tag:blogger.com,1999:blog-182325612008-04-09T16:27:13.598+02:00Ni Dieu ni MaîtreDétailsStirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comBlogger12125tag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1130164272892052132006-10-31T16:25:00.000+01:002006-01-01T20:45:01.550+01:00BIENVENUE !<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/1600/titre.1.gif"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; CURSOR: hand; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/320/titre.1.gif" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;"><span style="color:#ff0000;">Bienvenue dans ce blog crée en parallèle avec</span> </span><span style="font-size:85%;"><a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com/">unmondeanarchiste</a></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">. </span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Vous trouverez ici des détails supplémentaires sur les questions que vous vous posez à propos de l'Anarchie.</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">A tout moment vous pourrez revenir au site principal, via des liens au bas de la page.</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Affinez ou comblez votre soif de connaissances grâce à ces nouveaux précieux articles que nous vous fournissons.</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Bonne naviguation.</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><strong>Stirner </strong></span><br /><strong><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span></strong><br /><strong><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span></strong><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Retour à <a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com">www.unmondeanarchiste.blogspot.com</a></span>Stirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1133804829197546462005-12-05T18:40:00.000+01:002005-12-05T18:47:09.220+01:00Intro à la sématique<span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><br /><strong><span style="font-size:130%;">Introduction à la sémantique générale d'Alfred Korzybski</span></strong><br /><span style="font-size:100%;">H. Bulla de Villaret</span><br /><br />DEFINITION :<br />Sémantique : étude de la signification des termes du vocabulaire et des modifications qu'elle peut subir.<br />Sémantique Générale de Korzybski : théorie générale d'évaluation non-élémentaliste.<br />A l'expression "Sémantique Générale" est associée celle de "Logique non-aristotélicienne" ou "Système non-aristotélicien".<br />I<br />* Société animale : société statique comparée à la société humaine, comportements figés.<br />Société humaine : élaboration des cultures et évolution des civilisations :<br />Chaque génération enrichit et refaçonne un acquis qu'elle transmet à la génération suivante, qui va le modifier et l'accroître à son tour.<br />* Définition de chaque espèce qui relève la caractéristique fondamentale de chacune et la différencie des deux autres :<br />- la plante : relie entre elles des énergies : "energy-binder".<br />- l'animal : relie entre eux des points situés dans l'espace: "space-binder".<br />- l'homme : en plus des énergies et des points dans l'espace, relie encore entre eux des moments dans le temps dépassant sa propre durée vécue : l'homme est un "time-binder" :<br />grâce au langage humain et à l'écriture, des points peuvent être jetés entre les hommes séparés par la distance spatio-temporelle.<br />* La manière dont nous pensons et celle dont nous nous exprimons sont intimement liées. La puissance de suggestion du mot est telle qu'elle influence aisément ce mélange de sentiments et d'idées dont découlent nos divers comportements.<br />* Le désordre qui règne dans l'emploi que nous faisons du langage entraîne un désordre correspondant dans notre pensée, notre réflexion.<br />* Une pensée confuse ou incorrecte se répercute et se reflète dans nos modes d'expression, d'où une communication verbale entre individus incertaine ou déformée.<br />II<br />Dans notre civilisation, haut degré de développement technique, dans d'autres domaines, niveau primitif :<br />- dans le domaine technique : langage mathématique dont la structure est similaire à celle des faits.<br />- dans le domaine des institutions et affaires humaines : il y a désaccord entre la structure des faits et celle du langage.<br />* Le langage mathématique a une structure similaire :<br />- à celle des faits,<br />- à celle du système nerveux humain.<br />* La sémantique générale entraîne à faire marcher le cerveau comme si nous utilisions le langage mathématique.<br />III<br />Que veut dire : "langage dont la structure est similaire à celle des faits" ?<br />UNE CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE, ELLE LE REPRESENTE<br />A L'AIDE DE SYMBOLES.<br />UNE CARTE NE REPRESENTE PAS TOUT LE TERRITOIRE.<br />* Dans la perspective aristotélicienne : le langage est considéré comme le miroir de la réalité, d'où pas de distanciation entre le vécu humain et ce qui est dit.<br />* Dans la perspective non-aristotélicienne : le langage est une carte verbale : il ne peut prétendre rendre compte des faits totalement, encore moins avec une totale fidélité :<br />UN MOT N'EST PAS CE QU'IL REPRESENTE<br />UN MOT NE REPRESENTE PAS TOUS LES FAITS.<br />* Le langage représente symboliquement le donné vécu, d'où une nouvelle attitude à l'égard du langage.<br />* Langage mathématique : peu de risque de subir une déformation pendant la communication, peu de risque de malentendus.<br />* Langage courant : le contenu significatif, symbolique de chaque mot varie d'une personne à l'autre, d'une situation à l'autre.<br />è D'où une attitude de vigilance, de prudence, de méfiance à l'égard de l'utilisation de ce langage.<br />Remise en cause de ses propres habitudes en matière de symbolisation.<br />IV<br />Une carte nécessite un cartographe et un terrain.<br />Relations ou ensemble de relations entre eux :<br />Relations entre l'observateur et l'observé dans l'histoire de la pensée occidentale : trois périodes :<br />1) période grecque ou métaphysique ou pré-scientifique : Aristote - Euclide : l'objet observé n'a pas d'importance, l'observateur est tout.<br />2) période classique ou semi-scientifique : Descartes - Newton : l'observateur compte à peine, l'objet observé est vraiment important.<br />3) période mathématique ou scientifique : Korzybski - Einstein : tout ce que l'homme peut connaître est un phénomène dû conjointement à l'observateur et à ce qu'il observe.<br /> L'observateur : (le cartographe, nous-mêmes)<br />* La perspective classique isole le psychisme, le corps et le milieu.<br />* La perspective non-A considère que l'homme constitue un tout psycho-somatique dans son milieu qui le pénètre et auquel il réagit.<br />è - pas possible de considérer séparément le corps et le psychisme, l'esprit et la matière.<br />- pas possible de considérer l'homme séparément de son milieu physique, social et culturel.<br />ATTITUDE NON-ELEMENTALISTE : effort pour ne pas isoler les uns des autres des facteurs ou des éléments qui se trouvent reliés les uns aux autres structurellement.<br />è l'observateur aborde ce qu'il observe avec la totalité de son organisme psychosomatique. Les caractéristiques de cet organisme sont dues aux influences reçues du milieu.<br />* La structure nerveuse humaine éprouve des sensations qu'elle organise en perceptions => ces perceptions sont tributaires :<br />- des possibilités<br />et de la structure nerveuse<br />- des limites<br />=> ce dont l'homme prend connaissance se situe au point de rencontre :<br />- d'une structure nerveuse humaine<br />- des composantes du terrain.<br />* Le donné vécu humain exige la présence d'un être humain. Indépendamment de nous, "notre monde", "notre réalité" n'existent pas.<br />Exemple : l'arbre, en tombant, provoque des ondes; pour que celles-ci soient perçues comme un bruit, il faut la présence d'une structure nerveuse humaine ou animale. Il n'y a pas de bruit s'il n'y a pas de récepteur pour le percevoir.<br />* Il y a autant de "mondes" que de structures nerveuses différentes : le monde du crapaud est différent du monde de la mouche, qui est différent du monde de l'oiseau.<br />è le terrain apparaît d'une façon conditionnée par nos possibilités de perceptions; celles-ci dépendent de nos structures organiques.<br />è notre système nerveux fait, à partir des composantes du terrain, une abstraction, en organisant ces composantes, d'où la perception des couleurs, des sons, des formes.<br />* Illusions perceptives : quand le système nerveux n'est pas capable de saisir des processus. Ex. : le ventilateur qui tourne ressemble à un disque solide.<br />* Parmi les différents stimuli qui s'offrent à nous, nous opérons un choix et ce choix dépend en partie de nos expériences antérieures. Inconsciemment, nous trouvons dans le terrain, jusqu'à un certain point, ce que, par des expériences antérieures, nous sommes amenés à y chercher.<br />* "La fleur est rouge" : on attribue à un objet une qualité comme si elle lui était intrinsèque, qualité que la structure nerveuse humaine seule permet de faire intervenir entre cette fleur et cette structure => fausse identification.<br />è en langage non-A : "La fleur m'apparaît rouge."<br />V<br />* Langage A : "Georges Durand est un égoïste."<br />* Langage non-A : "Dans telles circonstances et à l'égard de telle personne, G.D. s'est comporté d'une façon qui, selon mes propres standard, me paraît égoïste."<br />* Langage A : jugement de valeur.<br />* Langage non-A : tient compte de celui qui parle, de ses préférences, de ses opinions, de ses normes, tient compte du fait qu'il voit une situation sous un jour particulier.<br />Postulat silencieux : données fournies par la culture au sein de laquelle nous vivons, l'éducation reçue, n'étant pas explicitées verbalement au moment où elles se glissent dans les appréciations portées. Restent demi-conscients, voire inconscients.<br /> "N'oubliez pas que c'est un juif" : image forgée à coup de préjugés, d'antipathies irrationnelles; image conventionnelle du "juif".<br />è - remplacer le verbe "être" par "paraître".<br />s'exprimer en termes de comportement plutôt que de qualité.<br />VI<br />OBSERVATION DU TERRAIN :<br />- ses différents éléments,<br />- l'ordre dans lequel il se présentent,<br />- les relations qui peuvent les unir,<br />- la structure qu'ils composent.<br />* Dans ses observations le savant se penche notamment sur des comportements dont il va s'attacher à déceler la structure.<br />* Il se demandera ensuite quelles doivent être à leur tour les structures des éléments en présence pour permettre une telle structure de leurs comportements.<br />* Il fera ensuite des inférences qui lui permettront alors de bâtir des hypothèses.<br />* Sur la base de ces hypothèses, il dégagera des prévisions relatives aux comportements.<br />* Il lui faudra alors retourner à l'observation de ces derniers pour examiner si ces prévisions se réalisent et si, par conséquent, son hypothèse est conforme à la structure des faits.<br />è Comportements è leur structure è structure des éléments en présence par rapport à la structure de leur comportement è inférences è hypothèses è prévisions relatives aux comportements è observation de ces comportements pour vérification.<br />* Toute acquisition véritable de connaissance repose sur une étude des relations, une recherche des structures.<br />* Examen de nous-mêmes et du monde en perpétuel changement : incessant processus dynamique, modifications constantes.<br />* Parfois certains changements sont trop petits par rapport à nos possibilités de perception ou s'effectuent trop lentement => nous ignorons ces changements => erreurs dans nos évaluations, nos façons de réagir.<br />Relation matière-espace-temps :<br />- l'objet (crayon) a besoin linguistiquement de l'espace sinon ce ne serait pas un crayon mais un point mathématique, une fiction.<br />- il a aussi besoin verbalement du temps, sinon il n'y aurait pas de crayon mais un éclair.<br />è quand nous utilisons le terme "matière" en pensant à quelque chose, cette chose implique aussi l'espace et le temps.<br />VII<br />Différentiel structurel, modèle de Korzybski.<br />Schéma extrait de "Science and Sanity", p.388<br />Le plan en haut représente le niveau des événements, le disque, le niveau des objets, et le rectangle, le niveau des mots.<br />* Lignes reliant entre elles les caractéristiques<br />- du plan : événement<br />- du disque : objet<br />- du rectangle : mot<br />ou des deux premiers niveaux :<br />caractéristiques dont il a été tenu compte dans l'élaboration que notre système nerveux a fait des matériaux qui lui ont été proposés.<br />* Lignes qui n'aboutissent nulle part : caractéristiques laissées de côté.<br />è<br />* Tenir compte de certaines caractéristiques et en laisser d'autres de côté c'est faire une ABSTRACTION.<br />* Le différentiel structurel apprend à distinguer les niveaux d'abstraction.<br />Sur le dessin :<br />- le niveau des événements : échappe à toute prise directe.<br />- le niveau de l'objet : nous avons prise sur lui mais en lui-même il demeure inexprimable.<br />- le niveau verbal : nous nous servons du mot pour désigner l'objet.<br />è<br />* l'objet n'est pas l'événement<br />* le mot n'est pas l'objet<br />* l'objet est désigné verbalement par tel mot.<br />è<br />a) UNE CARTE N'EST PAS LE TERRITOIRE :<br />Les mots dont nous nous servons pour désigner les objets et par la suite les qualifier, les classer, les juger, ne sont pas sur le même niveau que ces objets eux-mêmes.<br />b) UNE CARTE NE REPRESENTE PAS TOUT LE TERRITOIRE :<br />Chaque niveau est une abstraction à partir du précédent; il y aura toujours des caractéristiques qui seront laissées de côté.<br />* Lorsque nous avons bien assimilé la notion que le mot n'est pas l'objet, nous prenons l'habitude de ne voir en lui qu'un symbole représentant cet objet.<br />* Tandis que si nous identifions le mot à l'objet, nous avons tendance à réagir au mot comme à un signal avant de nous préoccuper, voire sans nous préoccuper du tout, de savoir ce qu'est en fait l'objet que le mot désigne.