tag:blogger.com,1999:blog-23736170.post-1158241436775981042004-10-10T15:37:00.000+02:002006-09-14T17:52:47.573+02:00Quel avenir pour les chercheurs français ?<span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><span style="color:#333333;"><strong><a href="http://photos1.blogger.com/blogger/6185/2452/1600/EC_n100b.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6185/2452/400/EC_n100b.jpg" border="0" /></a>Fait-il encore bon être chercheur en France aujourd’hui ? Statut, rémunération, évaluation et évolution de carrière, que faut-il changer pour améliorer les perspectives d’avenir de nos chercheurs ?</strong><br /></span></span><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><br /><strong><span style="color:#333333;">Quelle est la situation des chercheurs du secteur public en France ?</span></strong><br /><span style="color:#333333;"><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Jean-François Bach :</span></strong> Le grand problème, en France, est le manque de moyens. Ce problème se retrouve, en particulier, dans le salaire des chercheurs : des personnes qui ont un niveau bac + 12 sont payées à peine plus que le Smic… Certes on nous dit : « Vous avez la sécurité de l’emploi, vous êtes “ chercheur à vie ”. » C’est justement ce qui peut entraîner une forme de découragement : la perspective de « vivoter » toute sa vie, sans moyens ni reconnaissance professionnelle.<br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Naomi Taylor :</span></strong> La situation est particulièrement grave pour les jeunes chercheurs. En immunologie, par exemple, et avant les pressions du mouvement « Sauvons la recherche » (SLR), il n’y avait, en 2004 pour toute la France, aucun poste ouvert pour les CR2 (chargés de recherche de niveau 2, le premier échelon dans la recherche publique) et seulement deux postes de CR1 (l’échelon juste au-dessus). Le problème est d’autant plus aigu qu’il y a, en France, des limites d’âge : on ne peut être recruté à l’échelon CR2 qu’avant 30 ans, par exemple. Mettez-vous à la place d’un jeune chercheur qui, après douze années d’études très dures, se trouve en concurrence avec une centaine de candidats pour un poste sous-payé ; s’il ne l’obtient pas rapidement, sa carrière en France est compromise ! </span><br /><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Alain Trautmann :</span></strong> C’est en effet un problème très préoccupant pour l’avenir de la recherche française. Une remise à niveau du nombre de postes offerts aux jeunes chercheurs et une revalorisation des salaires les plus bas sont les conditions indispensables pour rendre une certaine attractivité à la recherche. </span><br /><span style="color:#333333;"></span><br /><br /><span style="color:#333333;"><strong>Promotions au mérite, évaluation, gestion de carrière… Où faut-il placer le curseur ?</strong> </span><br /><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Alain Trautmann :</span></strong> Le modèle français laisse une grande autonomie aux chercheurs : c’est le garant d’une pensée originale et de découvertes qui seraient impossibles dans une optique strictement productiviste. Il faut évaluer les chercheurs, bien sûr, et du reste, ils sont évalués sur la même base que leurs homologues anglo-saxons, mais il faut aussi laisser respirer la recherche : développer les contrats non-thématisés, favoriser une approche qui fait remonter les initiatives du bas vers le haut... Je suis par ailleurs favorable aux promotions au mérite, à condition de ne pas tout mélanger. À l’Inserm, par exemple, ont été mis en place des « contrats d’interface », qui accordent un bonus financier aux chercheurs acceptant de collaborer avec les milieux de la santé pour faciliter le transfert de connaissances. C’est sans aucun doute une bonne chose, mais on instaure également par ce biais un système de « chasse à la prime » qui est discutable.<br /></span><br /><span style="color:#333333;"><span style="color:#ff9900;"><strong>> Jean-François Bach :</strong></span> Le problème n’est pas tant l’évaluation des chercheurs que les conséquences de cette évaluation : trop souvent, elle n’est pas suivie d’effets, ni dans le bon sens ni dans le mauvais.