tag:blogger.com,1999:blog-248470072008-06-02T14:14:50.930+04:00resistanz974lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comBlogger115125tag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-44533235174446887652008-04-21T19:59:00.000+04:002008-04-21T20:03:28.274+04:00Chomsky : Affamer les pauvres<div class="titUne"><br /></div> <div class="titSous" style="border-bottom: 1px solid rgb(204, 204, 204); margin-bottom: 2px; padding-bottom: 3px;"> </div> <div class="txtArt" id="article" style="margin-top: 30px; margin-bottom: 30px;"> <p class="txtChapo">La pression à la hausse sur les cours du maïs, qui devient désormais une ressource énergétique avec la filière Ethanol, a provoqué une augmentation de 50% sur les tortillas au Mexique, déclenchant des protestations parmi les travailleurs agricoles dont c’est l’alimentation de base. Loin des prétentions des thuriféraires de la mondialisation qui la présentent comme un mécanisme ne faisant que des gagnants, la réalité de la domination américaine sur les marchés déstabilise les plus faibles en Amérique Latine.</p> <img src="http://contreinfo.info/IMG/arton988.jpg" style="margin: 0pt 10px 5px 0pt; float: left;" /> <p class="spip"> <strong class="spip">Par Noam Chomsky, 16 mai 2007, The International News</strong></p> <p class="spip">Le chaos provoqué par ce qu’on appelle l’ordre international est bien néfaste pour ceux qui se trouvent dans les niveaux inférieurs de la structure. Les tortillas [crêpes de maïs mexicaines] sont maintenant l’enjeu d’un conflit. Dans plusieurs régions du Mexique le prix des tortillas a augmenté de plus de 50%. En janvier, dans la ville de Mexico, des dizaines de milliers de travailleurs et de paysans ont manifesté sur le Zócalo, place centrale de la ville, pour protester contre le prix trop élevé des tortillas.</p> <p class="spip">En réponse le gouvernement du président Calderón est parvenu à un accord avec les producteurs et les détaillants pour fixer une limite aux prix de la tortilla et de la farine de maïs, très probablement une solution temporaire.</p> <p class="spip">La hausse des prix menace le principal produit alimentaire des Mexicains pauvres. C’est l’un des résultats de ce qu’on pourrait appeler l’effet éthanol, conséquence de l’acharnement des Etats-Unis à vouloir produire de l’éthanol à partir du maïs - substitut énergétique du pétrole, dont les principales réserves se trouvent bien sûr dans les régions du monde où l’ordre international est le plus menacé.</p> <p class="spip">Ainsi l’effet éthanol aux Etats-Unis a fait monter les prix d’une bonne quantité de produits alimentaires, comme les céréales et la volaille. Il n’existe pas de relation directe entre l’instabilité au Moyen-orient et le coût de l’alimentation aux Etats-Unis, bien entendu. Mais comme toujours dans le commerce international les puissants font incliner la balance. Depuis bien longtemps l’un des objectifs de la politique extérieure des Etats-Unis a toujours été de créer un ordre global dans lequel les entreprises états-uniennes disposent d’un libre accès aux marchés, aux ressources et aux opportunités d’investissement. C’est ce qui est communément appelé le « libre échange », dénomination qui ne résiste pas au premier examen sommaire.</p> <p class="spip">Cela n’est en rien différent de ce que la Grande-Bretagne, antécesseur dans la domination mondiale, avait imaginé durant la deuxième moitié du XIXème siècle quand elle adopta le libre échange, non sans avoir auparavant atteint une puissance industrielle bien supérieure à tous ses rivaux potentiels grâce à 150 ans d’interventionnisme étatique.</p> <p class="spip">Les Etats-Unis ont dans une grande mesure suivi le même modèle. Généralement les grandes puissances désirent un certain niveau de libre échange lorsqu’elles considèrent que cela favorise les intérêts économiques qu’elles protègent. Cela a toujours été, et cela reste, l’un des caractères principaux de l’ordre international.</p> <p class="spip">Le boom de l’éthanol relève de la même logique. Comme le signalent C. Ford Runge et Benjamin Senauer, spécialistes de l’économie agricole, dans le dernier numéro de Foreign Affairs, « l’industrie du biocombustible n’est pas activée par les forces du marché mais elle est depuis longtemps dominée par les intérêts de quelques entreprises », notamment par Archer Daniels Midland, le plus grand producteur d’éthanol.</p> <p class="spip">La production d’éthanol se maintient grâce aux subventions de l’Etat et grâce aux tarifs douaniers forts élevés qui empêchent l’entrée de l’éthanol brésilien issu de la canne à sucre, nettement meilleur marché et de meilleure qualité. En mars lors d’un voyage du Président Bush en Amérique latine, la seule chose à laquelle il soit parvenu c’est à un accord avec le Brésil pour une production conjointe d’éthanol.</p> <p class="spip">Mais Bush, tout en répétant la rhétorique du libre échange pour autrui soulignait que les hauts tarifs douaniers qui protègent les producteurs états-uniens seraient maintenus, ainsi que bien entendu tous les dispositifs d’aides gouvernementales pour cette branche.</p> <p class="spip">Malgré les énormes subventions apportées à l’agriculture [états-unienne], financées par les contribuables, les prix du maïs et des tortillas ont augmenté très vite. L’un des facteurs c’est que les industriels commencent à utiliser les variétés de maïs mexicain qui sont meilleur marché. Cela fait monter les prix. Le Traité de libre commerce (TLC) de 1994 peut jouer un rôle de plus en plus important. Les déséquilibres initiaux du TLC ont eu pour conséquence d’inonder le Mexique de produits de l’agro-industrie subventionnée - contraignant bien des producteurs mexicains à abandonner leur terre.</p> <p class="spip">L’économiste mexicain Carlos Salas après une analyse détaillée des données a signalé que, après une augmentation constante jusqu’en 1993, l’emploi dans l’agriculture a commencé à baisser avec l’entrée en vigueur du TLC, notamment parmi les producteurs de maïs - conséquence du TLC selon les conclusions de Carlos Salas et d’autres. Un sixième de la force de travail mexicaine dans l’agriculture a disparu depuis le début du TLC, et ce n’est pas fini. Cela fait baisser les salaires dans d’autres secteurs de l’économie et cela fait augmenter l’immigration vers les Etats-Unis. Ce n’est certainement pas tout à fait par hasard si le Président William Clinton a militarisé la frontière mexicaine -auparavant assez ouverte-, en 1994, juste au moment de l’entrée en vigueur du TLC.</p> <p class="spip">Le Mexique auparavant autosuffisant sur le plan alimentaire est devenu dépendant des Etats-Unis du fait de la politique de « libre échange ». Le prix du maïs augmentant aux Etats-Unis, sous la pression des grandes entreprises et de par l’interventionnisme de l’Etat, on peut anticiper que les prix continueront d’augmenter de façon drastique au Mexique. De plus en plus les biocombustibles sont susceptibles d’« affamer les pauvres » dans le monde, disent Runge et Senauer, dans la mesure où les produits sont transformés en éthanol pour les privilégiés - le manioc en Afrique sub-saharienne pour prendre un autre exemple préoccupant.</p> <p class="spip">De la même façon, dans le sud-est asiatique, les forêts tropicales sont taillées et brûlées pour produire de l’huile de palme destinée aux biocombustibles. Et aux Etats-Unis l’environnement est menacé par l’utilisation de grandes quantités d’intrants dans la production de maïs pour d’éthanol.</p> <p class="spip">Le prix élevé de la tortilla, comme les autres soubresauts de « l’ordre international », montre le lien qui existe entre les événements du Moyen-orient au Midwest [« Moyen Occident », région centrale des Etats-Unis] et la nécessité d’établir des relations commerciales basées sur des accords vraiment démocratiques entre les personnes, et non sur des intérêts dont l’objectif principal ce sont les bénéfices des grandes entreprises subventionnées et protégées par l’Etat qu’elles dominent complètement, sans la moindre considération pour le coût humain.</p><p class="spip"><a href="http://contreinfo.info/">ContreInfo</a><br /></p><p class="spip"></p><br /></div>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-58995325615022470522008-04-14T20:58:00.000+04:002008-04-14T21:03:29.124+04:00Les fausses explications de la crise alimentaire dans la presse<p>Depuis plusieurs jours, des manifestations populaires prennent forme<br />dans de nombreux pays du Sud. Les raisons de ce mécontentement sont<br />partout semblables ; les prix de la nourriture de base ont augmenté de<br />manière aussi brutale qu'importante et les populations, déjà<br />paupérisées par la mondialisation, se retrouvent dans l'incapacité<br />d'assumer cette charge supplémentaire. Les peuples ont faim ! Les<br />causes de cette flambée sont multiples mais elles sont globalement<br />issues des jeux économiques. D'une part, une spéculation de replis sur<br />les denrées alimentaires suite à la crise des subprimes, d'autre part<br />la production d'agrocarburants et le réchauffement climatique.<br />Pourtant, certains journalistes pointent dans leurs articles les<br />autorités locales africaines comme responsables des choix<br />catastrophiques en matière de politiques alimentaires, semblant<br />ignorer que les politiques agricoles des pays du Sud sont soumises aux<br />conditionalités de la Banque mondiale, du Fonds Monétaire<br />International (FMI) ou encore aux Accords de Partenariats Économiques<br />(APE). Ceux qui façonnent l'opinion publique font ici preuve d'une<br />légèreté étonnamment orientée. C'est ainsi que l'on peut lire dans la<br />presse écrite belge : <<></p><div id="qhide_173637" style="display: block;" class="qt">>>. Raccourci étonnant. Aussi étonnant que simplificateur et qui<br /><br /></div>dédouane à peu de frais les politiques néolibérales de privatisations,<br />de plans d'ajustements structurels, imposés depuis bientôt trente ans<br />par les Institutions Financières Internationales (IFI's) et les<br />gouvernements du Nord au reste de la planète.<br /><p>par Eric De Ruest<br /></p><p> Les PAS (plans d'ajustements structurels) ont été imposés par les<br />institutions de Bretton Woods aux pays du Sud dans le contexte de la<br />crise de la dette du début des années 1980 |2|. Ces mécanismes, tout<br />droit issus de l'idéologie néolibérale, englobent l'ensemble des<br />secteurs des sociétés visées. En effet, pour les théoriciens du<br />néolibéralisme, la mondialisation déploiera l'ensemble de ses<br />bienfaits quand chaque région produira ce en quoi elle excelle et<br />laissera donc le soin aux autres régions de produire la majorité de ce<br />dont elle a besoin. C'est en substance la théorie des avantages<br />comparatifs datant de 1817. Plus simplement, un pays reconnu comme<br />étant particulièrement adapté à la culture du cacao doit renoncer à<br />produire les céréales, les huiles végétales, les légumineuses<br />nécessaires à l'alimentation de base de ses habitant(e)s et doit<br />échanger sur le marché mondial sa production contre tout ce qui lui<br />manque. Il s'agit donc de se couper des cultures vivrières séculaires<br />et essentielles à la souveraineté alimentaire des peuples pour se<br />plier aux jeux des économistes. Jeux dangereux qui ont montré leurs<br />limites très rapidement et dont on peut contempler toute la déraison à<br />travers les échecs observés dans de nombreux pays ( Haïti, le Sénégal,<br />le Burkina Faso, etc.). Dangereux car ignorant la destruction de la<br />biodiversité au profit des monocultures d'exportations, ignorant aussi<br />les impacts écologiques désastreux des transports nécessaires pour<br />toutes ces marchandises. De plus, comment imaginer, sans une politique<br />volontariste de contrôle des prix, qu'un pays qui exporte l'arachide<br />dont les cours restent bas pendant 20 ans sur le marché mondial pourra<br />importer les tracteurs et le pétrole nécessaires à son maintient sur<br />ce marché ? Quand on connaît la tendance des cours du Brent à<br />s'envoler toujours plus vers de nouveaux sommets et des prix des biens<br />manufacturés à rester démesurément supérieur aux cours de cette pauvre<br />cacahuète, on imagine la catastrophe. C'est immanquablement la ruine<br />et la famine pour la paysannerie locale et l'inévitable migration vers<br />les bidonville pour une large partie de cette population.<br /></p><p>Quelle est donc cette théorie issue des milieux intellectuels réputés<br />sérieux qui fait fit de la biodiversité, de la souveraineté<br />alimentaire des peuples, des risques de destruction par différents<br />fléaux naturels ou humains accrus par le choix de la monoculture, de<br />l'essence chaotique du marché |3|, de la pollution généralisée ?