trois fois par an aux portes de La Rochelle serait un spectacle d’encouragement pour les habitants propriétaires... C’est à la campagne où l’aisance est la plus resserée, les moindres accidents font des malheureux sans pain. Le dernier hiver a présenté le spectacle le plus affligeant ; c’est une classe qu’il faut protéger et prémunir contre le découragement de la misère et les secourir par le travail, semer, entrtenir les principes d’honnêteté et de loyauté, les éclairer, ne les point tromper, jamais n’indiquer un précepte sans le pratiquer, les intéresser au bien pour l’amour propre, tout homme convaincu publiquement d’une mauvaise action exclu de toutes délibérations patroissiales, punir avec sévérité ses propriétaires de fief qui abusent des faveurs accordées dans le principe à des seigneurs honnêtes, effraient, tyrannisent, persécutent leurs tenanciers soustraient et tronquent leurs titres ; à quoi ils seraient moins exposés s’ils savaient lire et écrire...>></em> </div><div align="justify"><br />L’ECOLE :<br />C’est la partie la plus intéressante pour l’histoire sociale de la paroisse : l’école qui, dans l’esprit des rédacteurs des cahiers, permettrait d’affranchir la classe paysanne de la servitude ; idée qui a suivi son cours depuis lors, mais dont il ne faut pas exagérer l’importance. Bien avant 1789, il y eut à Angoulins, des maîtres d’école, et la proportion des illettrés n’y était pas plus forte qu’ailleurs.Pour cela, un maître d’école dans chaque paroisse serait utile ; il pourrait être entretenu dans notre banlieue, par un retour d’équité, sans être à la charge, au peuple, ni au Roi. En 1380 par transaction faite sous l’autorité de Charles Martel et de la bulle de Clément sept, les évêques de ce diocèse jouissaient du centain à la charge d’entretenir les curés. En 1681, le Clergé tout puissant obtint au parlement, dans la personne de Mgr Laval, évêque, de percevoir le centain... ne serait-il pas juste de le restituer aux paroisses pour le consacrer au fixe d’un maître d’école et d’un chirurgien...Nos campagnes seraient la pépinière fertile de la population s’il l’on pouvait trouver quelques moyens de veiller à la conservation des enfants depuis leur naissance jusqu’à six ans. Il est étonnant le nombre qui périt par la misère et le défaut de soins, il est très ordinaire de voir des mères de famille n’avaoir qu’un enfant après en avoir mis douze ou quinze au monde.Quelques données démographiques confirment le bienfondé des doléances des angoulinois : sur 240 naissances, il y a plus de 100 enfants qui meurent avant d’avoir atteint l’âge de cinq ans. Il y eut sans doute quelques progrès réalisés, après 1750, dans la lutte contre les maladies infantiles ; Angoulins eut sa part dans les heureux résultats des cours d’accouchement de La Rochelle. Malgré tout les doléances de 1789 n’avaient rien d’exagéré. </div><div align="justify"><br />LA MILICE :<br />Supplier le Roi de supprimer toute espèce de milice, en ajoutant bien peu de choses au frais quelles entrainent, on se procurerait une même quantité d’hommes de bonnes volontés et l’on ne jetterait pas le deuil et la désolation dans les familles, cela détruirait cette empreinte d’esclavage, pire que celui d’Afrique ; les hommes de nos côtes, choisis de préférence pour les milices de mer, sont peut-être les moins propres à cet état, car il ont tous une grande accrétée dans le sang et beaucoup de disposition à sa dissolution, le chagrin les rend nonchalants, le scorbut s’en empare et ce sont des hommes perdus...