</span><br /><span style="color:#333333;"><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Naomi Taylor :</span></strong> Aux États-Unis, dans le secteur public, les universités comme les directeurs de recherche sont jugés, pour une bonne part, sur les contrats qu’ils décrochent auprès de l’État. C’est même une question de survie : la majeure partie de leur salaire dépend de l’obtention de ces contrats de recherche. Ce système garantit des résultats, mais présente des inconvénients. Les chercheurs consacrent un tiers de leur temps à des tâches administratives ou au montage de dossiers. En France, on peut passer plus de temps avec les étudiants, entre chercheurs, choisir et développer ses collaborations plutôt que ses contrats.<br /><br /><br /></span><span style="color:#333333;"><strong>La carrière des chercheurs français, dans le public, semble sclérosée par un grand nombre de contraintes. Que pourrait-on faire pour améliorer les choses ?</strong><br /></span><br /><span style="color:#333333;"><strong><span style="color:#ff9900;">> Naomi Taylor :</span></strong> On pourrait déjà supprimer cette bizarrerie française qu’est la limite d’âge. Elle conduit à refuser des bourses à des thésards de 27-28 ans, parce qu’on estime qu’ils ne pourront pas devenir CR2 avant l’âge de 30 ans. On élimine ainsi plein de jeunes chercheurs, avec des parcours un tantinet atypiques, potentiellement très intéressants. Et à 40 ans, en France, si vous n’avez pas de poste fixe, vous êtes considéré comme « fini ». Aux États-Unis, c’est le contraire : un chercheur ne peut prétendre à un poste fixe à l’université avant l’âge de 38-40 ans. Et, en cas d’échec, il dispose de multiples alternatives.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Alain Trautmann :</span></strong> En France, au contraire des États-Unis, les enseignantschercheurs ont trop d’heures de cours pour pouvoir se consacrer à une recherche soutenue. Il faudrait dégager des moyens pour alléger cette charge d’enseignement. On pourrait ainsi favoriser la mobilité entre les deux corps (chercheurs et enseignants-chercheurs), ainsi que l’évolution des postes et des carrières...<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Jean-François Bach :</span></strong> Il faudrait aussi opérer un décloisonnement entre public et privé, en créant notamment des contrats qui permettraient à un chercheur « public » de passer deux ou trois ans dans le privé, puis de retrouver son poste initial, et inversement à un chercheur du privé de « séjourner » dans un organisme public.<br /><br /><br /><strong>Justement, quel serait, selon vous, un bon modèle d’équilibre entre recherche publique et recherche privée ?</strong><br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Jean-François Bach :</span></strong> Les deux mondes sont complémentaires. La logique du secteur privé, ses contraintes de profit le restreignent à la recherche appliquée. Aussi la recherche fondamentale ne peut-elle être portée que par le secteur public. Il reste à faciliter le passage de la recherche fondamentale à la recherche appliquée.<br /><br /><strong><span style="color:#ff9900;">> Alain Trautmann :</span></strong> Aujourd’hui, recherche publique et privée s’ignorent très largement. Tout ce qui favorisera les échanges sera très positif. Voici quelques pistes : une augmentation du nombre de bourses Cifre (financement d’un jeune chercheur par une entreprise) ; la reconnaissance du doctorat dans les conventions collectives ; l’aménagement de filières de recrutement dans les entreprises et la fonction publique... En guise de conclusion, je dirais que les problèmes de la recherche sont moins liés au statut du chercheur qu’aux moyens dégagés et à la cohérence politique sur le long terme.</span></span><br /><br /><br /><span style="font-family:verdana;font-size:85%;">Retrouvez cet article [et bien d'autres...]<br />dans Recherche &amp; Santé, la revue de la Fondation<br />pour la Recherche Médicale.<br />> <a href="http://www.frm.org/informez/info_rs_accueil.php">Renseignements et contribution de soutien</a><br /></span><br /><div align="right"><span style="font-family:verdana;font-size:85%;"><strong>POUR POSTER UN COMMENTAIRE</strong>,<br />cliquez sur "<em>Comments</em>" [ci-dessous] et suivez les instructions...<br /></div></span></span>infos_frmnoreply@blogger.com