tag:blogger.com,1999:blog-19244704.post-10369817982774044342008-03-05T12:52:00.004+01:002008-03-13T18:42:32.584+01:00<span style="font-style: italic; font-weight: bold;font-size:130%;" ><span style="font-family:arial;">La mémoire, un film.</span></span><br /><br /><div style="text-align: justify;font-family:arial;"><span style="font-style: italic;">"Il se tenait dehors, devant la porte. Une journée limpide. De temps en temps, un petit tourbillon de vent. La mémoire. En play-back il regarda un corbeau s'élever vers les montagnes, porté par le vent, s'élevant peu à peu, de manière familière et continue, puis par saccades, des étapes d'ascension rapide sans le moindre effort, semblant dépasser les limites du possible dans le monde physique - par des transitions imperceptibles qui obligeaient l'observateur à s'interroger sur les segments manquants d'espace ou de temps.</span><br /><span style="font-style: italic;">Les grands oiseaux qui s'envolaient n'étaient pas seuls à vivre là sans aucune référence à un sens des distances. Tout au moins était-ce là ce qu'imaginait Selvy. Il avait un jour échangé des regards, à trois mètres, avec un faucon à queue rouge qui s'était posé sur une souche, en bordure d'un ranch abandonné, à une trentaine de kilomètres d'ici, lors d'un exercice à vraies munitions. Voilà comment il en était venu à croire en la beauté transcendante des prédateurs."</span> Don DeLillo, "Chien Galeux", P241.<br /><br /><br /><a onblur="try {parent.deselectBloggerImageGracefully();} catch(e) {}" href="http://bp0.blogger.com/_TvdHWoq1du4/R86J96LFDKI/AAAAAAAAAQY/raKMslx-qho/s1600-h/marey5.jpg"><img style="margin: 0pt 10px 10px 0pt; float: left; cursor: pointer;" src="http://bp0.blogger.com/_TvdHWoq1du4/R86J96LFDKI/AAAAAAAAAQY/raKMslx-qho/s320/marey5.jpg" alt="" id="BLOGGER_PHOTO_ID_5174224718576028834" border="0" /></a><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br /><br />Photographie d'une mouette en vol, plaque du fusil photographique, E.-J. Marey, 1882.<br /><br /><br /><span style="font-style: italic;">"Chaque fois qu'on a considéré le temps par rapport au mouvement, chaque fois qu'on l'a défini comme la mesure du mouvement, on a découvert deux aspects du temps qui sont des chronosignes : d'une part le temps comme tout, comme grand cercle ou spirale, qui recueille l'ensemble du mouvement dans l'univers ; d'autre part le temps comme intervalle, qui marque la plus petite unité de mouvement ou d'action. Le temps comme tout, l'ensemble du mouvement dans l'univers, c'est l'oiseau qui plane et ne cesse pas d'agrandir son cercle. Mais l'unité numérique du mouvement, c'est le battement d'aile, l'intervalle entre deux mouvements ou deux actions qui ne cesse de devenir plus petit. Le temps comme intervalle est le présent variable accéléré, et le temps comme tout est la spirale ouverte aux deux bouts, l'immensité du passé et du futur. Infiniment dilaté, le présent deviendrait le tout lui-même ; infiniment contracté, le tout passerait dans l'intervalle. Ce qui naît du montage ou de la composition des images-mouvement, c'est l'Idée, cette image indirecte du temps ; le tout qui enroule et déroule l'ensemble des parties dans le célèbre berceau d'"Intolérance", et l'intervalle entre actions qui devient de plus en plus petit dans le montage accéléré des courses."</span> G. Deleuze, "L'Image-Mouvement", P49-50.</div>JMhttp://www.blogger.com/profile/00608068659879725796noreply@blogger.com