tag:blogger.com,1999:blog-192734742007-04-13T05:01:26.678+02:00Soleil d'hiverI. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comBlogger240125tag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1147031903688978912006-05-09T07:00:00.000+02:002006-05-09T09:22:00.976+02:00<div style="text-align: center;"><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);font-size:180%;" >Soleil d'Hiver, adieu</span><br /></div><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/Adieu.0.jpg"><img style="margin: 0px auto 10px; display: block; text-align: center; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/400/Adieu.0.jpg" alt="" border="0" /></a><br /><div style="text-align: justify;">Soleil d’hiver est né un soir de rage.<br />Un soir de mal. Comme une dernière tentative d’auto-médication contre une douleur tenace.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Mal de France</span><br />France, où « Dieu, disait-on, était heureux », régicide et apostate qui depuis plus de deux siècles, odieuse et ridicule, expose ses douteux dessous de prostituée aux regards d ‘un monde qu’elle a « plombé » de ses tréponèmes en commençant par le tout premier d’entre eux, ci-devant dénommé (ne riez pas !) « les lumières ».<br />France où, pourtant, plus qu’ailleurs en Occident, germent sous la croute crasseuse et glacée de ses péchés, les premiers perce-neige d’un printemps espéré.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Mal de Chrétienté</span><br />Chrétienté qui, malgré ses nombreux péchés, fut le phare civilisateur qui apporta la Bonne Nouvelle au monde entier et qui aujourd’hui, vendue pour trente deniers, propose à ce même monde le plus déplorable et satanique modèle de société : hédonisme, pornographie, argent-roi facile, abrutissement culturel de masse, massacre des innocents jeunes et vieux, homosexualité posée en modèle, vices en tous genres.<br />Chrétienté où ceux qui se réclament encore du Christ, s’affrontent dans une pitoyable chasse aux fidèles fugueurs, véritables bateleurs, rivalisant d’un bagout atterrant.<br />Qui va l’emporter ? des télé-évangélistes aux dignes représentants d'un catholicisme froid que sont ces évèques sécularisés et pactisant avec l’Occupant.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Mal de moi</span>, si pécheur, si faible, si inefficace, si accomodé à ce monde, « trou noir » compact d’où nulle lumière ne s’échappe..<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Soleil d’hiver fut un pélerinage</span>. Un long chemin vers un ailleurs indéterminé, vers un espoir de guérison, comme ce paralytique qui descend à travers un toit défoncé.<br />Pèlerinage à étapes, bornes d’un chemin difficile où je n’ai rien appris que je ne sache déjà mais où <span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);">ce que je savais depuis si longtemps m’est simplement descendu de la tête au cœur</span>.<br />Cela, cher ami qui lisez ce dernier message, est difficile à vous faire vivre.<br />C’est comme un aliment lyophilisé qui reprend sa forme sous l’action de l’eau.<br />Comme une petite graine abandonnée sur un sol caillouteux et sec et qui, poussée par un souffle venu d’on ne sait où, trouve un sol meuble et arrosé, fend sa cuticule, émet une fragile pousse qui, dans le même temps, plonge profond dans ce sol riche et lance sa ramure vers le ciel.<br /><br />Car je le savais depuis longtemps que ce Mal qui nous jette au tombeau, d’autant plus déchainé qu’il sait sa prochaine et définitive défaite, c’est lui, le prince orgueilleux, jaloux des hommes qu’il hait de toutes ses forces, cet Iznogoud de la création.<br /><br />Je le savais depuis longtemps que le vrai Roi est ce créateur, saint, fort et immortel, débordant d’amour et miséricordieux, fait homme pour restaurer notre nature rendue infirme par le péché de nos parents et nous faire Dieu. Je le savais depuis longtemps qu’Il est, seul, la Voie, la Vérité et la Vie.<br /><br />Je le savais depuis longtemps que, depuis Sa résurrection, Il continuait historiquement son œuvre de salut dans et par Son Eglise et qu’elle seule détenait les promesses de salut, définitivement protégée des assauts du malin.<br /><br />Oui tout cela je le savais, comme le savant sait plein de choses que, pour autant il ne voit pas, il ne vit pas, jusqu’au jour où …..<br /><br /><span style="font-weight: bold;">« De vos cœurs de pierre, Je ferai des cœurs de chair »</span><br /><br /><div style="text-align: center;"><span style="font-size:130%;"><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);">Il est ressuscité !</span><br /><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);">En vérité, Il est ressuscité !</span></span><br /></div><br />Cri de victoire, ébahi, sans cesse répété depuis deux mille ans par cette Eglise Orthodoxe, pauvre, humble, un peu anarchique parce que libre comme le sont les enfants de Dieu et qui chante la joie de Pâques comme personne, parce que, comme personne, elle a gardé intacte et inaltérée la Bonne Nouvelle.<br />Contre cette joie, contre cette victoire déjà acquise, actuelle, le Mal ne peut faire qu’une chose : « Pchit » comme dit l’autre. Evanoui, vaporisé, « miragisé » le Menteur !<br />Oh, bien sur, le mirage continuera, jusqu’à la fin des temps, et en abusera encore beaucoup.<br />Et c’est contre la rémanence de ce mirage qu’il faut savoir quoi faire.<br /><br />Car, disons le, face à ce paganisme idôlatre à coté duquel celui, pourtant sanglant, de Dioclétien fait figure de folklore impérial, c’est bien d’Evangélisation qu’il s’agit.<br />Archimède, je crois, disait : « donnez moi un point d’appui et je soulèverai le monde ».<br />Ce « point d’appui », c’est le Christ, et le « levier », la prière qui soutient l’action, quelque soit sa forme.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Alors, que faire ?</span><br />Faire ce qu’ont toujours fait les martyrs : <span style="font-weight: bold;">Etre</span><br />Etre, en vérité, ce qu’ils sont, dans le calme quotidien comme dans l’épreuve. Sans crainte, sans état d’âme. Au su et au vu du monde.<br /><span style="font-weight: bold;">Concept profondément Identitaire. Je suis ce que je suis </span><br /><span style="font-style: italic;">Fils de France, fils de l’Europe chrétienne et de l’unique Eglise du Christ.</span><br /><br /><br />Soleil d’hiver, carnet de route, reste là, à la curiosité de l’ami qui passe.<br /><br /><br />Le leg de Soleil d’hiver :<br /><a href="http://xc-nika.blogspot.com/">IC XC NIKA</a><br /><a href="http://iconotheque.blogspot.com/">Icones et iconostases</a><br /><a href="http://lumiereincreee.blogspot.com/">Lumière incréée</a><br /><br /><br /><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146766746977836862006-05-08T07:00:00.000+02:002006-05-07T23:26:24.270+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/1600/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/400/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.jpg" alt="" border="0" /></a><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/1600/Placide%20deseille.0.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/400/Placide%20deseille.0.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;">Etapes d'un pélerinage (fin)</span><br /><span style="color: rgb(0, 0, 153);">III. Le Mont-Athos et l’Église en France </span><span style="color: rgb(0, 0, 153);">(Depuis 1978) </span><br /><br /><br /><div style="text-align: left;"><br /><div style="text-align: left;">par l'Archimandrite Placide (Deseille)<br /></div> </div><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Le Mont Athos. </span><br /><br /><div style="text-align: justify;">Nous partîmes peu après pour la Sainte-Montagne. Notre connaissance de l’Église orthodoxe et de son monachisme était encore extérieure et insuffisante. La possibilité de recevoir dans un monastère une sérieuse initiation à ce genre de vie était une grâce inappréciable. Simonos Petra était remarquable tant par la personnalité spirituelle de son higoumène que par la jeunesse et l’élan spirituel de sa communauté. Plusieurs fois, des moines catholiques y avaient été reçus très fraternellement, et les problèmes et les réalités de l’Occident y étaient particulièrement bien connus et compris.<br />Notre premier séjour à l’Athos remontait au printemps 1971. On ne parlait alors en Occident de la Sainte-Montagne qu’en termes de déclin et de décadence, et il ne manquait pas de voix pour prédire l’extinction complète du monachisme athonite dans un très proche avenir.<br />Ce premier voyage nous avait déjà permis de percevoir que les catégories de «déclin», ou, à l’inverse, de «renouveau», sont assez inadéquates quand on parle du monachisme orthodoxe. Ils évoquent surtout l’aspect extérieur, sociologique et statistique, des choses. Mais l’essentiel est la vie profonde, qui échappe aux investigations de cet ordre. Il y avait eu, certes, une baisse considérable des effectifs. Elle était due, en ce qui concernait les Slaves, aux conséquences de l’instauration du régime soviétique en Russie, et, en ce qui conœrnait les Grecs, à l’exode forcé de 1922, qui avait ruiné la florissante chrétienté grecque d’Asie Mineure, puis à la deuxième guerre mondiale et à la guerre civile. Mais, en 1971, cette diminution du nombre des moines était stabilisée, et la remontée se dessinait. Elle allait ensuite s’accélérer, à un rythme inespéré. Grâce à l’arrivée de très nombreux novices et jeunes moines, les monastères qui ne comptaient plus que quelques vieillards allaient reprendre vie les uns après les autres.<br />Il faut préciser que ces jeunes moines, que l’on rencontre partout aujourd’hui sur l’Athos, ne prétendent aucunement y renouveler ou y changer en quoi que ce soit la vie monastique. Au contraire, leur tendance est plutôt de reprendre les formes de vie les plus traditionnelles et les plus rigoureuses, en abandonnant les mitigations de l’idiorythmie. Ils ne veulent être que des disciples, et ils bénéficient de l’expérience de Pères spirituels de très grande valeur, qui n’ont jamais manqué sur la Sainte-Montagne.<br />On connaît en France, grâce au livre du Père Sophrony, le Staretz Silouane, qui vécut à l’Athos de 1892 à 1938. Mais à la même époque, il existait sur l’Athos un bon nombre de moines qui ne lui cédaient en rien par l’intensité de leur vie spirituelle. Plusieurs monastères sont maintenant dirigés par des Pères spirituels formés eux-mêmes par un hésychaste mort en 1959, le Père Joseph, dont d’admirables Lettres spirituelles ont été publiées en Grèce.<br />On reproche souvent aux moines du Mont Athos leur opposition à l’œcuménisme, et on les accuse volontiers de sacrifier la charité à la vérité. Il nous fut aisé de constater, dès notre premier voyage, alors que nous étions encore catholiques romains et que la pensée de devenir orthodoxes nous était tout-à-fait étrangère, combien les moines de l’Athos savent allier une charité très délicate et pleine d’attentions envers les personnes, quelles que soient leurs convictions et leur appartenance religieuse, à l’intransigeance doctrinale. A leurs yeux d’ailleurs, le total respect de la vérité est l’un des premiers devoirs que leur impose la charité envers autrui.<br />Ils n’ont aucune position doctrinale particulière, et professent simplement la foi de l’Église orthodoxe: «L’Église est une. Cette Église une et vraie, qui garde la continuité de la vie ecclésiale, c’est-à-dire l’unité de la Tradition, est l’Orthodoxie. Admettre que cette Église une et vraie, à l’état pur, n’existe pas sur terre et qu’elle est partiellement contenue dans les différentes ‘branches’, ce serait (...) ne pas avoir foi en l’Église et en son Chef (2l). »<br />Simplement, les Athonites tiennent à ce que cette conviction s’inscrive dans les faits. Ils ne peuvent approuver des comportements ou des paroles qui sembleraient impliquer une reconnaissance pratique de la théorie des «branches ». L’unité des chrétiens, qui leur tient à cœur autant qu’à quiconque, ne peut se réaliser que par l’accession des non-orthodoxes à l’intégrité et à la plénitude de la foi apostolique. Elle ne saurait être le fruit de compromis et d’efforts nés d’une aspiration humaine et naturelle à l’unité entre les hommes, qui ferait bon marché du dépôt confié à l’Église. En matière d’œcuménisme comme de vie spirituelle, l’attitude de l’Athos est faite de sobriété et de discernement. Il faut savoir filtrer aussi bien les élans de la sensibilité que les raisonnements de l’esprit, et surtout renoncer à «plaire aux hommes », si l’on veut plaire à Dieu et entrer dans son Royaume.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">La question du baptême. </span><br /><br />Au cours des premiers entretiens que nous avions eus, au sujet de notre entrée dans l’Orthodoxie, avec le Père Emilianos, Higoumène de Simonos Petra, celui-ci ne nous avait pas caché qu’à ses yeux, le mode normal et le plus indiqué d’entrer dans l’Église orthodoxe était le baptême. Je n’avais jamais réfléchi à cet aspect de l’ecclésiologie orthodoxe, et, sur le moment, j’en fus très surpris. J’étudiais soigneusement le problème, à partir des sources canoniques et patristiques. Plusieurs articles écrits par des théologiens ou des canonistes catholiques ou orthodoxes me parurent très éclairants (22).