<br />* Réactions aux mots plutôt qu'aux objets ou aux événements : utilisation dans la propagande politique et commerciale.<br />* La réaction au mot comme à un signal et non comme à un symbole vient en grande partie de la puissance d'évocation du mot. Celle-ci est liée à des facteurs principalement psychiques : elle découle des émotions qui se sont associées aux mots au cours de notre développement intellectuel et psychique.<br />* Les mots de la langue maternelle sont appris à l'occasion de situations qui leur fournissent un contexte psychologique.<br />è Un mot entraîne en nous une réaction à un contexte qui n'existe plus mais que nous projetons sur le nouveau contexte offert par la situation présente : désorientation spatio-temporelle.<br />è Considérer ce qui se passe ICI ET MAINTENANT.<br />* Une utilisation trop large du verbe "être" entraîne de fausses identifications, une confusion entre les différents niveaux d'abstraction.<br />4 utilisations :<br />1) "est" d'existence : je suis : être = exister, se trouver<br />2) être = auxiliaire : c'est fait.<br />3) "est" d'identité : "l'homme est un animal", "Georges est un ouvrier" :<br />être = identifier de manière erronée des niveaux d'abstraction différents, en reliant 2 noms qui sont mis sur le même niveau peu de différence entre le niveau non verbal et le niveau verbal: langage A.<br />è être en langage non-A = pouvoir être désigné, appelé, classé comme.<br />4) "est" d'attribution : la rose est rouge : être = met en relation un nom et un ou plusieurs adjectifs, implique que les caractéristiques désignées par les adjectifs existent dans la chose ou la personne représentée par le nom : langage A.<br />è être en langage non-A : telle personne (chose) m'apparaît comme, nous jugeons telle chose de telle façon.<br />Utilisations 3 et 4 : concentration excessive sur une ou un petit nombre de caractéristiques, leur donnent une importance exagérée; on prend alors la partie pour l'ensemble ou on voit l'ensemble à travers un objet partiel.<br />* Le schéma du différentiel structurel montre l'ordre naturel d'abstraction qu'il faut suivre pour penser et s'exprimer correctement :<br />1) l'événement<br />niveaux non verbaux<br />2) l'objet<br />3) le mot niveau verbal<br /> * Le premier niveau d'abstraction de l'événement à l'objet est le seul accessible à l'animal qui pense par images : il n'a pas accès aux niveaux d'abstraction supérieurs => il ne peut construire de culture, de civilisation.<br />è différence de structure entre l'élaboration que peut faire l'animal et celle que peut faire l'homme, d'où le nom du modèle de Korzybski : différentiel structurel.<br />* Le modèle du différentiel structurel :<br />- présente la structure de la sémantique générale,<br />- tout en différentiant ses substructures : différents niveaux ou ordres d'abstraction qui la constituent,<br />- en assignant à ceux-ci des valeurs relatives selon l'importance qu'ils ont pour nous.<br />* Acquisition de la conscience d'abstraire :<br />Etre conscient du fait que l'on opère une abstraction, c'est ne pas perdre de vue que l'on ne tient compte que d'une partie seulement des caractéristiques, celles que nous percevons plus aisément que d'autres, qui nous frappent particulièrement, qui sont sélectionnées en fonction de nos expériences ou connaissances antérieures, de nos goûts, de notre sensibilité, de nos préférences, de nos intérêts, etc.,<br />et que l'on en laisse d'autres de côté, qui sont souvent des particularités propres à l'individualité de l'objet et qui, dans certains cas, peuvent avoir à jouer un rôle que nous n'avions pas soupçonné tout d'abord.<br />VIII<br />Dans le différentiel structurel :<br />- plan parabolique : monde d'événements,<br />- disque : monde d'événements-significations ou monde des objets.<br />2 niveaux "non verbaux", "silencieux", "objectifs".<br />- niveaux verbaux : niveaux d'abstraction supérieurs cherchant à rendre compte, plus ou moins adéquatement, des niveaux non-verbaux; ils utilisent des représentations statiques pour rendre compte d'une réalité dynamique;<br />* Au niveau de l'objet, la perception est une expérience inexprimable.<br />* Parler, c'est toujours interpréter le monde. Mais le contact vivant avec celui-ci reste en deçà du domaine verbal.<br />* Nécessité d'un entraînement à chercher une plus grande richesse de contact avec le perçu, le vécu, laisser à la sensibilité le temps de jouer pleinement avant de chercher à exprimer quoi que ce soit.<br />* Nous voyons davantage des images évoquées par les mots que le donné vécu lui-même, nous ne savons ni vraiment regarder, ni vraiment entendre<br />è exercice : regarder un objet en s'efforçant de bien le voir, sans rien dire à son sujet.<br />Un tel entraînement :<br />- augmente les possibilités d'inspiration créatrice, inspiration ensuite interprétée et exprimée par le langage ou autre forme artistique.<br />- entraîne une pratique du silence è enrichit l'expérience intérieure.<br />- aide à établir une distance entre l'objet et le ou les mots qui servent à le désigner => évite de passer trop vite des niveaux non verbaux aux niveaux verbaux et de coller sur l'objet une étiquette plus ou moins satisfaisante.<br />ATTITUDE DE REACTION DIFFEREE :<br />attitude d'investigation, d'expectative précédant notre réaction , notre réponse.<br />Elle sert à attendre :<br />- d'avoir saisi le sens de ce qui est perçu avant de le formuler verbalement.<br />- d'être mieux renseigné sur ce qu'elle recouvre avant d'accepter une formulation verbale : voyons ce dont il s'agit.<br />Elle est nécessaire :<br />- pour une évaluation correcte,<br />- pour une action efficace et adaptée,<br />- pour notre santé psycho-somatique.<br />Elle évite de considérer le mot comme un signal, permet de le voir comme un symbole<br />è elle aide à dissocier l'objet et le mot qui le symbolise des associations et évocations liées au mot.<br />è elle met à l'abri de mauvaises réactions sémantiques.<br />REACTION SEMANTIQUE : réaction à la signification d'un terme que provoque son emploi. Elle affecte l'organisme au niveau des cellules électro-colloïdales des tissus vivants è répercussions sur l'ensemble de l'organisme psycho-somatique pouvant entraîner certaines maladies.<br />L'intensité ou la nature de la puissance d'évocation des mots varie d'une personne à l'autre. Elle est :<br />- liée à l'expérience de chacun,<br />- influencée par des postulats silencieux.<br />è un mot a rarement la même signification pour deux personnes différentes.<br />è le langage permet rarement d'éveiller en autrui des résonances non verbales correspondant à ce que nous éprouvons nous-mêmes sur nos propres niveaux non verbaux.<br />Exercice : Comment rendre compte d'une expérience gustative, d'une émotion esthétique.<br />IX<br />OBSERVATION DE L'OBJET :<br />"Les faits" : le donné vécu, l'observé, est un produit commun d'une réalité insaisissable et des structures nerveuses de l'observateur.<br />* Le "fait" inébranlable est un mythe; nous ne pouvons pas fournir une description qui ne porte pas notre marque personnelle.<br />* Dans de nombreuses expériences de laboratoire, on tient compte du "coefficient personnel de l'expérimentateur."<br />* Dans la vie courante un même fait peut être perçu et décrit de façon différente d'une personne à l'autre.<br />è Dans la perspective non-A, on tient compte des distances qui existent :<br />- entre ce qui constitue l'objet et le résultat que nous en percevons,<br />- entre "ce qui se passe" et "ce qui nous apparaît",<br />- entre "ce qui nous apparaît" et "ce qui apparaît à quelqu'un d'autre".<br />Nécessité d'une méthode qui aide à observer correctement les objets, car de cette observation correcte va dépendre ce que nous pourrons découvrir de leur structure et de leur comportement.<br />Adopter une ORIENTATION EXTENSIONNELLE :<br />au lieu de partir de la propriété commune ou du petit groupe de propriétés communes à l'aide desquelles nous tenons de classer et de définir les objets, nous allons nous souvenir que chaque objet est unique en son genre et va présenter des caractéristiques qui la différencieront de tous les autres.<br />* La démarche qui nous incite à noter d'abord les ressemblances entraîne souvent des mélanges et des confusions : généralisations abusives et surgénéralisations : "les jeunes", "les femmes", "les politiciens", etc., considérés en bloc.<br />* La relation qui s'établit entre l'objet et nous nous amène à attribuer à celui-ci certaines caractéristiques.<br />Si notre attitude (orientation) n'est pas extensionnelle :<br />- certaines caractéristiques correspondent à la structure de "ce qui se passe" au niveau de l'objet,<br />- certaines caractéristiques n'y correspondent pas, lui sont faussement attribuées en partant de définitions préalables,<br />- la relation pouvait nous permettre d'apercevoir certains aspects de la structure qui nous auraient amenés à noter d'autres caractéristiques que notre orientation défectueuse nous a fait manquer.<br />ORIENTATION EXTENSIONNELLE :<br />1) Apprendre à rechercher :<br />- les traits qui paraissent similaires en des objets différents,<br />- les traits qui paraissent différents en des objets classés comme similaires.<br />2) Se demander, en présence d'une expérience nouvelle qui nous rappelle des expériences antérieures, devant un objet nouveau qui semble appartenir à un groupe d'objets connus, s'il y a des différences qui ont de l'importance.<br />3) Indexer les objets appartenant à un même groupe : l'employeur 1 =/= l'employeur 2 =/= employeur 3.<br />4) Prendre garde à ne pas confondre la partie avec l'ensemble et ne pas juger l'ensemble d'après la partie :<br />exemple : on n'extrapolera pas le comportement d'une personne dans des circonstances particulières pour porter un jugement définitif sur cette personne.<br />- laisser toujours la porte ouverte à une expérience différente, à une information nouvelle.<br />- ne pas attendre systématiquement telle conduite de telle personne ou tel déroulement dans telle situation.<br />- une attitude détendue, une vigilance calme et impartiale aident à aborder toute situation nouvelle de manière correcte et à s'y adapter tout en ménageant le système nerveux.<br />5) Noter que certaines caractéristiques existent en plus de celles que nous retenons => emploi de "etc."<br />- dans la description d'un objet, pour souligner que certaines caractéristiques ont été laissées de côté,<br />- dans la description d'un groupe d'objets : les objets existants sont plus nombreux que ceux dont il a été tenu compte.<br />- chaque fois que notre énoncé ne peut prétendre à rendre compte que d'une partie des faits, des données.<br />"etc." est un rappel du processus d'abstraction.<br />6) Utiliser l'indice indiquant la date et le lieu :<br />- l'objet change, son contexte spatio-temporel se modifie aussi.<br />- les indices de dates et de lieux contribuent à nous rendre plus ouverts à tout ce qui peut se présenter comme caractéristiques nouvelles, inhabituelles, non encore expérimentées.<br />- ils nous aident à nous prémunir contre la désadaptation spatio-temporelle.<br /> 7) Se souvenir qu'une même désignation verbale peut recouvrir, durant une période de temps assez longue, un objet qui se modifie cependant au cours de cette période<br />è éviter toute identification superficielle entre cette désignation "statique" et l'objet doué de propriétés dynamiques temporellement orientées.<br /> 8) Faire usage d'un nombre illimité de valeurs susceptibles d'être attribuées à un nombre illimité de faits au lieu de vouloir n'attribuer à ces derniers qu'un petit nombre de valeurs : quand nous pouvons assigner à chaque fait la valeur qui lui correspond exactement et de façon propre et non une valeur choisie dans un échantillonnage restreint, insuffisant, notre orientation est similaire structurellement au monde empiriquement perçu.<br />9) Abordant l'expérience et tentant de rendre compte de ce qu'on perçoit, on doit s'appliquer, comme l'homme de science, à penser et à parler en termes de degrés, de nuances, plutôt qu'en termes de contrastes (vrai-faux, bon-mauvais, etc.)<br /> 2 notations ont pour but de signaler l'attitude non-élémentaliste :<br />a) Mettre entre guillemets les désignations telles que "espace", "temps", "corps", etc. :<br />- ce ne sont pas des réalités isolées,<br />- ce ne sont pas des éléments que l'on peut séparer de l'ensemble formé par le jeu des relations,<br />- la désignation qui les isole artificiellement ne recouvre qu'une fiction<br />* si l'on emploie des termes élémentalistes, ne jamais tirer une conclusion de ceux-ci, car elle contiendrait la structure de la métaphysique qui entoure le terme.<br /> * les utiliser si nécessaire, mais tirer les conclusions du fait-processus pour qu'elles aient une valeur quelconque.<br /> b) Utiliser le trait d'union pour indiquer que les facteurs parfois artificiellement séparés sont en fait entre eux en étroite relation pour représenter les nouvelles implications structurelles. Exemple : spatio-temporel, psycho-somatique.<br />NOUS AVONS A ABORDER DES SITUATIONS GLOBALES ET NOUS LE FAISONS AVEC LA TOTALITE DE NOTRE INDIVIDU.<br />X<br /> Jusqu'à présent, dans le dessin du Différentiel Structurel, une seule étiquette : le mot : désignation, stade élémentaire de la description.<br /> Nous pouvons en ajouter d'autres :<br />- ce que, à partir de l'observation, on peut inférer, déduire.<br />- les jugements, les conclusions,<br />- les théories.<br /> A partir de chaque niveau d'observation (étiquette), on peut formuler un niveau d'abstraction supérieur, en retenant quelques unes des caractéristiques du niveau précédent.<br />Le choix peut dépendre :<br />- de considérations rationnelles (domaine scientifique par exemple)<br />- de préférences avouées ou secrètes, de préjugés ou d'idées toutes faites,<br />- d'expériences précédentes,<br />- de postulats silencieux...<br /> Quand on passe d'un niveau d'abstraction donné à un ordre d'abstraction plus élevé, les éléments abandonnés sur le premier niveau peuvent l'être parce qu'au niveau plus élevé un ou plusieurs nouveaux éléments sont introduits.<br /> Le choix des éléments ainsi traités étant souvent une question de préférences, il invite toujours à la critique.