tag:blogger.com,1999:blog-1043003153990512432009-07-20T23:07:28.090+01:00Chez GANGOUEUSMes lectures cosmopolites souvent, mes opinions parfois...GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.comBlogger137125tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-11193573662738944482009-07-18T00:54:00.007+01:002009-07-18T01:51:03.685+01:00Fatou Diome : Inassouvies, nos vies<a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SmEaZTlL-dI/AAAAAAAABys/wVfoARou974/s1600-h/Diome.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5359594053602900434" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SmEaZTlL-dI/AAAAAAAABys/wVfoARou974/s320/Diome.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:130%;">J’ai longtemps hésité à lire <a href="http://editionsflammarion.flammarion.com/peoples_detail.cfm?id=108302">Fatou Diome</a>. Je ne me l’explique pas vraiment. Malgré ses prestations impeccables sur les médias français. Le mot toujours juste. Trop juste ?</span> <div><div><br /><br /><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">A l’occasion de la<br /><a href="http://gangoueus.blogspot.com/2008/11/beaubourg-8-rencontres-internationales.html">8ème rencontre d’encre et d’exil </a>organisée par la BPI du Centre Georges Pompidou de Paris, j’ai eu le plaisir de l’entendre échanger avec d’autres auteurs de qualité sur la question de l’exil et la question du départ. C’est agréable d’écouter un auteur qui exprime aussi bien sa pensée. Aussi, je l’ai pris au mot lorsqu’en expliquant sa marginalité, elle exprimait l’idée que la page blanche était pour elle, le seul lieu où elle pouvait entreprendre un tête à tête avec son interlocuteur. Ses romans constituent une sorte de huis clos dans lequel entreprend un dialogue avec le lecteur.</span> </div><div><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Je vous retransmets là l’esprit de son intervention. J’ai trouvé l’idée charmante. Et, je me suis procuré son dernier roman. Prêt à relever l’invitation de la charmante sénégalaise. J’ai cependant pris mon temps. La découverte d’Inassouvies nos vies a été très intéressante.</span> </div><div><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Toute d’abord à cause de l’écriture de l’auteure.</span></div><div><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Il est question d’une jeune femme vivant à Strasbourg. Venue d’Afrique. Elle habite en face d’un immeuble que l’on suppose cossu. En dehors de quelques anciens résidents et résistants, il s’agit d’une population aisée. Betty a du temps. Se désintéressant de sa propre vie, elle observe du haut de sa fenêtre les bribes de vie de ses voisins. Et laisse courir son imagination si fertile pour deviner les situations qu’elle ne peut, à prime abord, interpréter. Le jeu est très beau pour ne se cantonner qu’à une observation abstraite. Elle rencontre une de ses voisines, Félicité une vieille dame, veuve de guerre, et à l’image de la très belle scène du renard et du petit prince de <strong>Saint-Exupéry</strong>, elles apprennent à s’apprivoiser mutuellement. <blockquote><span style="font-size:100%;">On est responsable de ceux que l’on a apprivoisés disait le renard…</span></blockquote>Quelque chose de ce genre. Félicité est internée contre son gré dans une maison de repos par sa famille qui semble nourrir des ambitions sur ses biens. Betty poursuit sa relation avec la vieille dame en lui rendant visite à la maison de retraite et en lui faisant part de ses observations sur les habitants de l’immeuble…</span> </div><div><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">L’écriture de Fatou Diome est tout simplement magnifique. Le caractère inassouvi des actions, des attentes, des frustrations de ses personnages trouve un écho dans certaines tranches de vies que l’on pense reconnaître. Betty laisse libre cours à son esprit qui se révolte, se questionne sur le traitement des anciens en France, sur le couple, l’amitié, le deuil, la mort. Certains développements sont parfois longs, mais la forme compense le trop plein des pensées de Betty qui ne s’interroge toujours pas sur elle-même. La relation entre Betty et Félicité est belle, elle est rare.</span> </div><div><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Pour autant, je ferme ce livre avec un arrière-gout d'inassouvi. Pas sur le sujet. Mais pour illustrer mon propos, j’évoquerai la récente étape du tour de France de cyclisme qui est passée par le col du Tourmalet dans les Pyrénées, qui aurait pu donner lieu à de passionnantes batailles dans ce fameux col mais dont l’enjeu a été amoindri par 70 kilomètres supplémentaires. La dernière phase du livre m’a semblé plus laborieuse. Peut-être était-il moins aisé pour Fatou Diome de parler de la souffrance de Betty ?<br />C’est une interrogation. Malgré tout, ce livre est une petite merveille que je vous conseille.</span></div><div><br /></div><div><span style="font-size:130%;">Bonne lecture</span><br /><br /></div><div><span style="font-size:130%;"><a href="http://editions.flammarion.com/Albums_Detail.cfm?ID=33014&amp;levelCode=home">Fatou Diome, Inassouvies nos vies</a></span></div><div>Edition Flammarion, 276 pages.</div><div>1ère parution en 2008</div><div><br /><br /><span style="font-size:130%;">Je vous propose également les critiques de </span><a href="http://mes-lectures.over-blog.fr/article-33884089.html"><span style="font-size:130%;">Roudoudou</span></a><span style="font-size:130%;"> et du blog </span><a href="http://blogs.arte.tv/Le_poing_et_la_plume/frontUser.do?method=getPost&amp;postId=76080&amp;blogName=Le_poing_et_la_plume"><span style="font-size:130%;">Le poing et la plume</span></a></div><div><br />Photo Fatou Diome<br /><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SmEQQfs0xBI/AAAAAAAAByc/kDkD32b4Hkk/s1600-h/Diome.jpg">Copyright © 2008 by PEN American Center/Beowulf Sheehan </a></div><br /><br /><div></div><br /><br /><div></div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-1119357366273894448?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com7tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-36338361754161664842009-07-16T19:04:00.005+01:002009-07-16T23:00:24.670+01:00Le Staff Benda Bilili au Cabaret sauvage à Paris<div align="justify"><span style="font-size:130%;">Youtube et Facebook font partie des grands joyaux du web 2.0. Sans vouloir faire une publicité pour ces deux monstres de la Toile, je constate que ces outils ont été l’occasion pour moi de découvrir des artistes talentueux et de prendre rendez-vous avec ces derniers chaque fois que cela a été possible.</span></div><br /><br /><p></p><br /><p align="center"><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sl-d8ARXNTI/AAAAAAAAByU/O-Qg8LNxKsI/s1600-h/staff-portrait-big.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5359175735784715570" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 103px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sl-d8ARXNTI/AAAAAAAAByU/O-Qg8LNxKsI/s320/staff-portrait-big.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:85%;">© DR</span></p><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.kotonteej.com/?p=1165">Le Staff Benda Bilili</a> de Kinshasa fait partie de ces découvertes étonnantes que j’ai réalisées par ces canaux. <strong>Na lingi yo</strong>. Un groupe de paralytiques joue un morceau de leur répertoire quelque part dans la grande terre de la République démocratique du Congo. L’ambiance est bon enfant. Le morceau est bien rythmé, nos amis mettent du cœur à l’ouvrage. Et puis, il y a ce jeune qui fait penser à ces shégués (enfants de la rue à Kinshasa) avec cet instrument à corde rustique fabriqué de ses propres mains avec la créativité de cette jeunesse congolaise abandonnée à elle-même. Il semble absent quand il joue de son étrange instrument qui, comme la guitare pour certains musiciens, semble être un prolongement de lui-même tellement ils communient ensemble.<br />J’ai regardé cette vidéo plusieurs fois avant, comme c’est souvent le cas quand je surfe, de passer à autre chose sur le web. Le concept cependant était si original que lorsque mon ami blogueur de Kotoonteej a communiqué sur l’imminence d’un concert du groupe au <a href="http://www.cabaretsauvage.com/programme.php?evenement=955#955">Cabaret sauvage de Paris</a>, l’occasion était trop belle de voir en live ce groupe congolais lors du <a href="http://www.mondomix.com/blogs/black-summer-festival-2009.php">Black Summer festival</a>.</span> </div><br /><br />Le billet couvrait trois spectacles : <strong>Kinono N°1 – Kassaï All Stars – Staff Benda Bilili</strong>. Des groupes de la RDC.<br /><br /><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">La soirée fût belle. Même si je regrette de ne pas avoir assisté à la prestation de <strong>Kinono N°1</strong> du fait de ma condition de banlieusard travailleur, le spectacle du groupe du Kassaï All Stars et surtout le show du Staff Benda Bilili m’ont ravi au-delà de toutes espérances. Et dans la salle comble du Cabaret sauvage, je crois que ne pas avoir été le seul à jubiler autour de la scène. La raison de cette ferveur ? La musique surement qui dans son ensemble fût de très bonne facture, mais surtout l’énergie de ces artistes sortant de l’ordinaire. Ils vivaient ce moment à fond, me faisant penser à un autre artiste qui savait suer sur scène et auquel ils ont fait un joli clin d’œil dans leur morceau <strong><a href="http://www.dailymotion.com/video/x8k7e7_staff-benda-bilili-je-taime_music">Je t’aime</a></strong>.</span> </div><br /><br /><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Naturellement, je me suis demandé ce qui m’émouvait le plus. Leur handicap qu’ils dépassaient tous si magnifiquement, l’espérance que tout est possible à qui sait attendre quand Didier m’a raconté l’histoire de ce groupe depuis un an, Cinderella, ou tout simplement ce show et le public bigarré communiant avec ces tenants de la rumba congolaise, ou peut-être le morceau <strong>Polio</strong> qui raconte l’histoire de ces hommes nés valides et que cette maladie a rendu invalides.<br />Peut-être aussi que mon émotion était due au fait qu’à côté de la belle histoire de ce groupe, dans le système « débrouillez vous pour vivre » qui assomment les congolais, l’écho de toutes ces chroniques de vie que <a href="http://www.congoblog.net/">Congoblog</a>, ou l’écrivain <a href="http://gangoueus.blogspot.com/2009/03/interview-din-koli-j-bofane-sur.html">In Koli J. Bofane</a> racontent si bien trouvaient, sous le chapiteau du Cabaret Sauvage, une belle caisse de résonnance.</span><br /></div><br /><br /><br /><span style="font-size:130%;">Bonne continuation les amis !</span><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-3633836175416166484?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com2tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-87092800854298938852009-07-07T22:13:00.004+01:002009-07-07T23:17:40.667+01:00Lyonel Trouillot : Bicentenaire<a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SlO7y22f1II/AAAAAAAABx0/2f1pprF5-os/s1600-h/P7060031.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5355830864265598082" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SlO7y22f1II/AAAAAAAABx0/2f1pprF5-os/s320/P7060031.JPG" border="0" /></a><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">L’étudiant entame sa marche. Il descend des hauteurs de Port aux Princes pour rejoindre les cohortes d’étudiants survoltés. Pour une marche beaucoup plus grande. C’est l’année du bicentenaire. 200 ans qu’Haïti a arraché sa liberté aux troupes napoléoniennes par une victoire nette. Une indépendance chèrement payée.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Lucien Saint-Hilaire entreprend sa marche pour rejoindre celle d'un collectif d'étudiants. Son frère l’a prévenu que cette dernière va dégénérer. Il n’y a que les imbéciles qui pensent changer les choses. Ezechiel alias Little Joe appartient à un gang. Il est le petit frère qui a mal tourné. Il a une arme de poing. Un Glock. Il sera riche. Une richesse qui sera acquise par la force. Il regarde avec mépris son frère qui végète entre la faculté et les cours qu’il donne à quelques fils de nantis.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Lucien descend vers cette marche collective, comme il est descendu de sa campagne pour la ville afin de chercher l’argent. Son esprit vogue pendant cette marche. Son frère. Ernestine Saint-Hilaire, sa mère aveugle. Cette journaliste étrangère venue d’une ville froide et repartie après avoir suivi à la trace le sang. A Haïti. Cette famille bourgeoise où il donne des cours à un fils unique.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Lucien intègre la marche. L’esprit ailleurs. Lui qui aime la mer. Lui devait veiller sur son frère.</span> <span style="font-size:130%;">Lui qui pense à sa mère qui l'abreuve de ses réflexions.</span></div><br /><br /><blockquote><em>Ernestine Saint Hilaire, moi Noire, je vous le dis, vous êtes partis à Port-aux-Princes, mais ne vous mêlez pas des querelles de la ville !<br /></em>Ernestine Saint Hilaire, je ne sais pas pourquoi je marche.<br />Même quand je crois savoir, je ne le sais pas vraiment. Mais je sais qu’il me faut lutter contre l’immobile en moi. Marcher. Pour me réconcilier avec le mouvement.<br /></blockquote><br /><br /><div align="justify">Page 66, collection Babel</div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">A l’image de ce cette marche de Lucien, de cette descente vers l'enfer, le propos de <a href="http://www.evene.fr/celebre/biographie/lyonel-trouillot-16008.php">Lyonel Trouillot</a> se densifie. La première partie du texte ne m’a pas forcément emballé, mais au fur et à mesure que le personnage narrateur avance, on pénètre dans ce pays plongé dans une misère sans nom où une jeunesse tente de réagir à cet instant de commémoration d'une liberté âprement acquise. On est loin des ambiances vodouisantes de Depestre ou de Victor. C’est une manière de raconter cette île qui me semble aussi passionnante que les auteurs précités. Avec amertume, on observe comment le système politique va opposer sa jeunesse pour mieux briser cet élan vers la liberté.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Je dois avouer que j'ignorais que lors de la commération de l'année 1804, avait donné lieu à de grandes manifestations réprimées dans le sang à Haïti. Si cet aspect est important dans ce roman, il sert à mieux mesurer l'état d'esprit du citoyen haïtien à l'occasion de ce bicentenaire. Le bourgeois, le commerçant, la mère paysanne, l'étudiant, le délinquant, le vigile, tous des portraits assez différents, pour des conditions sociales différentes, avec un mode de survie spécifique sur cette île.</span></div><br /><br /><span style="font-size:130%;">Un très beau texte à découvrir et qui devrait me conduire à pénétrer l'univers de cet auteur. Un haïtien de plus.</span> <div align="justify"><br /><br /><span style="font-size:130%;">Bonne lecture</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=3563">Lyonel Trouillot, Bicentenaire </a><br /></span>Edition Actes Sud, Collection Babel</div><div align="justify">122 pages, 1ère parution 2004</div><div align="justify"></div><div align="justify">Voir les critiques du <a href="http://www.biblioblog.fr/post/2008/11/06/Bicentenaire-Lyonel-Trouillot">Biblioblog</a>, de la <a href="http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-11165221.html">plume francophone</a>, de <a href="http://livresdemalice.blogspot.com/2007/08/lyonel-trouillot-bicentenaire.html">Malice</a></div><div align="justify">Africultures fait une <a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=personne&amp;no=3589">présentation intéressante </a>de cet auteur</div><br /><div></div><br /><div></div><br /><div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-8709280085429893885?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-29675539239167916282009-07-02T22:04:00.006+01:002009-07-04T07:48:57.823+01:00Gary Victor : Banal oubli<div align="justify"><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sk0hMrjED4I/AAAAAAAABxc/XIYcuWclFzc/s1600-h/P7010002.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353972033745325954" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sk0hMrjED4I/AAAAAAAABxc/XIYcuWclFzc/s320/P7010002.JPG" border="0" /></a><br /><span style="font-size:130%;">Comment vais-je me sortir de ce traquenard ? Je viens de terminer le dernier roman de l’auteur haïtien <a href="http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/victor.html">Gary Victor</a>. <strong>Banal oubli.</strong> Un titre apparemment banal auquel cet auteur ne nous avait pas habitué. Je vous conseille de lire sa bibliographie pour comprendre la portée du choix d’un titre chez cet auteur.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Comment vous présenter ce roman ? L’acte n’est pas aisé.<br />Pierre Jean est un écrivain de renom en Haïti. Il est potentiellement nobélisable. Selon lui. Il a écrit des textes engagés et il a levé des pétitions contre l’ex-dictateur. Un soir où il vient de se faire larguer par sa meuf, il passe la nuit dans son tripot habituel, à enchaîner les gins. En sortant au cœur de la nuit et après avoir pris la route pour sa demeure, il a la sensation d’avoir oublié quelque chose : <strong>il s’est oublié</strong>. Ok, je vous vois écarquiller les yeux et vous prendre la tête dans les mains et vous demander : <blockquote><span style="font-size:100%;">« Bon sang! dans quel délire haïtien a-t-il été entraîné cette fois-ci ? ».