<br /></p><p>Une stratégie délibérée de transformation sociale à l'échelle mondiale<br />Dans son premier rapport de 1999 consacré aux PAS, M. Fantu CHERU |4|<br />explique que l'ajustement structurel va <<>> Réduction du rôle de l'Etat. Et cela vient<br />d'un rapporteur spécial des Nations-Unies. M. CHERU n'est d'ailleurs<br />pas le seul rapporteur des Nations-Unies à avoir évoqué dans ses<br />travaux les conséquences néfastes des PAS. Des critiques détaillées<br />issues des travaux d'autres experts onusiens font feu de tout bois<br />dans les domaines du droit au logement, du droit à l'alimentation ou<br />encore à celui de l'éducation |5|. Là où les IFI's imposent la<br />privatisation et ouvrent une voie royale à l'appétit gargantuesque des<br />multinationales. C'est donc à cause d'une dette trop souvent issue de<br />dictatures ou d'emprunts réalisés par les puissances coloniales (l'un<br />n'empêchant pas l'autre) et transférés aux états nouvellement<br />indépendants, que les gouvernements des pays du Sud (d'Afrique en<br />particulier) |6| ont été contraint d'accepter les PAS et ainsi<br />concéder une part importante de leur souveraineté. Si bien qu'avancer<br />aujourd'hui que les choix stratégiques pour l'alimentation seraient<br />encore dans les mains des gouvernements du Sud relève à moins d'un<br />manque d'information indigne du journalisme que l'on est en droit<br />d'attendre en démocratie. Entendons par la que fustiger à tord les<br />africains est une contre-vérité lourde de sens et qui n'aide en rien à<br />créer un climat fraternel entre les peuples.<br /></p><p>Un exemple pour mieux comprendre les impacts négatifs des PAS : Haïti<br />Les émeutes qui se sont déclenchées la semaine dernière à Port-au-<br />Prince, mais aussi dans d'autres villes haïtiennes, ont été réprimées<br />dans le sang. Une quarantaine de blessés au total dont quatorze par<br />balles et au moins 5 morts. Pourtant, ces manifestations n'étaient que<br />le résultat prévisible d'une flambée subite du prix du riz (de l'ordre<br />de 200%). Quand on sait qu'aujourd'hui 82% de la population vit dans<br />une précarité absolue avec moins de 2$ par jour, on comprend<br />facilement de telles réactions face à cette augmentation. Haïti<br />utilise 80% de ces recettes d'exportation uniquement pour couvrir les<br />importations nécessaires à ses besoins alimentaires |7|. Cependant, il<br />n'en a pas toujours été comme cela. Avant la chape de plomb<br />dictatoriale des Duvalier père et fils (de 1954 à 1986), l'île<br />connaissait l'autosuffisance alimentaire. Mais la tendance qu'ont les<br />IFI's à soutenir les dictatures s'est encore confirmée ici et le<br />peuple haïtien, en plus des blessures personnelles (tortures,<br />exécutions sommaires, climat de terreur permanent instauré par les<br />tontons macoutes), se voit réclamer le remboursement de la dette<br />externe qui culminait en septembre 2007 à 1,54 milliard de dollars |8|<br />Le secteur agricole aura été le plus durement touché par les exigences<br />des prêteurs et puisque la population était majoritairement rurale,<br />l'ampleur des dégâts n'en a été que plus importante. En cause ?<br />Principalement l'abaissement des droits de douanes imposé aux pays du<br />Sud mais rarement respecté entre l'Europe et les Etats-unis. Et<br />l'enchaînement fatal s'est mis en place ; arrivée d'un riz produit à<br />l'étranger à moindre coût (car subventionné) donc exode vers les<br />villes de nombreux paysans ruinés et donc impossibilité de réaction du<br />marché local en cas de flambée des prix sur le marché international.<br />Ici comme ailleurs, les bénéfices de la libéralisation sont<br />inexistants pour la très grande majorité de la population, les dégâts<br />sont par contre considérables.<br /></p><p>Un tsunami d'origine bien humaine<br />Quand les pompiers pyromanes communiquent, partout la presse y fait<br />écho. Le (pas très bon) mot de L.Michel est cité par tous les<br />journalistes de la place européenne : <<>>. On pourrait croire par là que la crise a une cause<br />extra-humaine, comme le fruit d'une catastrophe naturelle. Pourtant,<br />comme nous l'avons développé plus haut, les causes de la crise sont<br />par trop le résultat de politiques dictées par les milieux financiers<br />aux gouvernements du Sud. C'est aussi à notre voracité énergétique<br />qu'il faut imputer une des cause de cette crise ; Les agrocarburants<br />rentrent bien en concurrence, sur le marché, avec les denrées<br />alimentaires. La spéculation qui se fait autour de cette nourriture<br />changée en carburant tire le prix des céréales et du sucre vers de<br />nouveaux plafonds. Même Peter Brabeck, patron de la multinationale<br />Nestlé, s'inquiète de la situation dans une interview au journal<br />suisse <<>> du 23 mars 2008. Pour lui, si l'on veut<br />couvrir 20% de la demande pétrolière avec des agrocarburants, il n'y<br />aura plus rien à manger |9|<br /></p><p>Il est donc plus que temps d'abandonner ce modèle de<br />(sous-)développement néfaste et de laisser le choix aux populations de<br />cultiver prioritairement pour leur marché intérieur. Actuellement,<br />avec les connaissances acquises dans le domaine de l'agriculture<br />respectueuse de l'environnement, nous pouvons viser l'autonomie<br />alimentaire régionale sur l'ensemble de la planète et donc satisfaire<br />à un droit humain fondamental, celui de se nourrir décemment. Les<br />conséquences positives de ces progrès tant attendus seraient de<br />favoriser rapidement la santé dans un premier temps, puis l'éducation,<br />induisant une qualité de vie meilleure sous toutes les latitudes.<br /></p><p>notes articles:<br /></p><p>|1| p.4 de <<>>, un article de M.F.C. (avec l'AFP et<br />Reuters) ce jeudi 10 avril 2008<br /></p><p>|2| Lire E.Toussaint <<>> chap.8 p.187 coédition Syllepse /CADTM/CETIM, 2004.<br /></p><p>|3| Benoît Mandelbrot a conçu, développé et utilisé une nouvelle<br />géométrie de la nature et du chaos. On sait moins que la géométrie<br />fractale est née des travaux que Mandelbrot avait consacré à la<br />finance au cours des années 1960. Pour de plus amples informations<br />lire : <<>>, de Benoît Mandelbrot,<br />1959-1997 en poche.<br /></p><p>|4| Expert indépendant auprès de l'ancienne commission des droits de<br />l'homme des Nations-Unies (sur les effets des PAS sur la jouissance<br />effective des droits humains - rapport E/CN.4/1999/50 du 24 février<br />1999)<br /></p><p>|5| Lire à ce propos la brochure éditée par le CETIM <<>>, décembre 2007.<br /></p><p>|6| Pour le Congo par exemple, au 30 juin 1960, jour de<br />l'indépendance, la dette directe s'élève à un total de 921 096 301,44<br />US$ >> (Tiré de l'article de Dieudonné Ekowana).<br /></p><p>|7| Ce qui laisse très peu de marge pour tout le reste, tout ce qui<br />est pourtant nécessaire au développement d'un pays. Jamais d'ailleurs<br />le duo infernal FMI/BM ne s'est vanté d'une quelconque réussite de ses<br />politiques sur cette île.<br /></p><p>|8| Selon la Banque mondiale et l'Office des Nations unies contre la<br />drogue et le crime (UNODC) Bébé Doc. aurait détourné au total entre<br />300 et 800 millions de dollars.<br /></p><p>|9| Tout comme le Premier ministre italien, Romano Prodi, sceptique<br />sur les bénéfices des agrocarburants et qui a affirmé qu'une<br />transition vers ce type de palliatif au pétrole aurait un impact<br />négatif sur la production alimentaire.<br /></p><a href="http://www.alterinfo.net/AGENCE-DE-PRESSE_r48.html?PHPSESSID=f8394f73ae9c49a91ccb74eba7c0ba75">Alterinfo</a>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-37531590231778988532008-04-08T19:30:00.000+04:002008-04-08T19:32:50.965+04:00Claude Allègre, nouvelles contrevérités sur le climat<div class="IndividualTitleContainer"><h3>Claude Allègre, nouvelles contrevérités sur le climat</h3></div> <span class="texteCourant"><p><a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/03/27/claude_allegre.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=403,height=281,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Claude_allegre" title="Claude_allegre" src="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/images/2008/03/27/claude_allegre.jpg" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" border="0" height="104" width="150" /></a> L'ancien ministre socialiste et qui voulait devenir ministre de Nicolas Sarkozy publie ce matin un nouvel article sur le climat dans l'hebdomadaire Le Point. Il est fondé sur des contreverités factuelles impardonnables pour un scientifique censé respecter un minimum de règles éthiques dans sa communication avec le public.</p> <p>La première est la plus énorme. Voici ce qu'écrit Claude Allègre : </p><blockquote><p><em>"Les très officielles et respectées agences Hadley Center, Nasa, GISS ont effectivement confirmé que l'année 2007 avait été caractérisée par une chute des températures de 0,60 à 0,75°C, une valeur qui annule en un an l'augmentation moyenne de températures depuis vingt ans".</em></p></blockquote> <blockquote><p>Or, voici justement ce qu'écrivait le GISS (Goddard institute for space studies), donc l'équipe de James Hansen, dans son <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/02/en-2007-a-chauf.html">bilan de l'année 2007</a>: <em>"L'année 2007 est la seconde année la plus chaude dans la période couverte par les données instrumentales, derrière l'année record en 2005"</em>. </p></blockquote> <p>Comme l'éminent géochimiste a t-il pu en arriver à écrire une telle énormité ? Tout simplement parce qu'il fait semblant de ne pas savoir lire une courbe sur un graphique. Il présente en effet, à l'appui de sa tonitruante affirmation, une courbe des écarts moyens de températures depuis 1988 à l'échelle mondiale, établie par le Hadley Center, le centre de recherche du Met Office britannique.</p></span> <span class="texteCourant"><p>Or, il se trouve que le mois de janvier 2008 est exceptionnellement froid, à l'échelle mondiale. Mais Claude Allègre raisonne comme si la température moyenne de ce seul mois de janvier 2008 était celle de toute l'année 2007. Une erreur grossière qui vaudrait un zéro pointé à un étudiant de première année en géosciences.</p> <p>Voici la courbe des anomalies de températures mondiales et la carte de celles de 2007 établies par l'équipe de James Hansen, au GISS.</p> <p><a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/03/27/fig1_2007annual_s_4.gif" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=698,height=241,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="Fig1_2007annual_s_4" title="Fig1_2007annual_s_4" src="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/images/2008/03/27/fig1_2007annual_s_4.gif" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" border="0" height="224" width="650" /></a><br /></p> <p>La baisse de 0,60°C à 0,75°C dont parle Claude Allègre existe, mais elle résulte d'une comparaison entre le seul mois de janvier 2007 et le seul mois de janvier 2008. Comme janvier 2007 fut exceptionnellement chaud - le troisième mois de janvier le plus chaud depuis un siècle ! - et celui de janvier 2008 exceptionnellement froid... il est logique que la chute soit drastique. Voici d'ailleurs la carte des anomalies de températures en janvier 2008<br /><a onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=650,height=534,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false" href="http://sciences.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/03/27/tempratures_janvier_2008_2.gif"><img src="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/images/2008/03/27/tempratures_janvier_2008_2.gif" title="Tempratures_janvier_2008_2" alt="Tempratures_janvier_2008_2" style="margin: 0px 5px 5px 0px; float: left;" border="0" height="657" width="800" /></a> </p> <p>Cette carte explique l'origine de cette situation exceptionnelle. Si l'anomalie froide sur l'Asie centrale est peu ou prou compensée par une anomalie chaude sur l'Europe du Nord et la Sibérie, l'essentiel se joue sur le Pacifique tropical. La grande tache bleue signale que l'océan est le siège d'une Nina de très grande ampleur.<a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/03/27/el_nina_fevrier_2008.jpg" onclick="window.open(this.href, '_blank', 'width=194,height=243,scrollbars=no,resizable=no,toolbar=no,directories=no,location=no,menubar=no,status=no,left=0,top=0'); return false"><img alt="El_nina_fevrier_2008" title="El_nina_fevrier_2008" src="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/images/2008/03/27/el_nina_fevrier_2008.jpg" style="margin: 0px 0px 5px 5px; float: right;" border="0" height="375" width="300" /></a> Il s'agit de la phase froide de l'oscillation bien connue des climatologues et des océanographes dont le nom scientifique est ENSO, pour El Nino southern oscillation. En phase chaude - El Nino (désolé pour les hispanophones, mais je ne sais pas mettre le tilde sur le n...) se traduit par un énorme glissement vers l'Amérique des eaux chaudes de surface. C'est l'El Nino de 1997-1998 qui explique que l'année 1998 fut longtemps la plus chaude du siècle. Puis, en phase froide, ce sont les eaux profondes, froides, qui s'étendent plus que d'habitude à la surface du Pacifique Est. <a href="http://www.aviso.oceanobs.com/fr/actualites/indicateurs-des-oceans/bulletin-el-nino/index.html">Le satellite d'altimétrie Jason observe cette Nina depuis la fin de 2007.