<br /> Puisque chaque niveau d'abstraction n'est atteint qu'en laissant de côté une partie des caractéristiques du niveau précédent, nos jugements, inférences, évaluations, théories, etc., ne peuvent jamais rendre compte de tout ce qui se passe. Une théorie scientifique nouvelle vise souvent à tenir compte des caractéristiques que les précédentes avaient laissées de côté et dont l'importance est apparue depuis lors.<br /> Nos observations et les jugements qu'elles nous amènent à porter, les déductions que nous en tirons, etc., ne rendent jamais compte de tous les éléments en nombre indéfini qui constituent une situation.<br /> Ordre naturel d'abstraction :<br />* prise de conscience, reconnaissance perceptive d'un objet, d'un fait ou d'un phénomène, eux-mêmes abstractions d'événements,<br />* désignation verbale de cet objet ou fait,<br />* sa description,<br />* sa classification s'il y a lieu,<br />* les inférences ou les déductions,<br />* les jugements,<br />* les théories, hypothèses, etc.<br /> La dernière étiquette portée sur le diagramme n'est que la dernière étiquette que, par commodité, l'on choisit de dessiner. Dans la réalité, il n'y a jamais de dernière étiquette, on peut toujours passer à un niveau d'abstraction supérieur.<br />Le nombre de niveaux effectivement utilisés dépend des cas: ce qui importe, c'est de savoir se servir de cette sorte d'échelle, de la descendre ou de la remonter correctement.<br />Nous agissons souvent en partant d'une théorie, d'un jugement pré-établi, que nous collons à l'expérience sans nous donner la peine de décrire au préalable cette dernière.<br />* quand nous réagissons au mot comme à un signal - et non comme à un symbole - nous esquivons le niveau de la description pour sauter d'emblée à celui de l'inférence.<br />* nous évaluons des abstractions d'ordre élevé comme si elles étaient des abstractions d'ordre inférieur, ex. : des mots, souvenirs, etc., sont traités comme s'ils étaient des objets, des expériences, des sentiments...<br />* nous confondons des inférences et les termes relatifs aux inférences avec des descriptions et des termes descriptifs, etc.<br />* nous créons ainsi des blocages sémantiques. è perte de contact avec le donné vécu :<br />- ce qui se passe ici et maintenant,<br />- ce que nous éprouvons ici et maintenant :<br />au lieu de réagir à la situation actuelle, nous réagissons partiellement à ce que nous évoquons d'une situation passée ou à ce que nous imaginons d'une situation future.<br /> Il arrive alors fréquemment de renverser ou de fausser l'ordre naturel d'évaluation : au lieu de vérifier nos abstractions d'ordre supérieur en les confrontant aux niveaux inférieurs, nous manipulons ces derniers pour les faire correspondre aux premiers :<br /> Nous jugeons les faits d'après nos théories et nous oublions de reconsidérer les théories à la lumière des faisè extrapolations illégitimes, surgénéralisations : ex. : "Tu fais des choses semblables..."<br />Ce n'est qu'au niveau de l'observation - niveau à propos duquel les énoncés sont vérifiables - que l'on peut légitimement employer les termes "vrai" ou "faux".<br />A tous les niveaux supérieurs nous n'avons plus affaire qu'à des probabilités et nos énoncés sur ces niveaux sont toujours soumis à la critique, à une révision ultérieure à la lumière de nouvelles données.<br />XI<br />Deuxième prémisse empirique :<br />UNE CARTE EST AUTO-REFLEXIVE<br />LE LANGAGE EST AUTO-REFLEXIF<br /> Exemple des boites de "Vache qui rit": image de l'image :<br />Pour être complète, une carte devrait représenter une "carte de la carte" ainsi que le cartographe, la carte et le cartographe faisant partie du terrain au moment où la carte est dressée.<br />Le langage :<br />- reflète l'utilisateur<br />- est auto-réflexif : nous utilisons le langage pour parler du langage, nous disons quelque chose pour parler de quelque chose qui a été dit.<br /> è Il est impossible de concevoir que nous puissions nous prononcer de manière absolument complète, avoir le dernier mot.<br /> La structure de notre langage,<br />La structure du monde, apparaissent tels<br />La structure de notre système nerveux<br />que toute symbolisation, du moins sur les niveaux humains, que ce soit la parole, l'écriture, la carte, des dessins, des nombres, etc., s'avère être potentiellement auto-réflexive de façon indéfinie.<br />Bertrand Russel (théorie des types mathématiques) :<br />- nous pouvons parler d'une proposition concernant toutes les propositions,<br />- nous ne pouvons pas construire de proposition concernant toutes les propositions, puisque, ce faisant, nous donnons naissance à une nouvelle proposition.<br />XII<br />NOTION DE MULTIORDINALITE DES TERMES DU VOCABULAIRE :<br />Beaucoup de termes que nous employons sont multiordinaux : ils n'ont pas de signification générale uniformément valable.<br />La signification d'un terme multiordinal est déterminée par le niveau d'abstraction auquel on l'emploie : cette signification est déterminée par le contexte.<br />exemple : oui, non, vrai, faux, fait, réalité, cause, effet, aimer, haïr, etc.<br />Exemple : dans l'armée, le terme "unité" s'applique à des formations d'importances différentes : une unité fait partie d'une unité plus grande qui, à son tour, fait partie d'une unité encore plus grande.<br />Termes précis pour désigner chaque unité : peloton, compagnie, bataillon, brigade, etc. La plus petite unité est contenue dans la moyenne et la moyenne, à la fois contient la plus petite et fait partie du contenu de la plus grande.<br />Ce trait est commun à tous les termes multiordinaux : ils se rapportent à la fois aux contenants et aux contenus. Le problème est de savoir lesquels sont lesquels.<br /> Notion de multiordinalité => problème des questions qui ne peuvent être résolues ou qui n'ont pas de sens : signification générale du "bien", "vrai", "beau", etc. : de tels termes n'ont de sens qu'une fois que le niveau d'abstraction (contexte, conditions à remplir, etc.) est précisé.<br /> Le problème des questions qui n'ont pas de sens ou auxquelles on ne peut donner de réponses, des déclarations qui n'ont pas de sens ou ne peuvent être vérifiées est lié :<br />- à l'auto-réflexivité des termes que celles-ci impliquent.<br />- à la multiordinalité<br />Si nous abandonnons tout effort futile en vue de donner à un terme un sens général, nous nous efforcerons de rendre adéquat le contexte dont le terme reçoit une telle signification particulière qui peut devenir la sienne.<br />La constatation que le sens d'un mot se modifie entraîne une liberté d'expression et une flexibilité d'interprétation.<br />Être pleinement conscient de l'auto-réflexivité et de la multiordinalité aide à acquérir une clarté d'esprit, une exactitude dans ses propos, un sens de tout le processus d'évaluation, qui permettent de parer considérablement aux confusions impliquées dans le souci et la peur, le ressentiment, l'anxiété et d'autres réactions sémantiques handicapantes.<br />La négligence à l'égard de la multiordinalité s'observe dans la plupart des cas de personnalités mal adaptées.<br /> La plupart des termes que nous utilisons sont à la fois:<br />- sur-définis par rapport à nos idées préconçues,<br />- sous-définis par rapport aux faits.<br /> En définissant les mots qui servent à formuler une définition, on arrive au bout d'un certain temps à un résidu : des mots qui ne peuvent être pleinement définis parce qu'ils revêtent certains postulats de base, métaphysiques ou autres.<br />La question du sémanticien : "Que voulez-vous dire ?" entraîne une investigation poussée qui touche finalement le résidu des termes non définis révélant nos "crédos" structurels non avoués au départ.<br />Ces crédos, souvent des "postulats silencieux", doivent être changés pour arriver à de meilleures évaluations.<br /> LE MALADE NE MANQUE PAS TOUJOURS DE LOGIQUE, IL BASE SON RAISONNEMENT SUR DE FAUX POSTULATS.<br />XIII<br />ETUDE DES RELATIONS ET RECHERCHE DES STRUCTURES :<br />Cette étude et cette recherche sont à la base de toute acquisition véritable des connaissances.<br />Les structures, les relations grâce auxquelles elles se construisent, peuvent être de différentes natures ou ordres. Lorsque nous passons d'un ordre d'abstraction donné à un autre plus élevé, nous passons en fait d'une structure de dimension donnée à une structure plus vaste qui la contient et en contient également d'autres.<br />Un jugement motivé se basera sur plusieurs observations.<br />Une théorie ou une hypothèse résultera d'une série de jugements.<br />On passe ainsi d'une généralisation à une généralisation plus large et de celle-ci, à une généralisation plus large encore.<br />La valeur d'une généralisation dépend :<br />- des données de base sur lesquelles elle s'appuie,<br />- de la façon dont ces données ont été réunies, sélectionnées,<br />- de l'usage qui en a été fait.<br />Les trois notions mathématiques suivantes entrent en ligne de compte dans la sémantique générale : leur ensemble encadre la recherche de structures de plus en plus vastes et complexes :<br />- la fonction propositionnelle de Bertrand Russel : fonction qui exprime une relation entre des variables indéterminées, fonction "en attente".<br />- la fonction doctrinale de Cassius J. Keyser : une série de fonction propositionnelles et reliées entre elles, habituellement appelées postulats, avec toutes les conséquences qui en découlent, usuellement appelées théorèmes.<br />- le système-fonction : qui comprend un ensemble de fonctions doctrinales reliées entre elles.<br /> L'échafaudage des abstractions et des structures qui y correspondent est, chez l'homme, doté de possibilités illimitées. Il est important de ne pas créer de blocage en s'arrêtant à un des niveaux au lieu de monter ou de descendre librement l'échelle des différents niveaux.<br />Le maniement correct des niveaux d'abstraction, des relations, des structures, a permis l'épanouissement des sciences exactes. Korzybski : l'une des raisons principales de nos difficultés humaines réside dans le fait que la structure de notre langage courant ne correspond pas à celle des faits comme y correspondent la structure du langage mathématique è maniement défectueux, dans la vie courante, de ces niveaux et de ces structures.<br /> La fécondité du maniement correct, ne se bornant plus au seul domaine des sciences exactes, permet d'aligner plus aisément que nous ne l'avons fait jusqu'à présent notre évolution générale sur notre évolution scientifique et technique.<br />COMMENT SE CONSTRUISENT LES STRUCTURES :<br />A. Comparaison entre des observations et des élaborations faites par un sémanticien et un non-sémanticien.<br />1) Le sémanticien :<br />- observe correctement,<br />- rend compte de son observation d'une manière impersonnelle, sans parti pris.<br />* Les événements observés apparaissent comme :=+::; un nouvel élément survient //<br />A ce niveau de l'observation, rien ne peut être dit è nous utilisons des symboles arbitraires et non des mots.<br />* L'observateur donne ensuite une description de ces événements a, b, c, d...x<br />* Puis il infère de ces descriptions ce qu'il estime devoir ou pouvoir inférer.<br />* Il aboutit à une conclusion ou forme un jugement A à propos de ces faits.<br />* Si la conclusion est correcte, l'action qui s'en suivra, A', sera adaptée à la situation.<br />2) Le non-sémanticien :<br />* Ignore tout des structures, des ordres d'abstraction, de la conscience d'abstraire et des réactions sémantiques; il confond habituellement ses ordres d'abstraction, identifie ceux-ci, utilise le langage de l'inférence pour ses descriptions, etc.<br />* Il observe les mêmes éléments :=+::, plus l'événement //<br />* Il décrit ces événements comme a, b, c, d.<br />* A partir de ces descriptions, il forme un jugement et/ou parvient à une conclusion B, c'est-à-dire qu'il passe à un autre ordre d'abstraction.<br />* Lorsque le nouvel événement // apparaît, il l'aborde avec son opinion déjà formée, B.<br />* Sa description des faits apparaît comme a, b, c, d... B(x) = y. Ce nouveau jugement, C : erreur sémantique.<br /> Les événements de base sont les mêmes. Une identification inconsciente des différents niveaux d'abstraction entraîne une conclusion différente de celle de l'observateur idéal.<br />En confondant les niveaux d'abstraction :<br />- on attache à des situations nouvelles des étiquettes qui ne leur conviennent pas,<br />- on les explique faussement,<br />- on leur fait face de manière inadaptée.<br />B. Examen du comportement d'un sémanticien et d'un non-sémanticien :<br />1) Le sémanticien :<br />a) Aborde chaque expérience avec un esprit ouvert et prudent.<br />Diffère sa réaction et prend son temps pour examiner ce qui se passe.<br />Sait que chaque expérience est un événement nouveau.<br />Sait que, quelque soit le soin qu'il prenne à l'examiner, certains aspects, certaines caractéristiques de cette expérience lui échapperont.<br />N'oublie pas le rôle de son coefficient personnel.<br />Se souvient que chaque expérience met en jeu la totalité de son organisme psycho-somatique.<br />b) Communication verbale :<br />Sait écouter : s'efforce de saisir de son mieux le sens que son interlocuteur s'efforce de donner à ses paroles.<br />Evite de réagir aux mots comme à des signaux, se souvient qu'ils ne sont que des symboles.<br />Avant de prendre position, d'acquiescer ou de contredire, il cherche à en savoir davantage sur la qualité, par rapport au terrain, de la cause qui lui est présentée.<br />Pose la question :"Que voulez-vous dire ?" chaque fois qu'elle lui paraît nécessaire.<br />c) Description de l'expérience :<br />Essaie de le faire avec une honnêteté comparable à l'homme de science.<br />Ne veut ignorer aucune des données qu'il peut apercevoir et évite de les décrire de façon déformante ou tendancieuse.<br />Sachant :<br />* que les informations ne sont jamais absolument complètes,<br />* qu'il est possible de voir les choses différemment, il fait précéder ses comptes-rendus de "Pour autant que je sache".<br />Reconnaît que c'est à lui que les données apparaissent sous tel ou tel jour.