</span></blockquote>Notre romancier commence sa propre quête par une déclaration de perte de soi au commissariat de police de son quartier. Là, je me dis qu’on va de nouveau plonger dans une histoire fantastique ou le vaudou tire les ficelles. Pas tout à fait. En effet, des meurtres particulièrement sanglants sont perpétrés dans la ville avec une mise en scène particulièrement macabre faisant référence à la crucifixion… Le polar pointe, le commissaire Dieuswalwé Azémar, personnage mythique de Victor entre en scène…</span><br /><br /><span style="font-size:130%;"><strong>Banal oubli</strong> est un roman excellent. Sublime. Un coup de cœur. J’ai découvert Gary Victor l’année dernière dans un autre genre avec ses <a href="http://gangoueus.blogspot.com/2008/11/gary-victor-treize-nouvelles-vaudou.html">13 nouveaux vaudous</a>. Toutes originales. Ici, l’auteur use d’artifices littéraires, des genres pour conter l’histoire de Pierre Jean. Ecrivain, créateur en conflit avec lui-même et ses personnages. Il y a de tout dans ce roman. Une dimension psychodramatique. Un côté polar. Une réflexion sur la littérature, ses artifices, le travail de conception des personnages. Un aspect fantastique. Avec en arrière plan, Haïti, Port aux Princes, cette ville qui véritablement sous la plume de Victor. Avec son histoire, sa misère.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">La trame est intéressante. Les personnages sont complexes. Le lecteur peut prendre le risque de se perdre dans les dédales, les dédoublements de Pierre Jean. Ou de Gary Victor ? Le personnage central veut reprendre la main sur la narration de l'auteur. Pas toujours évident à suivre.</span><br /><br /><blockquote><p align="justify">« Vainqueur ou vaincu, surtout vaincu, ne laisse à quiconque, pas même à Dieu, le soin d’écrire ton histoire»<br /></p></blockquote><br /><span style="font-size:130%;">J’ai vraiment apprécié cette écriture délicieuse de Victor qui prend des tournures très différentes suivants les figures respectives de Pierre Jean ou de son personnage de roman. La description des enfers par son âme tourmentée est d’une inspiration magnifique et étonnante.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Bref, après une belle série de romans passionnants depuis le début de l'année, vous avez là, mon coup de cœur pour le premier semestre 2009.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Morceau choisi, le double de Pierre Jean regarde Port-aux-Princes :</span></div><div align="justify"><blockquote><div align="justify">J'aime parfois jouer à l'ange. Je m'assieds alors au sommet de l'édifice le plus haut pour contempler la ville à mes pieds, pour attendre le lever du soleil ou l'apparition de l'arc-en-ciel quand Dieu laisse tomber quelques larmes sur cette terre asséchée. Je capte une vibration autour de moi. La présence du fantôme de Sourignac est tangible (...)</div><div align="justify">Le matin, le souffle de la cité est lent et régulier. C'est le souffle d'un enfant plongé dans un profond sommeil après avoir profité de la tendresse de sa mère.<br />Au fur et à mesure les rues s'animent, qu'elles se noircissent de monde et de fumée, le souffle de la cité s'accélère, devient saccadé. Au plus fort de la journée, il a les ratés d'un asthmatique. Il prend la rapidité du souffle des créatures soupçonnant la proche présence d'un prédateur quand la misère quitte les bidonvilles pour que sa colère explose la face du mépris et de l'indifférence, sans aucune même pour les innocents (...) </div><div align="justify">Ce qui m'intrigue le plus, c'est le souffle de la cité au plus fort de la nuit. Il commence par ralentir pour devenir imperceptible, puis il reprend au rythme d'une scie qui s'enfonce dans la chair d'un arbre caché quelque part dans la forêt.</div></blockquote><span style="font-size:130%;">Page 146, Edition Vents d'ailleurs</div></span><br /><span style="font-size:130%;"><div align="justify"><br /></span><br /></div><div align="justify"><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sk0mO8kHasI/AAAAAAAABxs/M-JKkTEkunw/s1600-h/P7010004.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5353977570231020226" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sk0mO8kHasI/AAAAAAAABxs/M-JKkTEkunw/s320/P7010004.JPG" border="0" /></a></div><div align="justify"><a href="http://www.ventsdailleurs.com/index.php?page=shop.product_details&amp;flypage=flypage.tpl&amp;product_id=154&amp;category_id=1&amp;option=com_virtuemart&amp;Itemid=73">Gary Victor, Banal oubli</a></div>Edition Vent d'ailleurs<br />1ère parution en 2008, 190 pages<br /><br />Voir les interviews accordées à <a href="http://www.altermondes.org/spip.php?article453">Altermondes</a> et au <a href="http://www.lmda.net/din/tit_lmda.php?Id=60140">Matricule des anges</a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-2967553923916791628?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com8tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-19822871055917589512009-06-28T19:59:00.002+01:002009-06-28T20:31:15.151+01:002 ans de plus et la réponse à l'ivrogne...<div align="justify">L’an II est arrivé. Une très grande joie m’anime en commençant la rédaction de ce billet.<br /><br />La vie d’un blog est tellement éphémère que lorsque l’on rempile pour une nouvelle année, la nécessité de faire un plein de calories s’impose. Pas de bilan cette année, j’en ai déjà réalisé un en début d’année. Par contre, des remerciements adressés à tous les lecteurs de ce site, tous les intervenants, et aux sites qui nous font découvrir des livres comme <a href="http://www.babelio.com/">Babelio</a>, <a href="http://www.michel-lafon.fr/">Michel Lafon</a>, <a href="http://www.chez-les-filles.com/pages/theme.php?idmt=3&amp;idt=3">Chez-les-filles</a>. Ne vous méprenez pas, la majorité des ouvrages présentés sont payés de ma poche. Pour le reste rendons à César ce qui est à César. Un grand big up à toute la famille de blogueurs tant de lecture que celle touchant à l’Afrique qui passe par ici, m’intégrant ainsi dans la grande famille du Web.<br /><br />Après, cette séance de dédicaces, j’ai à cœur d’apporter ma vision sur la lecture et de sa nécessité. Je réponds ainsi à l’interpellation de l’homme éméché de Champigny : <a href="http://gangoueus.blogspot.com/2009/05/mon-frere-pourquoi-lis-tu.html">Mon frère, pourquoi lis-tu ?</a><br /><br />J’ai lu avec intérêt nombre de vos interventions sur la question. Je ne ferai pas de synthèse et comme promis j’éviterai toute forme de plagiat même si la tentation est grande vu les convergences d'opinion.<br /><br />La première idée qui m’est venue était d’expliquer à mon frère de Champigny, le plaisir que me procure la lecture d’un bon roman. Pour moi qui passe mon temps à lire dans le RER, échapper à la longueur d’un trajet quotidien est une opportunité inestimable. 1 heure minimum. Je ne me pète pas les tympans à écouter un MP3, je m’évade quand mon train patine, prend des secondes, des minutes de retard et que les sautes d’humeur se font de plus en plus entendre dans la rame. Je vais au Congo, à Antigua, au Salvador et, le temps d’une légère dissipation, je retrouve les paysages franciliens. Je m'évade.<br /><br />La seconde idée est celle de la rencontre. Avec le désir d’écouter ce que l’autre propose. Ce qu’il a expérimenté. Ce qu’il a observé. Le lecteur écoute, analyse parfois, comprend sans forcement accepter. Lire un livre, c’est s’immiscer dans l’univers d’autrui, dans le dédale de ses pensées, les errements de sa conception du monde. A ce sujet, j’aime le point de vue de Fatou Diome exprimé aux rencontres d’encre et d’exil de Beaubourg en décembre dernier : « l’écriture est le temps du huis clos entre moi et le lecteur, temps où je pourrais exprimer mon point de vue dans sa globalité ». Je paraphrase. Le marginal qu’est souvent l’écrivain, l’incompris peut ainsi pousser son cri, faire entendre sa différence, mettre en scène son indifférence, sans être interrompu. Il peut également saouler son lecteur. A lui de bien mener sa barque. Cette rencontre se réalise avec des contemporains, mais également avec des hommes et des femmes d'autres siècles. Quelle opportunité!<br /><br />La difficulté que j’ai eue avec mon frère de Champigny, c’est le refus d’échanger, d’entendre mon point de vue. Seule sa vérité, son expérience comptait. Or il me semble que la lecture est un temps où on reconnaît que l’autre peut nous apporter quelque chose. Pourquoi ne pas se nourrir d’une autre expérience pour ne pas reproduire les mêmes erreurs ? Ce que notre humanité répète incessamment sous des formes différentes, mais sur le fond, si on lisait plus, il y aurait moins de guerre, moins d’inceste, moins de violences, moins de divorces et ça se saurait. Permettez-moi de rire.<br /><br /><br />La lecture n’est pas seulement un temps d’altruisme, un temps où le lecteur donne à l’auteur et à son texte l’occasion d’exister. Il y a une part égoïste qui se réjouit sur le style d’une lettre, le plaisir d’une belle formule, la recherche d’un indice, d’une clé pour comprendre un auteur, un échange de bons procédés qui échappe au non-lecteur. Les joies du lecteur sont multiples. Je pense vous avoir traduit les miennes. La liste n’est cependant pas exhaustive.<br /><br />Cher ami de Champigny, peut-être lirez-vous un jour cet article. Vous m’avez filé du fil à retordre. Peut-être que ces quelques mots vous satisferont<br /><br />Bien à vous !<br /><br /></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-1982287105591758951?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com7tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-11600926064124593322009-06-27T08:06:00.005+01:002009-06-27T13:00:14.151+01:00Une soirée sur le web<a href="http://farm4.static.flickr.com/3624/3660588125_979f0fa479.jpg?v=0"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 365px; CURSOR: hand; HEIGHT: 500px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://farm4.static.flickr.com/3624/3660588125_979f0fa479.jpg?v=0" border="0" /></a><br /><div><span style="font-size:130%;">Je discutais sur le web avant-hier soir avec une amie lorsqu’elle me dit :</span><br /></div><br /><blockquote>“On annonce le décès de Michael Jackson”. </blockquote><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">L’esprit mal tourné, j’ai tout de suite pensé à un canular. Mieux, à un de ces coups d’éclat médiatique dont Michael Jackson avait le secret au faîte de sa gloire. Après tout, créer un buzz peu de temps avec le début de sa série de concerts à Londres pouvait le remettre dans l’actu.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Je fouillais les infos sur la Toile, une heure après la première annonce elles étaient toutes au conditionnel. Idem, sur les chaînes d’info continue, sauf que la certitude s’imposait de plus en plus au fil des minutes.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Le king est mort. Je le sais maintenant. J’ai tout de suite eu envie d’écouter son œuvre. Mais ma compil a disparu depuis belle lurette. Un visiteur bien intentionné , de son point de vue, n’a pas résisté à la tentation de me le chaparder. Heureusement, il y a Youtube. Je ne résiste pas, je regarde les clips révolutionnaires de ce show man hors pair. On oublie les frasques, les scandales qui ont terni les dernières années de Michael Jackson. Là, sur la Toile, je suis confronté au génie d’un homme qui a enflammé sa génération, a fait chavirer des stades entiers, et soulever des foules hystériques. En regardant ses clips, je refais le constat de l'ouverture de cette musique qu’il a inventé et qui se trouvait au carrefour de toutes les tendances musicales américaines et de la pop internationale.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Cet homme a bercé mon adolescence. Il m’a fait rêver. Son perfectionnisme m’a toujours épaté. Il m’a fait peur aussi. Son être intérieur semblait en proie de profondes contradictions qui sont apparues sur son physique. Sans compter les scandales produits d'une gloire planétaire.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Les évangiles rapportent cette idée :</span><br /><br /><blockquote>Que sert-il à un homme de gagner le monde, s’il perd son âme ?</blockquote><br /><span style="font-size:130%;">J’espère que tu as gagné la tienne, Michael. Je continuerai à écouter ta musique et à regarder tes clips marqués par ton sens du détail. </span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Paix à ton âme.</span> </div><div align="justify"></div><div align="justify">Source Photo <a href="http://www.flickr.com/people/roadsidepictures/">Roadside Pictures</a></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-1160092606412459332?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com9tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-45499783214399374562009-06-24T23:03:00.006+01:002009-06-25T23:04:02.952+01:00Jamaïca Kincaid : Mon frère<div align="justify"><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SkKi7a4LRFI/AAAAAAAABw0/6GdjlrvOCMY/s1600-h/Jamaica+Kincaid.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5351018448980493394" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 213px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SkKi7a4LRFI/AAAAAAAABw0/6GdjlrvOCMY/s320/Jamaica+Kincaid.jpg" border="0" /></a> <br /><span style="font-size:130%;">Un bouquin, un roman est marqué soit par le sujet traité, soit par le style, l’esthétique que l’auteur propose. Quand on a les deux, le nirvana du lecteur n’est pas loin. Incontestablement, <strong>Mon frère</strong> de Jamaïca Kincaid est marqué par un style particulier qui donne une certaine densité à ce roman. Et le sujet n’est pas de tout repos puisqu’elle traite les derniers jours de son frère atteint du VIH à Antigua.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">C’est un roman autobiographique. Tous les acteurs sont réels. J’ignore si l’auteur a pris quelques libertés avec la réalité pour que l’on puisse parler d’autofiction. Rien ne le laisse paraître.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">L’essentiel du récit porte sur Antigua, petite île britannique des Caraïbes. Devon est atteint du sida, entrain de mourir quand sa sœur quitte les Etats-Unis pour voler à son chevet. Les médicaments du nord qu’apporte la narratrice vont accorder une rémission de ce jeune homme de 33 ans avant son trépas.<br /></span><br /><br /><span style="font-size:130%;">La violence de cette agonie, dans le contexte singulier d’Antigua, va conduire Jamaïca Kincaid dans une introspection sur son ressenti mais aussi sur les rapports qu’elle entretient avec cette famille avec laquelle elle a pris ses distances depuis une dizaine d’années.<br /></span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Ici, l’écriture est une question de survie. L’auteure semble submergée par une vague de sentiments qui se déversent sur la page blanche qu'elle charge de ses écrits avec la violence d’une mer en furie sur la côte. Le ressac est permanent. Les mots sont parfois violents. Des épisodes sont retranscrits, répétés par l’auteur comme pour mieux se purger d’une frustration persistante. Cette manière de narrer, qui pourrait être sous certains aspects agaçante, est la principale qualité de cet ouvrage. Elle porte la contradiction de ses sentiments qui animent l’écrivaine américaine.</span><br /><br /></div><div align="justify"><br /><br /><blockquote>Je suis devenue écrivain par désespoir, de sorte que quand j’appris que mon frère était mourant, j’étais familiarisée avec l’acte qui me sauverait : j’écrirais à son sujet. J’écrirais au sujet de sa mort. Quand j’étais jeune, plus jeune que je ne le suis maintenant, j’ai commencé à écrire au sujet de ma propre vie et j’en suis venue à voir que cet acte m’avait sauvé la vie. Quand j’ai appris que mon frère était malade et qu’il allait mourir, j’ai su instinctivement, que pour le comprendre, ou pour tenter de comprendre sa mort, et pour ne pas mourir avec lui, j’écrirais à ce sujet.</blockquote></div><br /><div align="justify">Page 184, Edition de l'Olivier, coll. Points</div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Elle est partagée entre la compassion et la colère à l’endroit de ce frère qui le temps d’une rémission semble avoir des rapports non protégés. Elle regarde l’histoire de la vie de son frère sur cette île qui offre si peu de possibilité. En parallèle, sont décrits les rapports chaotiques avec sa mère. La mère de ses frères. Mrs Drew. C’est selon les humeurs. Véritable rouleau compresseur, cette femme charismatique non dénuée de sentiment et du devoir maternel évolue dans une relation faite d’incompréhensions avec sa fille.<br /></span></div><br /><blockquote><br /><div align="justify">Il me manquait. Le voir souffrir me manquait. Il me manquait d’être navrée de le voir dans sa souffrance, il me manquait de le voir au milieu de quelque chose de grand et d’espérer qu’il en émergerait changé en mieux. Je ne l’aimais pas. Ce que j’éprouvais était peut-être de l’amour, mais n’empêche, même maintenant je ne l’appellerais pas ainsi.<br /></div></blockquote><br /><p>Page 58, Edition de l'Olivier, coll. Points</p><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Ce texte offre un regard intime sur cette famille. Il donne un cliché de la situation du sida à Antigua et le regard que cette société portait dans les années 90 sur ce fléau. Avec un style que l’on appréciera ou alors qui pourra paraître lourd selon l’humeur du lecteur.<br /></span><br /><a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SkPxPoF84-I/AAAAAAAABw8/9aBJAZgf4JI/s1600-h/P6190005.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5351386033008993250" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SkPxPoF84-I/AAAAAAAABw8/9aBJAZgf4JI/s320/P6190005.JPG" border="0" /></a><br /><span style="font-size:130%;">Bonne lecture<br /><a href="http://www.amazon.fr/Mon-fr%C3%A8re-Jamaica-Kincaid/dp/2020484943">Jamaïca Kincaid, Mon frère<br /></a></span>Edition du Seuil, collection Points, 1ère parution en 2000<br />traduit de l'anglais (Etats-Unis) par Jean-Pierre Carasso et Jacqueline Huet<br /></div>Source photo : <a href="http://www.flickr.com/photos/promohthree/sets/72157600013187216/">Promohthree<br /></a><div align="justify"></div><br /><div align="justify"></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-4549978321439937456?