</a></p> <p>La comparaison faite par Allègre entre les deux mois de janvier 2007 et 2008, et présentée de manière ou mensongère ou erronée, est donc de peu d'intérêt climatologique. La preuve : on observe une chute de même ampleur entre le mois le plus chaud de 1998 et le mois le plus froid de 1999. Déjà, c'était l'oscillation El Nino/La Nina qui était en cause. </p> <p>Claude Allègre, dans son article multiplie les exemples d'événements météo ou saisonniers récents - chutes de neige, températures extrêmes locales - comme s'il s'agissait d'arguments climatiques, alors que seules les fréquences sur longue durée de tels événements ont un sens climatique. Cette confusion entre les aléas d'une météo chaotique par nature et les tendances climatiques provoquées par des changements dans les facteurs déterminants du climat (effet de serre, énergie solaire, volcanisme, courants marins, calottes polaires...) relève de la bévue de débutant.</p> <p>Claude Allègre ne se limite pas à cette énormité. Il en livre une deuxième, impardonnable. Il prétend ainsi qu'il n'y a pas de tendance générale dans l'évolution du niveau de l'océan depuis 1993 et cite à cet égard les travaux d'Anny Cazenave, chercheur au Cnes, directrice adjointe du <a href="http://www.legos.obs-mip.fr/fr/">LEGOS, Laboratoire d'études en géophysique, et océanographie spatiales</a>. Il publie même, dans son article, une carte des évolutions du niveau de l'océan tirée de ses travaux.<br />Il se trouve que, ce matin même, j'étais à la présentation des résultats et projets d'altimétrie spatiale au siège du Cnes, l'agence spatiale française. Et que madame Anny Cazenave y était elle aussi... et que ses déclarations sont un démenti formel des propos de Claude Allègre. <em>"Il y a certes des endroits où le niveau de l'océan baisse et d'autres où il monte. Mais ces derniers étant beaucoup plus étendus et nombreux, le niveau moyen monte depuis 1993 de 3,3 millimètres par an, contre environ un millimètre par an au début du 20ème siècle."</em><br />Pour Anny Cazenave, <em>"la moitié de cette élévation du niveau marin est provoquée par la dilatation thermique de l'océan en raison de son réchauffement. La fonte des glaciers continentaux, et la diminution de masse des calottes polaires expliquant le reste."</em></p> <p>Commenter et relever les propos de Claude Allègre pourrait sembler inutile et répétitif. Comme de noter le soutien, prudent, qu'il donne à son ami Vincent Courtillot, prétextant que les critiques qui lui ont été faite concernant son article sur les relations entre le Soleil et le climat terrestre étaient le fait de médias employant contre lui <em>"les mêmes termes infamants que contre Einstein en 1930"</em>. Un mensonge de plus <a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/02/soleil-et-clima.html">puisqu'il a été démontré que les articles de Vincent Courtillot étaient tout simplement entachés d'erreurs factuelles et de calculs</a>.<br />Mais l'ancien ministre pourrait peut-être le redevenir, puisqu'il y tient tant. Et donc jouer un rôle politique à rebours des préconisations des climatologues : maîtriser et diminuer les émissions de gaz à effet de serre afin d'atténuer tant que faire se peut les risques d'un changement climatique pour une part inéluctable... Et auxquels il faudra également s'adapter, avertissent-ils depuis vingt ans, l'un des mensonges récurrents de Claude Allègre, réitéré dans Le Point, étant que cet avertissement n'aurait pas été donné.<br />C'est pourquoi il faut souligner le courage d'un groupe de scientifiques, climatologues pour l'essentiel, qui ont publié, entre les deux tours des élections municipales,<a href="http://sciences.blogs.liberation.fr/home/files/lettreouverte.pdf"> une lettre ouverte au Président et au premier ministre</a>, s'inquiétant d'une telle nomination qui serait "<em>un signal extrêmement négatif qui affaiblirait la crédibilité internationale de notre pays au moment où la France va prendre la présidence de l'Union Européenne."</em></p></span><a href="http://www.liberation.fr/"><span class="texteCourant"><p>Sylvestre Huet, journaliste à Libération</p></span></a>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-76504561504828955842008-03-01T19:07:00.000+04:002008-03-01T19:08:48.922+04:00Monsanto à Babylone<!-- Header: [end] --> <!-- Text: [begin] --> <h4>L’agriculture millénaire irakienne détruite par les multinationales agro-alimentaires américaines</h4> <h3>par Joëlle Pénochet</h3> <p class="bodytext"><span style="font-style: italic;">C’est au cœur de la Mésopotamie qu’a été inventée l’agriculture – avec un système d’irrigation sophistiqué –, voici plus de dix mille ans. La plaine alluviale exceptionnellement fertile située entre le Tigre et l’Euphrate offre des conditions idéales pour la culture des céréales. C’est là qu’est apparu le blé sauvage dans l’Antiquité. On y faisait pousser presque toutes les variétés connues aujourd’hui dans le monde (plus de 200 000). Les palmiers dattiers, autre ressource vitale du pays, abritaient des plantes potagères très variées.</span><br /></p> <h4>Les «semences de la démocratie»<sup>1</sup></h4> <p class="bodytext">Depuis son invasion en 2003, l’Iraq n’a pas été seulement spoliée de sa souveraineté politique, de son patrimoine archéologique, de ses ressources pétrolières, mais aussi de sa souveraineté alimentaire. En violation de la Constitution irakienne et des conventions de la Haye et de Genève, qui stipulent que l’occupant doit respecter la juridiction du pays occupé, l’administrateur provisoire Paul Bremer a édicté, avant l’installation d’un gouvernement fantoche par Washington, cent ordonnances scélérates qui ont force de loi. L’ordonnance 81 du 26 avril 2004 a livré le pays en pâture aux nécro-entreprises géantes qui contrôlent le commerce mondial des graines, comme Monsanto (le fabriquant de l’agent Orange). Elle conduit à la destruction irréversible de l’agriculture Iraquienne. L’Afghanistan avait subi le même sort en 2002.<br /></p> <h4>Biopiratage dans le jardin d’Eden</h4> <p class="bodytext">Cette circulaire, rédigée de façon très perverse, a institué de fait une obligation pour les fermiers irakiens d’acheter chaque année une licence et des semences transgéniques aux multinationales américaines, alors que la juridiction irakienne interdisait toute privatisation des ressources biologiques.<br />La règle de «Protection des variétés des plantes» (PVP), au centre de cette loi, ne traite pas de biodiversité, mais de la protection des intérêts commerciaux des transnationales semencières. Pour être qualifiées, les plantes doivent être «nouvelles, distinctes, uniformes et stables», des critères que les plantes irakiennes ne peuvent pas remplir. Ces sociétés étrangères détiennent un droit de propriété intellectuelle qui leur concède pendant vingt ans le monopole sur la production, la reproduction, la vente, l’exportation, l’importation et le stockage de toutes les semences génétiquement modifiées et les variétés de plantes «similaires». Monsanto a fait un hold-up sur les semences de l’Iraq pour les modifier génétiquement et les breveter. Ainsi, les agriculteurs sont maintenant contraints de payer pour pouvoir cultiver des céréales qu’ils semaient depuis des millénaires!<br /></p> <h4>Les fermiers iraquiens rançonnés par les géants semenciers</h4> <p class="bodytext">Cette ordonnance a rendu illégales les traditions antiques de sélection des meilleures semences par les agriculteurs pour les réutiliser d’une année sur l’autre, et d’échanges entre voisins. (Selon la FAO, 97 % des fermiers irakiens réutilisaient encore leurs graines, ou les achetaient sur le marché local en 2002). Par croisements, ils avaient créé des variétés hybrides adaptées au dur climat de la région.<br />Les agriculteurs «coupables» d’avoir semé des graines non achetées, ou dont le champ aurait été contaminé, encourent de fortes amendes, voire des peines d’emprisonnement et la destruction de leurs récoltes, de leurs outils et de leurs installations! Le terrorisme alimentaire pratiqué par les multinationales comme Monsanto dans les pays qu’elles colonisent, a conduit au suicide de milliers paysans par le monde – ruinés par l’achat annuel de semences transgéniques et des pesticides, herbicides et fongicides très toxiques qui leur sont nécessairement associés.<br />Les bombardements incessants depuis 1991 avec des armes à l’uranium appauvri – qui ont transformé le pays en une vaste déchetterie radioactive – et l’embargo de treize ans, avaient déjà commencé de détruire l’agriculture irakienne (anéantissement du système d’irrigation, du matériel agricole et des palmiers dattiers). De 1990 (date de l’instauration des sanctions) à 2003, le volume de la production de céréales avait diminué de moitié.<br /></p> <h4>Vers le contrôle total de la chaîne alimentaire de l’Iraq par les transnationales américaines<br /></h4> <p class="bodytext">En plus de subir les exactions quotidiennes des occupants, les fermiers iraquiens, devenus des serfs, sont désormais condamnés à produire des plantes artificielles, destinées pour moitié à l’exportation mondiale (ou aux troupes d’occupation, comme les variétés de blé réservées à la fabrication de pâtes, étrangères au régime alimentaire irakien), au seul bénéfice de Monsanto et consorts. Ceci alors même que la population irakienne souffre de la faim. Les chimères issues des nécro-technologies, représentent un très grave danger sur les plans environnemental, sanitaire, économique et éthique. Ils entraînent une pollution environnementale aussi irréversible que celle qui a été provoquée par l’uranium appauvri. Ils peuvent par ailleurs être utilisés dans le cadre de guerres biologiques ou bactériologiques silencieuses.<sup>2</sup><br />Les OGM constituent l’une des principales armes des instigateurs du «Nouvel ordre mondial» pour asservir l’une après l’autre les populations du monde entier. L’Iraq est devenue le nouveau laboratoire en grandeur réelle de cet instrument de domination diabolique, et les Irakiens les cobayes. •<br /></p> <p class="quelle">Source: <a href="http://www.votresante.org/" target="_blank">www.votresante.org</a> du 5/2/08<br /></p> <p class="fussnote">1 «Nous sommes en Irak pour y répandre les semences de la démocratie de façon à ce qu’elles y prospèrent et se propagent dans toute la région où règne l’autoritarisme.»(George Bush).<br />2 cf. Les articles de Mae Wang Ho et Joe Cumming, de l’Institute of Science in Society (ISIS).<br />Sources: articles de F.W. Engdahl, Stephan Lendman, Jeffrey Smith, Jeremy Smith, Michel Chossudovsky et Ghali Hassan sur www.globalresearch.ca</p> <!-- Text: [end] --><!-- CONTENT ELEMENT, uid:1120/text [end] --><!-- CONTENT ELEMENT, uid:1121/text [begin] --> <!-- Text: [begin] --> <p class="bodytext">«Contrôlez le pétrole, et vous contrôlez des nations entières; contrôlez le système alimentaire, et vous contrôlez les populations.»<br /></p> <h3>Henry Kissinger</h3>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-64155001251025259672008-02-01T21:18:00.000+04:002008-02-01T21:33:07.128+04:00Arche de Zoé, pas si simple...?<p style="margin-bottom: 0cm;" align="center"><a href="http://www.fltcd.com/"><span style="background: rgb(255, 255, 0) none repeat scroll 0% 50%; -moz-background-clip: -moz-initial; -moz-background-origin: -moz-initial; -moz-background-inline-policy: -moz-initial;"><span style="font-family:Wide Latin,serif;"><span style="font-size:6;"><span style="color: rgb(255, 0, 0);">F</span></span><span style="font-size:78%;"><span style="color: rgb(0, 128, 128);">ront</span></span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:78%;"><span style="color: rgb(0, 128, 128);">de </span></span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:6;"><span style="color: rgb(255, 0, 0);">L</span></span><span style="font-size:78%;"><span style="color: rgb(0, 128, 128);">ibération</span></span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:78%;"><span style="color: rgb(0, 128, 128);">du </span></span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:6;"><span style="color: rgb(255, 0, 0);">T</span></span><span style="color: rgb(0, 128, 128);"><span style="font-size:78%;">emps</span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:78%;">de </span></span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:6;"><span style="color: rgb(255, 0, 0);">C</span></span><span style="font-size:78%;"><span style="color: rgb(0, 128, 128);">erveau </span></span><span style="font-size:85%;"> </span><span style="font-size:6;"><span style="color: rgb(255, 0, 0);">D</span></span><span style="font-size:78%;"><span style="color: rgb(0, 128, 128);">isponible</span></span></span></span></a></p> <p style="margin-bottom: 0cm;" align="center"><b><i><span style="font-size:85%;"><span style="font-family:Arial Unicode MS,sans-serif;"><span style="color: rgb(0, 0, 128);">« Sérieusement ou avec humour combattre le décervelage « </span></span></span></i></b></p> <p style="margin-bottom: 0cm;" align="center"><br /></p> <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"><br /></p> <p style="margin-bottom: 0cm;" align="justify"><b><i><span style="color: rgb(0, 0, 255);">Texte diffusé le dimanche 25 novembre 2007 de 12 heures à 13 heures, dans l’excellente émission « La Planète Bleue » sur la chaîne de radio suisse romande « Couleur 3 », qui est une chaîne de radio très fiable à tous niveaux. </span></i></b> </p> <p style="margin-bottom: 0cm;"><br /></p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Quand la fameuse affaire de l’Arche de Zoé a éclaté, curieusement, le Président Sarkozy n’est pas venu au secours des enfants victimes, ni des familles abusées, mais des voleurs d’enfants. </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Pourquoi ? Pour protéger qui ? Pourquoi Nicolas Sarkozy est-il allé au Tchad chercher les journalistes français et les hôtesses espagnoles ? Pourquoi le président français a-t-il annoncé, haut et fort, qu’il irait chercher lui-même les membres de l’association « Arche de Zoé », quoi qu’ils aient fait, mettant ainsi le feu à un baril qui n’avait pas besoin d’arrogance pour s’enflammer. </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">S’agit-il d’une maladresse due à la précipitation, ou l’affaire des illuminés de l’Arche de Zoé cacherait t-elle une autre affaire autrement grave, bien plus glauque, qui aurait conduit le président français à la gaffe internationale ? </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;"><span style="font-size:130%;">Y aurait-il des imbrications entre l’exfiltration d’enfants tchadiens vers l’Europe, l’industrie pharmaceutique, et les milieux d’affaire ?