<br />d) Classification :<br />- elle est nécessaire :<br />* à l'élaboration d'une vue structurelle du monde,<br />* à un maniement économique des connaissances.<br />- elle permet des gains de temps et d'effort,<br />- elle facilite la communication entre les hommes de ces connaissances.<br />En classant, le sémanticien :<br />- procède de façon à ne pas escamoter les différences au profit des traits communs.<br />* le terme employé marque les traits communs,<br />* l'usage de l'indice rappelle les différences,<br />* l'indice, les chaînes d'indices, permettent de noter les différences spatio-temporelles.<br />* le "etc." n'est pas oublié.<br />- Apprécie les données en termes de degrés, de nuances.<br />- L'expression "jusqu'à un certain point" revient souvent.<br />- Lorsqu'il classe, mesure, évalue, il tient compte du fait qu'il utilise souvent des standard établis conventionnellement donc souvent arbitrairement.<br />- Les formulations basées sur ces standard lui apparaissent commodes; il se garde de les identifier :<br />* au donné vécu,<br />* à l'observation directe de celui-ci.<br /> - Etudiant les éléments du donné vécu et recherchant les relations qui les unissent, le sémanticien tient compte :<br />* du fait qu'il se trouve en présence de configurations dynamiques dont les éléments se modifient ou se transforment, peuvent changer de place, de rôle, de comportement. Ces changements ont des répercussions sur les autres éléments d'un ensemble donné et entraînent pour eux des modifications qui, à leur tour, auront des répercussions, etc.<br />* du principe de non-additivité :<br />1 + 1 ne font 2 qu'en arithmétique,<br />1 litre d'eau + 1 litre d'alcool < 2 litres.<br />2 personnes ensemble, une autre arrive, la situation est changée.<br />e) Jugements :<br />Il est attentif aux influences :<br />- du souvenir d'événements vécus précédemment qui l'ont sensibilisé,<br />- des normes de la culture au sein de laquelle il se trouve; il peut choisir de les respecter ou de les mettre en question.<br />- de ses connaissances ou ignorances,<br />- des limites de sa perception, observations, informations,<br />- des réactions affectives qui ne s'adressent pas tant à l'événement lui-même qu'aux associations d'idées qu'il entraîne par son apparition,<br />- de ses préférences affectives, esthétiques, éthiques, métaphysiques, sa "philosophie" personnelle, ses intérêts...<br />- de ses postulats silencieux et de ses motivations.<br />Dans la formulation de ses jugements, le niveau auquel il se situe ne permet que des probabilités.<br />Il évite de trancher sur la base :<br />* de catégories opposées,<br />* d'un petit nombre de valeurs.<br />f) Théories :<br />Il les bâtit à partir des jugements, inférences, déductions.<br />Une fois la théorie édifiée,<br />* il en fait la critique,<br />* la confronte aux faits,<br />* recherche les caractéristiques laissées de côté,<br />* la met à l'épreuve de l'expérience.<br />En résumé, le sémanticien observe :<br />- une attitude non-élémentaliste,<br />- une orientation extensionnelle,<br />- une conscience d'abstraire.<br />Toute analyse est une déstructuration,<br />toute synthèse est une restructuration.<br />2) Le non-sémanticien :<br />a) Ne guide pas son existence d'après les faits; il se laisse conduire par sa mythologie :<br />- image idéale de lui-même,<br />- " " de son entourage,<br />- " " de son rôle ou de son action,<br />- des idées et des notions étant le produit de processus d'abstraction incorrects dus soit à lui-même soit à la société dans laquelle il vit.<br />b) Quand il ignore un fait, il tente d'en orienter l'interprétation pour éviter ou réduire le conflit pouvant surgir entre sa conscience et ce fait s'il le juge défavorable à sa sécurité psychologique, sa vanité, ses intérêts, ses idées préconçues, ses préférences affectives, etc.<br />S'il le juge défavorable à ces mêmes éléments, l'interprétation sera tendancieuse en sens inverse.<br />c) Il subit l'influence des facteurs qui, dans notre culture, permettent et encouragent la paresse intellectuelle :<br />- idées toutes faites,<br />- affirmations remplaçant les démonstrations,<br />- appel à la suggestion des individus plutôt qu'à leur raison,<br />o recours aux "autorités" diverses.<br /> De nombreux intérêts se liguent pour empêcher la création de conditions favorables à l'éclosion d'une pensée lucide et indépendante chez le plus grand nombre d'individus. On a su donner les apparences d'une voie confortable et sûre à l'ornière du conformisme et de la docilité. Certains éprouvent un sentiment d'angoisse et de culpabilité s'ils ne la suivent pas.<br />d) Peu d'examen et de réflexion personnelle :<br />- il préfère les schémas pré-établis,<br />il base sa conduite et ses opinions sur ce qui se dit, pas sur ce qui se passe.<br />e) Dans une discussion, il écoute peu :<br />- il prépare sa réponse et cherche les moyens de contredire,<br />- il défigure les paroles, se méprend sur leur sens, prête aux autres des propos et des intentions qui ne sont pas les leurs,<br />- il réagit aux mots comme à des signaux, se laisse mener par eux,<br />- il n'a pas de réaction différée, veut montrer qu'il réagit rapidement et prend des décisions immédiatement,<br />- il a une opinion sur tout, juge l'ensemble d'après la partie, sélectionne et surgénéralise arbitrairement,<br />- ses préjugés, préférences affectives, ses motivations déforment les niveaux où il se place (jugements, déductions, options, etc.) et les lui font mélanger.<br />- il ne s'avoue et n'avoue pas les éléments d'ordre affectif.<br />- il a souvent une opinion faite une fois pour toutes, ne tient pas compte des changements, des évolutions.<br />- il admet peu la critique,<br />- il aime à trancher, raisonne par oppositions,<br />- il voit, dans une opinion différente de la sienne, une opinion fausse.<br />f) Il ne bâtit pas une théorie d'après les faits mais d'après les préjugés ou préférences affectives.<br />Conclusion<br />Principes de la sémantique générale :<br />- relation entre l'observateur et l'observé,<br />- non-identification,<br />- notion d'un univers spatio-temporel soumis à des changements incessants et qui ne peut être appréhendé que :<br />* en cherchant ses structures,<br />* en se plaçant dans une perspective de probabilité et d'incertitude,<br />- distinction entre les niveaux verbaux et les niveaux non-verbaux,<br />- silences aux niveaux objectifs et réaction différée,<br />- conscience d'abstraire,<br />- non-élémentalisme,<br />- orientation extensionnelle,<br />- auto-réflexivité,<br />- multi-ordinalité des termes du vocabulaire.<br /> La sémantique générale voit l'homme dans sa totalité. Elle permet de "mettre de l'ordre" afin de diminuer la confusion intérieure.<br />Le cerveau s'est formé au cours d'une longue évolution. De ce point de vue évolutif, toutes les parties du cerveau n'ont pas le même âge : les régions du thalamus sont plus anciennes que celles du cortex.<br />- c'est par le thalamus que nous expérimentons directement le donné vécu, qu'il nous émeut et que certaines réactions se forment en nous.<br />- le cortex est, entre autres, le siège du langage, l'outil de la réflexion, etc.<br /> Lorsque nous réagissons à des symboles comme à des signaux, nous ne donnons pas le temps aux influx nerveux d'aller jusqu'au cortex, nous ne laissons pas ce dernier intervenir dans le choix de la réponse : il est "court-circuité". Par la réaction différée, nous donnons le temps au cortex d'intervenir, nous accroissons le rôle du cortex sur nos comportements.<br /> La distinction des niveaux d'abstraction nous aide à faire face à certaines émotions : nous pouvons nous trouver dans une situation qui, effectivement, nous menace et provoque en nous la peur. Cette peur découlant d'une expérience vécue à l'instant même est une peur primaire : elle excite des glandes qui produiront des substances chimiques nous permettant de réagir par l'une des deux conduites de survie : la lutte ou la fuite.<br /> Nous pouvons ressentir une peur secondaire qui est une "peur de la peur" (peur de la souffrance, de l'inconfort, etc.). Si nous parvenons à surmonter la peur secondaire, nous changeons la situation en ramenant le danger, l'inconfort, etc., à ses véritables dimensions.<br />La distinction entre sentiments et émotions primaires et secondaires nous aide à ordonner et à structurer nos attitudes psychologiques.<br />______________<br /> Pour plus d'informations sur la sémantique générale, voir :<br />The Western Lands: </span><a href="http://www.interpc.fr/mapage/westernlands/GS.html"><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">http://www.interpc.fr/mapage/westernlands/GS.html</span></a><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Interzone Academy: </span><a href="http://www.geocities.com/Athens/Crete/9445/dpt-gs.html"><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">http://www.geocities.com/Athens/Crete/9445/dpt-gs.html</span></a><br /><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à la page de <a href="http://unmondeanarchiste.blogspot.com/2005/10/liens.html">liens</a></span><br /><span style="font-size:85%;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à <a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com">www.unmondeanarchiste.blogspot.com</a></span>Stirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1133804348273638082005-12-05T18:32:00.000+01:002005-12-05T18:39:09.893+01:00Dossier_esclavage<span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><strong><span style="font-size:130%;"> L'esclavage – Dossier</span></strong><br /><br />"La liberté, Sancho, est l'un des dons les plus précieux que le ciel ait fait aux hommes; rien ne saurait l'égaler, pas même les trésors que renferme la terre ou que la mer recouvre; pour la liberté, de même que pour l'honneur, on peut et on doit risquer sa vie, et, au contraire, la servitude est le plus grand malheur qui puisse affliger les hommes." <br />CERVANTES (1547-1616), Don Quichotte.<br /><br /> BIBLIOGRAPHIE<br /><br />Le code noir ou le calvaire de Canaan (Louis Sala-Molins) Presses Universitaires de France 1987 (Pratiques théoriques). 287 pages I.S.B.N. : 2-13-039970-3<br />Esclavage : la république se déchaine. 150 ème anniversaire de l'abolition de l'esclavage (Patrick Moissac) Ed. L'Archer La Ferté Saint-Aubin 108 pages I.S.B.N. : 2-84382-023-5<br />Femmes des Antilles, traces et voix : 150 ans après l'abolition de l'esclavage (Gisèle Pineau/Marie Abraham) Ed. Stock 1998 262 pages I.S.B.N. : 2-234-04956-3<br />De l'esclave au citoyen (Philippe Haudriere/Françoise Verges) Ed. Gallimard Jeunesse 1998 185 pages I.S.B.N. : 2-07-053454-5<br />Esclave = facteur de production. L'économie politique de l'esclavage (Shlemo Mintz) Ed. Dunod 1981 271 pages 2-7048-0733-7<br />Esclave à Cuba : biographie d'un "cimaron" du colonianisme à l'indépendance (Miguel Barnet) Ed. Gallimard 1967 205 pages<br />La France au temps des négriers (Jean-Michel Deveaux) Ed. France-Empire 1994 382 pages I.S.B.N. : 2-7048-0733-7<br />La révolution française et la fin des colonies (Yves Bénot) Ed. La Découverte 1988 272 pages I.S.B.N. : 2-7071-1731-5<br />L'esclavage aux Antilles françaises avant 1789 (Lucien Peytraud) Ed. Desormeaux 1973 477 pages<br />Esclaves et négriers (Jean Meyer) Ed. Gallimard 1986 161 pages I.S.B.N. : 2-07-053018-3<br />La traite des Noirs en 30 questions (Eric Saugera) Ed. Geste 1998 70 pages I.S.B.N. : 2-910919-63-3<br />De l'esclavage à la liberté (Patricia Latour) Ed. Temps des cerises 1998 64 pages I.S.B.N. : 2-84109-134-1<br />Abolir l'esclavage : essai et anthologie (Michelle Metoudi/Jean-Paul Thomas) Ed. Gallimard Education 1998 166 pages I.S.B.N. : 2-07-040625-3<br /><br />Dates à retenir à propos de l'esclavage<br /><br />1441-1542<br />1441 : Des navigateurs portugais ramènent les premiers esclaves ; début de la traite négrière organisée par l'Europe.<br />1492 : Christophe Colomb découvre l'Amérique.<br />1518 : Charles Quint autorise la traite et l'esclavage.<br />1626 : Autorisation accordée pour déporter 40 esclaves nègres à l'île de Saint-Christophe, première colonie française d'Outre-Mer.<br />1642 : Louis XIII autorise la traite et l'esclavage dans les colonies françaises. <br />1643-1688<br />1643 : Première expédition négrière française officiellement reconnue : "l'Espérance" de La Rochelle revient de Saint-Christophe.<br />1670 : Colbert accorde la liberté de commerce avec les îles.<br />1672 : Première expédition négrière de Bordeaux ; "Le Saint-Étienne de Paris".<br />1674 : Liquidation de la compagnie des Indes occidentales. Rattachement des Antilles au domaine royal.<br />Mars 1685 : Le code noir (arrêts et règlements à l'égard des esclaves), promulgué à Versailles, par Louis XIV. Il reconnaît aux hommes libres de couleur les mêmes droits qu'aux Blancs.<br />1688 : Première expédition négrière de Sant-Malot : "Le Pont d'Or".<br />1738-1794<br />1738 : Déclaration royale limitant le séjour des esclaves Noirs en France à 3 ans.<br />1749 : Année négrière Française la plus productive : 44 expéditions quittent Nantes pour l'Afrique. 1770 : Les Quakers interdisent la possession d'esclaves. Publication clandestine par l'abbé Raynal de "L'histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des européens dans les deux Indes", contenant des attaques contre la politique des peuples colonisateurs, contre le clergé, et contre l'inquisition.<br />1777 : Interdiction à toute personne de couleur, Nègre ou Mulâtre d'entrer en France.<br />5 avril 1778 : Interdiction des mariages mixtes (inter raciaux) en France.<br />1783 : Orientation de la traite Française vers l'océan Indien.<br />1788 : Création de la société des amis des Noirs (Objet : abolition de la traite et de l'esclavage.). créée par Jacques-Pierre Brissot de Warville (journaliste) et Étienne Clavière (financier protestant), présidée par Condorcet, puis par l'abbé Grégoire en 1790. Mirabeau, Lavoisier, La Fayette en font partie.<br />26 août 1789 : Déclaration des droits de l'homme et du citoyen.<br />1791 : Début de l'insurrection des esclaves à Saint Domingue<br />11 mai 1791 : Proposition de loi de Vief Ville Des Essarts affranchissant les esclaves et supprimant la traite. Déclenchement de l'insurrection des esclaves à Saint-Domingue.