<br />Après mûr examen de la question, et avec le plein accord de notre Higoumène, il fut donc décidé, le moment venu, que notre entrée dans l’Église orthodoxe se ferait par le baptême. Le fait a suscité ensuite, dans des milieux catholiques ou orthodoxes peu au courant de la tradition théologique et canonique de l’Église grecque, étonnement et parfois indignation. De nombreuses informations inexactes ayant été diffusées à ce sujet, il me semble nécessaire de donner ici quelques indications historiques et doctrinales qui aideront à bien interpréter les faits.<br />Dès le IIIe siècle, deux usages se trouvaient en présence dans l’Église pour la réception des hétérodoxes: la réception par l’imposition des mains (ou par la chrismation), et la réitération du rite baptismal déjà reçu dans l’hétérodoxie. Rome n’admettait que l’imposition des mains, et condamnait vigoureusement la réitération du baptême des hérétiques. Les Églises d’Afrique et d’Asie tenaient au contraire pour la seconde pratique, dont les plus fervents défenseurs étaient St Cyprien de Carthage et St Firmilien de Césarée. Ils insistaient sur le lien qui existe entre les sacrements et l’Église. Pour eux, un ministre qui s’écartait de la profession de foi de l’Église s’écartait en même temps de l’Église elle-même, et ne pouvait plus en détenir les sacrements authentiques.<br />A partir du Ive siècle, la doctrine romaine sur la validité des sacrements des hétérodoxes, soutenue par l’autorité, exceptionnelle dans tout l’Occident, de St Augustin, s’imposa à l’ensemble de l’Église latine, du moins en ce qui concerne le baptême, car la question de la validité des ordinations sacerdotales reçues dans l’hétérodoxie ne fut communément admise en Occident qu’au XIIIe siècle.<br />En Orient au contraire, grâce surtout à l’influence de St Basile, l’ecclésiologie et la théologie sacramentaire de St Cyprien ne cessèrent jamais d’être considérées comme plus conformes à la tradition et à l’esprit de l’Église que la doctrine de St Augustin. La réception des hétérodoxes par le baptême restait la norme idéale (acribie); cependant, tenant compte de la pratique des Églises où l’on reconnaissait le baptême des hétérodoxes qui ne niaient pas les fondements mêmes de la foi (la doctrine trinitaire), on acceptait, quand des raisons d’économie (c’est-à-dire de condescendance envers la faiblesse humaine) le demandaient, de les recevoir par l’imposition des mains ou la chrismation.<br />Le principal fondement canonique de la non-reconnaissance en acribie des sacrements des hétérodoxes est le 46e canon apostolique, qui déclare: «L’évêque, le prêtre ou le diacre qui a reconnu le baptême ou l’oblation des hérétiques, nous prescrivons qu’il soit déposé.» Ces canons apostoliques, confirmés par le Vie concile œcuménique (in Trullo), constituent la base du droit canonique orthodoxe. La pratique de l’économie dans certains cas s’autorise du canon! de St Basile le Grand.<br />A une époque tardive (XVIIe siècle), l’Église orthodoxe russe subit une très forte influence latine, et se rallia partiellement à la thèse augustinienne. Elle décida alors de recevoir les catholiques dans l’Orthodoxie seulement par la confession et une profession de foi. Du point de vue de la théologie orthodoxe traditionnelle, ceci ne peut être admis que comme un recours très large au principe de l’économie.<br />Ainsi s’expliquent les contradictions apparentes que l’on peut relever dans les textes canoniques des Conciles et des Pères, ainsi que dans la pratique des Églises orthodoxes à travers les siècles. En ce qui concerne la pratique actuelle, la réception des catholiques par le baptême est prescrite très clairement par le Pidalion, recueil canonique officiel des Églises de langue grecque, où le texte des canons est accompagné de commentaires de St Nicodème l’Hagiorite, d’une très grande autorités Pour les territoires relevant du Patriarcat de Constantinople, le décret prescrivant la rebaptisation des catholiques n’a jamais été aboli. Quant à l’Église de Grèce, «ceux qui veulent embrasser l’Orthodoxie doivent être invités à la rebaptisation et seulement là où c’est irréalisable, ils peuvent être reçus par l’onction du Saint Chrême (23).»<br />L’Athos est une contrée où ne vivent que des moines, qui doivent tendre par état à réaliser le mieux possible toutes les exigences de la vie chrétienne et de la tradition de l’Église. Ils n’exercent aucune activité pastorale, et ne cherchent pas à exercer un quelconque prosélytisme, c’est-à-dire à attirer à l’Orthodoxie des adeptes par des voies de facilité. Il est donc normal qu’ils s’en tiennent, quant à eux, à l’acribie, sans blâmer pour autant ceux qui, placés dans des conditions différentes, recourent à l’économie.<br />La vocation de l’Athos est l’acribie en tous les domaines; il est normal que les non-orthodoxes qui y deviennent moines y soient reçus par le baptême. Les moines de l’Athos n’en sont pas pour autant des hommes portés à toujours condamner les autres, faisant prévaloir la sévérité sur la miséricorde et attachés à un rigorisme étroit. Le problème se situe à un tout autre niveau.<br />On a écrit qu’en nous «imposant » un nouveau baptême, les moines de l’Athos nous ont contraints à nier et à bafouer tout notre passé de moines catholiques. On a écrit aussi, à l’inverse, que nous avions demandé le baptême, contrairement au désir de notre higoumène, pour plaire à la fraction la plus rigoriste des moines de l’Athos (24).<br />Ces affirmations ne correspondent en rien à la réalité. En fait, les moines de l’Athos ne nous ont rien imposé: ils ne nous ont pas obligés à devenir moines de l’Athos, et ils nous laissaient parfaitement libres d’être reçus dans l’Orthodoxie, ailleurs, d’une autre manière. Nous n’avons pas non plus cherché à plaire à qui que ce soit. Mais puisque nous avions choisi, comme il a été dit plus haut, de devenir moines du Mont Athos, nous ne pouvions qu’entrer dans les vues des hommes que nous reconnaissions pour nos Pères et nos frères, et dont la pensée nous était parfaitement connue. Nous avons librement demandé à être reçus par le baptême, en plein accord avec notre higoumène, parce que cette démarche nous paraissait normale et nécessaire à l’Athos, théologiquement juste et canoniquement légitime. Ce n’était pas «renier» notre baptême catholique reçu au nom de la Trinité, mais confesser que tout ce qu’il signifiait s’accomplissait en plénitude par notre entrée dans l’Église orthodoxe. Ce n’était pas nier la communion réelle qui existe entre l’Église orthodoxe et l’Église catholique sur une grande partie de la doctrine et de la pratique sacramentaire: mais c’était reconnaître que cette communion dans la foi n’est pas parfaite, et que, dès lors, selon la plus exacte théologie orthodoxe, les sacrements catholiques ne peuvent pas être purement et simplement reconnus par l’Église orthodoxe.<br />On m’a demandé quel jugement rétrospectif nous portions sur les sacrements que nous avions administrés nous-mêmes quand nous étions prêtres de l’Église romaine. Je dirai simplement que l’Église orthodoxe parle plus volontiers d’«authenticité» et de «légitimité», en matière sacramentelle, que de «validité». Seuls les sacrements administrés et reçus dans la communion de l’Église orthodoxe sont «authentiques» et «légitimes», et selon l’ordre normal des choses, la validité, la communication effective de la grâce, dépend de cette légitimité. Mais le Saint-Esprit est libre de ses dons, et il peut les communiquer sans passer par les voies normales du salut, là où il trouve des cœurs bien disposés. St Grégoire le Théologien disait que «de même que beaucoup des nôtres ne sont pas avec nous, parce que leur vie les sépare du corps commun, ainsi par contre beaucoup de ceux qui nous sont extérieurs nous appartiennent, eux dont les mœurs devancent la foi et à qui ne manque que le nom, alors qu’ils possèdent la réalité elle-même»; et il citait le cas de son propre père, avant sa conversion, «rameau étranger si l’on veut, mais par sa vie attaché à nous» (PG. 35, col. 992). Nous ne pouvons donc qu’abandonner cette question, avec une entière confiance, à la miséricorde de Dieu.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Retour en France. </span><br /><br />Nous fûmes reçus dans l’Église orthodoxe le 19 juin 1977. Quelques mois plus tard, le 26 février 1978, nous devenions moines de Simonos Petra. Nous avions dit à notre higoumène que nous étions également disposés .à rester sur la Sainte Montagne, ou à rentrer en France, nous en remettant à sa décision. Il jugea préférable que nous nous établissions en France. Ainsi naquirent deux metochia (annexes) de Simonos Petra, l’un à Martel, sur le causse du Quercy, l’autre en Dauphiné, dans une vallée profonde du Vercors.<br />En raison de leur statut de metochion, ces deux monastères dépendent directement de Simonos Petra, qui, comme tous les monastères athonites, relève du Patriarcat Œcuménique. L’activité extérieure éventuelle des moines s’exerce dans le cadre de la Métropole Orthodoxe Grecque de France, avec la bénédiction de Mgr Mélétios, avec qui nous entretenons des relations étroites et très confiantes.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">La situation de l’Église orthodoxe en France. </span><br /><br />Entrés dans l’Église orthodoxe, nous n’avons pas été surpris de ne pas y trouver une organisation extérieure exemplaire, parallèle à celle de l’Église catholique. Au cours d’une visite à Belgrade, un peu avant notre entrée dans l’Église, un évêque serbe nous avait dit: «L’Église vous donnera sans doute une impression de pagaille. N’en soyez pas étonnés. C’est inévitable, si l’on veut laisser le Saint-Esprit libre d’agir, et ne pas se substituer à lui.» C’est l’image que donnait déjà l’Église des Pères. Les choses ont changé dans l’Église latine avec les progrès de la centralisation romaine, mais c’est là un autre problème.<br />La situation avec laquelle nous nous trouvions confrontés en France est rendue plus complexe encore par le fait que l’Église orthodoxe s’y est implantée à la faveur des diverses émigrations russes et grecques. Il en a résulté une pluralité de juridictions sur un même territoire, qui est une grave anomalie canonique. Les particularismes nationaux qui ont marqué assez fortement les différents groupes sont une autre anomalie, liée d’ailleurs à la précédente. Mais nous sommes là en présence d’un fait, commun à toutes les diasporas, et il serait utopique de prétendre y remédier rapidement. Dans des conditions difficiles, la multiplicité des juridictions présente aussi des avantages, et peut contribuer à la préservation d’une authentique liberté spirituelle.<br />Les juridictions ne sont, fondamentalement, que des diocèses, qui ont le défaut d’être localement imbriqués les uns dans les autres, mais qui sont tous l’Église du Christ. Le fait qu’ils relèvent d’Églises-mères différentes n’y change rien. Dans chaque paroisse où la divine Liturgie est célébrée, c’est l’Église de Dieu qui est présente; il faut en être conscient avant tout, et ne pas faire des appartenances juridictionnelles des cloisons étanches. Quand St Irénée célébrait à Lyon, ce n’était pas l’église de Smyrne qui était représentée; la communautê rassemblée, composée de commerçants grecs et de néophytes gaulois, était simplement l’Église de Dieu à Lyon. Si l’on parvient un jour à unifier toutes les paroisses orthodoxes en France sous l’autorité d’un unique archevêque, et à établir des diocèses territoriaux, ce sera certainement un bien, car la situation redeviendrait conforme aux saints canons. Mais, en définitive, cette Église unifiée dans sa structure ne sera pas davantage «l’Église de France», ou plutôt «l’Église de Dieu en France», que la mosaïque juridictionnelle actuelle. Et une autonomie prématurée ne serait pas sans périls.<br />Ce qui importe avant tout, c’est d’avoir le sens et l’amour de l’unité de l’Église. Entre Orthodoxes, il est inévitable, et il est même sain, qu’il y ait des divergences d’opinions et de tendances. Mais dès lors que ces divergences ne portent que sur des points secondaires et ne mettent en cause ni la foi, ni la discipline fondamentale de l’Église, elles ne doivent jamais entraîner des inimitiés, des exclusions, encore moins des ruptures de communion.<br />Notre position de moines de l’Athos en France a l’avantage de nous placer en dehors de certains antagonismes juridictionnels. L’Athos a depuis des siècles une vocation inter-orthodoxe. Des moines de nationalités très diverses s’y côtoient, dans le sentiment d’une commune appartenance au «Jardin de la Mère de Dieu». Nous aimerions que notre présence en France soit ainsi un facteur d’union et de convergence spirituelle entre Orthodoxes d’origine diverse.<br /><br /><br />Un vieux moine de la Sainte Montagne nous avait dit un jour: «<span style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 153);">Vous n’êtes pas des catholiques romains convertis à l’Orthodoxie grecque. Vous êtes des chrétiens d’Occident, des membres de l’Église de Rome, qui rentrez en communion avec l’Église universelle. C’est beaucoup plus grand et beaucoup plus important</span>.» Et, tandis qu’il disait cela, de grosses larmes coulaient sur ses joues... Certes, nous nous sommes bien «convertis», en ce sens que nous sommes passés de l’Église romaine, envers laquelle nous gardons une immense gratitude pour tout ce que nous avons reçu au sein de nos familles et de ce peuple chrétien qui nous a si longtemps portés, — à l’Église orthodoxe.