</div><div align="justify"> </div><div align="justify">LE COMMERCE<br /><< <em>C’est la culture qui a créé le commerce, c’est le commerce qui vivifie l’agriculture, sur ses rapports, tout ce qui l’intéresse nous intéresse, on rencontre dans cette classe de la société des hommes bien précieuse et honnête. Mais c’est celle de toutes où la bonne foi et la réputation est la plus nécessaire... Pour celà nous désirerions que le commerce fut... dégagé de toutes les entraves de la fiscalité, puni, déshonnoré le fraudeur... Les courtiers nous paraissaent diminuer la concurrence des acheteurs, ils font perdre au cultivateur l’avantage de toutes les grandes révolutions, augmente le mal de l’abondance par les difficultés de débouchés, mettent à contribution toutes les parties sans rien créer... C’est ainsi l’unique ressource des agioteurs jeu d’hasard si cruel et si pernicieux aux spéculations sages et médiocres, facilitent aux grandes maisons l’accaparement des affaires... L’anéantissement des privilèges fixera à la campagne la retraite de nos riches commerçants qui y porteront des moyens et des améliorations. Le commerce conservera les hommes fortunés et à talent que les circonstances faisaient gémir et décidaient à parcourir une autre carrière pour eux et leurs enfants...Les auteurs des cahiers passent à d’autres sujets qui se retrouvent d’ailleurs dans toutes les doléances de la France en 1789 : la lettre de cachet (il faudrait tout une page pour en parler et même réformer certaines idées ) la chasse et les pigeons ( pensez aux ravages qu’ils faisaient aux récoltes , c’était un droit seigneurial ) la corvée ( qui entretient les grandes routes ? Celui qui ne s’en sert jamais...)</em> </div><div align="justify"><br />LES DEPUTES<br />C’est ici qu’il est essentiel de jeter les yeux sur les hommes les plus honnêtes, les plus indépendants, les plus isolés, connus par quelques grand trait à qui on ait pas une faute à reprocher, fut-elle involontaire... ce n’est pas un orateur, un grand génie, qu’il nous faut, s’il ne réunit pas toutes ces qualités, c’est une belle âme qui nous est nécessaire ; l’auguste assemblée dont-ils seront membres indiquera tous les moyens, il ne faut que choisir et saisir, souvent celui qui propose le moinsest celui qui voit le mieux...Avec de tels députés que seront les Etats Généraux ?Etablissement tutélaire... où nos députés doivent employer toute l’honnêteté, tous les égards pour se concilier l’affection du Clergé, de la Noblesse, adhérer à tout ce qu’ils proposeront de lumineux et d’équitable, leur persuader que l’abandon volontaire de leurs prérogatives pécunières augmentera leur considération et notre reconnaissance...Nous faisons des voeux pour la conservation du meilleurs des Rois et de son Auguste Epouse.<br />Fait et arrêté dans l’assemblée tenue le 26 février 1789. </div><div align="justify"><br />Signé :<br /><strong>DelaCoste, juge sénéchal de la chatellenie d’Angoulins ; F. Guerry, syndic ; E.-L. Seignette ; Jean Largeau ; P.-L. Branche ; Véron ; Jacques Bonneaud ; Gaillard ; René Bouteillié ; Bouet ; Brochet ; P. Penard ; P. Albert ; Poniard.</strong><br /><br /><br />Article et relevés effectués par M. JOGUET Octobre 1955, L’Echo.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-6327787115221448913?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-59702437102168949962006-02-07T05:00:00.000+01:002007-04-11T13:51:31.847+02:00La chapelle Ste Radegonde (Jean Joguet)<div align="justify">Il ne faut point croire que l’assistance et la Sécurité Sociale soient une création de notre XX°Siècle. Le moyen-âge connaissait déjà cette assistance aux maladesdans les hôpitaux et plus qu’aujourd’hui, le voyageur bénéficiait tout au long de la route de l’hospitalité des maisons spécialisées dans l’hébergement. Il y aurait fort à dire sur le rôle de l’Eglise dans ce domaine et ce n’est point notre sujet, mais à propos de quelques notes historiques, j’ai voulu retracer l’histoire d’une maison hospitalière, celle d’Angoulins.Le visiteur qui arrive à Angoulins par la route de La Rochelle est surpris par l’aspect d’un bâtiment élancé qui lui rappelle, malgré les deux étables adjacentes, quelque chapelle moyennâgeuse. Proche du cimetière actuel, au milieu d’un vaste enclos, cette construction