<br />13 mai 1791 : Déclaration de Robespierre : "Dès le moment où, dans l'un de vos décrets, vous aurez prononcé le mot esclave, vous aurez prononcé votre propre déshonneur et le renversement de votre constitution : périssent les colonies si vous les conservez à ce prix".<br />15 mai 1791 : Vote de la constituante de l'amendement REUBELL, accordant les droits de citoyen aux gens de couleur, nés de père et mère libres.<br />28 septembre 1791 : Amendement annulé, mais la constituante prévoit que tout individu est libre aussitôt qu'il est entré en France. 04 avril 1792 : La législative accorde l'égalité des droits aux gens de couleur libres.<br />29 août 1793 : Abolition de l'esclavage à Saint-Domingue.<br />18 septembre 1793 : Janvier Littée, mulâtre, élu député de la Martinique le 28 octobre 1792, est admis à la convention (1 er député de couleur membre d'une assemblée parlementaire en Europe).<br />04 février 1794 : La convention abolit l'esclavage dans les colonies françaises (Décret du 16 pluviôse an II). Jean-Baptiste Mars Bellay, esclave Noir né à Gorée, représente Saint-Domingue à la convention nationale. Cette loi n'ayant été ni préparée ni pensée dans ses applications, causera de nombreux désordres dans les colonies (affrontements sanglants entre esclaves et colons) <br />1802-1830<br />20 mai 1802 : Bonaparte rétablit l'esclavage dans les colonies françaises (décret du 30 floréal an X). Débarquement des troupes françaises à Saint-Domingue (Expédition de Leclerc). 07 juin 1802 : Arrestation de Toussaint Louverture.<br />02 juillet 1802 : Réduction des droits civils des libres de couleur.<br />1803 : Guerre franco britannique. Mort de Toussaint Louverture au Fort de Joux. La Danemark abolit la traite.<br />1804 : Proclamation de l'indépendance de Saint-Domingue qui devient Haïti.<br />1807 : La Grande-Bretagne et les États-Unis abolissent la traite.<br />1808-1817 : Les portugais occupent la Guyane.<br />1810 : Prise de l'Île de France par les anglais.<br /> 29 mars 1815 : Napoléon décrète l'abolition de la traite, en application du traité de Paris.<br />1817 : Louis XVIII signe une ordonnance interdisant la traite en France. Démarrage de la traite illégale jusqu'en 1830, au moins.<br />1829 : Début de l'immigration indienne vers les colonies françaises. Abolition de l'esclavage au Mexique.<br />1830 : Dernière expédition négrière nantaise reconnue comme telle : La Virginie. <br />1832-1845<br />1831-1832 : Rétablissement des droits civils des libres de couleur. Lois améliorant le sort des esclaves (interdiction des peines de mutilation) et facilitant leur affranchissement. Suppression de la taxe d'affranchissement. Extinction de la traite illégale.<br />1833 : La Grande Bretagne abolit l'esclavage dans toutes ses colonies. En France, sont supprimées la mutilation et les marques infligées aux esclaves rebelles. Abolition de l'esclavage au Canada.<br />24 avril 1833 : Charte coloniale : "Les libres de couleur accèdent à la plénitude des droits politiques et deviennent électeurs et éligibles dans les mêmes conditions que les blancs."<br />1834 : Création de la société pour l'abolition de l'esclavage présidée par le duc de Broglie.<br />1837 : La question de l'émancipation générale des esclaves est désormais posée rituellement chaque année devant le parlement (Notamment par Tocqueville en 1840).<br />1839 : Le Pape Grégoire XVI condamne officiellement la traite négrière.<br />1840 : Convention mondiale anti-esclavagiste.<br />1842 : Victor Schoelcher publie "Colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage".<br />1843 : Rapport du parlement de la commission de Broglie sur l'esclavage (révision de la législation de l'esclavage dans les colonies françaises). Il prône la suppression progressive par l'affranchissement automatique des enfants à naître.<br />22 janvier 1844 : Pétition des ouvriers parisiens pour l'abolition.<br />15 août 1845 : Loi Mackau interdisant de refuser son affranchissement à l'esclave capable de payer son rachat.<br />1848<br />4 mars 1848 : Victor Schoelcher est nommé "sous secrétaire d'état chargé spécialement des colonies et des mesures relatives à l'abolition de l'esclavage". Proclamation du gouvernement provisoire : "Nulle terre française ne peut plus porter d'esclaves." 10 avril 1848 : Agitation en Martinique, arrivée du décret Schoelcher du 04 mars.<br />27 avril 1848 : Décret du gouvernement provisoire abolissant l'esclavage dans toutes les colonies.<br />22-23 mai 1848 : Insurrections en Martinique.<br />23, 27 mai 1848 : Abolition en Martinique , puis en Guadeloupe.<br />3, 5 juin 1848 : Arrivée du décret en Martinique, puis en Guadeloupe.<br />10 juin 1848 : Arrivée du décret en Guyane.<br />17 juillet 1848 : Le décret du 27/04 est connu à la Réunion.<br />10 Août 1848 : Proclamation de l'abolition en Guyane.<br />22 août 1848 : Louisy Mathieu, ancien esclave, est élu représentant suppléant de la Guadeloupe à l'assemblée nationale, ou il est admis au siège en remplacement de V. Schoelcher, qui a opté pour la Martinique.<br />14 octobre 1848 : Arrivée du décret à la Réunion. Tentative de résistance légale des propriétaires blancs.<br />04 novembre 1848 : L'abolition de l'esclavage est inscrite dans la constitution : "L'esclavage ne peut exister sur aucune terre française" (Article 6).<br />20 décembre 1848 : Abolition à la Réunion.<br />1849-1890<br />1849 : Dernier navire négrier français soupçonnable "Le Tourville" aurait débarqué des Noirs au Brésil.<br />30 avril 1849 : Adoption de la loi relative à l'indemnité accordée aux colons par suite de l'affranchissement des esclaves.<br />1851 : Abolition en Colombie.<br />1853 : En Argentine.<br />1854 : Au Venezuela.<br />1855 : Au Pérou.<br />1863 : L'esclavage est abolit dans les colonies hollandaises de Surinam et Curaçao.<br />1865 : Abolition aux États Unis.<br />1870 : Le suffrage universel est rétabli dans les colonies françaises. Abolition dans les colonies espagnoles.<br />1873 : Abolition à Puerto Rico.<br />1876 : En Turquie.<br />1885 : Conférence de Berlin ; mesures contre l'esclavage.<br />1886 : Abolition à Cuba.<br />1888 : Abolition au Brésil.<br />1890 : Deuxième conférence de Berlin au sujet de l'esclavage en Afrique.<br />1926-2000<br />1926 : Convention internationale sur l'esclavage.<br />19 mars 1946 : Abrogation du statut colonial. Les vieilles colonies deviennent départements français.<br />1948 : Déclaration universelle des droits de l'homme.<br />10 février 1999 : Proposition de loi tendant à reconnaître l'esclavage en tant que crime contre l'humanité adopté en première lecture par l'assemblée nationale française.<br />8 mars 2000 : Le sénat français reconnaît l'esclavage et la traite en tant que crime contre l'humanité<br /><br /><br />Le commerce triangulaire<br /><br />Le commerce triangulaire est le nom que l'on donne au commerce des esclaves. En effet, le voyage se faisait en plusieurs étapes :<br />Europe-Afrique<br />Afrique-Amériques<br />Amériques-Europe<br />Ces trois étapes (que nous allons détailler) forment le commerce triangulaire.<br />- Première étape ; sens Europe-Afrique : Le navire négrier part de France (principalement des ports de Nantes, La Rochelle, Le Havre, Bordeaux), chargé de vivres et de diverses marchandises (cuivre, quincaillerie, armes, poudre, étoffes, eau de vie...) destinées à l'achat des esclaves. - Deuxième étape ; sens Afrique-Amériques : Le navire repart, rempli de captifs, vers les îles d'Amérique. Là, ils seront vendus aux propriétaires comme esclaves. Cette traversée est une terrible épreuve pour les hommes et femmes entassés et enchaînés dans les cales du bateau. Bon nombre d'entre eux n'y résisteront pas. - Troisième étape ; sens Amériques-Europe : Tous les esclaves sont vendus, mais le navire ne part jamais vide. Avec l'argent de la vente des esclaves, On se fournit en produits locaux coloniaux (café, sucre...) que l'on vendra dans toute l'Europe.<br /><br />La vente<br />Avant d'accoster sur le sol, le navire négrier arrivant d'Afrique est mis en quarantaine afin de vérifier qu'il ne transporte aucune épidémie. Lorsque les quarante jours sont passés, on "remet les esclaves en état" pour les vendre le plus cher possible. On leur coupe les cheveux et la barbe, on enduit leur corps d'huile de palme, et les défauts physiques les plus apparents sont maquillés par les chirurgiens (c'est le blanchissement). La vente peut alors commencer. La vente est annoncée plusieurs jours à l'avance par des affiches ou des crieurs. Le Noir mis en vente doit monter sur une table ou un tonneau pour être vu par le plus grand nombre de personnes. Il est scrupuleusement examiné par les acheteurs qui lui font prendre différentes postures (remuer bras et jambes d'une certaine manières), regardent les dents. Certains même lèchent l'esclave pour goutter à sa sueur ; tout ceci afin de vérifier son état de santé, sa force physique, et son aspect général. Après examen de l'esclave, le prix est débattu entre le capitaine du bateau et l'acheteur. Ce prix dépend de : - l'âge de l'esclave (il est considéré comme vieux à l'âge de 35-40 ans) - Son état de santé - Sa force physique - Son aspect général Les esclaves malades sont souvent achetés par les petits planteurs car ils ne sont pas chers. La vente est un moment très humiliant pour l'esclave qui est traité comme du bétail. Il n'est plus un homme, encore moins un africain, il est un meuble ou un bœuf.<br />Annonces de vente d'esclaves<br />Avis Le commissaire-priseur vendra, pour cause de départ, le jeudi 23 avril courant, à midi, des meubles meublants, deux billards, de l'argenterie, divers autres objets, ainsi que l'esclave Theonie, avec ses deux enfants Joseph et George. Courrier de la Martinique, 15 avril 1846<br />Vente par autorité de justice Au nom du roi, la loi et justice ont fait savoir que le dimanche 15 du courant, à l'heure de midi, sur la place du marché du mouillage, il sera procédé à la vente de l'esclave Marie-Sainte, dite Négresse, négresse âgée de quatorze ans. Saisie exécutée à la requête de M. le trésorier de la colonie. Courrier de la Martinique, 2 septembre 1846.<br />Avis Le samedi 12 du courant, à midi, le commissaire-priseur vendra, en son magasin, divers meubles meublants, tels que : tables, console, pliants, guéridons, sofas, pendules, chaises, glaces, lits, une boite d'argenterie, bijoux, porcelaine, etc., et les esclaves Guillaume, mulâtre, âgé de soixante ans ; Célanie, mulâtresse âgée de vingt quatre ans, avec son enfant, Aurelia, âgée de quatre ans. Le tout provenant de la faillite du sieur Occuly Fouché. Journal officiel de la Martinique, 6 septembre 1846.<br />Vente après décès Par autorisation de M. le juge royal du tribunal de première instance de Saint-Pierre, le commissaire-priseur vendra le samedi 17 du courant, à midi, en son magasin, des meubles, effets, linge, l'esclave Christine, négresse, âgée de trente huit ans, et un cheval sous poil noir, âgé d'environ huit ans, le tout provenant de la succession bénéficiaire du feu sieur Paul-Jacques Lalanne. Journal officiel de la Martinique, 6 septembre 1846.<br />Vente judiciaire Dimanche 25 janvier courant, à onze heures, sur la place publique du bourg de Port-Louis, il sera procédé à la vente, au comptant, au plus offrant et dernier enchérisseur, de :<br />Une négresse nommée Clara, âgée de vingt quatre ans ;<br />Un cheval, sous poil roux foncé, âgé de dix ans ;<br />Divers meubles et effets mobiliers.<br />Provenant de saisie-exécution. L'Avenir de la Pointe-à-Pitre, 17 janvier 1846.<br /><br /><br />LE MARCHE<br />Ils ont fouillé dans tous les trous de mon corps, jusque dans le fondement ! M'ont récurée bien propre. Faut faire envie et pas pitié. Et redressez vous ! Faut que les chalands voient avec leurs deux yeux que vous êtes des nègres vaillants et bien portants. Faut avoir l'air saint et gai ! Et faites pas vos mauvaises mines !<br />Approchez ! Eh ! C'est de la qualité ! On n'en fait plus des comme ça de nos jours ! Vous en aurez de l'usage, c'est moi qui vous le dis ! Cette négresse là, oh ! elle peut faire jusqu'à quinze négrillons ! Pour ce prix c'est donné ! Belle pièce, hein ! Et des dents saines. Tâtez moi cette chair ferme et ces jarrets ! Ouvrez la gueule, comptez les dents ! Pas un chicot, j'vous dis !<br />Les gens me tournaient alentour et le maquignon faisait l'article. Ils ouvraient ma bouche, écartaient mes lèvres et comptaient mes dents. Ils pinçaient ma chair. Ils prenaient mes seins dans leurs mains et les soupesaient. Ils me sentaient comme pour voir si j'étais pas rien qu'une viande avariée. Ils se baissaient pour voir jusque dans mon fondement. Ils me tournaient autour. Allez-y, vous pouvez toucher ! Approchez ! Approchez ! Vous verrez pas des pièces de cette qualité sur le marché de Basse-Terre !<br />Ils me regardaient. Ils me tournaient autour. Et dans leurs yeux, je n'étais qu'une bête sans âme ni sentiment. Dans leurs yeux, ils me voyaient servir leurs cannes. Ils me voyaient sans me voir, m'imaginaient déjà en d'autres lieux à la tâche dans leurs champs de cannes. Ils jaugeaient mes bras et mes jambes. Ils mesuraient mes hanches et comptaient leurs sous en même temps que les négrillons qui sortiraient de mon ventre.<br />Et vous aurez peu de frais, jurait le maquignon. Ceux-là mangent pas gras, ils se contentent de ce qu'on leur donne, un rien du tout. Et doux ! Pas rebelles je suis réputé pour ça ! Je sais reconnaître les rebelles, ceux qui causent des ennuis, je les sens à des lieues...<br />Et redressez vous, bande de nègres ! On vous a pas tirés de si loin pour que vous soyez invendus. Faut faire envie et pas pitié ! Sinon pas un de ces messieurs voudra vous acheter et vous resterez sans maître ! C'est ça que vous voulez ? Rester sans un bon maître qui prendra soin de vous ! Allez, redressez vous ! Plus vite vous serez vendus, plus vite vous serez tranquilles !<br />On va revenir ! On fait le tour du marché !<br />Eh ! ne vous laissez pas abuser par les autres maquignons. Moi, je fais que de la qualité ! Quinze négrillons qui sortiront de cette négresse qui vous fait envie ! Quinze ! pas un de moins !