<br />Mais cette Église orthodoxe n’est pas une Église «orientale», une expression orientale de la foi chrétienne: elle est l’Église du Christ. Sa tradition fut la tradition commune de tous les chrétiens pendant les premiers siècles, et en entrant en communion avec elle, nous ne faisions que revenir à cette source. <span style="font-weight: bold; color: rgb(0, 0, 153);">Nous n’avons pas «changé d’Église»: nous n’avons fait que passer d’un rameau séparé de l’unique Église à la plénitude de celle-ci.</span><br />Nous nous sentons pleinement du nombre de ces chrétiens d’Occident qui «<span style="font-style: italic;">en demandant à être reçus dans l’Église orthodoxe n’ont cependant pas renié ce qui, en Occident, et plus particulièrement en leur patrie, avant et depuis les séparations et le schisme, porte la marque de l’Esprit de Dieu qui souffle où il veut </span>(25).»<br />Moines orthodoxes appelés à vivre en terre de France de la tradition de la Sainte Montagne, nous savons que la mission du moine «<span style="font-style: italic;">n’est pas de faire quelque chose par ses possibilités, mais de porter par sa vie le témoignage que la mort a été vaincue. Et cela, il ne le fait qu’en s’enterrant lui-même comme un grain dans la terre </span>(26).»<br /><br /><br /><span style="font-weight: bold;">(21)</span> S. Boulgakov, L’Orthodoxie, Lausanne, 1980, p. 101-102.<br /><span style="font-weight: bold;">(22)</span> Cf. notamment l’excellente étude de Y. Congar sur «I’Économie»: «Les théologiens orthodoxes, à l’exception de quelques-uns, (...) en restent à une affirmation massive selon laquelle il n’y a vraiment sacrements que dans l’unique Église... Cette position (...) semble bien approcher d’une position commune et traduire un fond traditionnel de la pensée orthodoxe» (Y. Congar, Propos en vue d’une théologie de l'«Économie» dans la tradition latine, dans «Irenikon», 1972, p. 180 et 183). L’auteur anonyme de l’éditorial de ce même numéro d’Irenikon soulignait judicieusement les limites de la théologie augustinienne qui a prévalu en Occident, en ce qui concerne les sacrements des hétérodoxes:<br />«Depuis le XIIIe siècle, une erreur d’optique a détaché, chez nous, les sacrements de l’ecclésiologie. Ce fait nous paraît être l’aboutissement logique de la lente évolution des positions assumées par l’Occident depuis la lutte contre le donatisme. Progressivement, la théologie du Saint-Esprit en a fait les frais jusqu’à une élimination presque complète de son rôle dans la relation entre les sacrements et l’Église. Vatican II a essayé d’y remédier. Très timidement. Quelquefois maladroitement, avec plus de bonne volonté que de vision d’ensemble» (I.e., p. 153-154). On peut dire en tout cas que, dans l’ensemble de la tradition, depuis le IIIe siècle, il n’a jamais existé une unanimité en faveur de la reconnaissance des sacrements des hétérodoxes; et dans les églises non-latines, c’est bien plutôt la position opposée qui a prévalu. Cf. aussi P. L’Huillier, Les divers modes de réception dans l’Orthodoxie des Catholiques romains, dans « Le Messager orthodoxe », n° 82, 1979/1, et id., Économie ecclésiastique et réitération des sacrements, dans «Irénikon », 1937, p. 228-247 et 338-362.<br /><span style="font-weight: bold;">(23)</span> P. L’Huillier, art. cit., p. 22 et note 25.<br /><span style="font-weight: bold;">(24)</span> Cette «information» a été diffusée par une note confidentielle adressée par le «Secrétariat monastique» aux monastères catholiques francophones; il s’agit du motif qui aurait incité «le Père Placide et ses compagnons» à demander le baptême contre la volonté de leur higoumène (!): «En agissant de la sorte, ceux-ci auront sans doute voulu se concilier les faveurs de la patrie intégriste du monachisme athonite, dont ils pouvaient redouter une attitude de réserve critique, voire même d’hostilité» (Bulletin du Secrétariat monastique, Octobre 1977).<br /><span style="font-weight: bold;">(25)</span> E. Behr-Sigel, dans « Contacts», n°45 (1964/1), p.49.<br /><span style="font-weight: bold;">(26)</span> Archimandrite Basile, Higoumène de Stavronikita, dans «Contacts», n°89 (1975/ 1), p. 101.<br /><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146766024333340832006-05-07T07:05:00.000+02:002006-05-07T10:48:19.016+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/1600/myrophores.1.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/400/myrophores.1.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);font-size:130%;" >Dimanche des Myrophores</span><br /><br /><span style="font-weight: bold;">Lucernaire, t 2</span><br /><div style="text-align: justify;">Les Myrophores de bon matin, prenant des aromates, vinrent au sépulcre du Seigneur et, trouvant ce qu'elles n'attendaient point, s'inquiétèrent du changement survenu et, devant la pierre roulée, l'une à l'autre se disaient: Où sont les scellés du tombeau, où est la garde que Pilate à envoyée avec tant de précaution? Mais leur incertitude fut dissipée quand elles virent l'Ange resplendissant qui leur demanda: Pourquoi cherchez-vous avec des larmes celui qui vit et vivifie le genre humain? II est ressuscité d'entre les morts, le Christ, notre Dieu tout-puissant, qui nous accorde à tous l’immortelle vie, l’illumination et la grâce du salut<br />Pourquoi mêler vos pleurs à la myrrhe que vous portez? La pierre est roulée, la tombe vidée. Voyez comment la vie a triomphé de la mort, le témoignage éclatant que rendent les scellés, voyez quel sommeil appesantit la garde des impies ; ce qui jadis était soumis à la mort est sauvé par la chair de notre Dieu, l'Enfer exhale sa douleur. Courez donc avec joie vers les Apôtres et dites-leur: Le Christ vainqueur de la mort et premier-né d'entre les morts vous précède en Galilée.<br />Les Myrophores, parties de bon matin et joignant ton sépulcre avec empressement, te cherchaient, ô Christ, pour embaumer ton corps immaculé; mais, après tes paroles que l'Ange leur adressa, elles coururent vers les Apôtres en messagères de joie, disant: Il est ressuscité, le Principe de notre salut; vainqueur de la mort, au monde il a porté grande miséricorde et immortelle vie.<br /><br />Gloire au Père, t. 6<br /><br />Les femmes porteuses de parfums, arrivées devant le tombeau et du sépulcre voyant les scellés, mais ne trouvant pas ton corps immaculé, après l'empressement de leur venue, maintenant gémissaient en disant: Qui nous a dérobé notre espoir, qui a pris un cadavre nu et embaumé qui pour une Mère était la seule consolation? Hélas, comment fut mis à mort celui qui vivifie le genre humain, comment fut mis en tombe le vainqueur de l’Enfer? Mais, dans ta puissance, Sauveur, ressuscite le troisième jour, ainsi que tu l'as dit, pour accorder à nos âmes la grâce du salut<br /><br />Maintenant, t. 2<br /><span style="font-style: italic;">Dogmatique</span><br /><br />L'ombre de la Loi s'évanouit devant la grâce et, comme brûlait le buisson ardent sans être consumé, ô Vierge tu as enfanté et vierge tu es demeurée; le Soleil de justice s'est levé au lieu de la colonne de feu; à la place de Moïse voici le Christ, le Sauveur de nos âmes.<br /><br /><span style="font-style: italic;">Entrée</span>. Lumière joyeuse.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Prokimenon, t. 6 </span><br />Le Seigneur règne, revêtu de majesté. Vts: 1. Le Seigneur s'est revêtu de puissance, il l’a nouée comme ceinture à ses reins. 2, Tu fixas l'univers, inébranlable, ton trône est stable pour toujours. 3. A ta demeure convient la sainteté, Seigneur, pour la suite des jours.<br /><br /><span style="font-weight: bold;">Apostiche, t. 2 </span><br />Ta Résurrection, ô Christ Sauveur, illumine tout l'univers, en ta grâce tu rappelles ta propre création: Seigneur tout-puissant, gloire à toi.<br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146745129632812912006-05-06T08:00:00.000+02:002006-05-06T09:36:42.913+02:00<span style="color: rgb(153, 0, 0);">23 avril (6 mai) </span><br /><a href="http://xc-nika.blogspot.com/2006/05/23-avril-saint-georges-le-tropophore.html"><span style="font-weight: bold;font-size:130%;" ><span style="color: rgb(153, 0, 0);">Saint Georges le Tropéophore</span></span></a>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146743238909632702006-05-06T07:00:00.000+02:002006-05-06T09:36:11.396+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/Didach%3F%3F.8.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/Didach%3F%3F.8.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="font-size:130%;"><span style="color: rgb(102, 0, 0); font-weight: bold;">LA DIDACHÈ (Fin)</span></span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">ou Enseignement des douze apôtres</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Enseignement du Seigneur transmis par les douze apôtres aux nations.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Chapitres XIV, XV et XIV</span><br /><br /><div style="text-align: justify;">XIV<br />1. - Chaque dimanche, vous étant assemblés, rompez le pain et rendez grâces, après vous être mutuellement confessé vos transgressions, afin que votre sacrifice soit pur.<br />2. - Mais que quiconque a un dissentiment avec son prochain ne se joigne pas à vous jusqu'à ce qu'ils se soient réconciliés, afin que votre sacrifice ne soit pas profané. Car voici l'(offrande) dont a parlé le Seigneur :<br />3. - " En tout temps et en tout lieu on me présentera une offrande pure, car je suis un grand roi, dit le Seigneur, et mon Nom est admirable parmi les nations. " (Malachie)<br /><br />XV<br />1. - Elisez-vous donc des évêques et des diacres dignes du Seigneur, hommes doux et désintéressés, véridiques et éprouvés, car pour vous ils remplissent, eux aussi, l'office de prophètes et de docteurs.<br />2. - Ne les méprisez donc pas, car ils doivent être honorés parmi vous en communauté avec (au même titre que) les prophètes et les docteurs.<br />3. - Reprenez-vous les uns les autres, non pas en colère mais en paix, comme vous en avez l'ordre dans l'Evangile et celui qui manque à son prochain, que nul d'entre vous ne lui parle ni ne l'écoute jusqu'à ce qu'il se soit repenti.<br />4. - Mais vos prières et vos aumônes et toutes vos actions, faites-les comme vous en avez l'ordre dans l'Evangile de notre Seigneur.<br /><br />XVI<br />1. - Veillez sur votre vie. Que vos lampes ne s'éteignent pas et que vos reins ne se déceignent pas, mais soyez prêts, car vous ne savez pas l'heure où notre Seigneur viendra.<br />2. - Réunissez-vous fréquemment, cherchant ce qui convient à vos âmes, car tout le temps de votre foi ne vous servira de rien si au dernier moment vous n'êtes pas devenus parfaits.<br />3. - <span style="color: rgb(153, 0, 0);">Car dans les derniers jours les faux prophètes et les corrupteurs se multiplieront</span>, les brebis se changeront en loups et l'amour se changera en haine; car, l'iniquité ayant augmenté (les hommes) se haïront les uns les autres et se persécuteront et se trahiront.<br />4. - <span style="color: rgb(153, 0, 0);">Alors paraîtra le Séducteur du monde</span> (se donnant) comme fils de Dieu et il fera des signes et des prodiges et la terre sera livrée entre ses mains et il commettra des forfaits tels qu'il n'y en a point eu depuis l'origine des temps.<br />5. - <span style="color: rgb(153, 0, 0);">Alors toute la création humaine entrera dans le feu de l'épreuve</span> et beaucoup succomberont et périront; mais ceux qui auront persévéré dans leur foi seront sauvés de cet anathème.<br />6. - <span style="color: rgb(153, 0, 0);">Et alors paraîtront les signes de la vérité</span>; d'abord le signe de l'ouverture du ciel, puis le signe du son de la trompette et troisièmement la résurrection des morts, non de tous, il est vrai, mais comme il est dit : " Le Seigneur viendra et tous les saints avec Lui ! "<br />7. - <span style="color: rgb(153, 0, 0);">Alors le monde verra le Seigneur venant sur les nuées du Ciel</span>.<br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146861036125021052006-05-05T22:25:00.000+02:002006-05-05T22:45:10.093+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/St%20Ephrem%20le%20nouvel%20apparu.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/St%20Ephrem%20le%20nouvel%20apparu.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(153, 0, 0);">Le 5 mai, mémoire de </span><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);font-size:130%;" >Saint Ephrem le Nouvel Apparu</span><br /><br /><div style="text-align: justify;">On ne connaissait rien de ce Saint Hiéromartyr jusqu'au 3 janvier 1950, date à laquelle il révéla le lieu de sa sépulture, dans l'ancien Monastère de l'Annonciation sur le mont des Immaculés (Amômoi), à Néa-Makri en Attique. Depuis 1965 et jusqu'à maintenant, le Saint est apparu à de très nombreuses reprises, à des Moniales du couvent, ou à des pèlerins, dans leur sommeil ou de manière évidente, accompagné d'une grande lumière et d'un suave parfum, leur racontant, avec des détails d'une concordance frappante, sa vie et les circonstances de son martyre.