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-45511863352850817562009-06-20T10:12:00.002+01:002009-06-20T12:27:04.225+01:00Nathalie Jomard : Le petit grumeau illustré<a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjzCuXwIYFI/AAAAAAAABws/KzHwzDYPjE4/s1600-h/P6180002.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5349364559314968658" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjzCuXwIYFI/AAAAAAAABws/KzHwzDYPjE4/s320/P6180002.JPG" border="0" /></a><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Vous seriez tentés de penser en voyant la couverture ci-dessus que je réponds enfin au titanesque défi que </span><a href="http://romansetlectures.canalblog.com/archives/2008/12/04/11623194.html"><span style="font-size:130%;">Calepin</span></a><span style="font-size:130%;"> a lancé à la blogosphère de lecture de genre masculin : lire un ouvrage de </span><a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Chick_lit"><span style="font-size:130%;">chick-litt</span></a><span style="font-size:130%;"> cette année 2009. Plus dur que le </span><a href="http://challengeabc2009.canalblog.com/"><span style="font-size:130%;">challenge ABC</span></a><span style="font-size:130%;">.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Que nenni. Même si nous sommes confrontés aux déboires d’une apprentie maman avec son grumeau. Même si la première idée que j’ai eu en découvrant ce sujet, c’est de l’offrir à ma femme. Même si la majorité des conseils que l’auteure semble prodiguer sont destinées à des futures mamans. Ce n’est pas de la littérature pour poulettes. L’expression n’est pas de moi.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Nathalie Jomard raconte une grossesse et l’arrivée de son grumeau dans la vraie vie. Ses premières années. Une maman cool, pleine d’initiative, de créativité qui est confronté au dur labeur de gérer un grumeau.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Grumeau. Justement. Le terme me fait sourire. Pour l’africain qui sommeille en moi, il traduit un problème. Quand vous préparez votre pâte de semoule pour accompagner votre trois-pièces, le grumeau est cette masse ultime de semoule qui ne veut pas se mêler au reste. On s’acharne contre les grumeaux de semoule. On transpire souvent pour les assujettir, avoir une pâte régulière et obtenir un bon plat.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Notre grumeau ici est adorable. Mais il en fait baver à sa charmante maman qui nous livre tous ses états d’âme qui passent de la grande joie à la grosse déprime en passant par tous les sentiments qui peuvent étrangler une maman. Le père est également présent, mais disons, plus discret. Un appel du pied ?</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Le propos est intéressant, l’illustration hilarante, une vraie réussite. La mise en page proposée par Michel Lafon est réussie et c’est un livre qu’on a facilement envie d’offrir avec la certitude qu’il plaira.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Pour vous faire une idée, je vous encourage à parcourir <a href="http://grumeautique.blogspot.com/">le blog</a> de Nathalie Jomard consacré à cet ouvrage. Une merveille. Merci aux éditions Michel Lafon et à Silvana.</span></div><div> </div><div><a href="http://www.michel-lafon.fr/livres-pratique/titre-679,petit-grumeau-illustre.html"><span style="font-size:130%;">Nathalie Jomard, Le petit grumeau illustré</span></a></div><div>1ère parution en 2009</div><div> </div><div>Voir les avis de <a href="http://unmomentpourlire.blogspot.com/2009/05/le-petit-grumeau-illustre-de-nathalie.html?showComment=1245496868291#c720461177206340225">Zarline</a>, <a href="http://www.myloubook.com/archive/2009/05/25/le-petit-grumeau-illustre-nathalie-jomard.html">Lou</a></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-4551186335285081756?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-77199916510151699142009-06-18T12:05:00.008+01:002009-06-19T00:26:28.020+01:00Kangni Alem : Esclaves<div align="justify"><a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjrAYITLowI/AAAAAAAABwk/KTgy_znDv0k/s1600-h/img29051.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5348799028233216770" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 244px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjrAYITLowI/AAAAAAAABwk/KTgy_znDv0k/s320/img29051.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:130%;">Il est rare d’être confronté à un buzz sur un événement quelconque suscité par la blogosphère africaine. C’est pourtant ce qui s’est passé sur le blog de l’écrivain béninois <a href="http://couao64.unblog.fr/2009/03/06/esclaves-ou-le-roman-subversif-de-kangni-alem/">Florent Couao-Zotti</a>, lorsqu’il a produit un article à l’occasion de la sortie d’ </span><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">« Esclaves » le dernier roman du togolais <strong>Kangni Alem</strong>. Un ouvrage qui lance une polémique sur la question de l’esclavage sur la côte du Golfe de Guinée et le retour de ceux qui se sont désignés par le terme d’Afro-brésiliens, esclaves ayant participé à des révoltes et ayant été banni du Brésil.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">J’attendais la sortie de cet ouvrage depuis plus d’un an après avoir pris connaissance du projet de Kangni Alem lors d’une <a href="http://www.africultures.com/php/index.php?nav=article&amp;no=6980">interview</a> de l’auteur accordée à Africultures en compagnie de <strong>Patrice Nganang</strong>. Ayant eu le plaisir d’échanger et d’écouter cet auteur de référence dans les lettres africaines, persuader de son exigence et de sa capacité à secouer le cocotier de nos contradictions, je m’attendais à une exhumation peu conventionnelle de la question de l’esclavage en Afrique et des formes de collaboration avec les négociants européens. Les attentes, vous le voyez, furent nombreuses, et elles furent largement comblées.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">J’aimerais tout de suite dire que j’ai eu le sentiment que Kangni Alem proposait un approfondissement de la thématique du roman de <strong>Maryse Condé</strong>, j’ai nommé <a href="http://gangoueus.blogspot.com/2009/05/maryse-conde-segou-la-terre-en-miettes.html">Ségou</a>, dont la lecture est encore toute fraîche dans mon esprit. Il aura fallu 25 ans pour qu’un intellectuel africain reprenne le flambeau de ce sujet. Maryse Condé proposait plusieurs clichés de toute une Afrique de l’Ouest du début du 19ème siècle en pleine mutation, ravagée par les guerres, l’esclavage interne et la traite négrière.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Le propos de Kangni Alem est circonscrit au royaume Danhomé. Et il choisit de concentrer son attention sur le parcours de l’aventurier portugais <strong>Don Francisco Felix Da Souza dit « Chacha »</strong> qui a fait fortune grâce au commerce des esclaves par l’entremise de la prise de pouvoir du roi Guézo.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Le personnage narrateur est un prêtre vodoun compromis dans la destitution du roi éclairé Adandozan orchestrée par Chacha et Gankpan. Il appartient à l’élite de ce royaume. Sa participation forcée au complot va entraîner la déportation de sa famille vers les Amériques puis la sienne.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Le prêtre vodoun, sujet dévoué de l’ancien roi, fait une description des intrigues qui règnent dans et autour la cour royale. Il brosse un portrait de l’étonnant personnage Chacha, aventurier portugais solitaire qui va mettre dans sa poche tout un royaume.<br />Puis il témoigne de sa déportation vers le Brésil, vit l’esclavage sur cette terre lointaine.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Kangni Alem publie un roman passionnant où il réalise la prouesse de mouvoir ses personnages dans un contexte historique extrêmement délicat et finalement très peu connu. Il restitue la situation d’élites africaines confrontées à la pression des négriers, mais également conscients de la saignée de la Traite négrière, en jetant ainsi le pavé dans la mare de la collaboration de certaines élites africaines au trafic transatlantique. Ce qui est intéressant, c’est de constater la nuance qu’introduit l’écrivain togolais. Les situations ne sont ni noires ni blanches. Il souligne également l’action de certaines élites lettrées musulmanes sur le sol brésilien et leurs actions dans l’une des plus grandes révoltes d’esclaves sur le continent américain.</span><br /></div><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sjq8sCZcfSI/AAAAAAAABwU/BayG-H2nBBc/s1600-h/P5230206.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5348794972199746850" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sjq8sCZcfSI/AAAAAAAABwU/BayG-H2nBBc/s400/P5230206.JPG" border="0" /><br /><div align="justify"></a><br /><span style="font-size:130%;">Kangni Alem mène une réflexion sur les fêlures du système traditionnel mais également sur l’absence de cohésion du groupe face à l’adversité et le système esclavagiste mais également sur l’absurdité de la condition humaine qui longtemps après avoir été opprimée s’érige en bourreau et reproduit les violences contre lesquelles elle a combattu comme ce fut le cas de certains afro-brésiliens. Rien de nouveau sous le soleil.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">C’est donc un texte qui laisse des pistes passionnantes à explorer et qui, j’espère va susciter des débats vifs à Porto-Novo, à Ouidah, à Cotonou (et, je l’espère, sur les côtes africaines) où l’écrivain semble être attendu de pieds fermes par certains défenseurs de la mémoire de Chacha.</span><br /></div><br /><br /><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.hachette.com/livre/kangni-alem-esclaves-333184.html">Kangni Alem, Esclaves</a></span><br />1ère parution 2009, 250 pages<br /><br />Voir <a href="http://videos.lefigaro.fr/video/iLyROoafMcEh.html">l'interview</a> accordé au Figaro ainsi que le <a href="http://togopages.net/blog/">blog</a> de Kangni Alem<br />Critiques de <a href="http://nathaliephilippe.com/?tag=kangni-alem">Nathalie Philippe</a>, <a href="http://www.bibliosurf.com/Esclaves">Bibliosurf</a>, <a href="http://opoto.org/blog/wordpress/?p=614">Opoto</a><br />Voir également la critique de <a href="http://unmomentpourlire.blogspot.com/2009/05/viceroy-of-ouidah-de-bruce-chatwin.html">Viceroy of Ouidah </a>de Bruce Chatwin sur le blog de <strong>Zarline</strong><br />Source photo Kangni Alem : Blog de Florent Couao-Zotti<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-7719991651015169914?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com8tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-68858533868429045342009-06-14T12:59:00.010+01:002009-06-15T12:45:49.800+01:00Jean-Pierre Brouillaud : Jeu, set et match<div align="justify"><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjT7-3C43WI/AAAAAAAABwM/GoLF6pOnrWM/s1600-h/P6130261.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347175714942147938" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjT7-3C43WI/AAAAAAAABwM/GoLF6pOnrWM/s320/P6130261.JPG" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">Après les émotions suscitées par le sacre de Roger Federer à Roland Garros, j’ai saisi la coïncidence de la nouvelle opération <strong>Masse critique</strong> du site Babelio pour me plonger dans l’univers d’une autre légende du tennis mondial, j’ai nommé <a href="http://vilas.com/">Guillermo Vilas</a>.<br /></span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Je ne savais pas trop dans quelle galère je m’embarquais en abordant ce premier roman. Le quatrième de couverture n’était pas forcément très prolixe en information. Le cadre du tennis professionnel m’a accroché, pour mon bonheur de lecteur.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Le thème est celui des impacts d’une addiction. Une étrange passion étreint le personnage narrateur qui nous livre ses états d’âme. Depuis son adolescence morne, sans éclats, il voue une adulation sans borne pour le joueur argentin Guillermo Vilas. Peut-être que pour ceux et celles qui ne sont pas au fait de l’histoire du tennis, une précision mérite d’être précisée : Vilas a réussi en 1977 un petit chelem, en remportant trois des quatre tournois majeurs sur une même année. Depuis, seul <strong>Mats Wilander, Pete Sampras</strong> et <strong>Roger Federer</strong> ont réalisé cet exploit. </span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Etrange relation entre un fan et le joueur. Vilas reste cependant en toile de fond de ce roman. Le lecteur découvre comment notre universitaire a réussi à placer cette icône au centre de sa vie, en procédant à la collecte de toutes sortes d'objets touchant de près ou de loin à la carrière professionnelle du joueur. Cette fascination qui dans un premier temps va séduire son épouse va prendre des proportions dévastatrices avec la découverte d’Internet et toutes les possibilités titanesques de cet outil de communication. Notre héros ne va plus en dormir. Son compte en banque non plus.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">La descente aux enfers du personnage quoique très instruit dépasse le cadre du tennis et on suit cet universitaire dans ce qui s’apparente de plus en plus à une folie. Il n’a pas les clés de sa tragédie, il la définit comme une marginalité, une quête singulière incomprise par son entourage. </span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><br />Le propos de <strong>Jean-Pierre Brouillaud</strong> est clair, les situations burlesques sont quelques peu attendues. Je dirai qu’il n’y a pas de réelle surprise dans l’écriture ou dans la trame de ce premier roman. Mais voilà, on est embarqué dans l’histoire un peu folle de cet homme et comme si elle faisait écho en nous, on a envie qu’il dépasse sa détresse.</span><br /><br /><a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjT7uXqscvI/AAAAAAAABwE/O34gUcJlRxo/s1600-h/Vilas.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5347175431641264882" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 230px; CURSOR: hand; HEIGHT: 277px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SjT7uXqscvI/AAAAAAAABwE/O34gUcJlRxo/s320/Vilas.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">Jean-Pierre Brouillaud offre avec beaucoup d’humour, une chaleureuse réflexion sur une forme d’addiction, l’internet et le mode de société dans lequel nous vivons.<br /></div></span><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Une belle surprise. Bonne lecture.</span><br />Source Photo Vilas, <span style="font-size:100%;"><a href="http://www.blogger.com/imagenesargentinas.blogspot.com">Charly W. Karl</a></span></div><br /><p><br /><a href="http://www.babelio.com/"><img title="livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique" alt="livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.com" src="http://www.babelio.com/images/ico_critique.jpg" /></a><br /></p><p><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.libella.fr/buchet-chastel/index.php?post/2009/04/02/Jeu-set-et-match-par-Jean-Pierre-Brouillaud">Jean-Pierre Brouillaud, Jeu set et match</a></span></p><p>Edition Buchet Chastel, 1ère parution en 2009, 171 pages</p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-6885853386842904534?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com6tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-31696324938555595012009-05-31T20:18:00.008+01:002009-06-06T18:33:15.137+01:00Toni Morrison : Un don<div align="center"><a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SiLnnC2u2NI/AAAAAAAABv8/S1sbC3r3cao/s1600-h/TONI+MORRISON.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342086765982177490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 213px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SiLnnC2u2NI/AAAAAAAABv8/S1sbC3r3cao/s320/TONI+MORRISON.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;">Copyright © 2008 Beowulf Sheehan/PEN American Center</span> </div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Dire que je suis un inconditionnel de cette auteure, c’est peut dire. Aussi lorsqu’au hasard d’un passage à la Fnac, quand j’ai aperçu la dernière parution de <a href="http://www.evene.fr/livres/livre/toni-morrison-un-don-40129.php">Toni Morrison</a>, j’ai arraché violemment un exemplaire de son rayon et il est passé en urgence à la tête de ma pile de livres à lire. La vie est ainsi faite de constantes injustices que l’on perpètre avec délectation. Mes excuses toutefois à tous ces ouvrages de qualité dont la lecture est repoussée aux calendres grecques…</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Naturellement, je me suis demandé en commençant cet ouvrage s’il allait m’apporter la même satisfaction que mes précédentes lectures de <strong>Toni Morrison</strong>. Tout de suite j’ai retrouvé quelques marques de fabrique de l’auteure américaine. La polyphonie par exemple. Ce besoin d’apporter un regard croisé sur un événement et donc de s’exprimer par plusieurs voix. Celle de Florens, une jeune esclave noire arrachée (ou plutôt livrée) par sa mère par le biais d’un deal, celle de Jakob Vaark, un colon hollandais qui a émigré en Amérique, celle Lina, une servante aux origines amérindiennes, celle de Rebekka épouse de Jakob, jeune femme quasiment vendue à ce dernier, celle de Sorrow, servante chez les Vaark, légèrement schizophrène, ou encore celle de Scully et Willard, blancs et esclaves…</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">De quoi retourne-t-il ? Nous sommes en 1690. Les colonies anglaises d’Amérique sont encore un territoire sauvage où la variole décime les populations autochtones, où des vagues d’immigrants débarquent, fuyant l’intolérance qu’ils subissaient en Europe pour mieux la reproduire en Amérique. Une époque où les rebuts de la société européenne ont le choix entre l’incarcération sur le vieux continent et vivre une forme de servitude en Amérique du nord. Une époque où les lois concernant une gestion rigoureuse de l’esclavage se mettent progressivement en place pour réduire les révoltes. Une terre sauvage, à dompter où tout est possible. American dream. Enfin ça dépend pour qui.