se remarque aisément. mais combien d’habitants d’Angoulins savent qu’il y avait là un prieuré et une chapelle dépendant de l’antique maison hospitalière de Saint-Gilles de Surgères. En 1009, le comte de Poitou fondait à Surgères un prieuré qui devenait à la fin du même siècle, grâce aux libéralités de Guillaume IX, duc de Guyenne et comte de Poitou, la “maison aulmosnière de Sainct Gilles”, un des hospices les plus importants et les mieux dotés de toute l’Aquitaine. Ce furent sans doute les mêmes ducs qui , au XII° siècle, donnèrent au prieuré de Surgères les biens qui devaient former le “membre” Sainte Radegonde d’Angoulins.Angoulins, alors, était florissant ; les marais salants, la vigne... étaient en pleine prospérité depuis le X° siècle. Châtelaillon marchait vers sa décadence et La Rochelle descendait tout juste des hauteurs de Cougnes. Au carrefour de la route de Châtelaillon à La Rochelle et du grand chemin saunier qui s’en allait vers Surgères, le prieuré Sainte Radegonde était bien placé pour remplir son rôle d’hospitalité.Ses origines sont bien obscures. Pourtant, dès la fin du XII° siècle, il y avait une chapelle. En 1246, le “grand feu de Sainte Raagon” est inscrit au Terrier du Grand fief d’Aulnis pour des cens dus au frère de Saint Louis, Alphonse, comte de Poitiers. Dès le début, il y eut donc pour le prieuré une attribution de bien et de revenus qui le rendit capable de subvenir aux besoins pressants des voyageurs indigents. Il aurait été vraiment intéressant de pouvoir dire comment l’hospitalité fut faite pendant ces premiers siècles et au cours de la Guerre de Cent Ans ; malheureusement, rien n’a été écrit à ce sujet et je ne puis romancer. Et pourtant, après ces cents années de misère, les maisons hospitalières ne se relèvent pas ; elles semblent avoir perdu la notion de leur rôle bienfesant ; la grande lumière du moyen-âge est éteinte et il faudra attendre le XVII°siècle pour retrouver, du moins dans les villes, le grand élan de charité dû à “monsieur Vincent”.Cependant, le prieuré et la chapelle Sainte Radegonde subsistaient, n’ayant subi, au cours des guerres, aucun dommage apparent. Le rôle hospitalier semble terminé ; c’est un prieuré composé de deux chanoines séculiers qui administrent ses biens et parfois donne son aide au ministère paroissial. plus de cinquante articles sont inscrits aux registres des biens immobiliers du prieuré : marais salants, terres, vignes, maisons...Même, les prieurs étaient riches : Mathurin Fourestier ;, Jehan Maulhi qui, en 1530, arrente une maison et des terres à un clerc de la paroisse. Puis c’est la décadence en ce XVI° siècle où les guerres civiles et religieuses font rage ; les prieurs ne résident plus et afferment les revenus de leurs prieuré à des laïcs. En 1563, Thomas Socquet, prieur résidant à Puyraveau, afferme les revenus de Sainte Radegonde à Jehan Cartault, procureur au présidial de La Rochelle.En 1590, le prieuré tombait même entre les mains d’un laïc, François de Benac sieur de Clairac et seigneur du “Gros Sainte-Radegonde d’Angoulins” ; iol afferme pour trois ans à Jehan Ladignac, bourgeois de La Rochelle, les revenus soit “en le temple ou la chapelle, jardins, marais salants...” pour une somme de 24 écus sol. payable le premier novembre de chaque année.A Surgères, à cette même époque, une crise semblable entrainait la disparition des chanoines de Saint-Gilles. Le 29 juillet 1600, Charles de Fonsèques, sire de Surgères, transfère la “maison aulmonière” et toutes ses dépendances, aux Minimes de la province de Tours, fondés au XV° siècle par saint François de Paule. Sous leur ferme administration, Sainte Radegonde d’Angoulins reprend vie, mais ce n’est plus qu’une succursale jalouse de ses revenus et prérogatives ; le temporel est bien administré, la juridiction s’exerce sur le fief seigneurial, mais comme le fait remarquer la visite pastorale du 10 août 1631, dans la chapelle, il n’est fait aucun service.Décadence qui n’a fait que s’accentuer jusqu’au jour où les demoiselles Personnat ont permis, pendant que l’église paroissiale se voûtait, à Jésus de redescendre quelques fois dans ses murs.