<br />Ephrem était devenu Moine à l'âge de quatorze ans dans ce Monastère qui était alors florissant. Au bout de vingt-sept années de vie ascétique, il fut pris par les Turcs, qui décapitèrent tous les autres Moines et détruisirent le Monastère ; et, du 14 septembre 1425 jusqu'au 5 mai 1426, il fut soumis à de nombreux supplices. Finalement, les barbares le pendirent la tête en bas à un mûrier, lui clouèrent les pieds et la tête sur l'arbre, puis ils livrèrent son corps aux flammes.<br />Depuis cette révélation, le Saint n'a pas cessé de montrer qu'il est bien vivant en Dieu, par quantité d'apparitions et de guérisons. Il se présente sous l'aspect d'un ascète au visage émacié ou avec ses ornements sacerdotaux, décline son identité en disant : « On m'appelle Ephrem ! » Il guérit les uns de maux incurables, raffermit la foi chancelante des autres, délivre du danger ou de 1'incendie, ou encore console ceux qui sont affligés, en leur montrant quelles souffrances il a lui-même endurées pour l'amour du Christ.<br />En 1982, Saint Ephrem est apparu à un fidèle, en compagnie du saint Hiéromartyr Raphaël de Mytilène, lui aussi révélé en ces derniers temps dans des circonstances fort semblables. Le Seigneur semble ainsi vouloir montrer prophétiquement qu'aujourd'hui comme hier, Il se complaît dans Ses Saints et répand par eux Sa grâce pour l'édification de l'Eglise et la consolation des fidèles.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(153, 0, 0);">En hommage à C. </span><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146765456781791012006-05-05T08:52:00.000+02:002006-05-05T11:03:43.990+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/1600/Identitaires.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/400/Identitaires.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(153, 0, 0);font-size:130%;" ><span style="font-weight: bold;">Immigration choisie ? </span></span><br /><br /><div style="text-align: justify;">le Bloc identitaire écrit aux ambassadeurs des pays concernés :<br /><br /><div style="text-align: left;">A l’occasion de l’examen du projet de loi sur l’immigration présenté par le ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, le Bloc Identitaire a décidé d’interpeller les ambassadeurs des pays directement concernés par cette initiative.<br /></div> Par ce courrier, le Bloc Identitaire entend recueillir le sentiment d’un certain nombre d’Ambassadeurs de pays d’Afrique et du Maghreb sur le concept d’”immigration choisie” qui pourrait avoir de graves conséquences sur l’économie et l’encadrement de pays en voie de développement.<br />L’action s’inscrit également dans le cadre d’une défense active des salariés européens que cette concurrence risque également de fragiliser.<br />Cette missive a notamment été adressée - ce jour - aux ambassadeurs des pays suivants : Algérie, Tunisie, Maroc, Bénin, Cameroun, Côte d’Ivoire, Djibouti, Gabon, Kenya, Liban, Lybie, Madagascar, Maurice, Sénégal, Soudan et Tchad.<br /><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Nice, le 2 mai 2006</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Monsieur l’Ambassadeur,</span><br /><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Le Bloc Identitaire est un mouvement fondé au mois d’avril 2003 lors des Assises identitaires de Mâcon. Avec le mouvement de jeunesse - Jeunesses Identitaires - le Bloc se donne pour objectif de fédérer les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage. Mais au-delà, le Bloc Identitaire se bat contre tous les impérialismes et pour le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. C’est à ce titre que nous vous écrivons.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Vous n’êtes pas sans savoir, le Gouvernement Français envisage de faire légiférer le Parlement sur le problème de l’immigration afin notamment de mettre en place une « immigration choisie ».</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">La définition de celle-ci et son application nous semblent particulièrement préjudiciables aux intérêts de nos deux peuples. </span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">De votre point de vue, cette « immigration choisie » aura comme principal effet néfaste de priver votre pays d’une élite nécessaire au développement de son économie, de sa recherche ainsi qu’à l’encadrement et à l’enseignement de votre jeunesse.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Cette traite des cerveaux, aux relents colonialistes, dénote une conception de la géopolitique qui n’est pas la nôtre. Les Identitaires, qui réaffirment donc le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, refusent donc d’aliéner celui de peuples et de cultures différentes tels que les vôtres.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">De notre point de vue, le continent européen, comme la France, doivent savoir se remettre en question, repenser leur organisation et leur développement économique sur des fondements identitaires et sociaux. L’appel à une main d’œuvre étrangère, fut-elle qualifiée, ne résoudra en rien les problèmes sociaux liés au développement de l’économie libérale et à la mondialisation.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Qui plus est, l’immigration, quelle que soit son origine, ne génère, l’histoire l’a montrée, que déracinement et conflits ethno-sociaux. Elle n’est donc une solution pour personne !</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Nous pensons que la France n’a pas les moyens d’accueillir une immigration massive, fut-elle présentée comme « choisie » et qu’elle gagnerait donc à permettre le développement des pays tiers, plutôt qu’à tenter de les priver d’élites.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Persuadés que vous comprendrez qu’il est nécessaire, à ce stade du débat français, que votre pays se manifeste et fasse connaître son opposition à cette forme de colonialisme, nous avons tenu à solliciter votre position et vous invitons à la faire connaître à l’occasion des débats français.</span><br /><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Dans l’attente de votre réponse, nous avons l’honneur, Votre Excellence, de vous présenter l’expression de notre très haute considération.</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Fabrice Robert</span><br /><span style="color: rgb(102, 0, 0);">Président du Bloc Identitaire</span><br /><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146765098192673462006-05-05T07:47:00.000+02:002006-05-05T11:02:57.376+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/1600/Europe.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/6231/2310/400/Europe.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="font-weight: bold; color: rgb(51, 51, 255);">Conférence à Vienne :<br />« Donner une âme à l’Europe »</span><br /><div style="text-align: justify;"><br />Aujourd’hui, 5 mai se termine, à Vienne, en Autriche, une rencontre organisée conjointement par le Vatican et le Patriarcat de Moscou sur le thème « <span style="font-style: italic;">Donner une âme à l’Europe: mission pour les Eglises</span> ». Elle est co-présidée par le cardinal Paul Poupard et le métropolite Cyrille de Smolensk.<br />Dans le message qu’il a envoyé, le patriarche russe Alexis II déclare : « <span style="font-style: italic;">C’est ma conviction que nos Eglises, qui demeurent fidèles à la tradition apostolique concernant les bases de la vision du monde chrétienne, doivent agir ensemble pour défendre les valeurs chrétiennes fondamentales</span> ».<br />Dans le discours prononcé mercredi 3 mai, le métropolite Cyrille a adressé une mise en garde contre l’abandon des racines chrétiennes de l’Europe. Il a notamment précisé : « <span style="font-style: italic;">L’histoire de la Russie au XXe siècle doit servir d’avertissement à l’Europe contemporaine : l’abandon des fondations spirituelles et culturelles d’une civilisation constitue une sérieuse menace pour la civilisation elle-même</span> ».<br />Ont été abordés lors de cette conférence : les « fondations » de l’Europe, « la globalisation et la modernité, les sectes et les nouvelles formes de non croyance et l'indifférence religieuse, du ressourcement spirituel à l'aube du troisième millénaire, de l'influence de l'éthique chrétienne en politique, dans l’économie et dans les médias », ainsi que «la coopération entre les Eglises pour les valeurs chrétiennes dans la culture européenne ».<br /><a href="http://www.orthodoxie.com/2006/05/confrence_vienn.html#more">Source</a><br /><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146742147199182122006-05-04T13:22:00.000+02:002006-05-04T13:29:07.516+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.4.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.4.jpg" alt="" border="0" /></a><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/Placide%20deseille.5.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/Placide%20deseille.4.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;">Etapes d'un pélerinage (6)</span><br /><span style="color: rgb(0, 0, 153);">II. Le monastère d’Aubazine (suite)</span><br /><span style="color: rgb(0, 0, 153);">(1966-1977)</span><br /><br />par l'Archimandrite Placide (Deseille)<br /><br /><div style="text-align: left;"><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Une expérience prophétique? </span><br /></div><br /><div style="text-align: justify;">Pendant plusieurs années, une thèse soutenue par certains œcuménistes catholiques, sincèrement favorables à l’Orthodoxie, m’avait semblé séduisante. Vraie, elle aurait donné tout son sens à ce que nous tentions de vivre à Aubazine.<br />Selon ces théologiens — l’un des plus remarquables était le Père Louis Bouyer — l’Église catholique et l’Eglise orthodoxe n’ont jamais cessé d’être unies, malgré les apparences. Elles sont deux Églises locales, ou plutôt deux groupes d’Églises locales, qui réalisent chacune, d’une manière différente, mais équivalente, la plénitude de l’Église du Christ. Entre elles, il existe une brouille séculaire, fondée sur des malentendus, mais elles ne sont pas réellement séparées, elles n’ont jamais cessé de former, ensemble, l’unique Église visible du Christ.<br />Si on admet cette thèse, on peut aller jusqu’à dire que l’Église orthodoxe a gardé mieux que l’Église romaine certains aspects de la tradition originelle de l’Église, mais que l’Église catholique romaine n’a cependant rien abandonné ni modifié d’essentiel, et qu’elle a mieux développé que l’Église orthodoxe d’autres aspects de la vie chrétienne, notamment le sens missionnaire et le sens de l’universalité, tout en ayant su mieux s’adapter au monde moderne. Le rétablissement plénier de la communion, auquel aucun empêchement théorique ne s’opposerait, apporterait à l’une et à l’autre un enrichissement considérable, et permettrait à l’Église romaine de surmonter les difficultés de la période post-conciliaire.<br />Une expérience comme celle que nous menions à Aubazine prenait dès lors un grand intérêt et revêtait une signification en quelque sorte prophétique. Un bon nombre de nos amis catholiques, et peut-être certains de nos amis orthodoxes, avaient adopté, plus ou moins consciemment, cette façon de voir, que la levée de l’excommunication de 1054 et l’appellation d’Églises sœurs, souvent utilisée par Rome, semblait autoriser.<br />Peu à peu cependant, non sans souffrance et sans un déchirement intérieur, nous avons réalisé que cette conception était une illusion, généreuse, certes, mais en contradiction avec les données les plus certaines de l’ecclésiologie. Il n’est pas possible que deux Églises qui ne sont plus en communion sacramentelle depuis plus de mille ans, et dont l’une a défini comme dogmes de foi ce que l’autre rejette comme contraire à la foi apostolique, soient ensemble l’Église du Christ. Ce serait admettre que les Portes de l’enfer ont prévalu contre elle, que la division est entrée à l’intérieur de l’Église elle-même. Les Pères auraient été unanimes à rejeter une telle doctrine. Le fait, d’ailleurs, que l’Église catholique romaine nomme, depuis des siècles, des évêques catholiques, uniates ou latins, sur des sièges épiscopaux qui ont déjà un titulaire orthodoxe est un signe manifeste de la non-identité des deux Églises, même au plan local.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Dernières étapes. </span><br /><br />Ce n’est que très progressivement que je parvins à la conviction que l’Église orthodoxe est l’Église du Christ en sa plénitude, et que l’Église catholique romaine en est un membre séparé. Un tel cheminement était sans doute plus facile pour des hommes plus jeunes, ou moins insérés que je l’étais dans l’Église romaine. Chez un catholique de ma génération, l’idée de la primauté pontificale était fortement enracinée. D’autre part, à la Trappe, j’avais encore connu la tradition latine dans une de ses expressions les plus pures, bien sauvegardée jusqu’à une date très récente. J’avais aussi connu des moines, des religieuses, des chrétiens fervents qui rayonnaient d’une vie spirituelle profonde. La vie de beaucoup de saints catholiques m’était familière; leur sainteté me paraissait indubitable, et proche de celle des saints orthodoxes. Je percevais, et j’aimais, tout ce qu’il y avait de christianisme authentique, - je serais tenté de dire maintenant: de réelles survivances orthodoxes - chez les catholiques romains.