</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">L’action se déroule autour et avec les Vaark. Dans le cadre d’un accord avec un planteur débiteur, Florens une petite fille de 5/6 ans est cédée à Jakob Vaark sans qu’il ne partage complètement cette transaction. C’est la supplique de la mère de la petite fille qui le décide à accepter ce deal.<br />Une douzaine d’années plus tard, Vaark après avoir développé sa ferme et quasiment achevé la construction de sa grande résidence, il est emporté par la variole, sans jouir de son rêve. La disparition de Jakob Vaark, ne laissant aucune progéniture, va chambouler le frêle équilibre et l’ambiance familiale qui unissait les Vaark et leurs servants.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Le final est très intéressant. J’ai fait là une présentation linéaire. Mais la construction de Morrison est beaucoup plus élaborée que cela. Entre les monologues de certains personnages et la description des actions d’autres, l’écriture est souvent introspective et le regard vers l’arrière, vers le passé semble une nécessité expliquant la violence d’un acte, le changement d’attitude d'un personnage. Ce qui intéresse Morrison, c’est le mécanisme qui unit les différents personnages de son roman, les attentes secrètes de chacun, les complexes tus. On y perçoit que la manière dont les immigrants sont arrivés conditionne leurs actions. Le lecteur non averti sera surpris d’y découvrir l’esclavage de blancs dans cette ébauche d'Etats-Unis, l’intolérance religieuse des nouveaux colons, et il ressentira la barbarie de la terre américaine</span>.<br /><br /><span style="font-size:130%;">L’amour est au cœur de ce roman. L’amour de Florens. Un amour violent, sauvage, passionné pour un forgeron noir et libre. Un amour né d’une incompréhension et de la non résolution de l’équation si chère à Toni Morrison : à savoir ce que peut produire un amour maternel dans les situations les plus extrêmes.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">J’ai longtemps eu l’impression que je lisais un bon roman, mais lorsqu’on aborde les 30 dernières pages, ce texte prend une autre dimension. C’est mon avis. Le meilleur roman de <strong>Toni Morrison</strong> depuis <a href="http://karineetseslivres.over-blog.com/article-30631363.html">Beloved</a>.</div></span><br /><br /><div align="justify">Laissons parler Florens de sa passion :</div><blockquote><p align="justify">Ma faim est aiguë, mais mon bonheur l'est encore davantage. Je n'arrive pas à manger beaucoup. Nous parlons de nombreuses choses différentes et je ne dis pas ce que je pense. Que je vais rester. Que lorsque tu reviendras après avoir soigné Mistress, qu'elle soit vivante ou non, je serai ici avec toi pour toujours. Jamais, jamais sans toi. Ici je ne suis pas celle que l'on chasse. Personne ne me vole ma chaleur et mes chaussures parce que je suis petite. Personne ne s'occupe de mon postérieur. Personne ne bêle comme un mouton parce que je tombe de peur ou de fatigue. Personne ne hurle en me voyant. Personne n'étudie mon corps à la recherche de choses bizarres. Avec toi mon corps est plaisir et sécurité et il a une place. Je ne pourrai jamais supporter que tu ne m'aies pas avec toi.</p></blockquote><br /><br /><div align="justify">Page 163, Edition Christian Bourgois</div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Bonne lecture<br /></span></div><br /><br /><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SiLmo_y1l0I/AAAAAAAABv0/b20I-n-7bVI/s1600-h/P5190108.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5342085700008646466" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SiLmo_y1l0I/AAAAAAAABv0/b20I-n-7bVI/s400/P5190108.JPG" border="0" /></a><br /><br /><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.christianbourgois-editeur.com/fiche-livre.php?Id=1119">Toni Morrison, Un don</a></span><br />Edition Christian Bourgois<br />Traduction de l'anglais par Anne Wicke, titre original : A mercy<br />1ère parution 2009 - 193 pages<br /><br /><br />Voir les critiques proposées par <a href="http://www.magazine-litteraire.com/content/critiques/article.html?id=13151">le Magazine littéraire</a> et <a href="http://www.obiwi.fr/culture/lectures/81796-toni-morrison-un-don">Obiwi<br /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-3169632493855559501?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com14tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-39962602273997823842009-05-27T22:12:00.005+01:002009-06-01T12:48:16.698+01:00Mon frère, pourquoi lis-tu?<div align="justify"><span style="font-size:130%;">Il y a peu, alors que je lisais paisiblement un ouvrage sur le quai d’une gare, attendant que ma chère et tendre arrive, je me suis fait violemment apostropher par un alcoolique. Disons un homme saoul. Oh ! Je n’ai pas reçu une trempe, mais j’ai eu du mal à me remettre de la claque qu’a produit sur moi le nuage fortement chargé de vapeurs alcoolisées que dégageait l’ haleine de mon interlocuteur éméché quand il me posa les yeux dans les yeux la question existentielle : <strong>« mon frère, pourquoi lis-tu ? »</strong></span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Le temps de me remettre des gaz toxiques que j’inhalais à l’insu de mon plein gré et de la question abrupte que seul un saoulard peut poser à un inconnu, notre ivrogne s’était lancé dans un plaidoyer sur les bienfaits de l’empirisme, l’expérience personnelle, profitant au passage pour énumérer quelques hauts faits de son parcours terrestre, guerres dans son pays d’origine dans lesquelles il semblait ne pas avoir été un simple spectateur. Ce qui était hilarant, quoique je me gardais d’exprimer un quelconque signe extérieur de gaîté, c’est que ce monsieur qui s’était imposé à moi, finissait ses séquences par le fameux <strong>« Mon frère, pourquoi lis-tu ? ».</strong> Et avant même que j’eusse esquissé un semblant de réponse, le voilà reparti dans son monologue.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Il y aurait des tas de choses à dire sur cet entretien. Comme cette fraternité soudaine que font souvent naître quelques litres de bière drument ingurgités. Un frère arabe, j’aime cette idée. J’étais son frère même s’il avait peu de temps à accorder à mon point de vue. Je mettais cela sur le compte de son ébriété.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">A vrai dire, la situation m’arrangeait, car je réalisais qu’il ne serait pas un exercice de tout repos d’expliquer l’évidence du bienfait de lire. A une personne ivre, imbue d’elle-même et convaincue de son argumentaire. Comme il le disait, ce sont des intellectuels, de grands lecteurs devant l’Eternel qui avaient fomenté les guerres dans son pays. De plus, il rejetait avec une virulente énergie, l’idée de délégation dans laquelle s’enferme souvent des lecteurs comme moi. Une sorte de vie par procuration du lecteur avec certains auteurs (le langage de notre ami n’était pas aussi châtié, mais je retranscris) qu’il opposait à son histoire faite de cuites, d’exploits militaires et d’expériences « riches » au vu des données que me fournissait notre échange.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Pour une fois, dans cette rubrique <strong>Opinions personnelles</strong>, je solliciterai la vôtre.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Que répondriez-vous à cet ivrogne, sur un quai de gare, entre deux passages de RER, sur l’intérêt, la nécessité et les bienfaits de la lecture en général?<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">La parole est vous. Je vous ferai part de ma propre opinion dans une prochaine rubrique, et promis, je ne vous piquerai pas vos réponses :o)</span> </div><div align="justify"> </div><div align="justify"> </div><br /><div></div><br /><div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-3996260227399782384?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com13tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-53468310333092055802009-05-21T00:09:00.005+01:002009-05-21T14:42:40.923+01:00Jennifer Haigh : La condition<div align="justify"><a href="http://farm4.static.flickr.com/3218/2656280248_2be0becc2f_m.jpg"><img style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 180px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://farm4.static.flickr.com/3218/2656280248_2be0becc2f_m.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">Je viens de terminer un magnifique roman. <strong>La condition</strong>. Le titre de ce roman est la seule chose que je n’ai pas compris de ce texte extrêmement agréable a la lecture, relativement classique dans sa forme. </span><br /></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Jennifer Haigh place sa narration au cœur d’une famille américaine très aisée du Massachussetts. Le père, Franck McKotch, est un scientifique de renom qui a consacre* l’essentiel de son existence a son laboratoire et ses projets de recherche. La mère, Paulette, est une rentière, tres attache* aux valeurs familiales des Drew. Trois enfants. Billy le cardiologue new yorkais, ainé et préfère de ses parents, Gwenn atteinte du <a href="http://www.doctissimo.fr/html/sante/encyclopedie/sa_1016_syndrome_turner.htm">syndrome de Turner</a>, qui a empêche* sa croissance, et le benjamin Scott qui a rate ses études, enseigne dans un modeste college et a rapidement fonde une famille avec une californienne.<br /></div></span><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Le roman commence a* la fin des années 70 au moment ou le diagnostic de la maladie de Gwen est realise*. Rien ne sera plus comme avant et peu de temps apres, le divorce entre Paulette et Frank est prononce. L’histoire reprend une vingtaine d’année après cette introduction.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Je m’attendais a un traitement bateau d’une famille qui se déchirerait autour de l’infirmité d’un de ses membres lie a ce <strong>syndrome de Turner</strong>, j’ai eu droit a un traitement beaucoup plus subtil, une exploration brillante des etats d'ame d’une famille américaine. Avec les mécanismes naturels qui relient ou distendent les éléments d’une famille a savoir l’amour, l’incompréhension, la culpabilité, l’égocentrisme, la peur, le doute… La liste est loin d’être exhaustive. Cette panoplie est identifiable dans de nombreuses familles et c’est la réelle force du texte de Jennifer Haigh de rendre possible une identification.<br /></span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">La deuxième qualité de ce roman réside dans la mise en scène que propose l’auteure. Cette dernière s’appuie sur des flashes back appropries* qui apportent un éclairage sur les personnages. Le procédé dans certaines situations fait pressentir la scene suivante, mais de manière générale, elle utilise cette approche avec justesse. Justesse, ce mot est lâché, il caractérise assez bien le travail de Jennifer Haigh. </span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Justesse des personnages. Justesse des situations. Justesse de sentiments. Tous ces éléments qui vous donnent envie de découvrir le fin mot de l’histoire, des histoires de chaque Mc Kotch, processus qui sera accelere* lorsque Gwenn dans son corps d'enfant va rencontrer un bel homme dans les Caraibes...</span></div><span style="font-size:130%;"></span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Bonne lecture,</span><br /><div align="justify"><br /></div><br /><br /><p><a href="http://farm4.static.flickr.com/3624/3543851977_0f8c18609a_m.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 180px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://farm4.static.flickr.com/3624/3543851977_0f8c18609a_m.jpg" border="0" /></a></p><br /><br /><p></p><br /><br /><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.michel-lafon.fr/livres-roman/titre-661,condition.html">Jennifer Haigh, La condition</a></span><br />Titre Original : The condition, traduction par Valerie Bourgeois<br />Edition Michel Lafon, 416 pages, 1ere parution 2008<br /><br /><br />Copyright Photo Jennifer Haigh - <a href="http://www.flickr.com/photos/26221025@N06/">Porter Square Books</a><br /><br /><br />Voir egalement les critiques de <a href="http://www.cathulu.com/archive/2009/03/19/la-nature-n-etait-pas-tendre.html">Cathulu</a>, <a href="http://lily-et-ses-livres.blogspot.com/2009/03/la-condition-jennifer-haigh.html">Lily</a>, <a href="http://sylire.over-blog.com/article-30367515.html">Sylire</a>, <a href="http://www.amandameyre.com/archive/2009/03/27/la-condition-jennifer-haigh.html">Amanda Meyre</a>, <a href="http://www.myloubook.com/archive/2009/03/22/la-condition-de-jennifer-haigh.html">Lou</a><br />(*) Cet article est ecrit avec un clavier Qwerty, je suis desole pour l'absence de certains accents<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-5346831033309205580?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-43724029578017615872009-05-14T20:08:00.010+01:002009-05-15T09:34:30.277+01:00Rachid Boudjedra : Timimoun<div align="justify"><a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sgxtb-aRplI/AAAAAAAABvk/LQBInsr_bgE/s1600-h/Boudjedra.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335759985904297554" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 188px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sgxtb-aRplI/AAAAAAAABvk/LQBInsr_bgE/s400/Boudjedra.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">Cette semaine, c’est en Algérie que je me suis proposé de déposer mes mallettes. Je me suis assis à la table de <strong>Rachid Boudjedra</strong> et je me suis laissé guider par ce brillant narrateur.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;"><strong>Timimoun</strong> est un long monologue intérieur. Le personnage central est un guide touristique qui transporte ses passagers d’Alger à </span><a href="http://timi07.blogspot.com/"><span style="font-size:130%;">Timimoun</span></a><span style="font-size:130%;"> dans le désert au cours d’un long périple à bord d’Extravagance. Ce dernier est un vieux tacot qu’il a équipé d’un moteur neuf et puissant. Il fait ce travail depuis une dizaine d’années, mais en levant son regard dans le rétroviseur, ce jour, il tombe sur le regard de Sarah, une jeune femme de 20 ans qui fait partie de ses passagers…</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">En écrivant ce commentaire, l’idée du démon de midi qui frappe souvent à la quarantaine me vient à l'esprit pour illustrer le thème de ce roman. Une période où l’individu mâle se pose de nombreuses questions sur le sens de sa vie, ses joies, ses regrets surtout. Ce regard porté par Sarah sur notre personnage va déclencher une vaste introspection faite de flash-back sur son adolescence à Constantine, ses rapports familiaux délicats avec un père industriel distant qui l’a déshérité, un frère dont la disparition s’apparente à un suicide, la construction de sa personnalité, sa profonde solitude…</span> <span style="font-size:130%;">Pourtant, cette idée du démon de midi est inexacte, notre homme n'étant pas en couple, loin de là.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://pagesperso-orange.fr/calounet/biographies/boudjedra_biographie.htm">Rachid Boudjedra</a> traduit les questionnements d’un personnage qui porte un regard très sombre sur lui-même, qui s’oublie dans la vodka et confronte ses démons intérieurs par ces traversées répétitives dans le désert, allant jusqu'à Timimoun . Mais sa plus grande désillusion reste son rapport calamiteux aux femmes que fait rejaillir la rencontre de Sarah, qui le déstabilise et fait naître en lui une multitude de pulsions longtemps tues…</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Le roman évolue entre le passé du narrateur à Constantine et son présent sur les routes algériennes avec en toile de fond, un terrorisme meurtrier qui frappe à tout instant. En dépit de quelques petites longueurs et une fin qui m’a laissée sur ma faim, j’ai apprécié ce texte qui m’a donné envie d’explorer un peu plus le travail de cet intellectuel algérien.</span> </div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">A propos de Sarah :</span></div><br /><blockquote><div align="justify">Sarah, c'est peut-être son nom, était donc peu disert. Peu bavarde. Peu communicative. Comme absente. Passive. Impassible. Indolente. Comme si elle n'adhérait à rien. Même pas affectée. Plutôt perverse. Les gens autour d'elle nageaient dans le magma médiocre de leur désir consistant à ne rien rater de ce Sahara dont les mirages et les légendes les avaient comme dopés, drogués , rendus malades.</div><br /><br /><div align="justify">Elle, était vraiment dedans. De plain-pied. A chaque halte, à chaque visite, elle devenait plus transparente, magnétique, exorbitante. Ses yeux changeaient de couleur. D'un bleu à l'autre. Du plus délavé au plus noir. D'un violet à l'autre. Du plus clair au plus foncé. Elle attirait tout à elle : les gens, les ruines, les ksour, les casbahs, les oasis et même les chats qui se prélassaient dans les jardins des hôtels où nous passions, parfois, la nuit. Mais elle gardait ses distances.</div><br /></blockquote><div align="justify">Folio, page 22</div><br /><div align="justify"><blockquote>Pourquoi elle et pourquoi maintenant? Pourquoi c'est à quarante ans que cette drôle de maladie qu'est l'amour me tombe dessus? Au moment où je ne m'y attendais pas. J'avais l'impression d'avoir terminé ma vie, le jour où j'ai acheté ce vieux car à genève. J'avais en fait décidé de m'enterrer dans le Sahara. tant qu'à faire! Il valait mieux mourir dans ce désert qui m'a toujours fasciné parce que méchant, dur et invivable plutôt que dans une de ces villes atrophiées, surpeuplées et agressives. Le désert est mon mode de suicide.