<br />Examinons à présent ces murs en question, cet intérieur si bien conservé et nous formerons le voeu que l’antique chapelle Sainte Radegonde se dresse très longtemps sous nos yeux :<br />En 1796, la chapelle était vendue comme bien national au citoyen Jean Laurent, maître de barque à La Rochelle, pour 1361 francs. Somme dérisoire, alors que l franc-assignat perdait chaque jour de sa valeur. Mais à quoi pouvait-elle s ervir cette chapelle ? Hangar ou chai comme le propose l’expert dans son procès verbal. Jean Laurent était d’ailleurs propriétaire des terres environnantes et avait la servitude d’entretenir un chemin de trois pieds pour y accéder.“ Ancienne chapelle de neuf toises de long de d’hors en d’hors, quatre toises de large idem ; en dedant, sept toises trois pieds de long, et deux toises cinq pieds six pouces de large, ce qui donne environ trois pied trois pouces d’épaisseur de mur. ayant en outre douze piliers de renfort en d’hors sur toutes les façades de dix-huit pouces d’épaisseur et de trente pouces de large revêtu en pierre de taille de marée. Laditte chapelle voutée en petits moellons taillés, ayant du pavé de laditte chapelle à la clef de voûte de vingt-neuf à trente pieds de hauteur ; le tout couvert de tuiles. L’élévation en d’hors, de vingt-quatre pieds d’élévation au carré, et nous estimons qu’elle doit avoir six pied de terrain tout autour ; le tout bâti à chaux et sable, surmonté d’un petit campagnaud sans cloche ; partie des murs dégradés et sur la couverture un grand quart des tuiles cassées...”En 1796, la situation n’est point brillante, mais cela devait durer depuis longtemps. Par la suite cette construction fut déparée par l’adjonction de deux étables sur ses côtés ; aussi, comme elle nous semble lourde aujourd’hui, cette chapelle Sainte Radegonde, pauvre oiseau rivé à terre par deux ailes dont elles n’a jamais voulues. Et puis ce petit campagnaud qui est tombé.Malgré tout, l’extérieur est encore remarquable. Je m’excuses d’employer des termes techniques mais comment décrire... il faut voir. La façade, épaulé par deux contreforts, est percée d’un portail en arc brisé ; un cordon d’étoiles entoure la voussure. Sous le pignon, il y avait une fenêtre longue ; il n’en reste qu’une petite ouverture sous le plein cintre et une grande fenêtre élargie à la base. Les murs latéraux sont renforcés par huit contreforts surmontés d’une corniche posées sur trente-six modillons en cavet. Le chevet, droit, est épaulé par deux contreforts et percé d’une longue fenêtre plus large que celle de la façade dont ne subsistent que deux ouvertures sous l’arc et la base. Tous les contreforts se terminent par deux légères retraites ; l’appareil des murs est moyen.Cet extérieur, tout le monde peut le voir, mais que dire de l’intérieur, qui semble tout aussi remarquable malgré la division en deux étages par un plancher ! J’ai eu la faveur de le visiter et j’en suis reconnaissant. Près du chevet à droite, sont juxtaposées deux niches servant de crédences ; elles sont moulurées de roses et autres ornements dégradés; non loin, une porte en arc brisé s’ouvre vers l’extérieur. Deux fenêtres ébrasées qui n’ont sans doute jamais été complètement ouvertes, se remarquent sur les murs latéraux. La voûte en petit moellons est un cintre brisé, supporté par une imposte. L’appareil est moyen en pierres fossilifères assez grossièrement taillées et revêtues de plâtre ; on y remarque par endroits de faux joints dessinés d’un trait brunâtre.Ce ne serait pas médire des autres édifices, et notamment l’église paroissiale, que de réserver une place de choix pour la chapelle Sainte Radegonde dans l’Echo.Ce fut au moyen âge l’église des pélerins : ne sommes nous pas tous des pélerins, pauvres voyageurs sur cette terre ? Que Sainte Radegonde nous guide vers notre patrie céleste.