<br />J'ai été vendue à un M. de C. qui avait une grande plantation et une sucrerie réputée dans le nord du pays. Après deux ans, il m'a revendue à un M. de G. qui m'a placée à l'atelier. Quand il est mort, ses héritiers m'ont revendue avec mes enfants à un M. de J. qui m'a remise à couper et amarrer des cannes. J'ai porté huit enfants. Trois sont morts avant l'âge d'un an. Les autres ont été vendus je sais plus de quel côté. <br />Clarisse Extrait de "Femmes des Antilles, traces et voix" de Gisèle Pineau et Marie Abraham<br />*****<br /><br />Dictionnaire universel du commerce, Paris 1723. Tome II (Article "Nègres"). Article de Jacques Savary des Brûlons.<br /><br />Nègres : peuples d'Afrique, dont le pays a son étendue des deux côtés du fleuve Niger. L'on appelle Nigritie cette grande région qu'ils habitent, qui a plus de huit cents lieues dans les terres. Les européens font depuis quelques siècles commerce de ces malheureux esclaves, qu'ils tirent de Guinée et des autres côtes de l'Afrique, pour soutenir les colonies qu'ils ont établies dans plusieurs endroits de l'Amérique et dans les îles Antilles. Il est difficile de justifier tout à fait le commerce des Nègres ; cependant il est vrai que ces misérables esclaves trouvent ordinairement leur salut dans la perte de leur liberté et que la raison de l'instruction chrétienne qu'on leur donne, jointe au besoin indispensable qu'on a d'eux pour la culture des sucres, des tabacs, des indigos, etc., adoucit ce qui parait d'inhumain dans un négoce où des hommes sont les marchands d'autres hommes et les achètent de même que des bestiaux pour cultiver leurs terres[...]. Ces esclaves se font de plusieurs manières. Les uns pour éviter la faim se vendent eux même, leurs enfants et leurs femmes aux rois ou aux plus puissants d'entre eux qui ont de quoi les nourrir.[...] Les autres sont des prisonniers faits en guerre et dans les incursions que ces petits roitelets font sur les terres de leurs voisins, souvent sans d'autres raisons que de faire des esclaves, lesquels amènent jeunes, vieux, femmes, filles, jusqu'aux enfants à la mamelle. Il y a des Nègres qui se surprennent les uns les autres, pendant que les vaisseaux d'Europe sont à l'encre, y amenant ceux qu'ils ont pris pour les y vendre et les y embarquer malgré eux, et il n'est point nouveau de voir des fils vendre de cette sorte leurs malheureux pères, des pères leurs propres enfants, et encore plus souvent ceux qui ne sont liés d'aucune parenté mettre la liberté des uns et des autres à pris de quelques bouteilles d'eau de vie ou de quelques barres de fer. [...]<br />Ces Nègres sont la principale richesse des habitants des îles ; qui en a une douzaine peut être estimé riche. Comme ils se multiplient beaucoup dans les pays chauds [...], leurs maîtres, pour peu qu'ils les traitent avec douceur, voient croître insensiblement cette famille de Noirs et augmenter en même temps le nombre de leurs esclaves, l'esclavage étant héréditaire parmi ces misérables. Il est vrai qu'il est quelquefois d'avoir trop d'indulgence pour eux, étant d'un naturel dur, intraitable et incapable de se gagner par la douceur. Mais il faut éviter les deux extrémités : un châtiment modéré les rend souples et les anime au travail, et au contraire trop de dureté les rebute et, dans leur désespoir, ils se jettent parmi les Nègres marrons ou sauvages, qui se tiennent dans des lieux inaccessibles des îles ou ils mènent une vie très misérable, mais plus à leur gré parce qu'elle est libre.<br /><br />*****<br />Evariste Parny (1753-1814) Poète Réunionnais, révolutionnaire et abolitionniste convaincu Extraits des chansons madécasses , 1808.<br />Chanson V<br />Méfiez vous des Blancs, habitants du rivage. Du temps de nos pères, des Blancs descendirent dans cette île ; on leur dit : "Voilà des terres ; que vos femmes les cultivent. Soyez justes, soyez bons, et devenez nos frères." Les Blancs promirent, et cependant, ils faisaient des retranchements. Un fort menaçant s'éleva ; le tonnerre fut renfermé dans les bouches d'airain ; leurs prêtres voulurent nous donner un Dieu que nous ne connaissions pas ; ils parlèrent enfin d'obéissance et d'esclavage : plutôt la mort ! Le carnage fut long et terrible ; mais, malgré la foudre qu'ils vomissaient, et qui écrasait des armées entières, ils furent tous exterminés. Méfiez vous des Blancs. Nous avons vu de nouveaux tyrans, plus forts et plus nombreux, planter leur pavillon sur le rivage : le ciel a combattu pour nous ; il a fait tomber sur eux les pluies, les tempêtes et les vents empoisonnés. Ils ne sont plus, et nous vivons, et nous vivons libres. Méfiez vous des Blancs, habitants du rivage. <br />Chanson IX<br />Une mère traînait sur le rivage sa fille unique, pour la vendre aux Blancs. Ô ma mère ! ton sein m'a portée ; je suis le premier fruit de tes amours : qu'ai-je fait pour mériter l'esclavage ? J'ai soulagé ta vieillesse ; pour toi j'ai cultivé la terre ; pour toi, j'ai cueilli des fruits ; pour toi j'ai fait la guerre aux poissons du fleuve ; je t'ai garantie de la froidure ; je t'ai portée durant la chaleur, sous les ombrages parfumés ; je veillais sur ton sommeil, et j'écartais de ton visage les insectes importuns. Ô ma mère, que deviendras tu sans moi ? L'argent que tu vas recevoir ne te donnera pas une autre fille ; tu périras dans la misère, et ma plus grande douleur sera de ne pouvoir te secourir. Ô ma mère ! ne vends point ta fille unique. Prières infructueuses ! Elle fut vendue, chargée de fers, conduite sur le vaisseau, et elle quitta pour jamais la chère et douce patrie.<br /><br /><br />La déclaration des droits de l'homme et du citoyen : universalité ou relativité ?<br /><br />Henri Bangou Membre du bureau politique du parti communiste guadeloupéen. Co-fondateur de la société d'histoire de la Guadeloupe. Auteur de : Histoire de la Guadeloupe en trois volumes (Parue chez l'Harmattan), La révolution et l'esclavage à la Guadeloupe 1789-1802 (Messidor/éditions sociales).<br /><br />La portée des événements de la période révolutionnaire à saint domingue et à la Guadeloupe ne s'arrête pas à la seule réinterprétation de la personnalité de l'homme noir. Elle concerne aussi l'appréciation qu'on a pu porter sur l'universalité de la déclaration des droits de l'homme elle-même. Cette nouvelle appréhension n'est pas moins opportune quand on considère l'habitude qui est prise de lier deux époques cependant très distantes, celle de l'abbé Grégoire et celle de Victor Schoelcher, pour accréditer l'idée que l'abolition de l'esclavage des Noirs a été, en somme, l'aboutissement d'un long combat mené par une philosophie abolitionniste enfin triomphante en 1848 avec la deuxième République.<br /> Méprise largement partagée et encouragée par les collectivités noires antillaises, victimes d'une acculturation caractérisée soit par la méconnaissance de cette tranche d'histoire, soit par l'absence d'analyse de celle-ci.<br />Si malgré le décret conventionnel du 16 pluviôse an II (4 février 1794), l'esclavage est pérennisé dans les eaux américaines et caraïbéennes, s'il faut attendre la seconde moitié du 19 ème siècle pour qu'il soit aboli effectivement, c'est que, tous États confondus, cette institution ne pouvait être régie par la générosité d'une idéologie. Subordonnée qu'elle était dans son évolution à des nécessités matérielles, elle devait en épouser la logique. Dès le 17 ème, et tout au long du 18 ème siècle, avait surgi et pris corps l'opportunité d'une politique abolitionniste avec les économistes anglais. Nous avons vu qu'en France même les magistrats royaux partageaient ces convictions. En 1785, La Fayette avait envoyé à Cayenne un certain M. de Richepray pour acheter des terres et les répartir entre les Noirs rendus à la liberté. Une lettre du Maréchal de Castries, en date du 6 juin de la même année, montrait que le roi Louis XVI avait ordonné des essais semblables. Mais il avait fallu une certaine adéquation des théories libérales avec le niveau de l'économie des pays considérés, devenus aptes à maîtriser le marché libre de la main-d'oeuvre, pour que ces théories puissent se matérialiser. Malgré le philanthrope Wilberforce, faisant poser le problème de l'esclavage au parlement anglais, dès 1787, par son ami le ministre Pitt, ce ne fut qu'en 1833 que fut effective l'émancipation des esclaves dans les colonies anglaises de la Caraïbe. Encore que le système d'apprentissage ait retardé de plusieurs années l'application réelle de l'abolition. Malgré Condorcet, L'abbé Grégoire et Brissot, militant dès avant 1789 pour le respect et la dignité de l'homme noir, ce ne fut qu'en 1848 que l'esclavage a été définitivement aboli à la Guadeloupe et à la Martinique.<br />Malgré Jefferson aux États unis, la déclaration d'indépendance de 1776, dont il est rédacteur, demeure une constitution esclavagiste, et il fallut attendre 1865 et le treizième amendement de la constitution pour y consacrer l'abolition de l'esclavage.<br />Au Venezuela, malgré l'engagement de Simon Bolivar vis à vis du président de la république d'Haïti, Pétion, lui apportant de façon réitérée le soutien qui lui permit de libérer les colonies espagnoles d'Amérique, ce n'est qu'en 1856 qu'intervient l'abolition de l'esclavage des Noirs qui constituait la contrepartie de cette aide haïtienne.<br />La déclaration des droits de l'homme de 1789 ne concernait en France qu'une certaine liberté. A fortiori, elle excluait dans les faits toute extrapolation idéaliste à l'ensemble des êtres humains, quelle que fut leur race. Mais, en introduisant dans l'évolution des institutions une logique liée aux paramètres économiques, elle rendait inévitable, à terme, la modification des relations entre agents de la production. C'est à cela que pourrait, en somme, se ramener son universalité. En France, comme aux États Unis à la même époque, les intérêts économiques mis en jeu par l'esclavage étaient si puissants qu'il était impossible de s'engager résolument vers une politique d'émancipation universelle. Dans la mesure cependant où cette difficulté était liée à l'opinion que l'on se faisait du Noir, pour qui -prétendait on- l'état d'esclave était l'état idéal, la Révolution de 1789 a été un catalyseur appelé à provoquer dans les îles françaises à esclaves des événements de portée universelle.<br />Cette démonstration, menée jusqu'à ses conséquences extrêmes, parvint même à infléchir la logique matérielle évoquée plus haut. Ce fut le cas à Saint Domingue. Il s'en est fallu de peu pour qu'il en fût ainsi à la Guadeloupe. C'est à partir d'elle que la France révolutionnaire aurait pu, elle aussi, privilégier le droit et tenter une aventure conforme aux idéaux des Brissot, Condorcet et autres, et reposant, comme dirait Yves Benot, sur "une forme d'héroïsme idéologique". Mais le pouvait elle ?<br />Faut il conclure, comme Yves Benot le fait à propos de l'abolition de l'esclavage, que, "Si la Révolution, encore sous le régime de l'économie coloniale jusqu'à la guerre avec l'Angleterre, rencontre des difficultés dans ce domaine, ce n'est pas tant parce qu'elle est bourgeoise, mais parce qu'elle ne l'est pas encore jusqu'au bout, puisque la fin de l'esclavage, loin de gêner le capitalisme en France, marquera le début de son expansion" ? Comme on le voit, le bicentenaire de la Révolution de 1789 n'est pas seulement une occasion de remise en question de notions traditionnelles propagées et reçues. C'est aussi la reconsidération d'un faisceau d'événements dont l'évolution ne peut s'expliquer qu'en référence à la globalité de l'histoire des peuples, et la nature des relations que leurs économies respectives ont engendrées. Celles ci ont pu, pendant toute une période, bâtir une idéologie ayant pour conséquence une certaine aliénation des consciences des propres victimes de cette idéologie et, en tout cas, une marginalisation de l'histoire des peuples noirs. Il a fallu, au delà des échéances économiques incompatibles avec le maintien de leur aliénation physique, que surgisse l'important courant d'idées que fut la négritude pour ébranler les fondements de cette hiérarchisation raciale. Sans nier le courage et le rôle des philanthropes des 18 ème et 19 ème siècles, il fallait à l'historiographie noire davantage que la Marseillaise de Lamartine ou le Bug-Jargal de Hugo, les écrits d'Aimé Césaire sur les mêmes sujets, tels son Toussaint Louverture, son Roi Christophe annoncés par son discours sur le colonialisme. De même, s'il était opportun que, pour éviter toute déviation raciste à rebours, l'écrivain haïtien René Depestre dise bonjour et adieu à la négritude, l'histoire de la période révolutionnaire liée au trafic négrier et à l'esclavage aux Antilles montre bien l'importance que revêtaient pour les peuples noirs un tel mouvement et son écho partout ou l'Afrique et sa diaspora étaient concernées.<br />C'est en prenant en considération tout cela que l'on pourra faire avancer l'heure à laquelle l'histoire tout court sera débarrassée définitivement de ce reste d'une autre de ses impuretés : le colonialisme.<br /><br />Extrait du livre La révolution et l'esclavage à la Guadeloupe 1789-1802<br /><br />Code Noir (Crime Contre L'Humanité) Fabe (rappeur français) featuring Neg'Lyrical, Rachid & Neg'Madnik<br />Fabe Lyrics - Rap Lyrics<br />(Fabe) J'arrive fort, souffle, comme le vent de l'indépendance, c'est Fabe "ou sav' ça!" y ka fouté un sacré souk en France! Correspondance, assurée pour la jonction. Ma fonction ne bouge pas, j't'envoie ma version, ma vision des choses Moi j'y crois pas à l'abolition, j'suis là en mission, scred comme la connexion. La complexion d'nos peaux, les fait hésiter. C'est dur à camoufler comme un crime contre l'humanité. La réalité est qu'ils flippent de la vérité, sans hésiter, à méditer sur ça t'es invité. Est-ce que t'as l'impression que l'esclavage a disparu? Est-ce que t'as l'impression qu'il n'y a plus de pression quand t'es dans la rue? Est-ce que t'as l'impression qu'on marche tous dans le même sens? Mes 5 sens sentent mes frères en effervescence... J'ai dépassé l'adolescence maintenant, j'veux du concret, du noir sur blanc, un nouveau nom à ton plan. Personne ne demande pardon, dis-moi comment tu veux qu'on excuse? C'est du passé, t'étais pas là? C'est pas une excuse! Bouge! Jusqu'à c'que l'O.N.U. dédommage on voit rouge... Dommages et intérêts, y'a intérêt à pas réitérer. Les plaies d'l'histoire ça cicatrise quand on les soigne. Un homme à poigne. Faut qu'j'prenne l'avion et que j'rejoigne. Les frères, outre-mer, genre Maire-Jeanne. Faire la mosère à Jean-Marie comme si j'étais le maire de Saint-Anne...