tag:blogger.com,1999:blog-23736170.post-1158243991959102002005-01-14T16:15:00.000+01:002006-09-14T17:21:44.646+02:00En fait-on assez pour la prévention en santé ?<span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><span style="color:#333333;"><strong><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6185/2452/1600/EC_n101.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6185/2452/400/EC_n101.jpg" border="0" /></a>Dépistage de cancers, campagnes de vaccination, lutte contre le tabagisme… La prévention peine aujourd’hui à être efficace sur tous les fronts. Alors à qui la faute ? Aux politiques ? Aux professionnels de santé ? À Monsieur Tout-le-monde ? Réponses de spécialistes.</strong> </span></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><br /><br /><span style="color:#333333;"><strong>Faire de la prévention, ça signifie quoi ?<br /></strong><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Guy Robert</span></strong> <strong><span style="color:#ff9900;">:</span></strong> Il serait faux de croire que la prévention en santé est une invention récente. Les rois de France prônaient déjà la prévention avec les mises en quarantaine contre la peste.<br /></span><br /><span style="color:#333333;"><span style="color:#ff9900;"><strong>> Claude Dreux :</strong></span> Il existe en fait trois types de prévention. La prévention primaire consiste à essayer d’empêcher l’apparition de maladies, par exemple, par la vaccination, la lutte contre le tabagisme, contre l’alcoolisme… La prévention secondaire, elle, vise à réduire ou stopper le développement d’une maladie. On peut citer, entre autres, le dépistage précoce des cancers. Enfin, la prévention tertiaire a pour but d’éviter les conséquences les plus graves liées à une maladie, comme traiter l’ostéoporose pour éviter les fractures. </span><br /><br /><span style="color:#333333;"><span style="color:#ff9900;"><strong>> Claude Le Pen :</strong></span> Mais il faut également distinguer la prévention médicalisée, c’est-à-dire celle qui passe par la délivrance de soins médicaux, la prévention liée à l’environnement et aux conditions de vie, qui est le fait de décisions collectives comme l’interdiction de l’amiante pour empêcher le développement de certains cancers, et enfin la prévention qui naît du comportement individuel comme l’arrêt du tabac. </span><br /><br /><br /><span style="color:#333333;"><strong>Existe-t-il un déficit de prévention en France ? </strong><br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Guy Robert :</span></strong> La prévention a longtemps occupé une place importante. Puis, quand les traitements curatifs ont fait des progrès considérables, grâce à l’antibiothérapie entre autres, on a baissé la garde. On a pensé qu’on pouvait tout guérir jusqu’à l’arrivée de maladies comme le sida. On a alors compris qu’il fallait aussi prévenir. Aujourd’hui, la prévention est bien faite en matière de santé publique. Tout ce qui concerne la vaccination, la qualité de l’eau et de l’air ou encore le principe de précaution fonctionne bien. Mais ce n’est pas le cas pour la prévention des accidents et des maladies.<br /><br /><span style="color:#ff9900;"><strong>> Claude Dreux :</strong></span> En Europe, c’est la France qui fait le moins pour la prévention. Citons le cas du cancer colorectal, qui est le troisième cancer le plus fréquent après les cancers du sein et de la prostate, et qui touche les hommes et les femmes. En France, le dépistage de ce cancer n’est pas encore généralisé et n’est pas très efficace. Autre exemple : le dépistage du cancer du sein. Il se fait dans plusieurs pays d’Europe depuis longtemps et vient seulement d’être généralisé en France grâce au Plan cancer.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Claude Le Pen :</span></strong> La France propose pas mal de préventions médicalisées. Mais on a mis du temps à prendre en compte les préventions environnementale et comportementale. Chacun de nous doit comprendre qu’il est responsable de sa propre santé.<br /><br /><br /><strong>À qui la faute, alors ? À l’État ou aux individus ? </strong><br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Claude Le Pen :</span></strong> Difficile de répondre. L’État n’est jamais que la représentation collective de l’individu. Prenons la loi Évin, l’État peut interdire la publicité sur le tabac, mais c’est à chacun de prendre sa décision.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Guy Robert :</span></strong> C’est vrai. Il faut aussi que les futurs malades apprennent à se prendre en charge. Il faut rendre les gens « préventoconscients », leur dire qu’il faut se brosser les dents, éviter de fumer, se laver les mains… c’est important l’hygiénisme ! De plus, en France, il n’y a pas de véritable politique de prévention par les pouvoirs publics. Chacun travaille dans son coin. Il y a trop de cloisonnements entre, d’une part, les activités individuelles menées par plus de 1 000 associations et, d’autre part, le travail des médecins et des professionnels de santé. Il faut également assurer une bonne liaison entre la médecine scolaire, la médecine du travail, la médecine de ville et les hôpitaux.<br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Claude Dreux :</span></strong> C’est essentiellement un problème économique. Sur les 150 milliards d’euros consacrés à la santé, 3 milliards d’euros vont à la prévention, soit 2 %. Il faudrait arriver à 10 %. Mais les politiques ne sont pas très intéressés par la prévention car les résultats s’évaluent à moyen et long terme.<br /><br /><br /><strong>Quelles mesures permettraient de donner un nouveau souffle à la prévention ?</strong><br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Claude Dreux :</span></strong> Il faut éduquer les gens. La prévention individuelle passe par l’éducation en santé, comme on le fait actuellement dans les campagnes en faveur d’une bonne alimentation et de l’activité physique, pour lutter contre le diabète ou l’obésité. Par ailleurs, il faut développer les recherches en santé publique et en épidémiologie et trouver de nouveaux tests de dépistages, par exemple en génétique pour dépister des cancers. Actuellement, nous manquons de moyens. Mais attention, il ne faut pas faire de la prévention pour la prévention. Pour des questions d’éthique, la prévention ne vaut que si l’on peut proposer un traitement efficace.<br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Guy Robert :</span></strong> Nous pensons que la prévention devrait davantage être régionalisée. Il faut la ramener au niveau du terrain. Certains problèmes sont généraux comme la vaccination globale, la politique de santé, la qualité de l’air et de l’eau. Mais d’autres sont locaux.<br /><br /><br /><strong>Peut-on trouver des solutions dans des expériences menées ailleurs, chez nos voisins européens ?</strong><br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Guy Robert</span></strong> : En Finlande et en Grande-Bretagne, un bilan sanitaire global de la population est effectué tous les trois ans afin de déterminer les points autour desquels doivent porter les actions. Ce n’est pas le cas en France.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Claude Le Pen :</span></strong> Importer des politiques de prévention venues d’ailleurs ne marche pas forcément. La prévention est souvent liée au mode de vie. En Europe du Nord, dans des pays de culture protestante, on a davantage d’appétence pour la prévention que dans les pays de tradition catholique, notamment pour la prévention comportementale. En France, on a tendance à vivre ce sujet sur un mode libertaire. Nous entendons être libres de nos choix, même si nous nous tournons vers l’État dès que nous sommes malades.</span></span><br /><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">Retrouvez cet article [et bien d'autres...]dans Recherche & Santé, </span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">la revue de la Fondation pour la Recherche Médicale.</span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">> <strong><a href="http://www.frm.org/informez/info_rs_accueil.php">Renseignements et contribution de soutien</a></strong></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><div align="right"><br /><strong>POUR POSTER UN COMMENTAIRE</strong>,</div><div align="right">cliquez sur "Comments" [ci-dessous] et suivez les instructions...</span><br /></div></span>infos_frmnoreply@blogger.com