</blockquote></div><br /><div align="justify">Folio, page 50</div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Bonne lecture,</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.denoel.fr/Denoel/Control.go?action=rech&amp;prod_code=B24203">Rachid Boudjedra, Timimoun</a></span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:85%;">Edition Denoël , Collection Folio, </span></div><div align="justify"><span style="font-size:85%;">1ère parution 1997, 147 pages</span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><span style="font-size:85%;">Copyright Photo - </span><a href="http://www.blogger.com/www.flickr.com/photos/flitesd/"><span style="font-size:85%;">Flitesd</span></a> </span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"></span></div><br /><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgyLVpqYboI/AAAAAAAABvs/R6Oh81L5A5Y/s1600-h/P5140058.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5335792862604324482" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgyLVpqYboI/AAAAAAAABvs/R6Oh81L5A5Y/s320/P5140058.JPG" border="0" /></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-4372402957801761587?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com9tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-47316117220615541222009-05-11T11:17:00.008+01:002009-05-12T15:22:05.952+01:00Gwokas à la Gare du Nord<div align="center"><a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SggXsxph3fI/AAAAAAAABvU/z8hX92yPV4w/s1600-h/Garedunord.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334539816629558770" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 180px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SggXsxph3fI/AAAAAAAABvU/z8hX92yPV4w/s320/Garedunord.jpg" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;">Copyright <a href="http://www.flickr.com/photos/leucippus/">Leucippus</a></span><br /><br /><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Je ne résiste pas à la tentation d’évoquer un événement auquel j’ai assisté lorsque d’un passage qui se voulait éclair à la Grande Gare du Nord de Paris. Dimanche 09 Mai, 12h00.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">J’attendais patiemment l’embarquement d’un passager sur l’Eurostar. C’est un peu comme quand on prend un avion. Il faut arriver très tôt sous peine de louper son train pour la perfide Albion. L’affluence n’était pas énorme à cette heure du repas dominical. Il y avait un bruit de fond, éloigné, au sein de la gare. Quand j’ai vu le drapeau haïtien qui flottait près du lieu d’où venait le vacarme, je me suis tout de suite rapproché.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Des musiciens aux tenues créoles battaient le tambour devant un stand aménagé autour de la <strong>commémoration de l’abolition de l’esclavage</strong>. Vous pensez bien qu’avec les lectures que je fais actuellement, je ne pouvais être indifférent à cette manifestation festive et j’y ai retrouvé en illustration quelques personnages de mes dernières lectures : <strong>Barnave</strong>, le député grenoblois esclavagiste, <strong>Moreau de Saint-Mery</strong> du <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Club_de_l">club Massiac</a>, <strong>l’Abbé Grégoire</strong> de la <a href="http://ahrf.revues.org/document928.html">Société des Amis des Noirs </a>qui a tant œuvré sous la Révolution afin les grands principes énoncées s’appliquent aux populations exploitées sous le joug de l’esclavage dans les colonies françaises. Mais surtout, ces images d’esclaves enchaînés… Pour dire que les panneaux de <strong>l’Association de Cheminots</strong> (ARCADEIF) qui est à l’origine de ce projet étaient synthétiques mais très instructifs.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Entre temps, le son de la musique, au fur à mesure que je m’approchais de l’espace d’animation s’était affiné, etant plus agréable à l’écoute que les effets d’échos qui me parvenaient initialement de la plateforme d’embarquement. <a href="http://kdog.free.fr/Ka.htm">Gwoka</a>. A la Gare du nord. On a beau dire, souligner les points de divergences du Grand bazar noir de France, quand on entend, on ressent les vibrations du gwoka pour eux, du tam-tam pour moi, on est quelque peu ému de constater l’une des principales survivances de la culture africaine aux Antilles. On a cela en commun. Le Gwoka subjugue, le gwoka est une invitation à la danse, un désir de communion entre lui et le danseur… Certains spectateurs se sont lancés sur la piste devenant ainsi acteurs de l'événement. Pas forcement des ultramarins. Ils se sont engagés comme ce voyageur antillais débarquant de Londres qui nous a dispensé de ses pas gracieux, de sa candeur, de son extase, répondant ainsi à l’invitation du tam-tam, et dont j’ai personnellement cru qu’il aurait basculé dans une transe magnifique s’il n’eut été interrompu dans son enjaillement. Comme au Congo. Comme quelque part en Afrique. Comme quelque part en Colombie ou au Brésil. Vous avez donc une petite idée de l'ambiance qui a prévalu.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Modeste mais magnifique commémoration de cette histoire douloureuse. Loin des discours politiques et des polémiques, le tam-tam a parlé des souffrances passées de beaucoup, hier, à l’imposante Gare du nord.</span></div><br /></div><br /><br /><a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SggegHZJbII/AAAAAAAABvc/C0jRGQj7KJ4/s1600-h/Gwoka.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5334547295709523074" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 91px; CURSOR: hand; HEIGHT: 91px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SggegHZJbII/AAAAAAAABvc/C0jRGQj7KJ4/s400/Gwoka.jpg" border="0" /> <p align="center"></a>Source Photo <a href="http://www.gwokas.skyrock.com/">Gwokas</a></p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-4731611722061554122?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com9tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-69840426814049455462009-05-08T03:29:00.009+01:002009-05-08T14:11:04.463+01:00Patrick Chamoiseau : L'esclave vieil homme et le molosse<div align="justify"><span style="font-size:130%;">Les auteurs antillais inspirent beaucoup mes lectures ces derniers temps. J'ai du être beaucoup plus influencé que je ne le pensais, par les grèves générales qui ont secoué les DOM-TOM en début d'année.</span><br /><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgOZsd5X-9I/AAAAAAAABvE/x0a-X-XvSrQ/s1600-h/Chamoiseau.jpg"><span style="font-size:130%;"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5333275372955368402" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 180px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgOZsd5X-9I/AAAAAAAABvE/x0a-X-XvSrQ/s320/Chamoiseau.jpg" border="0" /></span></a><br /></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/chamoiseau.html">Patrick Chamoiseau</a> n'est plus à présenter. <strong>Prix Goncourt</strong> pour son roman Texaco, grand défenseur de la créolité, j'ai profité de ce texte assez court pour pénétrer dans l'univers de cet auteur antillais.</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">L'esclave vieil homme a toujours vécu sur l'Habitation. On ignore son âge. Est-il né sur la plantation? Est-il un déporté? Il a toujours été là. Sans progéniture, travaillant avec soumission dans la sucrerie de son maître. Il fascine et fait travailler l'imaginaire des autres esclaves de la propriété. Il ne participe pas aux manifestations collectives qui rassemblent ces derniers après les dures journées de labeur. Vieux, seul en proie à ses décharges. Entendez par là, une soudaine et irrestistible envie de marronner ou encore de briser la nuque de son maître ou son contremaître que pouvait ressentir certains esclaves. Le vieil n'a jamais admis son statut. Quand il voit débarquer le terrible molosse que le maître à fait venir d'au-delà les mers pour mater toute initiative de fuite de ses esclaves, l'esclave vieil homme marronne.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">L'histoire de cette traque entre l'Inommable, le monstre et l'esclave vieil homme peut d'une certaine manière faire écho à ces grands textes qui ont vu le combat de l'homme avec l'animal, je pense Hemingway, Sepulvéda, Melville... Sauf, qu'ici la proie est l'homme.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">C'est dans un étrange conte métaphysique que nous entraîne Patrick Chamoiseau. Dans un style qu'il faut prendre le temps d'apprivoiser. Je n'ai personnellement pas réussi cet exercice. L'influence du créole, son intrusion dans le texte est trop lourde sans que le lecteur non averti ait une note explicative. La formulation très ampoulée de Chamoiseau - dans ce roman - me fait penser à certains auteurs africains qui au sortir des indépendances, usaient d'une forme d'expression très élaborée qui nuisait à la profondeur de leurs textes ( de mon point de vue).</span></div><br /><br /><span style="font-size:130%;">Sur le fond, j'ai eu l'impression que ce texte conduit vers une impasse. On y pressent l'idéologie de la créolité. Je ne peux aller plus loin. Je reste perplexe. Il me faudra sûrement lire un autre texte de cet auteur pour me faire une opinion. Néanmoins, un aspect intéressant de ce texte, est qu'il offre plusieurs niveaux de lecture.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">A propos de la décharge</span><br /><blockquote><br /><div align="justify">La décharge l'avait flagellé à maintes reprises. Nul n'en avait rien su. Certains ne l'éprouvaient qu'une fois dans leur vie, mais lui l'avait subie presque chaque jour. Jour après jour, et plus souvent quand elle s'épuisait chez les autres. La première fois, elle l'avait tordu sur le sol de sa case, en pleine nuit, avec l'envie irrépressible de hurler-anmoué, de dé-courir, de saisir-déraidir, d'étrangler quelque chose.<br /></div></blockquote><br />Page 49, éd. Gallimard, Coll. Folio<br /><br /><span style="font-size:130%;">A propos du molosse</span><br /><div align="justify"><br /><blockquote>Il retrouve dans le molosse la catastrophe qui l'habite. Une fureur sans pupilles, qui rue de loin. Ce chaos intérieur charrie des choses qui ne lui sont pas intimes. Il paraît possédé par d'autres présences que la sienne, mais son moi, son être lui-même, il ne le trouve nulle part, aucune vertèbre de mémoire, aucun paradigme constructeur, pièce nervure d'un temps où il a été quelque chose de distinct. Rien que ce bouillonnement de violences de dégoûts, de désirs,<br />d'impossibles : ce magma qui s'exalte dans l'Habitation et qui le constitue au plus vital de son nombril. Et le molosse est aussi comme cela. Mais dans l'impressionnante férocité de l'animal, cette catastrophe a pris convergence : elle s'est transformée en une foi aveugle capable de maîtriser ce trouble né du bateau.</blockquote></div><br />Page 50, éd. Gallimard, coll. Folio<br /><br /><span style="font-size:130%;">Bonne lecture,</span><br /><br /><a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgOaiPdK1-I/AAAAAAAABvM/aIGRp_VDa4Q/s1600-h/P4180041.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5333276296791906274" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgOaiPdK1-I/AAAAAAAABvM/aIGRp_VDa4Q/s320/P4180041.JPG" border="0" /></a><br /><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.amazon.fr/LEsclave-vieil-molosse-Patrick-Chamoiseau/dp/2070408736">Patrick Chamoiseau, L'esclave vieil homme et le molosse</a></span><br />Edition Gallimard, Collection Folio, 1ère parution 1997, 147 pages<br />Copyright Photo - <a href="http://www.flickr.com/photos/25942379@N02/">Biokill</a><br /><br /><span style="font-size:130%;">Voir également la critique plus enthousiaste de </span><a href="http://la-plume-francophone.over-blog.com/article-5706388.html"><span style="font-size:130%;">la plume francophone</span></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-6984042681404945546?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com4tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-23110831223017651492009-05-03T14:16:00.008+01:002009-05-06T01:15:14.077+01:00Maryse Condé : Ségou, les murailles de terre<a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgDLPvdK73I/AAAAAAAABu8/jJiFccveF38/s1600-h/P5060055_modifi%C3%A9-1.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5332485430103961458" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SgDLPvdK73I/AAAAAAAABu8/jJiFccveF38/s320/P5060055_modifi%C3%A9-1.JPG" border="0" /></a><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Mes lectures sont longues et lentes. Cela se ressent sur le blog. La passion de lire est là. Ne craignez rien. Le plaisir de prendre son pied avec certains bouquins est réel. Comme je l’ai déjà souligné, je poursuis une très belle série depuis le début de l’année.</span> </div><br /><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Avec le chef d’œuvre de <a href="http://www.lehman.cuny.edu/ile.en.ile/paroles/conde.html">Maryse Condé</a>, <strong>Ségou</strong>, c’est un nouveau voyage dans le temps qui m’a été proposé. Dans l’espace aussi. L’Afrique de l’Ouest avec un épicentre à Ségou.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Nous sommes à la fin du 18ème siècle, la grande ville de Ségou, capitale du royaume des Bambara puissants guerriers et agriculteurs dominent la région par le fer et l’épée. C’est une nation riche, animiste qui écrase ses vassaux et les domine de sa puissance militaire. En particulier, les populations peules, consacrées à l’élevage des bovins, et nouvellement sédentarisées.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Mais voilà, de nombreux changements s’opèrent dans la région avec l’arrivée des premiers explorateurs européens, l’islamisation progressive des populations sahéliennes et la traite négrière qui bat son plein sur les côtes du continent et qui se nourrit entre autres des captifs des différentes nations.<br />C’est dans ce contexte tumultueux que Maryse Condé place les personnages de sa saga familiale, celle des Traoré, descendants de Dousika Traoré, notable déchu de la cour royale de Ségou. Comme toutes les grandes sagas, la marque d’une malédiction, d’une obscure fatwa spirituelle qui s’abat sur la lignée des Traoré est présente. Le lecteur se posera la question comme le commun des mortels à Ségou sur les causes de tant de tragédies : la mise aux bans de la société du chef de Clan, Dousika Traoré ? la conversion à l’islam de Tiékoro, le fils aîné ?<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Je pense aux dernières épopées familiales que j’ai lues : les Bascombs ou les Sartoris de <strong>Faulkner</strong>, les Buendia de <strong>Garcia-Marquez</strong>. Maryse Condé joue dans cette cour des très grands en apportant une complexité au genre du fait de la mobilité de ses personnages. Elle choisit de suivre les itinéraires de quatre des fils de Dousika Traoré :</span><br /><span style="font-size:130%;">Tiékoro et Naba, fils de Nya la première épouse appartenant à l’aristocratie locale, Siga le fils de l’esclave-qui-s’est-jetée-dans-un-puits et Malobali, fils de la captive peule.<br />Elle associe à ces personnages hauts en couleur, leur descendance à la première génération.<br /></span><br /><span style="font-size:130%;">Il y a dans le choix ci-dessus des personnages, tous les germes de la décadence, de la contradiction, de la violence du système social bambara. Et tout au long du roman, l’auteur prend le soin de mettre harmonieusement en scène son autopsie d’une société africaine précoloniale.<br />Le génie de ce roman réside dans l’identification avec les personnages malgré un contexte quelque peu exotique. Parce que les personnages sont vrais, avec leurs contradictions, leurs violences, leurs idéaux, leur humanité à l’instar de Tiékoro qui souhaite devenir un grand lettré musulman de Tombouctou et qui est dépassé par la passion de la chair. On se prend d’amitié et d’indulgence pour ces personnages, pour cette fratrie où les rôles sont fixés par le destin et des croyances traditionnelles immuables, du fait des différentes naissances des acteurs. Le talent de l’écrivain a été de passer d’un personnage à l’autre avec du rythme, de produire des changements d’univers passant de Ségou à Tombouctou, de Djenné à Fès, d’Hamdallay à Abomey, d’Ouidah à Kumasi, de Freetown à Londres…</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">En toile de fond, <strong>Ségou</strong> est une réflexion sur la question de l’esclavage et sur la manière dont la Traite s’est nourrie de fêlures dans le système d’organisation sociale de ces royaumes d’Afrique de l’Ouest, sur la collaboration des élites et, parfois, des anciens esclaves d’outre-Atlantique à ce fléau. Une analyse de l’islamisation de cette région d’Afrique s’appuyant sur les limites de l’animisme et du fétichisme.</span><br /><br /><span style="font-size:130%;">Mais plus que ces considérations historiques de qualité qui ont conduit l’auteur antillaise à de profondes recherches, la richesse de ce roman réside dans la profondeur et le drame de vie des enfants de Dousika Traoré qui voient s’abattre sur eux, l’Histoire dans sa folie meurtrière.</span> </div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Bonne lecture,</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.amazon.fr/S%C3%A9gou-murailles-terre-Maryse-Cond%C3%A9/dp/2266128353">Maryse Condé, Ségou tome 1</a></span></div><br /><div align="justify">Edition Robert Laffont, collection Pocket</div><div align="justify">1ère parution 1984, 491 pages</div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Vous pouvez également suivre une partie de l'intervention de Maryse Condé à </span><a href="http://www.youtube.com/watch?v=2RGaNCerXK0&amp;hl=fr"><span style="font-size:130%;">Apostrophes </span></a><span style="font-size:130%;">à l'occasion de la sortie de ce roman.</span> </div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-2311083122301765149?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com15tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-55453413887423581432009-04-19T15:37:00.005+01:002009-04-19T17:59:16.012+01:00Amos Tutuola : L'ivrogne dans la brousse<a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SetSCQcUQeI/AAAAAAAABuY/hrSb8OJFgF8/s1600-h/P4180038.