</span></span></p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Chaque jour qui passe voit apparaître de nouvelles questions. Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle bénéficié de passe-droits au ministère des affaires étrangères, au ministère de la défense, voire au ministère de l’intérieur ? Pourquoi et comment l’association l’Arche de Zoé, a-t-elle pu utiliser les avions Transal de l’armée française, pour transporter son matériel de N’Djaména à Abéché ? Pourquoi les services du ministère français de la défense, connaissaient-ils le plan de vol du Boeing affrété par Eric Breteau, le président de l’Arche de Zoé ? </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Le Boeing atterrit à Abéché, un aérodrome sous contrôle militaire tchadien … et français, certains gradés français étant présents dans la tour de contrôle. C’est depuis Abéché, que, grimés en blessés, les gamins devaient embarquer dans l’avion garé en bout de piste. </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Est-ce que les moyens tout à fait étonnants dont a profité l’Arche de Zoé, est-ce que la précipitation maladroite du président Sarkozy, à s’impliquer personnellement dans l’affaire, aurait un rapport avec le financement trouble de l’association l’Arche de Zoé ? Cette affaire, qui est tout le contraire d’une histoire de pieds nickelés, soulève tellement de questions, que certains se demandent aujourd’hui, si derrière cette bavure humanitaire, ne se cache pas une affaire d’une toute autre ampleur, <span style="color: rgb(255, 102, 0);">une affaire d’expérimentations thérapeutiques sur des patients pas du tout volontaires</span>.</span></span></p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;"><span style="color: rgb(255, 102, 0);">L’association l’Arche de Zoé est une initiative d’un organisme français Paris Biotech Santé. Elle est financée par une société de développement de produits pharmaceutiques BioAlliance Pharma, dont le propre frère du président, François Sarkozy, est vice-président du conseil de surveillance. Certains observateurs se demandent si BioAlliance Pharma, qui mène des recherches sur le sida et pratique des essais thérapeutiques, n’aurait pas un lien avec l’affaire des infirmières bulgares, dont la libération avait déjà été négociée par la famille Sarkozy</span>. Quelles sont les réelles activités de BioAlliance Pharma, dont fait partie le frère du président Sarkozy ? </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">La compagnie développe des médicaments pour traiter des maladies décrites comme mille fois plus virulentes en Asie du Sud-Est et dans l’Afrique subsaharienne que chez nous. Pour développer ces traitements la société pratique des expérimentations sur des patients, comme par exemple pour le Loramic, cinq cent quarante patients répartis sur quarante sites différents à travers le monde. <span style="color: rgb(255, 102, 0);">Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, est directrice adjointe</span> <span style="color: rgb(255, 102, 0);">de Paris Biotech Santé.</span> <span style="color: rgb(255, 102, 0);">Et François Sarkozy, le frère du président, figure avec elle parmi les membres du comité d’évaluation de cet organisme</span> spécialisé dans la recherche bio-médicale. D’où les questions qui enflent sur le web. <span style="color: rgb(255, 102, 0);">Y aurait-il un rapport entre ces sociétés pharmacologiques, et l’intervention du président Sarkozy au Tchad</span>. <span style="color: rgb(255, 0, 0);">C’est comme la maladie d’Alzheimer, devenue grande cause nationale française, aussitôt après l’élection de Nicolas Sarkozy. Cette déclaration surprise aurait-elle un rapport avec le fait que son frère, François Sarkozy, siège à AEC Partners, dont le principal client est l’américain Pfeizer, leader mondial de l’industrie pharmaceutique, et spécialiste du traitement de la maladie … d’Alzheimer. </span></span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;"><span style="font-size:130%;">Au printemps dernier, le Nigéria a attaqué devant la justice internationale le géant Pfeizer, qui aurait je cite : « effectué en 1996, de façon illégale, l’essai clinique d’un médicament, le Trovan, sur deux cents enfants » fin de citation. L’inventeur du Viagra aurait secrètement utilisé des enfants comme cobayes, pour tester de nouvelles molécules, sous couvert d’aides humanitaires. Onze enfants sont morts lors de ces tests. D’autres ont subi de graves séquelles : surdités, paralysies, lésions cérébrales, cécités. Le Nigéria réclame dix milliards de dollars à Pfeizer. C’est le Washington Post qui a révélé le scandale. </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;"><span style="color: rgb(255, 0, 0);">Le journal belge sept sur sept s’interroge</span> lui aussi sur le rôle de Paris Biotech Santé, où travaille Stéphanie Lefèvre, la secrétaire générale de l’Arche de Zoé, et François Sarkozy le frère du président. Je cite <span style="color: rgb(255, 0, 0);">« L’Arche de Zoé n’est pas une histoire d’amateurs. Ils sont très professionnellement organisés, et ne manquent pas de fonds et de soutiens, en tout genre. La soit disant « petite » association semble avoir préparé cette opération au Tchad, avec beaucoup de relations d’influence, et de moyens techniques et financiers. »</span> Fin de citation. </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Pourquoi le président Sarkozy veut-il aller récupérer les militants de l’Arche de Zoé au Tchad ? Pourquoi a-t-il voulu aller récupérer les infirmières bulgares en Lybie ? Est-ce que c’est juste pour faire le beau, pour parader devant les caméras du monde entier, ou est-ce que tout en haut de l’état français, <span style="color: rgb(255, 0, 0);">on redouterait que des choses finissent par se dire dans les geôles africaines.</span> On évoque notamment des expérimentations humaines financées par de puissants labos de biotechnologie, sous couvert d’aide humanitaire. </span></span> </p> <p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Non, non, bien sûr, toute cette histoire n'est qu'un fantasme de plus des théoriciens du Complot....!<br /></span></span></p><p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><br /></p><p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;"><br /></span></span></p><p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;">Quelques liens pour vous faire une idée:<br /></span></span></p><p style="text-indent: 1.27cm; margin-bottom: 0cm;" align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-family:Tahoma,sans-serif;"><br /></span></span></p><a href="http://www.voltairenet.org/article152777.html"><span class="titre1">Arche de Zoé : que faisaient Nicolas, Cécilia et François dans cette galère ?</span> <br /><span class="titre7">par Thierry Meyssan</span></a><a title="Journaliste et écrivain, président du Réseau Voltaire." class="titre7">*</a><br /><br /><a href="http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=92331">Mise au point de Paris Biotech Sante</a><br /><br /><a href="http://www.parisbiotechsante.org/pbs6/">Paris Biotech Santé </a>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-35542099113311417472008-01-30T10:45:00.000+04:002008-01-30T10:48:15.416+04:00Un espion à la Société générale ? Oui, mais pas dans la finance !<div class="entry-meta"><br /> </div> <p> Un article de Morice pour Agoravox sur le scandale qui frappe la société Générale.<br /></p> <hr style="margin: 10px;"><strong>Mais c’est qu’il y a du beau monde à la tête de la Société générale… on se doutait bien que le positionnement de la banque française n’était pas très clair vis-à-vis du courtier évincé. Les dernières déclarations de ce dernier indiquent bien semble-t-il qu’il est l’arbre qui cache la forêt. L’homme aurait certes dérivé de ses attributions de départ, mais sans que la banque ne le laisse complètement isolé. L’enquête dira exactement quelle est la part de l’un et quelle est la part de l’autre. Le président du conseil d’administration, Daniel Bouton est bien sur la sellette.</strong> <p class="spip"><a href="http://www.agoravox.fr/IMG/socgen.jpg" target="_new"><img src="http://www.agoravox.fr/IMG/socgen.jpg" align="left" border="0" width="300" /></a>Ce soir, on apprend que c’est pire encore, car la débandade bancaire à laquelle il a participé, en se fourvoyant à un point faramineux dans l’aventure des subprimes américaines, lui a peut-être été soufflée par des membres de son propre conseil d’administration, qui l’auraient poussé à faire monter les prix, à faire fructifier au maximum ses dividendes, pour mieux se retirer avant que ça ne retombe. En le faisant au bon moment, à savoir juste après avoir été prévenu de la chute imminente, ce qu’on appelle en clair un délit d’initié. Tout le monde avait déjà remarqué l’intérêt que M. Bouton portait aux usagers de sa banque. La lettre d’excuse qu’il a rédigée ses derniers jours, en effet, n’était pas adressée à ses clients, mais… aux seuls actionnaires. <strong>A la Société générale, ce n’est pas le client qui est roi : c’est l’actionnaire. </strong></p> <p class="spip">Or, certains de ceux-ci ont décidé de se révolter, trouvant aujourd’hui la dévaluation de leur action un peu raide. Ce soir, ils ont une autre raison de vouloir le faire : l’un des membres d’administration de la banque a retiré vite fait bien fait la bagatelle de 85 744 953 d’euros le 9 janvier dernier, soit une vingtaine de jours avant que l’action ne chute réellement, et dix jours après que la banque ait découvert officiellement la malversation. Un timing parfait, car le cours est déjà en train de s’effondrer. Mieux ou pire encore : l’homme n’est pas un inconnu. Il n’est pas Français non plus… il est… Américain, s’appelle <a href="http://www.nndb.com/people/816/000118462/">Robert A. Day</a> et présente un pedigree intéressant. A faire pâlir n’importe quel petit actionnaire. Car l’homme, sans avoir de double vie, jouait au milieu même de la Société générale, un autre rôle. <strong>Un rôle étonnant…</strong></p> <p class="spip">Né en 1943, Robert A. Day, de son vrai nom Robert Addison Day, est le petit-fils d’un foreur de pétrole, William Myron Keck, fondateur de Superior Oil, revendu 5,7 milliards de dollars à Mobil (devenu Exxon en 1984). Il est pour sa part le dirigeant <a href="http://www.nndb.com/company/076/000126695/">milliardaire</a> de Trust Company of the West, qu’il dirige avec Robert D. Beyer, supporter sans honte de Mitt Romney et de <a href="http://www.ap.org/florida/floridaxgr/cabinet/image/harris,_katherine_%28r%29.jpg">Catherine Harris</a>, qui pour nous n’est pas une totale inconnue, puisqu’elle fut en 2000 la calamiteuse secrétaire de l’Etat de Floride, restée célèbre pour ses malversations électorales et le fiasco du décompte des voix à la main qui l’avait suivi. Pendant ses 22 premiers mois de travail, elle a passé son temps à <a href="http://farm1.static.flickr.com/130/345829742_8e1a3d2181_o.jpg">voyager</a> de par le monde entier, dépensant 106 millions de dollars en tickets d’avion. Nommée seconde de liste sur la liste Geb Bush de <a href="http://www.nytimes.com/imagepages/2006/05/10/us/10bush2.html">Floride</a>, c’est elle qui supervise l’élection de 2000 : le conflit d’intérêt est évident ! Pour ne rien gâcher, c’est une fervente <a href="http://wonkette.com/politics/pictures/reading-about-katherine-harris-is-good-for-you-184635.php">membre</a> de la <em>Coral Ridge Presbyterian Church</em>, et combat bien sûr l’avortement… Elle a bien entendu soutenu la guerre en Irak, en sachant pertinemment que Saddam Hussein n’avait pas d’armes de destruction massive, une chose avouée par elle à la télévision.