<br />Pourtant, vers la fin de l’année 1976, la certitude s’était imposée à mes frères d’Aubazine et à moi-même que nous ne pouvions plus hésiter. Nous devions envisager notre entrée dans l’Église orthodoxe. Fallait-il le faire rapidement, ou attendre des circonstances favorables? Des objections se présentaient. Nous étions assez connus dans le monde catholique. Notre monastère exerçait un rayonnement modeste, mais réel. N’était-il pas préférable, pour le moment, de rester parmi les catholiques romains, pour les aider à retrouver leurs racines, à retourner aux sources communes des deux traditions? Cette attitude n’était-elle pas plus prudente, plus conforme aux exigences de la charité, plus propre à favoriser l’union des chrétiens? N’était-ce pas, d’ailleurs, le seul moyen de sauvegarder l’existence même de notre monastère d’Aubazine, et donc de continuer l’œuvre entreprise?<br />Mais comment rester, en toute loyauté, membres de l’Église catholique, et donc continuer à en professer extérieurement tous les dogmes, alors que nous avions la conviction que certains de ces dogmes s’écartaient de la Tradition de l’Église? Comment continuer à participer à la même eucharistie, alors que nous avions conscience de diverger dans la foi ? Comment rester à l’extérieur de l’Église orthodoxe, hors de laquelle il ne pourrait assurément pas y avoir de salut et de vie dans l’Esprit pour ceux qui, l’ayant reconnue comme l’Église du Christ, se refuseraient à y entrer pour des motifs humains ? Céder à des considérations de diplomatie œcuménique, d’opportunité, de commodité personnelle, eût été, dans notre cas, chercher à plaire aux hommes plutôt qu’à Dieu, et mentir à Dieu et aux hommes. Rien n’aurait pu justifier cette duplicité.<br />Où convenait-il que nous fussions reçus dans l’Église ? Nous savions que la situation de l’Église orthodoxe en France est délicate, que ses évêques doivent tenir compte de la présence d’une Église catholique fortement majoritaire, et entretenir avec sa hiérarchie d’aussi bons rapports que possible. Nous redoutions que notre entrée dans l’Orthodoxie ne suscite une forte opposition dans certains milieux catholiques, et que cela ne porte préjudice à l’Église orthodoxe en France. La suite des événements nous a d’ailleurs donné raison sur ce point, bien au-delà de nos prévisions. Plusieurs personnalités orthodoxes consultées alors ne nous ont pas caché qu’il serait en effet opportun que notre réception ait lieu hors de France.<br />Au cours des années précédentes, nous avions fait divers voyages dans des pays orthodoxes: Roumanie, Serbie, Grèce et Mont-Athos. Nous ne songions pas alors à entrer dans l’Église orthodoxe, mais nous voulions acquérir une connaissance directe de l’Orthodoxie et nous initier à sa vie liturgique et monastique. La Roumanie nous avait particulièrement attirés, par l’alliance et la compénétration que nous y avions constatées entre un monachisme très vivant, qui comptait des personnalités spirituelles remarquables, et un peuple animé d’une foi et d’une piété profondes. Mais la situation intérieure du pays ne nous semblait pas permettre, maintenant que se posait le problème de notre réception dans l’Église orthodoxe, l’établissement d’un lien canonique entre nous et cette Église, qui nous est toujours restée très chère. Un ensemble de circonstances, où il nous eût été difficile de ne pas voir la main de Dieu, nous ouvrit les portes du monastère de Simonos Petra, au Mont Athos.<br />Notre décision prise, j’étais allé voir, le 2 avril 1977, l’évêque catholique de Tulle, Mgr. Brunon, de qui nous dépendions. Un autre membre de notre communauté m’accompagnait. L’évêque nous écouta longuement, avec une réelle bienveillance. Il reconnaissait que notre décision n’avait pas été prise à la légère, mais était intervenue au terme de longues années de prière et de réflexion. Il ajoutait qu’à son point de vue, nous ne méritions ni blâme ni reproches, mais qu’il faudrait agir avec prudence et discrétion pour éviter tout étonnement et tout trouble autour de nous. Il espérait même que notre démarche pourrait être comprise et acceptée par Rome, espoir que les faits devaient rapidement démentir. Il pensait lui aussi qu’il était préférable que nous soyons reçus dans l’Église orthodoxe en Grèce ou à la Sainte-Montagne, et non en France, pour éviter de susciter d’inutiles problèmes.<br />A sa demande, nous nous rendîmes peu après à Rome, pour nous entretenir avec le cardinal Paul Philippe, alors Préfet de la Congrégation pour les Églises orientales unies à Rome. Le 14 avril, nous étions reçus par lui. Il était très bien disposé à notre égard. Mais nous vîmes tout de suite que le problème de fond ne pourrait être abordé. Il nous dit: «Pour ma part, je crois qu’il n’y a aucune divergence réelle de foi entre l’Église catholique et l’Église orthodoxe. Vous pouvez adopter toute la doctrine orthodoxe, tout le rite orthodoxe, toute la spiritualité et la vie monastique orthodoxe, tout en restant unis à Rome» Et il nous assura qu’il était disposé à nous octroyer les plus grandes facilités pour que nous puissions poursuivre notre expérience à Aubazine, dans le cadre de l’Église catholique. Mais la question n’était plus là, et nous ne pouvions nous engager dans cette voie.<br />Dans la suite, l’évêque de Tulle adopta à notre égard une attitude beaucoup moins conciliante, et nous mit en demeure de quitter les locaux que nous avions nous-mêmes construits à Aubazine. Il intervint dans ce sens auprès des instances œcuméniques catholiques et des autorités orthodoxes.<br />A la même époque, nous étions allés voir le Père Abbé de Belle-fontaine, Dom Emmanuel Coutant, qui demeurait mon supérieur canonique, pour lui expliquer notre décision. Il en fut surpris, et nous dit nettement et franchement qu’il ne pouvait que la désapprouver. Mais il ajouta qu’il respectait notre conscience, se refusait à nous condamner et tenait à garder avec nous les relations les plus confiantes et les plus fraternelles. Dans la suite, il ne se départit jamais de cette attitude pleine de franchise et de charité évangélique.<br /><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146609529954637202006-05-03T00:27:00.000+02:002006-05-03T00:38:50.286+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/coptes.0.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/400/coptes.0.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="font-weight: bold;font-size:130%;" ><span style="color: rgb(153, 0, 0);">La question copte interpelle l'Europe</span></span><br /><span style="color: rgb(153, 0, 0);">JG Malliarakis</span><br /><br /><div style="text-align: justify;">Commençons ces lignes par un constat de carence personnelle : j'ai forcément mal lu le site de la présidence de la république française. J'y ai certes trouvé la Lettre de condoléances de M. Chirac, adressée à M. Mohamed Hosni Moubarak, président de la République arabe d'Egypte, à la suite des attentats ayant frappé la ville de Dahab, en date du 25 avril. Je n'ai rien trouvé à propos des trois attentats commis le 14 avril dans des églises de la veille symbolique d'Alexandrie.<br />Pourtant le 20 avril, au Caire le même Chirac prononçait un discours devant la communauté française établie en Egypte ; et encore un autre à Chourouq à l'Université française d'Egypte. Le mot copte n'y figure pas.<br /><br />M. Chirac n'a certainement pas lu le Quatuor d'Alexandrie, puisque l'auteur est anglo-saxon. Il cite Champollion, et il parle de dialogue des cultures mais il ignore peut-être que le Coran n'a été écrit, pardon : dicté, dans aucune des trois langues de la pierre de Rosette.<br /><br />Les attentats islamistes, en effet, commis le 14 avril à Alexandrie contre des églises coptes n’ont pas "seulement" fait un mort et cinq blessés parmi les pacifiques fidèles de cette communauté chrétienne : ils interpellent d’abord la faiblesse de l’Occident, et la "<span style="font-weight: bold;">nullité</span>" — pour une fois le mot est à sa place — de cette Europe institutionnelle, cette Europe des gros États, qui osent parler de Paix sans connaître le vrai sens de ce mot.<br /><br />Sur les bases de données, de la CIA la population actuelle de l’Égypte est évaluée actuellement à 79 millions de personnes.<br />De manière un peu arbitraire l’information américaine considère que 98 % des habitants de ce pays appartiendraient à « l’ethnie égyptienne », le reste se partageant entre une poussière d’apports berbères, bédouins, français, anglais, grecs, italiens, arméniens, etc.<br /><br />Autrement dit, non seulement le partage entre le Delta du Nil et la Haute Égypte et les portes de la Nubie, observable à l’œil nu pour le plus ingénu des touristes, comme immuable depuis l’Antiquité pharaonique, n’est pas pris en compte par les fonctionnaires du renseignement occidental, mais il est posé en principe que les minorités religieuses du pays ne forment pas une nation distincte. — Sur ce dernier point tout le monde est d’accord.<br /><br />Les Coptes, principal groupe chrétien égyptien représentent aujourd’hui 9 % de la population, environ 7 millions de personnes, les autres chrétiens comptant pour environ 1 %. Il s'agit numériquement de la plus importante population chrétienne du Proche Orient.<br />En dehors du fait qu’ils sont en général d’un niveau intellectuel et économique supérieur à celui du reste de la nation égyptienne ; les Coptes d’Égypte, élites du pays, appartiennent globalement, au même peuple que les musulmans. Ils se veulent éventuellement « plus égyptiens » que leurs compatriotes. Leur langue liturgique dérive de l'égyptien démotique de l’Antiquité. Et, depuis des siècles, et depuis l’invasion arabe (démographiquement superficielle) du VIIe siècle, et, aux époques de domination des fatimides venus du Maghreb, des ayoubides venus de Syrie, des mamelouks venus de Turquie, etc, ils ne se sont pas, par définition, mélangés, la loi coranique étant très stricte sur ce point, avec aucun des conquérants musulmans étrangers.<br /><br />Ce point n’est nullement anecdotique. Dans la plupart des pays à majorité musulmane, les islamistes se réfèrent à une sorte de « complexe identitaire » qui rejetterait les minorités chrétiennes, juives ou païennes (zoroastriens de Perse, yézidis du Kurdistan, etc.) comme plus ou moins « étrangères ». C’est toujours ridicule en définitive et c'est surtout odieux. <span style="font-weight: bold;">Car la plupart de ces religions sont implantées, dans les pays considérés, depuis des temps immémoriaux et antérieurement à l’islam</span>. Celui-ci n’est d’ailleurs devenu majoritaire que de façon tout à fait tardive : « l’âge d’or de la civilisation arabe » est en général caractérisé par l’existence de majorités chrétiennes dans la population civile, les musulmans détenant surtout le monopole du sabre. Pour des raisons fiscales, la conversion à l'islam a ruiné les économies.<br /><br />Dans le cas de l’Égypte l’exemple copte est indiscutable.<br />Ce que les islamistes leur reprochent ce n’est pas seulement d’être plus instruits, plus travailleurs et moins parasitaires, ce qui est évidemment insupportable aux yeux de l’obscurantisme prédateur : c’est d’être plus ouverts à l’Occident.<br /><br />Un point doit être éclairci au sujet de ce dernier concept : sur les fiches de la CIA il est indiqué que les élites égyptiennes parlent couramment l’anglais « et le français ». L’Occident tel que les Égyptiens le connaissent en général, et les Coptes en particulier, ce ne sont pas seulement « les Anglo-saxons ». Pour les Égyptiens en général et les Coptes en particulier, la France cela compte beaucoup. Cela comptait.<br /><br />Or, la France mène encore une politique étrangère définie par les gens « très intelligents » du quai d’Orsay. Il ne faut pas dire qu’ils n’ont pas changé depuis Gobineau, Paul Morand ou « la fin des ambassades » de Roger Peyrefitte. Ils sont pires : l’ENA est passée par là, 60 ans de lecture du Monde, de catho-progressisme, de certitudes bien-pensantes de gauche : les amitiés traditionnelles de la France, cela ne compte pas – les élites parlant français cela devient suspect dès lors qu’éventuellement ce soient des « ennemis de classe », voire (pire encore) des « agents économiques anglo-saxons ».<br /><br />Dans l’affaire des menaces grandissantes contre les Coptes, les Français, pardon : les « Français officiels » se sont une fois de plus ridiculisés, pour ne pas dire : déshonorés.<br /><br />Comment « le Figaro » du 17 avril recense-t-il les attentats anticoptes d'Alexandrie ? Le titre est clair, dans son ambiguïté : ce sont des « incidents entre Coptes et Musulmans ».<br /><br />M. Chirac vient-il la semaine suivante rencontrer Moubarak. Qu’est-il dit officiellement du droit des Coptes par le représentant officiel du « pays des Droits de l’homme » ? Rien. Ni au Caire ni à Paris.<br /><br />Une rumeur publique invérifiable fait de l’épouse du chef de l’État une coreligionnaire de sainte Bernadette. Qu’a-t-elle dit ? Rien. Ni au Caire ni à Paris, ni en Corrèze.<br /><br />Or, on doit bien comprendre que la période est cruciale : le patriarche copte Chenouda III a accepté, une fois de plus, par pure diplomatie, malgré des hésitations, pour la Pâques orthodoxe du 23 avril de recevoir les salamalecs hypocrites des autorités officielles gouvernementales et musulmanes.