</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-5970243710216894996?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-28470217308464336402006-02-01T19:22:00.000+01:002007-04-14T19:41:21.353+02:00Essai d'identification d'un graffito du fortin de la Motte Grenet<div><div align="center">(par Denis Briand)</div><br /><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5053338755909030114" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RiEQ0yOsEOI/AAAAAAAAADk/M0v35D7B8bY/s400/navire.jpg" border="0" /><br /><br /><div align="justify">Dans mes écrits je mentionne souvent la forte présence de graffiti sur notre commune. C’est vrai dans les métairies, les bâtiments civils et religieux, les rues, mais c’est aussi le cas dans le seul vestige militaire du village : le fortin de la Motte Grenet. </div><br /><div align="justify">La monographie, que j’ai signée en mai 2003 pour l’association Expression-Hist, précise et décrit les ruines d’une enceinte bastionnée et le corps de garde (avec magasin et logements, voûtés et à l‘épreuve) qui demeurent de la fortification initiale. L’ouvrage militaire napoléonien érigé, comme les batteries du Chay, afin de permettre une défense côtière efficace face à la menace anglaise présente plusieurs graffiti remarquables. Mes relevés in situ inventorient différents graffiti marins destinés à grossir mon corpus angoulinois. Accompagnant ce catalogue d’inventaire j’essaie aussi d’y annexer quelques clefs de compréhension utiles à une glyptographie angoulinoise. Pour l’illustrer, je veux ici vous présenter l’un des graffiti marins que j’ai découvert (photo en haut).</div><br /><div align="justify">Il s’agit d’un trois mâts armé. Sur sa coque figurent un peu moins d’une quarantaine de canons. Nous sommes donc en présence d’un vaisseau d’environ 70 à 80 canons au total. Considéré dans le contexte de sa représentation - sur le mur de ce fortin - le graffito est contemporain des manoeuvres anglaises en rade des Basques. Pour un début de glyptographie ce raisonnement est essentiel : on sait qu’à l’époque de la construction de la batterie napoléonienne vaisseaux, frégates, corvettes, brick et autres navires de guerre, dépendant d’une escadre dirigée sous les ordres de l‘amiral Gambier, croisaient en face d’Angoulins. Si on se permet de proposer le rapprochement du graffito avec les navires de cette période, la liste des navires est assez brève et on peut facilement espérer retrouver notre graffito : Abondant dans le sens de cette entreprise d’identification, les travaux de Luc Bucherie - notre correspondant et référent en matière de glyptographie - nous apprennent que les graffiti sont très souvent l’œuvre de spectateurs. Comme serait celle, par exemple, d’un garde-côte angoulinois qui a tracé dans le calcaire un des navires qui mouillait face au fortin où il montait la garde. Voici dans le tableau la liste de l’escadre de l'amiral Gambier. </div><a href="http://3.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RiEQLyOsENI/AAAAAAAAADc/AorxeiNE7FM/s1600-h/tableau.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5053338051534393554" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RiEQLyOsENI/AAAAAAAAADc/AorxeiNE7FM/s400/tableau.jpg" border="0" /></a><br /><div align="justify"></div><div align="justify">Dans une notice je citais pour 1810 trois noms de navires chargés de casser le commerce maritime. Ils faisaient partie de l’escadre arrivée depuis mars 1809 dans la rade des Basques entre l’île d’Aix et La Rochelle. L’amiral James Gambier à la tête de cette flotte était assisté par les capitaines Harry Neale et William Bedford à bord du HMS Caledonia (120 canons, donc trop fortement armé pour être notre graffito). Il y avait aussi de