</p> <p class="spip">A. Day, lui, n’est pas en reste : en <a href="http://www.tpj.org/pioneers/robert_day.html">2000,</a> il était entré dans le club huppé des meilleurs donateurs de la campagne de W. Bush avec plus de 100 000 dollars, culminant à 176,275 dollars de contribution. A la table d’administration de sa compagnie,<em> Trust Company of the West</em>, il est vrai siégeait Henri Kissinger. L’homme étant malin, ça ne l’empêchait pas d’inviter à la même époque le secrétaire d’Etat de Clinton, Warren Christopher, sur son yacht personnel. Républicain bien droitier, il est également membre d’un club hyper select, le <em>Alfalfa Club</em>, dont a fait partie Prescott Bush, le grand-père pro-nazi de W. Bush. L’activité essentielle du club consiste à célébrer la mémoire du général Lee, le général confédéré (sudiste) qui avait bien fini par se rendre en avril 1865.</p> <p class="spip">Pour Forbes, Addison Day est un client sérieux : il “vaut” 1,3 milliard de dollars et culmine au 297e rang sur les 400 plus riches Américains. Au même rang que Donald J Schneider, l’homme aux 48 000 camions qui sillonnent chaque jour les Etats-Unis. Une fortune qui vient… de France : TCW a laissé en 2001 à la Société générale 70 % de ses parts, <a href="http://fr.transnationale.org/entreprises/tcw_group.php">vendues </a>pour 2,5 milliards de dollars : la revente récente de ses actions Société générale indique davantage encore la panique engendrée par la situation de la banque française majoritaire dans son entreprise ou les parts qui lui appartiennent encore ! Ses investissements en participation sont variés, dans les secteurs de pointe, mais aussi chez Diebold, où il possède 4,32 % de parts. Bref, notre homme, qui n’en est pas à sa première action, loin s’en faut, s’est débarrassé d’un bon lot, au bon moment. A un <a href="http://www.easybourse.com/Website/article/5452-societe-generale-robert-a-day-a-vendu-1m-de-titres.php">tarif </a>défiant toute concurrence : 38 % de plus que le court actuel, soient 900 000 actions à 95,27 euros.</p> <p class="spip">A-t-il été prévenu ? Le conseil d’administration de la Société générale, où il siège, était-il au courant ? Les petits actionnaires ou les clients savent-ils que la banque est dirigée par quelqu’un qui soutient financièrement l’épopée de toute la famille Bush depuis le début ? Et plus encore ? Car, et c’est nettement plus grave, <strong>l’homme est aussi membre depuis 2001 du <em>President’s Foreign Intelligence Advisory Board </em>(ou Piffiab)</strong>, créé en 1956 par Eisenhower, un groupe de patrons de divers horizons offrant leurs services dans le domaine de… <strong>l’espionnage et les services secrets, <a href="http://www.thenation.com/blogs/capitalgames?pid=97">pas moins</a></strong>. Comme le disent ces statuts :<em> “The President’s Foreign Intelligence Advisory Board (PFIAB) provides advice to the President concerning the quality and adequacy of intelligence collection, of analysis and estimates, of counterintelligence, and of other intelligence activities. The PFIAB, through its Intelligence Oversight Board, also advises the President on the legality of foreign intelligence activities”</em>.</p> <p class="spip">Son président jusqu’en 2004, Brent Scowcroft, par exemple, était membre de Qualcomm et de Global and Power Pipelines, une division d’Enron… or il est intervenu à plusieurs reprises dans le conseil sur la stratégie à tenir au Moyen-Orient ! Accédant aux secrets d’Etat avec les 15 autres membres, il pouvait donc aussi dans l’autre sens en faire bénéficier ses propres sociétés ! Notre homme du jour, Arisson Day, y croisait par exemple tous les deux mois pendant 2 jours <a href="http://en.wikipedia.org/wiki/Philip_D._Zelikow">Philip Zelikow,</a> l’âme damnée, celui qui a affirmé ceci : ”<em>Why would Iraq attack America or use nuclear weapons against us ? I’ll tell you what I think the real threat (is) and actually has been since 1990 — it’s the threat against Israel”</em>, à savoir qu’il reliait l’attaque de l’Irak à la défense d’Israël. Comme le dit l’article “<em>Known in intelligence circles as ”Piffy-ab”, the board is supposed to evaluate the nation’s intelligence agencies and probe any mistakes <a href="http://thenexthurrah.typepad.com/the_next_hurrah/2007/06/pfiab-and-ovp.html">they make.”..</a></em>.</p> <p class="spip">C’est le bureau du Piffiab, influencé par Zelikow, qui a complaisamment insisté sur les armes de destruction massives (inexistantes) de Saddam, excuse retenue très tôt par W. Bush car le groupe a l’oreille directe du président : “<em>The PFIAB reports directly to the President, and provides recommendations for actions to improve and enhance the performance of intelligence efforts”.</em> Comme par hasard aussi, c’est Zelikow qui a conduit l’enquête sur les attentats du World Trade Center ! Et en a conclu ce qu’on sait. C’est lui qui avait rappelé un jour qu’un événement comme le WTC pourrait jouer le même rôle qu’un nouveau Pearl Harbour dans l’opinion publique…</p> <p class="spip">La Société générale a donc hébergé au sein de son conseil d’administration quelqu’un qui a exercé une influence directe sur la conduite du monde et de la guerre en Irak sans qu’on ne s’en aperçoive le moins du monde. Un homme obligé de faire des rapports tous les deux mois, et qui rencontrait régulièrement le président des Etats-Unis, et certainement pas pour lui parler design de guichet ou nouveau logo de la Société générale qu’il fréquentait et fréquente encore. On est fort tenté ce soir de savoir ce que la DGSE pense du cas de figure, de cet industriel jouant les contre-espions aux Etats-Unis, à la tête d’une des plus grandes banques françaises, via son conseil d’administration…</p> <p class="spip">Un espion siégeait bien à la Société générale, finalement, mais ce n’est pas le trader visé, et il n’a que fort peu à voir avec le secteur bancaire…</p>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-64494663601485265622007-12-27T23:23:00.000+04:002007-12-27T23:28:42.784+04:00Dans le Loiret, on fume gratis<b>Près d’Orléans, des militants libertaires cultivent biologiquement du cannabis, puis le distribuent gracieusement.<br /></b><p><br />Dans le Loiret, là où passent les fumeurs, l’herbe repousse. Pour un petit groupe de militants anarchistes, c’est même devenu un rituel. On plante, on fait pousser en respectant les principes de la culture biologique. Et, surtout, on se fait un devoir de distribuer cette «beuh» sans la moindre contrepartie financière. Question de principe. «Nous avons fait le choix de la qualité et de la gratuité», explique Nestor (1), l’idéologue du groupe.<br /><br /><b>Récolte</b>. Ce salarié, la trentaine rebelle, béret noir frappé d’une étoile sur la tête, réplique parfaite de celui porté par Che Guevara, vit cette expérience vieille de deux récoltes comme une démarche politique. «J’ai moi-même arrêté de fumer pendant quatre ans par ras-le-bol d’alimenter les réseaux mafieux. Avant de trouver cette alternative viable, humaine et sociale.» Deux fois par an, Nestor quitte Orléans pour Montargis. Là-bas, il y retrouve Pedro (1), un autre militant qui, lui, possède un terrain. «Nous plantons courant février et récoltons vers octobre», expliquent-ils. «L’entretien des plants nous demande une heure de travail par semaine, tout au plus. Pourquoi se faire du blé sur un investissement aussi léger ?»<br /><br />Dès la récolte terminée - de quoi répondre aux besoins de fumette du groupe pour une année entière -, les militants reprennent leurs habitudes. En tendant l’oreille. «Nous ne faisons pas de prosélytisme, insiste Nestor. Quand quelqu’un aborde le sujet, je l’informe de notre initiative, et, s’il est d’accord sur le principe, je lui livre un sac.» Les quantités ainsi cédées sont impressionnantes. L’herbe est claire et parfumée. Ses effets, s’ils ne sont apparemment pas comparables à ceux de la jamaïcaine, sont jugés «très satisfaisants» par les bénéficiaires. S’ils vendaient leur herbe, chaque livraison leur rapporterait environ 200 euros, mais les militants ne regrettent rien. «L’illégalité du cannabis en augmente artificiellement la valeur», pensent-ils. «Nous comparons notre gestion de ce produit à celle des fruits et légumes que les agriculteurs biologiques diffusent au travers des Amap, les associations pour le maintien d’une agriculture paysanne.»<br /><br />Leur clientèle de prédilection demeure l’entourage direct. Mais aussi les fumeurs limités par un pouvoir d’achat trop faible. Une logique du «produire plus pour fumer plus». «Tout en prenant en compte les dangers relatifs du cannabis, je préfère qu’un mec à la rue ou en détresse sociale fume plutôt qu’il se jette dans un alcoolisme abrutissant», se justifie Nestor. «Avec notre système et la distribution systématique des graines, nous invitons les gens à reproduire notre schéma et à devenir maîtres de la chaîne de production.»<br /><br />Au Collectif d’information et de recherche cannabique (Circ), association qui milite pour la légalisation du cannabis, on observe ce mouvement avec amusement. «Nous connaissons des fumeurs qui produisent chez eux pour leur propre consommation, mais des Zorro comme ceux du Loiret, jamais vu, lance Nathaniel, président du Circ Paris. Nous encourageons les fumeurs à s’organiser ainsi pour s’assurer d’avoir un produit de qualité au moindre coût et d’échapper au marché clandestin.»<br /><br />Pour assurer cette autosuffisance, le Circ préconise la création de «Cannabis social clubs». Des sortes de Rotary pour fumeurs assumés, censés diluer les responsabilités de chacun. Selon le Circ, en effet, c’est le producteur qui risque gros au regard de la loi. L’idée est donc qu’en dispersant la production on partage les risques.<br /><br />La cession de cannabis, qu’elle soit gratuite ou marchande, est en outre soumise aux mêmes règles juridiques. «En théorie, un producteur peut écoper de la prison à vie, poursuit Nathaniel. Dans les faits, quand on se fait choper avec une petite quantité et sans antécédents judiciaires, on risque six mois de prison avec sursis.»<br /><br /><b>Légalisation</b>. Un risque que mesurent clairement les fumeurs du Loiret. «En qualité de militant politique et syndical, je sais qu’ils pourront me descendre par le biais des stupéfiants. Mais j’en prends le risque», clame Nestor. «En matière de stupéfiants, la législation pénale a un côté hypocrite, concède Eric Grassin, avocat au barreau d’Orléans, les peines maximales ne sont que rarement infligées. Pour ce qui est de la cession gratuite, toutefois, les producteurs et les consommateurs ne doivent pas se faire d’illusions. L’état actuel de la jurisprudence ne laisse guère d’espoir. Devant une cour, je plaiderais volontiers cet aspect du dossier comme circonstance atténuante, mais le délit resterait le même au regard des textes en vigueur.»<br /><br />L’improbable légalisation du cannabis, les fumeurs militants du Loiret n’en ont cure : «Nous ne sommes pas favorables à ce que l’Etat mette son nez là-dedans et édicte sa loi. Nous continuerons de toute façon pour que les consommateurs n’aillent ni financer un état hypocrite ni des réseaux mafieux», conclut Nestor.<br /><br /><a href="http://www.liberation.fr/"><b>MOURAD GUICHARD Libération.fr</b></a>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-87718370751099186262007-12-03T18:32:00.000+04:002007-12-03T18:37:47.286+04:00La dette du Tiers Monde ?<div class="texte-article"><br /><br /><p class="spip" align="justify">La dette est une catastrophe pour<br />l’humanité, maintenant dans la plus extrême pauvreté des contrées<br />entières possédant pourtant d’importantes richesses matérielles et<br />humaines. Une tragédie sous-jacente, qui provoque en aval une multitude<br />de drames insupportables. Mais cette tragédie n’est pas arrivée toute<br />seule comme peut survenir un tremblement de terre ou un cyclone<br />dévastateur. Elle est la conséquence de choix géopolitiques bien<br />précis. Surtout elle est un puissant mécanisme de subordination des<br />pays du Sud, un nouveau colonialisme en somme. Comme toujours, elle<br />s’est jouée en 5 actes.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Acte 1 : les années 1960-1970</strong></p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Après la seconde guerre mondiale, les<br />États-Unis ont instauré le plan Marshall pour la reconstruction de<br />l’Europe. Ils ont investi massivement dans l’économie européenne pour<br />l’aider à se remettre debout et les pays européens sont redevenus très<br />vite des partenaires commerciaux privilégiés. De plus en plus de<br />dollars (la monnaie de référence) circulent à travers le monde, et les<br />autorités américaines tentent de freiner les demandes de conversion de<br />dollars en or, pour ne pas assécher leurs coffres-forts. Elles<br />encouragent alors les investissements des entreprises américaines à<br />l’étranger, pour éviter le retour des dollars en excès et une flambée<br />de l’inflation chez eux. Voilà pourquoi dans les années 1960, les<br />banques occidentales regorgent de dollars (les eurodollars) pour<br />lesquels elles sont en recherche de débouchés et d’investissements.