<br />Refrain :<br />Code noir, crime contre l'humanité! Esclavage, crime contre l'humanité! Déportation, crime contre l'humanité! Exploitation dans les plantations, demande aux békés ... <br />(Neg'Lyrical) Le nègre brille et son esprit scintille. Regarde le illuminer l'Afrique et les Antilles. Depuis des siècles et des siècles il resplendit, malgré sueur, sang et pleurs, sans cesse grandit. Par de nouvelles générations fidèles à la cause. Traîtrise, bêtise mais le combat n'connaît pas de pause. S'il faut un magnum pour être traité d'homme à homme, on s'en sert par tous les moyens nécessaires comme Malcom. Fiers et forts du passé, plus qu'avant on en a assez, de l'image qui est donnée, comme quoi on n'a jamais rayonné ou raisonné. Leur histoire faut s'y fier. Pour raisons racistes leurs écrivains l'ont falsifiée. C'est jamais à l'école française que j'aurais appris que les premiers hommes sur terre venaient d'Ethiopie ou que les Egyptiens étaient aussi noirs que Cham, Abraham, Isaac, Jacob, Moise ou Jésus-Christ... Ils apprennent aux Noirs à être Blancs et jamais l'inverse, ask yourself "Why is that?" Comme KRS. Est-ce parce que dans leurs messes, ils nous ont oubliés? Ou qu'ils veulent encore nous aliéner pour régner. Paix à l'âme de tous nos leaders systématiquement assassinés et à toutes les populations décimés. Rien à battre des nations et leurs belles déclarations. Aujourd'hui la diaspora réclame réparation...<br />(Refrain) <br />(Rachid) Métis, mais fils de Cham. Les tam-tam de l'Afrique, la foi d'Abraham sont l'emblême de mon âme. Les plus blêmes m'en blâment, même qu'ils sèment la graine du mal à coup d'ignorance, d'arme et d'came. J'entame les jours de ma chair dans un temps propice au vice, tout va trop vite, so peace!!! L'homme au Calice au pays des merveilles s'émerveille, s'éveille. Ma réfléxion suit toujours celle de la veille. Je veille à satisfaire soeurs, frères; bien sûr fier. Mon rap a germé sous terre pas sous serre. Sincère, mon art est nécessaire, c'est sûr, c'est pour ma masse popoulaire ok Césaire? Plus d'élite intellectuelle virtuelle, l'élite actuelle se consacre à l'éternel et fuit Babel. Car belle est la vie où je m'élève, rien ne m'y enlève et les anges ont fait de moi leur élève. Brèves sont les joies d'en bas là où le vice mène. Rétablissons le rapport divin entre le père et le fils même. Change de système, l'élévation d'l'esprit s'impose. Frère ose, bouge ton cul gars prend pas la pose...<br />(Refrain) <br />(Neg'Madnik) Neg beni ba advèsè biyè palapènli (Le nègre est béni, même si le colon nie) pas y soué pou ni pliss ki an péni. (Parce qu'ici-bas il a sué pour n'avoir pas plus qu'un penny.) Mé kon moni pi mennen la fwa lagoni (Mais comme l'argent, ici, mène la foi à l'agonie,) eboni pa lé pran'y kon Clyde ek Bonnie. (Ebony n'veut pas finir comme Clyde et Bonnie.) Mystik kon boni an ba bwa mawoni (Mystiques comme les Boni dans la jungle de Maroni,) marron ni lespwi pou y pas touni (les nèg'marrons ont assez d'esprit pour ne pas finir soumis.) Antet li ni manié ek bon manni (Dans leurs têtes mettent manières et manies) pou mennen richess ek sagess vini. (Afin que richesse et sagesse sous leur bannière s'allient.) Sa fini, tan met té ka pini! (C'est fini, le temps où le maître crie et te punit.) Fock nou ini, pou an méyé divini. (Pour un meilleur avenir, la communité doit être unie...) Tini an sel chimen fock pa nou fé mini. O maximum pou kam pa kanni.. </span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir aux <a href="http://unmondeanarchiste.blogspot.com/2005/10/liens.html">liens</a></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à <a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com">www.unmondeanarchiste.blogspot.com</a></span>Stirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1130848805692953122005-10-24T15:52:00.000+02:002006-01-01T20:49:25.970+01:00Citations sur l'Utopie<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/1600/colombe.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/200/colombe.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;"><span style="color:#ff0000;">Lorsque un seul homme rêve, ce n'est qu'un rêve. Mais si beaucoup d'hommes rêvent ensemble, c'est le début d'une réalité.<br /><em>Hundertwasser.</em><br /><br />Je m'intéresse à l'avenir parce que c'est là que je vais passer le reste de ma vie.<br /><em>Charles F. Kettering.</em><br /><br />Une utopie est une réalité en puissance.<br /><em>Herriot.</em><br /><br />Tout le monde savait que c'était impossible. Est arrivé un qui ne le savait pas et qui l'a fait ! <em>Marcel Pagnol.</em><br /><br />Je ne veux pas plus obéir à d'autres que commander.<br /><em>Devise d'</em></span></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><em>Otanès</em></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><em>.</em><br /><br />Il y a deux sortes de prisonniers en prison : avec et sans clés.<br /><em>Graffiti</em><br /><br />L'Etat peut tout nous prendre, mais pas notre libido. </span><br /></span><em><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Graffiti</span> </em><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à la page de </span><a href="http://unmondeanarchiste.blogspot.com/2005/10/citations.html"><span style="font-size:85%;color:#3333ff;">citations</span></a><span style="color:#3333ff;"><br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à </span><a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com/"><span style="font-size:85%;color:#3333ff;">www.unmondeanarchiste.blogspot.com</span></a><span style="color:#ff0000;"> </span><br /><span style="color:#ff0000;"></span><br /><span style="color:#ff0000;"><span style="color:#ff0000;"><strong>Proposez vos citations</strong></span> <span style="font-size:85%;">( enregistrez un commentaire ) <span style="font-size:100%;">:</span></span></span><br /><span style="color:#ff0000;"></span>Stirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1130507783751606862005-10-24T15:51:00.000+02:002006-03-05T13:55:08.353+01:00Citations sur la police<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/1600/a1.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" height="157" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/320/a1.jpg" width="185" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Un agent de police, Maurice Marullas, s'est brûlé la cervelle. Sauvons de l'oubli le nom de cet honnête homme. </span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Félix Fénéon</span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">, la revue anarchiste.<br /><br />La police ressemble au sable où l'on s'enlise. Plus on se débat, plus on s'enfonce.<br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Victor Hugo</span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">. </span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><br />Forces de l'ordre : N'ont pas besoin de se forcer pour créer le désordre.<br />Le Crapouillot. </span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Toutes les lois sont scélérates, tous les jugements sont iniques, tous les juges sont mauvais, tous les condamnés sont innocents. ( Libertad)</span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">L'oppression d'un peuple ou même d'un simple individu est l'oppression de tous et l'on ne peut violer la liberté d'un seul sans violer la liberté de chacun. ( Bakounine )</span><br /><br /><span style="font-size:100%;color:#ff0000;"><strong>Laissez vos citations <span style="font-size:85%;">( enregistrez un commentaire )</span>:</strong></span><br /><strong><span style="font-size:100%;color:#ff0000;"></span></strong><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à la page de <a href="http://unmondeanarchiste.blogspot.com/2005/10/citations.html">citations</a></span><br /><span style="color:#ff0000;"><span style="font-size:85%;">Revenir à </span><a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com"><span style="font-size:85%;">www.unmondeanarchiste.blogspot.com</span></a></span>Stirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1130507450954592732005-10-24T15:44:00.000+02:002006-01-01T20:42:34.836+01:00Citations sur Dieu<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/1600/justice_sans_limite.0.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/200/justice_sans_limite.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Depuis 2000 ans Jesus se venge sur nous de n'être pas mort sur un canapé. <em>Bakounine, Cioran. </em></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Les habitants de la terre se divisent en deux, Ceux qui ont un cerveau et pas de religion, Et ceux qui ont une religion mais pas de cerveau. <em>Inconnu</em></span><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><br />Si dieu existe, c'est son problème.<br /><em>Inconnu</em><br /><br />Si dieu existe, j'espère qu'il a une bonne excuse. <em>Woody Allen</em>. </span><br /><span style="color:#ff0000;"><br /><span style="font-size:85%;">Si dieu existait, il faudrait l'abolir.<br /></span></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><em>Bakounine</em></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><br /><br />Dieu est mort. De honte.<br /><em>Graffiti</em><br /><br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Dieu ne peut être ni bon, ni méchant, ni juste, ni injuste. Il ne peut rien vouloir, ni rien établir, car en réalité il n'est rien, et ne devient le tout que par crédulité religieuse." <em>(Michel Bakounine) </em><br /></span><br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">"Et s'il est un être qui avant nous et plus que nous ait mérité l'enfer, il faut bien que je le nomme, c'est Dieu." <em>(Pierre-Joseph Proudhon)</em></span><em> </em><br /><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">"Dieu est l'ombre de la conscience projetée sur le champ de l'imagination." <em>(Pierre-Joseph Proudhon)</em></span><em> </em><br /><br /><span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><strong><span style="font-size:100%;">Laissez vos citations <span style="font-size:85%;">( enregistrez un commentaire )</span><span style="font-size:100%;"> :</span></span></strong><br /><br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à la page des <a href="http://unmondeanarchiste.blogspot.com/2005/10/citations.html">citations</a></span><br /></span><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">Revenir à <a href="http://www.unmondeanarchiste.blogspot.com">www.unmondeanarchiste.blogspot.com</a></span>Stirnerhttp://www.blogger.com/profile/07466634271324020768noreply@blogger.comtag:blogger.com,1999:blog-18232561.post-1130249207676735742005-10-22T16:00:00.000+02:002006-01-01T21:11:21.590+01:00Pour ne pas voter<a href="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/1600/456.0.jpg"><img style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; CURSOR: hand" alt="" src="http://photos1.blogger.com/blogger/4512/1608/200/456.0.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;color:#ff0000;"><strong>Bureau anti-parlementaire 1919<br />DÉCLARATION</strong><br /><br />Cinq années de guerre ont-elles apporté un seul argument contre ceux, déjà anciens, dont nous nous servions, nous antiparlementaires, pour démolir le parlementarisme. Aucun, au contraire. Tout n'avait pas été dit sur ce cadavre, qu'il nous faut tuer encore.<br />On n'avait pas été jusqu'à dire que des députés, socialistes, dits révolutionnaires, auraient vécus sur les charniers, auraient collaboré à une politique "d'Union sacrée" avec les suppôts du capitalisme exploiteur de la Mort, en acceptant des portefeuilles ministériels les liant à des besognes bassement criminelles.<br />Jamais on n'aurait osé penser, dans notre critique, que l'on jugeait acerbe, que des députés socialistes auraient imposé à un pays à l'avant-garde de la pensée et de la civilisation, une censure et des lois scélérates, qui ont ravalé une nation comptant un 1789, au rôle de bourreau des Révolutions, mâtant tout ce qui parle de sagesse, de bonté, de justice, de liberté et d'humanité.<br />Que pouvait-il subsister, lorsque les vertus échouent à la prison ou au poteau ?<br />Les révélations des Painlevé nous le disent un peu: Incompétences, irresponsabilité, veulerie, hypocrisie, abdication, calcul, tripotage, corruption, abus et crimes, dont une bureaucratie maîtresse des destinées d'un peuple, fit toute la morale. Nous, antiparlementaires, avions-nous prévu les Thomas, les Compère-Morel, dans la guerre ? Avions-nous prévu qu'un Longuet aurait été vomi par les Révolutionnaires Russes et qu'il aurait mérité l'épithète de traître de la part de Lénine ?<br />Électeur !<br />Si nous t'avions dit "député socialiste = David, Scheidmann, Noske, mitrailleurs et assassins", tu aurais crié à l'infamie, et cependant il faut t'attendre à voir pire en France, si tu donnes de l'autorité à ces hommes et leurs semblables, qui se sont faits les instruments serviles d'une bourgeoisie homicide, qui avait internationalement intérêt à la guerre, ainsi que les événements le démontrent. Ces hommes, certes, ont des partisans, eux, guerriers jusqu'au-boutistes, dont les permanences étaient de vraies officines d'embusquage.<br />On voyait, dans la plupart de ces permanences, une foule de ces votards qui réclamaient le poteau pour les pacifistes de1914-1915, spéculant sur la volte-face de leurs élus, pour s'échapper de la tuerie qu'ils avaient divinisés et cependant... les places étaient comptées, limitées, un embusqué en chassait un autre et la comédie continuait, laissant tout le profit au député qui sait tout, et qui, aujourd'hui, compte sur l'idéal de tels... citoyens pour assurer le bonheur universel !