nombreuses frégates mais dont il ne peut s’agir sur la représentation du fortin car ce type de navire ne comptait pas plus de 44 canons au mieux. Pourquoi pas alors un des vaisseaux de ligne de l’escadre comme le HMS Valiant cité dans l’épisode de septembre 1810 ? Ou le HMS Revenge qui est représenté ci-dessus ? Avec 74 canons, ils pourraient très bien être notre bateau-graffito tout comme d’ailleurs les autres vaisseaux de la même importance comme le Theseus, le Resolution, l’Illustrious, le Hero et le Bellona. Complétant cette armada, avec 80 canons chacun, le Caesar, le Donegal, et le Gibraltar pourraient aussi être notre navire mystère.</div><div align="justify"></div><div align="justify"><em>Ci-dessous le HMS Revenge, peut-être le navire figuré par notre graffito.</em></div><br /><div align="justify"></div><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5053339571952816370" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_RC0DYTXi0qg/RiERkSOsEPI/AAAAAAAAADs/PzZRqy4lFVE/s400/revenge.jpg" border="0" /><br /><div align="justify"></div><br /><div align="justify"></div><br /><br /><br /><div align="justify"></div><br /><br /><br /><div align="justify"></div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-2847021730846433640?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-27322782.post-83733473870797711352006-02-01T18:08:00.000+01:002007-05-08T18:09:36.978+02:00Le testament d'une belle inconnue (par Jean Joguet)<div align="justify">C'était la femme d'un bourgeois de La Rochelle, Jehan Nau ; nous ne connaissons que son prénom, Tiphaine. Elle vivait au début du XVIe siècle et le dix-huitième jour de juin mil cinq cent trente-six, sans être aucunement malade, elle pense "qu'il n'est chose plus certaine que la mort, ne chose plus doubteuse et incertaine de l'heure d'icelle..." ; aussi fit-elle son testament.Elle demande que sa sépulture soit faite au cimetière de l'église Saint-Nicolas de La Rochelle, près de son feu mari, ou au cimetière de l'église d'Angoulins s'il lui advenait d'y décéder. Entre autres legs à sa paroisse de La Rochelle et aux couvents de la ville, elle donne à l'église d'Angoulins, 10 livres, plus une tasse d'argent doré pesant un marc, une pièce de tapisserie pour mettre près et devant le crucifix, un anneau d'or valant 10 livres..."Item, je veulx et ordonne que tous mes vestemens, abillemens et garnitures de mon corps tant robbes, cottes, chapperons et autres vestements soyent vendus... au plus offrant et dernier enchérisseur et de l'argent qui en parviendra, le dispenser justement à trèze pauvres filhes à marier et qui auront bon renom, sçavoir est sept en ladicte paroisse de Saint-Nicolas et six de celles de ladite paroisse d'Angoulins, le tout dans l'an et jour amprès mondit décès et trespas, moyennant qu'elles seront tenues de prier dieu pour moy et de mes feus parens et amys trespassés..."Parmi les témoins de cet acte, on note les fabricqueurs de l'église, Méry Cerneau et Guillaume Pynet et le vicaire Thomas Texier. Il l'était depuis juillet 1534, époque où Christophe Descombes, curé de Saint-Barthélémy de La Rochelle et de Saint-Pierre 'Angoulins, lui avait affermé la cure pour 47 livres 10 sols. En mars 1536, le même Thomas Texier, toujours résidant à Angoulins, prend en ferme une autre cure, celle de Notre-Dame de Lagord ; Messire Michel Rousseau, prieur-cure de Lagord et Compagnon Dieu servant en l'église Saint-Nicolas, la lui cède pour 47 livres 10 sols. Les charges en sont lourdes : 60 sols de non-résidence, 6 livres pour la visites épiscopale, etc...Où gît la dépouille de cette belle inconnue qui nous a permis d'évoquer l'âme de la paroisse d'Angoulins il y a plus de 400 ans ?</div><div align="justify"> </div><div align="justify">Jean Joguet</div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/27322782-8373347387079771135?l=www.angoulins.net'/></div>expressionhistnoreply@blogger.com