<br />Elles les prêtent alors aux pays du Sud, qui cherchent à financer leur<br />développement, notamment les États africains nouvellement indépendants<br />et les pays d’Amérique latine.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">A partir de 1973, le choc pétrolier<br />apporte des revenus confortables aux pays producteurs de pétrole qui<br />les placent à leur tour dans les banques occidentales : ce sont les<br />pétrodollars. Là aussi les banques les proposent aux pays du Sud, à des<br />taux faibles pour les inciter à emprunter. Tous ces prêts provenant de<br />banques privées constituent la partie privée de la dette extérieure des<br />PED.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">S’ajoutent à cela les États du Nord où<br />à partir de ce choc pétrolier, la crise s’est installée. Les<br />marchandises produites au Nord ont du mal à trouver preneur à cause de<br />la récession et du début du chômage massif. Ces pays riches décident<br />alors de distribuer du pouvoir d’achat au Sud, afin de les inciter à<br />acheter les marchandises du Nord. D’où des prêts d’État à État, souvent<br />sous forme de crédits d’exportations. En gros, je te prête 10 millions<br />à bas taux, à condition que tu achètes chez moi des marchandises pour<br />10 millions... C’est la partie bilatérale de la dette extérieure des<br />PED.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Le troisième acteur de cette histoire<br />de l’endettement est la Banque mondiale. Institution née en 1944 alors<br />que les États-Unis étaient en position de force sur la scène<br />internationale, elle est profondément antidémocratique puisque le<br />système adopté pour les États-membres est “1 dollar, 1 voix”. Les<br />États-Unis possèdent plus de 17 % des droits de vote (ce qui leur<br />fournit une minorité de blocage), alors que le groupe formé par 24 pays<br />d’Afrique subsaharienne n’en détient que 2 %. A partir de 1968, son<br />président est Robert McNamara, ancien ministre de la Défense américain<br />qui a géré l’escalade de la guerre au Vietnam. Par l’intermédiaire de<br />la Banque mondiale, McNamara va agir pour contrecarrer l’influence<br />soviétique et les différentes tentatives nationalistes. Son combat va<br />se placer sur le plan financier. De 1968 à 1973, la Banque mondiale va<br />accorder davantage de prêts que pendant toute la période 1945-1968.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Ces prêts ont plusieurs buts<br />parfaitement clairs. Tout d’abord soutenir les alliés stratégiques des<br />États-Unis (Mobutu au Zaïre, Suharto en Indonésie, la dictature<br />brésilienne puis plus tard les dictatures argentine et chilienne...)<br />pour renforcer la zone d’influence américaine. Ils servent également à<br />stopper le développement de certaines politiques visant à l’obtention<br />d’une indépendance économique (Nasser en Egypte avec la nationalisation<br />du canal de Suez, N’Krumah au Ghana, Manley en Jamaïque, Sukarno en<br />Indonésie, etc.).</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">La Banque mondiale incite les pays du<br />Sud à emprunter dans l’espoir affiché de financer la modernisation de<br />leur appareil d’exportation et les connecter au marché mondial. C’est<br />la partie multilatérale de la dette extérieure des PED.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Pendant ces années, l’endettement est<br />encore supportable pour les pays du Sud car ces prêts leur permettent<br />malgré tout de produire davantage, donc d’exporter plus et de récupérer<br />des devises pour les remboursements et de nouveaux investissements.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Ces trois intervenants (banques<br />privées, États du Nord, Banque mondiale), avec la complicité des<br />classes dirigeantes du Sud, sont à l’origine d’une augmentation<br />exponentielle de la dette (elle est multipliée par 12 entre 1968 et<br />1980), précédant un tournant tragique.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Acte 2 : la crise de la dette</strong></p><br /><br /><p class="spip" align="justify">A la fin de l’année 1979, pour sortir<br />de la crise qui les frappe, lutter contre une inflation importante et<br />réaffirmer leur leadership mondial après les échecs cuisants au Vietnam<br />en 1975, en Iran et au Nicaragua en 1979, les États-Unis amorcent un<br />virage ultralibéral, qui sera poursuivi après l’élection de Ronald<br />Reagan à la présidence. Depuis quelques mois déjà, le Royaume Uni fait<br />de même avec le gouvernement de Margaret Thatcher. Paul Volcker, le<br />directeur de la Réserve Fédérale américaine, décide une forte<br />augmentation des taux d’intérêt américains dans le but d’attirer les<br />capitaux et ainsi de relancer la machine économique américaine. Les<br />investisseurs de toute la planète sont donc fortement incités à placer<br />leur argent aux États-Unis. Mais quel rapport avec la dette ?</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">C’est que jusque là les taux d’intérêt<br />des emprunts accordés aux États du Sud étaient certes faibles, mais<br />variables et liés aux taux américains. De l’ordre de 4-5 % dans les<br />années 1970, ils passent à 16-18 % au moins, voire davantage au plus<br />fort de la crise, car la prime de risque devient énorme. Par<br />conséquent, du jour au lendemain, le Sud doit rembourser trois fois<br />plus d’intérêts. En plein milieu du jeu, les règles ont été changées de<br />façon délibérée : le piège s’est refermé.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">De surcroît, les pays du Sud sont<br />confrontés à un autre changement brutal : la baisse des cours des<br />matières premières et des produits agricoles qu’ils exportent. La<br />grande majorité des prêts a été contractée dans des monnaies fortes<br />comme le dollar. Au cours des années 1970, les pays débiteurs doivent<br />donc se procurer de plus en plus de devises pour rembourser leurs<br />créanciers. Ils tentent alors d’exporter encore plus (café, cacao,<br />coton, sucre, arachide, minerais, pétrole, etc.) pour récupérer<br />davantage de devises, ce qui fait encore baisser les cours, vu<br />l’absence de demande supplémentaire au Nord. Le Sud se retrouve pris<br />dans l’étau de la dette sans bien sûr pouvoir faire face à ses<br />échéances. C’est la crise de la dette.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">En août 1982, le Mexique est le premier<br />à annoncer qu’il n’est plus en mesure de rembourser. C’est la fin de<br />l’acte 2, court mais brutal.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Acte 3 : les plans d’ajustement structurel</strong></p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Cette crise de la dette résonne comme<br />un coup de tonnerre dans le monde politique et économique. Les<br />institutions internationales, censées réguler le système et prévenir<br />les crises, n’ont rien vu venir.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Dès qu’un pays est contraint de stopper<br />ses remboursements, le Fonds Monétaire International (FMI) arrive en<br />pompier financier. Mais un drôle de pompier, qui a exacerbé le vice des<br />pyromanes...</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Plus personne d’autre ne veut prêter à<br />ces pays qui ne peuvent plus rembourser. Le FMI est leur seul recours.<br />Il accepte de prêter l’argent nécessaire (qui permet surtout de sauver<br />les créanciers - souvent privés - du Nord), au taux fort bien sûr, mais<br />à condition que le pays concerné accepte de mener la politique décidée<br />par ses experts : ce sont les fameuses conditionnalités du FMI. En un<br />mot, la politique économique de l’État endetté passe sous contrôle du<br />FMI et de ses experts ultralibéraux. Là se situe l’apparition d’une<br />nouvelle colonisation : une colonisation économique. Même plus besoin<br />d’entretenir une administration et une armée coloniale sur place, le<br />mécanisme de la dette se charge tout seul de gérer la dépendance.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Les mesures préconisées sont inscrites<br />dans un Plan d’ajustement structurel (PAS), qui correspond toujours au<br />même schéma : abandon des subventions aux produits et services de<br />première nécessité : pain, riz, lait, sucre, combustible... ; austérité<br />budgétaire et réduction des dépenses, en général baisse drastique des<br />budgets sociaux “non-productifs” (santé, éducation, subventions aux<br />produits de base) ; dévaluation de la monnaie locale ; taux d’intérêt<br />élevés, pour attirer les capitaux étrangers avec une rémunération<br />élevée ; production agricole toute entière tournée vers l’exportation<br />(café, coton, cacao, arachide, thé etc.) pour faire rentrer des<br />devises, donc réduction des cultures vivrières et déforestation pour<br />gagner de nouvelles surfaces ; ouverture totale des marchés par la<br />suppression des barrières douanières ; libéralisation de l’économie,<br />notamment abandon du contrôle des mouvements de capitaux et la<br />suppression du contrôle des changes ; fiscalité aggravant encore les<br />inégalités avec le principe d’une taxe sur la valeur ajoutée (TVA) et<br />la préservation des revenus du capital ; privatisations massives des<br />entreprises publiques, donc un désengagement de l’État des secteurs de<br />production concurrentiels... La potion est très amère.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Par exemple, au Mali, Alpha Oumar<br />Konaré est élu Président en 1992, après la dictature du général Moussa<br />Traoré. Sa politique est docile à l’égard du FMI et son but est le<br />rétablissement des grands équilibres macro-économiques. Il s’applique à<br />promouvoir les activités marchandes privées et à assainir le secteur<br />public, comme on dit au FMI. Les effectifs de la fonction publique<br />passent alors de 45 000 en 1991 à 37 700 en 1998, et les salaires<br />publics subissent une baisse en valeur réelle comprise entre 11 % et<br />18 %. La pression fiscale est passée de 8,5 % en 1988 à 14 % en 1998,<br />tandis que les dépenses courantes sont passées de 15 % du PIB à 10,8 %.<br />Et le gouvernement est tout fier d’en déduire que sur le plan des<br />grands équilibres, “la politique d’ajustement a permis une amélioration<br />notable” ! Sur les 90 entreprises publiques en 1985 au Mali, il en<br />reste 36 en 1998, 26 ayant été liquidées et 28 privatisées. Si bien<br />qu’en 1988, 75 % des recettes fiscales du gouvernement passaient dans<br />la masse salariale de ses fonctionnaires, contre 27 % en 1998. C’est ce<br />que le gouvernement qualifie d’ “assainissement notable des dépenses”.<br />Et ça continue : en 2000, audits de la Caisse de Retraite du Mali (CRM)<br />et de l’Institut National pour la Prévoyance Sociale (INPS) et adoption<br />d’un plan d’assainissement de leurs finances ; vente de 60 % du capital<br />d’Électricité du Mali (EDM) ; vente de l’Hôtel de l’Amitié ;<br />privatisation à 35 % de la Société Nationale des Tabacs et Allumettes<br />du Mali (SONATAM), avec privatisation totale en vue ; liquidation de la<br />Société Malienne de Matériel de Travaux Publics (SLMTP), de l’Office<br />des Relais Touristiques (ORT) et de la Société Nationale de Recherche<br />et d’Exploitation Minière (SONAREM).</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Pourtant le niveau de vie des<br />populations ne décolle pas pour autant. Quelques chiffres suffisent :<br />en 1999, le taux brut de scolarisation primaire est de 56 % ; le nombre<br />moyen d’élèves par enseignant dans le primaire est 79 ; 27 % des<br />enfants de moins de 5 ans souffrent de malnutrition ; 59 % de la<br />population a accès à un centre de santé à moins de 15 km ; 17 % des<br />logements sont équipés de l’eau courante et 12 % de l’électricité.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Autre exemple : en juillet 1999, le FMI<br />a accordé un crédit à Madagascar. En échange, le gouvernement procède à<br />d’importantes réformes structurelles, comme la privatisation de la<br />seconde banque publique du pays (une banque agricole), ainsi qu’à la<br />libéralisation des secteurs des télécoms, de la pêche et des ressources<br />minières. La compagnie pétrolière publique (Solima) fut privatisée avec<br />retard, en juin 2000 seulement. Mais, comme le pays appliquait<br />gentiment la politique qu’on entendait lui imposer, il méritait une<br />nouvelle bouffée d’oxygène financière. Dès juillet 2000, la première<br />tranche d’un nouveau crédit d’ajustement structurel de la Banque<br />mondiale fut débloquée. C’est donnant-donnant...