<br /><br />Car une fois de plus le gouvernement Moubarak s’est scandaleusement employé à noyer le poisson : les attentats islamiques seraient, à l’en croire, l’œuvre de « fous ». Un peu gros n’est-ce pas ? Et au même moment on apprend que 900 islamo-terroristes responsables d’attentats criminels contre des touristes et des chrétiens étaient libérés, amnistiés, blanchis.<br /><br />La question aujourd’hui n’est donc pas de « prendre parti entre chrétiens et musulmans » mais d’aider précisément les fameux « modérés » en exigeant du gouvernement égyptien qu’il respecte les libertés de ses propres concitoyens. Ce n’est pas rendre service à M. Moubarak que d’accepter l’impunité de l’islamo-terrorisme sous prétexte que les Frères Musulmans ont obtenu quelques sièges supplémentaires à l’Assemblée égyptienne aux élections de 2005.<br /><br />Pour toutes ces raisons, il faut (...) exiger en effet que l'Europe fasse de la question copte une préoccupation paradigmatique de sa politique étrangère de Paix en Méditerranée.<br /><a href="http://www.europaegentes.com/index.php">Source</a><br /><br /><br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146499195625340042006-05-01T17:36:00.000+02:002006-05-01T17:59:56.066+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.3.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.3.jpg" alt="" border="0" /></a><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/Placide%20deseille.4.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/Placide%20deseille.3.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;">Etapes d'un pélerinage (5)</span><br /><span style="color: rgb(0, 0, 153);">II. Le monastère d’Aubazine </span><br /><span style="color: rgb(0, 0, 153);">(1966-1977) </span><br /><br />par l'Archimandrite Placide (Deseille)<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Origines de la fondation. </span><br /><br /><div style="text-align: justify;">Durant les années 1962-1965, les tendances que je viens d’évoquer commençaient à s’affirmer. Il devenait manifeste que je ne pouvais continuer à penser et à vivre selon les principes qui me paraissaient vrais, sans créer des tensions et des conflits stériles au sein même du monastère. Je gardais pourtant la certitude que la plénitude de la vérité était du côté des Pères, de l’Église ancienne, de cette Orthodoxie que j’aimais, sans pressentir encore qu’elle pût être l’Église purement et simplement.<br />Je me demandai alors si la présence au sein de l’Église catholique romaine de chrétiens pratiquant les rites orientaux et vivant de la même tradition que les Orthodoxes, ne pourrait pas être le ferment qui provoquerait un jour le retour de tout le corps à l’esprit du christianisme des Pères. L’uniatisme avait été conçu par Rome comme un moyen d’amener les Orthodoxes à l’unité romaine, sans les obliger à renoncer à leurs traditions. Le développement de l’œcuménisme dans le monde catholique tendait à rendre cette perspective caduque. Mais ne pouvait-on pas espérer que la présence et le témoignage des catholiques de rite oriental contribuerait à ramener l’ensemble de l’Église romaine à la plénitude de la tradition? Les interventions lucides et courageuses de certains hiérarques melkites au Concile donnaient quelque consistance à ces espérances.<br />Dès lors, l’adoption du rite byzantin ne pourrait-elle pas devenir pour des catholiques d’origine occidentale, un moyen de vivre de la plénitude de la tradition, dans la situation présente de l’Église romaine, en se gardant ainsi à l’écart du conflit stérile qui opposait les tenants d’une tradition déjà altérée — celle de la fin du Moyen Age et de la Contre-Réforme — aux partisans des transformations post-conciliaires?<br />Ce qui m’incitait à me tourner vers la tradition byzantine, ce n’étaient donc pas ses attaches «orientales». Je ne me suis jamais senti «oriental», ni attiré à le devenir. Mais la pratique de la liturgie byzantine me semblait être le moyen le mieux adapté, en l’état réel des choses, pour entrer dans la plénitude de la tradition patristique d’une façon qui ne soit pas scolaire et intellectuelle, mais vitale et concrète. La liturgie byzantine m’est toujours apparue beaucoup moins comme une liturgie « orientale », que comme la seule tradition liturgique existante dont on puisse dire: «Elle n’a rien fait d’autre que d’incorporer intimement dans la vie liturgique la grande théologie élaborée par les Pères et les conciles jusqu’au IXe siècle. En elle se chante l’action de grâces de l’Église triomphant des hérésies, la grande doxologie de la théologie trinitaire et christologique de St Athanase, des Cappadociens, de St Jean Chrysostome, de St Cyrille d’Alexandrie, de St Maxime. En elle transparaît la spiritualité des grands courants monastiques depuis les Pères du désert, Évagre, Cassien, les moines du Sinaï, jusqu’à ceux du Studion, et, plus tard, de l’Athos... En elle, enfin, le monde entier, transfiguré par la présence de la gloire divine, se dévoile dans une dimension proprement eschatologique (15). »<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Le monastère de la Transfiguration. </span><br /><br />C’est dans cet esprit qu’accompagné d’un autre moine de Bellefontaine qui, depuis plusieurs années, avait suivi une évolution intérieure analogue, je commençai, le 14septembre 1966, la fondation du monastère de la Transfiguration à Aubazine, en Corrèze. Plusieurs compagnons nous rejoignirent assez vite. Pendant plus de dix ans, nous avons ainsi essayé de vivre de la tradition liturgique et spirituelle de l’Orthodoxie, tout en restant dans l’Église catholique romaine. Les autorisations nécessaires nous avaient été assez facilement accordées, tant par nos supérieurs monastiques que par Rome. Aucun statut canonique précis ne nous fut cependant jamais donné: notre entreprise ne rentrait dans aucun cadre juridique existant, et seule l’indétermination du droit canonique pendant cette période post-conciliaire l’avait rendu réalisable<br />Nous disposions d’un terrain boisé de sept hectares, au flanc d’une colline d’où la vue portait sur tout le pays de Brive, aux confins du Limousin, du Quercy et du Périgord. Nous y construisîmes peu à peu, par nos propres moyens, une église de bois, un bâtiment communautaire comprenant la cuisine, le réfectoire, la bibliothèque et les divers locaux indispensables; un bâtiment destiné aux hôtes de passage, un atelier, et des cabanes séparées servant de cellules pour les membres de la communauté. La vie que nous menions était cependant cénobitique, les offices à l’église, les repas et toutes les ressources étant communautaires.<br />Le maître des novices d’un grand monastère français résumait ainsi ses impressions après un séjour à Aubazine: «Bien des aspects de la vie monastique qu’on mène à Aubazine m’ont beaucoup attiré. Rapidement, je note: solitude, pauvreté assez rude, grande simplicité de vie, esprit d’extrême liberté laissée à chacun avec néanmoins un niveau d’exigences proposé assez élevé, primat donné à la relation spirituelle et fortement personnalisée entre le Père de la communauté et les frères, caractère peu organisé, peu structuré de la vie communautaire, ou, en d’autres termes, extrême légèreté de l’institution; proximité évidente des sources les plus originelles du monachisme et de la grande tradition orientale.» Ces réflexions me semblent caractériser assez justement ce que nous avons au moins essayé de réaliser.<br />Parmi les jeunes qui s’étaient joints à nous, plusieurs parurent, à l’expérience, appelés à une vie monastique plus «classique»: ils sont devenus dans la suite d’excellents moines dans des abbayes cisterciennes ou bénédictines, ou chez les Chartreux. D’autres, attirés par l’aspect érémitique de notre vie, achoppèrent sur la part importante d’éléments communautaires que nous tenions à garder. Ceux-ci en effet m’ont toujours paru constituer une garantie indispensable contre de graves illusions spirituelles. Rien ne dispose mieux à l’union à Dieu que le renoncement à la volonté propre et à toute fantaisie individuelle. La vie érémitique ne peut être menée avec sécurité que par des moines ayant déjà acquis une grande expérience de la vie spirituelle. De ce point de vue, notre vie en cellules séparées ou «ermitages» n’était peut-être pas une très bonne formule pour des commençants.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Le problème ecclésiologique. </span><br /><br />En elle-même, la vie que nous menions à Aubazine comblait nos aspirations. Mais peu à peu, un problème que nous n’avions pas entrevu à l’origine se fit jour. Nous avions été amenés à entrer en rapports à la fois avec des monastères orthodoxes, et avec des communautés de rite oriental unies à Rome. A mesure que nous connaissions mieux les uns et les autres, nous pouvions constater à quel point les Églises uniates étaient coupées de leurs racines et de leur propre tradition, et n’occupaient dans l’Église catholique romaine qu’une position très marginale. Même lorsque les Uniates reproduisaient aussi exactement que possible les formes extérieures de la liturgie et du monachisme orthodoxes, l’esprit qui animait leurs réalisations était tout différent.<br />Un danger particulier guettait les Occidentaux qui optaient pour le «rite byzantin»: ne s’estimant plus soumis aux exigences propres à la tradition latine, ils étaient ainsi privés des garanties qu’elles assuraient, sans bénéficier pour autant de celles qu’auraient apportées l’appartenance à l’Église Orthodoxe et l’observation de ses normes. Le risque est grand, dès lors, de ne suivre, sous le couvert de l’appartenance «orientale», que des conceptions subjectives qui ne sont ni catholiques, ni orthodoxes, et laissent le champ libre aux abus et aux illusions.<br />D’autre part, l’évolution post-conciliaire de l’Église romaine se poursuivait. J’hésite à parler de «crise»; en tout cas, il me paraît fort douteux que la survie et même la prospérité de cette Église dans le monde soient sérieusement menacées. A bien des égards, il est assez probable que, malgré une réduction inéluctable de ses effectifs, son influence et celle de la papauté s’étendront plutôt, notamment sur le plan des relations œcuméniques et de la diplomatie mondiale. Mais il est certain que l’aspect de cette Église a beaucoup changé au cours des années qui ont suivi le Concile. La mutation la plus symptomatique est sans doute celle de la liturgie. Comme l’a écrit un de ces hommes qui ont été très mêlés à ces réformes, le Père Joseph Gelineau, après Vatican II, «c’est une autre liturgie de la messe. Il faut le dire sans ambages: le rite romain tel que nous l’avons connu n’existe plus. Il est détruit» (16).<br />Ces changements ont troublé bien des fidèles, parce qu’ils ont été rapides. Mais — j’en pris conscience à cette époque — ils étaient en un sens normaux et conformes à la logique du catholicisme. Ils se situent dans le sillage d’autres mutations, parfois plus importantes, qui ne sont passées plus inaperçues des contemporains que parce que l’absence de moyens rapides de communication et d’information entraînait un plus grand étalement dans le temps.<br />J’étais ainsi amené à réfléchir sur l’histoire religieuse de l’Occident, et surtout sur les changements profonds que l’on constate un peu dans tous les domaines entre le XIe et le XIIIe siècles. On voit alors se modifier les institutions de l’Église (notamment la conception de la papauté, avec la réforme grégorienne), les rites sacramentels (abandon du baptême par immersion, de la communion sous les deux espèces, de la formule déprécative de l’absolution, etc.), la doctrine (introduction du Filioque dans le symbole, développement de la méthode scolastique en théologie). On voit en même temps apparaître un art religieux nouveau, naturaliste, qui rompt avec les canons traditionnels de l’art chrétien, élaborés au cours de la période patristique.<br />Le fait est d’ailleurs reconnu par les historiens catholiques. Le Père Congar a écrit: «La grande coupure se situe à la charnière du XIe et du XIIe siècles. Mais la coupure n’intervient qu’en Occident où, entre la fin du XIe siècle et celle du XIIIe, tout se transforme; elle n’intervient pas en Orient où, à tant d’égards, les choses chrétiennes sont encore aujourd’hui ce qu’elles y étaient — et ce qu’elles étaient chez nous —avant la fin du XIe siècle. Constatation qui s’impose à mesure qu’on connaît mieux les choses, mais qui ne laisse pas que d’être extrêmement grave, car elle nous reporte précisément au moment où le schisme s’affirme d’une façon qui a été jusqu’ici sans vrai remède. Il est impossible que la coïncidence soit purement extérieure et fortuite» (17). Plus récemment encore, un autre historien confirmait ces vues: «Ce n’est sans doute pas un hasard si la rupture entre Rome et Constantinople fut consommée en 1054, au moment même où, sous l’influence du mouvement réformateur, la papauté et l’Église d’Occident s’engageaient, dans le domaine religieux, sur des voies toutes nouvelles»(l8).<br />Assurément, pour le Père Congar, cette mutation ne porte pas sur l’essentiel de la foi. Néanmoins, c’est un fait que l’on a estimé de part et d’autre que les divergences ainsi apparues entre les deux Églises entrainaient nécessairement une rupture de communion. Il y a donc eu schisme, et même hérésie, puisque des éléments dogmatiques furent affirmés d’un côté, niés de l’autre. Et l’histoire me semblait bien montrer que l’initiative de la rupture venait de l’Église d’Occident.