<br />Coterie, intrigue, faveur, cupidité, chantage, combinaison, verbiage, timidité, surenchère, promesse, tromperie, fourberie, cynisme, trahison, voilà des mots qui caractérisent bien l'immoralité du bulletin de vote. Aussi, un député socialiste est bien perdu pour le Parti et pour lui, lorsqu'il pénètre au Palais-Bourbeux, pour n'y faire en somme que de la basse collaboration de classes.<br />Et c'est infiniment drôle de voir des syndicalistes minoritaires appartenant au P.S.U. reprocher aux Jouhaux leur collaboration de classe !<br />Ceci dit, non pour défendre Jouhaux qui, lui, use de cet argument. "C'est vous, syndiqués, qui me demandiez d'aller dans les ministères". Dans le parlement syndical, on est d'aussi mauvaise foi que dans tous les Parlements, car, si Jouhaux n'avait pas, au début de la guerre, accepté de banqueter en scellant l'Union sacrée, les syndiqués n'auraient pas été devant le fait accompli, de ne plus faire d'action sous peine de mort.<br />Les manitous socialistes demandent sans honte !un million Ñ non pour les Révolutions Ñ mais pour la foire électorale, en dehors des centaines de mille francs qu'ils obtiennent pour une statue et entretenir des journaux anti-communistes.<br />Nous, nous ne disposons pas de tant, hélas !, de quelques milliers de francs seulement.<br />N'ayant protégé aucun privilège, aucun monopole, n'ayant jamais accordé de concessions aux Houillères, Comité de Forges, Minières pour qui l'on a fait la guerre ; n'ayant jamais casé ni embusqué aucun ami influent, ni parent dans les administrations et ministères socialistes, surtout, n'ayant rien fait pour mâter les Révolutions nées du fait de la guerre, nous sommes pauvres. C'est pourquoi, ne pouvant disposer que de quelques sous, contre les 25 millions environ, que les parlementaires vont sacrifier pour s'assurer l'assiette au beurre (millions qu'il nous faudra suer) nous ne disposerons que de quelques brochures de huit pages, pour notre propagande libératrice.<br />C'est pourquoi aussi, nous en resterons là, de nos arguments contre le socialisme électoral, qui se déshonore encore un peu plus, en gaspillant tant d'argent et de temps précieux qui, dépensés au secours de la Révolution Russe, pourrait la sauver peut-être.<br />L'argent que nous consacrons à combattre cette immoralité, est bien placé ; mais c'est avec le regret de constater qu'il nous faut faire de tels sacrifices, pour des individus qui n'ont pas pesé lourd dans les mains des Révolutionnaires Russes, Hongrois et de certains centres allemands. Aussi, en ce qui concerne la guerre, concluons : les députés socialistes sont pour leur part, et c'est déjà énorme, des fauteurs de la tuerie : 14 millions de morts leur demandent des comptes. D'autres morts : les nôtres, ouvriers des Révolutions et des mouvements pacifistes, sont à venger.<br />Électeur ! ne te fais pas leur complice en votant pour eux.<br />Les députés socialistes sont fauteurs de la vie chère ; sont responsables de la faillite des lois ouvrières : accidents de travail, huit heures, etc., alors que les lois profitables aux riches sont intangibles et toujours impitoyables, inhumaines. Les députés socialistes sont responsables des lois scélérates dont souffre tout spécialement le monde ouvrier et responsables aussi des effroyables tortures que subissent 100.000 hommes qui souffrent dans les bagnes militaires, et, qu'un Longuet ne voudra pas amnistier, car la plupart, les plus énergiques, ceux qui ont déserté la tuerie, le Chemin des Dames ! n'ont pas le pardon, de ce grand pacifiste (?) (voir ses déclarations à la chambre des députés).<br />Voter pour de tels hommes - ils sont tous semblables et pires souvent - c'est abandonner toute idée de justes représailles, de justice ; c'est plus qu'abdiquer, c'est un crime de trahison contre ceux qui, là-bas, souffrent et meurent parce qu'ils aimaient et ne voulaient pas être des bourreaux.<br />Voilà donc pour la guerre et pour une brochure de huit pages ; il faudrait un livre pour tout dire.<br />En temps de paix, combien de députés socialistes votent contre les autres profiteurs de la Mort : mastroquets, bouilleurs de crû et empoisonneurs de toutes catégories ?<br />43 députés seulement ont voté contre l'alcool et cependant les députés socialistes se comptent 100.<br />Un socialiste du Centre s'est élevé contre la suppression des casernes dans sa circonscription. Un autre, a défendu les courses de taureaux. Un élu socialiste du Puy-de-Dôme a demandé des mesures contre les marchandises allemandes, qui entrent chez nous à trop bas prix !Tartuffes qui parlez de vie chère !<br />Et qu'ont fait les élus socialistes contre la vague de cléricalisme, l'audace et l'autorité toujours grandissantes des Jésuites, eux qui accusent les antiparlementaires de faire le jeu de la Réaction ?<br />On voit une fédération de l'Est désavouer une de ses sections, qui avait voté un ordre du jour antireligieux. Et c'est en somme une attitude pour tout le Parti de ne pas faire ouvertement, officiellement, d'anticléricalisme, alors que c'est là tout le péril réactionnaire.<br />C'est vrai que prêtres et politiciens sont les dévoués serviteurs de l'État et de la Propriété, tout le mal dont souffrent les hommes à quelque classe qu'ils appartiennent.<br />Le rôle que la propriété réserve, assigne, à ces derniers, ce n'est pas de faire des lois ouvrières, ni des discours dont elle se moque, c'est de canaliser les colères, les haines du peuple, qui, hier, fournissait par son travail, 5 milliards d'impôts et qui, aujourd'hui, doit en payer 10 rien qu'à ceux qui ont profité de la guerre ! Oui, électeur ! Il te faut produire pour dix milliards à ceux qui édifiaient une fortune à chaque vague de sang et de malheur, avant qu'un seul grain de blé te reste, sans compter 10 ou 15 autres milliards que parlementaires et fonctionnaires, leurs créatures, ont mission de dépenser pour l'organisation des forces qui te mâteront si tu ne marches pas, si tu ne craches pas ! La bourgeoisie t'a donné le bulletin de vote, tes députés lui donnent des milliards, tes enfants, des mitrailleuses.<br />Électeur ! réfléchis. On dit le peuple trop ignorant pour se conduire et cependant il est reconnu capable de se choisir ceux qui devront le diriger !<br />Et ces élus, hommes cupides, incompétents, souvent ignorants, prétendent tout solutionner : agriculture, industrie, commerce, marine, finances, instruction publique, beaux-arts, législation, travaux publics et s'occuper aussi de la guerre, ainsi que du reste, nous l'avons constaté, pour le plus grand malheur des peuples.<br />Électeur ! réfléchis que lorsque tu as nommé des députés, tu n'as rien fait.<br />Nommes-tu les sénateurs qui s'opposent aux votes de la Chambre ou qui enterrent les lois dans des cartons d'où elles ne reviennent jamais ? Nommes-tu les ministres qui posent la question de confiance, seraient-ils socialistes ? Nommes-tu le Président de la République qui dissout les Parlements et peut se refuser à l'application des lois ? Nommes-tu le Conseil d'État dont tu connais le rôle néfaste ?<br />Nommes-tu les juges qui sont les pires illégaux ?<br />Nommes-tu les préfets et les maires qui appliquent la loi suivant l'intérêt des candidats officiels et des riches en général ?<br />Nommes-tu les huissiers, les policiers, les mouchards, les gendarmes et tous les bureaucrates, parasites, créatures et paravent de tes députés, chargés d'appliquer les lois et qui les interprètent selon leur bon plaisir ou le prix qu'on y met ? Alors?...<br />A quoi te sert d'envoyer un bon propagandiste socialiste, ou un bon militant syndicaliste, un bon éducateur dans une telle galère ?<br />Ah ! si les chefs socialistes n'étaient que seulement socialistes et s'ils ne se servaient pas d'un bel idéal comme étiquette pour couvrir l'infâme camelote électorale et disposer de notre liberté, de notre vie en votant,nous n'aurions pas à leur causer cette souffrance de les faire démériter à tes yeux !<br />Aussi, électeur, ne les écoute pas lorsqu'ils prétendent te faire épouser leur système, qui consiste à matérialiser un idéal socialiste surtout, dans la personne d'un député.<br />Un idéal est au-dessus de tous les hommes qui, féroces arrivistes, ou simplement faillibles, avilissent cet idéal.<br />Ton idéal est en toi, un homme ne peut représenter que lui-même et les Soviets, les Conseils d'ouvriers syndiqués ont cela de supérieur : qu'ils répudient le parlementarisme et qu'ils ne placent pas à la base de leur système le citoyen, cette abstraction, mais le producteur qui est tout, qui est la réalité.<br />Les soviets sont élus pour trois mois, peuvent à tout moment être remplacés ; les mandataires sont des producteurs et restent responsables des dispositions qu'ils votent.<br />Les parlementaires français, eux, se désintéressent de l'application de leurs lois et c'est le fonctionnarisme bureaucratique qui reste le maître : il ne reste plus au député qu'à se décharger sur lui. Comédie ! Situation intolérable ! Système périmé !<br /></span><a name="(1)"></a><span style="font-size:85%;color:#ff0000;">En France, le système des Conseils d'ouvriers syndiqués, qui semble s'établir avec quelque succès, ne prévoit aucune forme parlementaire même soviétique. Au lieu que ce soit la commune qui soit la cellule sociale, c'est l'atelier, pour n'être au plus tôt que l'individu. Les conseils apprennent au peuple ouvrier, en plein capitalisme, sous la direction des techniciens affiliés à la C.G.T. à prendre toutes ses responsabilités révolutionnaires. Ne traitant pas avec le patronat, les C.O.S. ont un rôle d'éducation révolutionnaire technique. Ils s'organisent dans leurs ateliers, magasins, exploitations agricoles, écoles communistes, etc., etc. ; pour assurer la vie au lendemain d'une transformation sociale opérée par le peuple ouvrier et ayant le communisme comme but ; ne laissant aux organes d'action communiste, le soin d'organiser la propagande communiste, et c'est tout ce qui est propre à leur action<br />Pour nous, antiparlementaires, notre idéal c'est le communisme intégral dont la Fédération anarchiste se réclame.<br />Après cet exposé malheureusement succinct, des systèmes reconstructeurs, vois, électeur, nous n'avons pas pensé qu'à démolir et nous t'avons fait voir que nous avons conscience des destinées d'un peuple travailleur et de la vérité aussi.<br />Nous n'avons pas fait besogne pour les réactionnaires, eux qui s'affichent antiparlementaires quelquefois, mais... qui ne s'attaquent pas au Sénat ni à toutes les institutions coercitives que nécessite le parasitisme dont ils vivent.<br />Quant aux députés radicaux et autres catégories, lorsque nous avons dit plus haut ce que nous pensions des députés socialistes "bouffe galette" nous avons fait le procès de tous les parlementaires.<br />Du reste, Blanqui, dans "La Patrie en danger" de novembre 1870, nous fixe sur l'attitude de tous les parlementaires, de quelque étiquette qu'ils se réclament, dans ces paroles mémorables :<br />"Le XIXe siècle a fait passer sous les yeux de l'Histoire une longue série de ces parlements, rendez-vous des cupidités, des bassesses, des servilités, qui grouillent aux pied de toutes les puissances.<br />" Lorsque l'un d'eux, par hasard, entre en lutte sérieuse contre le pouvoir, les événements issus de cet antagonisme ne tardent pas à dévoiler les petitesses cachées sous cette apparence de grandeur. Je ne vous parle pas de ces nobles âmes égarées au milieu de cette tourbe, elles ne peuvent qu'assister impuissantes à cet odieux spectacle."<br />Électeur, après de telles vérités, on te dira "Vote bien, vote rouge ! Là est le secret de ton bonheur ! Tu n'as que les députés que tu mérites !"<br />Cela n'est pas vrai, car il n'y a pas, selon un Blanqui et selon notre raison, deux façons d'être député, il n'y en a qu'une seule, toujours néfaste pour nous producteurs.<br />Il n'y a pas deux façons d'être ministre, les Kerensky, les Vanderwelde, les Thomas, les Guesde, les David, les Scheidmann, les Noske et autres travaillistes anglais nous l'ont prouvé pendant et après la guerre. Ils sont députés et ministres, partie intégrante du système capitaliste, et rien autre chose.<br />Électeur ! tu n'as que ce que tu arraches et pour cela, sois libre, ne vote pas. Voici entre cent exemples quelques faits récents qui te le prouveront.<br />Une grande fédération de la marine menaçant de se joindre au mouvement révolutionnaire des métallurgistes de juin 1919, enlève la loi de huit heures en quelques heures. Les mineurs font la même menace et font marcher les girouettes parlementaires, qui votent une loi, se déjugent, et remettent leur loi debout en quelques jours. C'est par l'action que tout s'obtient avec des députés de n'importe quelle couleur et même sans députés. Avec beaucoup de députés, même socialistes, la servitude existe toujours, même avec des syndicats à gros effectifs.<br />En ne votant pas c'est réserver son action, c'est disposer de sa liberté. Voter ce n'est pas lutter, c'est abdiquer! Voter, c'est aussi disposer de la vie d'autrui, la guerre en est une preuve. Les lois, en sont une autre, celui qui vote par bêtise, par cupidité, par intérêt, enchaîne les hommes libres.<br />Électeurs, ouvriers et paysans, sachez que les producteurs électeurs sont 42 contre 1 bourgeois. Si vous ne votiez pas, que feraient-ils ?<br />Rappelle-toi, vieil électeur, que c'est ton bulletin de vote qui a disposé de la vie de 14 millions de jeunes qui n'étaient nullement responsable du régime misérable qui a décrété la guerre et que tu as composé de toute pièce; ne commets plus un tel crime et empêche qu'on le commette.<br />Vous, femmes, qui nous lirez et nous comprendrez, vous, qui avez tant souffert dans vos affections dernières, de soeurs, d'amantes, de femmes de tués, de mutilés, d'aveugles de la guerre, empêchez que l'on vote !<br />Plus qu'un mot.<br />Les coquins qui se présentent à ton suffrage, électeur paysan, électeur ouvrier, ont glissé entre vous des raisons menteuses de haine et de méfiance qu'ils exploitent pour pêcher en eau trouble. Sachez que l'ouvrier sait que l'élévation de salaire est un cercle vicieux, une arme dangereuse contre lui,c'est pourquoi toutes les grèves prennent une attitude de revendication morale et tournent souvent en manifestations révolutionnaires.<br />Quant à toi, paysan, nous savons très bien, nous ouvriers, que tu n'es pas la personnification