</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">En outre, le FMI a l’habileté de faire<br />reposer la responsabilité de ces décisions sur les gouvernements en<br />place au Sud. Tous les ans, chaque État doit établir des rapports<br />analysant la situation économique et traçant des perspectives pour<br />l’avenir. Dans un sens ultralibéral, bien évidemment. Les prêts et<br />rééchelonnements divers ne sont accordés qu’à condition que ces<br />rapports aillent dans le “ bon ” sens, complétés par des visites de<br />gentlemen de la Banque Mondiale ou du FMI pour s’en assurer<br />directement. En fait, les institutions financières internationales font<br />signer par les autorités en place la liste de leurs propres<br />revendications, pour mieux expliquer le cas échéant qu’elles n’ont fait<br />qu’entériner les choix des autochtones... Le mécanisme de la dette est<br />un mécanisme de subordination très subtil et très impressionnant.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Acte 4 : L’utilisation des sommes au Sud</strong></p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Les emprunts massifs contractés par les<br />dirigeants des pays du Sud n’ont pourtant que très peu profité aux<br />populations. La majeure partie fut décidée par des régimes<br />dictatoriaux, alliés stratégiques de grandes puissances du Nord. Une<br />partie importante des sommes empruntées a été détournée par ces régimes<br />corrompus. Ils ont d’autant plus facilement accepté d’endetter leur<br />pays qu’ils ont prélevé au passage des commissions avec le soutien des<br />autres acteurs de l’endettement. Comment expliquer qu’à sa mort, Mobutu<br />Sese Seko, à la tête du Zaïre pendant plus de 30 ans, disposait d’une<br />fortune estimée à 8 milliards de dollars, équivalant aux deux tiers de<br />la dette de son pays, sans compter l’enrichissement de ses proches ? Ou<br />qu’à Haïti, en 1986, la dette extérieure s’élevait à 750 millions de<br />dollars lorsque la famille Duvalier, qui a gouverné d’une main de fer<br />pendant trente ans (d’abord François - dit Papa Doc - puis Jean-Claude<br />- dit Bébé Doc), a pris la fuite vers la Côte d’Azur française avec une<br />fortune évaluée à plus de 900 millions de dollars ? Quelle autre<br />explication trouver à l’enrichissement de la famille de Suharto en<br />Indonésie dont la fortune, au moment où il a été chassé du pouvoir en<br />1998 après 32 ans de règne, était estimée à 40 milliards de dollars,<br />alors que son pays était en plein marasme ?</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Parfois, comme dans le cas de la<br />dictature argentine (1976-1983), la situation est ubuesque. Pendant<br />cette période, la dette a été multipliée par 5,5 pour s’élever à 45<br />milliards de dollars en 1983, essentiellement contractée auprès de<br />banques privées, avec l’accord des autorités américaines. Dès 1976, un<br />prêt du FMI avait donné un signe fort aux banques du Nord : l’Argentine<br />de la dictature était fréquentable. La junte au pouvoir a recouru à un<br />endettement forcé des entreprises publiques, comme la compagnie<br />pétrolière YPF dont la dette externe est passée de 372 millions de<br />dollars à 6 milliards de dollars, elle a donc été multipliée par 16 en<br />7 ans. Mais les devises empruntées à cette époque ne sont pratiquement<br />jamais arrivées dans la caisse des entreprises publiques. Les sommes<br />empruntées aux banques des États-Unis y étaient en grande partie<br />replacées sous forme de dépôts, à un taux inférieur à celui de<br />l’emprunt. On a assisté alors à un enrichissement personnel des proches<br />du pouvoir dictatorial via des commissions importantes. A titre<br />d’exemple, entre juillet et novembre 1976, la Chase Manhattan Bank a<br />reçu mensuellement des dépôts de 22 millions de dollars et les a<br />rémunérés à environ 5,5 % ; pendant ce temps, au même rythme, la Banque<br />centrale d’Argentine empruntait 30 millions de dollars à la même banque<br />à un taux de 8,75 %. Tout cela s’est fait avec le soutien actif du FMI<br />et des États-Unis, permettant un maintien du régime de terreur tout en<br />rapprochant l’Argentine des États-Unis après l’expérience nationaliste<br />de Peron et de ses successeurs.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Ainsi, la dette s’est accrue très vite,<br />tout comme la richesse personnelle des proches du pouvoir. Ce fut<br />également bénéfique pour les banques du Nord : l’argent revenait en<br />partie dans leurs coffres, et pouvait être prêté de nouveau à d’autres<br />qui l’ont eux aussi remboursé... De plus, la fortune des dictateurs<br />était très utile aux banques car elle leur servait de garantie. Si<br />soudain le gouvernement d’un pays endetté montrait de la mauvaise<br />volonté à rembourser les prêts contractés au nom de l’État, la banque<br />pouvait gentiment menacer de geler les avoirs personnels secrets des<br />dirigeants, voire de les confisquer. La corruption et les détournements<br />ont donc joué un rôle important.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Par ailleurs, l’argent qui parvenait tout de même dans le pays emprunteur a été utilisé de manière bien ciblée.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Les crédits sont allés en priorité aux<br />méga-projets énergétiques ou d’infrastructures (barrages, centrales<br />thermiques, oléoducs...), très souvent inadaptés et mégalomaniaques,<br />que l’on a surnommés « éléphants blancs ». Le but n’était pas<br />d’améliorer la vie quotidienne des populations sur place, mais plutôt<br />de parvenir à extraire les richesses naturelles du Sud et les<br />transporter facilement vers le marché mondial. Par exemple, le barrage<br />d’Inga au Zaïre a permis de tirer une ligne à haute tension sans<br />précédent de 1.900 kilomètres vers le Katanga, province riche en<br />minerais en vue de leur extraction. Mais cette ligne ne s’est pas<br />accompagnée de l’installation de transformateurs pour fournir de<br />l’électricité aux villages qu’elle survole...</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Cette logique prévaut encore<br />régulièrement, comme le prouve la construction du pipe-line<br />Tchad-Cameroun, lancé au milieu des années 1990 et permettant d’amener<br />le pétrole de la région de Doba (Tchad, enclavé) au terminal maritime<br />de Kribi (Cameroun), à 1.000 kilomètres de là. Sa mise en place se fait<br />au plus grand mépris des intérêts des populations. Par exemple, à<br />l’origine, pour indemniser les populations des dommages causés par ce<br />projet cofinancé par la Banque mondiale et associant Shell, Exxon et<br />Elf, les responsables ont proposé 3000 FCFA (4,5 dollars) par pied de<br />manguier détruit, alors que selon le député tchadien Ngarléjy Yorongar,<br />la première production de cet arbre peut donner 1000 mangues dont<br />chacune peut se négocier environ 100 FCFA (0,15 dollar)...</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">L’achat d’armes ou de matériel<br />militaire pour opprimer les peuples a aussi compté dans la montée de<br />l’endettement. Nombre de dictatures ont maintenu leur emprise sur les<br />populations en achetant à crédit des armes, avec la complicité active<br />ou passive des créanciers. Les populations d’aujourd’hui remboursent<br />donc une dette qui a permis d’acheter les armes responsables de la<br />disparition des leurs, que l’on pense aux 30.000 disparus en Argentine<br />sous la dictature (1976-1983), aux victimes du régime d’apartheid en<br />Afrique du Sud (1948-1994) ou du génocide au Rwanda (1994). L’argent<br />emprunté servait aussi à alimenter les caisses noires des régimes en<br />place, pour compromettre les partis d’opposition et financer des<br />campagnes électorales coûteuses et des politiques clientélistes.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Les prêts vont aussi en priorité à<br />l’aide liée. L’argent sert alors à acheter des produits fabriqués par<br />les entreprises du pays créancier, contribuant à redresser sa balance<br />commerciale. Les besoins réels des populations des PED passent au<br />second plan.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Infrastructures imposées par les<br />multinationales du Nord, aide liée, achat d’armes pour une répression<br />massive, détournements et corruption, voilà à quoi ont servi les sommes<br />empruntées pendant des décennies.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify"><strong class="spip">Acte 5 : la coupe déborde</strong></p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Dans les années 90, dans leur très<br />grande majorité, les pays en développement sont tombés sous la coupe du<br />FMI. Mais rien n’est réglé pour autant, bien au contraire. La dette<br />continue sa course folle, on l’a vu, et les crises financières se<br />multiplient. L’ouverture totale du Tiers Monde aux capitaux étrangers<br />et les mesures libérales imposées par le FMI ont attiré des capitaux<br />fortement volatils, prêts à déguerpir dès les premiers signes de<br />fragilité économique. Ce fut le cas en Amérique du Sud en 1994, puis en<br />Asie du Sud-Est en 1997, en Russie en 1998, de nouveau en Amérique<br />latine en 1999, en Turquie entre 1999 et 2002, en Argentine en<br />2001-2002, au Brésil en 2002. Mais toujours et partout, les mêmes<br />recettes sont imposées : de nouveaux prêts en échange d’une<br />libéralisation accentuée de l’économie. D’ailleurs ces nouveaux prêts<br />alourdissent la dette, mais ne sont pas destinés à restaurer un peu de<br />bien-être pour les populations du Sud. Ils sont juste là pour permettre<br />à l’État en crise de rembourser ses créanciers du Nord, souvent<br />responsables d’investissements risqués et hasardeux...</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">A chaque fois, la priorité est donnée à<br />la poursuite du remboursement de la dette. Ainsi, depuis la crise de<br />1994, les revenus des exportations de pétrole du Mexique transitent par<br />un compte situé au États Unis, et un magistrat américain a<br />l’autorisation de bloquer les flux de ce compte vers le Mexique s’il ne<br />rembourse pas sa dette. Les États ainsi dominés par le FMI perdent leur<br />souveraineté : c’est effectivement une colonisation économique.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">La dégringolade du prix des matières<br />premières se poursuit inexorablement. Ce que l’on observe ressemble<br />bien plus à du pillage des ressources du Sud qu’à des échanges<br />commerciaux équitables.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Au milieu des années 90, les dirigeants<br />des pays les plus riches sont particulièrement inquiets pour le système<br />financier international. En 1996, le sommet du G7 de Lyon décide donc<br />de lancer une initiative fort médiatisée pour alléger quelque peu la<br />dette des pays pauvres : l’initiative PPTE (« Pays pauvres très<br />endettés »).</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Cette initiative, renforcée au sommet<br />du G7 de Cologne en 1999, est censée alléger la dette des pays pauvres<br />et très endettés. Mais elle est mal née : elle ne résout rien. Elle ne<br />concerne qu’un petit nombre de pays très pauvres (42 sur 165 PED) et<br />son but se limite à rendre leur dette extérieure soutenable. Le FMI et<br />la Banque mondiale essaient d’alléger la dette juste ce qu’il faut pour<br />mettre fin aux arriérés et aux demandes de restructurations, sans même<br />y parvenir d’ailleurs. Mais surtout ils profitent de cette initiative<br />qui semble généreuse pour imposer un renforcement de l’ajustement<br />structurel. Malgré une apparence de changement, la logique demeure.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Pour bénéficier d’un allégement de<br />dette dans le cadre de l’initiative PPTE, les étapes sont nombreuses et<br />exigeantes, et nécessitent un temps démesurément long.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Tout d’abord, les pays susceptibles d’y<br />prétendre doivent, selon le FMI, « avoir un degré d’endettement<br />intolérable » et « établir des antécédents positifs dans la mise en<br />œuvre de réformes et de bonnes politiques économiques au moyen de<br />programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale ». Il s’agit d’un<br />véritable parcours du combattant. Le pays concerné par cette initiative<br />doit d’abord signer un accord avec le FMI afin de mener pendant une<br />période de trois ans une politique économique approuvée par Washington.<br />Cette politique s’appuie sur la rédaction d’un Document de stratégie<br />pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce document précise dans le<br />détail la liste des privatisations, les mesures de dérégulation<br />économique permettant de générer des ressources pour le remboursement<br />de la dette d’une part, et comment d’autre part les fonds résultant de<br />l’allégement seront utilisés, notamment pour lutter contre la pauvreté.<br />On voit la contradiction.