<br />Pour légitimer son évolution, l’Église romaine fait appel à la doctrine du développement du dogme, et à l’infaillibilité du pontife romain. Dans cette perspective, les changements divers apparaissent comme les phases d’un légitime processus de croissance, et les définitions de dogmes nouveaux comme un passage de l’implicite à l’explicite. Les formes nouvelles étaient contenues dans les anciennes comme le chêne dans le gland. Le seul critère, en définitive, qui permet de discerner avec certitude un développement légitime d’une altération ou d’une corruption de la Tradition, est la communion avec le pontife romain, et la garantie de son infaillibilité doctrinale. L’identité substantielle entre les deux états successifs peut être affirmée, même si elle échappe à l’observateur, dès lors qu’elle est admise par le pape.<br />Ainsi donc, seule la doctrine de la primauté et de l’infaillibilité du pape aurait pu me rassurer quant à l’identité de l’Église romaine actuelle avec l’Église ancienne, malgré les apparences historiques contraires et ce que me suggérait un certain sens intime des choses de la foi.<br />Mais sur ce point encore, la fréquentation des Pères de l’Église et l’étude de l’histoire me révélaient la fragilité de la thèse romaine. Certes, les papes ont revendiqué très tôt une primauté de droit divin, sans toutefois en faire un «dogme», comme ce sera le cas plus tard. Mais cette exigence n’a jamais fait l’objet d’une réception unanime dans l’Église ancienne, bien au contraire. On peut même dire que le dogme actuel de la primauté et de l’infaillibilité romaines est contraire à l’esprit et à la pratique générale de l’Église durant les dix premiers siècles. Le cas est semblable à celui d’autres divergences doctrinales, le Filioque en particulier, qui sont apparues très tôt dans l’Église latine, mais qui n’ont jamais été reçues comme faisant partie du dépôt de la foi dans le reste du monde chrétien (c’est pourquoi leur définition comme dogme de foi ne peut être considérée par l’Église orthodoxe que comme une erreur en matière de foi).<br />Je constatais que l’analyse des historiens catholiques rejoignait dans une large mesure celle des théologiens orthodoxes, même s’ils ne tiraient pas des faits des conséquences identiques, leur principal souci étant souvent de déceler, aux époques les plus lointaines, des indices ténus pouvant annoncer les développements ultérieurs. Mais Mgr. Batiffol, par exemple, écrivait à propos de la conception selon laquelle le pape est le successeur de St Pierre: «Saint Basile l’ignore, autant que Saint Grégoire de Nazianze, autant que Saint Jean Chrysostome. L’autorité de l’évêque de Rome est une autorité de première grandeur, mais on ne voit jamais qu’elle soit pour l’Orient une autorité de droit divin»(19).<br />En ce qui concerne l’infaillibilité du pape, le Père W. De Vries reconnaît, à propos de la formule «Pierre a parlé par Agathon! » employée par les Pères du IIIe concile œcuménique, que «cette formule n’est autre chose que la solennelle affirmation, faite sur la base d’un examen rigoureux, que la lettre d’Agathon (le pape d’alors) concorde avec le témoignage de Pierre. Cette acclamation ne signifie nullement: Agathon a nécessairement raison puisqu’il possède l’autorité de Pierre... Un indice supplémentaire de la non-reconnaissance par le concile de l’autorité absolue du pape en matière de doctrine, c’est le fait même de la condamnation du pape Honorius comme hérétique (...), le fait qu’Honorius — à tort ou à raison, cela ne change rien à l’affaire —fut condamné comme hérétique par le concile et que le pape Léon II n’eut rien à objecter à ce fait de la condamnation de son prédécesseur par un concile. Cette phrase du Codex juris canon ici: « Prima sedes a nemine judicatur » (Le premier siège n’est soumis au jugement de personne) n’était donc pas, à cette époque, reconnu de manière absolue, même à Rome. Aujourd’hui, en tout cas, une semblable condamnation d’un pape serait impensable. Il faut donc constater qu’il y a eu évolution (20) ».<br /><br />(15) M-J. Le Guillou, L’esprit de l’Orthodoxie grecque et russe, Paris, 1961, p. 47-48.<br />(16) J. Gelineau, Demain la Liturgie, Paris, 1976, p. 10.<br />(17) Y. Congar, Notes sur le schisme oriental, Chèvetogne, 1954, p.43.<br />(18) A. Vauchez, La spiritualité du Moyen Age occidental, Paris, 1975, p. 68.<br />(19) P. Batiffol, Cathedra Fetri, Paris, 1938, p. 75-76.<br />(20) W. De Vries, Orient et Occident. Les structures ecclésiales vues dans l’histoire des sept premiers conciles œcuméniques, Paris, 1974, p. 215-216.<br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1146268123735180572006-04-30T10:48:00.000+02:002006-04-29T01:52:04.450+02:00<span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);">Information</span><br /><br />Toutes les parties de "<a href="http://iconotheque.blogspot.com/"><span style="font-weight: bold;">Icones et iconostases</span></a>" sont à présent fonctionnelles.I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1145988766092454072006-04-30T07:12:00.000+02:002006-04-29T01:46:16.203+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/L%27incr%3F%3Fdulit%3F%3F%20de%20Thomas.jpg"><img style="margin: 0pt 0pt 10px 10px; float: right; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/L%27incr%3F%3Fdulit%3F%3F%20de%20Thomas.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="font-weight: bold; color: rgb(153, 0, 0);font-size:130%;" >Dimanche de Thomas</span><br /><br /><span style="font-style: italic;">Apostiches, t.4<br /><br /></span> <div style="text-align: justify;">O merveille inouïe: le manque de foi rend plus ferme la foi, car Thomas avait dit: "Je ne croirai pas sans avoir vu"; mais ayant touché ton côté, il reconnut pour Fils de Dieu le Seigneur incarné qui a souffert dans sa chair; il proclama sa résurrection d'entre les morts et cria devant tous d'une éclatante voix: Mon Seigneur et mon Dieu, gloire à toi.<br /><span style="font-style: italic;">Glorifie le Seigneur, Jérusalem, célèbre ton Dieu, O Sion.</span><br /><br />O merveille inouïe: la paille n'est pas brulée par le feu qu'elle a touché, car Thomas ne fut pas consumé pour avoir mis sa main dans le côté brulant de Jésus Christ notre Dieu, mais changea son incrédulité en chaleureuse foi et, du fond de son âme, il cria: Maître ressuscité des morts, tu es aussi mon Dieu, gloire à toi.<br /><span style="font-style: italic;">Car il a renforcé les barres de tes portes, il a béni tes fils au milieu de toi.</span><br /><br />O merveille inouïe: sur la poitrine du Verbe, c'est Jean qui reposa et Thomas fut jugé digne de toucher son côté; le premier y scruta le profond mystère de Dieu, l'autre fut digne de nous initier à son plan de salut, car il montra clairement les preuves de sa résurrection en disant: Mon Seigneur et mon Dieu, gloire à toi.<br /><br />Ami des hommes, sans égale est ton immense miséricorde: tu as supporté d'être frappé par les juifs, d'être palpé par un apôtre, d'être épié par les impies. Comment as tu pris chair, comment as tu souffert la croix, toi le seul sans péché ? Apprends nous à te crier comme Thomas: Gloire à toi, mon Seigneur et mon Dieu.<br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1145987025831259282006-04-29T07:38:00.000+02:002006-04-28T10:02:56.066+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/Didach%3F%3F.7.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/Didach%3F%3F.7.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(153, 0, 0); font-weight: bold;">LA DIDACHÈ</span><br /><span style="color: rgb(153, 0, 0);">ou Enseignement des douze apôtres</span><br /><span style="color: rgb(153, 0, 0);">Enseignement du Seigneur transmis par les douze apôtres aux nations.</span><br /><span style="color: rgb(153, 0, 0);">Chapitre XI, XII et XIII</span><br /><br /><div style="text-align: justify;">Chapitre XI<br />1. - Si donc quelqu'un vient et vous enseigne tout ce qui vient d'être dit, recevez-le. Seulement, si ce docteur se dévoie et vous donne un autre enseignement de manière à renverser (celui que vous avez reçu), ne l'écoutez pas; d'autre part, s'il enseigne de manière à confirmer la justice et la connaissance du Seigneur, recevez-le comme le Seigneur.<br />2. - Quant aux apôtres <span style="font-style: italic;">(1)</span> et aux prophètes, agissez ainsi, selon le précepte de l'Evangile. Que tout apôtre venant à vous soit reçu comme le Seigneur. Mais il ne restera qu'un jour, deux s'il est besoin; s'il reste trois jours, c'est un faux prophète. En partant, que l'apôtre ne prenne rien, sinon le pain suffisant pour atteindre l'endroit où il passera la nuit; s'il demande de l'argent, c'est un faux prophète.<br />3. - Tout prophète qui parle en esprit, ne le mettez pas à l'épreuve et ne le jugez pas, car tout péché sera remis, mais ce péché-là ne sera pas remis.<br />4. - Cependant tout homme qui parle en esprit n'est pas prophète, à moins qu'il n'ait les manières d'être du Seigneur. C'est donc à leur conduite qu'on reconnaîtra le faux prophète et le vrai.<br />5. - Et aucun prophète qui dit en esprit de dresser la table n'en doit manger; s'il en mange, c'est un faux prophète. Tout prophète qui enseigne la vérité, s'il ne fait pas ce qu'il enseigne, est un faux prophète.<br />6. - Tout prophète éprouvé, véridique, agissant en vue du mystère terrestre de l'Eglise, mais n'enseignant pas aux autres à faire tout ce qu'il fait lui-même ne sera pas jugé parmi vous, car c'est à Dieu qu'il appartient de le juger; les anciens prophètes ont également fait des choses semblables.<br />7. Mais si quelqu'un vous dit, parlant en esprit : Donne-moi de l'argent ou autre chose, ne l'écoutez pas. Cependant, si c'est pour d'autres personnes qui sont dans l'indigence qu'il a dit de donner, que personne ne le juge.<br /><br /><span style="font-style: italic;">(1) : Le mot apôtres désigne ici les prophètes itinérants, et non pas les douze apôtres mentionnés dans le titre de la Didachè. </span><br /><br />Chapitre XII<br />1. - Que quiconque vient au nom du Seigneur soit reçu. Puis, après l'avoir mis à l'épreuve, vous le connaîtrez, car vous aurez l'intelligence de la droite et de la gauche <span style="font-style: italic;">(1)</span>.<br />2. - Si l'arrivant est de passage, aidez-le autant que vous pouvez; mais il ne restera chez vous que deux ou trois jours, s'il y a nécessité.<br />3. - S'il veut, ayant un métier, se fixer parmi vous, qu'il travaille et qu'il mange; s'il n'a pas de métier, veillez selon votre intelligence à ce qu'un chrétien ne vive pas parmi vous sans rien faire.<br />4. - Mais, s'il ne veut pas agir ainsi, c'est un trafiquant du Christ; tenez-vous en garde contre de tels gens.<br /><br /><span style="font-style: italic;">(1) : Du bien et du mal. </span><br /><br />Chapitre XIII<br />1. - Tout prophète véridique qui veut se fixer parmi vous est digne de sa nourriture. De même un docteur véridique est digne, lui aussi, comme l'ouvrier, de sa nourriture.<br />2. - Tu prendras donc toutes les prémices de ton pressoir et de ton aire, de tes boeufs et de tes brebis pour les donner aux prophètes, car ce sont eux qui sont vos grands prêtres. Mais, si vous n'avez pas de prophète, donnez-les aux pauvres. Si tu fais un pain, prends-en les prémices et donne-les selon le commandement.<br />3. - De même, si tu ouvres une amphore de vin ou d'huile, prends-en les prémices et donne-les aux prophètes; de l'argent aussi et du vêtement et de tous les biens (que tu possèdes) prends les prémices comme bon te semblera et donne-les selon le commandement.<br /></div>I. Barsofhttp://www.blogger.com/profile/02292788449547952962noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-19273474.post-1145987635290151392006-04-27T07:48:00.000+02:002006-04-26T22:28:25.703+02:00<a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.2.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/monast%3F%3Fre%20saint%20antoine.2.jpg" alt="" border="0" /></a><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/1600/Placide%20deseille.2.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://photos1.blogger.com/blogger/5839/1904/320/Placide%20deseille.1.jpg" alt="" border="0" /></a><span style="color: rgb(0, 0, 153); font-weight: bold;">Etapes d'un pélerinage (4)</span><br /><span style="color: rgb(0, 0, 153);">I. Vie cistercienne (1942-1966)(suite)</span><br /><br />par l'Archimandrite Placide (Deseille)<br /><br /><br /><div style="text-align: left;"><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Voyage en Égypte. </span><br /></div><br /><div style="text-align: justify;">En 1960, à l’invitation de Mgr Elias Zoghby, alors vicaire patriarcal grec-catholique en Égypte, je fis un voyage dans ce pays, afin de prendre contact avec le monachisme copte. C’est dans le monastère de Deir Suriani, au Wadi Natroun — l’ancien désert de Scété — que je résidai durant ce séjour, et je ne fis que visiter les autres monastères. Je considérais comme une grâce inestimable ce pèlerinage en des lieux qui furent, au IVe siècle, le centre le plus rayonnant de la vie monastique, au point que l’Abbé Arsène pouvait dire que Scété était aux moines ce que Rome était au monde. Le monachisme scétiote a toujours exercé sur moi un grand attrait, et, parmi toute la littérature monastique ancienne, c’est sans doute avec les Apophtegmes des Pères du désert que je me suis toujours senti le plus intimement accordé.