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5326441183022694882" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SetSCQcUQeI/AAAAAAAABuY/hrSb8OJFgF8/s320/P4180038.JPG" border="0" /></a><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Etrange, mais passionnant est le roman que je viens de terminer. Je pourrais le renommer une odyssée dans la brousse africaine. Ce texte est alimenté par l’imaginaire débordant d’Amos Tutuola qui invite son lecteur à une plongée dans la dimension surnaturelle de la savane et de la forêt yorouba.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Repartons à la genèse de ce conte africain.</div></span><br /><br /><blockquote><p align="justify">Je me soûlais au vin de palme depuis l’âge de 10 ans. Je n’avais rien d’autre à faire dans la vie que de boire du vin de palme. Dans ce temps là, il n’y avait pas d’argent, on ne connaissait que les cauris, aussi la vie était bon marché et mon père était l’homme le plus riche de la ville.<br />Mon père avait huit enfants et j’étais leur aîné, les autres travaillaient dur, moi j’étais un recordman du vin de palme. Je buvais du vin de palme du matin jusqu’au soir et du soir jusqu’au matin. A cette époque-là, j’en étais venu à ne plus boire une seule goutte d’eau ordinaire, seulement du vin de palme.<br />Quand mon père s’est aperçu que je ne pouvais rien faire d’autre que boire, il a engagé pour moi un excellent malafoutier qui n’avait rien d’autre à faire qu’à me préparer mon vin de palme pour la journée.<br /></p></blockquote><br /><br /><div align="justify">Page 9, Edition Gallimard, collection L'imaginaire</div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Le personnage narrateur situe bien le contexte. Il a à sa disposition une plantation de 560.000 palmiers et un malafoutier qui travaille à temps plein et de manière extrêmement efficace. Comme c’est souvent le cas, une cour se créé autour de ce jeune homme fortuné qui ne manque pas de vin de palme. Le hic intervient quand, quinze années après la disparition de son père, son malafoutier meurt d’un accident de travail. Le texte bascule alors dans une forme de délire. Ayant perdu tous ses courtisans du fait de sa pénurie chronique en vin de palme, notre ivrogne se lance à la recherche de son malafoutier. Vous me direz : mais il est mort non ? Seulement vous êtes au Nigeria. D’ailleurs, voici ce qu’en pense notre héros :</div></span><br /><br /><blockquote><p align="justify">En voyant que je n’ai plus de vin de palme et que personne ne pouvait en tirer pour moi, je pense alors en moi-même à ce que disaient les anciens, que les gens qui sont morts sur cette terre ne vont pas au ciel directement, mais qu’ils habitent dans un endroit quelque part sur cette terre. Alors je me dis que je découvrirai où se trouvait mon défunt malafoutier.</p></blockquote><br /><br /><div align="justify">Page 11, Edition Gallimard, collection L'imaginaire</div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Notre héros se lance donc dans cette quête qui semble à priori insensée et dictée par son addiction au vin de palme. Et c’est dans un univers fantastique qu’il pénètre. Je n’en dis pas plus.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Amos Tutuola écrit ce roman en 1953. Et contrairement à de nombreux auteurs africains de cette époque coloniale, il ne cherche pas à prouver qu’il maîtrise la langue anglaise. Ici, seule l’odyssée de son personnage compte. Un périple nourrit par les influences de sa culture yorouba. On a vraiment l’impression de voir se succéder une série de contes où, dans l’absurde de la quête de l’ivrogne, se révèle une philosophie de la brousse et des croyances animistes africaines. Et naturellement, si on est pris par cette quête, on ne lâche pas la main du narrateur dans ses rencontres avec des êtres terrifiants ou dotés de bonté, mais surtout on est saisi par l’âpreté de notre palm-wine drinkard à atteindre son objectif.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Bonne lecture,</span></div><br /><div align="justify"><a href="http://www.amazon.fr/LIvrogne-dans-brousse-Amos-Tutuola/dp/207075765X"><span style="font-size:130%;">Amos Tutuola, L’ivrogne dans la brousse</span> </a><br />Traduit de l’anglais par Raymond Quéneau<br />Titre Original : Palm-wine drinkard,<br />Edition Gallimard, Collection L’imaginaire<br />1ère parution 1953, réédition 2000, 142 pages </div><br /><br /><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Voir également la critique de </span><a href="http://wodka.over-blog.com/article-2280247.html"><span style="font-size:130%;">Wodka</span></a></div><br /><br /><div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-5545341388742358143?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com13tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-48793487422930041672009-04-16T11:59:00.007+01:002009-04-17T19:20:24.159+01:00Aimé Césaire : TOUSSAINT LOUVERTURE, la Révolution française et le problème colonial<div align="justify"><a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SecQyxbW4uI/AAAAAAAABuI/ayzJHGJzZ5k/s1600-h/Aime+Cesaire.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325243548836487906" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 254px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SecQyxbW4uI/AAAAAAAABuI/ayzJHGJzZ5k/s320/Aime+Cesaire.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">I’m back ! dirait le british. Na zongi ! hurlerait de joie le congolais. Effectivement cela fait belle lurette que je n’avais pas produit un commentaire de lecture. Je reviens avec du costaud. <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Aim%C3%A9_C%C3%A9saire">Aimé Césaire</a>. A la veille du premier anniversaire de sa disparation, cela relève du timing quasi-parfait. Si j’étais animiste, je croirais peut-être que l’âme du poète a quelque peu perturbé et fait trainer ma lecture de cet essai historique sur <a href="http://www.zananas-martinique.com/guides-cartes/cesaire-toussaint-louverture.php">Toussaint Louverture, la Révolution française et le problème colonial</a>.</span> </div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Tout un programme. Ce livre qui trainait dans ma PAL (Pile de livres A Lire) depuis quelques années est devenu une urgence pour moi avec les événements qui ont bousculé les DOM-TOM, ces derniers mois. Beaucoup ont découvert, qu’au-delà des belles plages, des cocotiers et du soleil, couvait un conflit social, mêlant une question raciale plus profonde et des contentieux historiques non résolus. Il y a suffisamment de choses à partager sur cet essai d’Aimé Césaire pour que je revienne sur l’épopée du <a href="http://www.lkp-gwa.org/index.htm">LKP</a> et de la grève généralisée que ce collectif a suscité en Guadeloupe.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">On parle beaucoup de la poésie de Césaire et il est vrai que même dans le Discours sur le colonialisme, le cri de l’intellectuel martiniquais prend des formes poétiques. L’analyse que porte Césaire sur la figure historique de Toussaint Louverture et les relations de la Révolution française et la question coloniale, est beaucoup plus froide. Il réalise un travail extrêmement documenté et expose les faits qui ont conduit de la Révolution française à l’indépendance d’Haïti, en explorant entre autre la démarche de Louverture.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">La question coloniale concerne, au moment où commence la Révolution française, principalement les Antilles françaises où Saint-Domingue tient une place plus importante pour l’économie du royaume. La traite négrière vit de beaux jours, l’esclavage bat son plein sur la partie française de l’île. Environ 700.000 âmes, dont près de 600.000 esclaves et un nombre équivalent de mulâtres affranchis et de blancs.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Aimé Césaire décortique avec beaucoup de minutie les rapports des différentes strates sociales de Saint-Domingue avec les débats de l’Assemblée constituante, puis de l’Assemblée législative, la Convention nationale, le Directoire…</span> </div><div align="justify"><br /></div><blockquote><p align="justify">Quand celle-ci (1) éclata : chez les planteurs, affranchis, esclaves, ce qui fut général, ce fut l’enthousiasme. C’est que tout le monde, toutes les classes entrevirent l’occasion de faire aboutir leur particulière revendication et d’obtenir une liberté selon leur cœur : la liberté politique et la liberté du commerce pour les planteurs, liberté politique et égalité des chances pour les mulâtres, liberté tout court pour les<br />nègres.</p></blockquote><div align="justify">Page 342, éd. Présence Africaine<br /></div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Dans ses développements, l’auteur antillais prend soin de mettre en exergue le choc de ces différentes revendications particulières avec les idéaux nouveaux de la Révolution que l’on retrouvera entre autres dans la déclaration des droits de l’homme. Les faits que Césaire propose sont tous simplement les échanges historiques qu'a alimenté la Révolution sur la question coloniale : Robespierre, Mirabeau, Marat, Brissot, Barnave, l’Abbé Maury, Danton... ont leurs analyses soumises au lecteur . La question de la représentation des colonies aux assemblées, la citoyenneté des mulâtres, la question de la Traite atlantique, l’attitude vis-à-vis de l’abolition de cette dernière par les anglais, mais également les rapports ambigus entre mulâtres libres et esclaves nègres.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Césaire définit une échelle dans la contestation suivant les strates sociales de Saint-Domingue qui l’exprime : La fronde des Grands blancs, la révolte des mulâtres, la révolution nègre. Toussaint Louverture qui apparait assez tardivement dans la construction est le point culminant de cette étude quand ce dernier reprend, façonne la révolte des esclaves et prenant à la lettre le principe d’égalité et de liberté proclamé par la France, déploie tout son savoir et son énergie pour arracher et préserver cette liberté acquis par les anciens esclaves.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Ce livre est passionnant. D’abord parce qu’on y découvre la <a href="http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2008-04-19-Cesaire">fascination</a> de Césaire à l’égard de l’homme d’état Louverture. Fasciné, mais lucide Aimé Césaire, plonge le lecteur au cœur de débats passionnants de cette Révolution française, dont la question coloniale a été une des grandes échardes. Comment en effet concilier le principe et l’idéal absolu de justice qui ont été affirmé pour la nation et l’intérêt mercantile ? Dans cet exposé, on retrouve le fondement de la politique actuelle des affaires étrangères de ce pays, habité par cette tradition humaniste et de cet héritage des principes de la Révolution française et la contradiction qu’impose la gestion des intérêts économiques, capitalistes. Ce conflit d’intérêt explique les débats extrêmement violents et le fait que mulâtres, puis esclaves ont dû prendre de force, ce que le principe énonçait clairement : la liberté et l’égalité. Ce que nous voyons aujourd’hui n’est qu’une répétition de passionnantes polémiques, de terrifiantes répressions de cette époque. Comme le souligne l’Ecclésiaste « Rien de nouveau sous le soleil ».</span> </div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Aimé Césaire a le talent de laisser parler une époque par ces différentes interventions, il laisse parler l’histoire et glisse une conclusion brève, mais qui coule pour le lecteur qui termine son texte.</span></div><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Bonne lecture</span></div><br /><br /><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/See_6LoY6yI/AAAAAAAABuQ/Y8CCsdsrGO0/s1600-h/Toussaint+Cesaire.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5325436090664413986" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 240px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/See_6LoY6yI/AAAAAAAABuQ/Y8CCsdsrGO0/s320/Toussaint+Cesaire.JPG" border="0" /></a><br /><br /><a href="http://www.amazon.fr/Toussaint-Louverture-R%C3%A9volution-fran%C3%A7aise-probl%C3%A8me/dp/2708703978"><span style="font-size:130%;">Aimé Césaire, Toussaint Louverture : La Révolution française et le problème colonial</span> </a><br />Edition Présence africaine, 345 pages<br /><br /><span style="font-size:130%;">Caricature d'Aimé Césaire par </span><a href="http://www.benjaminheine.blogspot.com/"><span style="font-size:130%;">Ben Heine</span></a><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-4879348742293004167?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com13tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-52609014563965339562009-04-13T22:09:00.009+01:002009-04-13T23:56:54.871+01:00Les Bantous de la Capitale à l'Olympia<span style="font-size:130%;"><strong>Note d’avertissement</strong></span><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">A mes amies et amis qui me rendent régulièrement visite, je tenais à introduire cet article en soulignant qu’en ce mois d’avril, je n’ai pas changé la ligne éditoriale de ce blog. Certes, mes impressions de lecteur du mois tardent à prendre forme pour des raisons liées à mon environnement de lecture. Je tiens à m'en excuser. Je vais donc faire le nécessaire pour circonscrire cette panne, mais sachez que mes commentaires de lectures restent le moteur de l’activité chez Gangoueus, complétés de quelques chroniques mondaines ou de coups de gueule sur des sujets qui me tiennent à cœur tournant autour de la culture.</span></div><br /><br /><p align="center"><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SeOqrBzjuiI/AAAAAAAABt4/5mHkh5amwGA/s1600-h/P4120028.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5324286840677841442" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 400px; CURSOR: hand; HEIGHT: 300px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SeOqrBzjuiI/AAAAAAAABt4/5mHkh5amwGA/s400/P4120028.JPG" border="0" /></a> <span style="font-size:85%;">Jean-Serge Essous et les Bantous de la capitale</span></p><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><strong>Organisation africaine pour ne pas dire congolaise</strong></span><br /><span style="font-size:130%;">Il me fallait cette petite entrée en matière pour poursuivre sereinement cet article lié à ma modeste couverture du concert événement des <a href="http://www.afrik.com/article16509.html">Bantous de la Capitale</a> à l’Olympia Coquatrix de Paris. En effet, j’ai été aimablement convié à couvrir ce concert pour un journal d’Outre-Rhin. Les Bantous de la Capitale. L’évocation simple de ce nom a fait ressurgir des profondeurs de ma mémoire, des mélodies, des rythmes langoureux de ce groupe qui a fait danser l’Afrique entière du temps des indépendances et a accompagné plusieurs générations de congolais dans leur cheminement et inspiré la plupart des tenants de la rumba congolaise d’aujourd’hui sur les deux rives du grand fleuve. Entre nous, je ne pensais pas que ce groupe jouait encore… J’ai néanmoins été contrarié par les organisateurs et l’amateurisme dont ils ont fait preuve pour gérer les invités… Juste un chiffre pour que vous puissiez saisir la frustration de votre blogueur journaliste préféré : 1h45. C’est le temps qu’il m’a fallu attendre pour rentrer dans la salle mythique. Le temps de discuter avec un <a href="http://www.kotonteej.com/">ami blogueur</a>, d’observer le public coquet composé principalement de congolais mais également d’européens. Ce monde de dandys arrivant à son rythme, souvent de la génération de mes parents, mais également constitué de nombreux jeunes, semblait emballé à souffler les 50 bougies avec les papys de la rumba congolaise. Etrange situation où les retardataires munis de leur billet, toisaient le sourire en coin, avec la démarche chaloupée, les invités abandonnés à leur triste sort. Désabusé par les agents de sécurité du site qui me rassuraient, goguenards, que ce genre de situation n’arrivait jamais sur d’autres concerts… Enfin, tout n’est pas sombre, j’ai quand même pendant cette période trouble, serré la pince du grand <a href="http://www.kotonteej.com/?p=678">Manu Dibango</a> venu voir son ancien collègue de l’Africa Team de Grand Kallé.</span> </div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><strong>Le show des Bantous de la capitale</strong></span><br /><span style="font-size:130%;">J’ai loupé la première partie. Ce n’est pas grave. Un sympathique journaliste d’Afrik.com a hâté mon entrée dans la salle. Les ancêtres de la musique congolaise étaient déjà lancés. Une émotion m’a tout de suite saisi. Bon sang, je réalisais la portée de l’événement. Quel fabuleux hommage pour les 50 ans de ce groupe qui a participé à l’histoire la musique africaine que de pouvoir jouer dans cet antre de la musique mondiale. Mais encore faut-il se montrer à la hauteur de l’événement. Et c’est surement la leçon que laissera ce groupe qui a su se renouveler et qui a joué ses classiques avec maestria tel que « Isabelle », « <a href="http://www.youtube.com/watch?v=5oUDPO4RGEk">Comité Bantu</a> », « Masuwa », « Mama Alphonsine » et bien d’autres. L’aspect technique du concert a été d’une qualité telle qu’on en oubliait les grésillements avec lesquels on avait grandi et le côté vieillot de certaines mélodies que j’avais toujours écouté sur Radio Congo ou sur le tourne-disque de mes parents. En fait, le public a eu droit une version remastérisée de tous les classiques des Bantous de la Capitale, avec une sonorisation démente, un Ricky Siméon déchaîné à batterie assurant la cadence de cette rumba congolaise originelle accompagné de son compère Vieux Massengo « Tam-Tam » au dit instrument. La défense selon Kabako Lambert était solide, à l’instar du duo Blanc-Desailly durant la coupe du monde de football 98. Les ailiers ont également livré un récital de très bonne facture au niveau des guitares solo et basse… Les ingrédients d’un bon plat livré chaud et à temps au public de l’Olympia. Que dire des voix limpides du trio d’attaquants Kabako-Mangani-MBemba ? Du travail de pros qui effacent le mécontentement cumulé pendant 1h45 pour vous entraîner à faire le pas de danse parce que vous passer décidemment un sacré moment. L’entrée sur scène du patriarche Jean-Serge Essous a été la cerise sur le gâteau. Ses compères Ganga Edo, Nino Malapet, Celestin Nkouka n’étaient malheureusement pas de la partie. Mais comme on avait affaire à des gentlemen, le public a eu droit à des excuses de l’orchestre des Bantous de la Capitale.