tag:blogger.com,1999:blog-23736170.post-1158249021218378372005-04-14T17:39:00.000+02:002006-09-14T17:50:22.513+02:00Expérimentation animale : est-elle vraiment indispensable ?<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6185/2452/1600/EC_n102.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6185/2452/400/EC_n102.jpg" border="0" /></a><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong>L’expérimentation animale est utilisée couramment par les chercheurs, pourtant les associations de défense des animaux demandent davantage d’encadrement des pratiques sur l’animal, voire s’opposent fermement à leur utilisation. Partisans et détracteurs ouvrent le débat.</strong><br /></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><br /></span><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"></span><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong>En quoi consiste l’expérimentation animale ?</strong><br /><strong><span style="color:#ff9900;"><br />> Pierre Chambon :</span></strong> Cela dépend de ce que l’on en attend. À Strasbourg, nous utilisons la souris parce que c’est un mammifère dont la physiologie et les pathologies sont proches de celles de l’homme. Dans tous les cas, pour nos propres recherches comme pour celles de l’industrie pharmaceutique, l’expérimentation animale vise à anticiper ce que serait la réaction de l’homme à un traitement donné.<br /><br /><br /><strong>Pourquoi suscite-t-elle des réactions aussi vives de la part de ses détracteurs ?</strong><br /></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Janine Chanteur :</span></strong> Parce qu’ils sont persuadés que l’expérimentation animale inflige nécessairement des souffrances et même des tortures aux animaux d’expérience. Cette croyance est héritée du passé ou provient d’États sans législation adéquate sur l’expérimentation animale. À côté de cela, on oublie que les hommes eux-mêmes – personnes handicapées, enfants, esclaves – étaient ou sont traités de façon inhumaine. On invente l’idéologie de l’homme-bourreau contre l’animal, victime innocente.<br /><br /><span style="color:#ff9900;"><strong>> Anne-Marie Hasson :</strong></span> Il faut dire que le débat sur les animaux est toujours très passionnel car les gens ont infiniment de tendresse envers leurs animaux de compagnie et transposent leurs sentiments aux animaux de laboratoire. Concernant l’expérimentation animale, tout a été déclenché il y a une quarantaine d’années par des images atroces diffusées par les ligues anti-vivisectionnistes. Toute leur information reposait sur des photos qui montraient par exemple un chat avec des électrodes plein la tête. Le public n’a reçu que cette information, alors qu’il s’agit d’une vision très réduite de la réalité.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Pierre Chambon :</span></strong> Les problèmes liés à l’expérimentation animale sont souvent traités de façon très subjective. Personne ne semble s’offusquer que les chats tuent des souris dans la nature ; rien n’est fait pour protéger ces souris-là. En revanche, toutes les mesures sont prises en faveur des souris de laboratoire, sacrifiées, elles, pour la recherche médicale. Il y a derrière cette attitude la croyance que la nature fait bien les choses, et que l’homme perturbe un ordre naturel mythique.<br /><br /><br /><strong>L’homme tire-t-il un réel bénéfice de l’expérimentation animale ? Fait-elle vraiment avancer la recherche ?<br /><br /><span style="color:#ff9900;">> Janine Chanteur :</span></strong> Je ne suis ni biologiste ni médecin, mais nous savons tous que sans l’expérimentation sur l’animal les opérations et les greffes essentielles à la survie humaine (coeur, poumons, foie, reins…) auraient été impossibles. Des médicaments sans lesquels nombre de malades seraient morts n’auraient jamais pu être mis au point ni commercialisés.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Anne-Marie Hasson :</span></strong> En toute sincérité, je ne crois pas que l’on puisse nier certains résultats. Mais a-t-on le droit de continuer ? Ne faut-il pas s’orienter vers d’autres voies : faire moins d’expérimentation animale et mieux les orchestrer, de façon à réduire le nombre d’animaux utilisés ?<br /></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Pierre Chambon :</span></strong> L’expérimentation animale reste souvent indispensable : les effets toxiques indésirables d’un médicament potentiel ne peuvent être déduits d’une simple expérimentation in vitro sur des cellules en culture, en raison de modifications chimiques qui peuvent survenir sélectivement in vivo dans un organisme complexe. Des essais sur plusieurs espèces animales s’imposeront toujours, afin d’épargner des vies humaines.<br /><br /><br /><span style="color:#333333;"><strong>À votre avis, les animaux sont-ils correctement traités ?</strong><br /></span></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Janine Chanteur :</span></strong> Dans les instituts et les laboratoires de recherche agréés, ils le sont. Il y a des abus uniquement dans les pays où ces surveillances n’existent pas ou dans les laboratoires clandestins. Nous devons être très vigilants et veiller à l’application de la règle des 3 R : réduire le nombre d’animaux d’expérience ; remplacer l’expérimentation animale par d’autres méthodes dès que cela est possible ; supprimer (refine en anglais) la souffrance ou l’atténuer le plus possible.<br /></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Anne-Marie Hasson :</span></strong> Jusqu’à ces dernières années, nous ne pouvions pas franchir les murs des laboratoires, qui s’apparentaient à de véritables forteresses. Depuis, j’ai demandé à visiter des animaleries, à rencontrer des chercheurs. Je considère qu’il y a des améliorations à faire. Par exemple, j’ai vu une animalerie qui enfermait des singes dans des cages beaucoup trop petites, alors qu’il suffisait de jumeler celles-ci pour gagner en place. On observe bon nombre de petites choses qui ne se font pas, par inattention et par habitude. La réglementation existe, mais les protecteurs raisonnables des animaux demandent qu’il y ait partout des comités d’éthique dont ils feraient partie.<br /></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Pierre Chambon :</span></strong> Nous sommes soumis à des réglementations très strictes relatives à l’hébergement des animaux. Nous pratiquons régulièrement des anesthésies et tous nos protocoles expérimentaux sont examinés par des comités d’éthique.<br /><br /><br /><strong>Pourrait-on substituer d’autres techniques de recherche à l’expérimentation animale ?</strong><br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Anne-Marie Hasson :</span></strong> Au jour d’aujourd’hui, on ne peut pas supprimer l’expérimentation animale. Mais il faut arriver à en réduire le nombre le plus rapidement possible et trouver des méthodes de substitution.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Pierre Chambon :</span></strong> L’expérimentation animale devrait toujours être précédée de tests in vitro sur des cellules en culture. Mais comme je l’ai déjà mentionné, elle reste incontournable. L’alternative serait l’expérimentation directe sur des humains avec son cortège de risques ou l’arrêt de la recherche médicale et pharmaceutique. Absurde.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Janine Chanteur :</span></strong> Il y a en effet d’autres méthodes qui fonctionnent bien quand elles sont fiables. L’expérimentation <em>in vitro</em> est largement pratiquée, mais elle n’est pas toujours possible malheureusement. L’expérimentation animale nous rappelle que notre devoir est d’agir pour le bien de l’homme toujours, et celui de l’animal dès lors que le respect que nous devons porter à la vie ne met pas en cause une vie humaine.</span><br /><br /><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">Retrouvez cet article [et bien d'autres...]</span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">dans Recherche &amp; Santé, la revue de la Fondation </span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">pour la Recherche Médicale.</span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">> </span><a href="http://www.frm.org/informez/info_rs_accueil.php"><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">Renseignements et contribution de soutien</span></a><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;"></span><br /><div align="right"><span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><strong>POUR POSTER UN COMMENTAIRE,<br /></strong>cliquez sur "<em>Comments</em>" [ci-dessous] et suivez les instructions...</span></div>infos_frmnoreply@blogger.com