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">À l’issue de cette période de trois<br />ans, le FMI et la Banque mondiale cherchent à savoir si la politique<br />suivie par ce pays est suffisante pour lui permettre de rembourser sa<br />dette. Le critère retenu pour déterminer une éventuelle insoutenabilité<br />de la dette est le rapport entre la valeur actuelle de sa dette et le<br />montant annuel de ses exportations. Grosso modo, si ce ratio est<br />supérieur à 150 %, la dette est estimée insoutenable. Dans ce cas, ce<br />pays atteint le point de décision et est déclaré admissible à<br />l’initiative PPTE.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Un pays ayant atteint favorablement le<br />point de décision doit alors poursuivre l’application des politiques<br />agréées par le FMI et rédiger un DSRP définitif. La durée de cette<br />période varie entre un et trois ans, elle est déterminée par la<br />rédaction du DSRP et la mise en œuvre satisfaisante des réformes-clés<br />convenues avec le FMI. Ces réformes-clés correspondent en fait à un<br />renforcement de l’ajustement structurel des années 1980 et 1990,<br />rebaptisé DSRP pour la circonstance.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Puis arrive le point d’achèvement. Le<br />pays bénéficie alors d’une légère réduction du stock de sa dette<br />extérieure de façon à la rendre soutenable. L’allégement permet<br />finalement de faire payer les PED au maximum de leurs possibilités. En<br />fait, on annule essentiellement les créances impayables. L’initiative<br />PPTE est avant tout destinée à garantir la pérennité des remboursements<br />et à dissimuler le renforcement de l’ajustement structurel sous une<br />apparence de générosité. En 2000, soit quatre ans après le début de<br />l’initiative, les 42 PPTE ont transféré des sommes colossales au Nord :<br />le transfert net sur la dette a été négatif pour eux d’environ 2,3<br />milliards de dollars.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Dès 2000, la CNUCED est très claire :<br />« Les espoirs que l’on fonde actuellement sur la mise en œuvre de<br />l’initiative renforcée en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE)<br />ne sont pas réalistes. L’allégement de la dette envisagé ne suffira pas<br />à rendre celle-ci supportable à moyen terme (...) ; par ailleurs,<br />l’ampleur de l’allégement de la dette et la manière dont il<br />interviendra n’auront pas d’effets directs majeurs sur la réduction de<br />la pauvreté. »</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Au total, 34 parmi les 42 PPTE sont des<br />pays d’Afrique subsaharienne, auxquels il convient d’ajouter 4 pays<br />d’Amérique latine (le Honduras, le Nicaragua, la Bolivie, le Guyana), 3<br />pays d’Asie (le Laos, le Vietnam et Myanmar) et le Yémen. Seuls les<br />pays très pauvres et très endettés peuvent espérer de légers<br />allégements. Ainsi le Nigeria est très endetté, mais comme il s’agit<br />d’un pays producteur de pétrole, il n’est pas jugé assez pauvre. Haïti,<br />un des pays les plus pauvres de la planète, n’est pas jugé assez<br />endetté pour être éligible. Et les pays où vivent la plupart des<br />pauvres de la planète ne sont pas concernés : la Chine, l’Inde,<br />l’Indonésie, le Brésil, l’Argentine, le Mexique, les Philippines, le<br />Pakistan, etc. Les PPTE ne représentent que 11 % de la population<br />totale des PED. Comment espérer sortir de l’impasse financière actuelle<br />où sont plongés tous les PED avec une telle initiative ?</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">Même ces 42 pays ne seront pas tous<br />bénéficiaires d’allégements. En effet, le Laos ne demande pas à<br />profiter de cette initiative, parce que ses dirigeants jugent qu’elle<br />apporte plus d’inconvénients que d’avantages. De plus, 4 pays sont<br />arrivés au point de décision et ont eu une réponse négative : l’Angola,<br />le Kenya, le Vietnam et le Yémen. Leur endettement est jugé soutenable,<br />même si par exemple l’Angola, ravagé par 25 ans de guerre civile<br />entretenue par les multinationales pétrolières, a dû affronter en 2002<br />une famine sans précédent sur son territoire... Enfin, les prévisions<br />indiquent que trois autres pays ne sont pas en mesure de bénéficier de<br />l’initiative (à cause d’un état de guerre ou d’un manque de coopération<br />avec les pays riches) : le Liberia, le Soudan et la Somalie, ainsi<br />sanctionnés parce qu’ils ne sont pas politiquement corrects.<br />L’initiative PPTE concerne donc au mieux 34 pays.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">En décembre 2002, 26 pays avaient<br />atteint le point de décision, et 6 d’entre eux avaient atteint le point<br />d’achèvement : l’Ouganda, la Bolivie, le Mozambique, la Tanzanie, le<br />Burkina Faso et la Mauritanie.</p><br /><br /><p class="spip" align="justify">La CNUCED est toujours très lucide dans son rapport de septembre 2002 : « <i class="spip">Après<br />presque deux décennies de programmes d’ajustement structurel, la<br />pauvreté a augmenté, la croissance est le plus souvent lente et<br />erratique, les crises rurales se sont aggravées et la<br />désindustrialisation a mis à mal les perspectives de croissance. Depuis<br />deux ans la réduction de la pauvreté est devenue l’objectif fondamental<br />des programmes et des activités des institutions financières<br />internationales en Afrique et dans d’autres pays à faible revenu. Ce<br />changement d’attitude mérite d’être salué. Mais y a-t-il eu une<br />évolution des esprits ?</i> » Ou encore : « <i class="spip">Un examen<br />détaillé des mesures macroéconomiques et d’ajustement structurel<br />figurant dans les DSRP permet de constater qu’il n’y a pas de remise en<br />cause fondamentale des conseils formulés dans le cadre de ce que l’on<br />appelle le Consensus de Washington.</i> » Detlef Kotte, l’un de ses cadres dirigeants, n’hésite pas à écrire : « <i class="spip">Le<br />FMI ou la Banque mondiale ont changé les mots, changé les sigles,<br />changé leur mode de consultation, mais n’ont rien changé à leur credo.</i> » On le voit, aujourd’hui le problème de la dette reste entier.</p><br /><br /> <br /><br /><!-- documents --> <br /><br /></div><p><br /><br /><!-- notes de bas de page --> <br /> </p><p><br /><br /><!-- PS --> <br /></p><br /><br />infos articlelohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-1456248149763115662007-11-12T18:11:00.000+04:002007-11-12T18:31:52.293+04:00Bwana,dégages ... on a déjà donné !!!<p> </p><p><br /> <br /> <br /> <font size="4">L'Afrique<br />en a marre ... marre qu'on s'occupe d'elle pour la sauver, corps et<br />ame, en fait pour lui donner des leçons , comme au temps des pêres<br />blancs, des administrateurs, des bwanas ...<br /><br /> L'Afrique en a marre de notre vision "tintin au congo", de notre vision "discours de Dakkar" ...<br /><br />L'Afrique en a marre qu'on lui donne des leçons d'humanité, nous hommes<br />blancs qui détruisons tous nos mécanismes de solidarité ...<br /><br />L'Afrique en a marre qu'on lui donne des leçons de non<br />instrumentalisation politique de la pédophilie, nous dont le Président<br />a fait de ce type de déclaration son fond de commerce ...<br /><br />L'Afrique en a marre qu'on lui donne des leçons de présomption<br />d'innocence, nous dont le président ordonne des rafles au faciès, nous<br />dont le président estime que les seuls putatifs innocents sont les<br />membres de son gouvernement , et ses amis du CAC40 ...<br /><br />L'Afrique en a marre qu'on lui donne des leçons de justice, de morale<br />politique, de soumission à l'ordre économique mondial, de moralité<br />entrepreneuriale , ...<br /><br /> <img alt="kouchner_rien.jpg" class="DrteTexte" src="http://idata.over-blog.com/0/39/74/24//kouchner_rien.jpg" height="232" width="300" /> L'Afrique en a marre de se voir montrée du doigt pour sa<br /> putative barbarie intrinséque ...<br /><br />La chiquotte, les cases défoncées, les femmes et les enfants pris en<br />otage pour s'assurer la docilité des travailleurs forcés, ce travail<br />forcé, pour construire routes, églises, postes militaires, chemin de<br />fer, ou pour venir crever , pieds nus, dans le froid des tranchées de<br />verdun, pour alimenter en main d'oeuvre les plantations d'un bout à<br />l'autre du continent ... Ca, c'était la réalité de ce continent , celle<br />qu'on lui a construit durant un siécle de dépeçage, celle qu'on lui a<br />laissé pour seul héritage à partir des années 1960... ces frontières<br />taillées à la machette et au Lebel, au mépris d'une histoire niée , ou <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Conf%C3%A9rence_de_Berlin" target="_blank">tracées sur une carte blanche, sur un coin de table , à<br /> Berlin</a><br />... Ces incapacités à vivre ensemble sur lesquelles nos états et nos<br />multinationales ont joué pour asseoir leur omnipotent pouvoir ...<br /><br /> "<strong>Bwana, dégages, on a déjà donné...!!!</strong>"<br />cette impression d'entendre ces mots, derriére tout le dégueulis<br />médiatique autour des illuminés de l'arche de zoé ... N'en déplaise à<br />Maitre Connard , ils sont tout sauf des victimes les valeureux<br />humanitaires ... Ils peuvent toujours revendiquer la présomption<br />d'innocence, le Collard , not'bon président, et quelques autres ...<br />Chais pas s'ils sont pénalement coupables , la bande d'humanitaires,<br />mais je leur trouve une de ces filiations qui a de quoi donner de<br />l'urticaire ... sur tout le continent africain ... Mêmes regards<br />allumés de putatifs martyrs shootés à l'encens, même certitude de<br />détenir La vérité, même volonté de sauver à tout prix, ... ils ont<br />juste remplacé les soutanes par des tee-shirts ... Et ces soutanes là,<br />elles sont moralement coupables des pires putasseries ...<br /><br /> <img src="http://idata.over-blog.com/0/39/74/24//missionaire.jpg" class="GcheTexte" alt="missionaire.jpg" height="299" width="206" />Il<br />y a du pêre blanc chez ces allumés de l'humanitaire ... bien sur, on ne<br />parle plus de sauver les ames innocentes pour attirer le pognon des<br />bonnes ames, non, juste de sauver les millions d'innocents ... il y a<br />du croyant chez ces allumés, qui évacuent à priori toute critique au<br />nom de leur vérité "<em>L’Arche<br />de Zoé s’exposera certainement aux foudres de Khartoum, de certains<br />politiciens, de quelques philosophes ou autres «grands penseurs» qui<br />vont crier au scandale ...</em>"<br /> Ils avaient des<br />velléités de martyr ? ... l'afrique va leur en donner ... Never mind<br />... mais comptez pas sur moi pour leur procés en béatification ... Pour<br />le reste, j'ai autant confiance dans la justice Tchadienne que dans la<br />justice de mon pays ... pour libérer rapidement les journalistes et le<br />personnel navigant, qui étaient, à priori, juste des travailleurs ,<br />dans cette galère ...</font></p><p><a href="http://soumission.sociale.over-blog.com/article-13522631.html">soumission.sociale</a></p><p></p><div><br /> <object height="430" width="520"><br /> <param value="http://www.dailymotion.com/swf/4mxEpnhS6yZpGcZyH" name="movie" /><br /> <param value="true" name="allowFullScreen" /><br /> <param value="always" name="allowScriptAccess" /><br /> <br /> </object> et pour en savoir plus :<a target="_blank" href="http://www.monde-diplomatique.fr/2007/03/PRUNIER/14503">Sur le Darfour</a><a target="_blank" href="http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=54242">pis le petit coup de gueule d'un "blanc"</a><a href="http://fr.blog.360.yahoo.com/blog-qDj9rAg5eqJSpIeU0OeU0g--?cq=1&p=883" target="_blank">Pis les interrogations d'un africain</a> extrait :</div><p><font size="4"><font><br /> "<em>j'ai<br />une vision perverse du monde: je pense que les parents de ses enfants<br />aiment autant leurs enfants que les autres parents de la terre. Je<br />pense par ailleurs que ce n'est pas parce que l'on est pauvre que l'on<br />a pas le droit d'avoir cette vision stupide selon laquelle on aurait<br />une culture à transmettre. En l'occurrence, au Tchad et au Darfour, les<br />gens sont musulmans et considèrent que l'on ne doit pas adopter des<br />enfants. On peut certes éduquer des enfants qui ne sont pas les siens,<br />mais à condition de préserver leur filiation et de leur expliquer qui<br />est leur 'vrais' parents. On peut ne pas être d'accord avec cette<br />conception, mais il n'en demeure pas moins que si on veut aider des<br />gens, il faut d'abord les respecter un peu. De plus, si on veut aider<br />les personnes qui vivent au Darfour, pourquoi ne pas aider toute la<br />famille plutôt que de juste venir prendre certains enfants en laissant<br />les adultes et adolescents se débrouiller tous seuls? Doit-on<br />comprendre qu'à partir de 15 ans, on ne mérite plus vraiment une vie<br />décente?</em>(...)"</font></font></p><a href="http://www.blogger.com/post-create.g?blogID=24847007">http://fr.360.yahoo.com/profile-qDj9rAg5eqJSpIeU0OeU0g--?cq=1</a>lohttp://www.blogger.com/profile/14638934624222621528noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-24847007.post-4579893448667990412007-11-06T21:08:00.000+04:002007-11-06T21:16:5