</div></span><br /><br /><p><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SeO2DK1o-jI/AAAAAAAABuA/Qoo1pgU-1cg/s1600-h/P4120025_modifi%C3%A9-1.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5324299350047259186" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SeO2DK1o-jI/AAAAAAAABuA/Qoo1pgU-1cg/s320/P4120025_modifi%C3%A9-1.JPG" border="0" /></a></p><br /><p align="center"><span style="font-size:85%;">Le public enthousiaste (Photo Gangoueus) </span></p><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><strong>Que dire pour conclure ?<br /></strong>D’abord, le sentiment d’avoir participé à un événement unique, dans une place unique, où l’occasion m’était donné d’avoir la définition exacte de la rumba congolaise. Puis, l’impression d’être au contact avec une génération qui va disparaitre et enfin, de la nostalgie à l’endroit d’une part de Congo perdue ou qui risque de se perdre. Oui, je suis élogieux concernant ce spectacle à la hauteur de ce qu’a longtemps représenté les Bantous de la Capitale : un phare pour la musique africaine.</span> </div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-5260901456396533956?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com9tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-65899067656277005852009-04-05T14:19:00.007+01:002009-04-05T23:18:37.157+01:00La musique congolaise : culture du masochisme?<div align="justify"><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SdkAo2VbsHI/AAAAAAAABtg/DzUFURqgegg/s1600-h/Fally+Ipupa.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321285136495128690" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 180px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SdkAo2VbsHI/AAAAAAAABtg/DzUFURqgegg/s320/Fally+Ipupa.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">C’est une question très congolaise qui me turlupine l’esprit : les riverains du fleuve Congo sont-ils masochistes ? Cela fait quelques années que je me la pose, au rythme des bals dansants auxquels je participe avec ma belle. Ces soirées où la rumba congolaise succède aux trémoussements torrides que suscitent les " chauffés " de <a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/JB_Mpiana">JB Mpiana</a>, <strong>Koffi Olomidé</strong> ou encore d’Extra Musica. Ces noms seront complètement inconnus pour certains des lecteurs de ce blog, mais sachez que <a href="http://www.rfimusique.com/siteFr/biographie/biographie_8964.asp">Koffi Olomidé</a> ou <a href="http://www.werrason.eu/">Werrason</a>, stars de la musique congolaise, par extension de la mélopée africaine ont été capables de remplir le palais Omnisports de Paris-Bercy.</span><br /><br /><br /></div><br /><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SdkEMe2lqGI/AAAAAAAABtw/wh7k36rgrMY/s1600-h/jbmpiana.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321289047201917026" style="FLOAT: right; MARGIN: 0px 0px 10px 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SdkEMe2lqGI/AAAAAAAABtw/wh7k36rgrMY/s320/jbmpiana.jpg" border="0" /></a><br /><div align="justify"><br /><span style="font-size:130%;">Cependant, ce n’est pas une louange que j’adresse à ces artistes qui illuminent certes la nuit congolaise pour mieux obscurcir le quotidien des congolais. Si les mélodies de ces auteurs portent la poésie congolaise au firmament, célèbrent l’amour, elles sont parasitées par les dédicaces habilement glissées à l’endroit des politiciens véreux des deux rives du fleuve Congo. Le phénomène n’est pas nouveau. Ko buaka libanga (*) est un concept installé depuis deux décennies par lequel les artistes congolais touchant difficilement leur droit d’auteur renflouent leurs tiroirs-caisses en monnayant la proclamation du nom d’un producteur, d’un compatriote à l’étranger ou ces dernières années d’hommes politiques. Les longues rumbas congolaises se transformant en une réclame continue. La démarche est habile et s’est tellement insidieusement infiltrée dans les moeurs qu’elle ne semble plus déranger les congolais.</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Déjà, dans les années 80, les grandes brasseries de bière de Kinshasa et Brazzaville communiquaient par artistes interposés sur les effets positifs de leurs produits Tonton Skol, Primus, Ngok, etc.</span> </div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Ce type de représentation peut avoir des effets thérapeutiques quand, par exemple, les artistes congolais remettent en scène des situations de guerre en évoquant par la danse Hélico, les fameux bombardements de Brazzaville ou encore la fameuse danse Ndombolo imitant la démarche du Mzee <strong>Laurent-Désiré Kabila</strong>. Après tout, il faut bien rire, sinon en danser de toutes ses horreurs. Mais est-ce la solution ? Ces dernières années, les hommes politiques ont également investis le créneau. Aussi en écoutant un morceau du génial <a href="http://www.fally.cd/">Fally Ipupa</a>, votre blogueur danseur devra s’attendre à une référence au maire de Brazzaville, ou d’un autre grand général de la place, contraignant votre serviteur troublé à marcher sur les pieds de sa belle alors qu’il tenait un bon rythme… Imaginez-vous entrain de danser sur un morceau de Johnny Halliday et qu’un clin d’œil soit donné au ministre de l’intérieur Alliot-Marie en plein cœur de " Quelque chose de Tennessee "… Si vous pensez ensuite à l’état des rues de Brazzaville, les délestages d’électricité, l’absence d’eau potable aux pompes de la majorité des populations congolaises, vous comprendriez le désarroi du congolais qui se réfugie le soir au fond d’un nganda (*) dans une rumba langoureuse d’un artiste les flagellant des noms de tous ces notables qui pourrissent son quotidien…</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">La pratique est devenue tellement courante que les artistes ne se posent plus la question de faire la part entre de la bonne plante et de l’ivraie.</span></div><br /><span style="font-size:130%;">Mais, il se passe ces derniers temps en Europe quelque chose en lien avec ce que j’ai évoqué plus haut. Un phénomène qui va peut être permettre aux artistes congolais de prendre la mesure de leur responsabilité.</span><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">En effet, depuis deux ans, les artistes ne peuvent plus se produire sereinement en Belgique ou en France. Un collectif de <a href="http://bana-congo.org/">jeunes ressortissants de la RDC</a> basé en Belgique empêche la production de concerts de musiciens congolais sans la référence à la situation du conflit armé qui secoue l’Est de ce pays et qui a déjà fait plus de 5 millions de morts en un peu plus de dix ans. Ainsi la star des stars Koffi Olomidé a vu son concert au Zénith de Paris annulé au mois de février 2009. L’artiste Werrason a vu sa tournée de 2006 sabordée par ce même collectif.</span></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Tout cela est déplorable pour les afficionados, mais les artistes congolais vont devoir prendre une posture quant à leur rapport avec le politique, la question politique et le patriotisme. Enfin, il faut l’espérer. La question des droits d’auteur devoir être remise sur table pour assurer l’indépendance des artistes de toutes ces contingences matérielles… et que les mélomanes congolais puissent savourer leur rumba en toute quiétude. @ suivre...</span></div><br /><br /><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SdkA42W_2II/AAAAAAAABto/Wqc_3HwWNGI/s1600-h/Mariage+(82).JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5321285411379599490" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 300px; CURSOR: hand; HEIGHT: 400px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SdkA42W_2II/AAAAAAAABto/Wqc_3HwWNGI/s400/Mariage+(82).JPG" border="0" /> <p align="center"></a>Un danseur de ndombolo en extase :o)<br /></p><p align="left">(*) Nganda : Buvette aux Congo </p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-6589906765627700585?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com29tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-19072212759282354972009-03-27T18:09:00.007+01:002009-03-28T12:55:44.049+01:00Irène Frain : Les naufragés de l'ile Tromelin<a href="http://www.chez-les-filles.com/images/logo.jpg"><img style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 251px; CURSOR: hand; HEIGHT: 106px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://www.chez-les-filles.com/images/logo.jpg" border="0" /></a><br /><div align="justify"><a href="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sc0LUPyVlfI/AAAAAAAABtQ/1A0ej56C_T4/s1600-h/Frain.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5317919177457374706" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 161px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px" alt="" src="http://1.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sc0LUPyVlfI/AAAAAAAABtQ/1A0ej56C_T4/s320/Frain.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">Je viens de terminer ce livre très intéressant d'<a href="http://fr.wikipedia.org/wiki/Irène_Frain">Irène Frain</a>. Je suis un peu embêté par mon ordinateur qui, inspiré par la crise financière et observant ses incidences sur l'industrie, veut pousser le blogueur que je suis au chômage technique. Ma rédaction est quelque peu soumise aux aléas de ma machine.</span></div><br /><span style="font-size:130%;">Bref, je découvre par son texte, cette romancière assez médiatique, du moins suffisamment pour que son nom ne me soit pas inconnu.</span><br /><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Elle reprend dans ce roman, un fait divers réel et cruel qui eut lieu au 18è siècle : le naufrage du navire L'Utile sur un récif corallien à plusieurs jours de la côte malgache dans l'Océan indien. La particularité de cette catastrophe est liée aux faits que le bateau contenait une cargaison frauduleuse d'esclaves dans sa cale et que l'ile de sable qui recueille les survivants est particulièrement hostile, avec une flore extrêmement restreinte, une absence d'eau potable en surface, et surtout une exposition complète à la furie des éléments.</span></div><br /><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Irène Frain raconte les raisons du naufrage, une de ces nombreuses courses au gain rapide, les conditions de ce naufrage, la survie sur l'île entre les deux communautés, la question de l'eau, puis la construction de la prâme avec la participation effective et déterminante des esclaves et enfin leur abandon sur l'île.</span></div><br /><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">La lecture de ce roman doit bien entendu être replacée dans le contexte dans un siècle des lumières où les ténèbres de l'esclavage et les préjugés raciaux polluent les rapports humains de l'époque. Le style de l'auteur bretonne n'est pas des plus passionnants, mais l'intérêt de ce roman est dans le fait de remettre à jour cet épisode monstrueux et d'en analyser les conséquences. Quinze ans plus tard, on retrouvera 8 survivants parmi les esclaves abandonnés. 7 femmes et un bébé.</span></div><br /><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Intéressant et effrayant à la fois parce qu'Irène Frain laisse le soin aux lecteurs d'imaginer le martyr des naufragés restés sur Tromelin subissant les vagues de cyclones et de tempête de ce coin de l'Océan indien. Et c'est peut-être mon petit reproche sur ce bouquin. Les personnages principalement mis en valeur sont les marins blancs sous la conduite du 1er lieutenant Castellan ont séjourné trois mois sur l'île contre les quinze années des derniers survivants noirs. On note le refus initial des autorités françaises de lancer une expédition. Dans la construction de ses personnages, j'ai l'impression qu'inconsciemment Irène Frain a repris l'esprit de l'époque, la fracture sociale, raciale avec cette impossibilité de retranscrire l'expérience du point de vue des esclaves noirs restés sur l'île. Certes cet exercice n'est pas aisé, mais c'est le risque qui s'impose lorsqu'on traite un sujet aussi sensible.</span></div><br /><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Ce roman est tout de même une magnifique source d'information sur les pratiques de la marine marchande de l'époque, sur les grands marins et certaines familles bretonnes qui ont fait fortune dans l'Océan indien. </span></div><br /><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Un fait divers qui aura par la suite des répercussions jusqu'à la révolution de 1789</span> .</div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Bonne découverte.</span></div><br /><br /><a href="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sc0QetspHgI/AAAAAAAABtY/gCwygCHVfC4/s1600-h/P3190210.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5317924854843383298" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://3.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sc0QetspHgI/AAAAAAAABtY/gCwygCHVfC4/s320/P3190210.JPG" border="0" /></a><br /><br /><a href="http://www.lesnaufragesdeliletromelin.fr/interface.htm"><span style="font-size:130%;">Irène Frain, Les naufragés de l'île Tromelin</span><br /></a>Edition Michel Lafon, 1ère parution 2009, 373 pages<br /><br />Je vous conseille après lecture de découvrir le site d'<a href="http://www.irenefrain.com/accueil.php">Irène Frain</a>.<br /><br />Photo d'Irène Frain par Alain Bachellier<div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-1907221275928235497?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com10tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-70307266465614319082009-03-19T23:48:00.003+01:002009-03-20T00:22:23.192+01:00Interview d'In Koli J. Bofane sur Mathématiques congolaises<div align="justify"><span style="font-size:130%;">Parmi mes lectures passionnantes de ce début d'année 2009, le roman <a href="http://gangoueus.blogspot.com/2009/02/in-koli-jean-bofane-mathematiques.html">Mathématiques congolaises</a> tient une place particulière. Son auteur, <strong>In Koli Jean Bofane</strong>, a bien voulu se prêter à cette interview où il est question de ses personnages, de son pays et de son travail d'artiste. Bonne lecture.</span><br /><br /></div><a href="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/ScLMKDTZnlI/AAAAAAAABtI/1zOOJxU32bo/s1600-h/P2250140.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5315034983308041810" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://2.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/ScLMKDTZnlI/AAAAAAAABtI/1zOOJxU32bo/s320/P2250140.JPG" border="0" /> <p align="justify"></a><br /><br /><strong><span style="font-size:130%;">Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?</span></strong> (*)<br />Je suis né au Congo(RDC), le 24 octobre 1954. J’ai quitté la première fois le pays en 1960 juste après l’indépendance. J’arrive à Bruxelles où j’effectue quelques études. Plus tard, je pars à Paris apprendre la publicité et la communication. Je rentre à Kinshasa en 1983, où j’œuvre dans la publicité et l’édition jusqu’aux seconds pillages de 1993. Me revoici en Belgique accompagné de ma famille. En 1994, le génocide du Rwanda sera le déclencheur de mon activité littéraire. Après avoir assisté à la valse des commentateurs occidentaux, j’ai pris conscience de l’urgence qu’il y avait à prendre la parole quand il s’agit de problématiques africaines. Par la suite les décisions voulues par d’autres " observateurs " de l’Afrique, notamment la résolution 929 de l’ONU qui autorisa l’Opération Turquoise, entraînant, en cascade, la mort de plus de cinq millions de congolais, allaient me conforter dans mon objectif. En 1996, je publie un livre pour les enfants intitulé "<strong>Pourquoi le lion n’est plus le roi des animaux</strong>" chez Gallimard-Jeunesse qui parle de la dictature. En 2000, je publie " <strong>Bibi et les canards</strong> " sur les migrations mais qui, hélas, n’est jamais sorti en français. Entre-temps, j’évoluais dans l’associatif. " <strong>Mathématiques congolaises</strong> " est mon premier roman.<br /><br /><br /><span style="font-size:130%;"><strong>Célio Matémona, le personnage central de ce roman, est féru de mathématiques et de physique. Sa vision du monde au travers de ces matériaux est assez surprenante. Comment avez vous construit ce personnage ? Est-ce que le fait qu’il soit fasciné par les sciences exactes a un sens particulier pour vous ?</strong><br /></span>J’ai tout d’abord voulu parler de l’ascension d’un individu qui au départ n’avait apparemment aucun atout. Mais comme on n’est jamais complètement démuni, je lui ai adjoint les mathématiques car il se devait de fonctionner de manière quasi infaillible parce que le parcours risquait d’être particulièrement escarpé. Pour ma part, s’agissant de mon premier roman, articuler mon intrigue selon des théories mathématiques, c’était ajouter un paramètre qui, à mes yeux, au moins, serait d’une rationalité implacable et quelque part, rassurant dans l’histoire improbable que je m’apprêtais à coucher sur le papier.<br /></p><p align="justify"><br /><span style="font-size:130%;"><strong>La faim est un personnage à part entière dans votre roman. Vous utilisez d’ailleurs une forme allégorique où la faim est incarnée par une sorte d’hydre à deux têtes. Comment avez-vous été amené à choisir une telle mise en scène de ce paramètre important de la condition des congolais ?