<br />Le désert de Scété est une immense plaine de sable, faiblement vallonnée, parsemée de rares touffes d’herbe dure, qui s’étend au sud de la route reliant le Caire à Alexandrie. Les quatre monastères actuels, St Macaire, Deir Baramous, Amba Bishoï et Deir Suriani (dédoublement du précédent), occupent l’emlacement de trois des plus anciens centres monastiques de ce désert. Ils présentent l’aspect de longues forteresses rectangulaires cernées de hautes murailles, d’où émergent les coupoles des Églises et la massive silhouette de donjons, refuges contre les pillards du désert qui, à diverses reprises, massacrèrent les moines. Établis sur des points d’eau, ils apparaissent, à l’intérieur de leur enceinte, comme des oasis paradisiaques, qui contrastent avec l’immensité désolée qui les entoure de toutes parts. A l’époque où je m’y rendis, le monachisme copte connaissait un essor remarquable, qui ne s’est pas ralenti depuis.<br />A l’origine de ce renouveau se trouvait un moine nommé Abdel Messieh, qui vivait dans une grotte depuis 1935. Le Pape d’Alexandrie qui était en fonction en 1960, Cyrille VI, ancien anachorète lui-même, avait subi profondément son influence, et favorisait cet essor monastique. A Deir Suriani, quelques anciens continuaient à mener une vie idiorythmique dans le monastère; mais tous les jeunes moines, dont la plupart venaient du milieu universitaire, avaient une vie strictement cénobitique, à l’exception de l’un ou l’autre qui vivait à distance dans le désert, ne revenant qu’à intervalles réguliers au monastère. La journée commençait par un canon de prière en cellule d’une heure, suivi du long office matinal à l’Église et de la Liturgie. Dans la journée, les moines se partageaient les diverses tâches du monastère: jardinage, imprimerie, traduction en arabe de textes des Pères. La pratique de la prière de Jésus leur était familière. Ce fut pour moi la première découverte d’un genre de vie que je devais retrouver plus tard, presque identique, au Mont Athos. Je fus très marqué aussi par la rencontre du Père Matta el Meskine, qui menait alors à Hélouan une vie semi-anachorétique avec quelques disciples.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Le renouveau biblique, liturgique et patristique dans l’Église romaine. </span><br /><br />Durant la période qui s’étendit de la guerre au IIe concile du Vatican, un vigoureux renouveau biblique, liturgique et patristique se dessinait dans l’Église romaine, sous l’impulsion d’hommes comme le Père de Lubac(7), le Père Daniélou(8), Dom Casel(9), de revues comme « Dieu Vivant » (10) et «La Maison-Dieu » (l0 bis), de collections comme «Sources chrétiennes» (11). J’attendais beaucoup de ces efforts. Deux choses cependant m’inquiétaient. D’une part, il était évident que l’audience de ce mouvement restait assez restreinte; il n’atteignait guère la masse du clergé diocésain français. D’un autre côté, une partie très considérable des forces vives de l’Église romaine était engagée dans les mouvements d’Action catholique (12) et dans des recherches pastorales du genre de l’expérience des prêtres ouvriers (13). J’éprouvais une sympathie réelle pour ce foisonnement d’initiatives et pour l’indéniable ferveur apostolique qui s’y exprimait. Mais en même temps, je sentais que, malgré des convergences partielles, on était là dans un climat très différent de celui du renouveau biblique et patristique. L’Action catholique impliquait, dans sa praxis, une ecclésiologie qui n’était plus, certes, celle de la Contre-Réforme (14), mais qui ne rejoignait pas pour autant celle de l’Église ancienne. On percevait aussi dans ce Mouvement une dérive vers des types de célébrations assez étrangers à l’esprit des liturgies traditionnelles. J’entrevoyais dans tout cela un nouvel avatar du Catholicisme moderne, plutôt qu’un vivant retour aux sources, qui aurait exigé un renouvellement radical de la problématique.<br />Je n’avais pas réalisé suffisamment que ce second courant traduisait, beaucoup plus que le premier, la logique même de ce Catholicisme moderne, et qu’il était donc vraisemblable qu’il finirait par neutraliser et supplanter les autres tendances. J’espérais que les ossements desséchés allaient revivre, que tout ce que l’Église romaine conservait d’éléments traditionnels dans ses institutions et sa liturgie allait redevenir une nourriture tonique et assimilable pour l’homme moderne. J’espérais, en quelque sorte, que le Catholicisme de la Contre-Réforme, dans tout ce qu’il avait d’étranger à la grande tradition de l’Église, allait laisser la place à une résurrection de l’«Orthodoxie occidentale» des premiers siècles, grâce à la conjonction de l’héritage ancien retrouvé et des forces vives du présent.<br /><br /><span style="font-style: italic; color: rgb(0, 0, 153);">Le Concile Vatican II. </span><br /><br />C’est dans ces dispositions que j’accueillis, avec beaucoup de joie, l’annonce du Concile Vatican II. Mais, peu à peu, je sentis toute l’ambiguïté des courants d’idées qui se développaient à la faveur des débats conciliaires, et dont les répercussions se faisaient sentir jusque dans notre monastère. L’Abbé Général, qui était peut-être plus sensible encore aux atteintes portées à l’autorité dans l’Église qu’aux entorses faites à la Tradition, me dit un jour: «La manière dont les travaux du Concile sont menés m’inquiète beaucoup. Si les choses continuent à aller dans ce sens, l’Église connaîtra après le Concile l’une des crises les plus graves de son histoire. »<br />L’espoir d’une revivification des structures et des institutions de l’Église romaine par un retour à l’esprit et à la doctrine des Pères s’estompait. Avec le Concile, c’était un processus inverse qui, sur bien des points, se dessinait. Le Concile lui-même, d’ailleurs, n’en était que très indirectement responsable. Il agissait plutôt à la manière d’un révélateur. Jusque-là, une assez grande part des institutions anciennes, et surtout la liturgie traditionnelle de l’Occident, avaient pu subsister malgré de nombreuses altérations, parce que le catholicisme, régi par un pouvoir central fort et universellement respecté, les avait maintenues par voie d’autorité. Mais, dans une très large mesure, les fidèles, et plus encore les clercs, en avaient perdu le sens profond. Avec le Concile, la pression de l’autorité s’affaiblit; il était logique que ce dont le sens était perdu finisse par s’effondrer, et que l’on soit amené à reconstruire sur de nouvelles bases, conformes à ce qu’était devenu depuis plusieurs siècles, ou devenait maintenant, l’esprit du catholicisme romain.<br /><br /><span style="font-style: italic;">(7) Henri de Lubac: Jésuite français qui, durant toute la période qui Suivit la seconde guerre mondiale, a beaucoup contribué à faire connaître dans les milieux catholiques les œuvres et la pensée des Pères de l’Église. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(8) Jean Daniélou (1905-1974): Jésuite français, nommé cardinal en 1969, qui exerça son apostolat dans les milieux intellectuels et universitaires, et publia de nombreux écrits sur les Pères de l’Église. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(9) Odon Casel (1886-1948): Bénédictin allemand, qui fut le principal théologien du renouveau liturgique dans l’Église catholique. Nourri de la doctrine des Pères de l’Église, il s’est efforcé de montrer, dans de nombreux ouvrages, que les fêtes liturgiques de l’Église ne rappellent pas seulement des événements passés, mais rendent objectivement présents pour l’Église, les faits principaux de l’économie du salut, pour y faire participer les croyants. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(10) Dieu Vivant: revue de culture religieuse qui parut à Paris de 1945 à 1953, avec la collaboration du Père Daniélou. Elle ouvrait une large confrontation, d’une haute tenue intellectuelle, entre les diverses confessions chrétiennes, les grandes religions et les courants philosophiques contemporains. Des auteurs comme Vladimir Lossky et Myrrha Lot-Borodine y apportaient le témoignage de l’Orthodoxie. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(10 bis) La Maison-Dieu: Revue liturgique qui fut, entre la deuxième guerre mondiale et le deuxième concile du Vatican, le principal organe du renouveau liturgique dans l'Église catholique pour les pays de langue française. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(11) Sources chrétiennes: collection publiant, avec leur traduction française, des textes des Pères de l’Église. Fondée en 1942 par les Pères de Lubac et Daniélou, cette collection, actuellement dirigée par le Père Mondésert, compte maintenant (1984) plus de 300 volumes. Sa création avait pour but de «permettre le retour aux sources de la pensée chrétienne» en présentant les écrits des Pères, et de «jeter un pont entre l’Orient et l’Occident en diffusant des textes qui constituèrent pendant dix siècles leur patrimoine intellectuel commun». La collection, d’une haute tenue scientifique, a été particulièrement bien accueillie dans les milieux universitaires. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(12) Action catholique: ensemble d’organisations groupant des laïcs catholiques qui exercent un apostolat soit dans le cadre de leurs paroisses, soit dans leurs milieux de vie, sous la responsabilité de la hiérarchie. Ces divers mouvements, apparus à partir de 1926 (création de la «Jeunesse Ouvrière Chrétienne»), se développèrent considérablement au lendemain de la seconde guerre mondiale, Ils ont beaucoup contribué à changer la conception que l’Église catholique avait de ses rapports avec le monde et du rôle des ‘laïcs. L’Église de la Contre-Réforme (voir note 18), fortement hiérarchisée à partir du sommet, le pape de Rome, se considérait comme transcendante au monde et chargée de lui communiquer une Vérité et une Vie reçues de Dieu et que le monde ne possédait pas en lui-même; dans cette Église, la fonction des laïcs était surtout d’accueillir les directives de la hiérarchie et d’user des moyens de sanctification qu’elle dispensait. Avec le développement de l’Action catholique, l’Église romaine en est venue à penser que le monde est, comme elle, animé par l’Esprit-Saint, et que les grandes aspirations du monde moderne au progrès, à la justice sociale, à la fraternité entre les hommes, sont l’œuvre de cet Esprit-Saint qui agit secrètement en lui. Le rôle propre de l’Église serait alors de révéler au monde le nom de ce Souffle mystérieux qui l’anime, et de l’aider à le conduire à son achèvement, qui se réalisera définitivement avec le retour du Christ à la fin des temps. Cette nouvelle conception a eu pour conséquence une modification profonde du statut des laïcs dans l’Église: en raison même de leurs engagements familiaux, professionnels et politiques, ils apparaissent comme particulièrement aptes à exercer un rôle positif dans la mission de l’Église face au monde. </span><br /><br /><span style="font-style: italic;">(13) Prêtres ouvriers: un certain nombre de prêtres catholiques avaient été prisonniers de guerre entre 1940 et 1945. Dans ce partage du sort commun, ils avaient découvert de nouvelles conditions d’apostolat qui leur avaient semblé favorables pour l’évangélisation d’un monde ouvrier déchristianisé. Rentrés en France, ils voulurent en quelque sorte prolonger cette expérience en joignant à leur sacerdoce l’exercice d’une profession, — souvent celle d’ouvrier d’usine. Mais cette recherche prit très vite une signification particulière, du fait de l’évolution des rapports de l’Église et du monde qui commençait alors à se dessiner (cf. note précédente). Dans ce nouveau contexte, une crise du sacerdoce allait se produire: «Le laïc, chrétien de plein droit, ne laisse au prêtre qu’un rôle secondaire et, pour tout dire, effacé. D’où le désir paradoxal du prêtre de devenir un laïc ou, pour être moins abrupt, son désir de partager entièrement la condition humaine dans toutes ses composantes et de ne plus figurer dans la société d’aujourd’hui comme un personnage anachronique» (P. Guilmot, Fin d’une église cléricale? Paris, 1969, p. 327). La prise de conscience de cette situation devait amener, au lendemain du IIe concile du Vatican, un assez grand nombre de prêtres à abandonner purement et simplement le sacerdoce, et provoquer une diminution importante des entrées dans les séminaires. Mais, dans les années qui précédèrent le concile, certains prêtres, souvent parmi les plus zélés pour l’apostolat, avaient vu dans leur engagement dans des activités professionnelles et, éventuellement, dans des responsabilités syndicales, l’une des manières possible d’adapter l’exercice du sacerdoce à la nouvelle conception du rôle de l’Église vis-à-vis du monde vers laquelle les milieux catholiques avancés souhaitaient voir s’orienter l’Église romaine. Commencée au lendemain de la seconde guerre mondiale avec l’appui du cardinal Suhard, alors archevêque de Paris, l’expérience des prêtres ouvriers contenait implicitement une remise en question trop radicale