</strong><br /></span>L’importance de cet élément de la condition de vie des Congolais nécessitait, en effet, que la Faim puisse être visualisée et, si possible, ressentie par quiconque n’aurait jamais eu à la côtoyer. La Faim ne pouvait pas, ne pas figurer parmi les personnages créés. Dès lors, il était facile de l’imaginer en hydre bicéphale, en python immonde, agissant sur le physique et sur le psychisme des êtres qui y sont soumis.<br /><br /><br /><strong><span style="font-size:130%;">Vous offrez une diversité de points de vue sur certaines situations en fonction du regard des protagonistes : barbouzes, politiciens, conseillers occultes, épouses, éléments du petit peuple. On a toutefois l’impression qu’il est difficile de définir une responsabilité individuelle. Le cas de l’adjudant Bamba est patent. Comment vous situez-vous par rapport à cela ?</span></strong><br />Les peuples, les individus éprouvent des difficultés à se prendre en charge. Une situation doit souvent les pousser à bout avant qu’ils puissent prendre conscience qu’il faut agir, ou réagir. C’est ici qu’intervient la responsabilité individuelle. Dans le cas de Bamba, et comme souvent dans nos destins respectifs, l’analyse manichéenne est appelée à rencontrer des écueils.<br /><br /><br /><span style="font-size:130%;"><strong>C’est une impression de lecture, mais vous semblez proche de chacun de vos personnages. Le portrait que vous faites de Bamba, sorte d’ancien mercenaire, homme de main implacable révèle finalement beaucoup d’humanité à ce personnage. Pensez-vous que tous sont victimes du système ?</strong><br /></span>Comme dit Célio, " On n’est que le jouet du destin … ". Le parcours de Bamba tente de le démontrer. Si la rencontre d’évènements et de certaines personnes peut être déterminante pour la vie de chacun, alors que dire lorsqu’on est directement confronté à cette espèce de concasseur qu’est l’Histoire qui, lui, se nourrit de guerres, de remous politiques et de leurs conséquences. Depuis l’indépendance, peu de Congolais y ont échappé. Avec le personnage de Bamba j’ai aussi voulu décrire les états d’âme d’un tortionnaire, d’un bourreau. Personnellement, j’en ai rencontré quelques-uns. Guerriers dépourvus d’état d’âme dans l’exercice de leur fonction, barbouzes en charge des interrogatoires. En dehors de leur métier, ces hommes avaient l’air tout à fait normal, animés de désirs et de projets comme n’importe quelle épicière, n’importe quel actionnaire de banque. Ce qui rend Bamba plus humain, c’est l’âge, le temps qui passe, qui, parfois, peut gommer l’inhumanité qu’il peut y avoir en certains d’entre nous.<br /></p><p align="justify"><br /><span style="font-size:130%;"><strong>En observant la culture congolaise, on peut avoir le sentiment que la littérature de la RDC est extrêmement marginalisée. Est-ce un sentiment que vous partagez ? Quel regard portez-vous sur la littérature de la RDC ?</strong><br /></span>Par rapport à d’autres secteurs de la culture, effectivement, la littérature est marginalisée en RDC. Pas parce qu’il y manque des écrivains mais parce que les structures pour porter cette littérature n’existent pas. L’édition y est quasiment inexistante. Il faut dire, aussi, que la dictature qui a prévalu pendant si longtemps dans ce pays n’a pas beaucoup favorisé ce genre d’activité.<br /></p><p align="justify"><br /><strong><span style="font-size:130%;">Quel regard portez-vous sur la littérature africaine ?</span></strong><br />Un regard plutôt optimiste. L’Afrique a encore beaucoup à dire et les talents ne manquent pas pour le dire. Espérons, si possible, en cassant certains moules littéraires et, ainsi, continuer à dynamiser la langue et la parole. Il ne s’agit plus, ici, de chuchoter mais de parler à haute et intelligible voix.<br /></p><p align="justify"><br /><strong><span style="font-size:130%;">Quel public espérez-vous particulièrement toucher suite à la publication de votre ouvrage ?</span><br /></strong>Avec cette œuvre, j’espère toucher tous les publics. Du sidérurgiste à la chercheuse. Du mandataire politique à l’adolescente délurée. Ceux du nord et du sud ; d’orient et d’occident.<br /></p><p align="justify"><br /><strong><span style="font-size:130%;">Vous avez un regard extrêmement pertinent sur la situation des congolais. Quand on suit la description que vous faites de la Faim et de ses dégâts, on a le sentiment d’une justification de la corruption généralisée du pays. Est-ce votre propos ?<br /></span></strong>La Faim ne justifie pas tout et surtout pas la corruption généralisée. Beaucoup ont faim, mais tous ne sont pas corrompus. Et les corrompus n’ont pas tous faim, loin de là.<br /></p><p align="justify"><br /><strong><span style="font-size:130%;">Celio Matemona incarne le jeune cadre asphyxié, dont l’horizon est complètement fermé. Son ascension va être vertigineuse. Il m’a fait penser à un Icare qui ne se tient suffisamment éloigné du soleil. Pensez-vous qu’il est possible de pénétrer certains rouages du système politique sans être grisé, sans perdre son âme ?<br /></span></strong>Je considère la politique comme un jeu terriblement dangereux pour l’âme, à moins, bien sûr, d’être persuadé de ne pas en avoir. Du moins, pas tout le temps. On devrait pouvoir faire de la politique pour défendre quelques causes bien définies, quelques dossiers. Jamais en arriver à en faire une carrière. Entre le compromis et la compromission, la frontière est bien trop mince, à mon goût.<br /></p><p align="justify"><br /><strong><span style="font-size:130%;">Avez-vous connu des difficultés pour publier votre roman ?</span></strong><br />A travers une rencontre, j’ai, très vite, été mis en contact avec Marc de Gouvenain et Actes sud. Deux mois après la clôture du manuscrit, pour être précis. Après il a fallu y travailler, signer le contrat avec l’éditeur, attendre la sortie du livre. Une période assez agréable, ma foi.<br /></p><p align="justify"><br /><span style="font-size:130%;"><strong>Il s’agit d’un premier roman. Où, quand et dans quelle condition écrivez-vous ? Avez-vous des rituels, des tics nécessaires à votre travail d’écriture ?</strong><br /></span>Pour ce premier roman, des rituels et des tics auraient constitué un luxe. J’ai écrit dans les conditions dans lesquelles le récit m’a trouvé. C’est-à-dire que, pendant quatre années, je me suis obligé à pouvoir écrire ou réfléchir à ce que j’allais écrire ; n’importe où, n’importe quand, dans n’importe quelles conditions, dans n’importe quelle position. Pour dire tout ce que j’avais à dire, il fallait ce manque de compromis avec le temps, la matière et l’esprit. Sinon, pour le terminer, cela m’aurait pris le double du temps qu’il m’a fallu. Pour le prochain, on verra. Ne sommes nous pas, quoi qu’on dise, les jouets du destin ?<br /><br /><strong>In Koli Jean Bofane, Mathématiques congolaises, édition Actes Sud</strong></p><p align="justify"><em><span style="font-size:85%;">(*) en gras, les questions de Gangoueus</span></em></p><p align="justify"></p><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-7030726646561431908?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com10tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-75340132913941584312009-03-16T22:37:00.005+01:002009-03-17T01:07:29.014+01:00Uzodinma Iweala : Bêtes sans patrie<div align="justify"><a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sb7H5CK_Q6I/AAAAAAAABs4/Ytjnjy0Hshg/s1600-h/Iweala.jpg"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5313904392993194914" style="FLOAT: left; MARGIN: 0px 10px 10px 0px; WIDTH: 214px; CURSOR: hand; HEIGHT: 320px" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/Sb7H5CK_Q6I/AAAAAAAABs4/Ytjnjy0Hshg/s320/Iweala.jpg" border="0" /></a><span style="font-size:130%;">Je suis lancé sur une bonne série de bouquins depuis le début de l’année. J’ai presque envie de dire, malheur à celui qui viendra interrompre cette littérature pétillante que je déguste ces derniers temps : il se prendra une critique sévère et méchante.</span><br /></div><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><strong>Nouvelle touche</strong></span><br /><span style="font-size:130%;">Ce premier roman du jeune auteur américain (23 ans à la publication), Uzodinma Iweala, est tout simplement une merveille. Pourtant, il traite d’un sujet délicat, pour certains rebutant, à savoir la question des enfants soldats. En s’engageant dans cette thématique, Iweala n’explore par un terrain vierge, d’illustres prédécesseurs comme Ahmadou Kourouma (<a href="http://www.afrik.com/article1168.html">Allah n’est pas obligé</a>), Emmanuel Dongala (<a href="http://www.iphri.net/?p=4">Johnny chien Méchant</a>) ou Ken Saro-Wiwa (<a href="http://www.actes-sud.fr/extrait.php?gencod=9782742742219">Sozaboy</a>) ont abordé ce sujet avec beaucoup de talent. Pourtant, je ne peux m’empêcher de penser que l’auteur américain apporte une touche particulière. D’abord, contrairement à Dongala ou Kourouma, seule l’itinéraire dans le conflit armé d’Agu, l’enfant qui livre ici son monologue, intéresse Iweala. Le texte n’est pas un prétexte pour évoquer l’évolution historique d’un pays en guerre. L’auteur ne s’autorise pas à des digressions de ce genre. Il suit l’embrigadement d’Agu au sein d’une milice d’enfants soldats dirigés par un commandant qui a droit de vie ou de mort sur chaque élément de sa troupe. Agu subit un processus de déshumanisation dont l’objectif est de le rendre insensible à la cruauté des actes qui lui sont imposés. Il s’enfonce dans la guerre.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><strong>Massacre à la tronçonneuse</strong><br />Vous avez vu le film ? Non ? Moi non plus ! Mais, j’aime bien cette idée pour décrire le style de l’écriture d’Iweala qui est la deuxième qualité (sinon sa première ?) de son texte. Massacre à la tronçonneuse. Aux puristes et aux ayatollahs du respect de la langue française, s’abstenir. Je me demande ce que donne le texte dans sa version américaine, mais j’imagine – en m’appuyant sur ses propres déclarations - que le romancier Alain Mabanckou qui a fait ce travail de traduction a du prendre un plaisir intense. La langue française prend des coups dans tous les sens. Certains mots sont tronqués, la structure des phrases est boiteuse. Je me suis intérieurement demandé pourquoi Iweala usait de ce procédé. Après tout, la charge émotionnelle qu’il arrive à communiquer à son personnage aurait pu se passer de cet artifice littéraire. Et, on peut en plus supposer le monologue d’Agu dans une langue maternelle traduite. Permettant une suppression des aspérités sur la langue d’écriture. En même temps, la scolarité brutalement interrompue excuse ces règles de grammaire bafouées, ces fautes d’orthographes mises en scène et finalement rapproche le lecteur du monologue de l'enfant soldat… Il faut prendre le temps de s’acclimater à son parler pour entendre ce qu’Agu a à dire.</span> </div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><strong>Magnifique incarnation</strong></span><br /><span style="font-size:130%;">C’est un texte qui laisse songeur. Iweala qui est le fils d’une grande femme d’état nigériane et qui est né et a principalement vécu aux Etats-Unis prouve une fois encore que la littérature est une question de sensibilité à un sujet. Loin géographiquement de cette Afrique violente, il est au cœur de ses ténèbres, au cœur de ses guerres dont on sait comment elles commencent, leur noble motivation, mais qui au final mettent au supplice des milliers, des millions d’enfants raptés, drogués, violentés, brisés à jamais, qui combattent juste pour continuer de vivre, non survivre, et dont on n’hésite pas à se débarrasser une fois le conflit terminé. Comme une mouchoir à usage unique. Iweala ne joue pas uniquement avec les mots, il dit les maux.<br />Un texte fort à découvrir.</span> </div><div align="justify"></div><div align="justify"><a href="http://www.amazon.fr/s/?ie=UTF8&amp;keywords=uzodinma+iweala&amp;tag=googhydr0a8-21&amp;index=aps&amp;hvadid=2696748088&amp;ref=pd_sl_3e1px79luq_e"><span style="font-size:130%;">Uzodinma Iweala, Bêtes sans patrie</span><br /></a>Edition de l’Olivier, 1ère parution 2005, 176 pages<br />Titre original : Beasts of no nations<br />Traduction : Alain Mabanckou</div><div align="justify"><br /><strong>Photo Uzodinma Iweala, copyright © 2008 Beowulf Sheehan/PEN</strong> </div><div align="justify"></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Voir un interview d'<a href="http://livres.tv/video,uzodinma-iweala,roman,betes-sans-patrie,nx080904151022160.html">Alain Mabanckou</a></span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;">De nombreuses critiques de presse sont consultables au sujet de ce texte.</span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://alombreducerisier.over-blog.org/article-23876732.html">A l'ombre du cerisier</a></span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.telerama.fr/livres/betes-sans-patrie,33217.php">Télérama</a></span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://culturopoing.com/Livres/Betes-sans-patrie-1225">Culture au poing</a></span></div><div align="justify"><span style="font-size:130%;"><a href="http://wodka.over-blog.com/article-23588255.html">Wodka</a></span></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-7534013291394158431?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com8tag:blogger.com,1999:blog-104300315399051243.post-7992885846516915992009-03-11T19:30:00.006+01:002009-03-12T10:58:46.182+01:00Andréï Makine : Le testament français<a href="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SbgECEuV-nI/AAAAAAAABsw/Kb-E9ZrKIUw/s1600-h/P3060142.JPG"><img id="BLOGGER_PHOTO_ID_5312000194157869682" style="DISPLAY: block; MARGIN: 0px auto 10px; WIDTH: 320px; CURSOR: hand; HEIGHT: 240px; TEXT-ALIGN: center" alt="" src="http://4.bp.blogspot.com/_kl-8Cz-TJDI/SbgECEuV-nI/AAAAAAAABsw/Kb-E9ZrKIUw/s320/P3060142.JPG" border="0" /></a><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Aliocha. Son nom est prononcé une seule fois par Charlotte Lemonnier sa grand-mère française, Charlotta Norbertovna pour les russes. Aliocha est le principal personnage narrateur de ce roman de l’auteur russe d’expression française <a href="http://www.andreimakine.com/index.html">Andrei Makine</a>.</span> </div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Il est depuis sa tendre enfance fasciné par cette grand-mère auprès de laquelle sa sœur et lui ont régulièrement passé des étés dans la petite demeure au cœur de la Sibérie. Cette grand-mère est en effet française et consacre une grande partie de ses échanges à partager autour de ses souvenirs d’une France qu’elle a quittée pour passer le restant de ses jours dans cette grande Russie si révolutionnaire, si lointaine, si sombre. Par la langue française, elle entretient avec ses petits-enfants et en particulier avec Aliocha une certaine idée de sa terre d’origine et au fil des ans ce dernier se forge une vision singulière du monde au travers de ce rapport à la fois intime et distant à une langue étrangère sous la Russie soviétique.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Ce roman offre à la fois le portrait de la filiation française d’Aliocha, l’itinéraire sur plusieurs décennies d’une femme française dans la Russie des steppes et des goulags et la construction de l’identité d’Aliocha. Ce texte est avant tout intimiste. Il offre par brèves séquences, un regard sur des épisodes historiques importants de l’U.R.S.S comme la guerre civile qui a suivi la révolution de 1917, les goulags, la bataille de Stalingrad. Mais ces petits écarts sont des éléments présents pour mieux ramener le lecteur à ce rapport, sous certains aspects obsessionnel, qu’entretient le narrateur avec sa grand mère.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">La France est ici sublimée, voire fantasmée. Au fur et à mesure que le narrateur grandit, la greffe française prend plus ou moins prise sur sa russité, le français est la langue " grand-maternelle ", la France au travers des contes et souvenirs de Charlotte, puis par le biais des lectures d’Aliocha incarne une forme de romantisme qui s’oppose à la brutalité sourde du système totalitaire russe. </span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Concernant la lecture du texte, j’ai eu l’impression qu’elle était laborieuse sans pour autant que je ne puisse m’en détacher. L’écriture de l'auteur russe est belle, maîtrisée. Personnellement, j’ai souvent un peu de mal avec les romans trop intimistes, mais le <strong>Testament français</strong> fait exception à la règle. L’aspect obsessionnel de la relation de Charlotte et d’Aliocha peut paraître parfois agaçant, mais le texte nous encourage à poursuivre et le final en déroutera plus d’un. En fermant la dernière page, j’ai cru entendre le rire guttural d’Andrei Makine dont le passage à <a href="http://www.france5.fr/la-grande-librairie/index.php?page=article&amp;numsite=1403&amp;id_rubrique=1406&amp;id_article=7316">la Grande librairie</a> m’a donné le désir de découvrir son univers. A raison.</span></div><br /><br /><div align="justify"><span style="font-size:130%;">Un très beau texte, original, rageant, poétique, chargé de nostalgie.</span></div><br /><br /><div><span style="font-size:130%;"><a href="http://www.evene.fr/livres/livre/andrei-makine-le-testament-francais-851.php">Andrei Makine, Le testament français</a></span></div><br /><div>Edition Mercure de France, 309 pages, 1ère parution 1995</div><div>Prix Goncourt 1995</div><div>Voir une interview de l'écrivain sur <a href="http://www.lefigaro.fr/livres/2009/01/08/03005-20090108ARTFIG00410-ma-langue-grand-maternelle-.php">Figaro Livres</a> et quelques critiques sur <a href="http://www.ratsdebiblio.net/andreimakineletestament.html">Les rats de bibliothèque</a></div><br /><br /><div></div><div class="blogger-post-footer"><img width='1' height='1' src='https://blogger.googleusercontent.com/tracker/104300315399051243-799288584651691599?l=gangoueus.blogspot.com'/></div>GANGOUEUShttp://www.blogger.com/profile/11627200900519857325noreply@blogger.com5